Volcanisme et sécurité en Ethiopie

Il y a quelques jours, un visiteur de mon blog me demandait si le lac de lave de l’Erta Ale était remonté dans le cratère et quelles étaient les conditions de sécurité dans la région.

S’agissant de l’activité volcanique, l’agence Volcano Discovery indiquait le 19 août que de nouvelles coulées de lave étaient visibles sur les images satellitaires à 3 ou 4 km de la caldeira sommitale. De son côté, l’agence Aventure et Volcans fait état d’un « regain d’activité dans le pit crater sud de l’Erta Ale depuis quelques jours », là aussi au vu des images satellitaires. Il semble malgré tout que le lac de lave n’ait pas encore retrouvé sa splendeur passée

S’agissant de la sécurité, quand je ne dispose pas d’informations fiables, je renvoie les visiteurs potentiels de cette région aux recommandations des différents gouvernements.

Les autorités canadiennes indiquent qu’il faut « éviter tout voyage dans les régions suivantes en raison d’opérations militaires, de rébellions armées et d’actes de banditisme :

– à moins de 10 km de la frontière avec l’Érythrée;

– dans le désert Danakil (y compris Dallol);

– à proximité du volcan Erta Ale dans la région Afar;

– dans la région Somali. »

De son côté, le Ministère des Affaires Etrangères français est plus nuancé et consacre un paragraphe au « cas particulier du Dallol et de l’Erta Ale. »

Voici l’intégralité du texte validé le 31 août 2019 par le Ministère :
« Il est possible de visiter le Dallol et l’Erta Ale en respectant strictement les prescriptions des autorités locales : accompagnement obligatoire par des forces de sécurité locales ou des militaires en charge de la sécurisation des deux sites, visite dans le cadre d’un voyage organisé par des professionnels expérimentés.
Les voyageurs doivent aussi signaler leurs itinéraires aux autorités locales à Berhale et s’assurer que les agences de voyage qui les prennent en charge ont bien déposé leur feuille de route auprès du bureau du tourisme Afar.
Avant son départ, et au regard des conditions climatiques extrêmes, il est également recommandé de s’assurer auprès de son médecin traitant que son état de santé permet l’excursion. Elle est formellement déconseillée aux enfants de moins de 15 ans et aux personnes âgées ou cardiaques.
Même parmi les agences spécialisées dans les voyages « extrêmes », en France comme en Éthiopie, les services offerts sont de qualité inégale. En tout état de cause, il est déconseillé de recourir aux agences qui démarchent les touristes à l’aéroport de Makalé. Parmi les critères de référence qui peuvent servir de repères pour sélectionner les agences, il paraît impératif de retenir au moins les points suivants :
o déplacement avec au moins deux véhicules en bon état et emport de pièces mécaniques de rechange ;
o avoir à disposition un téléphone satellitaire, garantissant une liaison sûre avec la base de départ ou l’ambassade (la zone du Erta Ale ne bénéficie d’aucune couverture téléphonique à moins de 15 km) ;
o ressources suffisantes en vivres, en eau et en carburant ;
o emport d’un nécessaire médical approprié à la zone (cachets de sel, vitamines, anti-diarrhéiques…) ;
o un encadrement professionnel des touristes impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés. »

Le lac de lave dans le cratère de l’Erta Ale il y a quelques années (Crédit photo: Wikipedia)

Les lacs de lave se font rares // Lava lakes are getting rare

Il n’y a actuellement aucun lac de lave sur le Kilauea (Hawaii) où la dernière éruption s’est terminée en août 2018.

Dans une note publiée le 9 juillet 2019, on peut lire sur le site Web VolcanoDiscovery qu’«aucun changement significatif n’a été observé sur l’Erta Ale (Éthiopie) au cours des dernières semaines. L’éruption latérale (commencée début 2017) se poursuit et agrandit progressivement le vaste champ de lave sur les flancs sud et est du volcan. À l’heure actuelle, des fronts de coulées actives sont présents à environ 5 km au sud-est de la caldeira sommitale, où existe toujours un lac de lave, mais il reste relativement profond dans le cratère sud.» Cela confirme les informations communiquées par des visiteurs qui ont affirmé que l’on discernait à peine le lac à travers les panaches de gaz émis par le volcan.

L’Observatoire Volcanologique de Goma (République démocratique du Congo) signale que l’effondrement des parois internes du cratère de Nyamuragira, observé en mai 2019, s’est poursuivi au cours du mois de juillet. On pouvait voir des fontaines de lave émises par un petit cône, mais il n’est fait état d’aucun lac de lave. Il a disparu en juin 2019.

