La Soufrière de St Vincent : activité éruptive et désastre économique // St Vincent’s La Soufriere: eruptive activity and economic disaster

Dans sa dernière mise à jour du 22 avril 2021, l’UWI indique que l’activité sismique à La Soufrière de St Vincent continue en suivant le schéma observé après l’activité explosive du 18 avril. De petits séismes longue période et hybrides continuent d’être enregistrés, avec une fréquence en hausse progressive. Un épisode de tremor de forte intensité, généré par une activité explosive, a commencé à 11h09 le 22 avril et a duré une vingtaine de minutes. Un panache vertical s’est élevé lentement au-dessus du cratère pour finalement atteindre une hauteur d’environ 8 km. Au cours de la phase initiale de l’éruption, une coulée pyroclastique a été observée le long du flanc ouest du volcan. Le tremor a continué en décroissant pendant les deux heures suivantes alors que La Soufrière continuait à émettre des panaches de cendre.

Depuis la dépressurisation observée immédiatement après la phase explosive du 9 avril, le réseau GPS enregistre une diminution des déplacements horizontaux et verticaux de l’édifice volcanique.

L’activité sismique des derniers jours est typique de la croissance et de la destruction des dômes de lave. Des explosions accompagnées de retombées de cendres peuvent se produire sans prévenir.

Source: UWI.

L’éruption de la Soufrière est une catastrophe économique pour l’île de St Vincent et les Grenadines. Elle pourrait coûter à cette nation des Caraïbes orientales 50% de son produit intérieur brut et obliger le gouvernement à s’endetter encore davantage. Le ministre des Finances a déclaré que «les dégâts au nord de l’île tiennent de l’apocalyptique». Une grande partie des dégâts concernent la ceinture agricole. Il faut garder à l’esprit que l’agriculture représente environ 15% de l’économie de St Vincent et est l’un de ses plus gros employeurs.

Selon les premières estimations, les zones les plus proches du volcan ont perdu 100% de leurs cultures maraîchères, 90% de leurs cultures arboricoles et 80% des légumes racines. Cela signifie que la majeure partie de l’agriculture a été anéantie sur l’île.

L’éruption a anéanti le bétail de Saint-Vincent. Il y a des carcasses d’animaux partout dans la zone rouge. Le bétail laissé en liberté est désormais sans fourrage car les cendres et la poussière ont totalement détruit leurs pâturages. Le ministère de l’Agriculture apporte de l’eau et de la nourriture aux animaux qui ont survécu à la catastrophe. Une grande partie du bétail sans surveillance, en particulier les moutons, se nourrissent de végétation recouverte de cendres, ce qui entraînera des problèmes de santé dans les prochains jours, même si les effets ne sont pas immédiatement visibles.

Il est encore difficile d’établir le bilan économique de l’éruption de La Soufrière, mais le ministre des Finances estime que le volcan a causé 150 millions de dollars de dégâts aux infrastructures et 150 millions de dollars de pertes dans l’agriculture et le logement. En outre, il faudra entre 20 et 30 millions de dollars pour nettoyer les îles et environ 15 millions de dollars par mois pour nourrir et héberger les personnes évacuées.

Pour couronner le tout, le volcan reste actif et menaçant. La dernière éruption de La Soufrière, en 1979, a duré quatre mois. Auparavant, en 1902, l’éruption avait duré un an. Le gouvernement dispose d’environ 30 à 35 millions de dollars dans un fonds d’urgence, ce qui couvrira environ deux mois de coûts humanitaires. L’éruption survient alors que l’économie était déjà affectée par la pandémie de Covid-19 et que le ratio dette / PIB est de 81%, le troisième plus élevé des Caraïbes orientales.

