Météo et climat : ne pas confondre !

A en juger par les commentaires sur les réseaux sociaux – Facebook en particulier – beaucoup de gens ont encore des doutes sur l’existence du réchauffement climatique. Il suffit que notre pays traverse une période un peu froide pour que ces mêmes personnes se posent des questions sur la hausse des températures sur notre planète. Qu’elles aillent donc demander ce qu’en pensent les responsables des stations de sports d’hiver qui reculent leur date d’ouverture les uns après les autres. Et ce n’est pas fini au vu du redoux significatif prévu la semaine prochaine.

Il faudrait que ces négationnistes en herbe apprennent avant tout à faire la différence entre les mots « météo » et « climat ». La météo s’intéresse au temps qu’il va faire à court terme alors que le climat couvre des périodes beaucoup plus longues comme une décennie ou un siècle. Ainsi, on s’aperçoit qu’aujourd’hui, la température moyenne d’un mois de janvier en France est 1,34°C plus élevée qu’il y a 100 ans, malgré des périodes de froid exceptionnelles comme au mois de janvier 1985.

Voilà pourquoi la météo et le climat sont deux choses bien différentes. Dire que le réchauffement climatique n’existe pas simplement parce qu’il fait froid dehors n’est pas très futé !

Le réchauffement climatique est un phénomène progressif, même si les statistiques actuelles montent qu’il a tendance à s’accélérer – il faut le noter – parallèlement aux concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère. Il ne fait guère de doute que les banquises polaires et nos glaciers vont continuer à fondre. Les chutes de neige en montagne vont prendre de l’altitude. C’est pour cela que les stations de basse et moyenne altitude, les plus exposées au réchauffement climatique, ont intérêt à se diversifier rapidement si elles ne veulent pas connaître de graves difficultés.

J’ai indiqué sur ce blog le 7 décembre dernier que 2022 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France, malgré la fraîcheur de ce mois de décembre. La moyenne sera comprise entre 14,2°C et 14,6°C.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/12/07/2022-lannee-la-plus-chaude-en-france-2022-the-hottest-year-in-france/

Donc plus de doute à avoir, le réchauffement climatique est là et même bien là, peu importe le temps qu’il fait dehors !

La Mer de Glace et les autres glaciers vont continuer à reculer et s’amincir. Gare à l’alimentation en eau dans certaines régions du monde!

Mon livre « Glaciers en Péril » (15 euros sur commande; 10 euros lors de mes conférences) reste plus que jamais d’actualité!

L’éruption du Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai ne cesse de surprendre // The Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai eruption was really amazing

