Tinakula (Iles Salomon / Solomon Islands)

Le Tinakula n’est pas le plus connu des volcans du monde. C’est un stratovolcan à la forme conique, un peu comme le Stromboli dans les îles Éoliennes (Sicile), qui forme l’une des îles Salomon. Il mesure environ 3,5 km de large et culmine à 851 mètres d’altitude, alors que sa base qui se trouve  entre trois et quatre kilomètres au fond de l’océan.
En lisant Wikipédia, on apprend que «la première éruption de ce volcan a été observée pour la première fois en 1595 quand Álvaro de Mendaña est passé à proximité de l’île qui est inhabitée. Une première population est partie lors de l’éruption du volcan vers 1840 quand des coulées pyroclastiques ont balayé l’île de toute part. En 1951, des Polynésiens de Nukapu et de Nupani se sont installés sur l’île qui comptait alors une population de 130 personnes. Elles sont parties avec l’éruption de 1971 ».
Après plus de 5 ans de repos, une forte éruption s’est produite sur le Tinakula le 20 octobre 2017. Un nuage de cendre s’est élevé à environ 10 km au dessus du niveau de la mer. Les retombées de cendre ont contaminé les sources et provoqué des pénuries d’eau dans les communautés voisines.
L’éruption suivante a eu lieu du 21 au 26 octobre 2018, avec un VEI 3. Des retombées de cendre ont été suivies de pluies abondantes, ce qui a contaminé les sources des îles voisines et provoqué une grave crise d’eau potable qui a duré plus d’une semaine.
À en juger par les images satellite et les rapports de passagers à bord d’avions qui ont survolé la région, le Tinakula est à nouveau actif. Un passager a signalé un petit panache de vapeur lorsque son avion a survolé le volcan le 17 janvier 2019. Les images du satellite Sentinel-2 acquises les 27 et 29 janvier montrent clairement une anomalie thermique et de faibles émissions de vapeur, ce qui laisse supposer qu’une nouvelle activité strombolienne se déroule sur le volcan.
Source: The Watchers, Wikipedia.

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Tinakula is not the best known of the world’s volcanoes. It is a conical stratovolcano, a bit like Stromboli in the Aeolian Islands (Sicily) which forms one of the Solomon Islands. It is about 3.5 kilometres wide and rises 851 metres above sea level, rising three to four kilometres from the sea floor.

Reading Wikipedia, we learn that “the volcano was first recorded in eruption in 1595 when Álvaro de Mendaña sailed past it. The island is uninhabited. A population was eradicated when the volcano erupted around 1840 and pyroclastic flows swept all sides of the island. In 1951, Polynesians from Nukapu and Nupani settled on the island, which reached a peak population of 130, before it had to be evacuated with the 1971 eruption.”

After more than 5 years of quiescence, a strong eruption took place at Tinakula volcano on October 20th, 2017. It produced an ash cloud that rose about 10 km above sea level. The ashfall contaminated water sources and caused water shortages in neighbouring communities.

The next eruptive period lasted from October 21st to 26th, 2018, with a VEI 3. Ashfall was followed by heavy rainfall, resulting in contaminated water sources on nearby islands and a severe drinking water crisis that lasted for over a week.

Judging from satellite imagery and reports of plane passengers who flew over the area, the Tinakula volcano is active again. A small steam plume was first reported by a passenger aboard an airplane passing over the volcano on January 17th, 2019. Sentinel-2 satellite imagery acquired on January 27th and 29th clearly show a thermal anomaly and weak steam emissions, suggesting new strombolian activity is taking place at the volcano.

Source: The Watchers, Wikipedia.

Le Tinakula vu depuis l’espace par le satellite Sentinel-2 le 29 janvier 2019 (Source : ESA)

Tikopia et le réchauffement climatique

Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais entendu parler de Tikopia, une petite île mélanésienne d’une dizaine de kilomètres carrés, située au nord de l’archipel du Vanuatu et appartenant aux Iles Salomon dont elle occupe la partie orientale. Ti Mano, le roi de l’île de Tikopia est venu en France il y a quelques jours pour expliquer les dangers du réchauffement climatique. Il est à l’honneur dans le documentaire « Nous, Tikopia », réalisé par le Breton Corto Fajal, et dont la sortie est prévue le 7 novembre 2018. Vous verrez la bande-annonce en cliquant sur ce lien :

https://youtu.be/Ev-vfL14NhY

Accompagné de cinq des 2000 habitants de Tikopia, le roi a exceptionnellement quitté son île pour témoigner des dangers du réchauffement climatique. Les six hommes sillonnent la France pour assurer la promotion du documentaire. Le réalisateur du film explique que « le roi est le protecteur spirituel de son île. Normalement, il n’a pas le droit de la quitter. Mais il a jugé que les dangers qui guettaient ses terres venaient de très loin. Et qu’il était nécessaire de partir pour en parler. »

Quasiment coupée du monde et privée d’Internet, l’île de Tikopia se sait menacée. La médiatisation soudaine de ce territoire a été acceptée par le roi et son peuple pour « sauver leur île » qui fut balayée par Zoé, le plus important cyclone jamais enregistré dans le Pacifique sud en décembre 2002, avec des vents atteignant 240 km/h  et une pression centrale de 890 hPa. Tikopia avait alors vu son lac d’eau douce être submergé par la mer, ce qui a rendu imbuvable l’unique réserve d’eau potable.

