Pompéi à Paris !

Comme je l’ai annoncé il y a quelques semaines, on peut visiter au Grand Palais à Paris du 1er juillet au 27 septembre 2020 une exposition intitulée « Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes. »

Cette exposition aurait dû débuter le 25 mars dernier mais le Covid-19 est passé par là et a tout chamboulé. Selon les organisateurs, elle est l’occasion de se replonger dans le destin tragique de cette cité antique disparue en l’an 79.

Le jour de l’éruption, une nuée ardente, autrement dit un nuage de cendres et de gaz à très haute température, envahit Pompéi à une vitesse fulgurante. Les habitants qui ne s’attendaient pas à un tel cataclysme, furent tués instantanément par le choc thermique provoqué cette déferlante. Les cendres figèrent les victimes pour l’éternité dans la position exacte de leur mort.

En se solidifiant avec le temps, les cendres ont conservé la forme de ces corps bien après leur décomposition. En 1863, la technique ingénieuse du moulage fut utilisée pour insérer du plâtre liquide dans l’espace vide laissé par les corps. Elle a permis d’étudier leurs positions et mieux comprendre ce qui s’était passé.

Ensevelie sous des mètres de cendres après l’éruption du Vésuve, Pompéi est aujourd’hui devenue un site archéologique majeur, visité par plus de quatre millions de personnes chaque année.

J’ai eu l’occasion de parcourir l’exposition au Grand Palais il y a quelques jours. Je n’ai pas été déçu, même si je n’ai pas été emballé. Il est vrai que je fais partie de ceux qui ont eu la chance de pouvoir déambuler dans la vraie cité antique, ce qui n’a rien à voir avec une reconstitution dans un lieu fermé.

L’exposition permet toutefois de découvrir comment on vivait à Pompéi au premier siècle de notre ère, et au moment de sa destruction par le Vésuve. Cela se fait à travers des projections 360° en très haute définition montrant la vie de cette ville prospère. On assiste également à des reconstitutions en 3D des rues et des habitations, de l’éruption proprement dite, ou encore des peintures murales et des objets d’art découverts lors des fouilles archéologiques.

Vous trouverez toutes les informations utiles en cliquant sur ce lien :

https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/pompei

Dans une note publiée le 18 octobre 2018, j’expliquais que la date de la destruction de Pompéi n’était pas le 24 août 79 comme on le pensait initialement, mais le 24 octobre. C’est ce qu’a révélé un graffiti – deux petites lignes inscrites au charbon sur un mur à hauteur d’homme –récemment découvert dans la Maison au Jardin, un des édifices en cours de fouille à Pompéi. Des recherches récentes permettaient déjà d’affirmer que ce n’était pas la bonne date. En effet, on a observé beaucoup de fruits d’automne à Pompéi : noix, figues, châtaignes, pruneaux, grenades et même des sorbes qui se récoltent encore non mûres entre septembre et octobre. De plus, les découvertes réalisées au cours des fouilles ont donné la preuve que les vendanges étaient terminées.

Le mot « fouilles » revêt une importance particulière à Pompéi. En effet, ce sont les travaux réalisés par les archéologues qui ont permis de révéler tous les trésors que l’on peut admirer dans la cité antique proprement dite, mais aussi dans les musées et les expositions.

Les premières fouilles ont débuté à Pompéi en 1669, année où la ville sicilienne de Catane a en partie été détruite par une éruption de l’Etna. À l’époque, l’archéologie n’existait pas encore. Le site était surtout visité par des pilleurs qui creusaient des tunnels afin de dérober des objets de grande valeur.

Le 23 mars 1748, le roi Charles III d’Espagne donna enfin l’autorisation de procéder à des fouilles dans cette zone pour enrichir le patrimoine historique de la maison royale. Loin de la précision des archéologues modernes, les fouilles de l’époque ressemblaient plus à des chasses au trésor. On creusait des tranchées et tunnels, sans se soucier des dommages causés sur leur passage.

Depuis cette époque lointaine, les fouilles n’ont jamais cessé. En 2017, une nouvelle campagne a commencé à Pompéi pour sécuriser les espaces encore inexplorés. De nos jours, des technologies de pointe sont mises à la disposition de scientifiques spécialistes de différentes disciplines pour collecter le plus d’informations possibles.

