Un point chaud sous la Nouvelle Angleterre ? // A hot spot beneath New England ?

En lisant un récent article paru dans le très sérieux National Geographic, on apprend que «le nord-est des États-Unis se trouve peut-être au-dessus d’une masse en mouvement de roche à haute température».
Les résultats d’une étude, publiés dans la revue Geology, révèlent que la Nouvelle-Angleterre pourrait ne pas être à l’abri de changements géologiques. Une équipe de chercheurs de l’Université Rutgers et de l’Université de Yale a fait cette découverte surprenante en utilisant un ensemble de capteurs sismiques de dernière génération capables d’étudier la roche qui se cache sous nos pieds.
L’équipe scientifique a passé au peigne fin les données fournies par EarthScope, un programme financé par la National Science Foundation et qui a installé des centaines d’instruments à travers les États-Unis. Le projet ‘Transportable Array’, un réseau temporaire de capteurs sismiques, a fait le tour des États-Unis à partir de 2007. Le réseau a recueilli des données concernant de petits séismes et a observé le déplacement des ondes sismiques dans plusieurs régions.
L’équipe de chercheurs s’est appuyée sur des recherches antérieures montrant un point chaud relativement important sous le manteau supérieur au niveau de la Nouvelle-Angleterre. En utilisant les données de EarthScope, les scientifiques ont ensuite observé un panache de roche chaude sous le centre du Vermont, l’ouest du New Hampshire et l’ouest du Massachusetts, et ils ont trouvé des preuves géologiques que la région n’est pas immobile.
Les zones les moins denses sont celles où la roche est plus chaude et où les ondes sismiques se déplacent plus lentement. C’est ce que l’équipe a observé sous la Nouvelle-Angleterre. Les chercheurs ont également détecté des modèles d’ondes qui suggèrent des déformations dans la roche elle-même. Normalement, le mouvement d’une plaque tectonique laisse dans son sillage l’équivalent géologique des marques de dérapage, phénomène que les capteurs sismiques peuvent détecter. Dans cette région, cependant, les marques de dérapage ont disparu et ont été effacées par le mouvement ascendant de la roche plus chaude.
Cependant, les habitants de la Nouvelle-Angleterre ne doivent pas paniquer. Le soulèvement du sol de la région dure probablement depuis des dizaines de millions d’années, ce qui est malgré tout  relativement récent en termes géologiques, et il évolue très lentement. Pour l’instant, il n’est certainement pas assez proche de la surface pour modifier la géographie de la Nouvelle-Angleterre ou donner naissance à un volcan !
La découverte qui vient d’être faite en Nouvelle Angleterre montre qu’il est peut-être temps de repenser la géologie de la région. L’idée qui sous-tend cette recherche est que la structure de la Terre est beaucoup plus complexe et dynamique qu’on le pensait jusqu’à présent. Cela permet aussi de mettre la planète en perspective. La Nouvelle-Angleterre a traditionnellement été considérée comme un lieu sans vraiment d’évolution géologique, mais les données de EarthScope suggèrent qu’en réalité le sous-sol de la région est tout sauf immobile.

Source : National Geographic.

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Reading a recent article in the very serious National Geographic magazine, we learn that “the northeastern U.S. may sit atop a rising mass of warm rock.”

The findings of a study, published in the journal Geology, suggest that New England may not be so immune to abrupt geological change. A team of researchers at Rutgers University and Yale University made this surprising discovery using an advanced array of seismic sensors, which show what lies in the otherwise hidden rock below our feet.

The scientific team studied data from EarthScope, a National Science Foundation program that deploys hundreds of geophysical instruments across the United States. The project’s Transportable Array, a temporary network of seismic sensors, made its way around the U.S. starting in 2007. The array picked up readings from small earthquakes and observed the motions of seismic waves in various regions.

The team piggybacked off previous research showing a relatively hot spot beneath New England’s upper mantle. Using data from EarthScope, they then observed a localized plume of warm rock beneath central Vermont, western New Hampshire, and western Massachusetts, and found geologic evidence that the region is on the move.

Less dense areas are where the rock is hotter, and seismic waves move more slowly. This is what the team saw under New England. They also observed wave patterns that suggest deformations in the rock itself. Normal plate motion leaves the geologic equivalent of skid marks in its wake, which seismic sensors can detect. In this region, however, the skid marks were gone, erased by the upward movement of warmer rock.

