La Grande Barrière de Corail en péril (Australie) // The Great Barrier Reef at risk (Australia)

Les scientifiques du Climate Council, un institut de recherche australien financé par des fonds publics, tirent de nouveau tiré la sonnette d’alarme au sujet de la Grande Barrière de Corail et affirment que dans les années 2030, des épisodes de blanchissement catastrophiques pourraient se produire tous les deux ans si rien n’est fait pour réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre.
La Grande Barrière de Corail, le plus grand système de récifs coralliens sur Terre, a été déjà mise à mal en 2016 et 2017 avec des mortalités très élevées des coraux à cause des températures océaniques extrêmes qui ont fait disparaître une grande partie des couleurs. Près du tiers des coraux de la Grande Barrière ont été détruits et les dégâts ont radicalement modifié la richesse de leurs espèces. Jusqu’à la fin du 20ème siècle, les événements de blanchissement corallien à grande échelle avaient lieu dans le monde en moyenne tous les 27 ans. Maintenant, la fréquence est passée à six ans. Si le changement climatique reste en l’état, cette fréquence continuera à s’accélérer et la Grande Barrière de Corail pourrait subir un blanchissement massif tous les deux ans d’ici 2034.
Les autorités australiennes sont inquiètes car les récifs coralliens attire de nombreux plongeurs et autres visiteurs en Australie. Cela représente environ 70 000 emplois et des milliards de dollars en revenus touristiques chaque année.

Afin de faire face à cette situation très inquiétante, le gouvernement australien a promis de lutter contre le changement climatique en général mais aussi d’étudier des mesures à plus court terme pour donner un peu de répit au plus vaste ensemble corallien du monde. En janvier 2018, Canberra a lancé un appel aux chercheurs et débloqué 2 millions de dollars australiens (1,26 million d’euros) pour financer des idées innovantes pour sauver le site.

Six projets ont été sélectionnés sur 69 propositions. Ils seront testés pour vérifier leur faisabilité.

L’un d’eux envisage d’éclaircir les nuages en y injectant des cristaux de sel marin, ce qui augmente leurs capacités réflectives. Il s’agirait d’utiliser un embout très fin pour injecter des petites gouttelettes d’eau de mer à un rythme de plusieurs milliards par seconde. L’eau se vaporisera et il restera des particules de sel qui flotteront dans l’air. On pourra ainsi augmenter le taux de lumière solaire réfléchie.

Une autre idée serait de répandre un film biodégradable ultra-fin contenant des particules réfléchissantes et qui viendrait recouvrir certains des récifs pour les protéger de la chaleur. Selon les auteurs du projet, l’avantage du film, de l’épaisseur d’une molécule, c’est que l’on peut nager à travers et il se reforme tout seul.

Parmi les autres pistes sélectionnées, on note la production massive de larves de corail grâce à l’impression 3D de surfaces pour soutenir leur croissance, ou le prélèvement et la relocalisation de larves.

Source : France Info, The New York Times.

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Scientists of the Climate Council, a publicly funded Australian research institute, have again sounded the alarm about Australia’s imperiled Great Barrier Reef, saying that by the 2030s it could see devastating mass bleachings as often as every two years unless greenhouse gas emissions are drastically reduced.

The Great Barrier Reef, the largest coral reef system on Earth, was struck in 2016 and 2017 by massive die-offs of coral — caused by extreme ocean temperatures — that erased much of its dazzling colour.  Nearly a third of the reef’s coral were killed, and the damage radically altered its mix of coral species. Until late in the 20th century, large-scale coral bleaching events around the world occurred about every 27 years, on average. Now,   the rate is once every six years. If climate change is not curtailed, that timetable will continue to speed up and the Great Barrier Reef could experience mass coral bleaching every two years by 2034.

The Australian authorities are worried because the reef brings many divers and other visitors to Australia, which relies on it for about 70,000 jobs and billions of dollars annually in tourism revenue.

To address this very worrying situation, the Australian government has pledged to tackle climate change in general, but also to look at shorter-term measures to give some relief to the world’s largest coral reef. In January 2018, Canberra appealed to researchers and released 2 million Australian dollars (1.26 million euros) to fund innovative ideas to save the site.
Six projects were selected out of 69 proposals. They will be tested to verify their feasibility.
One of them plans to thin the clouds by injecting sea salt crystals, which would increases their reflective abilities. It would involve using a very fine tube to inject small droplets of seawater at a rate of several billion per second. The water would vaporize and there would remain particles of salt that would float in the air. It would thus be possible to increase the rate of reflected sunlight.
Another idea would be to spread an ultra-thin biodegradable film containing reflective particles which would cover some of the reefs to protect them from the heat. According to the authors of the project, the advantage of the film, which has the thickness of a molecule, is that you can swim through it and it reforms itself.
Other selected projects include the massive production of coral larvae through 3D printing of surfaces to support their growth, or the harvesting and relocation of larvae.
Source: France Info, The New York Times.

