Températures record au Svalbard (Norvège) // Record temperatures in Svalbard (Norway)

Après la Sibérie, c’est au tour du Svalbard de connaître des températures record. Pour la deuxième journée consécutive, l’archipel a enregistré 21,2°C dans l’après-midi du 25 juillet 2020, juste en dessous des 21,3°C enregistrés en 1979. Plus tard dans l’après-midi de ce même jour, vers 18h00 (heure locale), une température de 21,7°C a été enregistrée, établissant un nouveau record de tous les temps.
Le Svalbard se compose d’un groupe d’îles dominé par le Spitzberg, la seule île habitée de l’archipel stué au nord de la Norvège, à 1000 kilomètres du pôle Nord. La région enregistre normalement à des températures comprises entre 5°C et 8°C à cette période de l’année.
Selon un récent rapport intitulé «Le climat du Svalbard en 2100», les températures moyennes de l’archipel augmenteront de 7 à 10 degrés Celsius entre 2070 et 2100  en raison des émissions de gaz à effet de serre. Les changements sont déjà visibles. De 1971 à 2017, on a observé une hausse des températures comprise entre trois et cinq degrés Celsius. Ce qu’il y a de plus inquiétant, c’est que les hausses les plus significatives ont été observées en hiver.
Source: Institut Météorologique du Svalbard.

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After Siberia, it is up to Svalbard to reach record temperatures. For the second day in a row, the archipelago registered 21.2°C in the afternoon of July 25th, 2020, just under the 21.3°C recorded in 1979. Later in the afternoon however, at around 6:00 pm local time, a temperature of  21.7°C was recorded, setting a new all-time record.

The island group, dominated by Spitzbergen the only inhabited isle in the northern Norway archipelago, sits 1,000 kilometres from the North Pole. The region would normally expect temperatures of 5-8°C at this time of year.

According to a recent report « The Svalbard climate in 2100, » the average temperatures for the archipelago between 2070 and 2100 will rise by 7-10 degrees Celsius, due to the levels of greenhouse gas emissions. Changes are already visible. From 1971 to 2017 between three and five degrees of warming have been observed, with the biggest rises in the winter.

Source : Svalbard Meteorological Institute.

Le Svalbard héberge une Réserve mondiale de semences – the Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, la Réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies. Après l’infiltration d’eau due à la fonte du pergélisol, le bâtiment a nécessité 20 millions d’euros de travaux en 2016. (Crédit photo : Wikipedia)

L’Islande lutte contre le CO2 // Iceland is fighting against CO2

Alors que la France aura bien du mal à tenir ses engagements climatiques, l’Islande est en train de prendre la tête des pays qui font des efforts pour réduire leurs émissions de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de notre planète.

Dans des articles publiés le 15 novembre 2017 et le 23 juin 2019, j’expliquais que l’Islande pourrait être le bon endroit pour stocker dans le sol l’excès de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. C’est actuellement l’objectif du projet CarbFix qui vise à capter ce gaz et à l’enfouir dans le substrat rocheux de nature basaltique.

Un article publié ces derniers jours sur le site Iceland Review nous apprend qu’une nouvelle technologie destinée à la production d’aluminium offre l’espoir d’éliminer les émissions de CO2 de la production. La société Arctus Metals, en coopération avec le Centre d’Innovation Islandais, a réussi à produire de l’aluminium avec ce nouveau procédé qui émet de l’oxygène au lieu du CO2.
L’élément clé de cette technologie est l’utilisation de plusieurs anodes verticales en alliage métallique inerte et de cathodes en céramique, au lieu d’électrodes en carbone. Cette innovation pourrait éliminer les émissions de CO2 des fonderies d’aluminium en Islande et dans d’autres pays.
Les trois fonderies d’aluminium islandaises produisent plus de 800 000 tonnes d’aluminium par an et émettent plus de 1,6 million de tonnes de CO2 dans le même temps. Si toutes les fonderies d’aluminium islandaises adoptaient cette nouvelle technologie, les émissions de CO2 seraient réduites de 30%, ce qui permettrait au pays de remplir les obligations internationales du pays en matière d’émissions de gaz à effet de serre.
En utilisant la nouvelle technologie mise au point par Arctus Metals, une fonderie d’aluminium de la taille de celle du groupe Rio Tinto à Straumsvík dans le sud-ouest de l’Islande produirait autant d’oxygène qu’une forêt de 500 kilomètres carrés.

