Quelques remarques sur la vague de chaleur de juin 2019

Alors que la France traverse un épisode de très forte chaleur, la chaîne de radio France Info a invité Sébastien Léas, prévisionniste à Météo France, pour répondre aux questions des internautes. Ces derniers ont demandé si les épisodes caniculaires vont être plus fréquents et si la canicule est liée au réchauffement climatique.
Selon le prévisionniste, les projections font état de périodes de chaleur plus intenses, mais aussi plus étendues dans les années à venir. La saison estivale sera de plus en plus longue. Si on prend l’exemple des trois derniers étés, ces projections se vérifient. En 2016, il y a ainsi eu une canicule très tardive, entre le 23 et 28 août. En 2017, nous avons enregistré la canicule la plus précoce de l’histoire. Et en 2018, nous avons eu un des étés les plus chauds, avec 2003. Ces propos confirment ceux d’autres agences comme la NASA, la NOAA ou encore NCEP-NCAR.
S’agissant du lien entre la canicule actuelle avec les réchauffement climatique, Sébastien Léas explique fort justement que relier tout événement ponctuel au réchauffement climatique serait un raccourci. En revanche, le réchauffement climatique a effectivement un impact sur les canicules, avec des vagues de chaleur plus intenses et plus longues. Ainsi, à la fin du siècle, les températures qu’on a observées pendant la canicule de l’été 2003 pourraient devenir la norme.
Rien ne dit aujourd’hui que nous n’aurons pas un été normal car Météo France n’a pas de projections à si longue échéance. L’épisode de forte chaleur actuel n’est pas forcément annonciateur d’un été qui sera très chaud en continu. En revanche, dans les prévisions saisonnières de la période juin-juillet-août, il y avait des signaux d’un été chaud. C’était déjà le cas en 2018.
Dans la dernière partie de son intervention Sébastien Léas aborde un point très important: la différence entre météorologie et climatologie, deux termes qui sont souvent source de confusion au sein de la population. La météorologie permet de faire des prévisions sur une semaine ou deux, probablement un peu plus dans les années à venir. Les projections à l’horizon 2050 prennent en compte d’autres paramètres et les échelles sont différentes. La climatologie s’intéresse au globe et à des tendances avec des interactions océan-atmosphère qui sont plus profondes et moins sujettes à des variations quotidiennes. On peut ajouter que la canicule observée en France au mois de juin n’aura pas forcément un impact majeur sur la température globale de la planète. Rien ne dit que juin 2019 sera globalement en tête des mois les plus chauds jamais observés.

Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate should not be confused

On l’entend tous les jours : Il suffit de la moindre vague de froid ou que la température chute de quelques degrés pour que se manifestent des climatosceptiques qui viennent nier la réalité du réchauffement climatique. Ils le font, même lorsque la planète dans sa globalité est en plein coup de chaud comme c’est le cas en ce moment.

Souvenez-vous : Donald Trump – qui n’est pas forcément le meilleur exemple d’intelligence – avait pris l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique. Un tel comportement revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument qu’elle ne donne pas l’impression d’être ronde en regardant autour de soi !

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de faire la différence entre le climat – qui est global – et la météo – qui est locale. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète est bel et bien en surchauffe, comme le prouve l’image ci-dessous qui n’a pas été trafiquée par quelque logiciel, comme c’est la mode aujourd’hui. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) le 10 mai 2019 par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 – 2000 pour la même journée. On aboutit à une constatation identique si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier, par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010.

Cette image suffit à démontrer de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. C’est  la différence entre la météo (locale) et le climat (global). S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout. Ainsi, le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois d’avril 2019 a été le 2ème plus chaud jamais enregistré sur Terre.

