Approche scientifique de l’éruption islandaise de 2021 // Scientific approach of the 2021 Icelandic eruption

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, mais nous savons décrire le déroulement des événements éruptifs.
Des scientifiques de l’Université d’Islande et du Met Office islandais (IMO) ont publié deux articles dans la revue Nature, dans lesquels ils présentent le fruit de leurs observations lors de l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. C’était la première éruption sur la péninsule de Reykjanes après 800 ans de calme volcanique.
Les études montrent que les précurseurs de l’éruption islandaise étaient différents de ceux qui ont précédé de nombreuses autres éruptions à travers le monde, et que la composition de la lave a évolué au fur et à mesure que l’éruption progressait.
Les chercheurs ont analysé l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes. Elle a commencé en décembre 2019, a culminé avec l’éruption du 19 mars 2021 et s’est poursuivie pendant environ six mois.

L’un des articles – intitulé « La déformation et le déclin de la sismicité avant l’éruption de Fagradalsfjall de 2021 » – s’attarde sur les précurseurs de l’éruption et montre dans quelle mesure ils diffèrent des précurseurs de nombreuses autres éruptions dans le monde.
Il y a eu une activité sismique intense sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines qui ont précédé l’éruption de 2021, avec une libération de contraintes tectoniques dans la croûte terrestre. Cependant, pendant plusieurs jours avant l’éruption, la déformation du sol et l’activité sismique ont diminué dans la zone autour du site de l’éruption. Ce schéma précurseur est donc différent de ceux qui précèdent de nombreuses autres éruptions dans le monde, qui montrent souvent une augmentation de la déformation du sol et de la sismicité peu de temps avant le début de l’éruption, signe que le magma se fraye un chemin vers la surface.
Les auteurs de l’article expliquent que la situation observée sur le Fagradalsfjall a été provoquée par l’interaction entre le flux magmatique et les contraintes au niveau des plaques tectoniques. Lorsque le magma se fraye un chemin à travers la croûte avant une éruption, une contrainte tectonique est parfois libérée, ce qui provoque des séismes et une déformation du sol. Un déclin de la sismicité et de la déformation peut indiquer que ce processus touche à sa fin et que le magma est prêt à percer la surface.
Au cours de la période de trois semaines qui a précédé l’éruption de Fagradalsfjall, il y a eu à la fois une déformation de surface considérable et une forte sismicité. La cause était la mise en place d’un dyke magmatique vertical entre la surface et 8 km de profondeur. Dans le même temps, des contraintes tectoniques dans la croûte ont été libérées. Des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,6 ont été enregistrés dans les zones voisines.
Les scientifiques pensent que la baisse de la sismicité dans les jours qui ont précédé l’éruption peut s’expliquer par le fait que le magma avait alors presque atteint la surface, là où la croûte est la plus faible et où il y a donc moins de résistance.
Cette situation montre qu’il faut tenir compte de la relation entre les volcans et les contraintes tectoniques dans la prévision des éruptions. Une libération des contraintes tectoniques, suivie d’une diminution de la déformation et de la sismicité, peut précéder un certain type d’éruption.

Le deuxième article – intitulé « Déplacement rapide d’une source magmatique profonde sur le volcan Fagradalsfjall » – traite des changements dans la composition de la lave dans la Geldingadalir au cours de l’éruption.
Les scientifiques ont fréquemment échantillonné la lave au cours des 50 premiers jours de l’éruption et ils ont mesuré les gaz volcaniques autour du site éruptif. Ces mesures ont révélé que la lave du Fagradalsfjall provenait directement d’un réservoir magmatique à grande profondeur, à la frontière entre la croûte et le manteau, autrement dit la zone proche du Moho.
Une éruption avec du magma provenant directement de la zone proche du Moho n’a pas été observée dans d’autres éruptions en temps réel. Dans ces cas précédents, le magma provenait de profondeurs moindres de la croûte terrestre. On manque d’informations sur les parties les plus profondes des systèmes magmatiques. L’éruption du Fagradalsfjall a fourni à la communauté scientifique de nouvelles connaissances sur les processus impliqués.
Au début de l’éruption de 2021, la lave était relativement riche en magnésium, comparée à la lave d’autres éruptions historiques en Islande, ce qui révèle un apport de magma particulièrement chaud. Il y avait aussi beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) dans les gaz volcaniques émis par la bouche éruptive, ce qui confirme un apport de magma très profond. Selon les scientifiques, cela montre que le magma a subi peu de refroidissement en remontant à travers la croûte jusqu’à la surface. On pense que le réservoir magmatique se trouvait à une quinzaine de kilomètres sous la surface.