Ces deux images montrant la relation entre la température de l’eau et le blanchissement des coraux le long de la Grande Barrière.

Dans l’image du haut, les tons chauds roses et jaunes indiquent les secteurs où les températures à la surface de la mer sont chaudes. Les eaux les plus chaudes sont peu profondes sur le récif près de la côte. C’est là que le blanchissement des coraux est le plus sévère en été.

L’image du bas montre les concentrations de chlorophylle, là où les concentrations élevées (en jaune) indiquent généralement une forte concentration de phytoplancton dans les eaux de surface de l’océan. Dans cette image, les points de couleur jaune vif représentent en réalité les récifs coralliens, et non le phytoplancton de surface. (Source : USGS)

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Rapport de la NOAA sur le climat pour l’année 2017 // NOAA’s global climate report for 2017

La NOAA vient de publier son rapport annuel sur l’état du climat dans le monde en 2017. Ce rapport de 300 pages a été compilé par plus de 450 scientifiques originaires d’une soixantaine de pays. Vous trouverez la version originale en cliquant sur le lien ci-dessous. Le bilan général n’est pas bon et est particulièrement inquiétant.

https://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/201713

Le rapport confirme la hausse des températures et le classement de 2017 à la 3ème place des années les plus chaudes, derrière 2016 et 2015. A noter qu’El Niño n’était pas présent en 2017 – remplacé par son équivalent froid La Niña – mais son retour est prévu en 2019, ce qui ne va pas arranger les choses.

Le rapport indique que les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record partout dans le monde en 2017, année marquée par des températures anormalement élevées et une fonte des glaces sans précédent dans l’Arctique.

Comme je l’ai indiqué précédemment sur ce blog, le taux de concentration annuel de CO2 à la surface de la Terre a atteint ou dépassé 405 parties par million (ppm), et a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 1960.

Le record de l’année la plus chaude de l’époque moderne a été battu en 2016 mais 2017 n’en est pas loin avec « des températures bien plus élevées que la moyenne » sur une bonne partie de la planète. L’année dernière, des températures record ont été enregistrées en Argentine, en Uruguay, en Espagne et en Bulgarie. Quant au Mexique, il a « battu son record de chaleur pour la quatrième année consécutive ».

En 2017, le niveau de la mer a également affiché un record pour la 6ème année consécutive. Le niveau moyen de la mer est désormais plus élevé de 7,7 centimètres qu’en 1993.

Source : NOAA.

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NOAA has just published its annual report on the state of the world’s climate in 2017. This 300-page report has been compiled by more than 450 scientists from over 60 countries. You will find the original version by clicking on the link below. The overall outcome is not good and is particularly worrying.
https://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/201713

The report confirms the rise in temperatures and the ranking of 2017 to the 3rd place of the hottest years, behind 2016 and 2015. Note that El Niño was not present in 2017 – replaced by its cold equivalent La Niña – but his return is expected in 2019, which is not good news

The report explains that greenhouse gases reached record levels around the world in 2017, a year of unusually high temperatures and unprecedented ice melting in the Arctic.
As I put it earlier on this blog, the annual concentration of CO2 on the Earth’s surface has reached or exceeded 405 parts per million (ppm), and has almost quadrupled since the early 1960s.
The record for the hottest year of modern times was beaten in 2016 but 2017 is not far off with « much higher temperatures than average » on a large part of the planet. Last year, record temperatures were recorded in Argentina, Uruguay, Spain and Bulgaria. As for Mexico, it « broke its heat record for the fourth year in a row ».
In 2017, sea level also reached a record for the sixth year in a row. The average sea level is now 7.7 centimeters higher than in 1993.

Source: NOAA.

