Un drone dans le cratère du Kawah Ijen (Indonésie) // A UAS inside the crater of Kawah Ijen (Indonesia)

On peut lire dans mon livre « Killer Volcanoes » que le Kawah Ijen, volcan situé à l’extrémité E de l’île de Java, est de plus en plus médiatisé. Il est vrai que son lac d’acide et l’exploitation du soufre sur les berges sont extrêmement spectaculaires. D’une profondeur de plus de 200 mètres, le lac contient entre 32 et 36 millions de mètres cubes d’acide sulfurique et chlorhydrique d’une température moyenne d’une quarantaine de degrés et d’un pH de 0,2 !

Les gaz comme le dioxyde de soufre, particulièrement agressifs et nocifs, qui s’échappent du cratère et du lac n’empêchent pas l’exploitation du soufre. On le voit sortir sous forme liquide à partir des fumerolles qui percent la paroi inférieure du cratère. Il est guidé dans son écoulement par des tuyaux qui canalisent le liquide rouge dont la température atteint 120°C et prend une belle couleur jaune citron en se refroidissant.

L’exploitation de ce soufre se fait à mains nues, dans des conditions qui défient l’entendement. Elle n’est pas sans danger. En 1976, une cinquantaine de personnes on été surprises au fond du cratère par une énorme bulle de dioxyde de soufre jaillie du lac. Un mineur raconte qu’il a vu un de ses camarades s’évanouir, puis un autre, sans trop comprendre pourquoi. En tout, onze porteurs sont morts par asphyxie.

Le 21 mars 2018, le Kawah Ijen a de nouveau laissé échapper un nuage de gaz toxiques qui a blessé une trentaine de personnes. 24 d’entre elles ont sû être hospitalisées. Les habitants de trois villages proches du cratère ont été évacués.

Au fil des jours, le Kawah Ijen  tue aussi à petit feu les mineurs en rongeant peu à peu leur système pulmonaire. Il tue insidieusement les villageois qui habitent au pied du volcan. Le trop-plein du lac devient une petite rivière qui irrigue ensuite les cultures, de riz et de canne à sucre en particulier. Cette eau d’un pH de 3 à 4,5 et trop riche en fluorure est nocive pour la santé. On a remarqué que les populations autour du Kawah Ijen avaient les dents plus noires qu’ailleurs en Indonésie à cause de l’eau rejetée par le volcan.

Le site web The Watchers nous apprend que le cinéaste espagnol Andres Aguilera Morillas a fait voler un drone à l’intérieur du cratère du Kawah Ijen. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un bref extrait de la vidéo, avec l’appareil en train de suivre l’une des ravines qui tranchent le flanc du volcan. Il pénètre également dans un nuage de gaz avant d’atteindre la surface du lac. Etant moi-même aéromodéliste, je me dis qu’il y a intérêt à soigneusement protéger l’électronique à l’intérieur du drone pour éviter que celui-ci tombe en panne et finisse sa course dans le lac d’acide…

https://youtu.be/c85o-lPpMEA

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One can read in my book « Killer Volcanoes » that Kawah Ijen, a volcano located in the eastern part of the island of Java, is more and more publicized. It is true that its acid lake and the exploitation of sulphur on the banks are extremely spectacular. At a depth of more than 200 metres, the lake contains between 32 and 36 million cubic metres of sulphuric and hydrochloric acid with an average temperature of forty degrees and a pH of 0.2 !
Gases such as sulfur dioxide, which are particularly aggressive and harmful, that escape from the crater and the lake do not prevent the exploitation of sulphur. It is seen coming out in liquid form from the fumaroles which pierce the lower wall of the crater. It is guided in its flow by pipes that channel the red liquid whose temperature reaches 120°C and takes a beautiful lemon yellow colour while cooling.
The exploitation of this sulphur is done with bare hands, in extreme conditions. It is not safe. In 1976, about fifty people were surprised at the bottom of the crater by a huge SO2 bubble thet exploded at the lake surface. A miner reports that he saw one of his comrades faint, then another, without really understanding why. In all, eleven men died from asphyxiation.
On March 21st, 2018, Kawah Ijen again let out a cloud of toxic gas that injured thirty people. 24 of them were admitted to hospital. Residents of three villages near the crater had ro be evacuated.
Over the days, Kawah Ijen also slowly kills the miners by biting their lung system. It kills insidiously the villagers who live close to the volcano. The overflow of the lake becomes a small river which then irrigates rice and sugar cane fields. This water with a pH of 3 to 4.5 and too rich in fluoride is harmful to health. It was noted that people around Kawah Ijen had darker teeth than elsewhere in Indonesia because of the water released from the volcano.