Des mois après qu’elle se soit produite (15 janvier 2022), l’éruption du volcan sous-marin Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai intrigue toujours la communauté scientifique car sa puissance n’avait jamais été observée à l’occasion d’autres éruptions sur Terre.
Une analyse des ondes sismiques a révélé quatre événements qui ont été interprétés comme de puissantes poussées de roche en fusion sous le volcan. En l’espace de cinq minutes, chacun de ces coups de boutoir a probablement développé une force d’un milliard de tonnes.
Comme je l’ai écrit précédemment, le Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai a généré la plus grande explosion atmosphérique jamais enregistrée par l’instrumentation moderne. Elle a déplacé environ 10 kilomètres cubes de roche, de cendres et de sédiments. Une grande partie a été évacuée par la caldeira du volcan et a été propulsée directement dans le ciel.
Des scientifiques se sont réunis à Chicago lors de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union (AGU) pour comparer les derniers résultats de leurs études à propos de cette éruption hors du commun.
Un scientifique de l’Université de Houston (Texas) a détaillé l’analyse, par son équipe, des ondes sismiques qui ont accompagné l’événement de magnitude M 5,8 et qui se sont propagées pendant un peu plus de 10 minutes après le début de l’éruption. Ces signaux ont été captés par plus de 400 stations à travers le monde. Le chercheur les attribue à une poussée magmatique qui a percuté la base de la caldeira. Il semble qu’une nouvelle arrivée de magma ait tout à coup atteint la chambre magmatique et l’ait mise en surpression. Il ajoute : « Le magma a surgi à grande vitesse, comme un train qui aurait percuté un mur. Le phénomène s’est produit à quatre reprises en 300 secondes. »
Les satellites ont montré que les cendres du Hunga-Tonga ont atteint une altitude de 57 km; c’est le panache volcanique le plus élevé jamais enregistré. De nouvelles données présentées lors de la réunion de l’AGU ont indiqué que les cendres sont montées jusque dans l’espace. En effet, les capteurs des satellites de l’agence spatiale américaine et de l’US Air Force qui mesurent le rayonnement ultraviolet lointain du Soleil ont détecté dans leurs données un fort coefficient d’absorption à une altitude supérieure à 100 km, ce qui correspond à la ligne Karman, la frontière avec l’espace.
Les analyses de l’éruption ont également révélé que le volcan avait envoyé dans l’espace une masse de vapeur d’eau estimée entre 20 000 à 200 000 tonnes. Les scientifiques expliquent qu’il n’est pas surprenant qu’un volcan sous-marin envoie de l’eau dans le ciel lors d’une éruption, mais la hauteur atteinte par cette eau défie l’entendement.

Cette eau a de toute évidence contribué à créer les conditions nécessaires à la plus grande concentration de foudre jamais détectée. Le panache de l’éruption du Hunga-Tonga a produit 400 000 éclairs le 15 janvier, avec jusqu’à 5 000 à 5 200 événements par minute. C’est un ordre de grandeur supérieur à celui observé pendant les orages supercellulaires qui sont parmi les plus puissants sur Terre. La concentration d’éclairs était si élevée qu’elle a saturé les capteurs. Le nombre de 400 000 est donc très probablement en dessous de la vérité.
Une conséquence remarquable de tous ces éclairs est qu’ils ont produit un flash de rayons gamma détecté par un satellite de la NASA qui recherche dans l’Univers ces émissions à haute énergie. Elles sont censées provenir de trous noirs lointains ou d’explosions d’étoiles. C’était la première fois que le vaisseau spatial Fermi captait un tel flzsh en provenance d’un volcan sur Terre. Cela confirme le caractère extrême et exceptionnel de l’éruption Hunga-Tonga.
Source : la BBC.

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Months after it happened on January 15th 2022, the eruption of Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai summarine volcano still puzzles scientists around the word as its power had never been observed on other eruptiond on Earth.

An analysis of seismic waves has revealed four individual events that are interpreted to be thrusts of molten rock beneath the underwater mountain. Occurring within a five-minute period, each of these blows is calculated to have had a force of a billion tonnes.

As I put it previously, the seamount produced the biggest atmospheric explosion ever recorded by modern instrumentation. It displaced some 10 cubic kilometers of rock, ash and sediment, much of it exiting through the volcano’s caldera, to shoot straight up into the sky.

Scientists have gathered in Chicago at the American Geophysical Union (AGU) Fall Meeting to compare the latest results of their investigations into what happened.

A scientist from the University of Houston (Texas) detailed his team’s analysis of the Magnitude 5.8 seismic waves generated just over 10 minutes into the climactic eruption. These signals were picked up at more than 400 monitoring stations around the globe. The researcher attributes them to a pulse of magma moving up from below the mountain and hitting the base of the caldera. It looked as if a new batch of magma had suddenly just reached into the magma chamber and over-pressured the chamber. He adds : « The pulse of the magma was travelling up at high speed and it was like a train hitting the base of the wall. It hammered four times within 300 seconds. »

Ash from Hunga-Tonga was measured by weather satellites to have travelled 57 km above the Earth’s surface, the highest ever recorded volcanic plume. But new data presented at the AGU meeting indicated the disturbance went higher still, all the way to space. Sensors on US space agency and US Air Force satellites that measure far-ultraviolet radiation from the Sun noticed a strong absorption feature in their data correlated to an altitude above 100 km, which corresponds to the Karman Line, the recognised boundary to space.

