La Russie et la Chine lorgnent l’Antarctique // Russia and China have an eye on Antarctica

Rosgeologia est la plus grande société d’exploration de Russie en termes d’empreinte géographique. Les levés sismiques effectués par cette société entre les années 1970 et aujourd’hui révèlent qu’il y a une réserve d’au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique. Moscou envisage sérieusement de mettre le pied sur ce continent qui est resté jusqu’à présent à l’abri de toutes les convoitises. Cela n’est guère surprenant au vu de la politique énergétique agressive menée par la Russie qui se prépare à faire en Antarctique ce qu’elle a déjà fait dans l’Arctique.
Rosgeologia a entrepris de nouveaux levés sismiques à grande échelle dans la mer de Riiser-Larsen, au large des côtes de la Terre de la Reine Maud au début de l’année 2020. De plus, la société a déclaré sans équivoque qu’elle avait effectué ces levés sur 4 400 kilomètres – les premiers levés sismiques effectués dans la région par la Russie depuis la fin des années 1990 – dans le but explicite d ‘«évaluer le potentiel pétrolier et gazier offshore à l’aide des dernières technologies».
Certaines personnes sont assez naïves pour croire que de tels projets ne se concrétiseront pas dans les prochaines années. C’est oublier comment la Russie s’est imposée en Crimée ou en Géorgie, ou a unilatéralement réussi à modifier le statut de la Mer Caspienne  afin d’empêcher l’Iran de tirer des milliers de milliards de dollars de revenus.

Ces mêmes personnes font référence au Traité sur l’Antarctique. Ce Traité, signé en 1959 par 53 pays, est censé protéger les ressources minérales de l’Antarctique, y compris les sites potentiels d’extraction du pétrole et du gaz. Selon le Traité, les sept pays ayant une revendication territoriale particulière en Antarctique – Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni (mais pas la Russie !) – se limitent à des recherches scientifiques non militaires dans la région. La Russie (et les États-Unis) ont néanmoins installé des bases de recherche dans les zones revendiquées par les autres pays (la Russie dépend de la Norvège). On peut toutefois faire remarquer qu’un certain nombre de ces pays ont très probablement effectué des études clandestines afin de déterminer quelles quantités de ressources essentielles – telles que le pétrole et le gaz – se trouvaient dans leur part du gâteau, mais aucun d’entre eux, en dehors de la Russie, n’a jamais déclaré ouvertement qu’il recherchait des gisements de pétrole et de gaz pour une exploitation future. En théorie, l’interdiction de l’activité minière en Antarctique ne sera renouvelée qu’en 2048. Cependant, compte tenu des découvertes de la société Rosgeologia, la Russie peut décider d’avancer unilatéralement cette date!

Selon les levés sismiques de Rosgeologia et d’autres études connexes effectuées depuis les années 1970, il y a au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique, bien que la société n’ait pas précisé si ce chiffre se rapporte à l’ensemble de la région ou seulement à la zone qu’elle a étudiée jusqu’à présent. Cependant, il y a de bonnes raisons de croire qu’il existe d’énormes réserves de pétrole et de gaz non seulement dans la région que Rosgeologia a explorée début 2020, mais aussi dans l’ensemble de l’Antarctique.

Il y a bien sûr une grande différence entre les ressources potentiellement exploitables et leur exploitation réelle car l’environnement de l’Antarctique est particulièrement hostile, mais cela n’a jamais vraiment posé de problème à la Russie jusqu’à présent. Ces ressources pourraient comprendre l’or, l’argent, les diamants, le cuivre, le titane, l’uranium, etc. Il faudrait garder à l’esprit que la Russie a réussi à explorer l’Arctique, y compris en plantant son drapeau sur le plancher océanique en 2009. Depuis cette date, des sociétés pétrolières et gazières russes comme Rosneft, Gazprom Neft et Novatek ont ​​été à l’avant-garde des explorations dans l’Arctique, avec des tas de projets en cours et en vue. La Russie souhaite que le pétrole offshore de l’Arctique représente 20 à 30% de toute sa production d’ici 2050.
A côté de la Russie, il y a la Chine qui se fait de plus en plus pressante en Antarctique. Il s’agit de la suite logique du premier livre blanc de 2018 sur la politique arctique chinoise. Les autorités avaient alors déclaré qu’elles encourageraient les entreprises à construire des infrastructures et à effectuer des voyages commerciaux d’essai ouvrant la voie à des routes de navigation dans l’Arctique, avec en vue une «Route de la Soie Polaire».
Source: Oilprice.com.

