Objectif de la COP 21 difficilement réalisable // COP 21 objective difficult to achieve

D’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Met Office britannique, le niveau de chaleur record atteint en 2016 va très certainement être dépassé entre 2021 et 2025. Cette probabilité est fixée à 90% dans le rapport que ces agences viennent de publier en mai 2021.

En 2020, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, la température moyenne mondiale calculée par la NASA, la NOAA et le Met Office a été de 1,2°C au-dessus de la valeur de référence préindustrielle. Après une année 2021 temporairement refroidie par La Niña, le record établi en 2016 (+1,23°C) devrait cependant tomber dans les cinq prochaines années.

L’étude montre que nous nous rapprochons de manière inexorable de l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris sur le changement climatique. Cet Accord vise à maintenir l’élévation de la température mondiale « bien en dessous » de 2 degrés Celsius. Sous la pression des pays les plus vulnérables au changement climatique, l’objectif est de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C.

Les engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont actuellement très insuffisants pour atteindre cet objectif. Certains scientifiques pensent que l’objectif 1,5°C est encore possible d’un point de vue physique mais la démonstration semble de moins en moins tenable.

D’après le rapport de l’OMM, la période 2021-2025 sera très probablement plus chaude (80% de chances) que les 5 années précédentes.

Source : OMM, global-climat.

————————————–

According to the World Meteorological Organization (WMO) and the British Met Office, the record heat level reached in 2016 will most certainly be exceeded between 2021 and 2025. This probability is set at 90% in the report that these agencies have just published in May 2021.

In 2020, one of the three warmest years on record, the global average temperature calculated by NASA, NOAA and the Met Office was 1.2°C above pre-industrial levels. After 2021 which was temporarily cooled by La Niña, the record set in 2016 (+ 1.23°C) is likely to be beaten in the next five years.

The study shows that we are moving inexorably towards the most ambitious goal of the Paris Agreement on climate change. This Agreement aims to keep the global temperature rise « well below » 2 degrees Celsius. Under pressure from the countries most vulnerable to climate change, the aim hjas been to continue efforts to limit the temperature rise to 1.5°C.

National commitments to reduce greenhouse gas emissions are currently very insufficient to achieve this objective. Some scientists believe that the 1.5°C target is still possible from a physical point of view, but the demonstration seems less and less tenable.

According to the WMO report, the period 2021-2025 will most likely be warmer (80% chance) than the previous 5 years.

Source: WMO, global-climat..

Anomalies de température mondiale par rapport à la période préindustrielle. (Source : OMM).

Baisse à long terme des émissions des CO2 ? Surement pas ! // Long-term decrease in CO2 emissions ? Surely not!

Il y a quelques semaines, les médias ont annoncé que les émissions de CO2 en Chine avaient diminué de manière significative en raison d’une baisse de l’activité industrielle provoquée par la propagation du coronavirus dans le pays. La consommation de charbon dans les centrales électriques chinoises avait diminué de 36% et l’utilisation du pétrole dans les raffineries de presque autant.
J’ai immédiatement réagi et expliqué que, même si les émissions de CO2 diminuaient en Chine, les concentrations de ce gaz dans l’atmosphère restaient les mêmes et se maintenaient à des niveaux très élevés.
Les économistes confirment mes craintes et affirment que l’espoir de voir le climat bénéficier du ralentissement industriel en Chine et ailleurs dans le monde risque d’être rapidement déçu. Alors que les gouvernements se préparent déjà à sortir de la crise du coronavirus, souvent avec de grands projets d’infrastructures, le réchauffement climatique ne sera qu’une réflexion annexe, éclipsée par la volonté de relancer l’économie mondiale.
Les préparatifs du sommet de Glasgow sur le climat en novembre sont déjà mis de côté. La Grande-Bretagne qui est en charge de l’organisation de cet événement se concentre avant tout sur les modalités du Brexit et la capacité de son système de santé à faire face à l’extension de l’épidémie de coronavirus.
Il ne fait aucun doute que les réductions d’émissions de gaz à effet de serre que nous observons actuellement en raison de l’épidémie sont temporaires. Il y a déjà des signes que Pékin – impatient de redémarrer l’économie chinoise – fera pleuvoir des liquidités sur des projets d’infrastructures où le carbone aura une place prépondérante, comme cela s’est produit après la récession mondiale de 2008, et à nouveau en 2015.
Les retombées du coronavirus montrent à quel point il sera difficile d’atteindre les objectifs de température de l’Accord de Paris qui promettait de limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius – si possible 1,5°C – par rapport aux niveaux préindustriels. L’ONU a déclaré que les émissions de CO2 devraient baisser de 8% par an au cours de la prochaine décennie pour atteindre l’objectif de 1,5°C de la COP 21, et d’environ 3% par an pour maintenir la ligne à 2°C. Or, la surface de la Terre s’est déjà réchauffée de plus d’un degré.
Les spécialistes estiment que seul un ralentissement de l’économie mondiale ou une véritable volonté de mettre en place au niveau international une économie neutre en carbone pourrait permettre de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont là des rêves qui ont peu de chance de devenir réalité.