Force est de constater – les climatosceptiques ne pourront pas aller contre les statistiques – que chaque année la tendance au réchauffement de la planète se renforce. L’année 2018 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée en France et les quatre dernières années ont été les quatre plus chaudes jamais enregistrées à la surface du globe Il est fort à parier que l’année 2019 suivra cette tendance globale. Au moment où j’écris ces lignes, 2019 est la deuxième année la plus chaude des archives. Rien n’incite à penser aujourd’hui que le réchauffement en cours est en passe de s’arrêter, bien au contraire. Les modèles climatiques les plus récents montrent que le réchauffement pourrait être plus important que prévu…

Source ; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

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We can hear it every day: The slightest cold wave or the slightest drop of temperature pushes climateosceptics to deny the reality of global warming. They do it, even when the planet as a whole is getting warmer, as it is right now.
Remember: Donald Trump – who is not necessarily the best example of intelligence – had taken the example of a chilly weather to question the reality of global warming. Such behaviour amounts exactly to denying that the Earth is round with the only argument that it does not kook round while looking around!
I can not stress enough the importance of differentiating between the climate – which is global – and the weather – which is local. Today we have a shining example: while Europe and North America are facing an unusually cold snap for the season, the rest of the world is overheating, as proves the image below that has not been tampered with by any software, as is the fashion today. It shows the observed temperature anomalies (in degrees Celsius) on May 10th, 2019 compared to an average calculated over the period 1979 – 2000 for the same day. The same conclusion can be observed if we look at maps showing temperature anomalies for the past week or last month, compared to an average between 1981 and 2010.
The image below is enough to show very clearly that the feeling of cold that one experiences at a given moment, at a given place, is not necessarily indicative of a general or global tendency. This is the difference between (local) weather and (global) climate. If it is cooler than usual in France, the United States and Australia, this is far from the case everywhere. For example, Canada, Greenland, West Russia, Africa and Latin America are warmer than usual for the same period. Overall, the average global surface temperature is 0.6°C above average at this very moment.
As I put it earlier, the month of April 2019 was the 2nd hottest ever recorded on Earth.
It is clear –  climateosceptics can not go against statistics – that every year the global warming trend gets stronger. The year 2018 was the hottest ever recorded in France and the last four years were the four hottest ever recorded on the surface of the globe It is highly likely that the year 2019 will follow this global trend. At the time of writing, 2019 is the second hottest year of the archive. There is no reason to think today that the current warming is about to stop, on the contrary. The most recent climate models show that the warming could be more significant than imagined already …
Source; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

Les anomalies de température enregistrées le 10 mai 2019 montrent que le froid ressenti localement dans certaines régions n’est pas un phénomène global (Source : NOAA)

 

Donald Trump ne connaît pas la différence entre météo et climat! // Donald Trump can’t make the difference between weather and climate !

Une fois encore, le président américain Donald Trump, a montré son incapacité à comprendre le changement climatique. Pour la énième fois, il a confondu les mots «météo» et «climat».
Amy Klobuchar, sénatrice démocrate du Michigan, a récemment annoncé qu’elle se présentait à la présidence dans un discours prononcé sous la neige à Minneapolis. Dans son discours, elle a déclaré que dès son premier jour à la présidence, elle ferait en sorte que les États-Unis rejoignent l’accord de Paris sur le climat, duquel Donald Trump a retiré les Etats Unis en 2017.
Le président actuel a rapidement réagi sur Twitter, comme d’habitude. Il a écrit: «Amy Klobuchar a annoncé qu’elle se présentait à la présidence, parlant avec fierté de la lutte contre le réchauffement climatique alors qu’elle parlait dans une véritable tempête de neige et de glace, avec une température glaciale. Elle n’a pas choisi le bon moment. À la fin de son discours, elle ressemblait à un bonhomme de neige! »
Beaucoup de gens confondent les conditions météorologiques et le changement climatique. La NASA a q’ailleurs mis en ligne une page Web dédiée à la distinction entre les deux expressions.

https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html

L’Administration y indique que « la différence entre la météo et le climat est une question de temps. […] La météo définit les conditions de l’atmosphère sur une courte période alors que le climat décrit le comportement de l’atmosphère sur une période relativement longue. »
M. Trump répand depuis longtemps des informations fausses sur le changement climatique, malgré l’abondances de sources disponibles sur la question. Son tweet a été diffusé juste trois semaines après un autre dans lequel il commentait des prévisions de fortes chutes de neige. Le président a également affirmé un jour que le changement climatique était un canular chinois, inventé pour nuire aux exportations américaines.
La sénatrice démocrate a réagi aux propos moqueurs de Trump sur Twitter en expliquant que la science allait dans le sens de sa politique. Elle a ajouté: “J’espère pouvoir débattre avec vous du changement climatique (et de nombreuses autres questions). Et je me demande comment vos cheveux se comporteraient dans une tempête de neige. »
Source: The Independent.

