Les émissions de méthane restent un poison pour l’atmosphère // Methane emissions remain a poison for the atmosphere

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (14 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Dans une note publiée le 30 mars 2026, je faisais référence à article paru dans The Guardian. On pouvait y lire que de nouvelles images satellites avaient mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révélait des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles provenaient d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier. Le top 25 mondial des points les plus polluants était largement dominé par le Turkménistan. Venaient ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas. Des rejets similaires étaient aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure.

Source : The Guardian.

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Aujourd’hui, un article paru sur le site web de France Info nous apprend que de nombreuses émissions de méthane ont été détectées en avril 2026 dans plusieurs sites gaziers du sud de la France. Au total, près des deux tiers des 57 sites gaziers visités par la « Clean Air Task Force » lors de cette inspection présentaient une ou plusieurs sources d’émissions de cette molécule du gaz naturel.

Selon le rapport, ces émissions provenaient en très grande majorité de fuites dans ces installations. En revanche, les relargages volontaires de méthane étaient bien moins nombreux. C’est un signe encourageant qui confirme l’efficacité de la réglementation européenne à ce sujet. Malgré tout, les fuites restent bien plus fréquentes en France qu’en Allemagne et les pratiques de détection et de réparations sont moins exigeantes. De nombreuses émissions constatées pourraient ainsi être évitées.

Environ 60% des émissions mondiales de méthane sont imputables à l’activité humaine, l’agriculture en tête, suivie de l’énergie. Les chiffres – voir ci-dessus – ne montrent aucune baisse des émissions du secteur des énergies fossiles, malgré des solutions d’atténuation bien connues et éprouvées.

Source : France Info.

Rappelons que le méthane le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2).

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In a post published on March 30, 2026, I referred to an article in The Guardian. It stated that new satellite images had revealed the worst methane « mega-leaks » recorded on the planet in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), revealed dozens of giant emissions spread across several continents. These originated from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are easily identifiable and would be simple to address. The top 25 global polluting sites was largely dominated by Turkmenistan. Next came the United States, with several monumental leaks, notably in Texas. Similar releases had also been detected at facilities in Venezuela and Iran. These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community. Carbon Mapper data, analyzed by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour.
Source: The Guardian.

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Today, an article published on the France Info website reports that numerous methane emissions were detected in April 2026 at several gas sites in southern France. In total, nearly two-thirds of the 57 gas sites visited by the Clean Air Task Force during this inspection had one or more sources of emissions of this natural gas molecule.
According to the report, the vast majority of these emissions came from leaks at these facilities. In contrast, deliberate releases of methane were far less frequent. This is an encouraging sign that confirms the effectiveness of European regulations on this issue. Despite everything, leaks remain far more frequent in France than in Germany, and detection and repair practices are less stringent. Many of the emissions detected could therefore be avoided.
Approximately 60% of global methane emissions are attributable to human activity, primarily agriculture, followed by energy. The figures – see above – show no decrease in emissions from the fossil fuel sector, despite well-known and proven mitigation solutions.
Source: France Info.

Let’s keep in mind that methane (CH4) is a greenhouse gas with a warming potential more than 80 times greater than that of carbon dioxide (CO2).

L’éruption du Hunga Tonga pour lutter contre le réchauffement climatique ? // The Hunga Tonga eruption to fight global warming ?

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans le Pacifique Sud en janvier 2022 refait surface ces derniers temps. Personne n’a oublié le panache de cendres, de vapeur et de gaz qui s’est élevé à près de 65 kilomètres d’altitude. Ce fut l’une des éruptions volcaniques les plus violentes des temps modernes.

Selon une nouvelle étude, l’éruption du Hunga Tonga pourrait aujourd’hui révéler une nouvelle arme dans la lutte contre le méthane, un puissant gaz à effet de serre. Comme je l’ai déjà expliqué, le méthane est environ 80 fois plus efficace que le dioxyde de carbone (CO2) pour piéger la chaleur sur une période de 20 ans. Il est actuellement responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique et sa concentration dans l’atmosphère a doublé au cours des deux derniers siècles.

Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, expliquent qu’en examinant des images satellites, ils ont découvert « un immense nuage de formaldéhyde qui ne devrait normalement pas s’y trouver ». Le formaldéhyde est une substance chimique qui se forme souvent lorsque le méthane est détruit dans l’atmosphère. Il s’agit d’un processus chimique déjà identifié au-dessus de l’océan Atlantique. Lorsque la poussière du Sahara est transportée par le vent au-dessus de l’Atlantique, elle se mélange aux embruns et forme de fines particules à base de fer. Sous l’effet du rayonnement solaire, ces particules produisent des atomes de chlore qui réagissent avec le méthane atmosphérique et contribuent à sa décomposition.

Un phénomène similaire semble s’être produit lors de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai. Son éruption a projeté d’énormes quantités de vapeur d’eau salée dans la stratosphère, en même temps que des cendres volcaniques. Les scientifiques pensent que, sous l’effet du rayonnement solaire, du chlore s’est formé et a décomposé une partie du méthane produit par l’éruption.