Analyses of the eruption aloso revealed that the volcano sent into space a mass o water vapour estimated between 20,000 to 200,000 tonnes. Scientists say that a submarine volcano throwing so much water into the sky during an eruption is not a surprise, but the height to which that water travelled is. This water also clearly played a role in creating the conditions necessary to generate the greatest concentration of lightning ever detected. The Hunga-Tonga eruption plume produced 400,000 lightning events on January 15th, with rates of up to 5,000 to 5,200 events per minute. This is an order of magnitude higher than the one observed in super-cell thunderstorms, some of the strongest thunderstorms that exist on Earth. The rates were so high that they saturated the sensors. The 400,000 number is most probably below the truth.

One remarkable consequence of all this lightning is that it produced a gamma-ray flash detected by a Nasa satellite that normally looks out into the Universe for such high-energy emissions. These are expected to come from far-off black holes or exploding stars. This was the first time the Fermi spacecraft had caught a flash coming from a volcano on Earth. This confirms the extreme and exceptional nature of the Hunga-Tonga eruption.

Source: The BBC.

Images montrant l’étendue du nuage de cendres au moment de l’éruption du Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai (Source: USGS)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

A Hawaii, l’éruption du Kilauea est officiellement terminée. Selon la dernière mise à jour du Hawaiian Volcano Observatory (HVO), le Kilauea n’est plus en éruption. L’alimentation du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u a cessé le 9 décembre 2022. Les émissions de SO2 ont diminué pour atteindre les niveaux d’avant l’éruption. En conséquence, le HVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique de Watch (Vigilance) à Advisory (Surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne d’Orange à Jaune. Il faut toutefois noter que les schémas de sismicité et de déformation restent instables, ce qui signifie que l’éruption pourrait reprendre ou qu’une nouvelle éruption pourrait se produire au sommet ou à proximité du sommet du Kilauea.

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Le 14 décembre 2022, le HVO a publié une mise à jour indiquant que l’activité éruptive n’a pas repris au sommet du Kilauea. Un ‘renversement passif’ du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u a toutefois commencé juste avant midi et s’est poursuivi jusqu’à environ 16 heures le 14 décembre, ce qui a fait remonter de la lave à la surface du lac. Les renversements passifs ne sont pas rares lors du refroidissement des lacs de lave et cette activité peut se répéter au cours des prochaines semaines. (NDLR : Elle se produit lorsque la croûte de l’ancien lac s’affaisse et exerce une pression qui fait remonter la lave encore présente en dessous). Cependant, il n’y a pas eu de reprise du tremor éruptif, de dégazage ou de réapparition de la lave au niveau de la bouche éruptive dans la partie ouest du cratère.

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L’éruption du Mauna Loa (Hawaii) est également terminée. L’alimentation en lave de la bouche éruptive sur la Fracture n°3 dans la zone de rift nord-est a cessé le 10 décembre 2022. Les émissions de SO2 ont diminué pour atteindre les niveaux d’avant l’éruption. Le tremor volcanique et la sismicité associée à l’éruption ont fortement diminué.
En conséquence, le HVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique de WATCH (Vigilance) à ADVISORY (Surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne de ORANGE à JAUNE.
Des points d’incandescence peuvent subsister au niveau de la Fracture n°3, le long des chenaux de lave et sur le front de coulée pendant des jours ou des semaines au fur et à mesure que les coulées de lave se refroidissent. Cependant, l’activité éruptive ne devrait pas reprendre si l’on se réfère au comportement éruptif passé du Mauna Loa. L’inflation se poursuit au sommet et dans la zone de rift nord-est.

