Volcans et risques volcaniques // Volcanoes and volcanic risks

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Bristol et publiée récemment dans le Journal of Applied Volcanology, permet de mieux comprendre les risques volcaniques et la menace des volcans pour ceux qui les fréquentent. L’étude est intitulée: “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.” – «Base de données sur les accidents mortels sur les volcans: analyse de la menace volcanique en fonction de la distance et classification des victimes».
Un dixième de la population mondiale vit dans des zones potentiellement exposées aux risques volcaniques et plus de 800 millions de personnes vivent à moins de 100 km de volcans actifs.
Entre 1500 et 2017, plus de 278 000 personnes sont mortes sur ou autour des volcans, ce qui correspond à une moyenne d’environ 540 personnes par an.
Les volcans sont source de danger en fonction de la distance, que ce soit en période d’éruption ou lorsque le volcan est calme. Les chercheurs de Bristol ont mis à jour d’anciennes bases de données concernant les décès causés par les volcans. Pour ce faire, ils ont ajouté des événements et inclus des informations sur le lieu des décès en fonction de la distance par rapport au volcan. Le lieu des accidents mortels a été déterminé à partir de rapports officiels, bulletins d’activité volcanique, rapports scientifiques et de récits dans les médias.

On aboutit aux statistiques suivantes :
– Près de la moitié de tous les accidents mortels ont été enregistrés dans un rayon de10 km des volcans, mais il faut aussi noter que certaines victimes se trouvaient jusqu’à 170 km de distance.
– À proximité des volcans (à moins de 5 km), les projections de matériaux comme les bombes volcaniques sont les principales causes de mortalité.
– Les coulées pyroclastiques sont la cause principale de décès à des distances moyennes, de l’ordre de 5 à 15 km.
– Les coulées de boue (lahars), les tsunamis et les retombées de cendre sont les principales causes de décès à de plus grandes distances.
En plus des distances, les chercheurs ont également fourni un classement plus détaillé des victimes que les études précédentes. Alors que la plupart d’entre elles sont des personnes qui vivent sur ou à proximité d’un volcan, plusieurs groupes ont été identifiés comme n’appartenant pas à des régions volcaniques. Il s’agit de touristes, de médias, de personnel d’intervention d’urgence et de scientifiques (principalement des volcanologues).
– 561 accidents mortels ont été enregistrés, principalement lors de petites éruptions ou en période de repos lorsque le volcan n’était pas vraiment en éruption. La plupart de ces décès ont eu lieu près du volcan (à moins de 5 km) ; dans ce cas, les projections de matériaux sont la cause la plus fréquente des décès.
Un exemple récent de décès parmi des touristes a été l’éruption de l’Ontake en 2014 au Japon, lorsque des randonneurs ont été surpris par une éruption soudaine qui a tué 57 d’entre eux.
Il y a quelques semaines, un enfant et ses parents sont morts dans les Champs Phlégréens en Italie, probablement asphyxiés par des gaz mortels lorsque le sol s’est effondré sous leur poids dans une zone interdite d’accès.
– 67 scientifiques (principalement des volcanologues et des personnes qui leur viennent en aide) sont morts, avec plus de 70% d’entre eux à moins de 1 km du sommet du volcan. Cette statistique met en évidence le danger auquel sont confrontés les scientifiques de terrain qui visitent le sommet des volcans actifs.
– Les personnels de prévention et d’intervention en cas de catastrophe, les services militaires et d’urgence venus évacuer, sauver ou retrouver les victimes d’éruptions volcaniques ont malheureusement également perdu la vie, avec 57 décès recensés.
– On enregistre également les décès de 30 journalistes. Ils relataient des éruptions et se trouvaient souvent dans les zones de danger.
Les chercheurs font remarquer que, alors que les volcanologues et le personnel d’intervention d’urgence ont des raisons valables de se trouver dans des zones dangereuses, les risques concernant les autres catégories doivent être soigneusement évalués. Les médias et les touristes auraient intérêt à respecter les zones d’exclusion et suivre les directives des autorités et des observatoires volcanologiques. Les accidents mortels pourraient également être réduits avec des restrictions d’accès appropriées, des mises en garde et une meilleure éducation.
Source: Université de Bristol.