L’étude de l’éruption révèle également que la composition de la lave du Fagradalsfjall a radicalement changé au fur et à mesure que l’éruption progressait. Cela laisse supposer que pendant l’éruption un nouveau magma est arrivé en provenance de profondeurs plus importantes que le magma déjà présent dans le réservoir.
Les scientifiques expliquent que l’on sait depuis longtemps que différents types de magma peuvent se mélanger en profondeur, dans les systèmes magmatiques, avant une éruption. Cette éruption présente des preuves en temps réel que ces processus se produisent.
De plus, les modifications de la composition des produits volcaniques montrent que du nouveau magma peut s’introduire rapidement dans un réservoir profond, dans un délai d’environ 20 jours, et se mélanger au magma déjà présent dans le réservoir, en déclenchant potentiellement l’éruption.
Ces découvertes peuvent aider à mieux comprendre les volcans et la géochimie du manteau et pourraient contribuer à l’élaboration de modèles de systèmes magmatiques partout dans le monde.

Source: Met Office islandais, Université d’Islande, The Watchers.

Il sera maintenant intéressant de comparer les conclusions de l’éruption de 2021 avec celles de l’éruption de 2022. Il faudra voir si la dernière éruption se situe dans le prolongement de celle de 2021 ou s’il s’agit de deux événements indépendants l’un de l’autre.

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We are not good at predicting eruptions, but we are dood at describing what happened.

Scientists from the University of Iceland, the Icelandic Met Office (IMO) have published two papers in the journal Nature, presenting new findings from the 2021 eruption at Fagradalsfjall. It was the first eruption on the Reykjanes Peninsula after 800 years of dormancy.

The studies show that the precursors to the eruption were unusual compared to many other eruptions across the world and that the composition of the lava changed as the eruption continued.

Researchers closely observed the seismic activity on Reykjanes Peninsula, which began in December 2019, culminated with the eruption on March 19th, 2021 and continued for around half a year.

One of the papers – titled “Deformation and seismicity decline before the 2021 Fagradalsfjall eruption” -discusses the precursors to the eruption and how they differ from the precursors of many other eruptions around the world.

There was a significant seismic activity on the Reykjanes Peninsula in the weeks leading up to the 2021 eruption, marked by tectonic stress release in the crust. However, for several days before the eruption, deformation and seismic activity declined in the area around the eruption site. This precursory pattern is different from those preceding many other eruptions around the world, which often show escalating rates of ground displacement and seismicity shortly before the eruption onset, as the magma forces its way to the surface.

The scientists behind the paper explain that the behaviour at Fagradalsfjall was caused by the interplay between magma flow and plate tectonic stress. As magma forces its way through the crust before an eruption, tectonic stress may be released, causing earthquakes and ground deformation in the early stages. A decline in seismicity and deformation may indicate that this process is coming to an end and that the magma may erupt.

During the three-week period preceding the eruption at Fagradalsfjall, there was both considerable surface deformation and a large number of earthquakes. This was caused by the emplacement of a vertical magma-filled dyke between the surface and a depth of 8 km. At the same time, tectonic stress in the crust was released. Earthquakes occurred in nearby areas, up to magnitude M 5.6.

The scientists also suggest that the decline in seismicity in the days before the eruption could be explained by the fact that the magma had then almost reached the surface, where the crust is weakest and there is therefore less resistance.

This situation shows that consideration must be given to the relationship between volcanoes and tectonic stress in eruption forecasting. A release of tectonic stress followed by a decline in deformation and seismicity rate may be a precursory activity for a certain type of eruption.

The second paper – titled “Rapid shifting of a deep magmatic source at Fagradalsfjall volcano, Iceland” – discusses the changes to the composition of the lava that flowed through Geldingadalir and the surrounding area as the eruption continued.

Scientists sampled the lava frequently during the first 50 days of the eruption and measured the volcanic gases around the eruption site. This revealed that the lava at Fagradalsfjall was directly sourced from a magma reservoir at great depth, at the boundary between the crust and the mantle – the near-Moho zone.

Eruption directly from the near-Moho zone has not been observed in other eruptions with real-time investigation. In these previous cases, the magma came from shallower levels in the crust. Until now, there has therefore been a lack of information about the deepest parts of magmatic systems. The eruption at Fagradalsfjall has provided the scientific community with new knowledge of the processes involved.