Le niveau du lac de lave du Nyiragongo (République démocratique du Congo) a baissé, ce qui le rend invisible pendant la journée. L’incandescence du lac continue d’être visible la nuit. L’activité a également diminué au niveau d’un petit cône éruptif qui s’est formé dans le cratère en 2014.
Observatoire Volcanologique de Goma (OVG)

Les dernières images de la webcam suggèrent qu’un petit lac de lave est toujours présent au fond du cratère du Villarrica (Chili). Les dernières informations indiquent que des explosions stromboliennes éjectent des matériaux incandescents sur les flancs du volcan dont le niveau d’alerte est Jaune.

Un chaudron de lave est toujours présent au fond du cratère du Masaya (Nicaragua).

Un nouveau lac de lave a été récemment découvert dans le cratère du Mont Michael, un volcan actif sur l’île Saunders, l’une des îles Sandwich du Sud. Selon le British Antarctic Survey, le lac de lave a un diamètre d’environ 110 mètres. La température de la lave varie entre 989 et 1,279°C sous une croûte dont la température de surface est comprise entre 284 et 419°C.

Un lac de lave semble toujours exister au fond du cratère de l’Erebus (Antarctique), mais il est rarement visité en raison des conditions d’accès difficiles.

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There is currently no lava lake on Kilauea (Hawaii) where the last eruption came to an end in August 2018.

In a post released on July 9th, 2019, one can read on the VolcanoDiscovery website that “no significant changes have occurred at Erta Ale (Ethiopia) during the past weeks. The flank eruption (which had started in early 2017) is still going on, gradually enlarging the vast new lava flow field on the southern and eastern flanks. Right now, active flow fronts are present at approximately 5 km SE of the summit caldera where the lava lake is also present, but still relatively deep in the southern pit crater.” This confirms the report of visitors who said that the lava lake was hardly visible through the gas plumes emitted by the volcano.

The Observatoire Volcanologique de Goma (Democratic Republic of Congo) reports that collapses of Nyamuragira’s inner crater walls observed in May 2019 continued during the month of July. Lava fountaining from a small cone was visible, but no lava lake is mentioned. It disappeared in June 2019.

The level of Nyiragongo’s lava lake has dropped, making it not visible in the daytime. Incandescence from the lake continues to be visible at night. Activity has also declined at a small eruptive cone that formed in the crater in 2014.

The latest webcam images suggest that a lava pond is still observed deep at the bottom of Villarrica’s crater (Chile).The latest reports indicate that strombolian explosions eject incandescent material onto the flanks of the volcano whose alert level is Yellow.

A boiling lava pond is still present at the bottom of Masaya (Nicaragua).

A new lava lake was recently discovered was discovered in the crater of Mount Michael, an active volcano on Saunders Island, one of the South Sandwich Islands. According the British Antarctic Survey, the lava lake has a diameter of about 110 metres. The temperature of the lava varies between 989 and 1.279°C under a crust whose surface temperature is between 284 and 419°C.

A lava lake is expected to exist at the bottom of Mt Erebus’ crater (Antarctica), but it is rarely visited due to the difficult access conditions.

Le lac de lave du Nyiragongo peut être superbe (Crédit photo: Wikipedia)

Lac de lave à ras bord dans le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: HVO)

Les lacs de lave se font rares sur Terre // Very few lava lakes on Earth

Il y a actuellement très peu de lacs de lave sur Terre.

J’ai longuement décrit la vidange du lac de lave dans le cratère de l’Halema’ma’uu lors de l’éruption du Kilauea à Hawaï en 2018.