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A new study by University of Bristol researchers, published recently in the Journal of Applied Volcanology, will help increase our understanding of volcanic hazards and the subsequent threat to life. The study is entitled “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.”

A tenth of the world’s population lives within areas of potential volcanic hazards, and more than 800 million people are living within 100 km of active volcanoes.

Between 1500 and 2017 more than 278,000 people died as a result of volcanic hazards, which corresponds to an average of about 540 people per year.

Volcanoes produce numerous hazards which affect different distances, in both times of eruption and when the volcano is quiet. The Bristol researchers updated previous databases of volcanic fatalities by correcting data, adding events and including information on the location of the fatalities in terms of distance from the volcano. The location of fatal incidents was identified from official reports, volcano activity bulletins, scientific reports and media stories.

– Nearly half of all fatal incidents were recorded within 10 km of volcanoes but fatalities are recorded as far away as 170 km.

– Close to volcanoes (within 5 km) ballistics or volcanic bombs dominate the fatality record.

– Pyroclastic flows are the dominant cause of death at more medial distances (5-15 km).

– Volcanic mudflows (lahars), tsunami and ashfall are the main cause of death at greater distances.

As well as the distances, the researchers were also able to classify the victims in more detail than any previous studies. While most victims were people who live on or near the volcano, several groups were identified as common victims. These were tourists, media, emergency response personnel and scientists (mostly volcanologists).

– 561 tourist fatalities were recorded, mostly during small eruptions or in times of quiescence when the volcano was not actively erupting. Most of these fatalities occurred close to the volcano (within 5 km), with ballistics being the most common cause of death in eruptions.

A recent example of tourist fatalities was the 2014 Ontake eruption in Japan when hikers on the volcano were caught out by a sudden eruption which tragically killed 57 people.

And, just a few weeks ago, a child and his parents died in Campi Flegri in Italy, likely overcome by deadly gases when the ground collapsed beneath them in a restricted area.

– The fatalities of 67 scientists (mostly volcanologists and those supporting their work) were recorded with more than 70 per cent of these within 1 km of the volcano summit, highlighting the danger to field scientists visiting the summit of active volcanoes.

– Disaster prevention and response personnel, military and emergency services working to evacuate, rescue or recover victims of volcanic eruptions have unfortunately also lost their lives, with 57 fatalities of emergency response personnel.

– The deaths of 30 media employees are also recorded; they were reporting on eruptions and were often within the declared danger zones.

The researchers indicate that while volcanologists and emergency response personnel might have valid reasons for their approach into hazardous zones, the benefits and risks must be carefully weighed. The media and tourists should observe exclusion zones and follow direction from the authorities and volcano observatories. Tourist fatalities could be reduced with appropriate access restrictions, warnings and education.

Source : University of Bristol.

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« Volcans et risques volcaniques » est le titre de l’une de mes conférences. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.

Comme indiqué dans la colonne de gauche de ce blog, mon exposé se poursuit avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer les deux grands types de volcans. La Java des Volcans conduit le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que Hawaii le Feu de la Terre fait côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

Si votre commune ou votre comité d’entreprise est intéressé, merci de me contacter par courrier électronique (grandpeyc@club-internet.fr) pour définir les modalités de mon intervention.

Vue du Mont Ontake (Japon) dont l’éruption soudaine en 2014 a tué 57 randonneurs (Crédit photo: JMA)

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White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

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A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

Séisme à Ischia (Italie) // An earthquake struck Ischia (Italy)

Le 21 août 2017 en fin de soirée, un séisme de magnitude 4 dont l’hypocentre a été localisé à 10 km de profondeur a causé la mort d’au moins 2 personnes et blessé 25 autres, avec de gros dégâts matériels sur l’île d’Ischia. Une femme a été tuée par des débris tombés d’une église à Casamicciola, dans le nord de cette petite île touristique. Le corps sans vie d’une autre a été repéré dans les décombres d’une maison écroulée.
Les secours ont également enregistré vingt-cinq blessés, légers pour la plupart. De nombreux édifices ont été endommagés, comme l’unique hôpital de l’île, qui a dû être en partie évacué. Une structure provisoire était en place pour accueillir les blessés. Des effectifs supplémentaires de pompiers étaient déjà sur place pour lutter contre des feux de forêt.