Source: NOAA

Sommes-nous devenus fous ? (2) // Are we getting mad ? (2)

Après les Chinois qui veulent faire pleuvoir sur le Plateau tibétain, voici d’autres scientifiques dans les pays en voie de développement qui veulent intensifier leurs recherches sur la réduction du changement climatique au travers de l’ensoleillement. Les recherches en géo-ingénierie solaire – techniques consistant à imiter les grandes éruptions volcaniques qui peuvent refroidir la Terre en masquant le soleil avec un voile de cendre – sont maintenant dominées par les universités de pays riches comme celles d’Harvard et Oxford. Douze chercheurs de pays en voie de développement tels que le Bangladesh, le Brésil, la Chine, l’Ethiopie, l’Inde, la Jamaïque et la Thaïlande ont écrit dans la revue Nature que les pays pauvres étaient les plus vulnérables au réchauffement climatique et devraient être davantage impliqués dans les recherches.
Les études de géo-ingénierie solaire seraient financées par un nouveau fonds de 400 000 dollars créé dans le cadre de l’Open Philanthropy Project, une fondation soutenue par Dustin Moskovitz, co-fondateur de Facebook, et son épouse, Cari Tuna. Le fonds permettrait aux scientifiques des pays en voie de développement d’étudier les impacts régionaux de la géo-ingénierie solaire, par exemple sur les sécheresses, les inondations ou les moussons. Parmi les idées proposées, il y a celle, bien connue, selon laquelle des avions pourraient répandre des particules de soufre réfléchissantes dans l’atmosphère terrestre. Cette technique est controversée et il est trop tôt pour savoir quels en seraient les effets. Dans le brouillon d’un rapport sur le réchauffement climatique qui devrait être publié en octobre2018, un groupe de climatologues de l’ONU se montre sceptique sur la géo-ingénierie solaire et fait remarquer que cette façon de procéder pourrait être «économiquement, socialement et institutionnellement infaisable».
La géo-ingénierie solaire comporte des risques comme la perturbation de régimes météorologiques qu’il pourrait être difficile d’arrêter une fois lancée. De plus, cela, pourrait décourager les pays de faire la transition promise entre les combustibles fossiles et les énergies plus propres.
Jusqu’à présent, il est indéniable que la plupart des pays industrialisés ont manqué à leurs promesses de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le monde devrait connaître un réchauffement de trois degrés Celsius ou plus par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui est très loin de l’objectif de maintenir la hausse des températures «bien en dessous» de 2 degrés Celsius décidé lors de la COP 21de Paris en 2015.
Source: Otago Daily Times.

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After the Chinese who want rain to fall on the Tibetan Plateau, other scientists in developing nations plan to step up research into dimming sunshine to curb climate change. Research into « solar geo-engineering », which would mimic big volcanic eruptions that can cool the Earth by masking the sun with a veil of ash, is now dominated by rich nations and universities such as Harvard and Oxford. However, twelve scholars from countries including Bangladesh, Brazil, China, Ethiopia, India, Jamaica and Thailand have written in the journal Nature that the poor were most vulnerable to global warming and should be more involved.

The solar geo-engineering studies would be helped by a new 400,000-dollar fund from the Open Philanthropy Project, a foundation backed by Dustin Moskovitz, a co-founder of Facebook, and his wife, Cari Tuna. The fund could help scientists in developing nations study regional impacts of solar geo-engineering such as on droughts, floods or monsoons. Among proposed ideas, planes might spray clouds of reflective sulphur particles high in the Earth’s atmosphere. The technique is controversial, and it is too early to know what its effects would be. A UN panel of climate experts, in a leaked draft of a report about global warming due for publication in October, is sceptical about solar geo-engineering, saying it may be « economically, socially and institutionally infeasible. »

Among risks, the draft says it might disrupt weather patterns, could be hard to stop once started, and might discourage countries from making a promised switch from fossil fuels to cleaner energies.

Up to now, it is undeniable that most developed nations have failed in their pledges to cut greenhouse gas emissions, making radical options to limit warming more attractive. The world is set for a warming of three degrees Celsius or more above pre-industrial times, far above a goal of keeping a rise in temperatures « well below » 2 degrees Celsius under the 2015 Paris Agreement.

Source: Otago Daily Times.

Schéma montrant les différentes techniques de géo-ingénierie envisagées pour modifier le climat et lutter contre le réchauffement de la planète.

Vous avez froid? Allez au Pôle Nord! // Feeling cold? Just go to the North Pole!

