Du méthane sous le Katla (Islande) // Methane beneath Katla Volcano (Iceland)

Le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). Il inquiète de plus en plus les environnementalistes car il contribue au changement climatique. Comme je l’ai expliqué dans plusieurs articles, dans les régions arctiques, le méthane est emprisonné dans le pergélisol. Avec la hausse globale des températures, le sol dégèle et libère ce gaz, ce qui contribue au réchauffement de la planète.
Une étude récente publiée dans la revue Scientific Reports a fait de nouvelles révélations inquiétantes. En effet, le Sólheimajökull, un glacier islandais connecté au volcan Katla, l’un des plus actifs du pays, rejette d’énormes quantités de méthane. Les chercheurs ont découvert que pendant les mois d’été il laisse échapper quotidiennement jusqu’à 41 tonnes de méthane par l’intermédiaire des eaux de fonte du glacier. L’étude est la première à montrer que le méthane est rejeté en aussi grande quantité par les glaciers.
L’identification et la compréhension des sources de méthane non reconnues jusqu’à maintenant, dans des secteurs comme les glaciers, sont très importantes pour la modélisation du changement climatique. Si le volcan et le glacier islandais sont représentatifs d’autres systèmes similaires, cela signifie que des volumes de méthane non encore comptabilisés s’échappent dans l’atmosphère. Il devient de plus en plus évident que de vastes zones d’activité géothermale sous les immenses calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland produisent probablement de grandes quantités de méthane.
L’équipe scientifique a prélevé des échantillons d’eau accumulée devant le front du glacier pour mesurer les concentrations de méthane. Les chercheurs ont constaté que, par rapport aux autres rivières et sédiments de la région, les niveaux de ce gaz étaient beaucoup plus élevés sur le Sólheimajökull. Les plus fortes concentrations se trouvent au point où la rivière émerge sous le glacier. Une analyse plus poussée a permis aux chercheurs de trouver la source exacte du méthane: il provient de l’activité microbiologique sur le soubassement du glaciers. Lorsque le méthane entre en contact avec l’oxygène, il se combine normalement pour former du dioxyde de carbone. Cependant, s’agissant du Sólheimajökull, lorsque l’eau de fonte atteint le soubassement du glacier, elle entre en contact avec les gaz du volcan. Ces gaz réduisent la teneur en oxygène de l’eau, permettant ainsi au méthane produit d’être dissous et transporté à l’extérieur du glacier.
Les scientifiques estiment que le volcan fournit les conditions nécessaires au développement des microbes et à la libération du méthane dans l’eau de fonte. En d’autres termes, la chaleur géothermale transforme le volcan en un incubateur géant.
Les chercheurs ont conclu, suite aux observations sur le Sólheimajökull et le Katla, que de nombreux autres volcans actifs recouverts de glace produisaient probablement du méthane de la même manière. Ils espèrent maintenant conduire des recherches semblables au Groenland ou en Antarctique. Si de grandes zones géothermales situées sous ces inlandsis produisent du méthane comme en Islande, et si le réchauffement climatique se poursuit à son rythme actuel, les conséquences pourraient être préoccupantes. Des quantités d’eau de fonte de plus en plus importantes vont atteindre le soubassement des glaciers. Cela favorisera une plus grande connectivité avec les zones volcaniques et géothermales enfouies sous la glace. Si une zone géothermale est reliée à un système hydrologique, cela signifie que le méthane peut s’échapper dans l’atmosphère au lieu d’être piégé sous la glace.
Source: Newsweek.

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Methane (CH4) is a greenhouse gas far more potent than carbon dioxide (CO2). It is becoming of increasing concern because of its potential to contribute to climate change. As I explained in several posts, in Arctic regions, methane is locked up in permafrost. As global temperatures increase, the soil thaws and methane is released, contributing to further warming.

A recent study published in Scientific Reports has made more worrying revelations. Indeed, huge amounts of methane are being released from Sólheimajökull, an Icelandic glacier connected to Katla, one of the country’s most active volcanoes. Researchers found that up to 41 tonnes of methane are released through meltwater from the glacier every day over the summer months. The study is the first to show methane is released from glaciers on such a large scale.