At the start of the eruption, the lava was relatively rich in magnesium in comparison with lava from other historical eruptions in Iceland, indicating an unusually hot magma supply. There was also a lot of carbon dioxide in the volcanic gases emitted from the eruption vent, indicating an unusually deep magma supply. The scientists explain that this suggests that the magma underwent little cooling on its way up through the crust to the surface. It is believed that the magma reservoir was located about 15 km from the surface.

The research also revealed that the composition of the lava at Fagradalsfjall radically changed as the eruption progressed. This suggests that during the eruption, a new magma was generated at greater depths than the magma already present in the reservoir.

The scientists point out that it has long been argued that different kinds of magma can mix deep in magmatic systems before an eruption. This study presents real-time evidence that these processes do occur.

Furthermore, changes to the composition of volcanic products show that new magma can flow into a deep reservoir rapidly, in a timescale of around 20 days, mixing with the magma already in the reservoir and potentially triggering the eruption.

These findings may aid our understanding of volcanoes and the geochemistry of the mantle and could support the development of models of magmatic systems all over the world.

Source: Icelandic Met Office, University of Iceland, The Watchers.

It will now be interesting to compare the conclusions of the 2021 eruption with those of the 2022 eruption. It will be particularly interesting to see if the last eruption is a continuation of that of 2021 or if they are two distinct events.

Captures d’écran de l’éruption de 2021

La Russie et la Chine lorgnent l’Antarctique // Russia and China have an eye on Antarctica

Rosgeologia est la plus grande société d’exploration de Russie en termes d’empreinte géographique. Les levés sismiques effectués par cette société entre les années 1970 et aujourd’hui révèlent qu’il y a une réserve d’au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique. Moscou envisage sérieusement de mettre le pied sur ce continent qui est resté jusqu’à présent à l’abri de toutes les convoitises. Cela n’est guère surprenant au vu de la politique énergétique agressive menée par la Russie qui se prépare à faire en Antarctique ce qu’elle a déjà fait dans l’Arctique.
Rosgeologia a entrepris de nouveaux levés sismiques à grande échelle dans la mer de Riiser-Larsen, au large des côtes de la Terre de la Reine Maud au début de l’année 2020. De plus, la société a déclaré sans équivoque qu’elle avait effectué ces levés sur 4 400 kilomètres – les premiers levés sismiques effectués dans la région par la Russie depuis la fin des années 1990 – dans le but explicite d ‘«évaluer le potentiel pétrolier et gazier offshore à l’aide des dernières technologies».
Certaines personnes sont assez naïves pour croire que de tels projets ne se concrétiseront pas dans les prochaines années. C’est oublier comment la Russie s’est imposée en Crimée ou en Géorgie, ou a unilatéralement réussi à modifier le statut de la Mer Caspienne  afin d’empêcher l’Iran de tirer des milliers de milliards de dollars de revenus.

Ces mêmes personnes font référence au Traité sur l’Antarctique. Ce Traité, signé en 1959 par 53 pays, est censé protéger les ressources minérales de l’Antarctique, y compris les sites potentiels d’extraction du pétrole et du gaz. Selon le Traité, les sept pays ayant une revendication territoriale particulière en Antarctique – Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni (mais pas la Russie !) – se limitent à des recherches scientifiques non militaires dans la région. La Russie (et les États-Unis) ont néanmoins installé des bases de recherche dans les zones revendiquées par les autres pays (la Russie dépend de la Norvège). On peut toutefois faire remarquer qu’un certain nombre de ces pays ont très probablement effectué des études clandestines afin de déterminer quelles quantités de ressources essentielles – telles que le pétrole et le gaz – se trouvaient dans leur part du gâteau, mais aucun d’entre eux, en dehors de la Russie, n’a jamais déclaré ouvertement qu’il recherchait des gisements de pétrole et de gaz pour une exploitation future. En théorie, l’interdiction de l’activité minière en Antarctique ne sera renouvelée qu’en 2048. Cependant, compte tenu des découvertes de la société Rosgeologia, la Russie peut décider d’avancer unilatéralement cette date!

Selon les levés sismiques de Rosgeologia et d’autres études connexes effectuées depuis les années 1970, il y a au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique, bien que la société n’ait pas précisé si ce chiffre se rapporte à l’ensemble de la région ou seulement à la zone qu’elle a étudiée jusqu’à présent. Cependant, il y a de bonnes raisons de croire qu’il existe d’énormes réserves de pétrole et de gaz non seulement dans la région que Rosgeologia a explorée début 2020, mais aussi dans l’ensemble de l’Antarctique.