The Watchers website tells us that Spanish filmmaker Andres Aguilera Morillas has flown an Unmanned Aircraft System (UAS) inside the crater of Kawah Ijen. By clicking on the link below, you will see a brief excerpt from the video, with the camera travelling down one of the ravines that slice the side of the volcano. It also enters a cloud of gas before reaching the surface of the lake. Being myself a drone pilot, I think one should carefully protect the electronics inside the drone to avoid a breakdown and seeing it fall into the acid lake…

https://youtu.be/c85o-lPpMEA

Photos: C. Grandpey

 

Eruption sur l’île Fernandina (Iles Galapagos) // Eruption on Fernandina Island (Galapagos)

On attendait une éruption du Sierra Negra sur l’île Isabela aux Galapagos, mais c’est finalement La Cumbre sur l’île Fernandina qui déjoue les pronostics avec une nouvelle éruption ! La dernière avait eu lieu en septembre 2017. Après un épisode sismique avec des événements atteignant M 4.1, une nouvelle éruption a commencé vers 15 heures (TU) le 16 juin 2018.  Selon l’Instituto Geofisico, elle se situe sur le flanc nord-nord-est du volcan et se caractérise jusqu’à présent par l’émission de coulées de lave et une colonne de gaz s’élevant jusqu’à 3 km  de hauteur. La lave a déjà atteint l’océan.
Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’écart, en particulier de la zone où les coulées de lave entrent dans l’océan, en raison de possibles explosions et d’une grande quantité de gaz toxiques.
Source: Instituto Geofisico
On peut voir des images de l’éruption sur le site web The Watchers:
https://watchers.news/2018/06/16/fernandina-volcano-erupts-lava-flow-reaching-the-ocean-galapagos/

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One expected an eruption of Sierra Negra volcano but La Cumbre Volcano on Fernandina Isla,d was faster in the Galapagos ! After a seismic episode with events reaching M 4.1, a new eruption started at Fernandina volcano at about 15:00 UTC on June 16th, 2018. The volcano last erupted in September 2017.

According to the Instituto Geofisico, the eruption is taking place on the north-northeast flank of the volcano and is so far characterized by the emission of lava flows and a gas column rising up to 3 km. Lava has already reached the ocean.

Residents and tourists are advised to stay away, in particular from the area where lava flows are entering the ocean due to possible explosions and a large amount of toxic gas.

Source: Instituto Geofisico

Images of the eruption can be found on the website The Watchers:

https://watchers.news/2018/06/16/fernandina-volcano-erupts-lava-flow-reaching-the-ocean-galapagos/

 La caldeira sommitale de l’île Fernandina vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

09h00 (heure française): L’éruption se poursuit le long de la Lower East Rift Zone. La Fracture n° 8 reste très active et, alimente un chenal de lave qui descend vers Kapoho.
La lave a avalé des dizaines d’autres maisons avant de terminer sa course dans Kapoho Bay où elle est entrée dimanche vers 22h30. Elle a ensuite rapidement construit un delta qui a commencé à remplir la baie. Les Kapoho Tide Pools semblent avoir été épargnés et étaient encore intacts lundi soir. Bien que le nombre officiel de maisons détruites par la lave soit resté à 117 lundi, la Protection Civile indique que 42 nouvelles maisons ont été détruites à Kapoho tout au long de la journée. Des survols réguliers au-dessus de la zone isolée seront effectués chaque jour pour voir si les habitants qui ont décidé de rester sont en danger.
Pendant que la coulée de lave formait un chenal entre la Fracture n° 8 et  Kapoho Bay, d’autres petites coulées issues du chenal se faufilaient vers le nord en direction de Cinder Road. L’une de ces coulées a cessé d’avancer lundi, tandis qu’une autre s’est enroulée autour du cône de Kapoho Cinder. Plus de 20 kilomètres carrés ont été recouverts par la lave depuis le début de l’éruption dans la Lower East Rift Zone le 3 mai.
La largeur de la coulée issue de la Fracture n° 8 et son entrée dans l’océan ont entraîné la formation de volumineux panaches de brume volcanique – ou « laze » – dans la journée de lundi. Il est conseillé aux habitants d’éviter la zone. La quantité de SO2 produite par les fractures dans la Lower East Rift Zone est également dangereuse. On estime qu’elles émettent environ 10 000 tonnes de dioxyde de soufre chaque jour.
Au sommet du Kilauea, les fréquents séismes ont commencé à faire sentir leurs effets sur les structures du Parc National des Volcans d’Hawaï. Le belvédère du Jaggar Museum présente des fissures suite au séisme de M 5,5 qui a été enregistré dimanche. Deux autres bâtiments du parc ont également été endommagés par les secousses et l’ensemble du parc n’a plus d’eau courante.
Source: HVO et Protection Civile.