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Once again, Donald Trump, the American President, has shown his incapacity to understand climate change. Once again he confused the words “weather” and “climate”.

Amy Klobuchar, the Democratic senator from Michigan, recently announced that she was running for the presidency in a speech delivered as snow fell around her in Minneapolis. In her speech, she said that on her first day as president she would have the US rejoin the Paris climate agreement, which Mr Trump withdrew the country from in 2017.

The current president soon reacted on Twitter, as usual. He wrote: “Amy Klobuchar announced that she is running for President, talking proudly of fighting global warming while standing in a virtual blizzard of snow, ice and freezing temperatures. Bad timing. By the end of her speech she looked like a Snowman(woman)!”

Confusing weather and climate change is a common error made by many people and NASA has a webpage dedicated to distinguishing the two.

https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html

The Administration indicates that “the difference between weather and climate is a measure of time. […] Weather is what conditions of the atmosphere are over a short period of time, and climate is how the atmosphere behaves over relatively long periods of time.”

Mr Trump has a long history of spreading incorrect information about climate change, despite the wealth of information available. His tweet came just three weeks after another one in which he discussed forecasts of heavy snow. The president also once claimed that climate change was a Chinese hoax, invented to hurt US exports.

The Democratic Senator responded to his mockery on Twitter by saying that science supported her policies. She added: “Looking forward to debating you about climate change (and many other issues). And I wonder how your hair would fare in a blizzard.”

Source : The Independent.

Source: global-climat

Krakatau (Indonésie): La situation reste difficile // Still a difficult situation

La situation est très difficile dans les régions d’Indonésie touchées par le tsunami provoqué par l’effondrement du flanc sud-ouest de l’Anak Krakatau. Une photo publiée aujourd’hui par l’armée indonésienne est assez impressionnante. Elle donne l’impression que le cratère est maintenant proche du niveau de la mer. La situation pourrait encore s’aggraver car les autorités ont diffusé un message d’alerte le 26 décembre indiquant que des « conditions météorologiques extrêmes et de fortes vagues » allaient apparaître autour du volcan en éruption. Il est demandé aux populations à s’éloigner de la côte déjà dévastée par le tsunami qui a tué plus de 400 personnes.
Aujourd’hui, comme on peut le voir sur la photo, de très volumineux nuages ​​de cendre émanaient d’Anak Krakatau obscurcissaient presque totalement l’île volcanique. L’Agence de climatologie, de géophysique et météorologie (BMKG) a déclaré en fin de journée le 25 décembre que le mauvais temps dans le secteur du volcan pourrait fragiliser encore davantage son cratère. L’Agence a installé un système de surveillance de l’activité sismique de l’Anak Krakatau afin de pouvoir émettre des alertes rapides. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du volcan.
Le bilan officiel est actuellement de 429 morts, avec au moins 154 personnes disparues. Plus de 1 400 personnes ont été blessées et des milliers d’autres ont été déplacées. Les sauveteurs tentent d’atteindre plusieurs villages encore inaccessibles par la route. Des milliers de personnes séjournent dans des tentes et des abris temporaires tels que des mosquées ou des écoles, et des dizaines d’autres dorment à même le sol ou dans des lieux publics surpeuplés.
Source: The Jakarta Globe.

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The situation is very difficult in the areas of Indonesia that were hit by the tsunami caused by the collapse of the SW flank of Anak Krakatau. A photo released today by the Indonesuian army is quite impressive. Il looks as if the crater is now close to see level. The situation could turn even worse as authorities warned on December 26th of « extreme weather and high waves » around the erupting Anak Krakatau volcano, urging people to stay away from the coast already devastated by a tsunami that killed more than 400 people.

Today, clouds of ash spewed from Anak Krakatau, almost obscuring the volcanic island. The Meteorology Climatology and Geophysics Agency (BMKG) said late on December 25th that the rough weather around the volcano could make its crater more fragile. The Agency has developed a monitoring system focused specifically on the volcanic tremors at Anak Krakatau so that it can issue early warnings. A 2-kilometre exclusion zone has been imposed.