Il y a bien sûr une grande différence entre les ressources potentiellement exploitables et leur exploitation réelle car l’environnement de l’Antarctique est particulièrement hostile, mais cela n’a jamais vraiment posé de problème à la Russie jusqu’à présent. Ces ressources pourraient comprendre l’or, l’argent, les diamants, le cuivre, le titane, l’uranium, etc. Il faudrait garder à l’esprit que la Russie a réussi à explorer l’Arctique, y compris en plantant son drapeau sur le plancher océanique en 2009. Depuis cette date, des sociétés pétrolières et gazières russes comme Rosneft, Gazprom Neft et Novatek ont ​​été à l’avant-garde des explorations dans l’Arctique, avec des tas de projets en cours et en vue. La Russie souhaite que le pétrole offshore de l’Arctique représente 20 à 30% de toute sa production d’ici 2050.
A côté de la Russie, il y a la Chine qui se fait de plus en plus pressante en Antarctique. Il s’agit de la suite logique du premier livre blanc de 2018 sur la politique arctique chinoise. Les autorités avaient alors déclaré qu’elles encourageraient les entreprises à construire des infrastructures et à effectuer des voyages commerciaux d’essai ouvrant la voie à des routes de navigation dans l’Arctique, avec en vue une «Route de la Soie Polaire».
Source: Oilprice.com.

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Rosgeologia is the largest exploration company in Russia in terms of its geographic footprint. The company’s seismic surveys between the 1970s and now indicate that there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, and Moscow has now set its sights on the world’s most underexplored continent. It should come as little surprise to anyone who knows anything of Moscow’s ruthless energy policy that moves are afoot to do exactly in Antarctica what Russia has already done in the Arctic.

Rosgeologia, undertook a major new seismic survey in the Riiser-Larsen Sea, off the coast of Antarctica’s Queen Maud Land earlier this year. Moreover, Rosgeologia stated unequivocally that it did this 4.400 kilometre survey – the first seismic survey done in the area by Russia since the late 1990s – with the express purpose of “assessing the offshore oil and gas potential of the area using the latest technology”.

According to some people, there are all sorts of reasons why such plans cannot go ahead at least for the next few years. However, these people seem to forget how Russia rolled into Crimea, or Georgia, or unilaterally managed to engineer a change in the status of the Caspian from a lake to a sea in order to swindle Iran out of trillions of dollars of revenue.

These same people refer to the 1959 Antarctic Treaty (signed by 53 separate countries) which supposedly protects the Antarctic’s mineral resources in general, including potential oil and gas sites in particular. According to the Treaty, the seven countries with a specific claim in Antarctica – Argentina, Australia, Chile, France, New Zealand, Norway, the U.K., (not Russia, it should be noted) – are limited to just non-military scientific research in the region. Russia (and the U.S.), have nonetheless constructed research facilities within the areas claimed by these other countries (Russia’s is in Norway’s claim). It is true that a number of these countries have more than likely been conducting clandestine analysis of their claims for the purposes of ascertaining the more valuable resources – such as oil and gas – that lie within their regions but not one of them has ever openly stated that they are looking for oil and gas deposits for future development, aside from Russia. Theoretically, the ban on mineral activity in the Antarctic next comes up for possible renewal only in 2048, however, given what Rosgeologia has found so far, Russia may decide to unilaterally bring this date forward by around 28 years or whatever is most convenient for it.

According to Rosgeologia’s seismic surveys and other related work since the 1970s to now, there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, although the company has not clearly stated whether this relates to the entire region or just the area that it has specifically surveyed so far. However, there are good reasons to believe that there are huge oil and gas reserves not just in the area Rosgeologia has tested earlier this year, but across whole  Antarctica.

There is a vast difference, of course, between the total resources in place and the recovery rate from such a challenging environment but that has never stood in Russia’s way before These resources might well include gold, silver, diamonds, copper, titanium, uranium, and so on. Moreover, Russia has been successfully exploring the Arctic, including when it pitched its flag on the seabed under the Arctic in 2009. Since then, blig Russian oil and gas companies like Rosneft, Gazprom Neft and Novatek, have been at the forefront of all Arctic operations, with hundreds of billions of current and potential projects in view. The objective remains for offshore Arctic oil to account for 20-30 per cent of all Russian production by 2050.