https://youtu.be/m78uSINi6Xc

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14h00 (heure française): La dernière mise à jour du HVO publiée le 4 juin en fin de soirée indique que les fontaines de lave de la Fracture n° 8 continuent d’alimenter un chenal qui conduit la lave vers le nord-est le long de la Highway132, puis vers l’est où elle entre dans l’océan dans Kapoho Bay. Les dernières observations montrent que les fontaines de lave de la Fracture n° 8 sont  moins puissantes, avec des hauteurs qui ne dépassent pas une cinquantaine de mètres. En début de soirée le 4 juin, la lave entrait en abondance dans Kapoho Bay, avec un front de coulée à environ 700 mètres du rivage. Un panache de brume volcanique (laze) entrait à l’intérieur des terres, mais se dissipait rapidement. La lave émise dans la partie nord des cratères de cendre de Kapoho n’avance plus ; elle s’est arrêtée au sud-est de l’intersection entre Railroad Avenue et Cinder Road. Une coulée de lave issue de la bordure sud de la coulée principale près de l’intersection entre la Highway 132 et Railroad Avenue a complètement encerclé le cône de Green Lake.
Une nouvelle carte de l’éruption a été publiée le 4 juin 2018.
Source: USGS / HVO

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9:00 a.m. (French time): The eruption continues in the Lower East Rift Zone fissure. Fissure 8 is still very active, feeding a robust lava channel that goes down to the Kapoho area.

Lava is consuming dozens of additional homes after the flow filled in Kapoho Bay. After the lava flow entered the ocean at approximately 10:30 p.m. Sunday evening, it rapidly produced a delta that began to fill in Kapoho Bay. The Kapoho Tide Pools appeared to have been spared and were still intact late Monday evening. Although the official number of homes destroyed by lava remained at 117 Monday, Civil Defense says an estimated an additional 42 Kapoho homes were destroyed throughout the day. It will conduct regular flyovers over the isolated area every day to see if remaining residents are in any danger.

Although the lava flow formed a channel from fissure 8 to Kapoho Bay, other fingers of lava snaked north toward Cinder Road. One finger died out Monday, while another looped around the Kapoho Cinder Cone and encircled it in. More than 20 square kilometres have been covered by lava since the eruption in the Lower East Rift Zone began on May 3rd.

The breadth of the fissure 8 flow contributed to a high amount of lava haze or “laze” throughout Monday. Residents are advised to avoid the area. Dangerous too is the amount of SO2 produced by the Lower East Rift Zone fissures. They are estimated to emit approximately 10,000 metric tons of sulphur dioxide each day.

At the summit of Kilauea, frequent earthquakes have begun to take their toll on structures in Hawaii Volcanoes National Park. The overlook at the Jaggar Museum displays notable cracks after Sunday’s M 5.5 earthquake. Two other park buildings have also sustained earthquake damage, and the entire park is without water service.

Source: HVO & Civil Defense.

https://youtu.be/m78uSINi6Xc

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14:00 (French time): HVO’s last update released on June 4th late in the evening indicates that fountaining at Fissure 8 continues to feed a robust channel transporting lava to the northeast along Highway 132 and east to the ocean entry in Kapoho Bay. The latest observations suggest the Fissure 8 fountain is less vigorous, with maximum heights of 50 metres. Early in the evening of June 4th, lava was filling Kapoho Bay, extending out approximately 700 metres from shore. A laze plume was blowing inland from the ocean entry but was dissipating quickly. The lava breakout on the north side of the Kapoho cinder pits continues to be stalled southeast of the intersection of Railroad Avenue and Cinder Road. A lava breakout from the south margin of the flow near the intersection of Highway 132 and Railroad Avenue has completely encircled the Green Lake cone.

A new map of the eruption was released on June 4th, 2018.

Source: USGS / HVO

Crédit photo: USGS

 

La centrale géothermique de Puna survivra-t-elle à l’éruption? // Will the Puna geothermal plant survive the eruption ?