However, New England residents don’t need to panic. The upwelling is likely tens of millions of years old, which would make it a relatively recent development in geological terms, and it is moving very slowly. For now, it certainly has not come close enough to the surface to shape New England’s geography or create a volcano.

The discovery is a sign that it may be time to rethink the region’s geology.

The idea behind this research is that Earth’s structure is even more intricate and dynamic than anyone realized. It also helps put the planet in perspective. New England has traditionally been considered a place of little geologic change, but EarthScope data suggests that the subsurface reality is anything but stagnant.

Source : National Geographic.

Nouvelle Angleterre (Source: Wikipedia)

 

Evolution des mentalités au pied du Merapi (Java / Indonésie)? // Evolution of mentalities on the slopes of Mt Merapi (Java / Indonesia)?

Rappelez-vous: En 2010, le Merapi est entré en éruption et a tué 353 personnes tandis que 350 000 autres étaient évacuées vers des endroits plus sûrs. Le volcan, comme beaucoup d’autres en Indonésie, possède sa propre mythologie. On croit, par exemple, qu’il abrite en son sein un sultanat de l’ombre du royaume des esprits.
Le Merapi, comme d’autres sites spirituels en Indonésie, a un juru kunci, ou gardien, qui est responsable de l’activité rituelle et est nommé par le sultan de Yogyakarta. En 2010, lorsque le volcan est entré en éruption, son gardien était Mbah Maridjan qui était connu pour son lien spirituel étroit avec la montagne. Il a choisi de mourir pendant l’éruption, alors que sa famille et d’autres villageois avaient quitté leurs maisons pour se mettre en sécurité. Son corps a été retrouvé prostré dans la position typique de la prière islamique.
Depuis 2011, le gardien du Merapi est Asih, le fils de Mbah Maridjan. Cependant, Asih, professeur de mathématiques à l’Université islamique de Yogyakarta pendant la semaine, n’est pas aussi engagé dans son rôle de gardien que son père charismatique. Il affirme qu’il est juste un serviteur du sultan et qu’il ne ressent aucun lien spirituel particulier avec le Merapi. Il a même refusé «Mbah», le titre honorifique de son père, qui signifie «gardien de la montagne».
Depuis la tragédie de 2010, Yogyakarta – une ville située au sud du volcan – a développé un remarquable système de gestion de la situation générée par l’activité du Merapi.  On observe une forte concentration de scientifiques et de décideurs dans cette ville universitaire qui met en relation la population et les scientifiques. Il y a une importante équipe de secouristes issue de la population et un gardien spirituel du volcan qui travaille main dans la main avec les autorités gouvernementales.
L’évolution de la fonction de gardien du volcan montre également comment tradition et modernité vont de pair aujourd’hui à Yogjakarta, après l’éruption de 2010. Asih, le gardien, indique qu’il travaille en étroite collaboration avec le Centre de Volcanologie et le Centre de Gestion des Risques Géologiques. Contrairement à la plupart des autres gardiens, il reconnaît qu’il ne lui serait pas facile de transmettre les informations aux gens de la région sans déclencher un mouvement de panique, et que le gouvernement est plus qualifié que lui pour effectuer ce travail de communication.
Une évolution significative est également apparue parmi la population vivant à proximité du Merapi. Par exemple, chaque famille possède un talkie-walkie. Le responsable du VSI a déclaré: «Après 2010, je pense que les gens ont accepté d’écouter les mises en garde des scientifiques, ce qui facilite mon travail.» Aujourd’hui, le système d’alerte volcanique à Yogyakarta associe tous les moyens disponibles, depuis les médias sociaux jusqu’au bouche à bouche pour transmettre les informations aux personnes âgées. Yogyakarta a également une communauté très engagée qui apporte sa contribution. La ville dispose d’un comité de secourisme (SAR) avec 2 000 jeunes qui peuvent venir en aide non seulement aux victimes de catastrophes, mais aussi aux personnes qui se perdent ou se blessent sur la montagne. Le SAR travaille à la fois avec le gardien du volcan et le gouvernement local.
Depuis l’éruption de 2010, les circuits en jeep sont devenus une attraction sur le volcan. Ils attirent entre 3 000 et 10 000 touristes chaque week-end. Yogyakarta montre comment une communauté peut gérer une menace continue en l’abordant de différents points de vue.
Le Merapi est toujours actif; On peut le voir par temps clair depuis certains quartiers de la ville. Il n’est plus un fardeau dans l’esprit de la population grâce aux profondes évolutions qui ont ponctué la dernière décennie.
Source: Adapté d’un article dans Voice of America.