L’ONU a lancé une campagne de collecte de fonds et Saint-Vincent a sollicité l’appui des pays amis, mais le Ministre des finances explique qu’il faudra procéder à davantage d’emprunts. « Il ne fait aucun doute que notre dette va augmenter au fur et à mesure que nous essaierons  de nous reconstruire et de nous remettre de cette catastrophe. Nous avons besoin que nos amis nous soutiennent en ce moment. »

Parmi ces amis, il semble que la Grande-Bretagne tarde à venir en aide à St Vincent. Un article publié dans la presse locale est intitulé «La Grande-Bretagne laisse à nouveau St Vincent se débrouiller seule après une éruption volcanique». St Vincent est une ancienne colonie britannique et membre actuel du Commonwealth. L’auteur de l’article écrit: «Les gens de St Vincent ont besoin d’aide. Pourquoi n’arrive-t-elle pas? De nombreux habitants de Saint-Vincent-et-les Grenadines sont allés en Grande-Bretagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour aider à la reconstruction. Il est déplorable qu’il ait fallu un message de soutien de la reine la semaine dernière pour faire prendre conscience aux gens e la gravité de la situation, décrite par l’ONU comme une crise humanitaire qui ne fait que commencer. Il y a beaucoup de parents terrifiés qui versent des larmes d’impuissance face au désastre et au manque de soutien de [la Grande-Bretagne]. Une fois de plus, ils doivent se débrouiller seuls.»

Source: Yahoo News.

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In its latest update of April 22nd, 2021, UWI indicates that seismic activity at La Soufrière Volcano continues the pattern established after the explosive activity on April 18th. Small long-period and hybrid earthquakes continue to be recorded, with their rate of occurrence gradually increasing.

High-level seismic tremor started at 11:09 am on April 22nd, generated by explosive activity, and lasted for about 20 minutes. A vertical explosive eruption plume rose slowly above the crater eventually reaching a height of about 8 km. During the initial stages of the explosion, a pyroclastic flow was seen moving down the western flank of the volcano. Tremor continued, at a lower level, for the next two hours as La Soufrière continued to vent ash.

Since the initial depressurization noted immediately after the April 9th explosive phase, the continuous GPS network has recorded a decrease in the overall rates of horizontal and vertical movement.

The pattern of seismic activity over the last few days is typical of the growth and destruction of lava domes. Explosions with accompanying ashfall, of similar or larger magnitude, can occur with little or no warning.

Source : UWI.

The eruption of La Soufriere is an economic disaster for the island of St Vincent and the Grenadines. It could cost the Eastern Caribbean nation 50% of its gross domestic product and force the government back to the debt market. The Finance Minister has said that “the damage on the north of the island is bordering on apocalyptic.”

Much of the destruction has been concentrated in the farming belt. One should keep in mind that agriculture represents about 15% of the economy of St Vincent and is one of its largest employers.

According to preliminary estimates, the areas nearest the volcano lost 100% of their vegetable crops, 90% of their tree crops and 80% of their root crops. This means that most of the agriculture has been wiped out on the island.

The eruption has devastated St Vincent’s livestock. Animal carcasses are everywhere in the Red Zone. Livestock left to roam freely is now without forage as the ash and dust have totally destroyed their pastures. The Ministry of Agriculture is bringing water and feed to the animals that have survived the disaster. Many of the unattended livestock, particularly sheep, which graze forage all the way to the ground, are feeding on ash-covered material, which will cause future health problems even if the effects are not immediately visible.

The true economic toll of La Soufriere remains unclear, but the Finance Minister estimates the volcano caused $150 million in infrastructure damage and $150 million in agriculture and housing losses. In addition, it will require $20 million to $30 million to clean up the islands and about $15 million per month to feed and house evacuees.

Complicating the calculation is that the volcano remains dangerously active. The last time La Soufriere erupted, in 1979, activity lasted four months. Prior to that, in 1902, the eruption lasted a year.

The government has about $30 million to $35 million stashed away in an emergency fund, which will cover about two months worth of humanitarian costs.

The eruption comes as the economy was already being hammered by the Covid-19 pandemic and the central government debt-to-GDP is at 81% — the third highest in the Eastern Caribbean.

While The United Nations has launched a fund-raising drive, and St. Vincent has been reaching out to allies and development organizations for support, the Finance Minister explains that more borrowing will be needed. “Undoubtedly our debt is going to increase as we try to rebuild and recover from this disaster. We need our friends to stand by us at this time.”