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Rosgeologia is the largest exploration company in Russia in terms of its geographic footprint. The company’s seismic surveys between the 1970s and now indicate that there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, and Moscow has now set its sights on the world’s most underexplored continent. It should come as little surprise to anyone who knows anything of Moscow’s ruthless energy policy that moves are afoot to do exactly in Antarctica what Russia has already done in the Arctic.

Rosgeologia, undertook a major new seismic survey in the Riiser-Larsen Sea, off the coast of Antarctica’s Queen Maud Land earlier this year. Moreover, Rosgeologia stated unequivocally that it did this 4.400 kilometre survey – the first seismic survey done in the area by Russia since the late 1990s – with the express purpose of “assessing the offshore oil and gas potential of the area using the latest technology”.

According to some people, there are all sorts of reasons why such plans cannot go ahead at least for the next few years. However, these people seem to forget how Russia rolled into Crimea, or Georgia, or unilaterally managed to engineer a change in the status of the Caspian from a lake to a sea in order to swindle Iran out of trillions of dollars of revenue.

These same people refer to the 1959 Antarctic Treaty (signed by 53 separate countries) which supposedly protects the Antarctic’s mineral resources in general, including potential oil and gas sites in particular. According to the Treaty, the seven countries with a specific claim in Antarctica – Argentina, Australia, Chile, France, New Zealand, Norway, the U.K., (not Russia, it should be noted) – are limited to just non-military scientific research in the region. Russia (and the U.S.), have nonetheless constructed research facilities within the areas claimed by these other countries (Russia’s is in Norway’s claim). It is true that a number of these countries have more than likely been conducting clandestine analysis of their claims for the purposes of ascertaining the more valuable resources – such as oil and gas – that lie within their regions but not one of them has ever openly stated that they are looking for oil and gas deposits for future development, aside from Russia. Theoretically, the ban on mineral activity in the Antarctic next comes up for possible renewal only in 2048, however, given what Rosgeologia has found so far, Russia may decide to unilaterally bring this date forward by around 28 years or whatever is most convenient for it.

According to Rosgeologia’s seismic surveys and other related work since the 1970s to now, there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, although the company has not clearly stated whether this relates to the entire region or just the area that it has specifically surveyed so far. However, there are good reasons to believe that there are huge oil and gas reserves not just in the area Rosgeologia has tested earlier this year, but across whole  Antarctica.

There is a vast difference, of course, between the total resources in place and the recovery rate from such a challenging environment but that has never stood in Russia’s way before These resources might well include gold, silver, diamonds, copper, titanium, uranium, and so on. Moreover, Russia has been successfully exploring the Arctic, including when it pitched its flag on the seabed under the Arctic in 2009. Since then, blig Russian oil and gas companies like Rosneft, Gazprom Neft and Novatek, have been at the forefront of all Arctic operations, with hundreds of billions of current and potential projects in view. The objective remains for offshore Arctic oil to account for 20-30 per cent of all Russian production by 2050.

Together with Russia,China’s growing presence in the Antarctic play is not surprising either. This is a natural extension to China’s 2018 first official Arctic policy white paper in which it said that it would encourage enterprises to build infrastructure and conduct commercial trial voyages, paving the way for Arctic shipping routes that would form a ‘Polar Silk Road’

Source: Oilprice.com.

Carte des revendications territoriales selon le Traité sur l’Antarctique

Vulcano dans l’attente (Iles Eoliennes / Sicile) // Vulcano (Aeolian Islands / Sicily)

Les habitants de l’île éolienne de Vulcano attendent avec impatience le verdict d’une visioconférence qui doit avoir lieu le 20 décembre 2021 et à laquelle participeront des membres de l’INGV, de la Protection Civile, d’Arpa, d’Ispra, d’Asp et le maire de Lipari pour décider si la zone rouge et les contraintes qu’elle implique doit être prolongée ou si les insulaires pourront revenir dormir dans leurs maisons. L’ordonnance promulguée il y a un mois par le maire de Lipari expirera le 21 décembre.