 

Aucune activité n’est observée dans la Fracture n°3 sur le Mauna Loa (Crédit photo: HVO)

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Stratovolcan andésitique à dacitique, le Láscar est le volcan le plus actif des Andes chiliennes septentrionales. Une forte explosion vulcanienne a secoué le Lascar à 15h36 (UTC) le 10 décembre 2022. Les observatoires locaux indiquent que le niveau d’alerte est passé à Jaune.
L’éruption a généré une colonne éruptive qui a atteint 6 000 m au-dessus du niveau du cratère, soit 11,5 km au-dessus du niveau de la mer.
L’explosion a généré des coulées pyroclastiques qui ont affecté sur de courtes distances les secteurs proches du cratère sur les flancs nord et sud-est du volcan.
Compte tenu de l’histoire éruptive du Lascar, d’autres explosions ne peuvent être exclues avec une zone de danger potentiel de 3 km autour du cratère actif du volcan.
Le dernier épisode éruptif du Lascar a duré du 30 octobre 2015 au 2 avril 2017, avec un VEI 2.
Source : OAVV, The Watchers.
Voici une courte vidéo de l’éruption : https://twitter.com/i/status/1601880347406385153

 

Vue de l’éruption du 10 décembre 2022 (Crédit photo: OAVV)

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L’éruption du Fuego (Guatemala) continue mais s’est intensifiée le 11 décembre 2022, avec de fortes explosions, de volumineux panaches de cendres et une coulée de lave qui a parcouru 800 mètres dans la ravine Ceniza. Les panaches de cendres ont atteint plus de 7 kilomètres d’altitude.
Les émissions de cendres se sont poursuivies jusqu’au 12 décembre, atteignant 4,6 km au-dessus du niveau de la mer.
En raison des abondantes quantités de cendres émises par l’éruption, le plus grand aéroport du pays et une route majeure ont été fermés le 11 décembre. Les habitants et les touristes doivent se tenir à l’écart des ravines. Des retombées de cendres peuvent affecter les localités sous le vent.
Tout le monde a encore en tête l’éruption du 3 juin 2018 qui a officiellement causé la mort d’au moins 190 personnes, avec 256 disparus. La population locale, quant à elle, estime qu’environ 2 000 personnes ont été ensevelies sous les coulées pyroclastiques. Une organisation locale a déclaré que jusqu’à 2 900 personnes ont probablement péri.
Source : médias d’information guatémaltèques.

 

Eruption du Fuego le 12 décembre 2022 (Source: Teledos)

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Les villageois continuent d’être impactés par les effondrements et les coulées pyroclastiques sur le flanc SE du Semeru (Indonésie). 781 personnes vivent encore dans 21 hébergements provisoires. De fortes retombées de cendres ont empêché les secours d’atteindre facilement Pronojiwo, qui est le village le plus touché.
La lave continue d’être émise pas une bouche au sommet du volcan, bien que l’activité ait globalement diminué. Des anomalies thermiques sont toujours observées sur les images satellites, mais leur intensité a diminué elle aussi. L’amplitude de déformation de l’édifice volcanique a également diminué. Des coulées pyroclastiques continuent d’être observées sur 6 km sur le flanc SE. En raison de la diminution de l’activité, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 3 le 9 décembre 2022. Le public est prié de rester loin du sommet et à au moins 17 km de ce dernier le long des ravines en raison des risques de lahars, d’avalanches et coulées pyroclastiques.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Cotopaxi (Équateur) se poursuit avec des émissions de vapeur et de gaz et parfois de cendres. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne de 665 à 2 745 tonnes par jour. Les panaches éruptifs s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du cratère. Desretombées de cendres mineures sont signalées dans les villages sous le vent.
Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Wikipedia

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L’Instituto Geofísico del Perú (IGP) signale des niveaux d’activité modérés sur le Sabancaya, avec une moyenne quotidienne de 40 explosions. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet.