The confirmed death toll is 429, with at least 154 people missing. More than 1,400 people were injured and thousands have moved to higher ground. Rescuers are trying to reach several villages still inaccessible by road. Thousands of people are staying in tents and temporary shelters like mosques or schools, with dozens sleeping on the floor or in crowded public facilities.

Source : The Jakarta Globe.

Le Krakatau le 26 décembre 2018 au matin (Source: armée indonésienne)

Des tweets de Donald Trump à la réalité du réchauffement climatique // From Donald Trump’s tweets to the reality of global warming

Il fallait s’y attendre : il fait un peu plus froid que d’habitude en France – en restant très loin des records – et une descente d’air polaire fait frissonner le nord des Etats-Unis et du Canada ; alors, des voix s’élèvent – celle de Donald Trump en particulier – pour dire que le réchauffement climatique a du plomb dans l’aile. C’est une musique que l’on entend chaque année et qui n’a aucun fondement. Le Président américain n’a toujours pas compris que le réchauffement climatique global ne s’analyse pas en se référant à des événements climatiques ponctuels. La météo, par l’intermédiaire des bulletins diffusés à la radio et à la télévision, rend compte du temps qu’il fait à un instant et à un endroit précis, tandis que le climat correspond aux conditions météorologiques sur une longue période et sur l’ensemble de la planète.

En dépit du coup de froid passager actuel sur l’Amérique du Nord, 2017 devrait être l’année la plus chaude – ou l’une des années le plus chaudes – jamais enregistrée sur l’ensemble de la planète. C’est ce que vient de déclarer l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Pour les seuls Etats-Unis, les 11 premiers mois de l’année sont les troisièmes plus chauds jamais enregistrés.

L’augmentation des températures observée cette année s’inscrit dans une progression régulière. Si le record de 2017 se confirme, ce sera la quatrième année consécutive qu’un record est établi : 2016, 2015 et 2014. Il est intéressant de noter que les douze années les plus chaudes sur la planète ont presque toutes été enregistrées au 21ème siècle, comme le montre le graphique réalisé par la NOAA où figurent les températures moyennes.

Source: NOAA

Aussi étrange que cela puisse paraître, les vagues de froid polaire observées en ce moment sont probablement une conséquence du réchauffement climatique et des dérèglements qu’il entraîne. En Arctique, les températures ont augmenté ces dernières années deux fois plus vite qu’ailleurs (voir mes notes précédentes), ce qui a réduit les différences avec le reste du globe. Cette réduction a déréglé le jet-stream, la ceinture de vents qui marque la frontière entre l’air chaud qui remonte de l’équateur et l’air froid du pôle. Ce jet-stream est devenu moins directionnel, plus sinueux, ce qui peut entraîner des incursions d’air froid dans nos contrées. Les climatologues pensent que le jet-stream devrait se stabiliser à nouveau avec l’augmentation des températures et que ces incursions polaires pourraient ne pas durer.

Rien ne dit que cela sera suffisant pour convaincre Donald Trump de la réalité du réchauffement climatique…

Source : France Info & NOAA.

N.B.: Aujourd’hui 30 décembre 2017, le thermomètre affichait déjà 12°C ce matin à 8 heures à Limoges! Pour les prochaines heures, il est prévu une grande douceur, mais aussi de forts coups de vent, en particulier pendant la journée du 1er janvier 2018. Il y a un risque de submersion sur le littoral atlantique car les coefficients de marées seront élevés. Ces phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents sont, eux aussi, la conséquence du réchauffement climatique.

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It was to be expected: it’s a little colder than usual in France – still far from the records – and a polar cold wave is affecting the north of the United States and Canada; so, voices can be heard – Donald Trump’s in particular – to say that global warming is over. It’s a music that is heard every year and has no basis. The US President fails to understand that global warming can not be analyzed by referring to punctual climatic events. The weather bulletins, on the radio and television, reflect the weather at a specific time and place, while the global climate is consistent with the weather over a long period of time and the weather over the whole planet.