Voici quelques photos de l’exposition :

L’éruption du Vésuve comme si vous y étiez…

Des objets retrouvés par les archéologues…

Des moulages…

Des fresques géantes

Photos : C. Grandpey

On va droit dans le mur !

Et si on parlait de la COP 21 de Paris et ses belles promesses ? Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), les engagements de l’accord de Paris risquent fort de ne pas être tenus. N’ayons pas peur des mots : ils ne seront pas tenus ! Inutile d’entretenir l’illusion comme le font certains organismes.

Les derniers chiffres sont terribles : En Arctique, les températures en juin 2020 ont été en moyenne de 10 degrés au-dessus des normales saisonnières !! Dans les cinq ans qui viennent, l’augmentation de la température globale de la planète dépassera à coup sûr la barre des 1,5°C. Cinq ans, c’est le très court terme. On est très loin des prévisions du GIEC qui élaborent des scénarii sur 30 ou 70 ans. Il faut que ces gens redescendent sur terre et se rendent bien compte de l’urgence climatique.

Les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais observées sur la planète, et d’après l’OMM presque toutes les régions du globe devraient connaître des températures encore plus élevées dans les quatre ans à venir.

Actuellement, d’après le GIEC, on est à 1,2°C au-dessus de la période pré-industrielle. L’institution onusienne prévoit actuellement que les températures vont osciller entre + 0,9°C et +1,6°C, mais il y a de fortes chances pour que, sur un ou plusieurs mois sur cette période, elles dépassent le pic des 1,5°C. Il est même très probable que cette limite fixée par les accords de Paris soit atteinte sur une année entière.

Les effets des rejets de gaz à effet de serre se font de plus ne plus sentir et vont de pair avec la Courbe de Keeling qui nous renseigne sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. . 2019 a été, avec 2016, la plus chaude de l’histoire de la planète. La Sibérie vient de connaître des pointes de chaleur à 38°C. En France, les températures des six premiers mois de l’année 2020 ont été les plus élevées depuis les relevés. En 2019, les émissions de gaz à effet de serre n’ont reculé dans l’hexagone que de 0,9%, bien loin de l’objectif des 3% annoncé pour 2025. A ce rythme là, il sera difficile d’atteindre dès 2030 une réduction de 40% des émissions !

Quels pics de chaleur faudra-t-il pour que les COP imposent aux Etats membres des mesures dignes de ce nom, en sachant que les dés seront pipés avec l’absence des Etats-Unis, l’un des principaux pollueurs de notre planète ? Notre avenir climatique est décidément très sombre.

Concentrations de CO2 sur le Mauna Loa (Hawaii) début juillet (Source: Scripps Institution)

Une idée folle ?!

Tout le monde connaît le tempérament fantasque du Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. Le volcan vient encore de nous en donner la preuve. Au vu de la dernière crise sismique et de l’inflation de l édifice volcanique qui l’accompagnait, l’Observatoire annonçait qu’une éruption était « probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.» Pas de chance, l’humeur du volcan en a décidé autrement et plusieurs jours après cette crise sismique, on assiste à un retour au calme

On le sait : le volcan est taquin ; il adore jouer avec les nerfs, surtout ceux des scientifiques en poste à Bourg-Murat. Alors,  pourquoi ne jouerait-on pas avec lui ? En Alaska, on joue avec la débâcle du fleuve Yukon et de la rivière Nenana. Ces cours d’eau sont gelés pendant l’hiver. Un trépied est alors installé sur la couche de glace épaisse et relié à une horloge par un fil. Les paris – comme le Nenana Ice Classic – sont ouverts jusqu’à une date donnée pour déterminer la date (jour et heure) exacte à laquelle le trépied sera déstabilisé par le dégel. Le gagnant empoche la somme ainsi récoltée. J’aurais aimé participer ; malheureusement, les paris sont réservés aux seuls Etats-Uniens.

Pourquoi n’organiserait-on pas de tels paris à propos des éruptions du Piton de la Fournaise ? Une fois une éruption terminée, on pourrait essayer de déterminer la date de la suivante, avec comme date butoir le premier bulletin de l’Observatoire annonçant un possible réveil du volcan.