Les dernières informations communiquées par l’INGV de Catane laissent entendre que la situation s’est légèrement améliorée, mais qu’il reste des zones sous la menace des gaz. La température des fumerolles diminue sur la lèvre du cratère et est stable sur sa face interne. Les émissions de CO2 à la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto, mesurées automatiquement par le réseau Vulcanogas, montrent une baisse générale mais restent toujours à des valeurs élevées, à l’exception du site de Faraglione, où les valeurs habituelles sont enregistrées.
En revanche, les émissions de de CO2 dans la zone du cratère continuent de montrer des valeurs élevées, supérieures aux moyennes enregistrées au cours des 10 dernières années.

S’agissant de la géochimie des nappes phréatiques, les valeurs de température et de conductivité sont stables dans le puits du Camping Sicilia, tandis qu’une légère augmentation des valeurs est observée dans le puits Bambara et les valeurs de conductivité continuent de diminuer.

Ces derniers jours, les contrôles effectués par les techniciens de l’ARPA et d’Ispra avec de nouveaux instruments ont concerné essentiellement la zone rouge. Les résultats de ces mesures seront divulgués en réunion le 20 décembre par les scientifiques, puis par le maire qui les communiquera à la population.

Selon le journal La Sicilia, « il est probable qu’il y aura une autre prolongation d’un mois, mais il n’est pas exclu que la nouvelle ordonnance puisse affecter les personnes les plus vulnérables, tandis que d’autres pourraient rentrer chez elles. »

Source: La Sicilia.

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The inhabitants of the Aeolian island of Vulcano are impatiently awaiting the verdict of a videoconference due to take place on December 20th, 2021 and in which members of INGV, Civil Protection, Arpa, Ispra, d’Asp and the mayor of Lipari are to decide whether the red zone and the constraints it implies should be extended or whether the islanders will be allowed to return to their homes to sleep. The ordinance released a month ago by the mayor of Lipari will expire on December 21st.
The latest information from the INGV of Catania suggests that the situation has improved slightly, but that there are still areas under the threat of gas. The temperature of the fumaroles is decreasing on the crater rim and is stable on its internal face. CO2 emissions at the base of the La Fossa cone and in the Vulcano Porto area, automatically measured by the Vulcanogas network, show a general decrease but still remain at high values, with the exception of the Faraglione site, where background values are recorded.
In contrast, CO2 emissions in the crater area continue to show high values, higher than the averages recorded over the past 10 years.
Regarding the geochemistry of groundwater, the temperature and conductivity values are stable in the well of Camping Sicilia, while a slight increase in values is observed in the Bambara well and the conductivity values continue to decrease.
In recent days, the monitoring carried out by technicians from ARPA and Ispra with new instruments have mainly concerned the red zone. The results of these measurements will be disclosed at the meeting of December 20th by the scientists, then by the mayor who will communicate them to the population.
According to the newspaper La Sicilia, « it is likely that there will be another one month extension, but it is not excluded that the new ordinance could affect the most vulnerable people, while others could return home. »
Source: La Sicilia.

Cratère de La Fossa (Photo: C. Grandpey)

Cumbre Vieja (La Palma) : gaz et cendre // Gas and ash

L’éruption du Cumbre Vieja continue avec une augmentation des émissions de gaz et de cendres au cours des derniers jours.
La cendre s’accumule dans les rues des localités les plus proches du cône volcanique. Elle pose aussi des problèmes à l’observatoire astronomique de Roque de los Muchachos, situé dans la municipalité de La Garafía à une altitude de 2 396 mètres. A l’intérieur se trouve le plus grand télescope du monde, qui a été affecté par les cendres volcaniques. Il est indispensable de protéger les parties les plus fragiles, en particulier les miroirs qui pourraient être définitivement endommagés.

La cendre est un poison pour les zones habitées qui n’ont pas été évacuées. Les cours sont suspendus dans les établissements scolaires de cinq municipalités: El Paso, Los Llanos, Tazacorte, Tijarafe et Puntagorda. De nombreux vols sont annulés à destination et au départ de La Palma. eaucoup de touristes qui se sont rendus sur l’île à l’occasion du pont de la Toussaint ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des cendres du volcan.
La cendre est aussi un danger pour les habitations. Des toitures se sont effondrées sous son poids. A Tacande il y a des images de maisons recouvertes de plusieurs mètres de cendres.

Une vidéo réalisée à l’aide des drones de Instituto Geológico y Minero de España permet d’observer la source des panaches de cendres.