Avec la fonte de la banquise et des glaciers à travers le monde et la hausse du niveau des océans que cela provoque, la superficie de Tikopia se réduit comme peau de chagrin. L’océan a grignoté deux mètres tout autour de l’île. Les saisons ont changé. Les habitants ne peuvent plus planter comme avant. Le souverain a déclaré : « Ce sont des choses que nous n’avions jamais vues. Nous vivons les conséquences du réchauffement climatique. »

Comme lui, tous les habitants de l’île se considèrent comme des invités sur Terre et qu’il est nécessaire d’en prendre soin.  Il n’y a pas à Tipokia de droit de propriété comme en France et l’île ne leur appartient pas.

Le documentaire aura-t-il l’écho espéré ? Pas si sûr. A sa sortie, il ne pourra pas rivaliser avec des événements fortement médiatisés comme la Route du Rhum. Le réchauffement climatique est galopant. On sait d’avance que les objectifs définis par la COP 21 ne seront pas atteints, mais quelle importance ? Comme l’a si bien dit Nicolas Hulot à l’Assemblée Nationale avant sa démission : « Tout le monde s’en fiche ! »

Source : 20 Minutes .

Tikopia vue du ciel (Crédit photo: NASA)

Les Iles Salomon après l’éruption du Tinakula // The Solomon Islands after the Tinakula eruption

Le 21 octobre 2017, une éruption modérée de catégorie 3 a secoué le volcan Tinakula dans les Iles Salomon (voir mes notes des 21 et 24 octobre). La principale préoccupation des autorités était l’impact de la cendre volcanique sur les zones habitées sous le vent où il se disait que les réserves d’eau avaient été contaminées.
Dans certains secteurs comme les Iles Reef, d’importantes chutes de cendre ont endommagé les cultures et contaminé les réserves d’eau. Selon le Haut Commissariat d’Australie aux Îles Salomon, 11 500 sources d’eau primaires, telles que des réservoirs, des puits et des eaux souterraines, ont été contaminées.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont expédié plus de 200 000 litres d’eau potable qui ont été acheminés à Honolara via Temotu le week-end dernier. Cependant, certains environnementalistes de la province de Temotu se demandent si les milliers de bouteilles d’eau en plastique seront recyclées. Ils pensent que si l’Australie et la Nouvelle-Zélande pouvaient investir dans des unités de dessalement dans la région, cela permettrait de répondre aux besoins immédiats en eau et éviterait les bouteilles d’eau en plastique susceptibles de polluer l’environnement.
Le Bureau National de Gestion des Catastrophes aux Iles Salomon a indiqué que des biens de première nécessité sont également envoyés vers la province de Temotu pour les îles de Tikopia, Anuta et Duff qui ont connu d’importants problèmes alimentaires après le passage du cyclone Donna qui a ravagé les cultures au début du moi de mai.
Source: Radio Nouvelle-Zélande.

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On October 21st, 2017, a moderate category three eruption occurred at Tinakula volcano on the Solomon Islands (see my notes of October 21st and 24th). The major concern was the impact of ash from the volcano on downwind communities where there were reports that water supplies had been contaminated.

On some nearby islands, including in the Reef group, significant volcanic ashfall covered crops and contaminated water supplies. According to Australia’s High Commission in Solomon Islands, an estimated 11,500 people’s primary water sources such as tanks, wells and ground water were contaminated.

Australia and New Zealand contributed to a shipment with over 200,000 litres of potable water that embarked for Temotu from Honiara during the last weekend. However some Temotu community advocates have questioned whether the thousands of plastic water bottles will be recycled. They said that if Australia and New Zealand could invest in desalinator units in the region, it would help address immediate water needs rather than rely on water bottles which can be damaging to the environment.

The Solomon Islands National Disaster Management Office said relief supplies are also being sent to the Temotu region for Tikopia, Anuta and Duff Islands which have been experiencing critical food shortages after Cyclone Donna damaged root crops in early May.

Source: Radio New Zealand.