Puna Geothermal Ventures (PGV) est une centrale géothermique qui fournit environ le quart de l’électricité à la Grand Ile d’Hawaii. Elle a dû fermer ses portes car la lave du Kilauea menaçait le site et ses installations. La situation a déclenché un débat entre ceux qui veulent  maintenir la centrale en activité et ceux qui voudraient la voir fermer après la fin de l’éruption.
Personne ne sait si la centrale de 38 mégawatts survivra aux coulées de lave du Kilauea, mais l’éruption en cours a provoqué sa fermeture, obligé la sécurisation des puits et l’évacuation d’un important volume de gaz inflammable.
La lave a fini par entrer dans l’enceinte de PGV ; elle a recouvert deux puits, bloqué la route principale d’accès et détruit une sous-station et un entrepôt où était stocké du matériel de forage.
Les opposants à la centrale disent que l’arrivée de la lave sur le site ne fait que confirmer ce qu’ils ne cessent de répéter depuis des années, à savoir qu’une installation géothermique qui génère de la vapeur contenant des gaz dangereux ne devrait pas être construite à moins d’un kilomètre d’une zone habitée et – qui plus est – dans une zone de rift sur l’un des volcans les plus actifs au monde. Les personnes qui habitent à environ un kilomètre disent qu’elles ont été incommodées au fil du temps par les rejets de gaz ou de vapeur de la centrale et prétendent que PGV ne les prévient jamais quand un événement anormal se produit.

De leur côté, les partisans de la centrale disent que les opposants font de la désinformation au sujet de l’installation et que la technologie de captage de la vapeur et de l’eau chaude du sous-sol par des puits profonds est parfaitement sûre. Ils considèrent la géothermie comme une bonne solution pour réduire la dépendance d’Hawaii aux combustibles fossiles. Ils affirment que la centrale est fiable, bon marché et sûre.

En raison de l’éruption actuelle, les responsables de PGV ont déclaré qu’ils ne peuvent pas dire quand la centrale de Puna sera en mesure de reprendre du service. Un expert en géothermie a déclaré que les décisions sur l’avenir du site pourraient prendre des années.
Depuis 2008, la centrale géothermique de Puna a fourni en moyenne 22 pour cent des besoins énergétiques de la Grande Ile. En 2017 et jusqu’en avril de cette année, elle a généré 29 pour cent de l’électricité de l’île. HELCO, l’un des principaux distributeurs d’électricité à Hawaï, affirme avoir « la capacité de compenser indéfiniment » la fermeture de la centrale géothermique.
PGV a été critiquée au cours des années parce qu’elle émettait des gaz dangereux, y compris du sulfure d’hydrogène (H2S). L’incident le plus grave est survenu en 1991 lorsque l’un des puits a connu une explosion majeure. La libération incontrôlée de gaz et de vapeur a duré 31 heures et a provoqué l’évacuation de quartiers à proximité. Plus récemment, l’Agence de Protection de l’Environnement a infligé une amende de 76 500 dollars aux responsables de PGV pour avoir enfreint la loi sur la pureté de l’air. Une inspection effectuée en août 2013 a révélé que l’entreprise n’avait pas pris les mesures nécessaires pour empêcher les rejets accidentels. Un an après l’inspection de l’EPA, les habitants ont dû faire face à une autre fuite de sulfure d’hydrogène lorsque l’ouragan Iselle s’est abattu sur la Grande Ile. La Protection Civile a alors conseillé aux habitants de quitter la zone s’ils ne se sentaient pas bien, mais les arbres qui étaient tombés sur les routes ont empêché une telle évacuation.. Dans les heures et les jours suivant cette libération de gaz, des habitants ont signalé des symptômes tels que des maux de tête, des problèmes respiratoires, des gorges irritées, des nausées et de la fièvre.
Des centrales géothermiques existent ailleurs dans le monde, comme en Islande, aux Philippines, au Mexique et au Japon, mais les maisons les plus proches se trouvent à plusieurs kilomètres, voire beaucoup plus loin…
Source: Honolulu Star Advertiser.

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Puna Geothermal Ventures (PGV) is a geothermal plant that supplies about a quarter of the Big Island’s electricity. It was forced to shut down as lava from Kilauea Volcano threatened the property. The situation triggered a debate between those who want to keep it operating and those who would like to see it closed after the end of the eruption.

No one knows whether the 38-megawatt facility will survive Kilauea’s lava flows, but the ongoing eruption triggered its shutdown and led company officials to secure the plant’s wells and remove a large volume of flammable gas.