Bien sûr, nous sommes en France ; il faudrait se mettre en conformité avec la loi et éviter toutes les tricheries possibles, ce qui ne sera pas une mince affaire. Il faudrait aussi savoir quel organisme serait habilité à recueillir l’argent des paris et le restituer au gagnant.

Dans le cas présent, la date butoir pour les paris aurait été le 16 juin 2020, jour où l’OVPF a signalé une reprise de la sismicité sur le volcan….

Confluent du Yukon et de la Klondike à Dawson City au moment de la débâcle (Photo : Sebastian Jones)

Cratère Dolomieu (Photo : C. Grandpey)

Rupture de la glace sur le Yukon à Dawson City (Canada) // Yukon River Breakup in Dawson City (Canada)

Voici un événement qui confirme que l’hiver dernier a été remarquablement doux dans l’Arctique. La débâcle du Yukon (lorsque le fleuve n’est plus obstrué par la glace) s’est produite en 2019 le 23 avril à 19h16. C’est la deuxième débâcle la plus précoce de l’histoire. Le record date du 23 avril 2016 à 11h15, soit 8 heures avant l’événement de 2019.
Depuis fort longtemps, la débâcle du Yukon à Dawson est au coeur d’une tradition de paris très active. L’heure et la date exactes de l’événement sont enregistrées chaque année depuis 1896. C’est le moment où la glace déplace un trépied installé sur le fleuve. Les habitants de Dawson attendent ce jour avec impatience. En effet, chaque année, les gens parient sur la date et l’heure exactes où la glace déplacera le trépied qui est relié par câble à une horloge. Lorsque le trépied se déplace, il arrête l’horloge et enregistre l’heure exacte de la rupture de la glace. En 2016, le gagnant a reçu la coquette somme de 4 340 dollars qui correspond à l’ensemble des mises. J’ai essayé de participer aux paris, mais les étrangers ne sont pas admis. Il existe une tradition semblable pour la débâcle de la rivière Tanana à Nenana, dans le centre de l’Alaska.

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Here is an event that confirms that the past winter was relatively mild in the Arctic. The Yukon River Breakup (when the river is no longer blocked by the ice) occurred in 2019 on April 23rd at 7:16 p.m. This was the second earliest breakup in history. The earliest one was in April 23rd 2016 at 11:15 a.m, 8 hours before the 2019 event.

The Yukon River Breakup in Dawson City is the focus of a vigorous betting tradition. The exact time and date of the event has been recorded annually since 1896. It is the moment when the ice moves the tripod set up on the river. Many residents in Dawson impatiently wait for the breakup. Indeed, every year, people bet on the exact date and time when the ice will move. The tripod is attached by cable to a clock. When the tripod moves, it stops the clock and records the exact time of breakup. In 2016, the winner received 4,340 dollars. There is a similar betting tradition for the breakup of the Tanana River in Nenana, in central Alaska.

Vue de Dawson City et du confluent entre le Yukon et le Klondike (Photo: C. Grandpey)

Le confluent au moment de la débâcle le 23 avril 2019 (Source: Sebastian Jones)

Vue de Dawson City (Photo: C. Grandpey)

L’ONU tire la sonnette d’alarme climatique // UNO sounds the alarm about the climate

Le lundi 10 septembre 2018, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique, de la même façon que Nicolas Hulot l’a fait devant notre Assemblée Nationale avant de démissionner. Selon M. Guterres, « nous sommes confrontés à une menace existentielle directe. Le changement climatique est la question déterminante de notre époque » Pour lui, « si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU a dressé un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies et 2018 s’annonce comme la quatrième plus chaude.  Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

Antonio Gutteres estime encore que beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter les scientifiques et dans certaines régions, la situation ressemble aux pires scénarios imaginés par les chercheurs. Selon lui, « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies, mais beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. »  Comme le disait Nicolas Hulot à l’Assemblée, « tout le monde s’en fiche ».

Antonio Guterres donne l’exemple de la banquise arctique qui « disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé. » Cette année, pour la première fois, la glace de mer épaisse et permanente au nord du Groenland a commencé à se fragmenter. « Le réchauffement spectaculaire dans l’Arctique affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord »  Autre conséquence : « Les océans deviennent de plus en plus acides, et menacent les fondements des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes. »

Face à ce désastre annoncé, Antonio Guterres estime qu’il est encore possible d’agir, même si manque, selon lui, la volonté politique des dirigeants.