Les chercheurs ont suivi le nuage de formaldéhyde pendant 10 jours. Cette substance chimique n’existant que pendant quelques heures, ils ont conclu que le nuage devait avoir détruit du méthane de façon continue pendant plus d’une semaine. Ils estiment que l’éruption a produit environ 330 000 tonnes de méthane, dont environ 900 tonnes ont été décomposées par jour. Il s’agissait du même processus que celui observé au-dessus de l’océan Atlantique avec les poussières sahariennes.

Les scientifiques pensent que leurs découvertes pourraient constituer un nouvel outil précieux pour lutter contre le réchauffement climatique. En affirmant cela, ils pénètrent dans le domaine de la géo-ingénierie et ses méthodes – plus ou moins réalistes et réalisables – visant à abaisser artificiellement la température de notre planète. Des particules à base de fer pourraient être injectées dans l’atmosphère au-dessus de l’océan afin de reproduire le processus chimique observé après l’éruption et d’éliminer le méthane.

Cependant, de nombreux scientifiques appellent à la prudence. L’étude porte sur la stratosphère, alors que cette stratégie d’élimination du méthane se déroulerait dans la troposphère. Les impacts seraient difficiles à prévoir, avec des conséquences potentielles imprévues sur le climat, la pollution atmosphérique et la santé des écosystèmes. Les auteurs de l’étude reconnaissent la nécessité de poursuivre les recherches. « Il est évident que l’industrie pourrait tenter de reproduire ce phénomène naturel, mais seulement si son innocuité et son efficacité sont prouvées. »

Source : CNN et autres médias américains.

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The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption in the South Pacific in January 2022 is again in the news these days. Everybody remembers that the eruption sent a plume of ash, steam and gas nearly 65 kilometers above the Earth’s surface. It was one of the most violent volcanic eruptions of modern times.

According to a new study, the Hunga Tonga eruption may have also revealed a new weapon in the fight against methane, a potent planet-heating gas. Methane is around 80 times more effective at trapping heat than carbon dioxide over a 20-year period. It currently accounts for around a third of global warming and concentrations in the atmosphere have doubled over the last two centuries.

The authors of the new study published in the journal Nature Communications explain that when examining satellite images, theyfound « a huge cloud of formaldehyde that should normally not be there. » Formaldehyde often forms when methane, a potent planet-heating gas, is destroyed in the atmosphere. The researchers believed they were observing a chemical process that had previously been identified over the Atlantic Ocean. When Saharan dust is blown over the Atlantic, it mixes with salt spray and forms small iron-based particles. As the sunlight hits them, it produces chlorine atoms, which react with methane in the atmosphere and help break it down. Something similar appears to have happened with the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano. Its eruption sent huge quantities of salty water vapor into the stratosphere along with volcanic ash. The study scientists believe that when the sunlight hit the mixture, chlorine formed and broke down some of the methane produced by the eruption.

The researchers tracked the formaldehyde cloud for 10 days. Because formaldehyde only exists for a few hours, they concluded that the cloud must have been destroying methane continuously for more than a week. They estimate the eruption produced around 330,000 tons of methane, of which around 900 tons were broken down a day. It was the same process that had been observed over the Atlantic ocean with the Saharan dust.

The scientists say their findings could provide a valuable new tool to tackle global warming. This is the field of geoengineering which includes methods to artificially bring down global temperatures. Iron-based particles could be injected into the atmosphere over the ocean to mimic the chemical process observed in the wake of the eruption and remove methane. But many scientists urge caution. The study is based on the stratosphere, while this methane removal strategy would happen in the troposphere. The impacts would be difficult to predict, with potential unintended consequences on climate, air pollution and ecosystem health.

The study authors agree more research needs to be done. “It’s an obvious idea for industry to try to replicate this natural phenomenon, but only if it can be proven to be safe and effective.

Source : CNN and other U.S. News media.

Coup de chaud sur l’Arctique

À voir sur la chaîne ARTE un excellent documentaire d’une durée de 1h22′, intitulé « Coup de chaud sur l’Arctique. » Ses réalisateurs grecs attirent l’attention sur les effets du réchauffement climatique sur cette région du monde qui se réchauffe quatre fois plus vite que le reste de la planète. On a sous les yeux des preuves irréfutables du dégel du pergélisol et de ses conséquences. En plus de son impact sur les infrastructures, le phénomène provoque de colossales émissions de carbone et de méthane qui viennent s’ajouter à celles produites par les activités humaines.

Le dégel du permafrost a provoqué de violentes explosions de méthane (Crédit photo: The Siberian Times)

Le documentaire nous montre l’étendue des exploitations pétrolières et gazières en Sibérie et en Alaska. La population doit souvent choisir entre les revenus et les emplois générés par ces industries et la protection de l’environnement. Priorité est, malheureusement, le plus souvent donnée à la première option, en dépit des conséquences sanitaires.