Lava eventually crossed onto the company’s property and already has overtaken two wells, blocked the main access road and burned a substation and adjacent warehouse where a drilling rig was stored.

Opponents say the lava encroachment underscores what they warned of years ago, namely that a geothermal facility that generates steam containing dangerous gases should not be built less than one kilometre from residential communities and in a rift zone on one of the most active volcanoes on the planet. Residents who live about one kilometre away say they have been sickened over the years by gas or steam releases from the plant and claim PGV never alerts them when something happens.

Supporters, however, say opponents are spreading misinformation about the facility and that the technology for tapping underground steam and hot water via deep wells is considered safe. They view geothermal as part of the answer to weaning Hawaii from heavy dependence on fossil fuels, describing it as reliable, cheap and safe.

Due to the current eruption, PGV officials said they cannot assess when the Puna complex will be able to resume operations. One geothermal expert said questions about the fate of the PGV site could take years to be fully answered.

Since 2008 the geothermal facility has supplied an average of 22 percent of the Big Island’s power needs In 2017 and through April of this year, the Puna plant generated 29 percent of the island’s power. HELCO, one of the main utilities in Hawaii, says it has “the capacity to make up for the geothermal power loss indefinitely”.

The PGV facility has been criticized over the years for releasing hazardous gases, including hydrogen sulphide (H2S). The most serious incident came in 1991 when one of its wells had a major blowout. The uncontrolled venting lasted 31 hours and triggered the evacuation of nearby neighborhoods. More recently, the Environmental Protection Agency fined PGV $76,500 for safety violations of the Clear Air Act. An August 2013 inspection found that the company failed to take necessary steps to prevent accidental releases. A year after the EPA inspection, residents dealt with another release of hydrogen sulfide when Hurricane Iselle was bearing down on the Big Island. Civil Defense advised residents to evacuate the area if they were not feeling well, but by then downed trees blocked the routes out. In the hours and days following that release, residents reported symptoms including headaches, shallow breathing, scratchy throats, nausea and fever.

 Other geothermal plants exist in the world, in Iceland, the Philippines, Mexico and Japan, but the nearest homes are several kilometres away and often much farther.

Source : The Honolulu Star Advertiser.

Vue de la centrale sous la menace de la lave (Crédit photo: USGS)

Crédit photo: Puna Geothermal Ventures

Eruption du Kilauea (Hawaii): Gaz volcaniques et composition de la lave // Volcanic gases and lava composition

Alors que deux coulées de lave ont pénétré dans l’océan à l’écart de la Highway 137, près de MacKenzie State Park, le HVO et la Protection Civile mettent en garde les habitants de Lower Puna contre les risques liés aux gaz volcaniques. En effet, les alizés poussent de volumineux panaches de SO2 dans les zones situées sous le vent, notamment à Kamaili, Seaview et Malama Ki, où les résidents doivent limiter ou éviter toute exposition à ce gaz toxique. Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, le panache de brume volcanique pourrait atteindre plus de 20 kilomètres sous le vent, dans une direction parallèle à la côte, tout en se dirigeant légèrement vers le large. Son extension dépend de la vigueur de l’entrée de lave dans l’océan et des alizéss
Le HVO rappelle à la population que la « laze » ou brume de lave, est formée par la réaction de la lave très chaude au contact de l’eau de mer froide, ce qui génère un panache blanc très dense constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules de verre. L’acide chlorhydrique est créé par la réaction chimique entre la lave et l’eau de mer, tandis que les particules de verre se forment lorsque la lave touche l’eau de mer et se brise, comme le fait un bol de verre qui se brise en mille morceaux en heurtant le sol. Les toxines dans le panache ont des propriétés corrosives semblables à l’acide d’une batterie. Le panache doit être évité car il peut irriter la peau et les yeux et provoquer des difficultés respiratoires. Alors qu’un masque acheté en magasin peut bloquer les particules de verre, il ne filtre pas l’acide chlorhydrique. Seuls des masques spécifiques peuvent convenir.
En raison de l’entrée de lave dans l’océan, la Protection Civile indique que les mesures suivantes sont en vigueur: L’accès à la zone est interdit en raison du risque de brume volcanique. Les gens doivent éiter de se trouver à proximité des panaches de gaz le long de la côte. La garde côtière américaine surveille activement la zone. Seuls les bateaux d’excursion autorisés peuvent pénétrer dans la zone, ce qui semble en totale contradiction avec les mises en garde énoncées précédemment, mais aux Etats-Unis, business is business!
Mis à part le danger provoqué par les gaz, l’approche des fractures éruptives doit être évitée. Le 19 mai a vu la première blessure liée à l’éruption. Un propriétaire sur Noni Farms Road se trouvait sur le balcon de sa maison quand il a été frappé au tibia par des projections de lave et il a dû être conduit à l’hôpital.