Crédit photo: IGP

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

In Hawaii, the eruption of Kilauea is officially over. According to the latest update from the Hawaiian Volcano Observatory (HVO),Kilauea is no longer erupting. Lava supply to the Halemaʻumaʻu lava lake ceased on December 9th, 2022. SO2 emissions have decreased to near pre-eruption background levels. Accordingly, HVO is lowering the Volcano Alert Level from Watch to Advisory and the Aviation Color Code from Orange to Yellow. However, seismicity and deformation patterns remain unsettled, which means the eruption might resume or a new eruption can occur at or near the summit of Kilauea.

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On December 14th, 2022, HVO released an update indicating that eruptive activity has not resumed at the summit of Kīlauea. A passive overturn of the lava lake in Halema’uma’u Crater began just before noon and continued until about 4 p.m. on December 14th, exposing new lava at the surface of the lake. Passive overturns are not uncommon in cooling lava lakes and this activity may be repeated during the next several weeks. However, there has been no resumption of the eruptive tremor, strong degassing, or supply of lava from the west vent.

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The eruption of Mauna Loa is over too. Lava supply to the fissure 3 vent on the Northeast Rift Zone ceased on December 10th, 2022. SO2 emissions have decreased to pre-eruption levels. The volcanic tremor and the seismicitys associated with the eruption are greatly diminished.

Accordingly, HVO has lowered the Volcano Alert Level from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Spots of incandescence may remain near the vent, along channels, and at the flow front for days or weeks as the lava flows cool. However, eruptive activity is not expected to return based on past eruptive behaviour. Summit and Northeast Rift Zone inflation continues.

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An andesitic-to-dacitic stratovolcano, Láscar is the most active volcano of the northern Chilean Andes. A strong vulcanian explosion shook Lascar at 15:36 (UTC) on December 10th, 2022.

Local observatories indicate that the alert level was increased to Yellow.

The eruption generated an eruptive column that reached 6 000 m above the crater level, or 11.5 km above sea level.

The explosion generated short-range pyroclastic flows that affected the sectors near the crater on the north and southeast flanks of the volcano.

Considering Lascar’s eruptive history, more explosions cannot be excluded with a potential danger area of 3 km around the active crater of the volcano.

The last eruptive episode on Lascar lasted from October 30th, 2015 to April 2nd, 2017, with a VEI 2.

Source: OAVV, The Watchers.

Here is a short videi of the eruption : https://twitter.com/i/status/1601880347406385153

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Fuego (Guatemala) is still erupting but activity increased on December 11th, 2022, producing intense explosions, heavy ash and a lava flow that travelled 800 meters in the Ceniza drainage. The ash plumes reached more than 7 kilometers above sea level.

Ash emissions continued into December 12th, rising up to 4.6 km a.s.l.

Because of all the ash produced by the eruption, the country’s largest airport and a major highway were closed on December 11th. Residents and tourists are urged to stay away from the drainages. Ashfall may affect downwind municipalities.

Everybody has still in mind the eruption of June 3rd, 2018 which officially caused the deaths of at least 190 people, with at least 256 more missing.However, local residents estimate that approximately 2 000 people have been buried beneath pyroclastic flows A local organization said that up to 2 900 people may have died.

Source: Guatemalan news media.

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Residents continue to be impacted by the collapses and large pyroclastic flows on Semeru’s SE flank (Indonesia). 781 people arestill living in 21 evacuation shelters. Heavy ashfall prevented aid from easily reaching Pronojiwo which is the worst affected village.
Lava continues to erupt from the summit vent, though activity generally declined. Thermal anomalies are still identified in satellite images, though their intensity had decreased. The rate of deformation has also declined. Pyroclastic flows continue to be observed over 6 km down the SE flank. Owing to te decrease in activity, the Alert Level was lowered to 3 on DEcember 9th, 2022. The public is asked to stay away from the summit and from drainages within 17 km of the summit due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source: CVGHM.