Un accord de coopération a été signé avec la société allemande Trimet Aluminium, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aluminium, qui poursuivra le processus de développement et prévoit d’adapter la production de ses quatre fonderies à cette nouvelle technologie.
Source : Iceland Review.

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While France will find it difficult to meet its climate commintents, Iceland is currently leading the world in its efforts to reduce the emissions of CO2, one of the main greenhouse gases that contribute to global warming.

In posts released on 15 November 2017 and 23 June 2019, I explained that this country could be the right place to store in the ground the excess of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere. It is the goal of the CarbFix project which intends to capture that gas and stick it back into basalt bedrock.

A recent article on the website Iceland Review explains that a new Icelandic technology intended for aluminum production offers hopes of eliminating CO2 emissions from the production. The company Arctus Metals, in cooperation with Innovation Center Iceland, has successfully produced aluminum with this new process which emits oxygen instead of creating CO2.

The main part of the innovation consists of using multiple, vertical inert metal-alloy anodes and ceramic cathodes, instead of using electrodes made of carbon. This innovation could potentially eliminate CO2 emissions from aluminum smelters in Iceland and elsewhere.

Iceland’s three aluminum smelters produce more than 800,000 tons of aluminum a year and emit more than 1.6 million tons of CO2 a year. Their emissions make up 30 percent of Iceland’s total CO2 emissions.

If all our aluminum smelters adopted this new technology, Iceland’s CO2 emissions would be reduced by 30 percent, enabling us to fulfill the country’s international obligations and more.

Using the new Arctus Metals method, an aluminum smelter the size of Rio Tinto’s in Straumsvík in Southwest Iceland would produce as much oxygen as a forest covering 500 square kilometers.

A cooperation agreement has been signed with the German company Trimet Aluminum, one of the world’s largest producers of aluminum, which will continue the development process and is planning to eventually convert production in their four smelters to this method.

Source: Iceland Review.

Fonderie du groupe Rio Tinto de Straumsvík, dans le sud-ouest de l’Islande (Crédit photo: Iceland Review).

La fonte du permafrost et ses conséquences // Permafrost thawing and its consequences

Suite à la pollution majeure provoquée par le déversement d’une cuve de mazout dans une rivière de Sibérie, la Russie a ordonné une vérification complète des infrastructures à risque bâties sur le permafrost qui est en train de fondre sous l’effet du réchauffement climatique. Les piliers qui soutenaient le réservoir de stockage du mazout se sont enfoncés dans le sol qui a perdu de sa rigidité avec la fonte du pergélisol.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du permafrost est prise très au sérieux par les autorités russes car elle fragilise les villes et les infrastructures, notamment minières, gazières et pétrolières. Le gouvernement russe considère ce dégel dans l’Arctique, où l’exploitation des ressources naturelles est une priorité stratégique du Kremlin, comme un risque majeur aux conséquences imprévisibles.

Les autorités russes disent avoir enfin stoppé la progression des hydrocarbures qui se sont déversés en particulier dans la rivière Ambarnaïa. Un barrage de confinement flottant a rapidement été mis en place et les polluants ont commencé à être pompés de cette rivière qui alimente le lac et le fleuve Piassino, très importants pour l’écosystème et les populations locales. Il est prévu de pomper les hydrocarbures et de les stocker sur place dans des conteneurs en attendant l’hiver, lorsque le gel aura rendu le terrain plus praticable.

Source : The Siberian Times.

Un point positif de cette pollution en Sibérie pourrait être une prise de conscience de la fonte du permafrost et de ses conséquences pour la planète. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du sol gelé est une bombe à retardement sanitaire et écologique qui menace d’accélérer le réchauffement climatique.