La prochaine éruption nous dira si l’évolution des mentalités a permis d’éviter un lourd bilan.

Je sais que des Indonésiens, ainsi que des Français résidant en Indonésie, fréquentent mon blog. J’aimerais avoir leur point de vue sur cet article. Sont-ils en mesure de confirmer (dans les commentaires) l’évolution des mentalités au pied du Merapi?

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Just remember: In 2010, Mt Merapi erupted, killing 353 persons while 350,000 were evacuated to safer places. The volcano, like many others in Indonesia, has its own mythology. It is believed, for instance, that a shadow sultanate of the spirit kingdom is located inside the volcano.
Mt Merapi, like some other spiritual sites in Indonesia, has a juru kunci, or guardian, who is responsible for ritual activity and is appointed by the Sultan of Yogyakarta. In 2010, when Mt Merapi erupted, the guardian was Mbah Maridjan, who was famous for his close spiritual connection with the mountain. He chose to die in the 2010 eruption while his family and other villagers descended to safety. His body was found bent over in prayer.

Merapi’s guardian since 2011 is Asih, Mbah Maridjan’s son. However, Asih, a math professor at the Islamic University of Yogyakarta during the week, is not quite as committed to the mountain as his charismatic father was. He says he is just a servant of the sultan and that he does not feel any particular spiritual connection with Mt Merapi. He declined his father’s honorific « Mbah, » which means « mountain guard. »
Since the 2010 tragedy, Yogyakarta – a city which lies to the south of the volcano – has developed one of the most comprehensive volcano management systems in the world. There is a high concentration of scientists and policy experts in the university town. It is also unique in its combination of grassroots and high-level efforts, from a large volunteer search and rescue SAR) squad to a hereditary spiritual guardian who works hand-in-hand with government officials.
As a consequence, The guardian’s evolving role also reflects how tradition and modernity increasingly work in tandem in post-eruption Yogyakarta. Asih says he works closely with the Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation. Unlike most other guardians, he admits it is not easy for him to give information to people in the area without panic, and that the government can do a better job.
A significant evolution has also appeared among the population living close to Mt Merapi. For instance, every family has a walkie-talkie. Said the head of the VSI: “After 2010, I think people have wanted to listen to science-based warnings, which makes my job easier. » Today, Yogyakarta’s early warning system for volcano alerts combines everything from social media to « mouth-to-mouth knowledge transfer for older people. » Yogyakarta also has a highly engaged citizenry that compounds their efforts at the grassroots level. The city has an all-volunteer search and rescue (SAR) committee of 2,000 young people who train to help not just disaster victims, but also those who get lost or hurt on the mountain. SAR works both with the volcano’s guardian and the local government.
Since the 2010 eruption, open-air jeep tours have become a popular addition to the mountain, attracting 3,000 to 10,000 tourists each weekend. Yogyakarta is a case study in how a community can manage an ongoing threat by tackling it from many directions.

Mt Merapi is still active; you can see it on clear days from parts of the city. But it is no longer a burden on residents’ minds, in part because of their great advances in the past decade.
Source: Adapted from an article in Voice of America.

The next eruption will tell us if the evolution of mentalities has helped to avoid a heavy toll.

I know that Indonesians, as well as French people living in Indonesia, regularly visit my blog. I would like to have their point of view on this article. Can they confirm (in the comments) the evolution of mentalities at the foot of Mt Merapi?

Village sous la cendre après l’éruption de 2010 (Source: Wikipedia)

Kadovar (Papouasie-Nouvelle-Guinée // Papua-New-Guinea)

Le volcan Kadovar en Papouasie-Nouvelle-Guinée n’est certainement pas le plus connu des volcans de la planète. Cependant, on peut lire sur le très intéressant site « The Watchers » (https://watchers.news/2018/01/06/dormant-kadovar-volcano-awakens-first-eruption-in-known-history-png/) que « plus de 500 personnes vivant sur l’île de Kadovar ont été évacuées suite à la première éruption historique du Kadovar. Ce volcan, en sommeil jusqu’à hier, fait partie des îles Schouten et se trouve au large de la Nouvelle-Guinée, à environ 25 km au nord de l’embouchure de la rivière Sepik. La dernière activité de ce volcan fut une période de phénomènes géothermaux en 1976. L’alerte aérienne a été élevée à la couleur Orange. Une grande partie de l’île est déjà couverte de lave. »
Le Kadovar est entré en éruption vers 12h00 (heure locale) le 5 janvier 2018. Les autorités ont envoyé des bateaux pour évacuer plus de 500 personnes vivant sur l’île.
Selon le VAAC de Darwin, le nuage de cendre atteignait une altitude de 2,1 km

Source: The Watchers.