Identifying and understanding previously unrecognized sources of methane, like on glaciers, is very important to climate change models. If this volcano and glacier are representative of other similar systems, it could mean masses of previously unaccounted methane are being released into the atmosphere. There is increasing evidence for large zones of geothermal activity beneath the world’s biggest ice sheets in Antarctica and Greenland, so there could be a large amount of methane being produced there.

The team took water samples from the edge of the lake in front of the glacier to measure the concentrations of methane. They found that compared to other nearby rivers and sediments, the levels were far higher. The highest concentrations of methane were at the point where the river emerges from beneath the glacier. Further analysis allowed the researchers to find the exact sources of the methane: it was produced by microbiological activity on the glacier bed. When methane comes into contact with oxygen it normally combines to form carbon dioxide. However, at Sólheimajökull, when the meltwater reaches the bed of the glacier it comes into contact with gasses from the volcano. These gases lower the oxygen content in the water, allowing the methane produced to be dissolved and transported out of the glacier.

The ssientists believe that the volcano provides the conditions necessary for microbes to thrive and release methane into the meltwater. In other words, the geothermal heat turns the volcano into a giant incubator.

Researchers say that while the study only focuses on Sólheimajökull and Katla, there are many other ice-covered active volcanoes that could produce methane in a similar way. The team now hopes to carry out similar research in Greenland or Antarctica. If large geothermal areas beneath these ice sheets produce methane like in Iceland, and if global warming continues at its current rate, the consequences could be concerning. The increased amount of meltwater produced in a warming world will access the bed of the glacier. This may encourage greater connectivity with volcanic and geothermal areas buried beneath the ice. A hydrologically connected geothermal area means the methane can escape to the atmosphere rather than being trapped beneath the ice.

Source : Newsweek.

Eau de fonte du Sólheimajökull (Photo: C. Grandpey)

Quand la presse déforme la vérité… // When newspapers distort the truth…

Au cours des dernières semaines, on a pu lire dans la presse un certain nombre d’articles affirmant que le Katla était sur le point d’entrer en éruption en Islande. Selon ces articles, en particulier celui publié dans le Sunday Times, le Katla – «volcan extrêmement dangereux» – émettait une énorme quantité de dioxyde de carbone, signe évident que la chambre magmatique était en phase de remplissage, ce qui annonçait une éruption de grande ampleur. Tout cela était faux! Lorsque ce genre d’article a été publié, j’ai exprimé des doutes quant à son contenu et déclaré que personne ne savait quand le Katla entrerait en éruption.
Les articles de presse avaient été inspirés par une étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters dans lequel une scientifique de l’Université de Leeds et ses collègues faisaient état de la quantité de CO2 émise par le Katla. Les mesures ont montré que les émissions étaient extrêmement élevées et que d’autres volcans comme le Katla devraient être pris en compte dans le cadre plus large des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. L’étude scientifique n’a jamais mentionné le risque d’une éruption à court terme, mais l’article du Sunday Times ne s’est pas privé de l’annoncer haut et fort! Le journal a affirmé que les résultats de l’étude montraient que le volcan allait «entrer en éruption» et qu’une telle éruption éclipserait celle d’Eyjafjallajökull en 2010.
Ces affirmations à propos du Katla ont été reprises par des agences de presse dans le monde entier. La scientifique de l’Université de Leeds qui a piloté l’étude a envoyé une série de tweets dénonçant les articles «alarmistes» qui désinformaient les lecteurs. Elle a rappelé qu’elle avait explicitement déclaré que les chercheurs n’étaient pas en mesure de dire si le Katla allait entrer en éruption, et que la perturbation du trafic aérien en cas d’éruption ne risquait pas d’être aussi grave qu’en 2010. Elle a accusé le journal britannique de «mentir à ses lecteurs». Les scientifiques ont déclaré qu’ils ne savaient pas quand Katla entrerait en éruption car ils ne savent pas non plus prévoir quand les volcans entreront en éruption dans le monde.
Cette affaire met bien en lumière les difficultés rencontrées par les scientifiques qui souhaitent partager leurs recherches, mais qui se heurtent à des journaux qui cherchent avant tout à attirer les lecteurs.
Source: Newsweek.

