Vers une éruption de l’Etna ? Pas encore ! // Is Mt Etna going to erupt ? Not yet !

drapeau-francaisA en juger par les sismographes ce matin, il semblait qu’une activité explosive était en cours sur l’Etna. C’était la confirmation – et la suite – des événements observés au cours des dernières semaines. Ils sont parfaitement résumés dans un rapport publié par l’INGV le 25 janvier 2017 et qui peut être lu à cette adresse:
http://www.ct.ingv.it/it/

Selon l’INGV, la nouvelle activité éruptive observée sur l’Etna est une preuve du retour du magma à la surface après presque 8 mois d’un calme relatif car la zone sommitale n’est pas restée parfaitement calme au cours de cette période.
Les premiers signes de montée du magma ont été observés dans la matinée du 15 décembre 2016, avec de faibles émissions de cendre brune en provenance de la « selle », autrement dit la dépression qui sépare l’ancien et le nouveau cône du Cratère Sud-Est (CSE). Le 15 décembre au soir, une légère incandescence est apparue sur les images de la webcam pendant certaines émissions de cendre, et une petite quantité de matériaux incandescents a même été éjectée de cette bouche active. L’analyse a révélé qu’ils ne se composaient que de roches anciennes arrachées aux parois du conduit, mais qui ils n’appartenaient pas à du magma juvénile.
Après 5 semaines de petites émissions occasionnelles de cendre brunâtre, des émissions plus conséquentes ont été observées dans la matinée du 20 janvier 2017, à partir de la « selle » du NCE, avec des bouffées de cendre noire. La caméra thermique postée sur la Montagnola a montré des anomalies significatives. Des bruits d’explosions ont été entendus et des personnes présentes sur le CSE ont observé des projections de blocs incandescents et de cendre.
Le soir du 23 janvier, une légère activité strombolienne a été observée, accompagnée de fréquentes émissions de cendre noire. Cette activité a montré une augmentation progressive pendant la nuit, accompagnée d’explosions qui ont projeté des matériaux incandescents jusqu’à la base du CSE. En outre, une lueur parfois intense était visible au niveau de la bouche ouverte dans la Voragine le 7 août 2016.
Le 24 janvier, la fréquence des explosions et des émissions de cendres a augmenté, mais a ensuite montré une légère diminution le matin du 25 janvier.

A noter que, à côté des explosions, le tremor reste stable à un niveau relativement bas. Donc, pas vraiment d’urgence éruptive dans l’immédiat, mais la situation peut évoluer très vite. On sait que  Mamma Etna a plus d’un tour dans son sac!

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En fait, la sismicité enregistrée par les sismographes de l’Etna ces dernières heures n’était pas liée à l’activité volcanique. Elle a été provoquée par un mouvement de faille sur le versant SO du volcan. L’événement le plus fort avait une magnitude de M 3,5, à 10h51. Les secousses ont été ressenties dans les régions de Ragalna, Nicolosi, Bronte et Randazzo où des écoles ont été évacuées par précaution. L’hypocentre des séismes a été localisé entre 11 et 14 km de profondeur. Dans son ensemble, l’essaim sismique a inclus une soixantaine de secousses dont 5 avec une magnitude supérieure à M 3 et une quinzaine entre M 2,1 et M 2 ,8. Comme je l’ai indiqué précédemment, le tremor se maintient à un niveau relativement bas sur l’Etna.    
Source: La Sicilia.

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drapeau-anglaisJudging from the seismographs this morning, it seemed some explosive activity wass occurring on Mt Etna, confirming the events that had been observed during the last few weeks. They had been summed up in a report released by INGV on January 25th 2017. The report can be read at this address:

http://www.ct.ingv.it/it/

According to the INGV report, the new eruptive activity on Mt Etna is an evidence of the return of magma to the surface after almost 8 months of eruptive quiescence, although the summit area of the volcano had not been entirely quiet over the past few months.

The first serous signs of the magma ascent were observed in the morning of December 15th 2016 when small emissions of brown ash were coming out of the « saddle vent » of the SEC. On the evening of that day, weak glow appeared on the webcam images during some of the emissions, and one event ejected a small quantity of incandescent material. Analysis of this material revealed that it consisted only of older rock ripped from the conduit walls, but was not derived from new magma.