Tinakula en 2001 (Crédit photo: NASA)

Eruption dans les Iles Salomon // Eruption in the Solomon Islands

Les autorités des îles Salomon tentent essayent de savoir s’il y a eu beaucoup de dégâts suite à l’éruption du volcan Tinakula le 21 octobre 2017 au matin. Le volcan, qui forme une île inhabitée dans la province septentrionale de Temotu, s’est réveillé à environ 2 heures du matin. Les villages des îles voisines ont signalé de fortes retombées de cendre. Une patrouille de police a été envoyée depuis la capitale provinciale, Lata.
Les informations sont lentes à venir de cette zone loin de tout, et il faudra probablement un certain temps pour faire le point sur la situation. Une alerte a été émise à l’attention des pilotes qui survolent la région de Santa Cruz. Selon le VAAC de Wellington, le panache éruptif a atteint une altitude de 10,7 km.

La dernière éruption du Tinakula a eu lieu en février 2012.
Source: Radio New Zealand.

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Authorities in the Solomon Islands are trying to work out if there has been any damage after the Tinakula volcano erupted early on October 21st 2017 in the morning. The volcano, which forms an uninhabited island in the northern Temotu province, roared to life at about 2a.m. today. Villages on nearby islands have reported heavy ashfall. A police patrol has been deployed from the provincial capital, Lata.

Information is slow to trickle out of the remote area, and it could be some time before the full situation was known. An aviation warning has been issued for the Santa Cruz area. According to the Wellington VAAC, the eruptive plume reached an altitude of 10.7 kilometres a.s.l.

The last eruption of Tinakula took place in February 2012.

Source: Radio New Zealand.

L’éruption du 21 octobre vue depuis l’espace (Source: NASA)

Kavachi (Iles Salomon): Une éruption en vue? // Fear of an eruption

drapeau francaisKavachi, l’un des volcans sous-marins les plus actifs du Pacifique Sud-Ouest, occupe une position isolée dans les îles Salomon. Parfois appelé Rejo te Kvachi, il est situé au sud de l’île de Vangunuà à seulement une trentaine de kilomètres de l’endroit où se produit la subduction de la plaque indo-australienne sous la plaque Pacifique. Ce volcan sous-marin a une lave basaltique à andésitique et il a donné naissance à plusieurs reprises à des îles éphémères atteignant parfois 1 km de longueur depuis sa première éruption enregistrée au cours de l’année 1939.
Le volcan inquiète fortement les habitants du lagon de Marovo qui ont vu des matériaux en provenance du Kavachi traverser la lagune. Selon plusieurs témoins, depuis le mois dernier, des eaux troubles forment des tourbillons sur ​​l’emplacement du volcan sous-marin.
Les villageois ont demandé aux autorités de visiter le Marovo et d’étudier la situation.
En mai 2000, une équipe internationale de cartographes a localisé un relief de forme plus ou moins conique, d’un diamètre à la base d’environ 8 km qui se dressait depuis un fonds marin de 1100 mètres de profondeur.
Lorsque le Kavachi est entré en éruption en 2003, une île de 15 mètres de hauteur est apparue au-dessus de la surface de l’océan mais il a disparu peu de temps après. Une nouvelle activité éruptive a été observée en mars 2004 et avril 2007.
Une image acquise le 29 janvier par le satellite Earth-Observatory de la NASA a montré une tache d’eau décolorée à l’est du Kavachi, probablement due à des fragments de lave et de gaz dissous. Une zone plus claire au-dessus du sommet laissait supposer que l’eau était fortement agitée. Il n’y avait aucun signe montrant que le volcan avait percé la surface de l’océan.

Source : Solomon Star.

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drapeau anglaisKavachi, one of the most active submarine volcanoes in the SW Pacific, occupies an isolated position in the Solomon Islands. Sometimes referred to as Rejo te Kvachi, it is located south of Vangunu Island only about 30 km N of the site of subduction of the Indo-Australian plate beneath the Pacific plate. The shallow submarine basaltic-to-andesitic volcano has produced ephemeral islands up to 1 km long many times since its first recorded eruption during 1939.

The volcano has reportedly caused fear to people in the Marovo Lagoon where people are living in fear as debris of the submarine volcano made their way through the lagoon. According to several witnesses, since last month there has been non-stop cloudy waters being seen swirling over the location of the underwater volcano.
The villagers have urged the responsible authorities to visit Marovo and investigate the situation.
In May 2000, an international research team mapped a roughly conical feature rising from 1,100 m water depth, with the volcano having a basal diameter of about 8 km.
When the volcano erupted in 2003, a 15-meter-high island formed above the surface, but it disappeared soon after. Additional eruptive activity was observed and reported in March 2004 and April 2007.

According to NASA’s Earth Observatory, a satellite image acquired on 29 January showed a plume of discolored water E of Kavachi, likely from lava fragments and dissolved gases. A bright area above the submerged peak suggested churning water. There was no sign that the volcano had breached the sea surface.

Source: Solomon Star.

Kavachi-blog

Eruption du Kavachi le 14 mai 2000  (Crédit photo:  Wikipedia)