Changement climatique: Al Gore et les scientifiques contre Donald Trump / / Climate change: Al Gore and the scientists vs. Donald Trump

La suite du film d’Al Gore « Une Vérité qui dérange » – An Inconvenient Sequel – a reçu un accueil mitigé et a terminé 15ème au box-office le week-end dernier, malgré une forte promotion à l’échelle nationale par l’ancien vice-président des Etats Unis. Lorsque la première partie est sortie en 2006, elle avait généré près de 50 millions de dollars. La suite n’en a généré que 900 000. Le documentaire est maintenant dans sa deuxième semaine dans les salles de New York et de Los Angeles, après sa sortie pendant le week-end du 28 juillet.
Le film a généralement reçu un bon accueil de la part de la critique. Il a obtenu un pourcentage de satisfaction de 77% sur un site web d’évaluation des films et des émissions de télévision. En revanche, le public ne lui a accordé qu’un pourcentage de satisfaction de 48% sur le même site.

Dans le même temps, l’administration Trump essaie de dissimuler autant qu’elle le peut la vérité sur le changement climatique, tandis que les scientifiques montent au créneau et crient haut et fort qu’ils ne seront pas réduits au silence par les négationnistes climatiques à la Maison-Blanche.
Alors que l’administration Trump essaie de supprimer les agences qui parlent du changement climatique, un rapport censé ne pas être divulgué – mais qui vient d’être diffusé par des scientifiques – conclut que des millions d’Américains subissent actuellement les effets du changement climatique. Le rapport confirme que les dernières années ont connu des épisodes climatiques extrêmes liés au changement climatique, ainsi que les années les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde.
Le rapport est un camouflet majeur pour le Président qui refuse de reconnaître le changement climatique. On peut lire dans le rapport : « Les preuves du changement climatique abondent, depuis les hauteurs de l’atmosphère jusqu’aux profondeurs des océans. » […] « Des milliers d’études menées par des dizaines de milliers de scientifiques à travers le monde ont démontré les changements intervenus à la surface de la Terre, que ce soient les températures atmosphériques ou océaniques, la fonte des glaciers, la disparition de la couverture neigeuse, la diminution de la glace de mer, l’élévation du niveau des océans et l’augmentation de la vapeur d’eau atmosphérique « . Le rapport décrit comment la température moyenne aux États-Unis a augmenté rapidement depuis 1980 et confirme que les dernières décennies ont été les plus chaudes des 1500 dernières années.
Selon le rapport, il ne fait aucun doute que les humains sont responsables: «De nombreux exemples démontrent que les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, sont responsables des récents changements climatiques.» […] «Les activités humaines sont maintenant la cause principale des changements observés dans le climat. »
Reste à savoir si l’administration de Trump publiera officiellement le rapport. L’Agence de Protection de l’Environnement aux États-Unis (EPA), actuellement dirigée par Scott Pruit, doit l’approuver d’ici la mi-août. Il est peu probable qu’il soit publié en l’état. Selon le Times, « les scientifiques craignaient que l’administration Trump modifie ou supprime carrément le rapport ». C’est pour cela qu’il l’ont fait fuiter!
Il existe d’autres preuves que l’administration Trump essaie de supprimer et de détourner la terminologie du changement climatique. Ainsi,  le Ministre de l’Agriculture des États-Unis a demandé à son personnel d’éviter d’utiliser l’expression «changement climatique» et de la remplacer par «conditions météorologiques extrêmes»… No comment !
Source: Presse américaine.

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Al Gore’s climate change sequel to « An Inconvenient Truth » finished 15th at the box office this weekend despite heavy national promotion from the former vice president. When it was released, « An Inconvenient Truth » generated nearly $50 million at the box office in 2006.

« An Inconvenient Sequel » has earned only about $900,000.
The documentary is now in its second week in cinemas after opening in New York and Los Angeles on the weekend of July 28th.

The film has received generally positively among critics, earning a 77% favorable rating on a review website for movies and television. Audiences only gave it a 48% favorable rating on the same site.