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Over the past weeks, a stream of articles claiming that Katla Volcano was about to erupt in Iceland were published. According to articles in the press, especially in the Sunday Times, the “highly hazardous” Katla volcano was releasing a huge amount of carbon dioxide, a clear indication that the magma chamber was filling up, and this was evidence of an imminent, massive eruption. This was simply not true! When the articles were published, I expressed doubts about their contents and said that nobody knew when Katla would erupt.

The press articles were prompted by an article published in the journal Geophysical Research Letters, in which a scientist from the University of Leeds, and her colleagues assessed the amount of CO2 being released from Katla. Findings showed emissions were extremely high—so much so that it, and other volcanoes like it, should be considered in the wider picture of CO2 emissions globally. It never mentioned the risk of a short-term eruption, but the Sunday Times’article did! The newspaper claimed the findings suggested that the volcano was “about to erupt” and that such an eruption would dwarf the one at Eyjafjallajökull in 2010.

The Katla story was picked up by news agencies worldwide, and soon afterward the Leeds University scientist sent out a string of tweets criticizing the “scaremongering” articles that misinformed readers. She reminded that she said explicitly that the researchers were not in a position to say whether or not Katla was ready to erupt; and that air traffic disruption in case of an eruption is unlikely to be as serious as in 2010. She accused the British newspaper of “lying to the readers.” Scientists do not know when Katla will erupt next, as they cannot predict when volcanoes around the world will erupt.

The case highlights the problems faced by scientists wishing to share their research, and newspapers looking to attract readers.

Source: Newsweek.

Le Katla vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

En attendant la prochaine éruption du Katla (Islande) // Waiting for Katla’s next eruption in Iceland

Après les inquiétudes concernant une possible éruption du super volcan de Yellowstone aux Etats Unis, voici que naît l’angoisse autour du volcan Katla en Islande. Plusieurs journaux américains viennent de publier un même article sur ce sujet.
L’auteur de l’article explique qu’après un été d’activité sismique intense sur le Katla, « les Islandais épient le moindre signe d’une éruption du volcan le plus surveillé de leur pays ». Le Katla est entré en éruption pour la dernière fois en 1918. Depuis le début de l’histoire connue du volcan au 12ème siècle, jamais 99 années se sont écoulées sans une éruption. Huit des 10 dernières éruptions du Katla se sont produites entre septembre et novembre, moment où la fonte de la calotte de glace qui le recouvre est censée – en libérant sa pression –  créer des conditions favorables à la sortie de la lave.