L’Accord de Paris, signé il y a trois ans, qui prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », était « vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique », mais même ces objectifs ne seront pas tenus. « Ce qui nous manque encore, même après l’Accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qui est nécessaire. »

Antonio Guterres a demandé aux dirigeants et à chacun de se mobiliser. « Il est impératif que la société civile […] demande des comptes aux dirigeants. » Dans son discours, il a cité plusieurs pistes : « Nous devons arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver. Il faut aussi revoir la manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie. »  Selon lui, l’action climatique et le progrès socio-économique se renforcent mutuellement.

Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr !

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On Monday, September 10th, 2018, Antonio Guterres, UN Secretary-General, delivered a particularly alarmist speech about the climate issue, in the same way that Nicolas Hulot did in front of our National Assembly before resigning . According to Guterres, « we are facing a direct existential threat. Climate change is the critical issue of our times. » For him, »if we do not change course by 2020, we risk missing the moment when we can avoid uncontrolled climate change, with disastrous consequences for humans and all the natural systems that support us. »
The UN Secretary General made a particularly disturbing record of the state of the planet: « We are experiencing record temperatures worldwide. According to the World Meteorological Organization, 18 of the warmest years since 1850 have been recorded in the last two decades, and 2018 promises to be the fourth warmest. Extreme heat waves, wildfires, storms and floods leave a trail of death and devastation. »
He still believes that far too many leaders have refused to listen to scientists and in some areas, the situation resembles the worst scenarios imagined by researchers. In his opinion, « we have been warned. Scientists have been telling us for decades, but far too many leaders have refused to listen. As Nicolas Hulot said in front of the National Assembly, « everyone does not care ».
Antonio Guterres gave the example of the Arctic sea ice which « disappears faster than we had imagined. This year, for the first time, the thick, permanent sea ice in northern Greenland has begun to fragment. « Spectacular warming in the Arctic affects weather conditions in the northern hemisphere » Another consequence: « Oceans are becoming more and more acidic, threatening the basic elements of the food chains that support life. And, on Earth, the high level of carbon dioxide in the atmosphere makes rice crops less nutritious, threatening the well-being and food security of billions of people. »
Faced with this announced disaster, Antonio Guterres believes that it is still possible to act, even if the political will of the leaders is too often absent.
The Paris Agreement, signed three years ago, which plans to contain by 2100 global warming « well below 2°C compared to pre-industrial levels, » was « really the bare minimum to avoid the worst impacts of climate change, « but even these goals will not be met. What we still lack, even after the Paris Agreement, is leadership and the ambition to do what is needed. »
Antonio Guterres asked leaders and everyone to mobilize. « It is imperative that civil society […] hold leaders accountable. In his speech, he made several suggestionss: « We must stop deforestation, restore degraded forests and change the way we cultivate. We also need to review how to heat, cool and light our buildings to waste less energy. In his opinion, climate action and socio-economic progress are mutually reinforcing.
Will he be heard? Nothing is less sure !

La fonte des glaciers et de la banquise menace notre planète (Photo: C. Grandpey)

La Chine s’attaque aux émissions de carbone // China tackles carbon emissions

Alors que l’administration Trump fait marche arrière dans la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, renforce son engagement.
Le Président chinois Xi Jinping a récemment tenu sa promesse de lancer un marché national du carbone. Même s’il n’est pas aussi ambitieux que le projet d’origine, le programme chinois, qui couvrira le secteur de l’électricité dans sa première phase, a déjà dépassé le marché du carbone de l’Union Européenne. En tant que tel, la Chine envoie un signal fort aux autres pays et leur montre qu’elle respecte l’Accord de Paris.
La Chine commencera par son secteur énergétique qui représente 46% des émissions de dioxyde de carbone dans le pays. Elle a ensuite l’intention d’étendre le programme, entre autres, à la pétrochimie, à la sidérurgie et à l’aviation. Si tout va bien, les experts disent que le programme pourrait permettre à la Chine d’atteindre ses objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Le marché pourrait réduire les émissions de dioxyde de carbone de la Chine de près de 30% d’ici 2030.
Une réussite du programme pourrait assurer à la Chine le statut de leader en matière de climat, d’autant plus que les États-Unis ne joueront plus un rôle prépondérant. En effet, l’administration Trump a clairement indiqué qu’elle ne considérait plus le changement climatique comme une menace pour la sécurité nationale.
S’agissant de ce nouveau marché du carbone, les objectifs de la Chine pourraient s’avérer difficiles à atteindre. Comme le fait remarquer la revue Scientific American, aucun système d’échange de carbone dans le monde, y compris ceux de l’UE et de la Californie, n’a permis de réduire significativement les émissions de CO2.
Source: Huffington Post.