En ce qui concerne Ambrym (Vanuatu), le dernier rapport GeoHazards informe le public que le niveau d’alerte volcanique a été réduit de 3 à 2. Le déclin de l’activité éruptive et la présence de fractures actives dans la partie sud-est d’Ambrym expliquent les changements apportés aux zones à risques (voir la carte ci-dessous). Les zones de danger dans la caldeira se limitent maintenant à 1 km autour du Benbow et à 2 km autour des cratères du Marum, y compris le Maben-Mbwelesu, le Niri-Mbwelesu et le Mbwelesu. Une zone de risque supplémentaire a été ajoutée au sud-est d’Ambrym, à moins de 1 km des fractures mentionnées ci-dessus.
Les dernières images et observations satellitaires confirment la présence de fractures actives qui se sont ouvertes dans le village de Paamal et ses environs, ainsi que le soulèvement du sol dans la zone côtière du sud-est d’Ambrym. Les fractures sont orientées dans la direction WSW-ENE. Les observations de ces fractures révèlent qu’il n’y a pas de vapeur qui s’en échappe, ni de coulées de lave ; on ne perçoit aucune odeur de gaz volcanique. Les fractures et le soulèvement du sol dans le sud-est d’Ambrym sont peut-être dus à la présence d’une d’un dyke qui se serait formé au moment de la vidange des lacs de lave dans les cratères sommitaux du Benbow et du Marum en décembre 2018, avec migration de la lave vers l’est de l’île. Cette activité a remodelé la forme de l’île et GeoHazards pense qu’elle pourrait influer sur les futures zones d’impact volcanique.
Ces observations indiquent également qu’une activité volcanique persiste au niveau de la caldeira, avec des émissions de vapeur et d’autres gaz provenant des cratères actifs, ainsi que des effondrements dans certaines zones autour des cratères actifs. Les lacs ou marmites de lave qui existaient dans les cratères du Benbow et du Marum ont disparu depuis le 16 décembre 2018.
Bien que la population ne ressente plus de fortes secousses, les observations actuelles et l’analyse des données confirment l’existence d’une sismicité qui pourrait continuer à affecter les fractures existantes, en particulier dans le sud-est d’Ambrym.

Le lac de lave de l’Erta Ale semble lui aussi connaître des difficultés avec de fortes variations de son niveau Au mois de septembre 2018, l’agence de voyage Volcano Discovery indiquait que le lac de lave restait actif et se trouvait à 75 mètres sous la lèvre du cratère nord du volcan. Cependant, le fort dégazage empêchait souvent de voir sa surface. ,

Deux amis qui viennent de rentrer d’Ethiopie indiquent que le lac de lave est petit et se trouve à plus de 100 mètres de profondeur. Sa surface est masquée par les gaz. Il continue à se vidanger. Mes amis ajoutent que tant que la ou les galeries évacueront la lave, il n’y aura pas de lac. Seul un effondrement ou un puissant séisme pourrait obstruer ces galeries et empêcher cette évacuation de la lave, ce qui permettrait au lac de se remettre en charge.

Un petit lac de lave existe au fond du cratère de l’Erebus mais son accès reste compliqué et peu de missions se rendent à son chevet. La dernière en date (voir ma note) du 13 janvier 2019 avait pour but l’étude des bactéries qui parviennent à se développer dans cet univers hostile.

Il existe toutefois des lacs de lave spectaculaires comme celui du Nyiragongo (République Démocratique du Congo) et son voisin Nyamuragira. Se renseigner sur la sécurité locale avant de se rendre dans ce pays. Voici une petite vidéo du lac de lave dans le Nyamuragira (février 2019): https://www.youtube.com/watch?v=utwABU8bS3g&fbclid=IwAR2j7dKMaOf4VZQqKkB5Tj-v1eHPWc_29rliOsJ69XNCh9TOuVJS0qmtFIM

En Amérique centrale, au Nicaragua, un chaudron de lave bouillonne au fond du Masaya.

Un conseil : Si vous décidez d’entreprendre un voyage (souvent coûteux) afin d’observer un lac de lave actif, renseignez vous sur son existence. Les descriptifs fournis par les agences de voyage peuvent ne pas être à jour!

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There are currently very few lava lakes on Earth.

I have long documented about the drainage of the lava lake in Halema’ma’u during the 2018 eruption of Kilauea Volcano in Hawaii.

As far as Ambrym (Vanuatu) is concerned, the latest GeoHazards report informs the public that the volcanic alerte level has been lowered from 3 to 2. This declined activity and the presence of active faults in the SE part of Ambrym contribute to the change of current danger zones of Ambrym volcano (see map below). The danger zones at the caldera are now reduced to 1 km around Benbow and 2 km around Marum craters including Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu and Mbwelesu. An additional area of risk at the South-East of Ambrym is now identified within 1 km from major cracks.