En ce qui concerne le prochain sommet climatique (COP26) de Glasgow, la diplomatie à tout va pratiquée par la France pendant les deux ans qui ont précédé la COP 21 ne porte pas ses fruits. La Chine – le plus grand émetteur de carbone au monde avec 29% des émissions mondiales – aurait, elle aussi, un rôle crucial à jouer, mais risque d’avoir d’autres chats à fouetter. Pour Pékin, le principal objectif risque d’être la résolution de sa crise sanitaire. D’ailleurs, les réunions préliminaires des Nations Unies sur le climat à Bonn et à Kampala ont été annulées ou reportées.
Source: Agence France Presse.

Cette situation à propos des émissions de gaz à effet de serre prend une tournure encore plus inquiétante aujourd’hui car la capacité des forêts tropicales à absorber les gaz à effet de serre est en nette diminution. Actuellement, ces forêts représentent 50% des capacités mondiales de séquestration de carbone, mais elles atteignent rapidement la saturation. Début mars 2020, des chercheurs ont même averti que bientôt (dans 15 ans environ pour la forêt amazonienne), les forêts tropicales produiraient plus de carbone qu’elles n’en captent. Une étude publiée dans la revue Nature, estime que la capacité des forêts africaines à absorber le carbone va décliner de 14% d’ici à 2030, et que celle de l’Amazonie va atteindre zéro avant 2035. Les chercheurs expliquent que cette baisse est en avance de dizaines d’années sur les prédictions les plus pessimistes.

Source : France Info.

————————————————-

 A few weeks ago, the media announced that CO2 emissions in China were strongly decreasing due to a drop in industrial activity caused by the spreading of the coronavirus in the country. Indeed, coal consumption at power plants in China declined by 36 percent, and the use of oil at refineries by nearly as much.

I immediately reacted and explained that, even though CO2 emissions were declining in China, the concentrations of this gas in the atmosphere remained the same, at very high levels.

Experts confirm my fears and say that hopes for climate benefits from the industrial slowdown in China and elsewhere are likely to be dashed quickly. As governments prepare to spend their way out of the crisis, including with large infrastructure projects, global warming concerns will be little more than an afterthought, dwarfed by a drive to prop up a stuttering world economy.

Preparations for the Glasgow climate summit in November are already off track, with host Britain focused on its Brexit transition, and the challenge to its health system of the gathering epidemic.

There is little doubt that the reduction of greenhouse gas emissions we see now because of the epidemic are temporary. There are already signs that Beijing — impatient to reboot China’s economy — will rain down cash on carbon-intensive infrastructure projects, as happened after the global recession in 2008, and again in 2015.