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The eruption at Cotopaxi (Ecuador) continues with steam-and-gas emissions and occasional ash emissions. SO2 emissions average 665-2,745 tons per day. The eruption plumes rise as high as 2 km above the crater. Minor ashfall is reported in downwind villages.

The Alert Level is kept at Yellow (the second lowest level on a four-color scale).

Source: Instituto Geofisico.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

L’Arctique se réchauffe et les populations souffrent // The Arctic is heating up and residents are suffering

La NOAA vient de publier un rapport indiquant qu’en 2022 la température de l’air dans l’Arctique a été la sixième plus chaude des relevés qui remontent à 1900. La couverture de neige a été la deuxième plus faible depuis 56 ans dans l’Arctique nord-américain et la troisième plus faible dans la partie eurasienne. La calotte glaciaire du Groenland a connu des conditions de fonte sur 36 % de sa surface: c’est la 25ème consécutive de perte de glace sur la masse terrestre de ce pays. En 2022, l’étendue de la glace de mer arctique a été de plus de 36 % inférieure aux moyennes de 1979 en septembre, une situation accentuée par la température de surface de la mer qui a été de 3 °C plus chaude que la moyenne de 1991 à 2020 au mois d’août. Le verdissement de la toundra augmente; la zone couverte par la vie végétale plutôt que par la neige et la glace se situe cette année au quatrième rang depuis 2000.
Le rapport de la NOAA explique que si la mauvaise santé environnementale de l’Arctique est un réel problème pour la planète dans son ensemble, ce sont surtout les peuples autochtones qui en font les frais. Ainsi, lors du typhon Merbok au mois de septembre 2022 – une tempête de catégorie 1 qui a frappé la région – des maisons ont été inondées, des pistes d’aéroport ont été submergées, des populations de villes et de villages ont été forcées de se réfugier dans des hébergements temporaires et les réservoirs de gas-oil qui alimentent en énergie de nombreuses maisons, sont devenus inutilisables. De plus, la tempête a frappé pendant la haute saison de chasse, lorsque de nombreux habitants comptent sur l’élan et le caribou pour remplir leurs congélateurs pour l’hiver. Les auteurs du rapport de la NOAA insistent sur le fait que le typhon Merbok « a démontré le lien inextricable entre les changements environnementaux et les impacts sur la sécurité humaine, la sécurité alimentaire et la santé ».
Cette tempête n’est pas le seul exemple montrant à quel point le réchauffement climatique met en péril les habitants. La chasse à la baleine boréale, par exemple, est un moyen de subsistance pour les habitants des communautés côtières de l’Alaska d’Utqiagvik, Nuiqsut et Kaktovik. La réduction de la glace de mer a doublé le nombre de jours possibles pour la chasse à la baleine, mais, selon une étude de 2021, cette fonte a augmenté le nombre de jours où la hauteur des vagues rend la chasse plus dangereuse et oblige certains villageois à se procurer des bateaux plus gros qu’ils n’ont pas forcément les moyens d’acheter.
La chasse au phoque et au morse a également été affectée. Le recul de la glace de mer oblige les chasseurs à parcourir jusqu’à 160 km dans de petites embarcations pour atteindre les zones de glace où se trouvent leurs proies. Dans beaucoup de secteur, la glace de mer s’amincit, rendant son accès plus dangereux.
Les schémas migratoires du caribou, des morses, des baleines boréales, des oies et des poissons ont également changé, rendant la chasse plus difficile et souvent moins productive. Tout cela, indique le rapport de la NOAA, affecte la disponibilité de la nourriture, mais les lois qui réglementent la chasse et la pêche n’ont pas suivi les changements intervenus dans l’environnement arctique.
Les incendies de forêt, autrefois rares en Alaska, présentent un autre risque. En mai, une sécheresse dans le sud-ouest de l’Alaska a provoqué des incendies de grande ampleur au début de l’été. La fumée des incendies pose des problèmes respiratoires, perturbe la chasse et cloue parfois les avions au sol. La hausse des températures estivales rend la vie difficilement supportable dans les maisons qui manquent généralement de climatisation, ce qui oblige les habitants à garder leurs fenêtres ouvertes et augmente leur exposition à la fumée des incendies de forêt.
L’accès à l’eau potable est également en déclin, souvent à cause des inondations côtières. L’eau de mer se mélange à celle des sources d’eau douce comme les lacs et les rivières. Le dégel du pergélisol conduit à un assèchement de plus en plus important. « En 2022 », écrivent les auteurs du rapport de la NOAA, « un lac dans la toundra près de Kotzebue, en Alaska, qui fournissait de l’eau douce à certains habitants, s’est brusquement vidé. »
Source : NOAA.