En ce qui concerne l’éruption proprement dite, un volcanologue du HVO a précisé que des échantillons de lave provenant de la Fracture 17 contiennent de l’andésite, une roche que l’on ne rencontre généralement pas dans les éruptions hawaiiennes. La présence d’andésite signifie que la lave qui s’est formée au niveau de la Fracture 17 pourrait provenir d’un magma stocké dans un réservoir avant l’éruption de 1955, ou celle de 1924,  voire une éruption survenue en 1840. Les scientifiques ont rematqué que la lave émise dans les premiers jours de l’éruption dans la Lower East Rift Zone avançait lentement et provenait probablement d’un réservoir magmatique présent sous terre depuis l’éruption de 1955. Aujourd’hui, les coulées de lave qui ont atteint l’océan ont un signal chimique correspondant à un magma plus chaud en provenance du cratère du Pu’u O’o et du sommet du Kilauea et qui produit des coulées de lave plus rapides et plus abondantes.

Le HVO indique par ailleurs qu’une nouvelle séquence explosive a été observée au sommet du Kilauea à 00:05 (heure locale). Le nuage de cendre peut occasionner des retombées sur les environs. Le vent est susceptible d’envoyer la cendre vers le sud-ouest (région de Wood Valley, Pahala, Naalehu et Waiohinu).
Source: HVO et Protection Civile.

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While two active lava flows entered the ocean off Highway 137 near MacKenzie State Park, both HVO and Civil Defense are warning Lower Puna residents against the risks of volcanic gases. Indeed, trade winds are pushing elevated levels of SO2 in areas downwind of lava vents, including to Kamaili, Seaview, and Malama Ki, where residents should take action necessary to limit further exposure. As I put it in my previous post, the “laze” plume could reach more than 20 kilometres downwind of the lava’s ocean entry, in a direction parallel to the coastline, heading slightly offshore. Its extension depends on the vigour of the lava entering the ocean and the wind patterns

HVO reminds the population that the laze, short for lava haze, is formed by the reaction of hot lava coming into contact with cold seawater, producing a dense white plume of steam laced with hydrochloric acid and glass particles. The hydrochloric acid is created by the chemical reaction between the lava and the seawater, while the glass particles are formed when lava touches seawater and shatters, similar to a glass bowl scattering glass shards when it hits the ground. Toxins in the plume have corrosive properties akin to battery acid, and the plume should be avoided as it can irritate the skin and eyes and cause breathing difficulties. While a store-bought mask can block the glass particles, it will not filter out hydrochloric acid. Only specific masks can do the job.

Due to the lava entry at the ocean, Civil Defense indicates that  the following policies are in effect: Access to the area is prohibited due to the laze hazard. People should stay away from any ocean plume. The U.S. Coast Guard is actively monitoring the area. Only permitted tour boats are allowed in the area, which seems in contradiction with the warnings about the laze dangers !

Apart from the hazard caused by the gases, the eruptive vents should also be avoided. May 19th saw the first report of an eruption-related injury since the latest event began. A homeowner on Noni Farms Road was on his third-floor balcony when he got hit on the shin with lava spatter, shattering the lower portion of his leg. He had to be taken to hospital.

As far as the eruption itself is concerned, a HVO volcanologist said lava samples from Fissure 17 show it contained andesite, a rock not usually seen in volcanic eruptions in Hawaii. The presence of andesite means the lava that came up in Fissure 17 could have come from magma stored in an underground reservoir dating back to before the 1955 eruption, possibly as early as the 1924 eruption or an eruption in 1840. Scientists said the lava coming up in the Lower East Rift Zone initially was slower moving and possibly coming from magma reservoirs stored underground since the 1955 eruption, but the lava flows reaching the ocean have a chemical signal that matches the hotter magma from Pu’u O’o crater and the summit, resulting in faster-moving and more voluminous lava flows.

HVO also reports that an explosive eruption at Kilauea summit has occurred at 12:55 a.m. on May 21st, 2018. The resulting ash plume may affect the surrounding areas. The wind may carry the ash plume to the southwest toward Wood Valley, Pahala, Naalehu and Waiohinu.