Le nombre de victimes et les dégâts importants sont dus à deux facteurs: 1) la très faible profondeur du séisme (10 km) qui n’est pas suffisamment prise en compte dans les commentaires. Un séisme de M 4 à 10 km de profondeur n’aura pas les mêmes conséquences qu’un événement de magnitude identique à une profondeur de 120 km. 2) Les habitations sur l’île d’Ischia sont pour la plupart très vieilles et ne répondent donc absolument pas à des normes parasismiques. Quand elles se font secouer, les effondrements sont nombreux et les personnes à l’intérieur se font tuer ou blesser.

Ischia est une île volcanique formée par les laves de l’Époméo, qui culmine à 780 mètres d’altitude, et dont les éruptions se sont prolongées jusqu’au 14ème siècle. La mythologie prétend que le géant Typhée y est enfermé. Le volcan est considéré comme actif; il n’est pas impossible que des mouvements de l’édifice soient responsables du séisme du 21 août.

L’île d’Ischia a souvent été frappée par des séismes, dont le plus grave remonte à juillet 1883. De magnitude 5,8, il fit plus de deux mille morts.

Ce séisme survient à l’heure où l’Italie se prépare à célébrer le premier anniversaire de celui qui fit 299 morts à Amatrice et dans les communes voisines dans le centre du pays.

Source : Presse italienne.

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On August 21st  2017 late in the evening, an earthquake with an M 4 magnitude 4 caused the deaths of at least 2 persons and injured 25 others, with major material damage on the island of Ischia. A woman was killed by fallen debris from a church in Casamicciola, in the north of this small tourist island. The dead body of another person was spotted in the ruins of a collapsed house.
Rescuers also recorded 25 persons with light injuries for most of them. Many buildings were damaged, such as the island’s only hospital, which had to be partly evacuated. A temporary structure was st up to accommodate the wounded. Additional firefighters were already on site to fight forest fires.

The number of casualties and significant damage is due to two factors: 1) the very shallow depth of the earthquake (10 km), which is not sufficiently taken into account in the comments. An M 4.0 earthquake at a depth of 10 km will not have the same consequences as an event of the same magnitude at a depth of 120 km. 2) The dwellings on the island of Ischia are for the most part very old and therefore do not at all meet earthquake standards. When they are shaken, the collapses are numerous and people inside are killed or injured.
Ischia is a volcanic island formed by the lavas of Epomeo volcano, which culminates 780 metres above sea level, and whose eruptions continued until the 14th century. Mythology claims that the giant Typhaeus is locked in it. The volcano is considered as active. Movements of the volcanic edifice may have triggered yesterday’s earthquake.
The island of Ischia was often struck by earthquakes, the most serious of which dates back to July 1883. With an M 5.8 magnitude, it killed more than two thousand people.
The latest earthquake comes at a time when Italy is preparing to celebrate the first anniversary of 299 deaths in Amatrice and neighboring communities in the centre of the country.
Source: Italian newspapers.

Source: Google Maps

Moins de glace de mer = Ours polaires de plus en plus dangereux // Less sea ice means more dangerous polar bears

Avec la diminution de la glace de mer dans l’Arctique, les attaques d’ours blancs sont en augmentation. Les conditions de vie de plus en plus difficiles sur la banquise obligent les plantigrades à se débrouiller sur terre pour trouver de quoi vivre, voire survivre.

Une étude publiée dans le Wildlife Society Bulletin et qui prend en compte toutes les attaques d’ours polaires recensées dans l’Arctique depuis 1870 montre une forte recrudescence au cours des dernières années. 20% des 73 attaques d’ours polaires sur des personnes ont eu lieu entre 2010 et 2014. Dans de nombreux cas, les ours ont tué pour manger, pas pour se défendre.
Le réchauffement climatique signifie moins de glace de mer, là même où les ours polaires ont pour habitude de chasser les phoques, leur source principale de nourriture. Il s’ensuit un plus grand nombre d’ours sur la terre ferme où leur nourriture traditionnelle se fait plus rare. Les attaques se font de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que de nouveaux ours arrivent sur les rivages de l’Océan Arctique et  que de plus en plus de gens viennent dans l’Arctique a des fins touristiques ou pour y trouver du travail.