In the meantime, the Trump administration is trying as fast as it can to bury the truth about climate change while scientists are fighting back and showing that they will not be silenced by the climate deniers in the White House.

So while the administration tries to suppress its agencies talking about climate change, a leaked report has concluded that millions of Americans are feeling the effects of climate change right now. The report confirms that the last few years have seen record-breaking, climate-related, weather extremes, as well as the warmest years on record for the globe

The report is a major rebuttal and rebuke to the climate-denying president. « Evidence for a changing climate abounds, from the top of the atmosphere to the depths of the oceans, » the report outlined: « Thousands of studies conducted by tens of thousands of scientists around the world have documented changes in surface, atmospheric, and oceanic temperatures; melting glaciers; disappearing snow cover; shrinking sea ice; rising sea level; and an increase in atmospheric water vapour. » The report outlines how the average temperature in the U.S. has risen rapidly since 1980, and recent decades have been the warmest of the past 1,500 years.

It is explicit that humans are to blame: « Many lines of evidence demonstrate that human activities, especially emissions of greenhouse gases, are primarily responsible for recent observed climate changes, » and « Human activities are now the dominant cause of the observed changes in climate. »

Whether the Trump administration will ever officially publish the report remains to be seen. The U.S. Environmental Protection Agency (EPA), currently led by Scott Pruit, is one of the agencies that has to approve it by mid-August. It is unlikely to be published unscathed. According to the Times, « Scientists say they fear that the Trump administration could change or suppress the report. »

There is new evidence that the Trump administration is trying to suppress and distort the language around climate change, with the U.S. Department of Agriculture telling staff to avoid using the term « climate change » and instead use the term « weather extremes. » No comment!

Source : American newspapers.

Source: NOAA

De toute évidence, l’administration Trump n’a jamais entendu parler de la Courbe de Keeling qui décrit les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère au niveau du Mauna Loa à Hawaii. Le niveau actuel reste très élevé, avec plus de 400 ppm. A noter que la courbe montre un point bas chaque année vers la fin du mois de septembre, au moment de la transition entre l’été et l’automne. L’absorption du CO2 par la végétation décline et est dépassée par les émissions de CO2 au niveau des sols. On remarquera que la concentration en CO2 de ce point bas augmente d’une année sur l’autre.

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Obviously, the Trump administration has never heard of the Keeling Curve describing atmospheric concentrations of carbon dioxide on Mauna Loa in Hawaii. The current level remains very high, with more than 400 ppm. It should be noted that the curve shows a low point each year towards the end of September, when the transition between summer and autumn begins. CO2 absorption by the vegetation is declining and is exceeded by CO2 emissions by the soils. The CO2 concentration of this low point increases from one year to the next.

 

« Une Vérité qui Dérange (suite) » // « An Inconvenient Sequel »

Dix ans après, «Une Vérité qui Dérange » – An Inconvenient Truth – qui a propulsé le changement climatique au cœur de la culture populaire, An Inconvenient Sequel montre que nous sommes sur le point d’entrer dans une véritable révolution énergétique. Le vice-président Al Gore y poursuit sa lutte infatigable. C’est un voyage autour du monde au cours duquel il forme une armée de défenseurs du climat et influence la politique climatique internationale. Les caméras le suivent dans les coulisses – dans des moments à la fois privés et publics, drôles et poignants – pendant lesquels il poursuit l’idée que, bien que les enjeux n’aient jamais été aussi importants, les dangers du changement climatique peuvent être surmontés grâce à l’ingéniosité humaine et la passion.

Voici la bande annonce du film sorti le 28 juillet 2017 dans un nombre limité de cinémas américains

https://www.youtube.com/watch?v=huX1bmfdkyA&feature=youtu.be

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Ten years after An Inconvenient Truth brought climate change into the heart of popular culture, An Inconvenient Sequel shows just how close we are to a real energy revolution. Vice President Al Gore continues his tireless fight, travelling around the world, training an army of climate champions and influencing international climate policy. Cameras follow him behind the scenes – in moments both private and public, funny and poignant – as he pursues the inspirational idea that while the stakes have never been higher, the perils of climate change can be overcome with human ingenuity and passion.