The coronavirus fallout highlights how hard it will be to reach the Paris Agreement temperature targets of capping global warming at under two degrees Celsius from pre-industrial levels, and 1.5°C if feasible. The UN said that CO2 emissions must drop eight percent annually over the next decade to meet the 1.5°C Paris goal, and by about three percent per year to hold the line at 2°C. The Earth’s surface has already warmed more than one degree.

Experts say only a sustained global economic meltdown, or an internationally coordinated, war-footing transition to a carbon neutral economy, could come close to slashing carbon pollution that quickly. One is as unpalatable as the other is unlikely.

As for the upcoming COP26 climate summit in Glasgow, the kind of non-stop shuttle diplomacy carried out by France for nearly two years ahead of the successful 2015 Paris talks is not happening. China – the world’s largest carbon polluter with 29 percent of global emissions – also has a crucial role to play, but is likely to be distracted. There is a risk that the main objective for Beijing will be the resolution of its health crisis.The preliminary UN climate meetings in Bonn and Kampala were cancelled or postponed.

Source: Agence France Presse.

This situation with regard to greenhouse gas emissions is taking an even more worrying turn today because the capacity of tropical forests to absorb greenhouse gases is considerably reduced. Currently, these forests represent 50% of the world’s carbon sequestration capacities, but they quickly reach saturation. At the beginning of March 2020, researchers even warned that soon (in around 15 years for the Amazon forest), tropical forests will produce more carbon than they capture. A study published in the journal Nature estimates that the capacity of African forests to absorb carbon will decline by 14% by 2030, and that of the Amazon will reach zero before 2035. The researchers explain that this decline is decades ahead of the most pessimistic predictions.
Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

Des jours sombres pour la planète // Dark days for the planet

Selon la première ébauche d’un rapport des Nations Unies, les océans qui ont permis de nourrir l’espèce humaine à l’échelle de la planète vont la plonger dans la misère s’il n’y a pas de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport scientifique de 900 pages est le quatrième ouvrage de ce type publié par l’ONU en moins d’un an. Les autres tomes  se basaient sur un plafond de 1,5°C du réchauffement climatique, l’état de la biodiversité et la gestion des forêts et le système alimentaire mondial.
Les quatre tomes du rapport en arrivent à la conclusion que l’humanité doit repenser sa façon de produire et de consommer pour éviter les pires ravages du changement climatique et de la dégradation de l’environnement.
Les recommandations faites aux décideurs politiques seront publiées officiellement le 25 septembre 2019, donc trop tard pour être examinées par les principaux dirigeants qui se réunissent deux jours plus tôt dans le cadre d’un sommet convoqué par le Secrétaire général de l’ONU pour obtenir des engagements plus fermes face à la crise climatique.
Les quatre grands pays (Chine, États-Unis, Union Européenne et Inde), qui représentent près de 60% des émissions mondiales des combustibles fossiles, subissent tous des effets dévastateurs sur les océans et les glaces, mais aucun ne semble prêt à annoncer davantage des objectifs ambitieux pour éliminer le carbone de leurs économies. Donald Trump veut que les États-Unis quittent l’Accord de Paris et s’est toujours efforcé de réduire à néant les mesures climatiques prises par Barack Obama. L’Inde fait de gros efforts pour développer rapidement l’énergie solaire, mais continue d’accroître sa production de charbon. L’Union Européenne se rapproche de l’objectif «zéro net» prévu pour le milieu du siècle, mais plusieurs États membres traînent les pieds. La Chine, qui émet presque autant de CO2 que les États-Unis, l’Union Européenne et l’Inde réunis, envoie également des signaux contradictoires.
Pourtant, toutes ces nations font face à de nombreuses menaces décrites dans le rapport du GIEC.
Shanghai et une demi-douzaine de grandes villes côtières chinoises sont fortement exposées à la future élévation du niveau de la mer qui devrait augmenter d’un mètre d’ici 2100 par rapport au filigrane mondial de la fin du 20ème siècle, si les émissions de CO2 continuent de progresser. Mumbai et d’autres villes indiennes côtières sont également en danger. Même aux États-Unis, New York, Miami et d’autres villes sont sous la menace de l’océan. Selon la conclusion du rapport de l’ONU, d’ici à 2050, de nombreuses mégalopoles proches du niveau de la mer et de petits pays insulaires connaîtront des « événements extrêmes » chaque année, même dans les scénarios de réduction des émissions des gaz à effet de serre les plus optimistes. Même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius, la surface des océans dans le monde s’élèvera suffisamment pour déplacer plus de 250 millions de personnes d’ici 2100.
La température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1°C depuis la fin du 19ème siècle et, au train où vont les choses, elle est en passe d’augmenter de deux ou trois degrés d’ici la fin du siècle. Pour mémoire, l’Accord de Paris prévoyait de limiter le réchauffement climatique à « bien en dessous de » 2°C.
Selon le rapport de l’ONU, l’élévation du niveau de la mer va s’accélérer rapidement au 22èmesiècle et « pourrait dépasser plusieurs centimètres par an », environ 100 fois plus qu’aujourd’hui.
Les océans non seulement absorbent un quart du CO2 que nous émettons, mais ils absorbent aussi plus de 90% de la chaleur supplémentaire générée par les émissions de gaz à effet de serre depuis 1970. Sans cette éponge marine, le réchauffement climatique aurait déjà rendu la surface de la Terre intolérablement chaude pour notre espèce. D’autre part, l’acidification perturbe la chaîne alimentaire de base de l’océan et les vagues de chaleur en mer, qui sont devenues deux fois plus fréquentes depuis les années 1980, créent de vastes zones mortes dépourvues d’oxygène.