The latest satellite imagery and observations confirm the presence of open cracks and active faults in Paamal village and its vicinity and the uplift at the coastal area of South-East Ambrym. These fractures are oriented in the WSW-ENE direction. Observations of the crack surfaces confirm that there is no steam, no lava flows, not even any smell of volcanic gases in the cracks. Cracks and uplift in SE Ambrym may be due to the presence of a possible dyke that may form from the drainage of the main craters of Benbow and Marum at the summit and migrating beneath to the eastern part of the island in December 2018. This activity has reshaped the form of the island and may influence the future volcanic hazards impact areas.
These observations also indicate that the volcano activity at the caldera remains with emissions of steam and other gases from the active craters with collapses in some areas around the active craters. The lava lakes that used to exist in Benbow and Marum craters have disappeared since December 16th, 2018.

Though people are no longer feeling strong earthquakes, current observations and analysis of seismic data confirm an ongoing seismicity which may continue to affect the existing cracks, especially in the South-East Ambrym area.

The lava lake in Erta Ale volcano seems to be experiencing difficulties with strong fluctuations of its level. In September 2018, the Volcano Discovery travel agency reported that the lava lake remained active and was 75 metres below the rim of the northern crater of the volcano. However, the strong degassing often prevented from seeing its surface.
Two friends who have just returned from Ethiopia indicate that the lava lake is small and is more than 100 metres deep. Its surface can’t be seen because of the gases. The drainage continues. My friends add that as long as the gallery – or galleries – will evacuate the lava, there will be no lake. Only a collapse or a powerful earthquake could obstruct these galleries and stop this evacuation of the lava; this would allow the lake to refill.

A lava lake exists at the bottom of the crater of Mt Erebus but its access is very difficult and very few missions visit the volcano. The last one (see my post of January 13th, 2019 aimed at studying the bacteria that manage to survive in that hostile environment.

However, there are spectacular lava lakes such as Nyiragongo (Democratic Republic of Congo) and its neighbour Nyamuragira. Get informed about local safety before travelling to this country. Here is a short video of the lava lake in Nyamuragira (February 2019): https://www.youtube.com/watch?v=utwABU8bS3g&fbclid=IwAR2j7dKMaOf4VZQqKkB5Tj-v1eHPWc_29rliOsJ69XNCh9TOuJJs0qmtFIM

In Central America, in Nicaragua, a cauldron of lava bubbles at the bottom of Masaya Volcano

Just one piece of advice :  If you decide to start a (costly) journey to go and see an active lava lake, make sure such a lake still exists. The descriptions provided by the travel agencies are not always updated!

Lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2017 (Crédit photo: IVO)

Nouvelle carte à risques de la caldeira d’Ambrym (Source: GeoHazards)

Les cratères de l’Erta Ale en 2008 (Source: Wikipedia)

Vue du sommet de l’Erebus (Source: Wikipedia)

Le lac de lave du Nyiragongo est actuellement le plus grand sur Terre. (Crédit photo: Wikipedia)

Fin de mission pour le satellite Earth Observing-1 // Earth Observing-1’s mission comes to an end