Comme indiqué précédemment, on a recensé 73 attaques de 1870 à 2014 ; les ours ont tué 20 personnes et en ont blessé 63. L’étude prend en compte les attaques entre 1960 et 2014. De 1960 à 2009, 47 attaques ont été commises contre des personnes, soit une moyenne de 9,4 par décennie. Il faut noter que dans les cinq années qui ont suivi, de 2010 à 2014, il y a eu 15 attaques, soit une augmentation spectaculaire. De plus amples informations seront nécessaires pour voir si les attaques marquent une tendance qui se poursuivra au cours de la décennie actuelle.
Les dernières années ont été particulièrement inquiétantes pour la glace de mer. Son étendue pendant l’été est particulièrement faible depuis 2007. Le minimum a été atteint en 2012. À l’heure actuelle, selon le National Snow and Ice Data Centre basé à Boulder (Colorado), l’étendue de glace se situe légèrement au-dessus du niveau de 2012, mais est à peu près équivalente au niveau de la mi-juillet l’an dernier. En outre, la majeure partie de la glace de mer dans l’Arctique est beaucoup plus mince qu’au cours des dernières années. D’autres statistiques indiquent que le réchauffement du climat est un facteur déterminant dans l’augmentation des attaques d’ours blancs sur les personnes.
Au vu des informations communiquées au sujet des attaques d’ours, il s’avère que 61% des animaux étaient maigres et en mauvaise santé. Parmi les ours prédateurs, qui représentaient 59% de toutes les attaques, 65 avaient des conditions corporelles inférieures à la normale.
Les habitants de l’Arctique sont conscients des nouveaux dangers. Beaucoup d’entre eux ne campent plus dans la toundra comme dans les années passées. Au lieu de cela, ils séjournent dans des abris de pêche solides ou des chalets plus résistants que les tentes.
93% des attaques mortelles ont été commises par des mâles. 64% ont été commises par des adultes, mais des ours polaires âgés d’un an seulement ont tué des personnes, ce qui est très différent des ours noirs et bruns plus au sud. Alors que les femelles avec des oursons représentent un petit nombre d’attaques, il n’y a aucune trace d’attaque mortelle par une ourse accompagnée de son petit. Toutes les attaques mortelles signalées étaient l’œuvre d’ours solitaires. Plus de la moitié des attaques d’ours polaires ont été commises sur des personnes qui se trouvaient dans des camps éloignés ou qui traversaient le territoire. 27% se sont produites dans des communautés arctiques. Ce dernier chiffre est très élevé par rapport aux attaques d’ours noirs et bruns qui sont beaucoup plus fréquentes que les attaques d’ours polaires en zone habitée.
Le but de l’étude est de permettre d’élaborer des stratégies et des programmes pour assurer la sécurité des habitants et des visiteurs de l’Arctique à un moment où de plus en plus d’ours polaires viennent sur terre et où ceux qui sont déjà sur terre y restent plus longtemps.
Source: Alaska Dispatch News.

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As Arctic sea ice has dwindled, polar bear attacks on people have increased, confirming trends that point to distressed conditions for bears forced to fend for themselves on land as the ice of their ocean habitat melts.

A study published in the Wildlife Society Bulletin taking into account all confirmed wild polar bear attacks around the Arctic since 1870 shows a steep upturn in attacks in recent years. Twenty percent of the 73 known polar bear attacks on people occurred in just five years, from 2010 to 2014, according to the analysis, and in many cases, the bears killed to eat, not to defend themselves.