Source : Nations Unies.

————————————————

According to a draft UN report, the same oceans that nourished human evolution are poised to unleash misery on a global scale if nothing is done to reduce the emissions of greenhouse gases. The 900-page scientific assessment is the fourth such tome from the UN in less than a year, with others focused on a 1.5-Celsius cap on global warming, the state of biodiversity, and how to manage forests and the global food system.

All four tomes of the report conclude that humanity must overhaul the way it produces and consumes almost everything to avoid the worst ravages of climate change and environmental degradation.

The final advice to policymakers will be released on September 25th, 2019, too late to be considered by world leaders gathering two days earlier for a summit convened by UN Secretary-General to extract stronger national commitments in confronting the climate crisis.

The Big Four (China, the United States, the European Union and India), accounting for nearly 60 percent of global fossil fuel-based emissions, all face devastating ocean- and ice-related impacts, but none seem prepared just yet to announce more ambitious goals for purging carbon from their economies. Donald Trump wants the US to exit the Paris Agreement and has taken a chainsaw to predecessor Barack Obama’s climate policies. India is rapidly developing solar power, but continues to build up coal-fired capacity at the same time. The European Union is inching toward a mid-century « net zero » emissions goal, but several member states are dragging their feet. China, which emits nearly as much CO2 as the US, EU and India combined, is also sending mixed signals.

Yet, all of these nations face many of the threats outlined in the IPCC report.

Shanghai and another half-dozen major coastal cities in China are highly vulnerable to future sea level rise, which is projected to add a metre by 2100 compared to the late 20th century global watermark, if CO2 emissions continue unabated. Mumbai and other coastal Indian cities are in harm’s way as well. Even in the United States, New York, Miami and other exposed cities are under the threat of the ocean. According to the UN report’s conclusion, by 2050, many low-lying megacities and small island nations will experience « extreme sea level events » every year, even under the most optimistic emissions reduction scenarios. Even if the world manages to cap global warming at two degrees Celsius, the global ocean waterline will rise enough to displace more than a quarter of a billion people as soon as 2100.

Earth’s average surface temperature has gone up 1°C since the late 19th century, and is on track – at current rates of CO2 emissions – to warm another two or three degrees by century’s end. The Paris Agreement called for capping global warming at « well below » 2°C.