Among the friends, it seems Britain is lagging its feet to help St Vincent. An article published in the local press is entitled “Britain is once again making an old colony fend for itself after volcanic eruption.”

St Vincent is a former British colony and current member of the Commonwealth. The author of the article says: “People in St Vincent need help. Why are they not getting it? Many residents from St Vincent and the Grenadines went to Britain to help rebuild the country after the Second World War. It is deplorable that it took a message of support from the Queen last week to wake people up to the situation, described by the UN as a growing humanitarian crisis. There are many terrified relatives, shedding tears of helplessness at the devastation and the lack of support from [Britain]. Once again they are being left to fend for themselves.”

Source: Yahoo news.

Crédit photo : UWI

Piton de la Fournaise : «L’exposition thermique et toxique» serait la cause de la mort des randonneurs

Les résultats de l’autopsie des deux randonneurs qui ont perdu la vie sur le Piton de la Fournaise ne vont pas dans le sens de l’hypothèse que j’ai formulée précédemment. Ce ne serait pas la foudre qui aurait provoqué la mort des deux jeunes. La procureure a annoncé que leur décès était dû « à l’exposition thermique et toxique liée à la proximité du volcan », donc à la chaleur et aux gaz. Elle a ajouté : « Ce n’est pas encore très précis », et d’autres analyses de prélèvements complémentaires doivent avoir lieu. Ces premiers éléments restent encore à être affinés. Néanmoins la famille tient à ce que peu d’informations précises soient diffusées. Quoi qu’il en soit, il n’y a eu aucune intervention extérieure d’un tiers dans le décès de ces deux étudiants. Il n’y aura donc pas d’enquête criminelle.

Ce rapport d’autopsie semble (ce n’est qu’une hypothèse) vouloir dire que les deux garçons se sont aventurés au cœur des coulées et des nuages de gaz sans la moindre protection. S’ils portaient des masques à gaz, cela signifie qu’ils étaient inadaptés ou insuffisants. Il faut toutefois se montrer très prudent et ne rien affirmer tant que les résultats complets des analyses ne seront pas communiqués. Le lieu exact de la découverte des corps n’a pas été précisé non plus.

Cette tragédie est l’occasion – avec le risque de me faire traiter de rabat-joie – de rappeler quelques consignes de prudence avant de s’aventurer sur un volcan.

La première est de respecter les consignes officielles, à savoir l’autorisation ou l’interdiction d’accès au site éruptif. L’interdiction va sembler « liberticide » (le mot à la mode) aux yeux de certains, mais elle peut être cruciale quand il va s’agir des assurances. La plupart des compagnies refuseront de mette la main au portefeuille pour des individus qui n’ont pas respecté la loi ! Dans le cas présent, la porte d’accès à l’Enclos Fouqué était fermée. Une conséquence inévitable du drame va être le renforcement des contrôles par la gendarmerie, avec des verbalisations à la clé.

Une autre consigne de prudence élémentaire est de consulter les bulletins météo (météo montagne de préférence) avant d’entamer une randonner sur un site volcanique. Même si la foudre ne semble pas être la cause du drame à la Réunion, il ne faut jamais partir en montagne – et encore moins sur un volcan – si des orages sont annoncés. (La Réunion était en vigilance pluies et orages ces derniers jours). Certaines laves sont riches en fer et se trouver dans de telles zones au moment d’un orage est suicidaire. Mon expérience de l’Etna me l’a vite fait comprendre. Un jour que je me trouvais sur la Montagnola en compagnie d’un scientifique français, il m’a montré les impacts de foudre sur la roche. Comme je l’indiquais précédemment, j’ai assisté au rapatriement de deux jeunes randonneurs tués par un orage que j’avais évité de justesse sur le volcan. Les services météorologiques réunionnais ont recensé 500 impacts de foudre pendant la nuit du 22 au 23 avril.