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NOAA has just published a report indicating that in 2022 Arctic air temperatures were the sixth warmest on records going back to 1900. Snow cover was the second lowest dating back 56 years across the North American Arctic and the third lowest across the Eurasian portion. The Greenland ice sheet experienced melt conditions across 36% of its surface, marking the 25th consecutive year of ice loss from the country’s land mass. The extent of Arctic sea ice was more than 36% below 1979 averages in September, a fact exacerbated by surface sea temperatures that were 3°C warmer than the 1991 to 2020 average in August. Greening of the tundra is increasing, with the area covered by plant life rather than snow and ice, coming in this year at the fourth most extensive since 2000.

The report stressed that while the poor environmental health of the Arctic is bad for the planet as a whole, it is the Indigenous people and other locals who are most immediately paying the price. During the September Typhoon Merbok, a Category One storm that struck the region, for example, homes were flooded, airport runways were underwater, populations of towns and villages were forced into public shelters and diesel fuel tanks, which power many homes, were upended. What’s more, the storm hit during peak hunting season, when many locals count on bagging moose and caribou to stock their freezers for the winter. The authors of the NOAA report insist that Typhoon Merbok “demonstrated the inextricable linkage of environmental change and impacts on human safety, food security and health.”

The great storm was by no means the only example of the ways climate change imperils the locals. Hunting for bowhead whales, for example, is a means of subsistence for the people of the coastal Alaskan communities of Utqiagvik, Nuiqsut, and Kaktovik. The decrease in sea ice has doubled the days available for whaling, but, according to one 2021 study, has increased the number of days on which wave heights make the hunt more dangerous and force some villagers to buy larger boats that they can often ill-afford.

Seal and walrus hunting has been affected too. The retreat of sea ice forces hunters to travel as much as 160 km in small skiffs to reach ice floes where their prey can be found. Many of the floes, however, are thinning, making setting foot on them yet another peril.

Migratory patterns of caribou, walruses, bowhead whales, geese, and fish have also changed, making hunts harder and often less productive. All of this, the report states, affects the availability of food, but laws and policies that regulate hunting and fishing have not kept up with the changes in the Arctic environment.

Wildfires, once a rarity in Alaska, pose yet another risk. In May, a drought in southwest Alaska teed up the region for extreme fires in early summer. The smoke from the fires poses respiratory risks, disrupts hunting, and makes aviation impossible at times. Rising summer temperatures make for sweltering homes, which typically lack air conditioning, forcing residents to keep their windows open and increasing their exposure to wildfire smoke.

Access to potable water is also on the decline, partly due to coastal flooding that mixes saltwater with freshwater sources like lakes and rivers. Loss of permafrost that was counted on to feed land basins has led to increasing drying. “In 2022,” the authors of the NOAA report write, “a tundra lake near Kotzebue, Alaska, supplying freshwater to some residents, abruptly drained.

Source: NOAA.

Evolution de la glace de mer arctique au mois de septembre (Source: NSIDC)