Here is the trailer of the film that was released on July 28th 2017 in a limited number of U.S. cinemas

https://www.youtube.com/watch?v=huX1bmfdkyA&feature=youtu.be

Sawyer Glacier (Alaska)  [Photo: C. Grandpey]

Elévation du niveau de la mer ? Vous voulez rire ! // Sea level rise ? You must be joking !

Voici une histoire qui confirme l’attitude de Donald Trump sur le changement climatique et la montée des mers, mais aussi l’attitude de la plupart des Américains à propos de la catastrophe climatique qui menace notre planète.
L’histoire se passe sur une petite île – Tangier Island (Virginie), dans la baie de Chesapeake – qui a voté majoritairement pour le président, et son maire est un ardent supporter de Trump. Il y a trois points à retenir dans cette histoire: d’abord, l’île est en train de disparaître si rapidement que le groupement des ingénieurs de l’armée américaine a déclaré que « l’érosion et l’élévation du niveau de la mer rendront inhabitable dans 20 ans cette île où l’on pratique depuis toujours la pêche au crabe. ». Ensuite, les habitants attendent désespérément l’aide du gouvernement qui permettrait de construire une digue coûteuse qui, selon eux, pourrait empêcher leur île de disparaître. Enfin, l’île a voté à 87 pour cent pour Trump, et le maire a déclaré qu’il «aimait Trump autant que n’importe quel membre de sa famille».
Trump a pris connaissance de l’histoire de Tangier par ses conseillers et il a décidé de téléphoner au maire. Le sujet de la conversation a rapidement tourné autour de l’avenir de l’île. Trump a dit de ne pas s’inquiéter de l’élévation du niveau de la mer. « Votre île est là depuis des centaines d’années, et je crois que votre île sera là dans des centaines d’autres ».
Cependant, les ingénieurs de l’armée américaine affirment que l’île sera inhabitable dans 20 ans ou beaucoup plus tôt si elle est frappée directement par une tempête majeure, mais le président a rejeté la cause principale : la montée des mers.
Après l’appel téléphonique de Trump, le maire a déclaré: « Comme le président, je ne suis pas préoccupé par l’élévation du niveau de la mer. Je suis tous les jours sur l’eau, et je ne m’en rends pas compte. C’est juste l’érosion qui détruit Tangier. » La chaîne CNN a expliqué que cela ne dérange pas les habitants de Tangier que Trump se soit retiré de l’accord climatique de Paris. Ils pensent que la décision leur permettra d’avoir plus d’argent pour la construction de l’infrastructure dont ils ont besoin pour sauver leur île. En réalité, ils se trompent lourdement ! Le budget environnemental proposé par Trump mettra fin au programme d’aide à la Baie de Chesapeake et réduira le grand programme de protection des côtes géré par la NOAA!
Source: Médias américains.

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Here is a story that confirms both Donald Trump’s views about climate change and rising seas and the attitude of most Americans about the catastrophe that threatens our planet.

The story involves a tiny island – Tangier (Virginia), in the Chesapeake Bay – that voted overwhelmingly for the president and its mayor is a Trump supporter. It has three key points: First, the island is vanishing so rapidly that “the Army Corps of Engineers told erosion and sea level rise alone will make this historic crabbing community uninhabitable in as little as 20 years. Second, the residents are desperate for government help, like an expensive seawall, which they believe could save their vanishing island if it came quickly enough. Third, the island voted 87 percent for Trump, and the mayor said he “loved Trump as much as any family member he got.”

Trump viewed the story after staffers brought it to his attention and he decided to call the mayor. The subject of the call rapidly turned to the island’s fate. Trump “said not to worry about sea-level rise. Your island has been there for hundreds of years, and I believe your island will be there for hundreds more.’”

