La fonte rapide du glacier Thwaites en Antarctique (suite) // The rapid melting of Thwaites Glacier in Antarctica (continued)

Concentrations de CO2 : 426,92 ppm (26 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

En Antarctique, le glacier Thwaites fond « plus vite que prévu, ce qui signifie que son impact sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale pourrait être deux fois plus important que les estimations actuelles. » C’est la conclusion d’une nouvelle étude, menée par une équipe de glaciologues de l’Université de Californie à Irvine et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, publiée dans la revue Nature Communications.

Le glacier est en recul depuis des décennies et sa fonte contribue actuellement à environ 4 % de l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Toutefois, les mécanismes à l’origine de ce recul sont extrêmement complexes, ce qui rend difficile toute projection précise de son évolution future.
Il s’agit pourtant d’un enjeu crucial : le glacier Thwaites contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 60 centimètres s’il venait à fondre complètement. Comme il joue également le rôle de rempart pour la calotte glaciaire antarctique et les autres glaciers situés en amont, sa disparition pourrait, à terme, entraîner une élévation du niveau de la mer d’environ 3 mètres, avec des conséquences dévastatrices pour les zones habitées le long des côtes.

Les auteurs de cette nouvelle étude ont mis au point un modèle de calotte glaciaire qui, selon eux, rend mieux compte des phénomènes qui se produisent sous ce glacier gigantesque. Comme je l’ai expliqué précédemment, le recul rapide du Thwaites est provoqué par des processus agissant au niveau de sa « ligne d’ancrage » (grounding line), autrement dit la zone où la glace quitte le plancher océanique pour commencer à flotter à la surface de l’océan en formant une plateforme glaciaire.

Source: British Antarctic Survey

Alors que les modèles classiques considèrent généralement la ligne d’ancrage comme une limite fixe et relativement stable, les chercheurs ont mis en évidence une configuration différente sous le glacier Thwaites.
Les données satellitaires révèlent qu’il s’agit en réalité d’une « zone d’ancrage » (grounding zone), pouvant s’étendre sur plusieurs kilomètres. Dans cette zone, l’eau de mer entre et se retire au gré des marées, soulevant et abaissant l’épaisse couche de glace. Ce mécanisme permet à des eaux océaniques relativement chaudes de s’infiltrer profondément sous la calotte glaciaire et de provoquer ainsi une fonte plus rapide.
En intégrant ce concept de « zone d’ancrage » dans leurs modèles, les scientifiques ont estimé que le glacier Thwaites pourrait contribuer à une élévation du niveau de la mer allant jusqu’à 3 centimètres d’ici 2100 – soit le double des prévisions précédentes – et ce, même sans réchauffement climatique supplémentaire.
Le socle rocheux sur lequel repose le glacier Thwaites est en pente descendante ; par conséquent, à mesure que le glacier fond, une plus grande quantité de glace se retrouve exposée aux eaux océaniques chaudes. La topographie est toutefois complexifiée par deux arêtes sous-marines majeures qui « ancrent » la glace et l’empêchent de s’écouler plus rapidement vers l’océan.
Les processus de fonte au niveau de la zone d’ancrage du glacier Thwaites accélèrent la séparation de la glace d’une vaste crête sous-marine, la crête Mouginot. Il existe 60 % de probabilité que cette séparation se produise d’ici la fin du siècle ; le glacier entamerait alors probablement un recul rapide le long du socle rocheux en pente, en direction de la crête suivante.
Ces résultats montrent que les conséquences de la disparition du glacier Thwaites pourraient avoir été sous-estimées. Une élévation du niveau de la mer de 3 centimètres peut sembler dérisoire, mais elle suffit à accroître considérablement les risques pour les populations côtières. Les conclusions de l’étude « prédisent un risque accru d’inondations côtières et une exposition plus forte que ce qui avait été anticipé pour les décennies à venir ».
Les auteurs de l’étude soulignent toutefois que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les divers processus de fonte au sein de la zone d’ancrage, notamment en recueillant des données directes sur la partie inférieure du glacier. Les scientifiques prévoient de se rendre sur site en 2028 afin de déployer des instruments capables de documenter le volume d’eau de mer qui se déplace sous la glace.
Source : CNN et d’autres médias d’information

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In Antarctica, the Thwaites glacier is melting “more aggressively” than previously projected, meaning its impacts on global sea level rise could be double current estimates. This is the concusion of a new study by a team of glaciologists from the University of California, Irvine and NASA’s Jet Propulsion Laboratory, published in the journal Nature Communications.

The glacier has been retreating for decades and its melting ice currently contributes around 4% to global sea level rise. But the mechanisms behind its retreat are exceptionally complex, making it tricky to precisely map out its future.

It’s a vital task, however, as Thwaites holds enough water to raise sea levels by more than 60 centimeters if it were to collapse. Because it also acts as a cork holding back the vast Antarctic ice sheet, it could ultimately lead to around 3 meters of sea level rise, devastating coastal communities.

The authors of the new study have developed a new ice sheet model they say better reflects what’s happening underneath this ice giant. Thwaites’ rapid retreat is driven by processes at its grounding line, the point at which the ice rises up from the seabed and starts to float on the ocean as an ice shelf.

But while typical ice sheet models have tended to view the grounding line as something fixed and mostly stable, the researchers have come to acknowledge a different arrangement beneath Thwaites.

Satellite data reveals the grounding line is actually a “grounding zone,” sometimes kilometers wide, where seawater constantly flushes in and out with the tides, lifting and lowering the thick ice. This allows relatively warm ocean water to penetrate deep underneath the ice sheets and causing vigorous melting.

When the scientists adjusted models to include the concept of a grounding zone, they found Thwaites could contribute up to 3 centimeters of sea level rise by 2100, twice previous estimates, even without further global warming.

The land on which Thwaites sits slopes downward, meaning as the glacier melts, more ice is exposed to warm ocean water. The topography is complicated, however, by two key underwater ridges, which “pin” the ice, holding it back from flowing into the ocean more rapidly.

The melting processes at Thwaites’ grounding zone are accelerating the “unpinning” of ice from a large ridge called the Mouginot Ridge. There is a 60% chance that it will be unpinned by the end of the century, after which the glacier is likely to retreat quickly down the sloping bedrock toward the next major ridge.

The findings suggest the impacts of losing Thwaites might have been underestimated. A sea level rise of 3 centimeters may not sound much but it’s enough to greatly magnify dangers to coastal populations. The results “predict greater risk of and exposure for coastal flooding than anticipated in the coming decades.”

However, the authors of the study caution that more research is needed to understand the impacts of different grounding zone melting processes, not least by getting direct data from underneath the glacier. The scientists are planning to travel there in 2028 to deploy instruments able to document the flushing in and out of seawater.

Source : CNN and other news media.

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