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As President Trump’s administration takes steps backward in the world’s fight against climate change, China is ramping up its commitment.

Chinese Premier Xi Jinping recently made good on his promise to launch a national carbon market. Though not as ambitious a scheme originally touted, the program, which will cover China’s power sector in its first phase, has already overtaken the European Union carbon market as the world’s largest. As such, China sends a strong political signal internationally that the country is committed to the Paris Agreement.

China will start with its power sector, which accounts for 46 percent of the nation’s carbon dioxide emissions. It intends eventually to expand the program to petrochemicals, iron and steel, and aviation, among other industries. If all goes well, experts say the program could help China hit its Paris climate agreement targets. The market could reduce China’s carbon dioxide emissions by almost 30 percent by 2030.

A successful program may secure China’s status as a climate leader, particularly as the U.S. retreats from what had been a prominent role. Indeed, Trump’s administration has made it clear that it no longer considered climate change a national security threat.

China’s goals for its new carbon market could prove challenging to achieve. As Scientific American notes, no carbon trading system in the world, including those in the EU and in California, has resulted in significant reductions in CO2 emissions.

Source: Huffington Post.

Nuage de pollution industrielle au-dessus de la Mer de Bohai et de la Mer Jaune, en provenance de la côte orientale de la Chine (Crédit photo: NASA).

Le Mont Agung et les combats de coqs // Mt Agung and cockfighting

Dans une note précédente, j’ai expliqué que l’un des fermiers qui était retourné vivre dans la zone dangereuse autour du Mont Agung élevait des coqs malgré les avertissements des autorités selon lesquelles le volcan pouvait entrer en éruption à tout moment.
Les combats de coqs sont très populaires en Indonésie mais les paris sont illégaux. Les propriétaires des volatiles encourent jusqu’à dix ans de prison s’ils se font prendre. Dans la province très conservatrice d’Aceh, les joueurs peuvent recevoir une flagellation en public en vertu de la loi islamique. Les combats de coqs sont souvent la seule source de revenus de certains Balinais et ils vont de pair avec les traditions séculaires de l’hindouisme dans l’archipel indonésien qui est majoritairement musulman. Les combats de coqs sont aussi étroitement liés à un rituel connu sous le nom de tabuh rah pratiqué dans les temples. Il est nécessaire que le sang se répande sur la terre pour expulser les démons – le buta – parce qu’il est censé les apaiser. Ainsi, les démons ne dérangent pas les gens et la cérémonie peut être tenue dans de bonnes conditions et en toute sécurité.
Les combats de coqs sont à la fois violents et sanglants. Une lame d’environ 10 centimètres de long est attachée à l’ergot gauche de chaque coq. Une odeur capiteuse d’encens flotte sur l’arène tandis que la foule rugit de plaisir et d’excitation. Les paris varient généralement entre 20 000 roupies (1,50 $ US) et 100 000 roupies. Il y a habituellement 15 combats de coqs lors de ces événements. Les lames attachées aux ergots des coqs entraînent en général la mort d’un des combattants en quelques minutes, avec des traînées de sang qui s’infiltrent dans la terre. Le propriétaire du gagnant peut être fier ; il reçoit une partie du produit des paris – habituellement 10% des mises qui peuvent atteindre l’équivalent de 2 000 dollars et il peut également emporter la carcasse du coq de son adversaire.
Source: South China Morning Post.