However, the Army Corps says the island will be uninhabitable in perhaps 20 years or much sooner if it gets struck directly by a major storm, but the president dismissed the primary cause, rising seas.

After Trump’s phone call, the mayor said: “Like the president, I’m not concerned about sea level rise. I’m on the water daily, and I just don’t see it. It’s just erosion that is destroying Tangier.” CNN explained that it doesn’t bother residents that Trump pulled out of the Paris climate deal. The residents on Tangier look at the decision as more money it will free up to help them build the infrastructure they need to save their island. In reality, Trump’s proposed budget would end federal support of the Chesapeake Bay Program and zero out NOAA’s major coastal protection and adaptation program!

Source: American news media.

Perdue dans la Baie de la Chesapeake, Tangier Island est fortement menacée par la montée du niveau de l’océan. (Source : Google Maps)

Le sud de l’Arizona: Bientôt un mur solaire? // South Arizona : Soon a solar wall ?

En continuant vers le sud, la route vient buter sur la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, « the Fence », impressionnante clôture métallique qui s’étire sur des centaines de kilomètres et qui devrait être prolongée dans les années à venir. Le président Donald Trump était en faveur d’un mur de béton, mais son coût semble trop élevé et le prolongement métallique de « the Fence » semble la mesure la plus probable.

Des voix s’élèvent, bien sûr, contre cette initiative qui vise à mettre fin à l’immigration clandestine en provenance du Mexique. A noter que depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, on observe une chute de 40% du nombre d’immigrés clandestins qui ont traversé la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Les contrôles sont stricts aux postes-frontières, que ce soit sur les routes ou dans les aéroports des Etats Unis, mais et j’ai pu visiter Los Angeles et d’autres villes sans avoir autour de moi une ribambelle de soldats armés jusqu’au cou….

Si je critique la politique de Trump à bien des égards, je n’ai rien contre son slogan « America First! » – L’Amérique d’abord! – qui traduit bien le désir identitaire des Américains. J’ai eu l’occasion de remarquer que les drapeaux nationaux sont en vente dans de nombreux supermarchés du pays. La population n’a pas honte de les agiter chaque année le 4 juillet lors de la fête nationale. En France, nous sommes en ce moment très loin de ce patriotisme…

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Dernières nouvelles:
Lors d’un meeting à Cedar Rapids (Iowa), Donald Trump a déclaré qu’il avait proposé de construire un «mur solaire» sur la frontière mexicaine. Ce mur s’autofinancerait en générant de l’électricité. De cette façon, le Mexique devrait débourser beaucoup moins d’argent.
Trump a toujours répété au cours de la campagne présidentielle qu’il avait l’intention de construire un mur le long de la frontière mexicaine de 3 207 kilomètres pour arrêter l’immigration clandestine. Dans l’Iowa, c’est la première fois qu’il aborde publiquement le projet de construire un mur qui se comporterait comme une centrale solaire.
Le premier budget annuel, publié en mai, proposait 1,6 milliard de dollars pour installer de nouvelles sections du mur existant (« The Fence ») et pour remplacer les anciennes. Le président a estimé que la réalisation de cette « barrière » coûterait entre 8 et 12 milliards de dollars, bien que de nombreux experts aient déclaré que le coût réel serait beaucoup plus élevé. Sa proposition a été accueillie froidement au Congrès où les législateurs républicains et démocrates ont mis en doute l’utilité et le coût d’une barrière physique sur toute la longueur de la frontière.
Source: Médias américains.