Source: HVO & Civil Defense.

Site d’arrivée de la lave dans l’océan et nuages de gaz (Crédit photo: USGS)

Kawah Ijen (Ile de Java / Indonésie)

D’après un article paru dans le Seattle Times, une trentaine de personnes ont dû recevoir des soins suite à l’émission d’un nuage de gaz par le volcan Kawah Ijen dans la soirée du 21 mars 2018. Plus de 170 villageois ont été contraints de quitter leurs demeures. Certains d’entre eux souffraient de problèmes respiratoires et étaient pris de vomissements. Le sommet du Kawah Ijen a été momentanément fermé, mais le niveau d’alerte volcanique reste inchangé à « Normal ».

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According to the Seattle Times, thirty people were treated for sulphur gas poisoning after Kawah Ijen belched toxic fumes from its crater on March 21st, 2018 in the evening. More than 170 residents of several villages on the volcano’s slopes had to flee. Some of them suffered from shortness of breath and vomiting. Kawah Ijen’s summit is now temporarily off limits to activities but the volcano’s alert level remains normal.

Photo: C. Grandpey

Les bouches hydrothermales de Basiluzzo (Iles Eoliennes / Sicile) // The hydrothermal vents of Basiluzzo (Aeolian Islands / Sicily)

Panarea est l’une des Iles Eoliennes, au nord de la Sicile. Les navires et aliscaphes y font étape avant d’atteindre Stromboli, la plus septentrionale. A quelques encablures de Panarea, un petit archipel volcanique émerge des flots de la Mer Tyrrhénienne ; c’est Basiluzzo. Il s’étend sur la surface de 300 mètres carrés, ce qui représente la plus grande île inhabitée des Eoliennes. L’origine volcanique du lieu est évidente lorsque l’on observe les stratifications de lave qui atteignent 170 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’île est principalement constituée de rhyolite dont la couleur claire contraste avec la couleur noire de l’obsidienne et la couleur blanche de la pierre ponce.

La formation de Basiluzzo remonte à 50 000 ans; elle est donc beaucoup plus récente que Panarea, apparue il y a entre 150 000 et 300 000 ans. La partie réellement émergée de Basiluzzo est le reste d’un neck volcanique. L’île a probablement été fréquentée depuis l’ère néolithique. On y a également trouvé les restes d’un sol en mosaïque d’une villa probablement construite par un propriétaire romain tombé amoureux du lieu. Au cours des derniers siècles, Basiluzzo a connu des activités agricoles et de pâturage. Enfin, en 1991, dans le but de préserver l’écosystème, une réserve naturelle intégrale, comprenant tous les autres îlots, a été établie.

Les scientifiques s’intéressent aux fonds marins entre Panarea et Basiluzzo parce qu’ils sont parsemés de plus de 200 cheminées volcaniques. C’est un véritable site hydrothermal qui a été découvert par une équipe composée, entre autres, de chercheurs du CNR, de l’ISPRA et de l’INGV en collaboration avec la Marine et les universités de Messine et Gênes. L’étude qui a été publiée dans Plos One contient également d’importantes informations sur les caractéristiques minérales, géochimiques et biologiques des systèmes hydrothermaux peu profonds en Méditerranée.
Le site entre Panarea et Basiluzzo, baptisé « Terre Fumante » par les scientifiques, est constitué de dizaines de structures de forme conique, constituées principalement d’oxydes de fer ; elles ont des hauteurs variant de 1 à 4 mètres et une base d’un diamètre moyen d’environ 3,80 mètres. Certaines de ces bouches émettent des fluides acides, riches en gaz, principalement en dioxyde de carbone. Selon les chercheurs, une structure aussi vaste et complexe n’a jamais été observée dans toute la Méditerranée et il n’en existe que quelques exemples dans certaines zones océaniques.
La découverte est la suite d’un travail de recherche de John Borthwick, océanographe à l’Ismar-CNR, récemment décédé, qui avait cherché à comprendre la nature d’une activité spectaculaire qui avait commencé à se manifester parmi les îlots à proximité de Panarea en novembre 2002. Depuis cette époque, de nombreuses campagnes océanographiques ont été menées par les navires Astrea de l’ISPRA et Urania du CNR et de Marine nationale, pour étudier la zone concernée et identifier d’autres zones de dégazage. En 2015, au cours d’une de ces campagnes, un robot télécommandé, équipé d’une caméra vidéo, d’un appareil photo et d’un bras mécanique, a identifié au fond de la mer, au sud de Basiluzzo, plusieurs cheminées fortement colonisées par les algues et les organismes benthiques. Certaines d’entre elles émettaient de toute évidence des fluides hydrothermaux et des bulles de gaz. (voir la vidéo ci-dessous)
Les premières données recueillies ont permis aux chercheurs italiens de supposer que cette zone de cheminées hydrothermales et ses voisines sont dues à une remontée de gaz profonds qui déclenche une circulation d’eau de mer dans le substrat et favorise leur ascension le long de voies préférentielles, en l’occurrence les plans de failles, et leur évacuation par les cheminées volcaniques et les zones adjacentes.