Vik, un hameau sur la côte sud, se prépare au pire. En cas d’éruption, un texto sera envoyé à chaque téléphone mobile connecté au réseau régional. Les 543 habitants savent ce qu’ils doivent faire: informer leurs voisins – et où aller: l’église, qui est abritée par la montagne. Selon la Protection Civile islandaise, les touristes seraient le plus grand problème en cas d’éruption. Ils pourraient être en grand nombre au coeur de la saison touristique, répartis dans le pays et moins susceptibles que les locaux d’être au courant des mesures à prendre en cas d’urgence.
Ce qui inquiète les volcanologues, c’est que Katla se trouve sous une calotte de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, ce qui signifie qu’une éruption est susceptible de faire fondre cette glace et provoquer de graves inondations. On s’attend à ce que le volume d’eau atteigne 300 000 mètres cubes par seconde, plus important que le débit de l’Amazone. Il se pourrait que cette arrivée massive d’eau fasse monter le niveau de l’océan considérablement, de sorte que les autorités prévoient d’évacuer tous les habitants de la côte vers la pointe sud de l’île.
Au cours des 11 derniers mois, le Met Office islandais a fait passer à deux reprises le niveau d’alerte du Katla au Jaune. Pendant quatre jours cet été, les Islandais ont remarqué avec inquiétude que les séismes atteignaient la magnitude M 3 et la fonte de la glace a provoqué une crue de la rivière Mulakvisl près de Vik.
[Remarque personnelle: Il convient de noter que la dernière sismicité sur le Katla était très superficielle, à environ 100 mètres de profondeur. En conséquence, il y a peu de chances pour qu’elle ait été causée par une ascension du magma sous le volcan, d’autant plus qu’aucune déformation significative n’a été signalée. Les séismes étaient probablement causés par une activité hydrothermale intense, phénomène qui se produit souvent sous la couche de glace]
Les volcanologues ne savent pas ce qui se passera le jour où le Katla entrera en éruption. Contrairement à beaucoup d’autres volcans islandais, une longue période de repos ne détermine pas l’ampleur de la prochaine éruption. Même si le Katla a une chambre magmatique plus volumineuse que son voisin Eyjafjallajokull, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura un impact plus important sur le trafic aérien. Un employé du Met Office indique que les compagnies aériennes sont mieux préparées à affronter la cendre dans un espace aérien donné qu’elles ne l’étaient il y a sept ans.
[Remarque personnelle: Je ne suis pas sûr que la panique dans l’espace aérien sera différente de 2010 en cas d’éruption du Katla. Les tests sur la détection de cendre ont été effectués sur d’autres volcans pendant des périodes d’activité volcanique calme et souvent avec de la cendre déversée artificiellement. Je ne suis pas certain que les compagnies aériennes soient prêtes à risquer la vie de leurs passagers si les avions sont confrontés à de VRAIS nuages ​​de cendre!]
En conclusion, l’article n’apporte pas vraiment une nouvelle lumière sur l’environnement d’une éruption du Katla. Les volcanologues ne savent pas trop quel genre d’éruption se produira et les autorités locales devront s’adapter à la situation, surtout si l’éruption a lieu pendant la haute saison touristique!
Source: Journaux américains.

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After the worries about a possible eruption of Yellowstone supervolcano, here is the anxiety around Katla volcano in Iceland. Several U.S. newspapers have just released the same article about this topic.

The author of the article explains that after a summer of increased seismic activity at Katla, “Icelanders are obsessing over the smallest sign of an eruption at the country’s most closely watched volcano”. Katla last erupted in 1918. Never before in recorded history, dating back to the 12th century, have 99 years passed without an eruption from this volcano. Eight out of the last 10 eruptions at Katla have occurred between September and November, when glacial melting is believed to create – by alleviating its pressure – conditions for the magma to burst forth.

Vik, a hamlet on the south coast is prepared for the worst. In the event of an eruption, a text message will be sent to every mobile phone connected to the regional network. All 543 residents will know what to do – inform their neighbours – and where to go: the church, which is sheltered by the mountain. According to the Icelandic Civil Protection, tourists would be the greatest challenge in the event of an eruption. They could be in large numbers during the tourist season, spread out and less likely than locals to be aware of emergency actions.

What worries volcanologists is that Katla lies under glacial ice hundreds of yards thick, meaning that any eruption is likely to melt the ice and cause widespread flooding. The volume of water that could stream toward the coast is predicted to reach 300,000 cubic metres per second, greater than the Amazon River discharge. Ocean levels may rise sharply if flooding reaches the coast, so authorities plan to evacuate the entire coast on the island’s southern tip.

Over the past 11 months, the Icelandic Met Office has twice raised its Katla alert level to yellow, signalling “elevated unrest.” For four days this summer, Icelanders watched with concern as a series of earthquakes peak at magnitude M 3. Natural reservoirs of glacial melt under the ice cap burst and flooded the Mulakvisl River near Vik.

[Personal remark: It should be noted that the last seismicity at Katla volcano was very shallow, about 100 metres deep. As a consequence, there is little chance it was caused by any magma ascent beneath the volcano which did not show any significant deformation. The earthquakes were rather caused by some hydrothermal activity, a phenomenon which frequently occurs beneath the ice sheet]

Volcanologists do not know what will happen when Katla finally erupts. Unlike many other volcanoes in Iceland, a long rest does not contribute to the size of the next eruption. While Katla has a larger magma chamber than neighbouring Eyjafjallajokull, that does not necessarily mean it will have a greater impact on aviation. An employee at the Icelandic Met Office notes that airlines now are better prepared to measure ash within a given airspace than they were seven years ago.