Warmer conditions mean less ice at sea, where polar bears historically have hunted seals, their main food source. That sends more bears ashore, where traditional food supplies are sparser. There, they are encountering more people who are traveling over the landscape or camping on it, working at research or industrial sites and living in communities around the Arctic. Trouble has been expected as more bears come to land and more people come to the Arctic, including those hoping to extract resources and others traveling as tourists.

In all, there are confirmed records of 73 attacks from 1870 to 2014, and they killed 20 people and injured another 63. Most of the study’s analysis focuses on confirmed attacks from 1960 to 2014, the last year of data included. From 1960 to 2009, there were 47 attacks on people, an average of 9.4 per decade. But in the five years after that, from 2010 to 2014, there were 15 attacks, a dramatic increase. More information will be needed to see whether the attacks mark a dangerous trend that will continue through the rest of the decade.

The recent years have been notably bad for sea ice. Summer Arctic ice extent has been particularly low since 2007. The record-low minimum was hit in 2012. Right now, ice extent is running slightly above 2012 levels, but is about equal to mid-July levels last year and in other years of extremely low ice, according to the National Snow and Ice Data Center in Boulder, Colorado. Besides, most of the sea ice that currently exists in the Arctic is much thinner than it has been in past years. Other statistics in the study point to climate transformation as the factor behind increased polar bear attacks on people.

In cases where information was known about attacking bears’ body conditions, 61 percent of those that attacked people were found to be in bad shape, either skinny or merely underweight. Among predatory bears, which accounted for 59 percent of all attacks, 65 had poorer-than-normal body conditions.

Locals in the Arctic have taken notice of the new dangers. Many of them no longer camp out on the exposed tundra as they did in years past. Instead, they stick to established fish camps and cabins that are better fortified than tents.

Of all the fatal attacks, 93 percent were committed by males. Sixty-four percent were committed by adults, but even yearling polar bears have killed people, something very different from the pattern with black and brown bears farther south. While females with cubs account for a small number of reported attacks on people, there is no record of any fatal attack by a mother bear with her young. All reported fatal attacks were by solitary bears. More than half of the polar bear attacks were on people in remote camps or travelling across the land, while 27 percent of them happened in Arctic communities. That latter ratio is very high compared to attacks by black and brown bears, which are much more frequent than attacks by polar bears.

The study is intended to help craft strategies and programs to keep Arctic residents and visitors safe at a time when more polar bears are coming to land and those on land are staying longer.

Source: Alaska Dispatch News.

Source: National Snow and Ice Data Center

Ours polaire dans le Manitoba  (Photo: C. Grandpey)

 

Italie : Nouvelles répliques // Italy : More aftershocks // Italia : Nuove scosse

drapeau-francaisAlors que les secours sont engagés dans une course contre la montre pour essayer de trouver des survivants, les répliques du séisme de M 6 .0 qui a secoué le centre de l’Italie pendant la nuit de mardi à mercredi se multiplient. L’INGV a enregistré plus de 470 événements de ce type dans les provinces de Rieti, Perugia, Ascoli Piceno, L’Aquila et Teramo, dont une secousse de M 4,3 cet après-midi à Amatrice, déjà largement détruite par le séisme initial. De nouveaux bâtiments se sont effondrés, emprisonnant même une équipe de pompiers qui travaillait dans les décombres. Le bilan – très provisoire – est de 241 victimes dont de nombreux enfants.

A 20 heures ce soir, le nouveau bilan est de 250 morts: 193 à Amatrice, 46 à Arquata et 11 à Accumoli. On recense environ 400 blessés dont 365 sont hospitalisés. Le nombre de personnes évacuées s’élève à environ 2500, dont 1500 dans les Marches.

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drapeau italienMentre i soccorritori sono in una corsa contro il tempo per cercare di trovare sopravvissuti, nuove scosse seguono il terremoto di M 6 .0 che ha scosso l’Italia centrale durante la notte da Martedì a Mercoledì. L’INGV ha registrato oltre 470 tali eventi nelle province di Rieti, Perugia, Ascoli Piceno, L’Aquila e Teramo, con una scossa di M 4,3 oggi pomeriggio a Amatrice, già in gran parte distrutta dal terremoto originale. Nuovi edifici sono crollati, intrappolando una squadra di vigili del fuoco che stava lavorando tra le macerie. Il bilancio – molto provvisorio – è di 241 vittime, tra cui molti bambini.