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Going further south, the road runs into the border between the United States and Mexico, « the Fence », an impressive metal fence that stretches for hundreds of kilometers and should be extended in the years to come. President Donald Trump stood for a concrete wall, but its cost seems too high and the metal extension of « the Fence » seems the most likely decision.
There are, of course, voices against this initiative whose aim is to bring an end to illegal immigration from Mexico. It should be noted that since Trump’s arrival at the White House, there has been a 40% drop in the number of illegal immigrants who crossed the border between Mexico and the United States. Controls are severe at the customs on the roads and in the U.S. airports, but I could visit Los Angeles and other towns without a crowd of armed soldiers around me…
If I criticize Trump’s policy in many ways, I have nothing to say against its slogan, « America First », which shows Americans’ desire for identity. National flags are on sale in many supermarkets across the country. The population is not ashamed to wave them every year on July 4th on National Day. In France, we are very far from this patriotism …

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Latest :

At a campaign rally in Cedar Rapids, Iowa, Donald Trump said he’s proposed building a “solar wall” on the Mexican border that would pay for itself by generating electricity. The President thought that in this way Mexico would have to pay much less money.

Trump ran for the presidency on an oft-repeated promise to construct a wall across the 3,207 kilometre Mexican border to stop undocumented immigration. His speech in Iowa was the first time he has publicly described his proposal to build the wall as a solar power plant.

Trump’s first full-year budget, released in May, proposes a $1.6 billion down payment for new and replacement sections of a border wall. The president has estimated that completing the barrier would cost $8 billion to $12 billion, though many experts say the actual cost would be far higher. His proposal has been met with a cool reception in Congress, where lawmakers of both parties have questioned the utility and cost of a physical barrier across the entire length of the border.

Source: U.S. news media.

Photos: C. Grandpey

Rupture imminente de la plateforme Larsen C en Antarctique ? // Is the Larsen C Ice Shelf about to break off in Antarctica ?

Au cours des six jours qui ont précédé la décision du président Trump de se retirer de l’Accord de Paris sur le changement climatique, l’énorme fracture que j’ai mentionnée il y a quelques mois dans une plateforme glaciaire de l’Antarctique s’est allongée de 18 km, selon un rapport du groupe de recherche Project MIDAS du Brtiish Antarctic Survey.
La fracture qui tranche la plateforme « Larsen C » n’a plus que 13 km à parcourir pour donner naissance à l’un des plus grands icebergs jamais observés en Antarctique. En effet, lorsqu’il finira par se détacher du continent, l’iceberg ainsi produit mesurera plus de 80 000 kilomètres carrés et représentera 10% de la masse d’origine de la plate-forme glaciaire.
La progression de la fracture entre le 25 et le 31 mai 2017 a été la plus rapide depuis le mois de janvier, et l’inévitable rupture de la plate-forme Larsen C modifiera radicalement le paysage de cette partie du continent antarctique où la glace sera désormais moins stable. Le groupe Project MIDAS affirme que, bien que cette fracture ne soit pas forcément provoquée par le réchauffement climatique, la désintégration des plateformes glaciaires en Antarctique contribue à l’élévation du niveau de la mer qui menace les villes côtières. Lorsque les plateformes disparaissent, les glaciers qu’elles maintenaient en place peuvent avancer plus rapidement dans l’océan et accélérer leur contribution à l’élévation du niveau de la mer.
Donald Trump doit garder à l’esprit que la montée du niveau de la mer mettra en danger des villes fortement peuplées telles que New York, San Francisco, La Nouvelle-Orléans et Miami, et il est prévu que 13,1 millions d’Américains quitteront  les zones côtières d’ici l’année 2100. Cette crainte de l’élévation du niveau des océans a été l’un des nombreux facteurs qui ont inspiré l’objectif de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation de la température mondiale.
On ne sait pas exactement quand la progression rapide de la fracture provoquera la séparation de l’iceberg de la plateforme « Larsen C », mais la fracture a atteint une région de glace moins solide et l’événement ne devrait donc pas tarder.

Source: Journaux américains.

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In the six days before President Trump announced his decision to withdraw from the Paris Agreement on climate change, the enormous crack I mentioned a few months ago in an Antarctic ice shelf grew 18 km, according to a report by British Antarctic research group Project MIDAS.

The crack, which is located in Larson Shelf C, leaves only 13 km of ice connecting what could be one of the world’s largest recorded icebergs to Antarctica. When it eventually breaks free from the continent, the resulting iceberg will measure more than 80,000 square kilometres and represent 10 percent of the ice shelf’s original mass.

