Avec le réchauffement climatique, les glaciers fondent et certains disparaissent. L’IGN doit donc mettre à jour ses célèbres cartes pour acter leur disparition. Les cartes Top 25 sont sans doute les plus connues du grand public. Leur petite échelle (1 cm sur la carte représente 250 m sur le terrain) les rend très prisées des randonneurs, des skieurs et des alpinistes.
En moyenne, chaque carte est mise à jour tous les cinq ans, et réimprimée à la même fréquence. En cas de phénomène exceptionnel, l’IGN effectue parfois une mise à jour supplémentaire, comme après la lave torrentielle qui a ravagé le hameau de La Bérarde, en Isère, en 2024.
Au pied de la Tête de l’Estrop (2 961 m), point culminant du pays dignois, le glacier de la Blanche n’est plus qu’un gros glaçon perdu dans une mer de cailloux. À la fin de l’été 2026, c’est sans grande surprise que les randonneurs locaux ont découvert qu’il avait changé de nom sur les cartes IGN. Désormais, il s’appelle « Ancien glacier de la Blanche », et son nom n’est plus inscrit en bleu, mais en noir, sur les cartes de randonnée.

Source : IGN
Chaque année ou presque, la mise à jour des cartes Top 25 de l’IGN entraîne son lot de modifications toponymiques. Et avec le réchauffement climatique, certains changements deviennent de plus en plus fréquents. D’après Météo-France, tous les glaciers pyrénéens auront disparu d’ici dix ans. Quant à ceux des Alpes, ils ont déjà perdu 70 % de leur volume depuis l’ère préindustrielle, et l’immense majorité aura fondu d’ici la fin du siècle. Face à ces bouleversements du paysage, les cartes évoluent aussi.
Au train où vont les choses, le glacier de la Grande Motte au-dessus de Tignes pourrait disparaître rapidement lui aussi.

Le glacier de la Grande Motte en juillet 2026 (Crédit photo : presse régionale)
Le glacier a subi une fonte historique et sans précédent au cours de l’été 2026. 6 mètres d’épaisseur ont été perdus au niveau du lac du Roselin, avec une perte d’un mètre tous les quinze jours au plus fort de la saison estivale. Les experts estiment que le glacier pourrait avoir presque totalement fondu d’ici une dizaine d’années si les canicules estivales se répètent. Il sera alors, lui aussi, absent des cartes IGN. S’agissant du sommet du glacier de la Grande Motte, il culmine aujourd’hui à 3 627 mètres, et non 3 653 m, altitude « officielle » indiquée jusqu’en 2018 au moins sur les cartes IGN. La calotte glaciaire a ainsi perdu 26 mètres d’épaisseur ces dernières années.
Ce n’est pas la météo annoncée pour les prochains jours qui va faire épaissir la couche de glace ou de neige au sommet du glacier de la Grande Motte. On observe le retour d’un puissant anticyclone qui se trouve en ce moment au-dessus de l’Allemagne, et qui va ensuite se déplacer vers les Îles Britanniques. Il étendra alors son influence jusqu’en France, et cela s’annonce très durable. Les prévisions actuelles envisagent un blocage anticyclonique pendant au moins 10 jours, si ce n’est 15 jours !

Source : La Chaîne Météo
Malheureusement, la présence de cet anticyclone nous assure quasiment tous les jours un temps sec. Ce scénario vient contredire toutes les prévisions saisonnières qui annonçaient un mois de novembre humide, et plus encore, un automne humide.
On a donc affaire à une évolution défavorable dans un contexte de sécheresse encore très marquée après un été exceptionnellement sec et un début d’automne longtemps déficitaire. Les pluies récentes ont été utiles, mais elles restent très insuffisantes pour compenser plusieurs mois de déficit. Avec des perturbations rejetées au nord et un temps majoritairement sec sur la France, la recharge des sols et des nappes phréatiques risque donc de marquer une nouvelle pause.
Source : IGN et presse nationale.
De nombreux vols avec des milliers de grues ont animé le ciel du Limousin le 28 octobre 2026. En se dirigeant vers le sud, ces migrateurs annoncent-ils un retour de températures froides ? C’est possible, mais sans pluie ni neige.

Photo: C. Grandpey