After 5 weeks of occasional weak emissions of brownish ash, more significant emissions were observed in the morning of January 20th 2017, from the « saddle vent » of the SEC, this time producing small puffs of black ash. The thermal camera on the Montagnola showed conspicuous anomalies. Bangs were heard, and persons being present on the SEC observed ejections of incandescent pyroclastics along with blocks and ash.

On the evening of January 23rd, mild Strombolian activity was observed, accompanied by frequent emissions of small, black ash puffs. This activity showed a gradual increase during the night, with some explosions that launched incandescent material as far as the base of the SEC cone. In addition, a fluctuating and at times rather intense glow was visible at the August 7th 2016 vent of the Voragine.

On January 24th, the frequency of explosions and ash emissions increased, but then showed a slight diminution on the morning of January 25th.

Beside the explosions, the tremor is keeping a relatively low level, which means there is no eruptive emergency in the short term. However, the situation may change rapidly; Mamma Etna has more than one trick up her sleeve!

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Actually, the seismicity recorded by the seismographs on Mt Etna in recent hours was not related to volcanic activity. It was caused by a fault movement on the SO flank of the volcano. The strongest event had a magnitude of M 3.5, at 10:51. The quakes were felt in the regions of Ragalna, Nicolosi, Bronte and Randazzo where schools were evacuated as a precaution. The hypocenter of the earthquakes was located at depths between 11 and 14 km. The whole seismic swarm included about sixty events, five of which had a magnitude greater than M 3 and 15 or so between M 2.1 and M 2.8. As I put it before, the tremor remains at a relatively low level on Mount Etna.

Source: La Sicilia.

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Aperçu de l’activité sismique pendant la matinée du 30 janvier 2017.

 

Des nouvelles de l’Erta Ale (Ethiopie) // More news of Erta Ale Volcano (Ethiopia)

drapeau-francaisDans une note rédigée le 26 janvier 2017, j’indiquais que « la surface du lac de lave avait subi de rapides et grandes variations, avec des débordements de grande ampleur lorsque son niveau était au maximum et des épisodes de spattering quand le niveau s’était abaissé. » Ces informations étaient fournies par les participants à un voyage organisé par l’agence Volcano Discovery.

L’un des participants à un autre voyage organisé par l’agence 80 Jours Voyages  nous apprend maintenant que « le lac de lave de l’Erta Ale n’est plus et la terrasse du pit crater Nord s’est effondrée laissant place à un vaste cratère. Le dégazage est intense et le risque d’éboulement est grand, limitant l’approche. La nuit le panache de gaz du pit crater Sud rougeoie, signe d’une possible réalimentation du lac de lave. L’activité s’est déplacée de 2.5 km au SSE du pit crater Sud, au pied de l’Erta Alé. Une série de bouches éruptives ont émis un important volume de lave offrant un nouveau spectacle au sein de ce volcan si changeant ces derniers mois.

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drapeau-anglaisIn a post written on January 26th 2017, I indicated that “the lava lake’s surface level had been undergoing rapid and large variations, producing massive lava lake overflows when high and intense spattering when low.” This information was provided by the participants in a journey organised by the Volcano Discovery travel agency.

One of the participants in another journey organized by the 80 Jours Voyages travel agency  informs us now that « the Erta Ale lava lake no longer exists and the terrace of the pit crater North has collapsed and has been replaced by a vast crater. The degassing is intense and the risk of collapses is high, limiting the approach. At night, the gas plume from the pit crater South is glowing, an evidence of a possible recharge of the lava lake. Activity has moved 2.5 km to the SSE of the pit crater South, at the foot of Erta Ale. A series of eruptive vents have emitted a large volume of lava, which offers a new show within this volcano which has been changing so much in recent months. »

Katla (Islande): Pas d’éruption à court terme // No eruption in the short term

drapeau-francaisL’Office Météorologique Islandais (IMO) a indiqué qu’un important séisme d’une magnitude de M 4.2 avait été enregistré à faible profondeur au centre de la caldeira du Katla le 26 janvier 2017. Il a été suivi d’un autre événement de M 3.0 et une série de petits séismes (voir carte ci-dessous).