Together with Russia,China’s growing presence in the Antarctic play is not surprising either. This is a natural extension to China’s 2018 first official Arctic policy white paper in which it said that it would encourage enterprises to build infrastructure and conduct commercial trial voyages, paving the way for Arctic shipping routes that would form a ‘Polar Silk Road’

Source: Oilprice.com.

Carte des revendications territoriales selon le Traité sur l’Antarctique

Vulcano dans l’attente (Iles Eoliennes / Sicile) // Vulcano (Aeolian Islands / Sicily)

Les habitants de l’île éolienne de Vulcano attendent avec impatience le verdict d’une visioconférence qui doit avoir lieu le 20 décembre 2021 et à laquelle participeront des membres de l’INGV, de la Protection Civile, d’Arpa, d’Ispra, d’Asp et le maire de Lipari pour décider si la zone rouge et les contraintes qu’elle implique doit être prolongée ou si les insulaires pourront revenir dormir dans leurs maisons. L’ordonnance promulguée il y a un mois par le maire de Lipari expirera le 21 décembre.

Les dernières informations communiquées par l’INGV de Catane laissent entendre que la situation s’est légèrement améliorée, mais qu’il reste des zones sous la menace des gaz. La température des fumerolles diminue sur la lèvre du cratère et est stable sur sa face interne. Les émissions de CO2 à la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto, mesurées automatiquement par le réseau Vulcanogas, montrent une baisse générale mais restent toujours à des valeurs élevées, à l’exception du site de Faraglione, où les valeurs habituelles sont enregistrées.
En revanche, les émissions de de CO2 dans la zone du cratère continuent de montrer des valeurs élevées, supérieures aux moyennes enregistrées au cours des 10 dernières années.

S’agissant de la géochimie des nappes phréatiques, les valeurs de température et de conductivité sont stables dans le puits du Camping Sicilia, tandis qu’une légère augmentation des valeurs est observée dans le puits Bambara et les valeurs de conductivité continuent de diminuer.

Ces derniers jours, les contrôles effectués par les techniciens de l’ARPA et d’Ispra avec de nouveaux instruments ont concerné essentiellement la zone rouge. Les résultats de ces mesures seront divulgués en réunion le 20 décembre par les scientifiques, puis par le maire qui les communiquera à la population.

Selon le journal La Sicilia, « il est probable qu’il y aura une autre prolongation d’un mois, mais il n’est pas exclu que la nouvelle ordonnance puisse affecter les personnes les plus vulnérables, tandis que d’autres pourraient rentrer chez elles. »

Source: La Sicilia.

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The inhabitants of the Aeolian island of Vulcano are impatiently awaiting the verdict of a videoconference due to take place on December 20th, 2021 and in which members of INGV, Civil Protection, Arpa, Ispra, d’Asp and the mayor of Lipari are to decide whether the red zone and the constraints it implies should be extended or whether the islanders will be allowed to return to their homes to sleep. The ordinance released a month ago by the mayor of Lipari will expire on December 21st.
The latest information from the INGV of Catania suggests that the situation has improved slightly, but that there are still areas under the threat of gas. The temperature of the fumaroles is decreasing on the crater rim and is stable on its internal face. CO2 emissions at the base of the La Fossa cone and in the Vulcano Porto area, automatically measured by the Vulcanogas network, show a general decrease but still remain at high values, with the exception of the Faraglione site, where background values are recorded.
In contrast, CO2 emissions in the crater area continue to show high values, higher than the averages recorded over the past 10 years.
Regarding the geochemistry of groundwater, the temperature and conductivity values are stable in the well of Camping Sicilia, while a slight increase in values is observed in the Bambara well and the conductivity values continue to decrease.
In recent days, the monitoring carried out by technicians from ARPA and Ispra with new instruments have mainly concerned the red zone. The results of these measurements will be disclosed at the meeting of December 20th by the scientists, then by the mayor who will communicate them to the population.
According to the newspaper La Sicilia, « it is likely that there will be another one month extension, but it is not excluded that the new ordinance could affect the most vulnerable people, while others could return home. »
Source: La Sicilia.