Sea level rise will accelerate rapidly moving into the 22nd century, and « could exceed rates of several centimetres per year, » about 100 times more than today, according to the report.

Oceans not only absorb a quarter of the CO2 we emit, they have also soaked up more than 90 percent of the additional heat generated by greenhouse gas emissions since 1970. Without this marine sponge, in other words, global warming would already have made Earth’s surface intolerably hot for our species. On the other hand, acidification is disrupting the ocean’s basic food chain, and marine heatwaves, which have become twice as frequent since the 1980s and which are creating vast oxygen-depleted dead zones.

Source: United Nations.

Lorsque la hausse des températures atteindra 4°C, Shangai sera sous les eaux (Source: Climate Central)

Un hiver beaucoup trop chaud en Alaska et au Canada // The winter was much too warm in Alaska and Canada

Il a fait anormalement chaud en Alaska cet hiver. Les températures ont atteint des niveaux jamais observés auparavant. Au même moment, le Midwest des Etats-Unis grelottait de froid. J’ai expliqué (voir mes notes précédentes) que cette situation était dû au comportement du vortex polaire.
Il a fait encore (trop) chaud en mars en Alaska et plusieurs régions de cet Etat ont enregistré des températures anormalement élevées. Plusieurs records ont été battus quotidiennement à l’intérieur de l’Alaska ainsi que dans l’Arctique dans son ensemble.
D’un point de vue météorologique, l’une des causes de ces températures élevées est une masse de hautes pressions dans l’atmosphère qui a apporté de l’air chaud, en particulier au-dessus du sud-est de l’Alaska et du Yukon.
En ce qui concerne le climat, l’Alaska subit les conséquences du changement climatique dans l’Arctique. Le réchauffement rapide de l’Arctique a réduit l’étendue de la glace de mer et augmenté la température de l’océan, ce qui contribue à la tendance au réchauffement. Sans glace, l’océan est sombre et absorbe plus de chaleur, alors que la blancheur de la glace de mer avait un effet réfléchissant. Un cycle de réactions bien expliqué par les scientifiques mais extrêmement vicieux se déroule dans tout l’Arctique.
Dans l’intérieur de l’Alaska, les températures sont restées inhabituellement chaudes pendant tout le mois de mars, ce qui a fortement perturbé les activités printanières de la population. En effet, mars est d’ordinaire le mois qui marque le retour de la lumière, mais avec des températures suffisamment froides pour conserver une neige et une glace de bonne qualité permettant aux Alaskiens de sortir et de profiter encore des joies de l’hiver. En raison des températures élevées, la neige fond et empêche la pratique des activités de neige et de glace. Beaucoup d’habitants sont déçus et frustrés ; ils affirment qu’on leur a « volé le mois de mars… »
Source: Journaux d’Alaska.

°°°°°°°°°°

Le Canada se trouve dans la même situation que l’Alaska. Le changement climatique y provoque un réchauffement deux fois plus rapide que dans le reste du monde. Les températures annuelles moyennes ont augmenté de 1,7°C depuis 1948, quand la hausse mondiale moyenne atteint 0,8°C. Selon un rapport commandé par le ministère canadien de l’Environnement, le climat « continuera de se réchauffer dans l’avenir, sous l’influence humaine. »

Dans le Nord du Canada, proche du Cercle Arctique, les températures ont augmenté en moyenne de 2,3°C depuis 1948. Le réchauffement pourrait atteindre plus de 6°C d’ici la fin du siècle, selon les projections des scientifiques. Cela aura des conséquences multiples : fonte des glaces, hausse du niveau de la mer, inondations, sécheresses, vagues de chaleur et feux de forêts plus fréquents.

Ce rapport du Ministère de l’Environnement est dévoilé alors que le gouvernement de Justin Trudeau, qui a fait de l’environnement l’une de ses priorités, vient d’imposer une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre à quatre provinces dont il juge les efforts insuffisants. Selon les engagements pris par le Canada en 2015 dans l’accord de Paris sur le climat, le pays doit réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

Source : France Info.