Immédiatement après cette annonce, plusieurs articles de presse ont affirmé qu’une éruption allait avoir lieu. Bien que les séismes aient été assez intenses, un paramètre n’a jamais été mentionné dans les articles: leur profondeur! L’IMO a indiqué sur son site Internet que le premier événement – et le plus significatif – avait une profondeur de 0,1 km, alors que le suivant était localisé à une profondeur de 0,0 km! En outre, aucune augmentation du tremor éruptif n’a été enregistrée, ce qui signifie qu’il n’y a pas eu d’ascension du magma. Cela montre que cette sismicité était trop superficielle pour être d’origine volcano-tectonique. Elle a probablement été provoquée par des réajustements à l’intérieur du glacier ou par une activité hydrothermale, comme cela se produit parfois sur les volcans islandais.
Les derniers séismes ont fait suite à une hausse d’activité au cours des jours précédents. Les 23 et 24 janvier, on a enregistré plusieurs séismes superficiels (M 3 et M 3,3 et M 3,1 respectivement) qui ont fait suite à un autre essaim au début du mois de janvier. Aucune nouvelle sismicité significative n’a toutefois été observée au cours des derniers jours.
À la fin du mois de septembre 2016, un essaim sismique intense s’est produit sous le volcan avec plusieurs événements de M 3 ou plus. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune. Cependant, cette sismicité a été de courte durée et s’est maintenue à des niveaux peu élevés.
Le Katla est étroitement surveillé car une vingtaine d’éruptions ont été observées entre 930 et 1918, avec des intervalles de 13 à 95 ans. Leur indice d’explosivité volcanique (VEI) se situait en général entre 4 et 6 (sur une échelle de 0 à 8). Certains volcanologues islandais affirment que le Katla est «en retard» sur son schéma éruptif. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, dire qu’un volcan est « en retard » a peu de sens car la notion de cycle éruptif n’a jamais été définitivement prouvée
Quoi qu’il en soit, une éruption de Katla pourrait constituer une menace pour la population en raison des risques d’inondations glaciaires (jökulhlaups) et de l’émission de nuages de cendre. Il faudrait s’attendre à des perturbations du trafic aérien comme en 2010 au moment du réveil de l’Eyjafjallajökull.

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drapeau-anglaisThe Icelandic Met Office (IMO) reported a strong and shallow M 4.2 earthquake in the centre of the Katla caldeira on January 26th, 2017. It was followed by another M 3.0 event and a series of smaller earthquakes (see map below).

Immediately after, there were several articles in the newspapers affirming that an eruption was about to take place. Although the quakes were quite intense, one parameter was never mentioned in the news: their depths! IMO indicated on its website that the first and stronger event was 0.1 km deep while second quake was at a depth of 0.0 km! Besides, no increase in the eruptive tremor was recorded, which meant there was no magma ascent. This proved that this seismicity was too shallow to be volcano-tectonic. It was probably caused by some readjustments within the glacier or by some hydrothermal activity, as this occasionally happens on Icelandic volcanoes.

The last quakes followed a period of increased activity in the previous days. On January 23rd and 24th, the volcano registered several shallow earthquakes (M 3 and M 3.3, and M 3.1 respectively), following another swarm at the beginning of January. However, no new significant seismicity has been observed in the last days.

At the end of September 2016, an intense seismic swarm occurred under the volcano with several M 3 or above earthquakes. The Aviation Colour Code was raised to Yellow. However, this seismicity was short-lived and remained at shallow levels. .

Katla volcano is closely monitored as 20 eruptions or so have been documented between 930 and 1918, at intervals of 13 to 95 years. Their Volcanic Explosivity Index was mostly between 4 and 6 (on a scale of 0 to 8). Some local volcanologists affirm that Katla is “overdue” for an eruption. As I put it before, I think that saying that a volcano is “overdue” has little sense as eruptive cycles have never been definitely proved

Anyway, a Katla eruption could pose a threat to the population due to glacial flooding (jökulhlaups) and significant ash generation. One might expect air traffic disruptions like in 2010 when Eyjafjallajökull erupted.

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Source: Icelandic Met Office.

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Le Myrdalsjökull dissimule le Katla sous sa calotte glaciaire (Google map).

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Vue du Myrdalsjökull (Photo: C. Grandpey)

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Sismicité sur le Myrdalsjökull le 30 janvier au matin: Situation très calme.