Lorsqu’une éruption se produit quelque part dans le monde, les images satellitaires sont très précieuses pour observer et analyser la situation. L’un des satellites les plus célèbres pour effectuer de telles missions est Earth Observing-1 (EO-1) de la NASA. À l’origine, la mission du satellite devait durer un an seulement. Il a non seulement répondu à cette attente, mais est resté opérationnel pendant 16 autres années. Malheureusement, EO-1 est arrivé à la limite de ses forces, faute de carburant et, à la fin du mois de mars, on n’entendra plus parler de lui. Le satellite sortira doucement de son orbite et ira finir ses jours en boule de feu dans l’atmosphère terrestre.
EO-1 a débuté en 2000 dans le cadre du programme New Millennium de la NASA. Son objectif principal était de tester l’Advanced Land Imager, l’ancêtre des instruments d’imagerie des missions Landsat. Toutefois, il avait également à son bord le successeur probable de cette technologie: Hyperion, un imageur hyperspectral qui dispose de plus de 220 bandes spectrales. Quand il y a eu une fuite de méthane à Aliso Canyon, Hyperion a pu l’observer dans l’atmosphère.
La caractéristique la plus révolutionnaire d’EO-1 était l’expérience scientifique autonome qui a permis à l’ordinateur embarqué à bord d’EO-1 de décider quelles images prendre et à quel moment, ce qui représentait un bond en avant en termes d’autonomie spatiale. De plus, EO-1 faisait partie d’un Sensor Web, autrement dit un réseau de satellites interconnectés capables de déléguer des cibles et de s’alerter les uns les autres lorsque leurs systèmes détectent quelque chose d’intéressant, comme les éruptions volcaniques.
Ainsi, lorsque l’Erta Ale (Éthiopie) est entré en éruption en janvier 2017, les volcanologues espéraient qu’un satellite de la NASA pourrait observer l’événement et prendre des photos. Il s’est avéré qu’un satellite avait pris de l’avance et avait déjà commencé à observer le volcan, grâce à un programme d’intelligence artificielle à son bord. Le satellite en question était EO-1 qui avait effectué ce travail parfaitement! Grâce au satellite, les scientifiques ont pu observer l’éruption au bon moment, pendant sa première phase. Cela n’aurait pas été possible sans le Sensor Web. À la fin du mois de janvier, l’un des satellites du réseau avait détecté des changements dans le comportement du lac de lave de l’Erta Ale et avait alerté le satellite EO-1 pour qu’il prenne des photos du volcan. Grâce à la très bonne réactivité du EO-1, les chercheurs de la NASA ont déclaré qu’ils pouvaient maintenant observer une à une les images de l’Erta Ale pour étudier les modifications intervenues dans l’émission de lave avec le temps.
L’Erta Ale n’est pas le seul volcan épié par le satellite EO-1 pendant les dix années. Des chercheurs de la NASA ont utilisé l’intelligence artificielle à son bord pour étudier l’éruption du Puyehue-Cordon Caulle au Chili en 2011 et l’éruption islandaise de l’Eyjafjallajökull en 2010. Le logiciel ne se limite pas à l’observation de l’activité volcanique ; il a également donné des informations sur les inondations en Thaïlande en 2011.
Bien que l’EO-1 et son programme d’intelligence artificielle se dirigent vers une retraite bien méritée, les prochaines recherches mettront l’accent sur la poursuite de l’autonomie satellitaire.
Sources: Wired & Live Science.

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When an eruption occurs around the world, satellite images are very precious to observe and analyse the situation. One of the most famous satellites to perform such missions is NASA’s Earth Observing-1. Originally, thesatellite’s mission was supposed to last just a year. It did that, and then survived 16 more. But EO-1 is finally out of fuel, and at the end of the month the craft’s operating team will close up shop. Already out of fuel, EO-1 itself will continue to slowly shuffle off its orbital coil until it burns up in Earth’s atmosphere.

EO-1 got its start in 2000 as part of NASA’s New Millennium program. Its primary objective was to test the Advanced Land Imager, the forebear of instruments now on Earth-observing Landsat missions. But it also carries that technology’s likely replacement: Hyperion, a hyperspectral imager that sees over 220 spectral bands. When there was a methane leak in Aliso Canyon, Hyperion could see it in the atmosphere.

EO-1’s most revolutionary feature was the autonomous science experiment, which let EO-1’s onboard computer decide what images to take and when, a big leap forward in terms of spacecraft autonomy. Plus, EO-1 was part of a Sensor Web of interlinked satellites that can delegate targets or alert one another when their systems detected something of interest, like volcanic eruptions.

When Erta Ale in Ethiopia erupted in January, volcanologists hoped a NASA satellite would be able to train its eyes on the explosive event and capture photos. It turned out that a satellite was already a few steps ahead and had already begun observing the volcano, thanks to an artificial intelligence program on board. EO-1 had done the job perfectly! Thanks to the satellite, scientists caught this event at the perfect time, during an early, developing phase of the eruption. This would not have happened without the Volcano Sensor Web. In late January, one of the satellites in the network detected changes in Erta Ale’s lava lake, and pinged the EO-1 satellite to capture images of the volcano. Thanks to the EO-1 satellite’s quick response to the activity, NASA researchers said they now can review images of Erta Ale to study how the discharge of lava changes over time.

Erta Ale was not the only volcano on EO-1’s radar during the satellite’s more-than-a-decade-long run. NASA researchers used the ASE on board EO-1 to study the eruption of Chile’s Puyehue-Cordon Caulle volcano in 2011, and the Icelandic eruption of Eyjafjallajökull in 2010. The software was not limited to covering volcanic activity, however, and also helped monitor severe flooding in Thailand in 2011.

Though EO-1 and its AI program are headed for retirement, future research will continue the pursuit of satellite autonomy.

Sources: Wired & Live Science.