An fondant, le permafrost se réchauffe et libère progressivement les gaz qu’il neutralisait jusque-là. Le phénomène devrait s’accélérer et les scientifiques décrivent un cercle vicieux : les gaz émis par le permafrost accélèrent le réchauffement, qui accélère la fonte du permafrost.

Selon un rapport du GIEC paru en septembre 2019, une fonte majeure du permafrost pourrait se produire d’ici 2100 si les émissions de CO2 ne sont pas réduites. Cela provoquerait l’émission de dizaines voire de centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Outre ses effets climatiques, la fonte du permafrost représente aussi une menace sanitaire car le sol gelé abrite des bactéries et virus parfois oubliés. Il est bon de rappeler que, pendant l’été 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. Les scientifiques ont alors expliqué que l’origine remontait très probablement au dégel d’un cadavre de renne mort de l’anthrax il y a plusieurs dizaines d’années. Libérée, la bactérie mortelle, qui se conserve dans le permafrost pendant plus d’un siècle, a réinfecté des troupeaux. La menace ne se limite pas à l’anthrax. Des chercheurs ont découvert ces dernières années deux types de virus géants, dont l’un vieux de 30 000 ans, conservés dans le permafrost.

Source : La Voix du Nord.

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Following major pollution caused by the spilling of an oil tank into a Siberian river, Russia has ordered a full monitoring of the infrastructure built on permafrost which is melting under the effect of global warming. The pillars that supported the diesel storage tank sank into the ground which had lost its rigidity with the thawing of permafrost.
As I have put it several occasions, the melting of permafrost is taken very seriously by the Russian authorities because it weakens cities as well as mining, gas and oil infrastructure. The Russian government considers permafrost melting in the Arctic, where the exploitation of natural resources is a strategic priority of the Kremlin, as a major risk with unforeseeable consequences.
Russian authorities say they have finally stopped the progression oil spill, in particular in the Ambarnaïa river. A floating containment dam was quickly put in place and pollutants began to be pumped from this river which feeds the lake and the Piassino river, which are very important for the ecosystem and local populations. It is planned to pump the hydrocarbons and store them on site in containers until winter, when the frost makes the ground more solid and practical.
Source: The Siberian Times.

A positive point of this pollution in Siberia could be an awareness of the melting of permafrost and its consequences for the planet. As I have said many times, the melting of frozen ground is a health and environmental time bomb that threatens to accelerate global warming.
As it melts, permafrost heats up and gradually releases the gases it previously neutralized. The phenomenon is expected to accelerate and scientists describe a vicious circle: the gases emitted by permafrost accelerate warming, which accelerates the melting of permafrost.
According to an IPCC report published in September 2019, a major melting of permafrost could occur by 2100 if the CO2 emissions are not reduced. This would cause the emission of tens or even hundreds of billions of tonnes of greenhouse gases.
In addition to its climatic effects, the melting of permafrost also represents a health threat because the frozen soil contains bacteria and viruses that are sometimes forgotten. It is worth recalling that, during the summer of 2016, a child died in Siberia from anthrax, which had disappeared in the region for 75 years. Scientists then explained that the origin most likely dates back to the thawing of a reindeer corpse that had died of anthrax several decades ago. Released, the deadly bacteria, which has been stored in permafrost for more than a century, reinfected herds. The threat is not limited to anthrax. Researchers have discovered in recent years two types of giant viruses; one of them is 30,000 years old and was stored in permafrost.
Source: La Voix du Nord.