Pas de hausse de la sismicité au Canada à cause du changement climatique // No increase in seismicity in Canada because of climate change

drapeau-francaisAvec le changement climatique, certains scientifiques pensent que l’on observera une intensification de l’activité sismique au Canada. Selon eux, la hausse des températures provoque la fonte de grosses masses de glace et des pluies plus abondantes, ce qui pourrait entraîner une activité sismique plus fréquente. Les séismes n’ont rien d’exceptionnel au Canada. Un séisme de M 5,8 a déjà secoué le Nunavut, un événement de M 5.1 a été enregistré au large de la Colombie-Britannique et un tremblement de terre de M 2,7 a secoué la Nouvelle-Écosse.
Toutefois, même si de nombreuses régions du Canada sont sujettes à une activité sismique, la plupart des scientifiques affirment que les Canadiens ne devraient pas trop s’inquiéter car la ville où ils habitent ne deviendra pas subitement un foyer sismique en raison de la hausse de la température. Des séismes sont enregistrés au Canada des milliers de fois chaque année. Grâce à Internet, aux réseaux sociaux et aux applications pour smartphones, les gens peuvent maintenant être tenus informés de l’activité sismique en temps réel. C’est pourquoi beaucoup pensent qu’il y a une augmentation de cette activité, mais ce n’est pas vrai.
En fait, le changement climatique ne devrait pas provoquer davantage de séismes. La plupart des schémas sismiques que nous connaissons appartiennent au 20ème siècle et ont donc été observés pendant une période de changement climatique. Il faut cependant remarquer que dans le nord, les transformations apportées au paysage glaciaire par la hausse des températures se sont accompagnées d’une certaine activité sismique. Le climat plus chaud a provoqué la fonte des glaciers et l’allègement de leur poids de sorte que le sol s’est soulevé lentement. Une  certaine sismicité est susceptible d’accompagner ce phénomène. Il y a quelques semaines, j’ai écrit un article sur l’Islande où une élévation du sol a été observée en suite à la fonte des glaciers, sans sismicité induite par ce phénomène.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

En raison de la présence d’une zone de subduction le long de la côte ouest du Canada  – et non en raison du changement climatique – la Colombie-Britannique peut être secouée par de puissants séismes. De tels événements se produisent avec des intervalles de quelques siècles. Le dernier à a eu lieu le 26 janvier 1700. Selon la Commission Géologique du Canada, il y a 30% de chances pour que le Colombie Britannique connaisse un séisme assez fort pour provoquer des dégâts importants dans les 50 prochaines années.

Source: Médias canadiens.

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drapeau-anglaisWith climate change, some scientists believe seismic activity will become more frequent. They think that warmer temperatures prompting heavy masses of ice to melt, and heavier rains to fall, could trigger that activity. An M 5.8 earthquake has already rattled Nunavut, an M 5.1 event was recorded off the coast of British Columbia, and an M 2.7 magnitude quake shook Nova Scotia.

However, even though many parts of Canada are prone to seismic activity, most experts say Canadians should not worry about their town suddenly becoming a earthquake hot spot due to a warmer atmosphere. Earthquakes rattle Canada thousands of times every year. Thanks to the Internet, social media and applications, people are now more aware of the activity that has always commonly occurred. A lot of people think there is suddenly an increase but it is not the case; it is just because they are getting a lot more coverage than they used to.

Climate change should not cause more earthquakes to happen. All the earthquake patterns that we know of are basically from the last century. So the patterns that we know of are already happening in the climate changing world. However, in the North, adjustments to the changing landscape have prompted some seismic activity. With higher temperatures causing the melting of the glaciers, the weight of those receding glaciers has been lifted so that the ground is slowly moving up, and earthquakes may occur because of that phenomenon. I wrote an article about Iceland where ground uplifting has been observed due to glacier melting but no seismicity was induced by this phenomenon.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

Because of a subduction zone along the coast – and no because of  climate change – British Columbia is prone to large earthquakes. Those massive earthquakes happen every few hundred years. The last one to strike along the British Columbia coast was on January 26th, 1700. According to the Geological Survey of Canada, there is a 30% chance that B.C. will see an earthquake strong enough to cause significant damage in the next 50 years.

Source: Canadian news media.

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Athabasca: glacier canadien à la fonte et au recul impressionnants.

(Photo: C. Grandpey)