Gazoducs sur la péninsule de Yamal (Source: Total Rnergies)

La conclusion du documentaire n’incite guère à l’optimisme. L’avenir de l’humanité est sacrifié sur l’autel du profit. Les derniers événements en Ukraine et au Moyen-Orient ont largement occulté la crise climatique, mais la hausse des cours du pétrole montre à quel point notre société dépend des énergies fossiles. L’exploitation de nouveaux champs pétrolifères dans l’Arctique, en particulier en Alaska, malgré la promesse du président Biden, montre que la chute de la Courbe de Keeling et des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’est pas pour demain.

Le film m’a particulièrement intéressé car j’y ai retrouvé tout l’argumentaire que je développe dans ma conférences « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique.

Le documentaire a été réalisé en 2025. Vous pourrez le visionner en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/110219-000-A/coup-de-chaud-sur-l-arctique/

Des fuites de méthane à gogo ! // Methane leaks galore!

Concentrations de CO2 : 431,44 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Une étude a identifié des dizaines de «méga-fuites» de méthane provenant d’infrastructures pétrolières, gazières et de décharges mal entretenues. Certaines émissions dégagent autant de chaleur qu’une centrale à charbon entière. On sait que le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre les plus agressifs. D’une durée de vie plus courte que le CO2, il n’en est pas moins l’un des plus dangereux gaz à effet de serre.

Selon un article paru dans The Guardian, de nouvelles images satellites ont mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révèle des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles proviennent d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier.

Le top 25 mondial des points les plus polluants est largement dominé par le Turkménistan.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Viennent ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas, où l’un des sites a rejeté jusqu’à 5,5 tonnes de méthane par heure. Des rejets similaires ont aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran. Dans le secteur des déchets, certaines décharges en Turquie, en Algérie, en Malaisie ou aux États-Unis libèrent elles aussi d’immenses nuages de méthane: les déchets organiques en décomposition produisent ce gaz lorsqu’ils sont mal gérés.

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure. Aux États-Unis, neuf des dix pires émissions proviennent du Texas, un État pourtant fier de son expertise industrielle.

Face aux critiques, le Turkménistan affirme avoir réduit ses fuites de 30% grâce à une coopération avec l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie et l’UE. Toutefois, l’analyse de l’UCLA contredit ces déclarations et plusieurs super-fuites» persistent. En conséquences, si Achgabat – qui gère le gaz au Turkménistan – veut vendre son gaz à l’Europe, il devra prouver qu’il prend réellement des mesures pour protéger l’environnement.

Grâce aux satellites, les émissions deviennent visibles et donc traçables. Les observateurs espèrent que ces révélations provoqueront un sursaut politique. En effet, réparer des fuites, contrairement à transformer un système énergétique, est une action presque immédiate, rentable et techniquement simple. Pourtant, tant que les responsables publics et privés resteront passifs, des millions de tonnes de méthane continueront de s’échapper chaque heure, invisibles à l’œil nu, mais bien réelles pour le climat.

Source : The Guardian.

Pour rappel, les concentrations de méthane dans l’atmosphère atteignent actuellement 1945,85 ppb, selon des dernières mesures effectuées en Novembre 2025.

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A study has identified dozens of « mega-leaks » of methane from poorly maintained oil and gas infrastructure and landfills. Some emissions release as much heat as an entire coal-fired power plant.

Methane (CH4) is known to be one of the most aggressive greenhouse gases. While it has a shorter lifespan than CO2, it is nonetheless highly dangerous to the atmosphere.
According to an article in The Guardian, new satellite images have revealed the worst methane « mega-leaks » in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), reveals dozens of giant emissions spread across several continents. They originate from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are well-documented and would be easy to address.

Turkmenistan dominates the list of the world’s 25 most polluting sites. Next come the United States, with several monumental leaks, notably in Texas, where one site released up to 5.5 tons of methane per hour. Similar releases have also been detected at facilities in Venezuela and Iran. In the waste sector, some landfills in Turkey, Algeria, Malaysia, and the United States also release immense clouds of methane. Decomposing organic waste produces this gas when poorly managed.
These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community.

Data from Carbon Mapper, used by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour. In the United States, nine of the ten worst emissions originate from Texas, a state that prides itself on its industrial expertise.

Faced with criticism, Turkmenistan claims to have reduced its leaks by 30% thanks to cooperation with the UN, the International Energy Agency, and the EU. However, UCLA’s analysis contradicts these claims, and several « super-leaks » persist. Consequently, if Ashgabat—which manages Turkmenistan’s gas—wants to sell its gas to Europe, it will have to prove that it is actually taking measures to protect the environment.

Thanks to satellites, emissions are becoming visible and therefore traceable. Observers hope that these revelations will trigger a political awakening. Indeed, repairing leaks, unlike transforming an energy system, is an almost immediate, cost-effective, and technically simple action. Yet, as long as public and private officials remain passive, millions of tons of methane will continue to escape every hour, invisible to the naked eye, but very real for the climate.
Source: The Guardian.

As a reminder, methane concentrations in the atmosphere currently reach 1945,85 ppb, according to the latest measurements performed in November 2025.