Islande: éruption interdite au moins de 12 ans // Iceland no children under 12 at the eruption site

Contrairement à ce qu’annonçait la presse islandaise ce matin, le site de l’éruption est à nouveau ouvert au public. Cependant, comme je l’ai écrit précédemment, les parents avec des enfants de moins de 12 ans ne seront pas acceptés. La police explique avoir eu des problèmes avec des personnes accompagnées de jeunes enfants sur le site de l’éruption. La plupart du temps, ce sont des touristes étrangers et ils ne tiennent pas compte de toutes les informations indiquant que l’endroit est dangereux pour les jeunes enfants. La police ajoute que les enfants et leurs parents sont souvent très mal préparés pour cette randonnée. Il semble que les gens n’aient aucune idée de l’endroit où ils se trouvent et de ce qui les attend pour atteindre le site de l’éruption.
L’éruption est à nouveau visible sur les webcams. Elle semble se dérouler de manière assez stable. La sismicité est très faible sur la péninsule de Reykjanes.
Source : médias d’information islandais.

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Contrary to what one could read on the Icelandic news media this morning, the eruption site is again open to visitors. However, as I put it previously, parents with children under 12 will not be accepted. The police says they have had problems with people who bring their young children to the eruption site. Most of the time they are foreign tourists and they do it regardless of all the information out there about the place not being safe for young children. The police add that children and their parents have often been very badly prepared for this hike and it looks like people have no idea where they are and what awaits them on a long and heavy hike to the eruption site.
The eruption can again be seen on the webcams. It seems to be going on in a fairly stable way. seismicity is very low on the Reykjanes Peninsula.
Source: Icelandic news media.

Image webcam

Simulation d’évacuation de la population à Vulcano (Iles Eoliennes)

Le 1er avril 2022, le journal La Sicilia titrait : Eruption à Vulcano, l’île doit être évacuée. Ce n’était pas un poisson d’avril, mais l’annonce d’un exercice de sécurité à venir, suite à la hausse d’activité volcanique observée ces dernières semaines dans le cratère de La Fossa.

Le scénario de l’exercice simulera, à partir du 7 avril, la modification des paramètres de surveillance du volcan, avec l’apparition de phénomènes justifiant le passage du niveau d’alerte Jaune actuel à une situation d’intense crise hydrothermale profonde, avec niveau d’alerte Orange. La situation culminera le samedi 9 avril avec un état d’activité éruptive imminente ou en cours et le déclenchement du niveau d’alerte Rouge.
La journée du 9 avril sera notamment consacrée à des exercices d’évacuation de la population en respectant les voies d’évacuation et les zones d’urgence. Grâce aux panneaux qui seront installés sur l’île, les participants atteindront l’un des deux points de rassemblement : le port de Levante ou la jetée de Gelso . Ensuite, la population sera inviter à une simulation d’embarquement à bord des ferries affrétés par la Région Sicile. Elle participera également à une séance d’information sur les thèmes de l’exercice, avant de débarquer sur le même quai.
Au cours de l’exercice, le système d’alarme IT-Alert à l’attention du public sera testé le 9 avril pour la première fois en Italie par le Département de la Protection civile, en collaboration avec la Préfecture de Messine, la Municipalité de Lipari et l’INGV. Il s’agit d’envoyer des messages vers les téléphones portables des habitants de Vulcano, via la technologie de diffusion cellulaire. IT-Alert. Les citoyens seront informés sur l’exercice en cours et les règles de conduite à adopter. A noter que cette technique de communication est utilisée en Islande pour avertir la population de l’imminence d’une éruption.

Source: La Sicilia.

Il est bon de rappeler, à l’attention de ceux qui désireraient se rendre dans les Iles Eoliennes pendant les vacances de Pâques, que l’accès au cratère de La Fossa est toujours interdit et que les carabiniers auraient tendance à avoir la verbalisation facile. S’agissant de Stromboli, l’ascension ne peut se faire que jusqu’à 400 mètres d’altitude. Le volcan est trop imprévisible en ce moment  pour pouvoir accéder au sommet.