Si vous avez trop froid ces jours-ci en Europe continentale, il vous suffit d’aller au pôle Nord! Un phénomène de réchauffement dans cette région envoie un courant d’air froid vers l’Europe. En effet, la vague de froid en Europe est causée par un «brusque réchauffement stratosphérique» au-dessus du Pôle Nord, avec pour conséquence une scission et une déviation du vortex polaire.
À la pointe nord du Groenland, le site météorologique du cap Morris Jesup a connu pendant 61 heures d’affilée – un record! – des températures au-dessus de zéro en 2018. Le phénomène est lié à un remarquable recul de la banquise. Les climatologues indiquent que la chaleur qui est arrivée en Arctique provenait à la fois de l’Atlantique et du Détroit de Béring. Dans toute la région arctique, les températures sont restées à une vingtaine de degrés Celsius au-dessus de la normale, avec une moyenne de -8°C. Plus près de nous, sur l’archipel norvégien du Svalbard, les températures se situaient à peine au-dessus de zéro avec de la pluie le 25 février 2018; c’est environ 13,4°C au-dessus de la moyenne.
Selon le National Snow and Ice Data Center, la glace de mer dans l’Océan Arctique a connu le point le plus bas jamais enregistré à la fin du mois de février, avec 14,1 millions de kilomètres carrés. C’est environ un million de km2 de moins que la normale, l’équivalent de la taille de l’Egypte. Les météorologues affirment que les conditions météorologiques en ce moment dans l’Arctique correspondent à une tendance plus générale provoquée par l’accumulation de gaz à effet de serre. Ce qui était autrefois considéré comme une anomalie devient la nouvelle norme. Le climat de la Terre change sous nos yeux, et il est grand temps que nous empêchions cette situation d’empirer encore davantage.
Le risque de voir l’ Arctique sans glace a été estimé à environ 50% ou plus – avec un réchauffement compris entre 1,5 et 2 degrés Celsius – par un groupe de scientifiques des Nations Unies. Comme je l’ai écrit dans les notes précédentes, les conséquences d’un Arctique sans glace sont faciles à imaginer: exploitation des ressources minérales de la région, ouverture à la navigation des passages maritimes du NE et du NO, etc.
Source: Agence Reuters.

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If you are too cold in continental Europe, you just need to go to the North Pole! A warming phenomenon in this region is sending a blast of Arctic cold over Europe. Indeed, the cold snap in Europe is caused by a « Sudden Stratospheric Warming » above the North Pole that led to a split in the polar vortex.
On the northern tip of Greenland, the Cape Morris Jesup meteorological site has had a record-smashing 61 hours of temperatures above freezing so far in 2018, linked to a rare retreat of sea ice in the Arctic winter darkness. Local climate scientists indicate that the warmth was coming into the Arctic both up from the Atlantic and through the Bering Strait. Around the entire Arctic region, temperatures were about 20 degrees Celsius above normal, at -8°C. Closer to us, on the Norwegian archipelago of Svalbard, temperatures were just above freezing, with rain, and about 13.4C above the long-term average on February 25th 2018.
Arctic Ocean sea ice is at a record low for late February at 14.1 million square kilometres, according to the U.S. National Snow and Ice Data Center. That is about a million less than normal, or roughly the size of Egypt. Meteorologists say that the current weather in the Arctic fits a wider pattern driven by a build-up of human-related greenhouse gases. What was once considered as anomalies is becoming the new normal. The Earth’s climate is changing right in front of our eyes, and it is high time we stopped this from getting significantly worse.
A major consequence is the risk of an ice-free Arctic in summer which has been estimated about 50 percent or higher, with warming of between 1.5 and 2.0 degrees Celsius, by a United Nations panel of scientists. As I put it in previous posts, the consequences of an ice-free arctic are easy to imagine: exploitation of mineral resources in the region, opening odf the NE and NW shipping passages, etc.
Source: Reuters press agency.

Analyse de la différence de température par rapport à la normale (en degrés Celsius) le 25 février 2018 sur l’Arctique. La température était au-dessus de zéro au pôle Nord. (Source: Université du Maine)

Analysis of temperature difference from normal (in Celsius) on February 25th, 2018 over the Arctic. The temperature was above freezing at the North Pole. (Source: University of Maine)

Oléoduc Keystone XL : Trump tient sa promesse // Keystone XL pipeline : Trump keeps his promise

