Les sabres d’argent de l’Haleakala (Ile de Maui / Hawaii) // The silverswords of Haleakala volcano (Hawaii)

drapeau francaisCes derniers jours la presse hawaiienne fait part à ses lecteurs d’un événement naturel assez exceptionnel sur ​​le volcan Haleakala, sur l’île de Maui. En effet, cette semaine, un nombre inhabituel de silverswords – autrement dit les célèbres sabres d’argent – fleurissent simultanément.
Bien que les sabres d’argent puissent vivre jusqu’à 90 ans, ils ne fleurissent une fois, de sorte que la floraison actuelle est un événement rare. Le National Park Service dit que c’est l’une des meilleures années en matière de fleurs sur l’Haleakala.
Le silversword de l’Haleakala, également connu sous le nom de ahinahina (« gris » en hawaïen), est une plante qui pousse avec ou sans fleurs. Tendant la plus grande partie de sa vie, elle ressemble à un bouquet d’épées, avec des feuilles pointues à la couleur argentée, de plus en plus denses en s’approchant du sol. Quand la plante arrive à maturité, ce qui peut se produire à tout moment entre trois et 90 ans, elle dresse une longue tige couverte de centaines de fleurs pourpres. Quand les fleurs se dessèchent, le sabre d’argent sèche à son tour et il meurt en laissant plusieurs milliers de graines se disperser avec le vent et prendre racine ailleurs.
Les visiteurs du Parc National de Haleakala sont invités à rester sur les sentiers, en particulier à proximité des silverswords en fleurs. Comme ils ne fleurissent et ne produisent des graines qu’une seule fois dans leur vie, il est essentiel de leur laisser de l’espace afin que leurs graines puissent se développer librement.
Les articles indiquent que le sabre d’argent est une plante endémique qui se trouve uniquement dans le Parc National, sur les pentes de l’Haleakala. C’est vrai,  en sachant que de plus en plus de silverswords peuvent maintenant être vus sur les pentes du Mauna Kea, à proximité du Visitor Center, sur la Grande Ile d’Hawaii, où de nouvelles plantations sont effectuées chaque année afin de perpétuer l’espèce.

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drapeau anglaisThe Hawaiian newspapers these days are informing their readers that a natural event is currently occurring on Haleakala volcano, on the island of Maui. Indeed, this week, unusually high numbers of silverswords are blooming simultaneously.
Although silverswords can live for as long as 90 years, they only flower once, making the recent bloom of multiple plants a rare event. The National Park Service says this is one of the best years they’ve seen for flowers on Haleakala.

The Haleakala silversword, also known as ahinahina (“gray” in Hawaiian), is a plant which grows with or without flowers. For most of its life, it resembles a bouquet of swords, with silver, spikey leaves growing densely at ground level. As the plant reaches maturation, which can occur anytime within three to 90 years, it sends out a long, flowering stalk covered in hundreds of purple flowers. After the flowers dry out, the silversword also dries out and dies, leaving several thousand seeds to scatter in the wind and take root elsewhere.
Visitors to Haleakala National Park are encouraged to stay on the trails, especially near any flowering silverswords. Since they only flower and produce seeds once in their lifetimes, it is critical to give the plants room so their seeds can grow unobstructed.

The articles indicate that the silversword is an endemic plant only found within the National Park on the slopes of Haleakala. This is partly true as silverswords can now be seen growing on the slopes of Mauna Kea, near the Visitor Center, on Hawaii Big Island where more and more plants are planted every year.