Source: Woods Hole Research Center

Effets de la fonte du permafrost sur le réseau routier en Alaska (Photo : C. Grandpey)

 

Un avenir de forte chaleur // A future of intense heat

Les études scientifiques se succèdent et arrivent toutes à la même conclusion: il va faire de plus en plus chaud. La dernière a été réalisée par une équipe internationale d’archéologues, d’écologistes et de climatologues. Publiée le 4 mai 2020 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), elle nous prévient que si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, la chaleur qui affectera dans les prochaines décennies de ce siècle certaines parties du monde fera apparaître des conditions de vie « pratiquement invivables » pour près de 3 milliards de personnes.
Les auteurs de l’étude expliquent que d’ici 2070, une grande partie de la population mondiale vivra probablement dans des conditions climatiques «plus chaudes que les conditions jugées propices à l’épanouissement de la vie humaine». À moins que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites, les températures moyennes dépasseront la «niche climatique» dans laquelle les humains ont vécu agréablement pendant 6 000 ans.
Cette «niche climatique» correspond à des températures annuelles moyennes d’environ 11 à 15 degrés Celsius. Les chercheurs ont découvert que la plupart du temps les populations ont vécu dans ces conditions climatiques depuis plusieurs milliers d’années. Ils montrent que si rien ne change, la position géographique de cette «niche» de température changera davantage au cours des 50 prochaines années qu’elle ne l’a fait au cours des 6 000 dernières années.
Le scénario présenté par la nouvelle étude pour les prochaines décennies suppose des concentrations atmosphériques élevées de gaz à effet de serre. La combustion de combustibles fossiles continuera à libérer des gaz tels que le dioxyde de carbone et le méthane dans l’atmosphère et les océans de la Terre
Selon la nouvelle étude, d’ici 2070, une partie substantielle de l’humanité sera exposée à des températures annuelles moyennes plus chaudes que presque partout aujourd’hui. Ces conditions climatiques extrêmement chaudes ne touchent actuellement que 0,8% de la surface de la Terre, principalement des régions chaudes comme le désert du Sahara. D’ici 2070, ces conditions extrêmes pourraient concerner 19% de la superficie de notre planète. Cela inclut de grandes parties de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, du nord de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud et de certaines parties de l’Australie.
Dans de vastes régions de la planète, les températures atteindraient des niveaux difficilement supportables et elles ne se refroidiraient plus. Cela aurait des effets directs dévastateurs, mais rendrait également les sociétés moins capables de faire face aux crises futures comme les nouvelles pandémies. La seule chose qui puisse empêcher que cela se produise est une réduction rapide des émissions de carbone.
Par leurs calculs, les chercheurs montrent que chaque degré de réchauffement au-dessus des niveaux actuels rejette environ un milliard de personnes en dehors de la niche climatique. Par conséquent, il est important d’insister dès maintenant sur la nécessité d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre et de mettre en avant les conséquences humaines avant les intérêts monétaires.
Source: PNAS.

Dans la lignée de ce réchauffement extrême qui nous attend, il est bon de noter que la température a atteint 35,4°C le lundi 4 mai 2020 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques). Météo-France indique que jamais cette barre n’avait été atteinte aussi tôt dans l’année en France. De plus, il n’a jamais fait aussi chaud à cette période de l’année sur une période de dix jours.

Le précédent record était détenu par Saint-Martin-de-Hinx (Landes) avec 35,1°C le 10 mai 2012, donc toujours pendant la dernière décennie.

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Scientific studies follow one another and all come to the same conclusion: the Earth’s climate will get hotter and warmer. The latest research was carried out by an international team of archaeologists, ecologists and climatologists. Published on May 4th, 2020 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), it warns us that if global warming continues at the current rate, the heat that will be coming later this century in some parts of the world will bring « nearly unlivable » conditions for up to 3 billion people.

The authors predict that by 2070 much of the world’s population is likely to live in climate conditions that are « warmer than conditions deemed suitable for human life to flourish. » Unless greenhouse gas emissions are curtailed, average annual temperatures will rise beyond the climate « niche » in which humans have thrived for 6,000 years.

That « niche » is equivalent to average yearly temperatures of roughly 11 to 15 degrees Celsius. The researchers found that people have mostly lived in these climate conditions for several thousand years. They show that if nothing changes, the geographical position of this temperature niche will shift more over the coming 50 years than it has moved in the past 6,000 years.