Despite the current cold snap on North America, 2017 is expected to be the hottest year – or one of the hottest years – ever recorded on the entire planet. This has just been declared by the World Meteorological Organization (WMO). For the United States alone, the first 11 months of the year are the third hottest ever recorded.
The increase in temperatures observed this year is in steady progression. If the record of 2017 is confirmed, it will be the fourth consecutive year that a record is set: 2016, 2015 and 2014. It is interesting to note that the twelve hottest years on the planet have almost all been recorded in the 21st century, as shown in the NOAA graph above showing average temperatures.

Strange as it may seem, the polar cold spells observed at the moment are probably a consequence of global warming and the disruption it causes. In the Arctic, temperatures have risen in recent years twice as fast as elsewhere (see my previous posts), which has reduced the differences with the rest of the globe. This reduction has disrupted the jet stream, the belt of winds that marks the boundary between warm air rising from the equator and the cold air of the pole. This jet stream has become less directional, more winding, which can lead to incursions of cold air in our countries. Climatologists believe that the jet stream should stabilize again with rising temperatures and that these polar incursions may not last.
Will it be enough to convince Donald Trump of the reality of global warming? Not so sure …
Source: France Info & NOAA.

N.B .: Today December 30th, 2017, the temperature was already 12°C this morning at 8 a.m. in Limoges! A very mild weather is expected for the next hours, but also strong gales, especially during the day of January 1st, 2018. There is a risk of submersion on the Atlantic coast because the tidal coefficients will be high. These increasingly frequent extreme events are also the consequence of global warming.

Source: NOAA

Les pièges de l’Etna (Sicile / Italie) // The traps of Mount Etna (Sicily / Italy)

L’Etna est un volcan dont l’accès est relativement facile mais qui requiert le plus grande prudence, comme tous les volcans actifs ou, tout simplement, les zones de haute montagne. Il ne faut pas oublier que le volcan culmine à 3340 mètres et la météo à plus de 2000 mètres n’a rien à voir avec celle des plages de la Mer Ionienne. Même au cœur de l’été, il peut faire très froid. A l’époque où je donnais un coup de main aux guides, j’ai vu de jeunes et jolies femmes débarquer des bus en mini jupes et regretter de ne pas s’être couvertes plus chaudement !

S’agissant de la météo, il est prudent de se renseigner avant d’entamer une randonnée sur le volcan. Le temps peut changer extrêmement vite et le brouillard peut s’installer en quelques minutes en réduisant la visibilité qui peut devenir nulle. Il est prudent d’avoir un GPS avec soi. En actionnant la fonction retour, il sera plus facile de retrouver sa trace.

En hiver, le brouillard peut s’accompagner d’une tempête de neige, avec un véritable blizzard qui fait perdre ses repères. Si l’on n’a pas de GPS pour se guider, le chef des guides m’avait indiqué qu’il fallait marcher sans s’arrêter contre le vent qui, le plus souvent vient de l’ouest. Arrivera un moment où l’on atteindra la forêt. La chose à ne pas faire serait de tourner le dos au vent et de se diriger vers la Valle del Bove, avec le risque de chute mortelle le long des parois escarpées de cette dépression.

En hiver, lorsque la neige recouvre l’Etna, il faut avancer avec prudence dans la zone sommitale, en particulier dans les secteurs où les fumerolles chauffent le sol. La chaleur ainsi émise fait fondre la neige par en dessous et si l’on avance sur une telle zone, on peut vite se retrouver au fond d’un trou. Une bonne précaution est de laisser une distance entre les personnes. En cas de problème, il sera plus facile d’intervenir.

En été, c’est la foudre qui représente, à mes yeux, le principal danger. Là encore, il est fortement conseillé de consulter la météo avant d’entreprendre une randonnée. La lave de l’Etna est par endroits riche en fer, ce qui favorise les impacts de foudre. Ils sont très visibles au sommet de la Montagnola. Il y a quelques années, deux jeunes personnes ont été tuées par la foudre du côté du Cratère NE. J’ai raconté cette triste histoire dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé.