Alle ore 20:00, il bilancio è di 250 morti: 193 a Amatrice, 46 ad Arquata e 11 ad Accumoli. Ci sono circa 400 feriti, 365 quelli in ospedale. Di più, ci sono circa 2.500 sfollati, di cui 1.500 nelle Marche.

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drapeau-anglaisAs rescuers are in a race against time to try to find survivors, the aftershocks of the M 6 .0 earthquake that shook central Italy during the night from Tuesday to Wednesday are still in a high number. INGV has recorded more than 470 such events in the provinces of Rieti, Perugia, Ascoli Piceno, L’Aquila and Teramo, among which an M 4.3 quake this afternoon in Amatrice, already largely destroyed by the initial earthquake. New buildings collapsed, trapping a team of firefighters who were working in the rubble. The death toll – very temporary – is 241 casualties including many children.

Tonight at 20:00, the new death toll is 250: 193 in Amatrice, 46 in Arquata and 11 in Accumoli. There are about 400 wounded persons, 365 of whom are in hospital.  About 2,500people have been evacuated, among whom in 1,500 in the Marche.

Violent séisme en Italie // Powerful earthquake in Italy

drapeau-francaisUn violent séisme enregistré par le Centre Sismologique Euro-Med (CSEM) avec une magnitude de M 6.2 a frappé le centre de l’Italie à 01h36 UTC le 24 août 2016. Le CSEM fait état d’une profondeur de 4 km tandis que, selon l’USGS, le séisme a une magnitude de M 6.2 pour une profondeur de 10 km. Les secousses ont duré pendant une trentaine de secondes. De nombreuses répliques secouent encore la région. Le CSEM en enregistrait 64 (M 1,6à M 5,5) à 5:31 UTC.
Selon le CSEM, l’épicentre était situé à 14 km à l’E de Maltignano, 43 km au N de L’Aquila, et 109 km au NE de Rome.
L’USGS a émis un niveau d’alerte Orange pour le nombre de victimes lié au séisme. Les pertes humaines seront probablement importantes. Un niveau d’alerte Rouge a été émis pour les pertes économiques. Des dégâts importants sont probables sur une zone relativement importante.
Dans l’ensemble, la population dans cette région réside dans les structures vulnérables pour les unes, ou parasismiques pour les autres.

Les villes les plus endommagées sont Accumoli, Amatrice, Posta et Arquata del Trontoi.
Le maire d’Amatrice parle d’importants dégâts. La ville a été coupée du reste du pays en raison des dégâts causés aux routes et à un pont. Le maire indique que des personnes sont prisonnières des décombres et il a appelé les services d’urgence pour aider à dégager les routes.
Le maire d’Accumoli indique que de nombreux bâtiments ont été gravement endommagés et que, là aussi, des personnes sont prisonnières des décombres.

Au moment où j’écris ces lignes, le bilan est d’au moins 73 morts (24 août à 16 heures – heure locale). A 20 heures, il est fait état d’au moins 120 morts.

Le dernier séisme majeur en Italie a frappé la ville de L’Aquila en 2009, tuant plus de 300 personnes. 65 000 autres se sont retrouvées sans abri. On se souvient qu’à l’issue de ce séisme 6 scientifiques italiens avaient été condamnés en octobre 2012,  pour « homicide par imprudence », à six ans de prison pour avoir sous-estimé les risques avant le séisme. Ils ont finalement été acquittés en novembre 2011 car la cour a estimé que les faits ne constituaient finalement pas un délit. Seule exception à l’acquittement général, le sous-directeur de la protection civile, Bernardo De Bernardinis, a été condamné à deux ans de prison pour « homicide involontaire et négligence » envers certaines victimes, tout en étant acquitté pour la mort d’autres victimes.

Source : Presse italienne.