A côté des orages, le brouillard et les fortes intempéries peuvent mettre en détresse un randonneur. La technologie ayant évolué, il est recommandé d’avoir avec soi un bon GPS de randonnée. La fonction retour et l’utilisation des waypoints permettent de retrouver facilement son chemin. Cela suppose, évidemment, que l’on a prévu des vêtements chauds en cas de besoin, ainsi que de l’eau et quelque nourriture, comme des barres énergétiques, le temps que le temps se découvre, ou que des secours arrivent.

Les gaz volcaniques peuvent représenter un autre danger. J’ai toujours dans mon sac à dos un masque à gaz avec les cartouches appropriées, en complément du casque traditionnel qui permet de se protéger d’éventuelles projections de petites bombes et autres lapilli. Le gaz le plus dangereux est le CO2, même si les concentrations ne semblent pas mortelles sur le Piton de la Fournaise. Ce sont surtout les nuages de SO2 qui peuvent poser le plus de problèmes, mais le port d’un bon masque permet en général de s’en protéger.

S’agissant de la lave émise par un volcan effusif comme le Piton de la Fournaise à la Réunion ou le Kilauea à Hawaii, le principal risque est de se faire encercler par des coulées. L’autre risque est de faire trempette dans la lave si la voûte trop fragile d’un tunnel cède sous votre poids. Pour le reste, la chaleur insupportable de la lave indique les zones dans lesquelles il est déconseillé de pénétrer. Il faut bien sûr regarder où l’on met les pieds et veiller à ne par chuter dans une fracture éruptive comme cela est arrivé sur le Piton de la Fournaise en 2003 et a coûté la vie à un étudiant de 22 ans.

Photo: C. Grandpey

Nouvelle alerte climatique // New climate warning

 A la veille du sommet sur le climat organisé par le Président Biden, avec la présence des principaux chefs d’états, l’Organisation Météorologique Mondiale, gérée par les Nations Unies, a publié un rapport le 19 avril 2021 expliquant que «le temps presse» pour limiter la hausse des températures dans le monde. Intitulé «État du climat mondial en 2020», le rapport constate que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont continué d’augmenter en 2020, malgré les confinements imposés pour ralentir la propagation de la pandémie de COVID-19.

2020 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, avec une accélération de la fonte des glaciers et de la glace de mer, l’acidification des océans et la prolifération des incendies de forêt et des ouragans.

Le principal objectif de l’Accord de Paris sur le climat était d’empêcher les températures à l’échelle de la planète de dépasser 1,5 degré Celsius. Le rapport de l’ONU avertit qu’il faudra un énorme effort de la part des gouvernements pour atteindre cet objectif.

Les données du rapport des Nations Unies montrent que la température moyenne du globe pour 2020 a été d’environ 1,2 degrés Celsius supérieure à l’époque préindustrielle, ce qui signifie que le temps presse vraiment pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Le 22 avril 2021, le Président Biden accueillera des dirigeants du monde entier pour un sommet virtuel auquel doivent participer des représentants de 40 pays responsables des principales émissions de carbone. Parmi les dirigeants invités au sommet figurent le Premier ministre indien, le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping.

La Maison Blanche a déclaré dans un communiqué que «le sommet sur le climat soulignera l’urgence – et les avantages économiques – d’une action climatique plus forte. Ce sera une étape clé sur la route de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) en novembre à Glasgow. »

Alors que les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane continuent de s’accumuler dans l’atmosphère terrestre, la planète a commencé à subir les ravages du changement climatique prévus depuis des décennies. Le niveau de la mer continue d’augmenter alors que les calottes glaciaires et les glaciers continuent de fondre. Aux États-Unis en 2020, les incendies de forêt ont établi des records, tout comme le nombre d’ouragans qui ont touché terre. Les vagues de chaleur sur terre et sur les océans menacent de plus en plus la vie sur Terre. Selon une étude conduite en 2020 par l’Université de l’Arizona, si un effort mondial concerté n’est pas déployé pour infléchir la tendance actuelle, on estime qu’un tiers de toutes les plantes et animaux de la planète seront menacés d’extinction de masse dans les 50 prochaines années.