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Aux premières heures du 22 décembre (heure locale), on a enregistré un épisode d’activité sismique correspondant à une libération des gaz dans le cratère. Cet événement s’est accompagné d’un panache de vapeur et de cendre visible sur la webcam.

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Pendant ce temps, le tourisme à Bali souffre énormément de l’éruption du Mont Agung. Environ 25% des chambres d’hôtels à Bali sont actuellement occupées, contre 80% en décembre de l’année dernière. L’industrie touristique de l’île perd environ 18 millions de dollars par jour en raison des annulations de chambres et d’autres activités.
Le transporteur indonésien Garuda Indonesia a perdu environ un million de dollars par jour lorsque les aéroports ont été fermés. Lion Mentari Airlines, la plus grande compagnie aérienne d’Indonésie, a perdu environ 500 000 dollars par jour.
Près d’un million de personnes devaient se rendre à Bali en décembre et janvier. Maintenant, on en attend seulement la moitié.
L’aéroport international Ngurah Rai de Denpasar à Bali, a reçu des demandes pour 477 vols domestiques supplémentaires en prévision des fêtes de Noël et du Nouvel An. Toutefois, le nombre de demandes concernant les vols intérieurs supplémentaires a chuté d’environ 22% par rapport à l’an dernier où il atteignait 613. Cette diminution est probablement due à l’incertitude entourant l’activité du Mont Agung.
Les vols internationaux sont également affectés. Il n’y a pas encore eu de demandes de vols supplémentaires de compagnies aériennes étrangères.

Source: Office du tourisme de Bali.

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In a previous note, I explained that one of the farmers who had returned to live in Mt Agung’s danger zone was breeding cocks despite the authorities’ warnings that the volcano could erupt at any moment.

Cockfighting is very popular in Indonesia but gambling is illegal. The cockfights could land their owners in jail for as long as a decade. In the conservative Aceh province, gamblers can face a public whipping under Islamic law. Cockfighting is the sole source of income for some Balinese men and it dovetails with centuries-old traditions of Balinese Hinduism in the mostly Muslim archipelago. It is closely related to a ritual known as tabuh rah held at temples. The spilling of blood to the earth is needed to expel buta, or demons, because the blood is believed to appease demons, so they don’t disturb people and the ceremony can be held successfully and safely.

Cockfights are both violent and bloody. A small dagger about 10 centimetres long is tied to each rooster’s left ankle. The heady smell of incense wafts over the ring as a roar erupts from the crowd. Bets are placed, usually between 20,000 (US$1.50) and 100,000 rupiah each. There are usually 15 cockfights at these events. The ankle blades usually make it a fight to the death in a matter of minutes, punctuated by trails of blood seeping into the dirt. The winner’s owner not only gets bragging rights and some of the betting proceeds – usually 10 per cent of the purse which can reach the equivalent of US$2,000, but they also get the carcass of their opponent’s rooster, for eating.

Source: South China Morning Post.

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In the early hours of December 22nd, an episode of seismic activity was registered by the instruments. It corresponded with a release of the gases in the crater. The event was accompanied by the emission of a plume of steam and ash that could be seen on the webcam.

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Meantime, tourism in Bali is suffering a lot from the eruption of Mt Agung. About 25 percent of hotel rooms in Bali are currently occupied, compared with as much as 80 percent in December last year. The island’s tourism industry loses about 18 million dollars a day as a result of hotel room and other cancellations.

Indonesian flag carrier Garuda Indonesia lost about one million dollars a day when the airports were shut. Lion Mentari Airlines, Indonesia’s biggest airline, lost about 500,000 dollars a day.

Almost a million people had been expected to visit Bali in December and January combined. Now, expectations are for no less than half the earlier projection.

The Ngurah Rai International airport in Denpasar, Bali has received requests for 477 additional flights from domestic airlines to accommodate the high demand for domestic routes in the lead-up to the Christmas and New Year holiday season. However, the number of additional domestic flights requested has fallen by about 22 percent from last year’s 613. The decrease was likely due to the uncertainty around Mount Agung’s volcanic activity.

International routes have also been affected. There have yet to be any requests for additional international flights from foreign airlines.

Source: Bali’s Tourist Board.

Tracé sismique et capture d’image de webcam montrant l’activité de l’Agung le 22 décembre 2017 en tout début de journée.