 

Les gaz sont le moteur des éruptions. Ce sont eux qui sont aussi responsables des explosions à répétition que l’on perçoit quotidiennement avec les images des webcams. Comme l’a dit un scientifique espagnol, peut-être avec une pensée pour Haroun Tazieff : Pas de gaz, pas d’éruption. Ce sont les gaz qui propulsent la colonne de cendre à plus de 4000 mètres d’altitude. Elle est ensuite emportée par les vents, ce qui lui a permis d’atteindre la Norvège. Comme je l’ai indiqué précédemment, les émissions de SO2 ont décliné (elles atteignent environ 5000 tonnes par jour), mais pas encore suffisamment pour indiquer que la fin de l’éruption est proche.
A cause des gaz et de la cendre, la qualité de l’air est médiocre dans les zones affectées par l’éruption. Ainsi, à Los Llanos de Aridane, la qualité de l’air a atteint un niveau « extrêmement défavorable ». La concentration de particules inférieures à 10 microns (PM10) atteint 275 microgrammes par mètre cube d’air. L’échelle de mesure va de «bon» (moins de 20 microgrammes PM10) à «extrêmement défavorable» (de 151 à 1 200 microgrammes).

A noter que l’île de La Palma a été secouée ce matin par un nouveau séisme de magnitude 5. L’épicentre de l’événement a été localisé au niveau de Villa de Mazo.

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The eruption of Cumbre Vieja continues with an increase in gas and ash emissions in recent days.
Ash accumulates in the streets of the municipalities closest to the volcanic cone. It also poses problems for the Roque de los Muchachos astronomical observatory, located in the municipality of La Garafía at an altitude of 2396 meters. Inside is the world’s largest telescope, which has been affected by volcanic ash. It is essential to protect the most fragile parts, in particular the mirrors which could be permanently damaged.
Ash is poison for inhabited areas that have not been evacuated. Classes are suspended in schools in five municipalities: El Paso, Los Llanos, Tazacorte, Tijarafe and Puntagorda. Many flights are cancelled to and from La Palma. Many tourists who have visited the island on the occasion of the All Saints’ Day holiday cannot return home because of the ash from the volcano.
Ash is also a danger to the houses. Roofs collapsed under its weight. In Tacande there are images of houses covered with several meters of ash.

A video shot by drones of the Instituto Geológico y Minero de España allows to get a good view of the source of the ash plumes (see above).

The gases are the engine of eruptions. They are also responsible for the repeated explosions that we can hear daily with the images of webcams. As a Spanish scientist put it, perhaps with a thought for Haroun Tazieff: No gas, no eruption. The gases propel the ash column to more than 4000 meters above sea level. It was then blown away by the winds as far as Norway. As I reported earlier, SO2 emissions have declined (reaching around 5,000 tonnes per day), but not yet enough to indicate that the end of the eruption is near.
Due to gases and ash, the air quality is poor in the areas affected by the eruption. Thus, in Los Llanos de Aridane, the air quality has reached an « extremely unfavorable » level. The concentration of particles smaller than 10 microns (PM10) reaches 275 micrograms per cubic meter of air. The measurement scale ranges from « good » (less than 20 micrograms PM10) to « extremely unfavorable » (151 to 1,200 micrograms).

The island of La Palma was shaken this morning by another M 5.0 earthquake whose epicenter was located at Villa de Mazo.

L’activité à la Fossa di Vulcano (Iles Eoliennes) // Activity at Vulcano’s La Fossa (Aeolian Islands)

Suite à la récente hausse du niveau d’alerte du Vert au Jaune pour la Fossa di Vulcano, l’INGV a intensifié la surveillance du volcan. Le 12 octobre 2021, les scientifiques ont échantillonné des gaz dans quatre fumerolles sur la lèvre et sur le flanc interne du cratère, ainsi qu’une fumerolle à basse température sur la plage de Porto Levante. Les échantillons ont été remis au laboratoire de Palerme pour analyse. Parallèlement à l’échantillonnage, les scientifiques ont effectué des mesures de température.

La température des fumerolles dépasse régulièrement 100 °C et ne peut pas être mesurée avec des thermomètres normaux. Il a fallu recourir à un thermomètre de type K, l’instrument que j’ai utilisé dans les années 1990 lorsque le volcan avait déjà connu une augmentation de température. A cette occasion, j’ai mis au point un manchon de cuivre destiné à protéger la sonde du thermomètre qui était attaquée par les vapeurs acides et cessait rapidement de fonctionner.