Lors du sommet, Joe Biden devrait annoncer que les États-Unis essaieront de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50% par rapport aux niveaux de 2005. Il fera également pression sur les autres dirigeant pour qu’ils souscrivent à des engagements similaires, même s’ils ne seront pas contraignants. [NDLR : Autrement dit, rien, ou très peu, sera fait pour améliorer la situation climatique]

Alors que 200 pays ont signé l’Accord de Paris, les États-Unis se sont retirés sous l’ancien président Donald Trump, mais Joe Biden a immédiatement rejoint l’Accord après avoir été élu. Le rapport des Nations Unies avertit que «le pire scénario serait que nous n’atteignions pas 1,5 degré comme limite acceptable, que nous la dépassions, et que nous précipitions alors le monde dans une situation catastrophique».

Source: Médias d’information internationaux.

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 On the eve of the climate summit organised by President Biden with the presence of world leaders, the United Nations World Meteorological Organization released a report on April 19th, 2021 warning that “time is fast running out” to keep global temperatures in check. Titled “State of the Global Climate 2020,” the report finds that concentrations of greenhouse gases in the atmosphere continued to climb in 2020, despite lockdowns imposed to slow the spread of COVID-19. 2020 was the third warmest on record, worsening the melting of glaciers and sea ice, the acidification of the world’s oceans and the severity of wildfires and hurricanes.

A key goal of the Paris Agreement on climate change is to keep global temperatures from rising above 1.5 degrees Celsius, and the U.N. report warns that doing so will require a massive effort from the governments of the world. The data in the U.N. report show that the global mean temperature for 2020 was around 1.2 degrees Celsius warmer than pre-industrial times, meaning that time is fast running out to meet the goals of the Paris Agreement.

On April 22nd, President Biden will host leaders from around the world for a virtual summit which is expected to include representatives from 40 countries who are responsible for the overwhelming majority of global carbon emissions. Among the leaders invited to the summit are India’s Prime Minister, Russian President Vladimir Putin and Chinese President Xi Jinping.

The White House said in a statement that “the Leaders Summit on Climate will underscore the urgency — and the economic benefits — of stronger climate action. It will be a key milestone on the road to the United Nations Climate Change Conference (COP26) this November in Glasgow.”

With greenhouse gases like carbon dioxide and methane continuing to build up in the Earth’s atmosphere, the planet has begun to experience the ravages of climate change predicted for decades. Sea levels continue to rise as polar ice caps and glaciers continue to melt. In the U.S. in 2020, wildfires set records, as did the number of hurricanes making landfall. Heat waves on land, as well as in the oceans, increasingly threaten life on Earth. According to a 2020 study conducted by the University of Arizona, if a concerted global effort is not mounted to bend the current trend line, an estimated one-third of all plants and animals on the planet will be at risk of mass extinction in the next 50 years.

At the summit, Biden is expected to announce that the U.S. will seek to cut emissions by at least 50 percent from 2005 levels. He will also pressure other world leaders to sign on to similar pledges, though those will be nonbinding. [Personal note : This means nothing, or little, will be made to improve the climate situation.]

While 200 nations signed onto the Paris accord, the U.S. pulled out of the agreement under former President Donald Trump, but Joe Biden was quick to rejoin the Paris Agreement upon being sworn in to office.

The United Nations report warns that “the worst risk is that we don’t reach 1.5 degrees as a limit, that we go over it, and that we precipitate the world into a catastrophic situation.”

Source: International news media.

Nul doute que les glaciers – comme celui du Rhône ici – vont continuer à fondre (Photo : C. Grandpey)

L’éruption de La Soufrière de St Vincent en 1902 // The 1902 eruption of St Vincent’s La Soufriere

Je viens de lire dans les actualités un article intéressant sur l’éruption de La Soufrière en 1902 à St-Vincent-et-les-Grenadines. Bien que cette éruption présente des similitudes avec l’événement de 2021, il existe également des différences. Un élément important réside dans le fait qu’en 1902, il y avait un lac dans le cratère de La Soufrière. Il a contribué à transformer l’éruption en un puissant événement phréato-magmatique.