Voici une petite vidéo de l’éruption:

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Kadovar Volcano in Papua New Guinea is not the best known of the Earth’s volcanoes. However, we can read on the very interesting website “The Watchers” (https://watchers.news/2018/01/06/dormant-kadovar-volcano-awakens-first-eruption-in-known-history-png/) that “more than 500 people living on Kadovar Island have been evacuated following the first eruption of Kadovar volcano in known history. This volcano, dormant until yesterday, is part of the Schouten Islands, and lies off the coast of New Guinea, about 25 km north of the mouth of the Sepik River. The latest activity at this volcano was a period of heightened thermal phenomena in 1976. The Aviation Colour Code for the volcano was raised to Orange. A large part of the island is already covered in lava ».

Kadovar started erupting around 12:00 (local time) on January 5th, 2018, prompting authorities to send out boats to evacuate more than 500 people living on Kadovar Island.

According to Darwin VAAC, the volcanic ash cloud was reaching an altitude of 2.1 km a.s.l.

Source: The Watchers.

La Chine s’attaque aux émissions de carbone // China tackles carbon emissions

Alors que l’administration Trump fait marche arrière dans la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, renforce son engagement.
Le Président chinois Xi Jinping a récemment tenu sa promesse de lancer un marché national du carbone. Même s’il n’est pas aussi ambitieux que le projet d’origine, le programme chinois, qui couvrira le secteur de l’électricité dans sa première phase, a déjà dépassé le marché du carbone de l’Union Européenne. En tant que tel, la Chine envoie un signal fort aux autres pays et leur montre qu’elle respecte l’Accord de Paris.
La Chine commencera par son secteur énergétique qui représente 46% des émissions de dioxyde de carbone dans le pays. Elle a ensuite l’intention d’étendre le programme, entre autres, à la pétrochimie, à la sidérurgie et à l’aviation. Si tout va bien, les experts disent que le programme pourrait permettre à la Chine d’atteindre ses objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Le marché pourrait réduire les émissions de dioxyde de carbone de la Chine de près de 30% d’ici 2030.
Une réussite du programme pourrait assurer à la Chine le statut de leader en matière de climat, d’autant plus que les États-Unis ne joueront plus un rôle prépondérant. En effet, l’administration Trump a clairement indiqué qu’elle ne considérait plus le changement climatique comme une menace pour la sécurité nationale.
S’agissant de ce nouveau marché du carbone, les objectifs de la Chine pourraient s’avérer difficiles à atteindre. Comme le fait remarquer la revue Scientific American, aucun système d’échange de carbone dans le monde, y compris ceux de l’UE et de la Californie, n’a permis de réduire significativement les émissions de CO2.
Source: Huffington Post.

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As President Trump’s administration takes steps backward in the world’s fight against climate change, China is ramping up its commitment.

Chinese Premier Xi Jinping recently made good on his promise to launch a national carbon market. Though not as ambitious a scheme originally touted, the program, which will cover China’s power sector in its first phase, has already overtaken the European Union carbon market as the world’s largest. As such, China sends a strong political signal internationally that the country is committed to the Paris Agreement.

China will start with its power sector, which accounts for 46 percent of the nation’s carbon dioxide emissions. It intends eventually to expand the program to petrochemicals, iron and steel, and aviation, among other industries. If all goes well, experts say the program could help China hit its Paris climate agreement targets. The market could reduce China’s carbon dioxide emissions by almost 30 percent by 2030.

A successful program may secure China’s status as a climate leader, particularly as the U.S. retreats from what had been a prominent role. Indeed, Trump’s administration has made it clear that it no longer considered climate change a national security threat.

China’s goals for its new carbon market could prove challenging to achieve. As Scientific American notes, no carbon trading system in the world, including those in the EU and in California, has resulted in significant reductions in CO2 emissions.

Source: Huffington Post.

Nuage de pollution industrielle au-dessus de la Mer de Bohai et de la Mer Jaune, en provenance de la côte orientale de la Chine (Crédit photo: NASA).