The growth spurt between May 25th and May 31st 2017 was the largest observed since January, and the inevitable splintering of Ice Shelf C will drastically alter the landscape of the continent and will make the ice that remains less stable. The Project MIDAS group states that although this specific crack was not likely caused by climate change, the disintegration of Antarctic ice shelves contributes to rising sea levels that threaten coastal cities. Indeed, when ice shelves disappear, ice can flow faster from the land to the ocean and contribute more quickly to sea level rise.

Mr Trump should bear in mind that rising sea levels will endanger heavily populated cities such as New York, San Francisco, New Orleans and Miami, and are predicted to cause 13.1 million Americans to relocate from coastal areas by 2100. Concern about rising sea levels was one of many factors that inspired the Paris Agreement’s goal of limiting the rise of global temperatures.

It is not known exactly when the rapidly growing crack will cause Ice Shelf C to break free from Antarctica, but the rift has now reached a region of soft ice and there is very little holding the ice shelf together.

Source : American newspapers.

Vue de la fracture et de sa progression jusqu’au mois de janvier 2017 (Source: MIDAS – Swansea University)

Taormine (Sicile) : Un échec climatique // Taormina (Sicily): A climatic failure

N’ayons pas peur des mots : Le sommet du G7 à Taormine s’est terminé sur un échec. Pour la première fois de son histoire, l’unité des sept pays participants s’est brisée sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à camper sur ses positions. En dépit des pressions répétées des Européens, du Canada et du Japon, Donald Trump est resté de marbre. « Les Etats-Unis d’Amérique sont en train de réévaluer leur politique sur le changement climatique et sur l’Accord de Paris et ne sont donc pas en mesure de rejoindre le consensus sur ce sujet », indique la déclaration finale.

Dans un de ces tweets dont il a le secret, le président américain a ajouté : « Je prendrai ma décision finale sur l’accord de Paris la semaine prochaine. »

Avant le sommet de Taormine, le Conseil de l’Arctique avait montré la frilosité de l’administration américaine en matière de réchauffement climatique. Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a expliqué devant le Conseil que Washington n’allait pas se «précipiter» pour réviser sa politique environnementale, le président Donald Trump ayant repoussé à fin mai sa décision sur son maintien au sein de l’accord multilatéral de Paris.

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé aux sept autres pays de ce Conseil de l’Arctique (Canada, Russie, Norvège, Danemark, Islande, Suède et Finlande) et aux représentants de peuples amérindiens indigènes que les Etats-Unis «réexaminaient à l’heure actuelle nombre de politiques importantes, notamment l’approche de l’administration Trump sur le changement climatique». Il assuré que Washington «n’allait pas se précipiter pour prendre une décision», mais qu’il allait «travailler pour prendre la bonne décision pour les Etats-Unis».

Une solution politiquement habile pour l’administration Trump, divisée sur le sujet, pourrait être de rester dans l’accord tout en réexaminant les objectifs qu’avaient fixés l’administration Obama (réduction de 26% à 28% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 par rapport à 2005).

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Let’s not be afraid of words: The G7 summit in Taormina ended in failure. For the first time in its history, the unity of the seven participating countries broke on the crucial issue of climate, confronted with Donald Trump who was more determined than ever to encamp on its positions. Despite repeated pressure from the Europeans, Canada and Japan, Donald Trump remained marble. « The United States of America is re-evaluating its policy on climate change and the Paris Agreement and is therefore not in a position to reach consensus on this issue, » the statement said.
In one of his tweets, the US president added: « I will make my final decision on the Paris agreement next week.  »

Prior to the Taormina summit, the Arctic Council had shown the US government’s reluctance to deal with global warming. Secretary of State Rex Tillerson told the Council that Washington was not going to « rush » to revise its environmental policy, as President Donald Trump postponed until the end of May his decision to remain in the Paris Climate Agreement.
The US diplomat reminded the other seven countries of the Arctic Council (Canada, Russia, Norway, Denmark, Iceland, Sweden and Finland) and representatives of indigenous peoples that the United States « was re-examining a number of important policies, including the Trump administration’s approach to climate change « . He assured Washington « would not rush to make a decision, » but that he would « work to make the right decision for the United States. »
A politically clever solution for the Trump administration, divided on the issue, could be to stay in the Paris Agreement while reviewing the Obama administration’s goals (reducing by 26% to 28% greenhouse emissions by 2025 compared to 2005).