—————————————————-

It is unusually warm in Alaska and the last winter temperatures reached highs never seen before. At the same time, the Midwest of the U.S. was freezing. I explained that this was due to the behaviour of the polar vortex.

It was still warm in March when large swaths of Alaska saw record warmth. Daily temperature records have broken around the state, and toppled all-time March records in the greater Arctic region.

As far as the weather is concerned, one cause of the high temperatures is a dominant mass of high pressure in the atmosphere, with warm air over Southeast Alaska and the Yukon.

As far as the global climate is concerned, Alaska is undergoing rising temperatures due to Arctic climate change. The rapid warming of the Arctic has reduced the extent of sea ice and increased ocean temperatures, which can further contribute to the warming trend. Without ice, the open ocean is dark and absorbent, soaking up even more heat. It’s a well-understood, vicious feedback cycle unfolding all over the Arctic.

In interior Alaska, the unusually warm temperatures are making for a noticeably disappointing March. Indeed, March — when daylight is finally increasing but temperatures are usually cold enough to preserve quality snow and ice — is when Alaskans can get outside and embrace the joys of winter.  Because of the high temperatures, the snow is melting. In a large part of urban Alaska, people talk about how “they have been robbed of March”.

Source: Alaskian newspapers..

°°°°°°°°°°

Canada is in the same situation as Alaska. Climate change has warmed the country  twice as fast as the rest of the world. Mean annual temperatures have risen 1.7°C since 1948, when the average global rise reached 0.8°C. According to a report commissioned by the Canadian Department of Environment, the climate « will continue to warm in the future, under human influence.
In northern Canada, near the Arctic Circle, temperatures have risen an average of 2.3°C since 1948. The warming could reach more than 6°C by the end of the century, according to scientists’ projections. This will have multiple consequences: melting ice, rising sea levels, floods, droughts, heat waves and more frequent forest fires.
The Ministry of Environment’s report is published at a time when Justin Trudeau’s government, which has made the environment one of his priorities, imposed on Monday a tax on greenhouse gas emissions to four provinces which made insufficient efforts. According to Canada’s commitments made in 2015 in the Paris climate agreement, the country must reduce its greenhouse gas emissions by 30% by 2030 compared to the 2005 level.
Source: France Info.

La fonte de la glace de mer contribue à la hausse de température des océans (Photo: C. Grandpey)

La Chine s’attaque aux émissions de carbone // China tackles carbon emissions

Alors que l’administration Trump fait marche arrière dans la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, renforce son engagement.
Le Président chinois Xi Jinping a récemment tenu sa promesse de lancer un marché national du carbone. Même s’il n’est pas aussi ambitieux que le projet d’origine, le programme chinois, qui couvrira le secteur de l’électricité dans sa première phase, a déjà dépassé le marché du carbone de l’Union Européenne. En tant que tel, la Chine envoie un signal fort aux autres pays et leur montre qu’elle respecte l’Accord de Paris.
La Chine commencera par son secteur énergétique qui représente 46% des émissions de dioxyde de carbone dans le pays. Elle a ensuite l’intention d’étendre le programme, entre autres, à la pétrochimie, à la sidérurgie et à l’aviation. Si tout va bien, les experts disent que le programme pourrait permettre à la Chine d’atteindre ses objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Le marché pourrait réduire les émissions de dioxyde de carbone de la Chine de près de 30% d’ici 2030.
Une réussite du programme pourrait assurer à la Chine le statut de leader en matière de climat, d’autant plus que les États-Unis ne joueront plus un rôle prépondérant. En effet, l’administration Trump a clairement indiqué qu’elle ne considérait plus le changement climatique comme une menace pour la sécurité nationale.
S’agissant de ce nouveau marché du carbone, les objectifs de la Chine pourraient s’avérer difficiles à atteindre. Comme le fait remarquer la revue Scientific American, aucun système d’échange de carbone dans le monde, y compris ceux de l’UE et de la Californie, n’a permis de réduire significativement les émissions de CO2.
Source: Huffington Post.