Il est pas exclu que ces zones de fonds marins affectés par une forte activité de dégazage connaissent de nouvelles émissions de gaz ou une situation semblable à celle de 2002, d’où la nécessité de nouvelles études pour comprendre non seulement la genèse du phénomène, mais aussi l’évolution de ces structures sous-marines.

Vous trouverez la vidéo à cette adresse : https://youtu.be/TkMosdEAA8Y

Source : Presse italienne.

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Panarea is one of the Aeolian Islands, north of Sicily. Ships and aliscaphs make a stop there before reaching Stromboli, the northernmost island. A short distance from Panarea, a small volcanic archipelago emerges from the waves of the Tyrrhenian Sea; it’s Basiluzzo. It extends over the area of ​​300 square metres, which is the largest uninhabited island of Aeolian. The volcanic origin of the site is evident when one observes the lava stratifications that reach 170 metres above sea level. The island consists mainly of light-colored rhyolite that contrasts with the black colour of obsidian and the white colour of pumice.
The formation of Basiluzzo goes back 50,000 years ago; thus, it is much more recent than Panarea which appeared between 150,000 and 300,000 years ago. The really emerged part of Basiluzzo is the rest of a volcanic neck. The island has probably been frequented since the Neolithic era. One also found the remains of the mosaic floor of a villa probably built by a Roman owner who fell in love with the place. In recent centuries, Basiluzzo experienced agricultural and pasture activities. Finally, in 1991, in order to preserve the ecosystem, an integral nature reserve, including all the other islets, was established.
Scientists are interested in the seabed between Panarea and Basiluzzo because it is dotted with more than 200 volcanic chimneys. It is a real hydrothermal site that was discovered by a team composed, among others, of researchers from CNR, ISPRA and INGV in collaboration with the Navy and the universities of Messina and Genoa. The study, published in Plos One, also provides important information on the mineral, geochemical and biological characteristics of shallow hydrothermal systems in the Mediterranean.
The site between Panarea and Basiluzzo, called « Smoking Land » by scientists, consists of dozens of structures of conical shape, consisting mainly of iron oxides; they have heights ranging from 1 to 4 metres and a base with an average diameter of about 3.80 metres. Some of these vents emit acidic fluids, rich in gas, mainly carbon dioxide. According to the researchers, such a large and complex structure has never been observed throughout the Mediterranean and there are only a few examples in some ocean areas.
The discovery is the result of research by the late John Borthwick, an oceanographer at ISMAR-CNR, who had sought to understand the nature of a spectacular activity that had been observed among the islets near Panarea in November 2002. Since that time, many oceanographic surveys have been conducted by ISPRA’s Astrea and CNR’s Urania and the Navy, to study the area and identify other degassing zones. In 2015, during one of these campaigns, a remotely controlled robot, equipped with a video camera, a camera and a mechanical arm, identified at the bottom of the sea, south of Basiluzzo, several chimneys heavily colonized by algae and benthic organisms. Some of them were obviously emitting hydrothermal fluids and gas bubbles. (see the video below)
The first data collected allowed Italian researchers to assume that this area of ​​hydrothermal vents and its neighbours were due to the ascent of deep hydrothermal gases that trigger a circulation of seawater in the substrate and promotes their rise along preferential routes and their evacuation through volcanic chimneys and adjacent areas.
It is not excluded that these seabed areas affected by a strong degassing activity might experience new gas emissions or a situation similar to that of 2002, hence the need for further studies to understand not only the genesis of the phenomenon, but also the evolution of these underwater structures.

The video can be found at this address: https://youtu.be/TkMosdEAA8Y

Source: Italian newspapers.

Vue de Basiluzzo depuis Panarea (Photo: C. Grandpey)

Vue d’une cheminée hydrothermale (Image extraite de la vidéo)