The future scenario in the new study is one in which atmospheric concentrations of greenhouse gases are high. The burning of fossil fuels releases gases such as carbon dioxide and methane into Earth’s atmosphere and oceans.

According to the new study, by 2070 a substantial part of humanity will be exposed to average annual temperatures warmer than nearly anywhere today. These brutally hot climate conditions are currently experienced by just 0.8% of the global land surface, mostly in the hottest parts of the Sahara Desert, but by 2070 the conditions could spread to 19% of the Earth’s land area. This includes large portions of northern Africa, the Middle East, northern South America, South Asia, and parts of Australia.

Large areas of the planet would heat to barely survivable levels and they would not cool down again. Not only would this have devastating direct effects. It would also leave societies less able to cope with future crises like new pandemics. The only thing that can stop this happening is a rapid cut in carbon emissions.

The researchers’ computations show that each degree warming above present levels corresponds to roughly one billion people falling outside of the climate niche. As a consequence, it is important to express right now the benefits of curbing greenhouse gas emissions in something more human than just monetary terms.

Source: PNAS.

Photo : C. Grandpey

Chine / China: CO2 emissions vs. CO2 concentrations

Suite à l’apparition du coronavirus en Chine, plusieurs documents circulent sur Internet pour montrer, avec tambours et trompettes, que les EMISSIONS de gaz polluants comme le gaz carbonique (CO2) et le dioxyde d’azote (NO2)  sont en baisse dans ce pays suite à la mise au ralenti de l’activité industrielle. C’est tout à fait vrai. Par contre, ce que personne ne dit, c’est que les CONCENTRATIONS de CO2 dans l’atmosphère sont restées stables dans le même temps, comme le montre la courbe de Keeling qui rend compte de ces concentrations sur le volcan Mauna Moa à Hawaii.

Cela confirme ce que j’écris depuis longtemps: il faudra des décennies – à condition que l’on cesse immédiatement d’envoyer des gaz à effet de serre – pour que l’atmosphère retrouve un semblant d’équilibre. Jean-Louis Etienne avec qui je discutais de ce sujet l’an dernier pensait qu’il faudrait un siècle pour arriver à une situation convenable.

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Following the appearance of coronavirus in China, several documents can be found on the Internet showing, with drums and trumpets, that the EMISSIONS of polluting gases like carbon dioxide (CO2) and nitrogen dioxide (NO2) are dropping in this country following the slowdown of industrial activity. It is totally true. However, what nobody says is that the CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere have remained stable at the same time, as shown by the Keeling Curve which accounts for these concentrations on Mauna Moa volcano in Hawaii.
This confirms what I have been writing for a long time: it will take decades – provided that we immediately stop sending greenhouse gases – for the atmosphere to return to a semblance of equilibrium. Jean-Louis Etienne with whom I discussed this subject last year thought that it would take a century to reach an acceptable situation.

Les incendies en Australie // Wildfires in Australia

C’est une affaire d’échelle. Quand des incendies de végétation ravagent quelques hectares dans le sud de la France, c’est le branle-bas de combat dans les salles de presse et les reportages se veulent plus impressionnants les uns que les autres. Ces incendies de forêts dans le sud ne sont pourtant que roupie de sansonnet à côté de ce qui se passe actuellement en Australie. Comme je l’ai écrit plus haut, c’est une affaire d’échelle. La France métropolitaine a une superficie de 543 965 km2, alors que l’Australie couvre une surface de 7 692 000 km2!