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(Photos:  C.  Grandpey)

Trous sibériens et réchauffement climatique

Voici deux informations intéressantes et qui demandent à être confrontées. D’un côté, certains font remarquer – alors que nous sommes seulement à la fin du mois de juillet !- que l’été 2014 aux Etats-Unis est l’un des plus froids de l’histoire, avec une moyenne des températures qui a du mal à atteindre 90 degrés Fahrenheit (32 degrés Celsius). Semblable fraîcheur avait été enregistrée en 1992, peu de temps après l’éruption du Pinatubo aux Philippines. En remontant dans le temps, un seul été dans les années 1880 peut rivaliser avec les températures de 1992 et 2014. Bien sûr, les négationnistes du réchauffement climatique vont s’empresser d’ajouter que l’hiver 2013-2014 dans le nord-est des Etats-Unis a été l’un des plus rigoureux de l’histoire, en oubliant de mentionner qu’en Alaska les températures n’ont jamais été aussi élevées !

En face de ces propos, on apprend qu’un second trou géant vient d’être découvert dans le sol sibérien, à une cinquantaine de kilomètres du premier, découvert à la mi-juillet 2014. Il est légèrement plus petit que le précédent qui avait une trentaine de mètres de diamètre et 50 à 70 mètres de profondeur.

Les scientifiques russes pensent que la cause de l’ouverture de ces deux orifices à la surface du sol sibérien est le réchauffement climatique qui accélère de manière alarmante la fonte du permafrost, ce qui a pour effet de relâcher brutalement du gaz,  à la manière de l’ouverture d’un bouchon de champagne.

Ces découvertes appellent une double remarque :

1) Ces trous sont des indicateurs visibles du réchauffement climatique, car ils se trouvent au niveau du permafrost (ou pergélisol), une zone constamment gelée qui rétrécit comme peau de chagrin à l’heure actuelle. J’ai eu l’occasion d’attirer à plusieurs reprises l’attention sur ce phénomène à propos de l’Alaska où certaines forêts s’écroulent (elles ont été baptisées « drunken forests », les forêts ivres) car les racines ne sont plus retenues par le sol gelé. Les routes subissent elles aussi de plein fouet les effets de la fonte du permafrost ; il suffit de traverser l’Alaska ou le Yukon pour s’en apercevoir.

2) Le gaz libéré dans l’atmosphère lors de la formation de ces trous est du méthane (CH4). Au même titre que le dioxyde de carbone (CO2), le CH4 est un gaz à effet de serre. Toutefois, son potentiel de réchauffement global est 21 fois supérieur au CO2. Selon les scientifiques russes, « on entre dans un cercle vicieux: de plus en plus de méthane est dégagé dans l’atmosphère, ce qui augmente les températures, donc le pergélisol se réduit et de nouvelles poches de méthane éclatent. » J’avais attiré l’attention sur ce phénomène gazeux dans une note publiée le 20 mai 2014.

Une étude publiée en 2012 avait déjà montré que les rejets de carbone issus du permafrost seront plus rapides que ceux prévus par les modèles présentés à l’époque. Selon les dernières estimations, les quelque 18,8 millions de km2 de sols gelés dans le Grand Nord retiennent environ 1.700 milliards de tonnes de carbone organique, soit deux fois la quantité présente dans l’atmosphère aujourd’hui.

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Crédit photo: Service de presse du gouverneur YaNAO / Marya Zulinova

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« Forêt ivre » en Alaska  (Photo:  C.  Grandpey)

Etna (Sicile / Italie): Situation stable

drapeau francaisAprès la hausse observée le 26 juillet dernier, le tremor volcanique se maintient à un niveau relativement élevé mais très stable. Sur le terrain, l’activité se poursuit au niveau des bouches qui se sont ouvertes le 5 juillet le long de la fracture à la base orientale du Cratère NE. Les images mises en ligne sur Internet (mais que je ne copie pas, par respect pour leurs auteurs) montrent que cette activité reste strombolienne, avec une effusion de lave sur quelques centaines de mètres. La caméra thermique (voir capture d’image ci-dessous) révèle que la lave commence également à s’écouler à partir de la bouche qui s’est ouverte le 25 juillet dernier en amont de la fracture.