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drapeau-anglaisA powerful earthquake registered by the Euro-Med Seismological Centre (EMSC) as M 6.2 struck central Italy at 01:36 UTC on August 24th, 2016. EMSC is reporting a depth of 4 km whereas USGS is reporting M 6.2 at a depth of 10 km. The tremors lasted for about 20-30 seconds. Numerous aftershocks are shaking the region. EMSC registered 64 aftershocks (M 1.6 – M 5.5) by 05:31 UTC.

According to the EMSC, the epicenter was located 14 km E of Maltignano, 43 km N of L’Aquila, and 109 km NE of Rome.

USGS issued an Orange alert level for shaking-related fatalities. Significant casualties are likely. A Red alert level was issued for economic losses. Extensive damage is probable and the disaster is likely widespread.

Overall, the population in this region resides in structures that are a mix of vulnerable and earthquake resistant construction.

The worst hit towns were believed to be Accumoli, Amatrice, Posta and Arquata del Trontoi.

The mayor of the small town of Amatrice reported extensive damage. The town has been cut off because of damage to roads and a bridge. The mayor said people had been stuck in the rubble and called emergency services to help clear roads.

The mayor of Accumoli said a number of buildings had been badly damaged. A family of four has been located under the debris of a collapsed building but there are no signs of life.

The current toll is at least 73 fatalities (August 24th – 16:00, local time). At 20:00, the death toll has increased to at least 120.

The last major earthquake to hit Italy struck the central city of L’Aquila in 2009, killing more than 300 people. 65,000 people were left homeless. One can remember that after the earthquake in L’Aquila six Italian scientists were convicted in October 2012 – for « reckless homicide » – to six years in prison for having underestimated the risks before the earthquake. They were eventually acquitted in November 2011 because the court found that the facts were ultimately not a crime. An exception to the general acquittal, the deputy director of the Italian Civil Defense, Bernardo De Bernardinis, was sentenced to two years in prison for « involuntary homicide and negligence » towards some victims, while being acquitted of the death of other victims.

Source : Italian newspapers.

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Sinabung (Indonésie): Le bilan s’alourdit // Mt Sinabung (Indonesia): The death toll is mounting

drapeau-francaisLe bilan de l’éruption du Sinabung le samedi 21 mai 2016 s’est alourdi, avec 7 morts et 2 personnes en condition critique.  Rappelons qu’hier plusieurs coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs du Sinabung. L’éruption a produit des panaches de cendre jusqu’à 3000 mètres de hauteur, tandis que des avalanches de matériaux ont déferlé sur les pentes du volcan sur 4,5 km.

Toutes les victimes travaillaient dans leurs fermes dans le village de Gamber, à environ 3 km du volcan et à l’intérieur du périmètre de sécurité, malgré les recommandations du gouvernement de ne pas pénétrer dans cette zone où plusieurs maisons ont également été détruites par la cendre à très haute température. Des vidéos montrent des cadavres d’animaux domestiques couverts de cendre.

Les villageois de Gamber font partie des 4967 habitants de quatre villages qui ont été relogés dans des centres temporaires après les dernières éruptions du Sinabung. Chaque famille a reçu une somme annuelle de 3,6 millions de roupies (l’équivalent de 263 dollars US) ainsi qu’une terre agricole louée à l’année pour 2 millions de roupies. Les autorités locales ont mis en place une procédure de relogement définitif.

Source : Presse indonésienne.

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drapeau-anglaisThe toll of Saturday’s eruption of Mount Sinabung is getting heavier today with seven dead and two perons critically injured. On Saturday May 21st 2016, the eruption produced ash plumes that rose up to 3 kilometres above the volcano while avalanches rushed down the slopes as far as 4.5 kilometres.

All the victims of Saturday’s eruption were working on their farms in the village of Gamber, about 4 kilometres away from the slope,  within the danger area, despite the government’s warning. Several houses have also been destroyed.  Video images showed dead farm animals covered in dust.

Gamber villagers are among the 4,967 residents of four villages that were relocated to a temporary shelter after Mt Sinabung’s past eruptions. They were granted them an allowance of the equivalent of 263 US dollars per family per year, and farmland with a rental price of 2 million rupees per family per year. The local administration is in the process of permanently relocating the villagers.

Source : Indonesian newspapers.