Le matin du 7 mai 1902, un groupe de marchands de poissons s’est approché de la Soufrière de Saint-Vincent. Selon un Rapport sur les éruptions de la Soufrière de St Vincent, en 1902 qui décrit leur aventure, «le sommet de la montagne était couvert de brouillard. Le premier marchand suivit le chemin jusqu’à la base du cône sommital. Les autres se sont approchés de la lèvre du cratère, jusqu’à l’atteindre réellement. Le spectacle qui s’offrit à leurs yeux aurait pu avoir raison des cœurs les plus solides.»

Malgré les mises en garde des vendeurs de poissons et les récits de ce qu’ils avaient vu – les épais nuages de vapeur, la végétation brûlée, l’odeur de soufre, les secousses permanentes – leurs témoignages ont été ignorés. «Ils ont été reçus avec incrédulité, et quand ils sont arrivés à Georgetown, ils ont été pris pour des imbéciles et des lâches.»

Les noms des vendeurs de poissons n’ont pas été notés dans le Rapport décrivant ce qui s’est passé à Saint-Vincent où une minorité blanche dominait une population qui comprenait des descendants d’autochtones et d’esclaves africains.

Avant l’éruption de 1902, les nuages empêchaient de voir le sommet de La Soufrière depuis les plantations de canne à sucre et depuis des endroits comme Georgetown dans la partie est de Saint-Vincent, de sorte que la population ne savait pas ce qui se passait sur le volcan. À l’ouest, les gens avaient compris. « Ils se préparaient à fuir en observant l’énorme colonne de vapeur et de cendre qui prenait la forme d’un champignon, avec des averses d’une matière noire et lourde, accompagnées d’éclairs et de tonnerre. »

Au plus fort de l’éruption de 1902, un «Grand Nuage Noir» a dévalé les pentes du volcan, balayant maisons et fermes, avant de se précipiter dans la mer. En même temps que la cendre brûlante, des pierres et des vapeurs sulfureuses s’abattirent sur des embarcations à bord desquelles des gens ramaient furieusement pour échapper à la catastrophe.

À l’est de Saint-Vincent, les ouvriers des plantations ont regardé avec étonnement le rideau noir qui descendait inexorablement vers eux, puis ils  se sont précipités à l’intérieur des maisons ou sont morts à l’extérieur. À Orange Hill, des dizaines de personnes se sont entassées dans une cave à rhum. On peut lire dans le Rapport: «Un homme était debout près de la porte et la tenait entrouverte pour laisser entrer tous ceux qui avaient fui les huttes du village. Ils étaient quarante dans la cave et tous ont été sauvés. Trente se trouvaient sur l’allée conduisant à la cave et ils ont tous été tués. Environ 1600 personnes sont mortes, mais ce cataclysme a été éclipsé par les éruptions bien pires de la Montagne Pelée, le 8 mai 1902, sur l’île de la Martinique. Au moins 29 000 personnes ont perdu la vie. La plupart des victimes de Saint-Vincent se trouvaient dans la partie est de l’île, peut-être parce que les travailleurs dans les grandes plantations n’ont pas été en mesure de prendre d’eux-mêmes la décision de fuir.

Les explosions continues de La Soufrière ont entravé les efforts de réparation menés pendant des mois par les Britanniques. Les éruptions ont participé au déclin de l’industrie sucrière, mais d’autres produits ont pris la relève dans les deux années qui ont suivi. De nouvelles plantes comme le cacao, la muscade et le café, ont été introduites. Cela a permis des innovations agricoles.

Les nuages de cendres volcaniques, qui s’étaient déplacés jusqu’à la Barbade, à environ 180 kilomètres de distance, ont nourri le sol. L’impact de la cendre sur la végétation est dévastateur à court terme mais bénéfique à long terme.

La marine britannique a apporté son aide en 1902. Le navire américain Dixie a également apporté des secours, ainsi que des scientifiques et des correspondants de presse qui ont fait connaître l’événement. Dans un récit de l’éruption, le Boston Globe a parlé d’ « un bruit comme celui des énormes canons de la marine mondiale en action perpétuelle ».