Confirmant la promesse de Donald Trump pendant la campagne électorale, la Maison Blanche vient de donner le feu vert à la construction du très controversé oléoduc Keystone XL. TransCanada, la société basée à Calgary, qui tentait d’obtenir l’autorisation depuis des années, a annoncé le 24 mars que le Département d’État avait signé et délivré le permis de construire.
La décision intervient deux mois après la signature par Trump, quelques jours après son investiture, d’un décret visant à relancer les oléoducs Keystone XL et Dakota Access. Ces deux projets avaient provoqué de vives protestations et avaient été bloqués par l’administration Obama. Le Département d’Etat a déclaré qu’après examen de la demande de TransCanada au vu du récent décret signé par Donald Trump, la délivrance du permis de construction «servirait l’intérêt national». Les services du Département d’Etat «ont examiné une série de facteurs, y compris, mais sans s’y limiter, la politique étrangère, la sécurité énergétique, l’impact environnemental, culturel et économique et le respect des lois et des politiques applicables».
En stoppant la construction du Keystone XL à la fin de l’année 2015, Obama avait affirmé que l’oléoduc contribuerait à accélérer le changement climatique car il transporterait du pétrole brut extrait des sables bitumineux au cours d’un processus industriel qui contribue à l’émission intense de gaz à effet de serre.

La compagnie TransCanada s’était montrée intéressée pour relancer la construction de l’oléoduc Keystone XL qui est capable d’acheminer jusqu’à 830 000 barils de pétrole brut par jour. La société a également déposé le mois dernier une demande d’approbation auprès de la Commission des Services Publics du Nebraska. Une telle approbation est nécessaire dans les cas où les propriétaires terriens concernés se montrent hostiles à la construction d’un tel ouvrage. TransCanada affirme disposer des accords nécessaires pour  90 pour cent du tracé de l’oléoduc dans chacun des trois états traversés. Le pipeline traverse également le Montana et le Dakota du Sud. Dans le Nebraska, il sera connecté à d’autres oléoducs pour acheminer le pétrole vers des raffineries sur la côte texane du Golfe du Mexique.
Il y a cinq ans, le projet Keystone XL a dû faire face à une vive opposition de la part des propriétaires fonciers et des écologistes du Nebraska. Beaucoup s’inquiétaient des dégâts que sa construction causerait à l’aquifère de l’Ogallala et à la fragile région de Sand Hills. Suite aux manifestations, le trajet emprunté par l’oléoduc a été déplacé plus à l’est, mais même avec le nouveau tracé, il est certain de devoir faire face à une nouvelle résistance.
Source: The Washington Post.

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Following Donald Trump’s promise during the electoral campaign, the White House has granted a permit for construction of the controversial Keystone XL pipeline. TransCanada, the Calgary-based firm that has been trying to win approval for the pipeline for years, announced Friday morning that the State Department has signed and issued a construction permit for the project.

The move comes two months after Trump, only days into his presidency, signed an executive order aimed at reviving the Keystone XL and Dakota Access pipelines. Both had drawn massive protests and had been stalled by the Obama administration. The State Department said that in reviewing TransCanada’s application in light of Trump’s recent executive order, officials determined that issuing a permit « would serve the national interest. » They « considered a range of factors, including but not limited to foreign policy; energy security; environmental, cultural and economic impact; and compliance with applicable law and policy. »

In halting the Keystone construction in late 2015, Obama argued that the project would contribute to climate change because it would carry tar sands crude oil, which is especially greenhouse-gas intensive because of the energy required to extract the thick crude. That announcement followed a similar finding by the State Department, which oversees applications for cross-border pipelines.

TransCanada had said it would be interested in reviving the pipeline, which would carry up to 830,000 barrels of crude oil a day. The company last month also filed for approval from Nebraska’s Public Service Commission, which is necessary for construction and in cases where the company resorts to using eminent domain because landowners refuse to let construction take place. TransCanada has said that it has agreements covering 90 percent of the route in each of the three states the pipeline will cross. The pipeline also traverses Montana and South Dakota. In Nebraska, it would connect with other pipelines linked to oil refineries along the Texas Gulf Coast.

Five years ago, the Keystone XL project faced stiff opposition from Nebraska landowners and environmentalists, many of them worried about potential damage to the state’s massive Ogallala water aquifer and fragile Sand Hills region. In response, the company moved the pipeline’s path farther east. But even that route is sure to face resistance.

Source : The Washington Post.

L’oléoduc Keystone existe déjà. Il est long de 3 461 kilomètres et transporte essentiellement des hydrocarbures synthétiques et du bitume dilué issus de sables bitumineux de l’Alberta au Canada. En projet depuis 2005, les deux tronçons (en marron et orange sur la carte ci-dessus) sont opérationnels depuis 2011 et ils desservent plusieurs destinations aux Etats-Unis. Deux autres tronçons, formant un tout nommé Keystone XL, ont été proposés en 2008. Le premier (phase III, bleu et violet sur la carte), correspondant au segment sud et qui rejoint le Golfe du Mexique où sont situées de nombreuses raffineries. Le second tronçon (phase IV, en vert sur la carte), correspondant au segment nord : il consiste en un tracé moins long (1 897 km) que celui de l’actuel oléduc ; il vise à accroître les capacités de transport de ce dernier et à acheminer le pétrole brut américain extrait de la formation de Bakken dans le Montana et le Dakota du Nord.