Outre la météo, l’Etna cache les pièges classiques d’un volcan actif, comme on a pu le constater avec l’explosion phréato-magmatique qui a surpris les personnes qui se trouvaient à proximité du front de coulée il y a quelques jours. Les explosions peuvent se produire au niveau des cratères même quand le volcan semble calme. J’ai pu le constater un jour que je me trouvais au bord de la Voragine qui a fait entendre deux grosses explosions avec des projections de blocs loin derrière la lèvre du cratère. D’où l’importance d’avoir un casque pendant la visite de l’Etna, une précaution que ne semble pas avoir prise les victimes de l’explosion phréato-magmatique. En cas d’explosion, surtout si celle-ci a son siège dans un cratère, il est important de ne pas courir. Le bon réflexe est de lever les yeux pour observer la trajectoire des bombes. Il sera ainsi plus facile de les éviter.

Une dernière recommandation : Respecter les décisions des autorités concernant la sécurité. Ne pas s’aventurer dans les zones non autorisées. Ne pas hésiter à louer les services d’un guide si le règlement l’impose.

Aujourd’hui, nous vivons une époque où les exploits extrêmes font la loi, et ceux qui s’aventurent à donner des conseils de prudence passent souvent pour des imbéciles. Heureusement, la Nature est là pour remettre les choses à leur place!

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MISE AU POINT

Les articles et remarques publiés sur ce blog le sont sous la seule responsabilité de Claude Grandpey et n’engagent en rien celle de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) dont il est Président d’Honneur. Si des personnes ont des commentaires à formuler sur les articles, elles doivent le faire ici, dans la rubrique « Commentaires », par courrier électronique ou par téléphone si elles possèdent mon numéro.

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Mount Etna is a volcano whose access is quite easy, but it requires the utmost caution, like all active volcanoes or, simply, high mountain areas. It should not be forgotten that the volcano culminates at 3340 meters a.s.l. and the weather above 2000 meters has nothing to do with that of the beaches of the Ionian Sea. Even in the summer, it can get very cold. When I worked with the guides, I saw young and pretty women get out of the buses in mini skirts and regret not having covered themselves more warmly!
Regarding the weather, it is prudent to inquire before starting a hike on the volcano. The weather can change extremely quickly. Fog can settle in minutes and reduce visibility that can become zero. It is prudent to carry a GPS. By activating the return function, it will be easier to find one’s track.
In winter, the fog can be accompanied by a snow storm, with a real blizzard that makes you lose your bearings. If you do not have a GPS to guide you, the leader of the guides told me one day  that you should walk without stopping against the wind, which usually comes from the west. There will come a time when you will reach the forest. The thing not to be done would be to turn your back to the wind and to head towards the Valle del Bove, with the risk of a deadly fall along the steep walls of this depression.
In winter, when snow covers Mt Etna, caution must be exercised in the summit zone, particularly in areas where fumaroles are heating the ground. The heat thus emitted melts the snow from below and if one moves forward on such an area, one can quickly find oneself at the bottom of a hole. A good precaution is to leave a distance between people. In case of problems, it will be easier to intervene.
In summer, it is the lightning which represents the main danger. Again, it is advisable to consult the weather before undertaking a hike. The lava on Mt Etna is in places rich in iron, which atracts lightning strikes. They are quite visible at the top of the Montagnola. A few years ago, two young people were killed by lightning near the NE Crater. I narrated this sad story in my book Volcanecdotes, now out of print.
In addition to the weather, Mount Etna conceals the classical traps of an active volcano, as we have seen with the phreato-magmatic explosion that surprised the people who were near a lava front a few days ago. Explosions can occur at the summit craters even when the volcano appears calm. I could see it one day when I was on the edge of the Voragine which triggered two large explosions, with projections of blocks far beyond the crater rim. Hence the importance of wearing a helmet during the visit of Mt Etna, a precaution that does not seem to have been taken the victims of the phreato-magmatic explosion. In the event of an explosion, especially if it has its seat in a crater, it is important not to run. The good reflex is to raise one’s eyes to observe the trajectory of the bombs. This will make it easier to avoid them.
A final recommendation: Respect the authorities’ decisions on safety. Do not venture into unauthorized areas. Do not hesitate to rent the services of a guide if the regulation imposes it.

Today, at a time when extreme feats are the rule, those who dare give pieces of advice about security are often considered as stupid persons. Fortunatley, Nature is here to put things right!