Photo: C. Grandpey

Volcan Taal (Philippines) : Situation stable et accès interdit

Les mises à jour du PHIVOLCS montrent que la situation sur le volcan Taal n’évolue plus depuis plusieurs jours. Des panaches de vapeur continuent à s’échapper du Main Crater. Les émissions de SO2 culminent à environ 400 tonnes par jour et la sismicité a bien décliné. Toutefois, personne ne peut prédire la date du paroxysme annoncé, ni même s’il aura lieu un jour.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le vent remobilise parfois les dépôts de cendre, avec des particules de cendre en suspension qui peuvent provoquer des problèmes, en particulier chez les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire.

A l’attention des voyagistes : Contrairement à ce que l’on a pu observer sur certains volcans, indonésiens en particulier, toute la zone de danger autour du Taal est fermement contrôlée par l’armée et les autorisations ne sont délivrées que moyennant des conditions extrêmement strictes. L’armée évacue de force les récalcitrants à l’évacuation. Leur refus est guidé par l’écroulement de leur économie souvent basée sur les fermes d’élevage de poissons.

Un grand merci à Daniel Moyano, l’un des rares étrangers sur place, de nous fournir régulièrement des informations.

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PHIVOLCS updates show that the situation on Taal Volcano  has not changed for several days. Steam plumes are still emitted by the Main Crater. SO2 emissions peak at around 400 tonnes per day and seismicity has declined significantly. However, no one can predict the date of the announced paroxysm, or even whether it will happen one day.
As I mentioned earlier, the wind sometimes re-mobilizes ash deposits, with suspended ash particles that can cause problems, especially in people with respiratory failure.
For the attention of tour operators: Contrary to what has been observed on certain volcanoes, especially in Indonesia, the entire danger zone around Taal Volcano is firmly controlled by the army and authorizations are subject to extremely strict conditions. The army forcibly evacuates those who are reluctant to do so. Their refusal is guided by the collapse of their economy, which is often based on fish farms.
Many thanks to Daniel Moyano, one of the few foreigners on site, for regularly providing us with information.

La cendre sur Volcano Island (Source: The Weather Channel)

Il faut qu’on m’explique… ! // Can somebody explain me… ?

L’éruption qui a redémarré le 19 février 2019 se poursuit mais, comme lors de chaque éruption, l’Enclos Fouqué est interdit d’accès et le spectacle n’est visible que depuis la route nationale, vers le Piton Cascades (là où est implantée la webcam qui permet d’observer l’événement) ou vers le Grand Brûlé. La route nationale est encore à plusieurs kilomètres de distance des fronts de coulée et il est peu probable que la lave ait la force d’arriver jusque là.

Touristes et locaux se pressent le long de la route pour tenter d’apercevoir l’éruption, avec le même sentiment d’amertume, voire de colère, et de frustration. Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi les éruptions du Piton de la Fournaise sont interdites d’accès et pourquoi les autorités refusent obstinément d’organiser des visites guidées sur le site éruptif.

Dans un article paru en août  2017, l’excellent Journal de l’Ile avait consacré un long article à ce sujet. Je vous invite à lire attentivement le dernier paragraphe qui résume parfaitement la situation et pose les bonnes questions:

https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

L’interdiction d’accès à un site éruptif n’est pas propre à la Réunion. Aujourd’hui, les autorités s’appuient sur le sacro-saint principe de précaution pour justifier leurs décisions.

A Hawaii, personne – hormis le personnel du HVO et de la Protection Civile – n’a pu s’approcher des coulées de lave pendant la dernière éruption du Kilauea. La plateforme d’observation promise par les autorités a joué l’arlésienne et n’a jamais vu le jour. Comme je l’ai écrit à l’époque, j’accuse fort les autorités hawaiiennes d’avoir traîné les pieds pour ne pas faire de tort aux compagnies d’hélicoptères qui organisaient les survols de l’éruption et engrangeaient beaucoup d’argent. Aux Etats-Unis, business is business !