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The Keystone pipeline already exists. It is 3,461 kilometers long and essentially carries synthetic hydrocarbons and dilute bitumen from oil sands from Alberta to Canada. Projected since 2005, the two sections (brown and orange on the map above) have been operational since 2011 and they serve several destinations in the United States.
Two other sections, forming a whole called Keystone XL, were proposed in 2008. The first one (Phase III, blue and purple on the map), corresponding to the southern segment and joining the Gulf of Mexico where many refineries are located. The second section (phase IV, green on the map), corresponding to the northern segment: it consists of a shorter course (1,897 km) than that of the current oleduc; It aims to increase its transport capacity and to transport US crude oil extracted from the Bakken Formation in Montana and North Dakota.

 

Glace de mer : La Nature contre l’Homme ! // Sea ice : Nature vs. Man !

Avec Donald Trump à la Maison Blanche, l’approche du changement climatique et du réchauffement global de la planète va probablement changer, avec une tendance à réduire l’importance des activités humaines dans le phénomène. Un article récemment publié dans le quotidien Alaska Dispatch News confirme cette nouvelle approche.
Jusqu’à ces derniers mois, les gaz à effet de serre produits par les activités humaines étaient considérés comme la cause principale du déclin rapide de la glace de mer dans l’Arctique. Dans l’article du journal alaskien, on peut lire que «les fluctuations naturelles du climat arctique ont causé jusqu’à la moitié de la disparition de la glace de mer autour du pôle Nord au cours des dernières décennies, le reste étant provoqué par le réchauffement planétaire causé par l’homme». Ce point de vue est celui qu’une équipe de scientifiques basée aux États-Unis a publié dans la revue Nature Climate Change.
L’étude indique que la disparition totale de la glace dans l’Océan Arctiqu, tant redoutée pour les prochaines années et considérée comme l’un des signes les plus évidents du réchauffement climatique causé par l’homme, pourrait être retardée si la Nature évolue vers une période plus froide. Les scientifiques ajoutent que les variations naturelles du climat arctique «peuvent être tenues pour responsables d’environ 30 à 50 pour cent de la réduction globale de la glace de mer au mois de septembre depuis 1979».
La surface occupée par la glace de mer s’est réduite régulièrement et a atteint un niveau record en septembre 2012 (la fin de l’été dans l’Arctique) dans les relevés satellitaires qui ont débuté en 1979. La glace est à son niveau le plus bas à la mi-mars 2017 et elle rivalise avec les bas niveaux hivernaux de 2016 et 2015.
L’étude, qui fait le distinguo entre la responsabilité de l’Homme et les influences naturelles dans la circulation atmosphérique de l’Arctique, indique que le réchauffement naturel du climat arctique pendant des décennies a probablement été lié à des fluctuations qui trouvent leur source jusque dans l’Océan Pacifique tropical. Selon l’auteur principal de l’étude – un chercheur de l’Université de Californie – « si ce phénomène naturel s’arrêtait ou s’inversait dans un proche avenir, nous assisterions à un ralentissement de la tendance à la fonte rapide de la glace, voire à son retour. »
Cependant, tous les chercheurs ne sont pas d’accord avec cette approche bipolaire de la fonte de l’Arctique. Un scientifique de l’Université de Reading a déclaré qu’à long terme, l’accumulation de gaz à effet de serre par l’homme deviendra un facteur de plus en plus important. «En ce qui concerne l’avenir, la question est avant tout de savoir quand, plutôt que si, l’Arctique sera dépourvu de glace en été. »
La fonte de l’Arctique perturbe les moyens de subsistance des peuples indigènes et affecte la faune, que ce soient les ours polaires ou les phoques, tout en ouvrant la région à la surexploitation du pétrole et du gaz, ainsi qu’au transport maritime. Un professeur de l’université de Leeds, qui n’a pas participé à l’étude, a montré de sérieuse réserves sur les responsabilités partagées entre les causes naturelles et artificielles. «Personne n’a fait une telle répartition des responsabilités auparavant.»
En 2013, un groupe de climatologues des Nations Unies avait juste laissé entendre que les activités humaines avaient «très probablement contribué» à la fonte de la glace arctique, sans donner de chiffres. Ces scientifiques avaient déclaré que la glace pourrait disparaître vers le milieu du siècle si les émissions [de gaz à effet de serre] continuaient à augmenter…
Source: Alaska Dispatch News.