——————————————

As President Trump’s administration takes steps backward in the world’s fight against climate change, China is ramping up its commitment.

Chinese Premier Xi Jinping recently made good on his promise to launch a national carbon market. Though not as ambitious a scheme originally touted, the program, which will cover China’s power sector in its first phase, has already overtaken the European Union carbon market as the world’s largest. As such, China sends a strong political signal internationally that the country is committed to the Paris Agreement.

China will start with its power sector, which accounts for 46 percent of the nation’s carbon dioxide emissions. It intends eventually to expand the program to petrochemicals, iron and steel, and aviation, among other industries. If all goes well, experts say the program could help China hit its Paris climate agreement targets. The market could reduce China’s carbon dioxide emissions by almost 30 percent by 2030.

A successful program may secure China’s status as a climate leader, particularly as the U.S. retreats from what had been a prominent role. Indeed, Trump’s administration has made it clear that it no longer considered climate change a national security threat.

China’s goals for its new carbon market could prove challenging to achieve. As Scientific American notes, no carbon trading system in the world, including those in the EU and in California, has resulted in significant reductions in CO2 emissions.

Source: Huffington Post.

Nuage de pollution industrielle au-dessus de la Mer de Bohai et de la Mer Jaune, en provenance de la côte orientale de la Chine (Crédit photo: NASA).

Notre planète est en danger ! // Our planet is in danger !

Selon une étude publiée le lundi 13 novembre 2017, en marge de la COP23, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 2017. Les émissions de CO2 liées à l’industrie et à la combustion d’énergies fossiles devraient croître d’environ 2% cette année par rapport à 2016 et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes, après des années 2014 à 2016 quasiment stables. A mes yeux, ces nouveaux chiffres ne sont pas une surprise. Cela fait plusieurs années que j’observe les concentrations de CO2 au sommet du Kilauea à Hawaii, ainsi que la courbe de Keeling qui en découle. Cela fait plusieurs mois que l’on a dépassé le seuil symbolique de 400 parties par million (ppm). Le 12 novembre, cette concentration atteignait 404,60 ppm. Chaque journée établit actuellement un nouveau record.

Avec de tels chiffres, il est bien évident que l’objectif d’une augmentation de 2°C de la température globale de la planète prévu par la COP 21 de 2015 a du plomb dans l’aile. Pour l’atteindre, il faudrait, bien sûr, que les émissions atteignent leur pic ces prochaines années et diminuent ensuite rapidement. Ne nous leurrons pas ; les politiques énergétiques des grandes puissances industrielles ne vont pas dans ce sens, malgré les belles paroles proférées par leurs dirigeants. Les intérêts économiques passent loin devant les questions environnementales !

On peut prendre l’exemple de la Chine, qui génère 28% de ces gaz à effet de serre. Après des efforts au cours des dernières années, on observe à nouveau un boom de la production industrielle et une production hydroélectrique diminuée par des épisodes de sécheresse.

Aux Etats-Unis aussi, c’est la première fois en cinq ans que la consommation de charbon augmentera (+0,5%), du fait du prix élevé du gaz naturel. L’Inde voit ses émissions croître un peu moins (+2%) mais ce devrait être temporaire. Quant à l’Union Européenne (UE), ses émissions reculent moins vite que la décennie précédente (-0,2%).

Selon la dernière étude, les 10 principaux émetteurs sont, sans surprise, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du Sud et le Canada. L’UE dans son ensemble se classe en 3e position.

++++++++++

A cette étude publiée en marge de la COP 23 vient s’ajouter un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays. Déjà en 1992, l’ONG Union of Concerned Scientists publiait « l’avertissement des scientifiques du monde à l’humanité ». 1700 scientifiques prévoyaient que l’impact des activités de l’homme sur la nature allait probablement aboutir « à de grandes souffrances humaines » et à « mutiler la planète de manière irrémédiable ».