Sur l’Etna (Sicile), les municipalités concernées mettent immédiatement en rouge, avec accès autorisé uniquement aux scientifiques, la zone sommitale du volcan. Il est loin le temps où l’on pouvait passer des nuits entières à se réchauffer le long des coulées ou à observer les colères de la Voragine et de la Bocca Nuova.

Même punition sur le Stromboli (Sicile) où l’on ne peut plus passer la nuit dans les nids de pierre édifiés le long de la Sciara del Fuoco. Seules les excursions encadrées par les guides locaux sont autorisées.

Par contre, dans le même  temps, on peut pratiquer librement le ski hors piste dans les Alpes. Certains skieurs se font emporter par des avalanches et perdent la vie. Ils mettent parfois en péril les sauveteurs, mais personne ne trouve à redire. Il faudra que l’on m’explique…

Détestant la fraude, je me suis toujours débrouillé pour obtenir des autorisations pour aller effectuer mes observations en toute légalité, que ce soit à Hawaii, sur l’Etna ou à Stromboli quand l’accès était limité. Aujourd’hui, devant cette pluie d’interdictions et parce que les volcans m’ont beaucoup gâté, j’ai quelque peu délaissé les zones chaudes pour arpenter les régions glaciaires. Personne ne vient me gronder ou me verbaliser dans je parcours des vallées où les éboulements sont de plus en plus nombreux suite à la fonte des glaciers. Personne ne m’interdit de longer les profondes crevasses au fond desquelles je ne pourrais pas être secouru en cas de chute. A mon avis, cet univers glaciaire est au moins aussi dangereux que la lèvre du Cratère Nord-Est de l’Etna. Là encore, il faudra que l’on m’explique… !

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The eruption that started again on February 19th, 2019 continues but, as during each eruption, the Enclos Fouqué is closed to the public and the show can only be seen from the national road, the Piton Cascades (where the webcam is located to observe the event) or the Grand Brûlé. The national road is still several kilometres away from the fronts of the flows and it is unlikely that lava will get there.
Tourists and locals gather along the road to try to discern the eruption, with the same feeling of bitterness, even anger, and frustration. Many people do not understand why access to the eruptions of Piton de la Fournaise is always forbidden and why the authorities stubbornly refuse to organize guided visits to the eruptive site.
In an article published in August 2017, the excellent Journal de l’Ile devoted a long article to this subject. I invite you to read carefully the last paragraph which perfectly summarizes the situation and asks the right questions:
https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

The prohibition of access to an eruptive site is not specific to Reunion Island. Today, authorities rely on the sacrosanct precautionary principle to justify their decisions.
In Hawaii, no one – except HVO and Civil Protection staff – was allowed to get close to the lava flows during the last Kilauea eruption. The viewing platform promised by the authorities was never seen. As I wrote at the time, I strongly accuse the Hawaiian authorities of dragging their feet so as not to harm the helicopter companies that organized the overflights of the eruption and raked in a lot of money. In the United States, business is business!
On Mt Etna (Sicily), the municipalities immediately set up a red zone over the summit area of the volcano, with access authorized only to scientists. I can remember the time when one could spend whole nights warming up along the lava flows or watching eruptive activity of the Voragine and the Bocca Nuova.
Tourists have to face the same punishment on Stromboli (Sicily) where you can no longer spend the night in the stone nests built along the Sciara del Fuoco. Only excursions supervised by local guides are allowed.
On the other hand, at the same time, you can practice off-piste skiing in the Alps. Some skiers are carried away by avalanches and lose their lives. They sometimes endanger the rescuers, but no one complains. Somebody will have to explain me …
Because of all these interdictions and because the volcanoes allowed me to observe incredible shows, I have left hot areas to visit glacial regions. Nobody comes to scold me or give me a fine in valleys where rockfalls are more and more numerous due to the melting of glaciers. No one forbids me to walk along deep crevasses at the bottom of which I could not be rescued if I happened to fall. In my opinion, this glacial universe is at least as dangerous as the rim of Mount Etna’s Northeast Crater. Again, someone will have to explain me …!

Photos: C. Grandpey