 L’intelligence artificielle à bord du satellite EO-1 a permis une bonne observation de la dernière éruption de l’Erta Ale. (Crédit photo: NASA)

Des nouvelles de l’Erta Ale (Ethiopie) // More news of Erta Ale Volcano (Ethiopia)

drapeau-francaisDans une note rédigée le 26 janvier 2017, j’indiquais que « la surface du lac de lave avait subi de rapides et grandes variations, avec des débordements de grande ampleur lorsque son niveau était au maximum et des épisodes de spattering quand le niveau s’était abaissé. » Ces informations étaient fournies par les participants à un voyage organisé par l’agence Volcano Discovery.

L’un des participants à un autre voyage organisé par l’agence 80 Jours Voyages  nous apprend maintenant que « le lac de lave de l’Erta Ale n’est plus et la terrasse du pit crater Nord s’est effondrée laissant place à un vaste cratère. Le dégazage est intense et le risque d’éboulement est grand, limitant l’approche. La nuit le panache de gaz du pit crater Sud rougeoie, signe d’une possible réalimentation du lac de lave. L’activité s’est déplacée de 2.5 km au SSE du pit crater Sud, au pied de l’Erta Alé. Une série de bouches éruptives ont émis un important volume de lave offrant un nouveau spectacle au sein de ce volcan si changeant ces derniers mois.

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drapeau-anglaisIn a post written on January 26th 2017, I indicated that “the lava lake’s surface level had been undergoing rapid and large variations, producing massive lava lake overflows when high and intense spattering when low.” This information was provided by the participants in a journey organised by the Volcano Discovery travel agency.

One of the participants in another journey organized by the 80 Jours Voyages travel agency  informs us now that « the Erta Ale lava lake no longer exists and the terrace of the pit crater North has collapsed and has been replaced by a vast crater. The degassing is intense and the risk of collapses is high, limiting the approach. At night, the gas plume from the pit crater South is glowing, an evidence of a possible recharge of the lava lake. Activity has moved 2.5 km to the SSE of the pit crater South, at the foot of Erta Ale. A series of eruptive vents have emitted a large volume of lava, which offers a new show within this volcano which has been changing so much in recent months. »

Débordements du lac de lave de l’Erta Ale (Ethiopie) // Overflows of Erta Ale’s lava lake (Ethiopia)

drapeau-francaisSelon le site Internet Volcano Discovery, l’activité volcanique de l’Erta Ale « a récemment atteint des niveaux extraordinaires et très élevés. » Lors d’une visite effectuée entre les 16 et 20 janvier 2017, les participants à un voyage organisé par cette agence ont pu voir que « la surface du lac de lave avait subi de rapides et grandes variations, avec des débordements de grande ampleur lorsque son niveau était au maximum et des épisodes de spattering quand le niveau s’était abaissé. » Plusieurs rapports d’observation écrits par des participants au voyage accompagnent le rapport que l’on peut lire (en anglais) à cette adresse:
https://www.volcanodiscovery.com/erta_ale/news/61274/Erta-Ale-volcano-Ethiopia-massive-lava-lake-overflows-collapses-inside-caldera.html
Il convient de noter que la photo qui accompagne le rapport montre un garde armé devant les coulées de lave, ce qui confirme que la sécurité est loin d’être parfaite dans la région.

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drapeau-anglaisAccording to the Volcano Discovery website, volcanic activity at Erta Ale “ has been at extraordinary and very elevated levels recently.” During a visit between January 16th and 20th 2017, the participants to a journey organised by the agency could see that “the lava lake’s surface level had been undergoing rapid and large variations, producing massive lava lake overflows when high and intense spattering when low.” Several reports by eye witnesses accompany the report to be read (in English) at this address:

ttps://www.volcanodiscovery.com/erta_ale/news/61274/Erta-Ale-volcano-Ethiopia-massive-lava-lake-overflows-collapses-inside-caldera.html

It should be noted that the photo that accompanies the report shows an armed guard in front of the lava flows, which confirms that safety is far from perfect in the area.

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Vue de la caldeira de l’Erta Ale et des deux cratères actifs.

(Crédit photo: Wikipedia)

Erta Ale (Ethiopie)

Sylvain Chermette, directeur de l’agence 80 Jours Voyage rentre du Danakil et de l’Erta Alé. Il me signale, photos à l’appui, que le volcan a débordé à plusieurs reprises au cours de son séjour en Ethiopie la semaine dernière. Voici quelques images montrant que le spectacle était au rendez-vous.

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Photos: S. Chermette

Tous les renseignements sur ce voyage sont sur le site de l’agence: http://80joursvoyages.com/