Les éruptions de 1902 et 2021 sont peut-être à égalité en puissance et en intensité, mais il est difficile de vraiment les comparer car un lac profond occupait le cratère de La Soufrière en 1902. Le Rapport explique que lorsque le magma est entré en contact avec le lac, sa vaporisation a créé « une énorme énergie supplémentaire qui a généré des coulées pyroclastique très rapides et mortelles, dès le début de la crise éruptive. »

Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, est l’auteur présumé du récit d’une éruption explosive à La Soufrière en 1718, époque où les habitants autochtones contrôlaient effectivement l’île.

L’éruption de 1812 a tué des dizaines de personnes, la plupart des Noirs réduits à l’esclavage. Avant avril 2021, la dernière grande éruption a eu lieu à Pâques 1979. Elle a provoqué des évacuations en grand nombre, mais aucun décès.

Les habitants de St Vincent peuvent tirer des leçons de l’histoire éruptive de La Soufrière. Elle les aidera à se reconstruire. Contrairement à leurs ancêtres, ils sont tenus au courant de l’évolution de l’éruption et sont conseillés en permanence quant à la conduite à tenir.

Source: Yahoo News.

Dans son rapport du 18 avril 2021, l’UWI indique qu’une éruption explosive s’est produite ce même jour à La Soufrière à 16h49. Des retombées de cendres étaient attendues ans les parties sud et ouest de l’île. L’éruption n’est pas terminée. Cependant, il semble que les explosions deviennent moins puissantes, avec des intervalles plus longs entre elles.

L’éruption continue avec une activité sismique typique de la croissance et de la destruction des dômes de lave. L’essaim sismique avec des événements longue période et hybrides se poursuit sans changement notable. De petits séismes volcano-tectoniques sont encore enregistrés de temps en temps.

Les émissions de SO2 de La Soufrière, mesurées le long de la côte ouest, ont révélé une moyenne de 232 et 391 tonnes par jour les 17 et 18 avril.

La NEMO indique que 88 abris hébergeant 4042 personnes sont maintenant opérationnels, tandis que quelque 5398 autres sont hébergées dans des maisons particulières.

Au total, 1 459 familles ont été déplacées à ce jour par l’éruption.

Le niveau d’alerte pour La Soufrière reste ROUGE.

S’agissant des prévisions (elles n’ont pas été très bonnes jusqu’à présent!), le scientifique à la tête de l’UWI a déclaré le 20 avril que si le schéma sismique actuel se poursuit, une autre éruption explosive pourrait se produire dans les sept prochains jours. La sismicité laisse supposer que le volcan essaie de construire un dôme, mais il n’y arrive pas car une explosion survient qui détruit cette tentative de formation d’un dôme. Le scientifique a déclaré: «Nous prévoyons qu’à un certain moment [le volcan] entamera la construction d’un dôme ; cela peut arriver cette semaine, mais si ce n’est pas le cas, nous allons assister à une autre explosion».

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I have just read in the news an interesting article about the 1902 eruption of La Soufriere at St-Vincent-and-the-Grenadines. Although this eruption bears similarities with the 2021 event, there are also differences. An important one was that in 1902 there was a lake within the crater of La Soufriere, which turned the eruption into a powerful phreato-magmatic event.

On the morning of May 7th, 1902, a group of nervous fish sellers got very close to St Vincent’s La Soufrière. According to a Report on the eruptions of the Soufrière  in St Vincent, in 1902 describing their experience, “the top of the mountain was covered in mist, and the foremost of them followed the path up to the base of the summit cone. Some went up to quite near the rim of the crater, or possibly even to the actual edge. What they saw there was enough to dismay the stoutest hearts.″

However, the warnings of the fish sellers who experienced the volcano up close – the thick steam, the scorched vegetation, the sulphurous smell, the constant shaking – were at first dismissed. ″They were received with incredulity, and when they came to Georgetown they were scoffed at as fools and cowards.″

The names of the fish sellers are not included in the Report about what happened on St. Vincent, where a white minority dominated a population that included the descendants of Indigenous inhabitants and enslaved Africans.