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With Donald Trump at the White House, the approach to climate change and global warming is likely to change, with the tendency to reduce the importance of human activities in the phenomenon. An article recently published in the Alaskan daily Alaska Dispatch News confirms this new approach.

Until the past months, greenhouse gases produced by human activities were seen as the main culprit of the rapid decline of sea ice in the Arctic. This time, we can read that “natural swings in the Arctic climate have caused up to half the precipitous losses of sea ice around the North Pole in recent decades, with the rest driven by man-made global warming”. This point of view was written by a U.S.-based team of scientists in the journal Nature Climate Change.

The study indicates that an ice-free Arctic Ocean, often feared to be just years away, in one of the starkest signs of man-made global warming, could be delayed if nature swings back to a cooler mode. The scientists add that natural variations in the Arctic climate “may be responsible for about 30-50 percent of the overall decline in September sea ice since 1979.”  .

Sea ice has shrunk steadily and hit a record low in September 2012 (late summer in the Arctic) in satellite records dating back to 1979. The ice is currently around the smallest for mid-March, rivaling winter lows set in 2016 and 2015.

The study, separating man-made from natural influences in the Arctic atmospheric circulation, said that a decades-long natural warming of the Arctic climate might be tied to shifts as far away as the tropical Pacific Ocean. According to the lead author of the study, a researcher of the University of California, “if this natural mode would stop or reverse in the near future, we would see a slow-down of the recent fast melting trend, or even a recovery of sea ice.”

However, not all researchers agree with this dual approach to the melting of the Arctic. A scientist of the University of Reading said that in the long term the build-up of man-made greenhouse gases will become an ever more overwhelming factor. “Looking ahead, it is still a matter of when, rather than if, the Arctic will become ice-free in summer.”

The melt of the Arctic is disrupting the livelihoods of indigenous peoples and damaging wildlife such as polar bears and seals while opening the region to more oil and gas and shipping. A professor of Leeds University, who did not participate in the study, welcomed it as pinning down the relative shares of natural and man-made influences. “Nobody’s done this attribution before, » he said.

In 2013, a U.N. panel of climate scientists merely said human influences had « very likely contributed » to the loss of Arctic ice, without estimating how much. It said that the ice could disappear by mid-century if emissions keep rising.

Source : Alaska Dispatch News.

 