[Personal remark: I am not sure that the panic in the airspace will be different from 2010 in case of an eruption of Katla. The tests about ash detection were performed on other volcanoes during periods of quiet volcanic activity and often with artificial ash. I am not sure air companies are ready to risk the lives of their passengers if the planes fly into REAL ash clouds!]

In conclusion, the newspaper article does not really shed a new light on the environment of a Katla eruption. Volcanologists do not know what kind of eruption it will be and local authorities will have to adapt to the situation, especially if the eruption takes place during the high tourist season!

Source: U.S. newspapers.

Le Katla se cache sous le glacier Myrdalsjökull (Crédit photo: NASA)

L’éruption du Katla en 1918 (Source: Wikipedia)

 

Katla (Islande / Iceland): Retour au Vert // Back to Green

Le niveau d’alerte du Katla vient de repasser au Vert, après avoir momentanément été élevé à la couleur Jaune. Cela signifie que l’activité volcanique a décliné et que rien ne laisse entrevoir une éruption dans le court terme. D’autre part, la crue glaciaire de la rivière Múlakvísl est maintenant terminée.

Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité observée sur le volcan au cours des derniers jours était certainement trop superficielle pour annoncer une possible éruption. Elle était probablement liée à des mouvements du glacier et/ou des mouvements de fluides hydrothermaux sous la surface, comme cela se produit relativement fréquemment sur les volcans couronnés d’une calotte de glace. A noter que l’IMO ne fait état d’aucune déformation de l’édifice. S’agissant de la rivière Múlakvísl, si la conductivité de l’eau a montré un pic, sa température de sortie est restée modérée avec une quinzaine de degrés Celsius.

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Katla’s alert level has been moved from Yellow back to Green. This means that volcanic activity has subsided and that there are no signs of an impending eruption. The glacial river flood at Múlakvísl is also over.

As I put it before, the seismicity observed on the volcano in the past days was certainly too shallow to announce a possible eruption. It was probably linked to movements of the ice and/ or to the movements of geothermal fluids beneath the surface, as this happens quite frequently on volcanoes topped by an ice cap. It should be noted that IMO does not indicate any deformation of the edifice. As far as the Múlakvísl River is concerned, if the water conductivity showed a peak, its temperature remained moderate with 15°C or so.

Le glacier Myrdalsjökull – qui recouvre le volcan Katla – vu depuis l’espace (Source: NASA)

 

Islande : Vers la fin de la crue glaciaire // Iceland : Toward the end of the glacial outburst

Dans ma dernière mise à jour sur l’Islande, j’indiquais que la crue glaciaire de la rivière Múlakvísl diminuait lentement. La conductivité de l’eau était tombée à 330 μS / cm. Aucun événement significatif n’est survenu depuis. Le niveau de la rivière retourne lentement à la normale et aucun autre séisme n’a été enregistré.

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In my latest note about Iceland, I indicated that the glacial flood of the Múlakvísl River was slowly declining. Water conductivity had dropped to 330µS/cm. No significant event has occurred since that time. The level of the Múlakvísl River is slowly going back to normal and no other earthquakes have been recorded.

Katla (Islande / Iceland)! Crue glaciaire la rivière Múlakvísl // Glacial outburst of the Múlakvísl River

17 heures: Une crue glaciaire a commencé dans la rivière Múlakvísl vers minuit (TU) le 29 juillet 2017. Le   Met Office Islandais (OMI) indique que la conductivité électrique se situe actuellement autour de 580μS / cm et a augmenté rapidement. En général, l’augmentation du niveau de cette rivière est un indicateur important des prochaines éruptions du Katla. [NDLR: Cependant, pour le moment, il n’y a pas d’autre indication que le volcan va entrer en éruption. La dernière sismicité enregistrée était très superficielle (une centaine de mètres de profondeur). Cela signifie que la crue actuelle est probablement liée à une activité géothermale intense sous le volcan.]
La conductivité est un bon indicateur de la quantité d’eau de fonte géothermale dans la rivière. Avant les crues glaciaires, on enregistre une hausse de la conductivité dans la rivière Múlakvísl qui peut durer plusieurs jours avant l’apparition de la crue proprement dite. La couleur du niveau d’alerte du Katla est maintenant Jaune au lieu de Verte (présence d’une activité supérieure à la normale) en raison de la crue glaciaire et de l’activité sismique.
L’OMI indique que «le scénario est très semblable à l’inondation glaciaire de 2011 lorsque le pont sur la Ring Road (la route qui fait le tour de l’île) a été détruit». On peut s’attendre à ce que la crue glaciaire atteigne son maximum dans quelques heures.
Il est conseillé aux gens de se tenir à l’écart de la rivière en raison des gaz, car la rivière présente une couleur sombre et dégage une odeur de soufre. La Protection Civile a été alertée et l’Administration en charge du réseau routier est sur le site et se prépare à fermer la Ring Road si nécessaire.
Source: IMO & Iceland Review.