Photos: C. Grandpey

Pénurie de satellites météorologiques aux Etats Unis? // Shortage of meteorological satellites in the U.S.?

drapeau francaisL’Arctique est en train de fondre et les scientifiques viennent de perdre un outil essentiel pour suivre l’évolution de la situation.
Début avril, le satellite américain F17, principalement utilisé à des fins météorologiques, a connu des dysfonctionnements qui ont compromis l’intégrité des données. Même s’il existe en orbite des satellites du même type capables de prendre momentanément la relève, ils sont si vieux que les scientifiques ne savent pas pendant combien de temps ils seront encore opérationnels.
Actuellement, aucun gouvernement n’envisage de lancer de nouveaux satellites dans un proche avenir, si bien que les scientifiques qui s’appuient sur ces satellites pour obtenir des données climatiques commencent à être très inquiets pour l’avenir de leurs recherches. Le problème intervient au mauvais moment. En effet, l’Arctique et d’autres régions difficilement accessibles subissent des changements rapides et les scientifiques ont cruellement besoin de ces instruments pour suivre leur évolution.
Le mois dernier, grâce au satellite F 17, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) a pu signaler que la surface occupée par la glace de mer dans l’Arctique l’hiver dernier était à un niveau de régression record pour la deuxième année consécutive. Malheureusement, le 12 avril 2016, le NSIDC a expliqué que ses mises à jour concernant la glace de mer étaient suspendues jusqu’à nouvel ordre en raison de difficultés techniques rencontrées avec le satellite F17.
Le F17 fait partie des nombreux satellites lancés par le Defense Meteorological Satellite Program (DMSP). Créé en 1962, il fait partie des plus anciens programmes satellitaires des Etats-Unis et représente une source précieuse de données météorologiques depuis des décennies. En 1987, le programme est devenu particulièrement utile pour les climatologues avec le lancement de satellites incorporant des capteurs passifs à micro-ondes. Ces instruments sont capables de détecter les micro-ondes émises par la Terre et utilisées pour mesurer les propriétés atmosphériques telles que la température et l’humidité, ainsi que certains autres éléments à la surface de la Terre. L’un de ces détecteurs se trouve à bord du satellite F17. L’une des applications les plus importantes de cette technologie est sa capacité à détecter la glace de mer aux pôles sans avoir à s’appuyer sur l’imagerie visuelle. Un autre avantage de cette technologie est qu’elle n’est pas affectée par les nuages et ne nécessite pas la lumière du soleil.

Le problème avec les satellites, c’est qu’ils ne durent pas éternellement ; ils sont conçus pour avoir une durée de vie d’environ cinq ans. Ainsi, depuis 1987, le DMSP a lancé chaque nouveau satellite avec un intervalle de quelques années. Le plus récent d’entre eux est le F19, lancé en 2014. En général, les nouveaux satellites sont lancés avant que les anciens cessent de fonctionner, afin d’éviter des interruptions dans la collecte de données. Il y a bien encore en orbite quelques autres satellites DMSP équipés de la technologie de détection adéquate, mais on pense qu’ils sont en fin de vie eux aussi. En raison d’un manque de financement, le gouvernement ne prévoit pas d’en lancer d’autres.
Heureusement, les satellites DMSP ne sont pas la seule source de données sur la glace de mer. D’autres types d’instruments peuvent être utilisés pour recueillir les résultats des mesures.
Malgré tout, les données recueillies à partir de types d’instruments différents seront difficiles à intégrer à celles proposées par les capteurs à micro-ondes passifs et recueillies par des satellites tels que le F17. Même si la situation financière changeait et que de nouveaux capteurs étaient lancés à une date ultérieure, une rupture dans la collecte de données mettrait fin à des décennies de relevés réguliers. Par ailleurs, une rupture semblable dans la collecte de données à long terme réduirait à néant les modèles climatiques qui utilisent des données historiques pour prévoir l’avenir.
Il n’y a pas que les données concernant la glace de mer qui seraient victimes du manque de satellites. Les satellites DMSP servent également à la collecte d’autres données liées au climat, telles que le contrôle des précipitations et de la vitesse des vents.
Pour compenser le déficit satellitaire, les Etats-Unis pourraient procéder à un partage de données avec d’autres pays. Le Japon possède un satellite en orbite qui collecte des données micro-ondes, bien qu’il soit doté d’un type de capteur légèrement différent, ce qui pourrait poser un problème pour intégrer ces mesures à celles déjà enregistrées par les satellites DMSP. Le satellite japonais a été lancé en 2012 et on ne connaît pas sa durée de vie. L’Agence Météorologique Européenne a prévu de lancer des satellites destinés à la recherche polaire, mais ce ne sera probablement pas avant 2020. Cela signifie qu’il y a, là aussi, un risque de rupture de données si les satellites actuellement en service cessent de fonctionner d’ici là.
Pour l’instant, les scientifiques espèrent que les satellites DMSP actuellement en service tiendront le coup jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée ou qu’un nouveau satellite soit lancé pour prendre la relève.
Source: The Washington Post: https://www.washingtonpost.com/