Vue classique de Taormine: Le théâtre et l’Etna en toile de fond.

(Photo: C. Grandpey)

Lithium, la richesse des salars // Lithium, the salars’ wealth

Au moment où je visitais les Andes chiliennes, boliviennes et argentines en 2004, on craignait que les grandes puissances économiques du monde viennent puiser une ressource précieuse dans le sous-sol sud-américain: le lithium, qui se cache sous la beauté incroyable des salars. En visitant celui d’Uyuni en Bolivie, je me suis dit que des gens normalement intelligents n’oseraient jamais venir souiller l’immensité immaculée de ce salar qui avait intrigué les astronautes américains depuis la Lune.
Les gens avaient raison d’être inquiets. Une grande partie des ressources mondiales en lithium se trouve sur les hauts plateaux andins, et des entreprises du monde entier, en vue d’une demande élevée, viennent prendre pied sur les vastes gisements du Chili, de Bolivie et d’Argentine.
La technique d’extraction du lithium est bien connue. Les eaux de fonte de la neige sur les montagnes environnantes font descendre avec elles du lithium, du sodium et d’autres minéraux en provenance du sol et des sources chaudes. Ces eaux riches en sels s’écoulent vers les zones de plaines au pied des montagnes et y déposent leur contenu, d’où le nom espagnol de salares. Avec le temps et les variations de température saisonnières, le sel forme une croûte, ce qui donne naissance à des paysages magnifiques. C’est sous cette croûte que se dissimulent des concentrations élevées de lithium.
Pour extraire le lithium, la saumure est pompée vers de grands bassins d’évaporation, ce qui entraîne une plus grande concentration de métaux. La saumure est ensuite transportée par camion vers des installations qui extraient le lithium en utilisant des procédés chimiques et métallurgiques. Le carbonate de lithium est vendu aux fabricants de batteries.
La Bolivie possède les plus grandes réserves mondiales de lithium, même si elles restent largement inexploitées. En 2010, le ministère bolivien de l’exploitation minière et de la métallurgie a lancé un projet d’installation pour la fabrication du lithium dans le Salar d’Uyuni. Selon le ministère, le salar de 12 000 kilomètres carrés contient 9 millions de tonnes de réserves de lithium. Le plan du gouvernement était d’extraire du salar  40 tonnes par mois de carbonate de lithium, de sulfate de potassium, ainsi que d’autres produits.
Les plus grandes mines et projets de traitement de la saumure au lithium sont situés dans le Triangle du Lithium délimité par les salars d’Atacama, de Cauchari-Olaroz  et Hombre Muerto.
La production mondiale de lithium est actuellement dominée par quatre entreprises: deux aux États-Unis, une au Chili et une de Chine. Cette dernière se développe très rapidement. L’avantage de la Chine par rapport aux États-Unis est son accès au lithium. Le pays est le quatrième producteur mondial, avec l’extraction de 2 000 tonnes au cours de la seule année 2016. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la Chine est déjà leader mondial dans le domaine des deux-roues électriques et des flottes d’autobus.
Aux Etats Unis, le président Donald Trump a ordonné une révision des normes d’économie de carburant pour les entreprises qui, depuis 1975, prévoyaient une réduction de la consommation des voitures et des camionnettes. L’annulation de ces normes serait une menace pour la demande en véhicules électriques – et donc en lithium – qui sont généralement plus chers. Cependant, comme toutes les nouvelles technologies, les prix vont probablement baisser de façon significative au fil du temps. En 2022, le coût des voitures alimentées par des batteries au lithium devrait être comparable à celui des véhicules équipés d’un moteur à essence. En réaction à la mesure de Trump sur la réglementation de l’économie de carburant, une trentaine de villes américaines, dont New York, Los Angeles et Chicago, envisagent de dépenser jusqu’à 10 milliards de dollars pour s’équiper en véhicules électriques neufs pour la  police, les éboueurs et les balayeurs. Une telle mesure est destinée à montrer aux constructeurs automobiles il y a une demande réelle en véhicules électriques, ce qui est de bonne augure pour le lithium, mais beaucoup moins pour les salars de la Cordillère des Andes. .
Source: Presse internationale.