Cratère de La Fossa (Photo: C. Grandpey)

Cumbre Vieja (La Palma) : gaz et cendre // Gas and ash

L’éruption du Cumbre Vieja continue avec une augmentation des émissions de gaz et de cendres au cours des derniers jours.
La cendre s’accumule dans les rues des localités les plus proches du cône volcanique. Elle pose aussi des problèmes à l’observatoire astronomique de Roque de los Muchachos, situé dans la municipalité de La Garafía à une altitude de 2 396 mètres. A l’intérieur se trouve le plus grand télescope du monde, qui a été affecté par les cendres volcaniques. Il est indispensable de protéger les parties les plus fragiles, en particulier les miroirs qui pourraient être définitivement endommagés.

La cendre est un poison pour les zones habitées qui n’ont pas été évacuées. Les cours sont suspendus dans les établissements scolaires de cinq municipalités: El Paso, Los Llanos, Tazacorte, Tijarafe et Puntagorda. De nombreux vols sont annulés à destination et au départ de La Palma. eaucoup de touristes qui se sont rendus sur l’île à l’occasion du pont de la Toussaint ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des cendres du volcan.
La cendre est aussi un danger pour les habitations. Des toitures se sont effondrées sous son poids. A Tacande il y a des images de maisons recouvertes de plusieurs mètres de cendres.

Une vidéo réalisée à l’aide des drones de Instituto Geológico y Minero de España permet d’observer la source des panaches de cendres.

 

Les gaz sont le moteur des éruptions. Ce sont eux qui sont aussi responsables des explosions à répétition que l’on perçoit quotidiennement avec les images des webcams. Comme l’a dit un scientifique espagnol, peut-être avec une pensée pour Haroun Tazieff : Pas de gaz, pas d’éruption. Ce sont les gaz qui propulsent la colonne de cendre à plus de 4000 mètres d’altitude. Elle est ensuite emportée par les vents, ce qui lui a permis d’atteindre la Norvège. Comme je l’ai indiqué précédemment, les émissions de SO2 ont décliné (elles atteignent environ 5000 tonnes par jour), mais pas encore suffisamment pour indiquer que la fin de l’éruption est proche.
A cause des gaz et de la cendre, la qualité de l’air est médiocre dans les zones affectées par l’éruption. Ainsi, à Los Llanos de Aridane, la qualité de l’air a atteint un niveau « extrêmement défavorable ». La concentration de particules inférieures à 10 microns (PM10) atteint 275 microgrammes par mètre cube d’air. L’échelle de mesure va de «bon» (moins de 20 microgrammes PM10) à «extrêmement défavorable» (de 151 à 1 200 microgrammes).

A noter que l’île de La Palma a été secouée ce matin par un nouveau séisme de magnitude 5. L’épicentre de l’événement a été localisé au niveau de Villa de Mazo.

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The eruption of Cumbre Vieja continues with an increase in gas and ash emissions in recent days.
Ash accumulates in the streets of the municipalities closest to the volcanic cone. It also poses problems for the Roque de los Muchachos astronomical observatory, located in the municipality of La Garafía at an altitude of 2396 meters. Inside is the world’s largest telescope, which has been affected by volcanic ash. It is essential to protect the most fragile parts, in particular the mirrors which could be permanently damaged.
Ash is poison for inhabited areas that have not been evacuated. Classes are suspended in schools in five municipalities: El Paso, Los Llanos, Tazacorte, Tijarafe and Puntagorda. Many flights are cancelled to and from La Palma. Many tourists who have visited the island on the occasion of the All Saints’ Day holiday cannot return home because of the ash from the volcano.
Ash is also a danger to the houses. Roofs collapsed under its weight. In Tacande there are images of houses covered with several meters of ash.

A video shot by drones of the Instituto Geológico y Minero de España allows to get a good view of the source of the ash plumes (see above).

The gases are the engine of eruptions. They are also responsible for the repeated explosions that we can hear daily with the images of webcams. As a Spanish scientist put it, perhaps with a thought for Haroun Tazieff: No gas, no eruption. The gases propel the ash column to more than 4000 meters above sea level. It was then blown away by the winds as far as Norway. As I reported earlier, SO2 emissions have declined (reaching around 5,000 tonnes per day), but not yet enough to indicate that the end of the eruption is near.
Due to gases and ash, the air quality is poor in the areas affected by the eruption. Thus, in Los Llanos de Aridane, the air quality has reached an « extremely unfavorable » level. The concentration of particles smaller than 10 microns (PM10) reaches 275 micrograms per cubic meter of air. The measurement scale ranges from « good » (less than 20 micrograms PM10) to « extremely unfavorable » (151 to 1,200 micrograms).

The island of La Palma was shaken this morning by another M 5.0 earthquake whose epicenter was located at Villa de Mazo.