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drapeau anglaisAfter the increase observed on July 26th, the volcanic tremor has remained at a relatively high but stable level. On the field, activity continues at the vents that opened on July 5th along the fracture at the eastern base of the NE crater. The images posted on the Internet show that this activity is strombolian, with a lava flow a few hundred metres long. The thermal camera (see screenshot below) also reveals that lava has started flowing from a vent which opened on July 25th upslope of the fracture.

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Stabilité du tremor

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L’éruption vue par la caméra thermique

(Crédit documents:  INGV Catane)

Kavachi (Iles Salomon): Une éruption en vue? // Fear of an eruption

drapeau francaisKavachi, l’un des volcans sous-marins les plus actifs du Pacifique Sud-Ouest, occupe une position isolée dans les îles Salomon. Parfois appelé Rejo te Kvachi, il est situé au sud de l’île de Vangunuà à seulement une trentaine de kilomètres de l’endroit où se produit la subduction de la plaque indo-australienne sous la plaque Pacifique. Ce volcan sous-marin a une lave basaltique à andésitique et il a donné naissance à plusieurs reprises à des îles éphémères atteignant parfois 1 km de longueur depuis sa première éruption enregistrée au cours de l’année 1939.
Le volcan inquiète fortement les habitants du lagon de Marovo qui ont vu des matériaux en provenance du Kavachi traverser la lagune. Selon plusieurs témoins, depuis le mois dernier, des eaux troubles forment des tourbillons sur ​​l’emplacement du volcan sous-marin.
Les villageois ont demandé aux autorités de visiter le Marovo et d’étudier la situation.
En mai 2000, une équipe internationale de cartographes a localisé un relief de forme plus ou moins conique, d’un diamètre à la base d’environ 8 km qui se dressait depuis un fonds marin de 1100 mètres de profondeur.
Lorsque le Kavachi est entré en éruption en 2003, une île de 15 mètres de hauteur est apparue au-dessus de la surface de l’océan mais il a disparu peu de temps après. Une nouvelle activité éruptive a été observée en mars 2004 et avril 2007.
Une image acquise le 29 janvier par le satellite Earth-Observatory de la NASA a montré une tache d’eau décolorée à l’est du Kavachi, probablement due à des fragments de lave et de gaz dissous. Une zone plus claire au-dessus du sommet laissait supposer que l’eau était fortement agitée. Il n’y avait aucun signe montrant que le volcan avait percé la surface de l’océan.

Source : Solomon Star.

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drapeau anglaisKavachi, one of the most active submarine volcanoes in the SW Pacific, occupies an isolated position in the Solomon Islands. Sometimes referred to as Rejo te Kvachi, it is located south of Vangunu Island only about 30 km N of the site of subduction of the Indo-Australian plate beneath the Pacific plate. The shallow submarine basaltic-to-andesitic volcano has produced ephemeral islands up to 1 km long many times since its first recorded eruption during 1939.

The volcano has reportedly caused fear to people in the Marovo Lagoon where people are living in fear as debris of the submarine volcano made their way through the lagoon. According to several witnesses, since last month there has been non-stop cloudy waters being seen swirling over the location of the underwater volcano.
The villagers have urged the responsible authorities to visit Marovo and investigate the situation.
In May 2000, an international research team mapped a roughly conical feature rising from 1,100 m water depth, with the volcano having a basal diameter of about 8 km.
When the volcano erupted in 2003, a 15-meter-high island formed above the surface, but it disappeared soon after. Additional eruptive activity was observed and reported in March 2004 and April 2007.

According to NASA’s Earth Observatory, a satellite image acquired on 29 January showed a plume of discolored water E of Kavachi, likely from lava fragments and dissolved gases. A bright area above the submerged peak suggested churning water. There was no sign that the volcano had breached the sea surface.

Source: Solomon Star.

Kavachi-blog

Eruption du Kavachi le 14 mai 2000  (Crédit photo:  Wikipedia)