Un quart de siècle plus tard, plus de 15 000 scientifiques émettent un nouvel avertissement. Cette tribune est publiée par la revue BioScience et reprise par Le Monde du lundi 13 novembre 2017. Vous pourrez en lire l’intégralité en cliquant sur ce lien :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

Selon ce manifeste ; tous les voyants sont au rouge : Disponibilité de l’eau potable, déforestation, baisse du nombre de mammifères, émissions de gaz à effet de serre. « L’humanité ne fait pas ce qui devrait être entrepris de manière urgente pour sauvegarder la biosphère menacée. Bientôt, il sera trop tard pour inverser cette tendance dangereuse. »

Ces scientifiques estiment toutefois qu’il est encore possible d’inverser cette tendance pour permettre aux écosystèmes de retrouver leur durabilité. Parmi les mesures recommandées, il y a la création d’un plus grand nombre de réserves naturelles et un renforcement des lois contre le braconnage. Les auteurs de la tribune plaident aussi pour des mesures encourageant un régime alimentaire davantage à base de plantes et l’adoption à grande échelle des énergies renouvelables et d’autres technologies vertes.

—————————————-

According to a study published on Monday November 13th, on the sidelines of COP23, global greenhouse gas emissions are on the rise again in 2017. CO2 emissions from industry and fossil fuel combustion are expected to increase by about 2% this year compared to 2016 and reach a record 36.8 billion tonnes, after 2014 to 2016 which were almost stable. These new figures are not a surprise. It has been several years since I observed CO2 concentrations at the summit of Kilauea in Hawaii, as well as the resulting Keeling curve. It has been several months since we crossed the symbolic threshold of 400 parts per million (ppm). On November 12th, this concentration reached 404.60 ppm. Each day is setting a new record.
With such numbers, it is obvious that the goal of an increase of 2°C for the global temperature of the planet envisaged by the 2015 COP 21 will hardly be attained. To reach it, noxious emissions would have to peak in the next few years and then decline rapidly. Let’s not fool ourselves; the energy policies developed by the major industrial powers do not go in this direction, despite the fine words uttered by their leaders. Economic interests can’t rival with environmental issues!
We can take the example of China, which generates 28% of these greenhouse gases. After efforts in recent years, there is again a boom in the industrial production and the hydroelectric production which as been reduced by droughts.
In the United States too, it is the first time in five years that coal consumption will increase (by 0.5%), due to the high price of natural gas. India sees its emissions grow a little less (by 2%) but it should be temporary. As for the European Union (EU), its emissions are declining more slowly than the previous decade ( by 0.2%).
According to the latest study, the top 10 gas emitters are, unsurprisingly, China, the United States, India, Russia, Japan, Germany, Iran, Saudi Arabia, South Korea and Canada. The EU as a whole ranks third.

++++++++++

In addition to this study, a manifesto was published at the same time as the COP 23. It was signed by 15,364 scientists from 184 countries. Already in 1992, the NGO Union of Concerned Scientists published « the warning world scientists to humanity. » 1,700 scientists predicted that the impact of human activities on Nature would likely lead to « great human sufferings » and « mutilate the planet in an irreparable way ».
A quarter of a century later, more than 15,000 scientists are issuing a new warning. This text was published by BioScience and reviewed by Le Monde on Monday, November 13th, 2017. You can read the whole text by clicking on this link:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

According to this manifesto; all the lights are red: Availability of drinking water, deforestation, decrease in the number of mammals, emissions of greenhouse gases. « Humanity is not doing what urgently needs to be done to save the threatened biosphere, and it will be too late to reverse this dangerous trend. »
However, these scientists believe that it is still possible to reverse this trend to allow ecosystems to regain their sustainability. Among the recommended measures is the creation of more natural reserves and stronger laws against poaching. The panelists also advocate for measures to encourage a more plant-based diet and the widespread adoption of renewable energy and other green technologies.

Source : Climate Central / NASA, NOAA.