L’INGV explique que les valeurs mesurées peuvent évoluer avec le temps et en fonction des différentes fumerolles. Elles atteignaient 344 °C lors de la campagne d’octobre.
Le niveau d’alerte a également été relevé en raison de la modification des paramètres géophysiques et géochimiques sur La Fossa au cours de l’été 2021. Les fumerolles avaient mis en évidence une augmentation du CO2 et du SO2. La micro-sismicité locale liée à la dynamique du système fumerollien a également montré une augmentation ces dernières semaines.

A noter que depuis la dernière éruption (1888-1890), La Fossa a déjà traversé des périodes d’intensification de dégazage – de faible à forte – avec de grandes quantités de gaz à partir de 1977. Dans une note publiée en 1992, j’ai mis en garde sur le risque de mauvaise interprétation des fumerolles de La Fossa. En effet, j’avais remarqué que le volume des panaches variait considérablement avec la température et l’hygrométrie de l’air ambiant. J’avais effectué plusieurs relevés dans ce but à l’aide d’un thermomètre et d’un hygromètre.

En ce qui concerne les températures, deux hausses significatives se sont produites entre 1916 et 1927, puis entre 1988 et 1995. Elles ont atteint respectivement 623 °C et 700 °C.
J’ai décrit en 2005 la situation des années 1990 pour l’association L.A.V.E. dans le mémoire n°8 intitulé « L’Ile de Vulcano ». J’y expliquais la composition du gaz, ainsi que les températures maximales que j’avais mesurées au niveau du cratère (687°C le 23 avril 1993 ; 670° en juin 1993 ; 630° en juillet 1994 ; 570° en mai 1995, avec une baisse régulière jusqu’en avril 2003 où j’ai mesuré un maximum de 385° C. Comme je l’ai indiqué précédemment, un chercheur de l’Institut des Fluides de Palerme, m’a expliqué que l’augmentation en température a probablement été causée par un diapir. C’est peut-être aussi la cause de la situation actuelle. Les prochains mois nous diront s’il faut vraiment s’inquiéter. Le bon point est que le niveau d’alerte a été relevé à la fin de la saison touristique alors qu’en 1993, l’augmentation de la température s’est produite au printemps.

Coulée de soufre sur la lèvre du cratère de la Fossa

Photos : C. Grandpey

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Due to the recent increase of the alert level from Green to Yellow for la Fossa di Vulcano, INGV has intensified the monitoring of the volcano. On October 12th, 2021, researchers sampled gases at four fumaroles on the rim and inner slope of the crater, as well as a low-temperature fumarole at the Porto Levante beach. The samples were handed to the Palermo laboratory for analysis. Together with the sampling, the scientists carried out temperature measurements.

The temperatures of the fumaroles regularly exceed 100 °C and cannot be measured with normal thermometers. They had to resort to a type K thermometer, the instrument I used in the 1990s when the volcano had already gone through an increase in temperature. On that occasion, I invented a coppe sleeve to protect the thermometer’s probe which stopped working after a short time beacause of the acid vapours.

INGV explains that measured values can change with time and vary strongly among the different fumaroles.. They reached 344 °C during the October campaign.

The alert level was raised because of changed in geophysical and geochemical parameters during the summer of 2021 on La Fossa.. The fumaroles had evinced an increase in CO2 and SO2. Local micro-seismicity linked to the dynamics of the fumarolic system has also shown an increase in recent weeks.

It should be noted that since the last eruption (1888-1890), La Fossa has gone through periods of different degassing intensities – from weak to strong – returning to emit large quantities of gas starting from 1977. In a note released in 1992, I warned about the misinterpretation of the fumaroles at La Fossa because I noticed that the volume of the plumes varied considerably with the temperature and hygrometry of the ambient air.

As far as the temperatures are concerned, two notable increases occurred between 1916 and 1927 and between 1988 and 1995. They reached up to 623 °C and 700 °C, respectively.

I described the situation of the 1990s for the L.A.V.E. association in a paper entitled « L’Ile de Vulcano », I explained the gas composition, as well as the maximum temperatures I measured at the crater (687°C on April 23rd, 1993; 670° in June 1993; 630° in July 1994; 570° in May 1995, with a regular decrease until April 2003 when I measured a maximum of 385°C. As I put it before, one of the guys of the Institute of the Fluids of Palermo, explained me that the incease in temperature was probably caused by a diapir. This may also be the reason of the current situation. The next months will tell us whether we should really worry. The good point is that tha alert level was raised at the end of the tourist season whereas in 1993, the increase in temperature occurred in Spring.