Photos: C. Grandpey

Acidification de l’Océan Arctique // Acidification of the Arctic Ocean

drapeau-francaisL’Arctique est l’une des principales victimes du changement climatique. Il se réchauffe plus rapidement que n’importe quelle autre partie de la planète; Les glaciers reculent et la glace de mer fond à grande vitesse. La faune, y compris les ours polaires et les morses, est profondément affectée par le réchauffement climatique. Venant s’ajouter à ces maux, une étude publiée dans la revue Nature Climate Change indique que l’Arctique est également de plus en plus acide, une autre conséquence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. C’est un processus qui se produit lorsque le dioxyde de carbone (CO2) de l’air se dissout dans l’eau de mer, ce qui provoque une baisse du pH de cette dernière. L’étude révèle qu’une surface de plus en plus vaste de l’Océan Arctique a probablement atteint un niveau dangereux pour certains organismes marins.
L’étude se concentre sur les concentrations d’aragonite, une forme de carbonate de calcium que le plancton, les coquillages et les coraux vivant à grande profondeur utilisent pour façonner leurs coquilles externes. Si l’eau devient trop acide, les réactions chimiques empêchent la formation de carbonate de calcium, ce qui représente une véritable menace pour ces animaux. Le niveau d’aragonite est un bon indicateur de la quantité de CO2 dissout dans l’eau de mer. Des expéditions récentes ont montré que certaines régions de l’Océan Arctique de l’Ouest sont largement sous-saturées en aragonite. L’étendue de ces zones a été multipliée par six depuis les années 1990; de plus, elles se sont déplacées vers le nord et ont gagné en profondeur au cours des dernières années. Les scientifiques ont détecté une sous-saturation jusqu’à 250 mètres de profondeur dans des secteurs au-dessus de 85 degrés de latitude nord. Dans ces régions, le niveau d’aragonite se situe en dessous du point que les scientifiques considèrent comme une menace pour les organismes marins.
D’autres facteurs contribuent à l’acidification de l’eau dans l’Arctique. Le CO2 se dissout plus facilement dans l’eau froide. Au fur et à mesure que l’Arctique continue à se réchauffer, la fonte de la glace de mer et des glaciers de la calotte du Groenland constitue un apport d’eau froide pour l’océan et en facilite l’acidification. En outre, moins il y a de glace de mer à la surface de l’océan, plus l’eau se trouve exposée au CO2 de l’atmosphère.
Des recherches récentes ont montré que les eaux de l’Océan Pacifique s’introduisent de plus en plus dans celles de l’Arctique. L’eau du Pacifique semble avoir des propriétés chimiques qui contribuent à l’augmentation de l’acidification. A noter que ces dernières années, on a assisté à augmentation d’arrivée d’eau en provenance du Pacifique par le détroit de Béring.
Les chercheurs soulignent également les changements récents intervenus dans le Gyre de Beaufort, un tourbillon d’eau océanique au nord du Groenland, qui a récemment changé de comportement et transporte maintenant l’eau du Pacifique vers des zones plus vastes et plus profondes.
Des simulations effectuées par des scientifiques indiquent que la surface occupée par la glace de mer continuera de diminuer et que l’Océan Arctique sera probablement dépourvu de glace vers l’été 2030. Si cela se produit, l’ensemble de la surface de l’Océan Arctique sera sous-saturée en aragonite jusqu’à environ 250 mètres de profondeur d’ici quelques décennies.
L’étude met en lumière l’interconnexion qui existe entre les conséquences climatiques dans l’Arctique : les émissions de gaz à effet de serre, la hausse des températures, la fonte des glaces et l’acidification des océans sont toutes liées et se renforcent mutuellement.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisThe Arctic is one of the main victims of climate change. It is warming more rapidly than any other part of the planet; the glaciers are melting and the sea ice is retreating. The wildlife, including polar bears and walruses, is deeply impacted by global warming. Adding to these sufferings, a study published in the journal Nature Climate Change indicates that the Arctic is also becoming more acidic, another consequence of greenhouse gases in the atmosphere. It is a process that occurs when carbon dioxide (CO2) dissolves out of the air and into the sea, lowering the water’s pH in the process. The study reveals that an increasing area of the Arctic Ocean may have reached a level that is dangerous for some marine organisms.

The study focuses on the water concentrations of aragonite, a form of calcium carbonate, that plankton, shellfish and deep-sea corals use to build their hard outer shells. If water becomes too acidic, chemical reactions impede the formation of calcium carbonate, which can be a real threat for these animals. Aragonite levels are a good indicator of how much CO2 is dissolving in sea water. Recent expeditions have shown that some areas of the western Arctic Ocean are largely undersaturated with aragonite. These areas have expanded sixfold since the 1990s; besides, they have crept farther north and extended deeper into the ocean over the past years. Scientists found undersaturation as deep as 250 metres and in locations above 85 degrees North latitude. In these areas, aragonite levels are below the point scientists believe is a threat to marine organisms.

Other factors contribute to the acidification of the water in the Arctic. CO2 dissolves more easily in cold water. As the Arctic continues to warm, melt water from the sea ice and the glaciers on the Greenland ice sheet provides an influx of cold water to the ocean, which makes acidification easier. Besides, the less sea ice there is on the surface of the ocean, the more water is exposed to the CO2 in the atmosphere.

Recent research has shown that more and more Pacific Ocean water is intruding into the Arctic. This water has chemical properties that may contribute to the increase in acidification. In recent years, there has been an increase in the influx of Pacific water coming through the Bering Strait.

The researchers also point to recent changes in the Beaufort Gyre, a swirling current to the north of Greenland, which recently changed its behaviour and now carries Pacific water to larger and deeper areas of the sea.

Simulations performed by scientists indicate that sea ice will continue to decrease and that the Arctic Ocean may be ice-free in the summer by 2030. If this occurs, the entire surface of the Arctic Ocean will be undersaturated in aragonite up to about 250 metres deep within a few decades.

The study highlights the interconnected nature of climate consequences in the Arctic – the way that greenhouse gas emissions, rising temperatures, ice melt and ocean acidification are all linked and help to reinforce one another.

Source: Alaska Dispatch News.

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Vers une disparition à court terme de la glace de mer estivale?

(Photo: C. Grandpey)