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19 heures: : La crue glaciaire dans la Múlakvísl diminue lentement. La conductivité électrique a augmenté rapidement entre 6 heures et 7 heures ce matin et a atteint un sommet d’environ 580 μS / cm. Elle a ensuite diminué lentement. À 14 h 40 (heure locale), la conductivité était mesurée à environ 330 μS /cm.

Source; IMO.

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17:00: A glacial outburst flood started in Múlakvísl river around midnight (UTC) on July 29th, 2017.  The Icelandic Met Office (IMO) indicates that electrical conductivity is now measured around 580µS/cm and has increased rapidly. Usually, increasing water levels of this river are an important indicator of Katla’s upcoming volcanic eruptions. [NDLR: However, for the time being, there is no other indication that the volcano is going to erupt. The latest seismicity recorded was very shallow (about 100 metres deep). This means that the current outburst is probably linked to some geothermal activity beneath the volcano.]

Conductivity is an indicator for the amount of geothermal meltwater in the river. Prior to glacial river surges, the conductivity in Múlakvísl river starts rising. This elevation of conductivity can last several days before an actual river surge starts. The colour code for Katla volcano is now Yellow instead of Green (signs of elevated unrest above known background levels) due to glacial flood and seismic tremor.

IMO indicates that “the scenario is very similar to the 2011 glacial flood event when the Ring Road bridge was destroyed. » The glacial outburst flood can be expected to reach its maximum within a few hours.

People are advised to stay away from the river due to gas pollution, as the river is showing a dark colour and smells of sulphur. The Department of Civil Protection of the National Police has been alerted and Road Administration is on the site and prepared to close the main road if needed.

Source : IMO and Iceland Review.

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19:00: Glacial outburst flood in Múlakvísl is slowly declining. Electrical conductivity increased rapidly between 6 and 7 this morning and peaked around 580 µS/cm and has since then slowly decreased. At 14:40 (local time) the conductivity measured about 330 µS/cm.

Source: IMO.

Source: Icelandic Met Office

 

Datation d’une éruption du Katla (Islande) // Dating of an eruption of Katla Volcano (Iceland)

Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater une éruption majeure du Katla (Islande) avec une marge d’erreur de quelques mois. L’éruption, qui est la plus ancienne à avoir été datée avec précision dans les hautes latitudes septentrionales, a eu lieu peu de temps avant l’implantation des premières colonies humaines, à une époque où certaines parties de l’île étaient encore couvertes de forêts.
L’équipe scientifique, qui comprenait des volcanologues, des climatologues, des géographes et des historiens, a utilisé un ensemble de données scientifiques et historiques pour situer la date de l’éruption du Katla entre la fin de l’année 822 et le début de l’année 823, quelques décennies avant l’arrivée des premiers colons. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Géology.
De la même façon que les fossiles peuvent être utilisés pour comprendre le développement et l’évolution de la vie sur Terre, différents types de preuves environnementales peuvent être utilisés pour comprendre comment était le climat sur Terre dans le passé et pour quelles raisons. Les cernes des troncs d’arbres et les carottes de glace permettent aux scientifiques de déterminer les conditions climatiques du passé et d’améliorer notre compréhension de l’interaction entre les humains et l’environnement il y a des centaines ou des milliers d’années.
Actuellement, la majeure partie de l’Islande est dépourvue de forêts. Cependant, avant l’arrivée des premiers colons à la fin du 9ème siècle, elles occupaient probablement une vaste partie du pays. Les premiers colons ont éliminé la plupart des arbres sur l’île pour établir une société basée sur l’agriculture et les arbres ne se sont jamais réapparus. En 2003, une crue de printemps de la rivière Thverá a mis à jour des centaines de troncs de bouleaux qui étaient restés enfouis pendant des siècles sous des couches de dépôts volcaniques. Cette forêt – dite de Drumbabót – est la forêt préhistorique la mieux préservée en Islande, après avoir été victime d’une éruption du Katla.
L’équipe scientifique qui a effectué l’étude avait indiqué précédemment qu’en 775 une grande éruption solaire avait provoqué une hausse brutale du niveau de carbone 14 dans l’atmosphère terrestre, susceptible d’être stockée dans le bois des arbres présents à l’époque. En mesurant le niveau de carbone 14 dans l’un des arbres de la forêt de Drumbabót, les chercheurs ont pu localiser l’année 775 dans les cernes des troncs d’arbres et compter, en allant vers l’écorce, le nombre d’années jusqu’à l’éruption du Katla qui avait signé l’arrêt de mort de ces arbres. Le cerne le plus extérieur était complètement formé et un nouveau n’était pas encore apparu, ce qui signifie que l’éruption s’est produite après l’automne 822 et avant le printemps 823, avant que la croissance de l’année suivante ait commencé. L’Islande n’a été colonisée que vers 870 ; cette forêt a donc été détruite près d’un demi-siècle avant l’arrivée des humains.
A côté du travail scientifique, l’équipe de chercheurs a également pris en compte les recherches des historiens qui ont analysé des preuves documentaires écrites en provenance d’Europe et d’Asie et ont constaté qu’il y avait eu un épisode de froid intense correspondant au moment de l’éruption du Katla.
Source: Université de Cambridge.

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An international group of researchers has dated a large eruption of Katla volcano in Iceland to within a few months. The eruption, which is the oldest volcanic eruption to be precisely dated at high northern latitudes, occurred shortly before the first permanent human settlements were established, when parts of the now mostly treeless island were still covered with forest.

The team, which included volcanologists, climatologists, geographers and historians among others, used a combination of scientific and historical evidence to pinpoint the eruption date of the Katla volcano between late 822 and early 823, decades before the earliest settlers arrived. Their results are reported in the journal Geology.

In a similar way to how fossils can be used to understand the development and evolution of life on Earth, different types of environmental evidence can be used to understand what the Earth’s climate was like in the past and why. The ‘fingerprints’ contained in tree rings and ice cores help scientists to estimate past climatic conditions and extend our understanding of the interaction between humans and the environment hundreds and thousands of years back in time.

Currently, Iceland is for the most part treeless. However, before the first permanent settlers arrived in the late 9th century, it was most likely covered by extensive woodland. Early settlers harvested most of the trees they found on the island to establish an agricultural-based society, and the trees never recovered. In 2003, a spring flood of the Thverá River exposed hundreds of birch trees which had been buried for centuries beneath layers of volcanic sediment. The so-called Drumbabót forest is the best-preserved prehistoric forest in Iceland, and had been buried by an eruption of the nearby Katla volcano.

The team behind the current study have previously confirmed that in 775, a large solar flare caused a spike in radiocarbon levels in the Earth’s atmosphere, which would be stored in the wood of trees that were alive at the time. By measuring the radiocarbon levels in one of the Drumbabót trees, the researchers were able to pinpoint the year 775 in the tree rings, and measure outward to the bark to count the number of years to the Katla eruption, when the tree died. The outermost tree ring had completely formed and a new one had not yet started, meaning that the eruption occurred after autumn 822 and before spring 823, before the next year’s growth had begun. Iceland was not settled until around 870, so this particular forest was destroyed almost half a century before humans arrived.

In addition to the scientific results, the team also involved historians who analysed written documentary evidence from Europe and Asia, and found that there was a severe cold spell consistent with the timing of the reconstructed Katla eruption.

Source: University of Cambridge.

La dendrochronologie permet de déterminer l’âge des arbres et de dater certains événements naturels.