Une grande partie de l’Australie est en feu après des semaines de chaleur extrême, de vents violents et de sécheresse qui ont créé des conditions idéales pour que se déclenchent des centaines de feux de brousse, en particulier en Nouvelle-Galles-du-Sud.
Ces incendies menacent bon nombre de grandes zones habitées, comme Sydney (plus de 5 millions d’habitants) qui étouffe sous la fumée. Le feu a détruit des centaines de maisons et une zone aussi vaste que la Belgique. Les incendies menacent l’habitat de la faune, y compris les koalas, une espèce déjà sérieusement menacée. Les foyers sont impressionnants et un incendie dans l’État de Victoria s’auto-alimente en créant sa propre météo.
Les incendies surviennent après des années de sécheresse dans certaines parties du pays, avec des records de chaleur. Il y a quelques jours, l’Australie a connu l’une des journées les plus chaudes de l’histoire avec 49,5°C. La saison des incendies vient tout juste de commencer et d’autres suivront sans aucun doute.
Des milliers de pompiers, dont beaucoup sont des volontaires, sont actuellement déployés pour lutter contre le feu. Plusieurs ont été blessés et deux sont morts lorsque la chute d’un arbre a renversé leur véhicule. Leur décès a incité la Première ministre australienne à rentrer prématurément de vacances familiales à Hawaï. Elle a regretté les dégâts causés par les feux de brousse, mais n’a pas voulu lier les émissions de gaz à effet de serre à la situation catastrophique que connaît l’Australie en ce moment… No comment !
Source: médias australiens.

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It’s a matter of scale. When wildfires ravage a few hectares in southerb France, it is a battle in the press agencies and the reports want to be as impressive as possible. However, these forest fires in the south amount to nothing compared to what is currently happening in Australia. As I wrote above, it’s a matter of scale. France has an area of 543,965 km2, Australia 7,692,000 km2!

A large portion of Australia is on fire after weeks of extreme heat, strong winds and drought that have created ideal conditions for hundreds of bushfires, particularly in New South Wales.

The fires threaten many of Australia’s largest population centres, including Sydney (pop.: more than 5 million) which has been cloaked in smoke. Blazes have destroyed hundreds of homes and an area as large as Belgium, threatening the habitat of countless wildlife, including already endangered koalas. One fire in the state of Victoria has reportedly become large enough to generate its own weather.

The fires come after years of drought in parts of the country and record-breaking heat. A few days ago, Australia had its hottest day on record. The problem is that the fire season has just begun, and more will undoubtedly come.

Thousands of firefighters, many of whom are volunteers, are currently deployed. Several have been injured, and two died when a fallen tree limb overturned their vehicle. Their deaths prompted Australian Prime Minister Scott Morrison to return early from a family vacation to Hawaii. She regretted the damage caused by the bushfires but was unwilling to link Australia’s greenhouse gas emissions to the current disastrous situation in her country. No comment!

Source : Australian news media.

Les incendies en Nouvelle-Galles-du-Sud (Source: NASA)

C’est catastrophique et tout le monde s’en fout ! // It’s disastrous, and everyone does not care!

En ce moment, les relevés de la Scripps Institution of Oceanography sur le Mauna Loa à Hawaii indiquent une concentration de CO2 dans l’atmosphère supérieure à 410 parties par million (ppm), ce qui est considérable. C’est 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Le méthane (CH4), dont 60% des émissions sont d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges…), et le protoxyde d’azote (N2O), dont 40% des émissions sont d’origine humaine (engrais, processus industriels…), ont aussi atteint des pics de concentration.

Le plus inquiétant, c’est que la courbe de Keeling qui y est liée ne montre aucun signe de fléchissement, bien au contraire. Comme le fait remarquer l’ONU dans son dernier rapport émis le 25 novembre 2019, les principaux gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018 et « aucun signe de ralentissement » n’est visible. Ce cri d’alarme intervient à quelques jours de l’ouverture de la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid (Espagne).

Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. Sa dernière déclaration ne saurait laisser indifférent : « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. La température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel. »

Source : France Info.

Selon l’ONU, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C – ambition fixée par l’accord de Paris – il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an jusqu’à 2030, soit un total de 55% de baisse entre 2018 et 2030. Tout retard au-delà de 2020 rendrait « rapidement l’objectif de 1,5 °C hors de portée ». Ces émissions, générées en particulier par les énergies fossiles, ont augmenté de 1,5% par an ces dix dernières années, avec un nouveau record de 55,3 gigatonnes de CO2 en 2018. Si les émissions se poursuivent au rythme actuel, la planète pourrait se réchauffer de 3,4 à 3,9°C d’ici la fin du siècle.