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While I was visiting the Chilean, Bolivian and Argentine Andes in 2004, there were fears that the world’s major economic powers might come and tap a precious resource in the underground: lithium, which lies hidden beneath the incredible beauty of the salars. While visiting the Salar de Uyuni in Bolivia, I told myself that normally intelligent people would never dare spoil the immaculate immensity of the salar that had intrigued the U.S. astronauts during the missions of the Moon.

People were right to be worried. Much of the world’s lithium supply is on the high Andean plateaus of South America, and companies from around the world, expecting elevated demand, are staking their claims to the vast deposits in Chile, Bolivia and Argentina.

The technique to extract lithium is well known. The seasonal meltdown of the snow on the mountains collects lithium, sodium and other minerals from the soil and underwater hot springs, all of which flows down to the flats and settles, hence the Spanish name, salares. Over long periods of time, with seasonal temperature variations, the salt builds a crust on top of the « lake, » making for a stunning landscape. Under the crust are high concentrations of lithium.

To extract lithium, brine is pumped into large evaporation ponds, resulting in a higher concentration of metals. The brine is then trucked to a facility that extracts the lithium using chemical and metallurgical processes. The lithium carbonate or lithium hydroxide is sold to battery manufacturers.

Bolivia has the world’s largest lithium reserves, with nearly 40 per cent of the world’s supply, although the reserves remain unexploited. This is about to change, as the Bolivian Mining and Metallurgy Ministry is preparing a new model facility for lithium manufacturing in the Salar de Uyuni. According to the country’s mining ministry, the 12,000-square-kilometre salar holds nine million tonnes of lithium reserves. The government’s plan is to obtain 40 tonnes per month of lithium carbonate, potassium sulphate, as well as other products.

The largest brine lithium mines and projects in the world are located in salars in the Lithium Triangle including Atacama Salar, Cauchari-Olaroz Salar and Hombre Muerto Salar.

World lithium production is currently dominated by four companies: Two from the U.S., one from Chile and one from China which is developing very rapidly. The greatest advantage of China over the U.S. is its access to lithium. The Asian country is the fourth-largest producer, having mined 2,000 metric tons in 2016 alone. According to the International Energy Agency, China already leads the world in the number of electric two-wheelers and bus fleets.

Meanwhile, President Donald Trump has ordered a review of corporate average fuel economy standards, which have mandated gradual increases in the fuel economy of cars and light trucks since 1975.  Overturning these standards would mean automakers could produce vehicles with a lower fuel economy, for a lot less than hybrids and BEVs. This is a threat to BEV demand-and ultimately lithium, since they’re typically more expensive. However, like all new tech, prices will likely drop significantly over time. By 2022, the cost of battery-powered cars is expected to be comparable to those with an internal combustion engine.

In response to Trump’s opposition to fuel economy regulation, about 30 U.S. cities, including New York, Los Angeles and Chicago, are reportedly planning to spend as much as $10 billion on new electric vehicles for police cruisers, trash haulers, street sweepers and more. Such a move is intended to show automakers there’s demand for BEVs, which also bodes well for lithium. This good news for the lithium companies, but a real threat to the salars of the South American Andes

Source : International press.

Photos: C. Grandpey