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drapeau-anglaisThe Arctic is melting and scientists have just lost a key tool for monitoring it.

Earlier this month, a U.S. satellite known as F17, which was primarily used for meteorological measurements, experienced operational failures that compromised the integrity of its data. And while there are similar satellites in orbit that can take over the data collection for now, they are so old that scientists are unsure how much longer they’ll last.

Now, with no government plans to launch a replacement any time soon, scientists who rely on these satellites for valuable climate data are beginning to worry about the future of their research. The problem comes at a vital time, as the Arctic, and other remote regions, are seeing rapid changes and scientists badly need these instruments to track them.

Just last month, thanks to the F 17 satellite, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) was able to report that the maximum extent of Arctic sea ice this past winter was at a record low for the second straight year. But on April 12th, the NSIDC was forced to release a statement explaining that its daily sea ice updates were suspended until further notice due to technical difficulties with F17.

F17 was just one of many satellites launched by the Defense Meteorological Satellite Program (DMSP) over the years. It’s one of the country’s oldest satellite programs, created in 1962, and has been a source of valuable meteorological data for decades. In 1987, the program became of particular use to climate scientists when it began launching satellites containing passive microwave sensors. These instruments are able to detect microwaves emitted by the Earth, which can be used to measure atmospheric properties, such as temperature and humidity, as well as certain features on the earth’s surface. One of these sensors is carried on F17. One of the technology’s most important uses is its ability to detect sea ice at the earth’s poles without having to rely on visual imagery. Another advantage of the technology is that it is not affected by clouds and does not need sunlight.

The problem with the satellites is that they don’t last forever – they’re only designed to have a lifetime of about five years. So, since 1987, DMSP has been launching a new satellite every few years. The most recent of these was called F19, launched in 2014. In general, new satellites have been launched before the old ones have failed, to prevent interruptions in data collection.

There are still a few other DMSP satellites with the appropriate sensing equipment in orbit that scientists can turn to, but these are thought to be reaching the end of their lives as well. Because of a lack of funding, the government has no immediate plans to launch another.

Fortunately, the DMSP satellites are not the sole source of sea ice data. Other types of instruments can still be used to collect measurements.

But data collected from different types of instruments would be difficult to integrate with the passive microwave record from satellites such as F17. And even if the funding situation changed and new sensors were launched at a later date, any gap in the data collection would effectively end a decades-long record. Besides, such gaps in these long-term trends can also throw off climate models that use historical data to make predictions about the future.

It’s not just sea ice data that would suffer, either. The DMSP satellites have also been useful for other climate-related data collection, such as the monitoring of precipitation and wind speeds.

There might be an opportunity to share data with other countries in the future. Japan has a satellite in orbit that collects microwave data, although it is a slightly different type of sensor which could cause difficulties integrating its measurements with the data already collected from the DMSP satellites. The Japanese satellite was launched in 2012 and it is unclear how much longer it will last. The European Meteorological Agency has also made plans to launch a series of satellites intended for polar research, but likely not until after 2020. This means there is still a potential for a data gap if the currently operating satellites fail before then.

For now, scientists are hoping that the remaining DMSP satellites will hold out until a solution is reached or another satellite is launched to take over.

Source: The Washington Post: https://www.washingtonpost.com/

Satellite

Vue d’un satellite DMSP  (Source : US Air Force)