L’ONU assure malgré tout qu’il est encore possible de rester sous la barre des 2°C si les signataires de l’accord de Paris acceptent de mettre en place des actions immédiates. Le rapport de l’ONU suggère des pistes mais qui semblent tout à fait illusoires au vu de l’état d’esprit de nos dirigeants aujourd’hui : interdiction des nouvelles centrales à charbon en Chine, développement massif d’un réseau de transport public en Inde, nouvelles voitures « zéro émission » d’ici 2030 aux Etats-Unis… Il est bien évident que ces conseils ne seront pas suivis et que la Chine, l’Inde et les Etats-Unis continueront de polluer notre planète. Il y a fort à parier que la COP 25 de Madrid sera un vaste brassage de vent, comme les précédentes. D’ailleurs, Emmanuel Macron brillera par son absence. Il sera remplacé par le Premier Ministre.  La plaisanterie se terminera en 2020 par la COP 26 à Glasgow. Inutile de dire que ces différentes conférences se solderont par un fiasco et une gabegie financière. Avec un peu de chance, Donald Trump sera réélu et il signera le retrait définitif des Etats Unis de l’Accord de Paris. Tout va bien!

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At this moment, the Scripps Institution of Oceanography measurements on Mauna Loa in Hawaii indicate a concentration of CO2 in the atmosphere of more than 410 parts per million(ppm), which is considerable. This is 147% more than the pre-industrial level of 1750. Methane(CH4), of which 60% of the emissions are of human origin (cattle breeding, rice cultivation, exploitation of fossil fuels, landfills …), and protoxide of nitrogen(N2O), of which 40% of the emissions are of human origin (fertilizers, industrial processes …), have also reached peaks of concentration.
Most disturbing is the fact that the Keeling Curve shows no sign of a decline, quite the contrary. As noted by the UN in its latest report issued on November 25th, 2019, the main greenhouse gases causing global warming have reached new concentration records in 2018 and « no sign of slowing down » is visible. This cry of alarm comes just days before the opening of COP25, which will be held from December 2nd to 13th in Madrid (Spain).
Petteri Taalas, Secretary General of the World Meteorological Organization (WMO), keeps sounding the alarm. His last statement can not be ignored: « The last time the Earth had a comparable CO2 content was 3 to 5 million years ago. The temperature was 2 to 3°C higher than today, and the level of the sea was 10 to 20 metres higher than the current level. »
Source: France Info.

According to the UN, to limit global warming to 1.5°C – the ambition set by the Paris agreement – greenhouse gas emissions should be reduced by 7.6% per year until 2030, which means a 55% decline between 2018 and 2030. Any delay beyond 2020 would « quickly target 1.5°C out of reach ». These emissions, generated in particular by fossil fuels, have increased by 1.5% per year over the past ten years, with a new record of 55.3 gigatonnes of CO2 in 2018. If emissions continue at the current rate, the planet could heat up from 3.4 to 3.9°C by the end of the century.
The UN still ensures that it is still possible to stay below 2°C if the signatories of the Paris agreement agree to implement immediate actions. The UN report suggests some leads but they seem utterly illusory given the state of mind of our leaders today: ban on new coal power plants in China, massive development of a public transport network in India, new « zero emission » cars by 2030 in the United States … It is obvious that this advice will not be taken into account and that China, India and the United States will continue to pollute our planet. It’s a safe bet that the COP 25 in Madrid will be a mixture of empty words, like the previous ones. Moreover, Emmanuel Macron will not participate. He will be replaced by the Prime Minister. The joke will end in 2020 with COP 26 in Glasgow. Needless to say these different conferences will result in a fiasco and a huge waste of money. At that, Donald Trump might be re-elected and he will then sign the definitive withdrawal of the United States from the Paris Agreement. Everything is fine!

 

La Courbe de Keeling sur une année. On voit parfaitement la hausse entre décembre 2018 et 2019 (Source: Scripps Institution).