Clouds and a poor line of sight to the volcano top from the sugar cane plantations and places like Georgetown on the eastern side of St. Vincent contributed to uncertainty about what was happening. “To the west, people had no doubt. They prepared to flee while watching an enormous column of vapour billow into a mushroom-shaped cloud, accompanied by showers of black, heavy material, and lightning and thunder.”

In the 1902 climax, a ″Great Black Cloud″ raced down the volcano’s slopes, swept over homes and farms and surged out to sea, raining scalding ash, stones and sulphurous fumes on boats of people rowing furiously away.

On the east of St. Vincent, plantation workers gazed in amazement as the implacable black curtain descended toward them, then rushed indoors or died in the open. At Orange Hill, dozens crammed into a rum cellar. One can read in the Report: ″One man stood by the door holding it ajar, to admit any who fled from the huts in the village. Forty were in the cellar, and all were saved. Thirty were in the passage leading into the cellar, and they were all killed.″

An estimated 1,600 people died, though that cataclysm was eclipsed by eruptions, the worst on May 8, at Mount Pelée on the island of Martinique. At least 29,000 people died there.

Most of St. Vincent’s casualties were in the east, possibly and partly because workers on large plantations were less able to make an independent decision to flee.

La Soufrière’s continuing explosions hampered British-led recovery efforts for months. The eruptions accelerated the decline of the sugar industry, but other commodities recovered within a year or two. New plants, including cacao, nutmeg and coffee, were introduced. Experimentation led to agricultural innovation.

The volcanic ash, which then and now spread as far as Barbados, about180 kilometers away, nourished the soil. The impact on vegetation is devastating in the short term but beneficial in the long term.

The British navy delivered aid in 1902. The USS Dixie also brought relief, along with scientists and newspaper correspondents. In an account of the eruption build-up, The Boston Globe reported ‘’a noise like the monster guns of the world’s navy in perpetual action. »

The 1902 and 2021 eruptions are possibly on a par in power and intensity, but it’s difficult to make a direct comparison because a deep crater lake existed at the time of the earlier one. When magma hit the lake, vaporization created “a huge additional extra energy and it generated pyroclastic density currents that were very fast-moving and deadly, early on in the eruptive sequence.”’

Daniel Defoe, author of ″Robinson Crusoe,″ is the purported writer of an account of an explosive eruption at La Soufrière in 1718, when Indigenous inhabitants effectively controlled the island. An 1812 eruption killed dozens, mostly enslaved Black people. Prior to April 2021, the last big eruption was during Easter 1979, causing mass evacuations but no deaths.

La Soufrière’s history could inform St. Vincent’s residents as they recover. In the meantime, unlike their ancestors, they are getting continual updates and guidance.

Source : Yahoo News.

In its report for April 18th, 2021, UWI indicates that an explosive eruption occurred on that same day at La Soufriere at 4:49 pm. Ashfall was expected at the south and west of the island. The eruption has not ended yet. However, it looks as if the explosions are getting less powerful, with longer intervals between them.

The volcano continues to erupt with a pattern of seismic activity typical of the growth and destruction of lava domes. The swarm of long-period and hybrid earthquakes continues in a stable way. Occasional small volcano-tectonic earthquakes are still recorded.

Measurements of SO2 at La Soufriere volcano along the west coast revealed an average  of 232 and 391 tons per day on April 17th  and 18th.

NEMO says 88 shelters with 4042 occupants are now operational, while some 5398 persons are being housed in private shelter. A total of 1,459 families have been displaced so far by the eruption.

The alert level for La Soufriere remains RED.

As far as predictions are concerned (they have not been very good so far !) the UWI lead scientist said on April 20th that if the current seismic pattern continues, another explosive eruption could occur within the next seven days. The seismic patterns suggest that the volcano is trying to grow a dome. However, it does not succeed due to an explosion that destroys that formation. The scientist said: “We expect at some point [the volcano] would grow a dome, it can happen this week, but if it does not, we are going to have another explosion”.

Représentation graphique du cratère de La Soufrière de St Vincent en 1837 par le Lieutenant J.H. Caddy (Source : Pennymead.com)

Effet dévastateur de l’éruption de la Soufrière en 1902

(Source : York Museums Trust)