Août 2020 encore trop chaud // August 2020 still too hot

A part le monde agricole, la vague de chaleur qui a envahi la France ne semble pas préoccuper grand monde. Les présentatrices et présentateurs de la météo nous expliquent que nous sommes plusieurs degrés au-dessus de la normale, mais l’affolement s’arrête là. La plupart des gens voit avant tout dans ce temps anormalement chaud la possibilité de pouvoir aller se baigner et bronzer sur les plages pendant le week-end. Pourtant, la situation est extrêmement préoccupante car le réchauffement climatique est en mode ‘accélération’.

Selon la NASA et la NOAA, la température de surface terrestre et océanique à l’échelle de la planète en août 2020 a été de 0,94°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (15,6°C). Il s’agit de la deuxième température la plus élevée pour un mois d’août au cours des 141 années d’archives des deux agences. Seul août 2016 a connu une température plus élevée. Il est très surprenant de constater que les médias ont passé cette information sous silence!
Août 2020 a  été le 44ème mois d’août consécutif et le 428ème mois consécutif avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle. Les 10 mois d’août les plus chauds ont tous eu lieu depuis 1998. Les cinq mois d’août les plus chauds ont eu lieu depuis 2015.
L’hémisphère nord a connu le mois d’août le plus chaud jamais enregistré, avec un écart de 1,19°C par rapport à la moyenne. Cette valeur a dépassé de 0,03°C le record précédent établi en 2016.

L’Amérique du Nord a connu son mois d’août le plus chaud jamais enregistré, avec un écart de température de 1,52°C par rapport à la moyenne.  Le record précédent établi en 2011 est battu de 0,13°C. L’Europe et la région des Caraïbes ont connu leur troisième mois d’août le plus chaud, tandis que pour l’Amérique du Sud et l’Océanie c’est le quatrième plus chaud.

S’agissant de la glace de mer, l’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique en août 2020 a été la troisième plus faible jamais enregistrée, soit 29,4 pour cent de moins que la moyenne de 1981-2010. 2020 se situe derrière les deux plus faibles étendues observées en 2012 et 2019.
L’étendue de la glace de mer dans l’Antarctique en août 2020 a été proche de la normale. C’est l’étendue de glace de mer la plus élevée en août depuis 2016.

La température mondiale de surface terrestre et océanique pour la période juin-août 2020 arrive en troisième position dans les 141 années d’archives de la NASA et de la NOAA
L’hémisphère nord a connu sa période la plus chaude entre juin et août. Les cinq périodes juin-août les plus chaudes dans l’hémisphère nord ont été enregistrées depuis 2015.

Sur le plus long terme, la température de surface terrestre et océanique de l’hémisphère nord de janvier à août 2020 arrive à égalité avec 2016 comme étant la période la plus chaude depuis le début des relevés en 1880. L’hémisphère sud a connu sa troisième période la plus chaude (à égalité avec 2017), derrière 2016 et 2019.
L’Europe, l’Asie et la région des Caraïbes ont connu leur période la plus chaude de janvier à août. Pour cette même période, l’Amérique du Sud se classe au deuxième rang des températures record.

On ne prend guère de risque pour affirmer que l’année 2020 figurera très probablement parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées.

Source: NASA, NOAA.

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Apart from the agricultural world, the heatwave that has invaded France does not seem to concern many people. The weather presenters tell us that we are several degrees above normal, but the panic stops there. Most people see in this unusually hot weather the opportunity to go swimming and sunbathing on the beaches during the weekends. However, the situation is extremely worrying because global warming is accelerating.

According to NASA and NOAA, the August 2020 global land and ocean surface temperature was 0.94°C above the 20th-century average of15.6°C. This is the second highest temperature for August in the 141-year record. Only August 2016 had a higher temperature. Surprisingly, the media did not mention this piece of news!

August 2020 marked the 44th consecutive August and the 428th consecutive month with temperatures above the 20th-century average. The 10 warmest  Augusts have all occurred since 1998. The five warmest Augusts have occurred since 2015.

The Northern Hemisphere had its warmest August on record with a combined land and ocean surface temperature departure from average of 1.19°C. This value surpassed the previous record set in 2016 by 0.03°C.

North America had its warmest August on record, with a temperature departure from average of 1.52°C. This exceeds the previous record set in 2011 by 0.13°C. Europe and the Caribbean region had their third-warmest August, while South America and Oceania had their fourth warmest on record.

As far as sea ice is concerned, the August average Arctic sea ice extent was the third smallest on record at 29.4 percent below the 1981–2010 average. This was behind the two smallest extents which occurred in 2012 and 2019.

Antarctic sea ice extent during August 2020 was close to normal. It was the highest August Antarctic sea ice extent since 2016.

The global land and ocean surface temperature for the period June-August 2020 was the third highest in the 141-year record,

The Northern Hemisphere had its warmest June-August period on record. The five warmest June-August periods for the Northern Hemisphere have occurred since 2015.

On the longer tem, the Northern Hemisphere January-August 2020 land and ocean surface temperature tied with 2016 as the warmest such period since global records began in 1880. The Southern Hemisphere had its third-warmest such period (tied with 2017) on record, behind 2016 and 2019.

Europe, Asia, and the Caribbean region had their warmest January-August period on record. South America had a January-August temperature that ranked as the second highest on record.

On the whole, the year 2020 is very likely to rank among the five warmest years on record.

Source: NASA, NOAA.

Répartition des températures terrestres et océaniques pour août 2020 ‘Source : NOAA)

Etendue de glace de mer en Arctique et en Antarctique (Source : NSIDC)

La Niña : le retour // La Niña is back

Au cours de ma conférence sur la fonte des glaciers dans le monde, je fais référence à El Niño et à La Niña, deux régimes météorologiques complexes liés à des variations de températures océaniques dans le Pacifique équatorial.
El Niño, qui signifie Le petit garçon en espagnol, fait référence à l’interaction climatique océan-atmosphère liée à un réchauffement périodique de la surface de la mer dans le centre et le centre-est du Pacifique équatorial.
La Niña signifie La Petite Fille en espagnol. Ses épisodes entraînent des périodes de températures de surface de la mer inférieures à la moyenne dans le centre et le centre-est du Pacifique équatorial.

L’ensemble du cycle climatique naturel géré par El Niño et La Niña est connu sous le nom d’El Niño – Southern Oscillation (ENSO), une alternance d’eau de mer plus chaude ou plus froide dans l’océan Pacifique central.
On oppose souvent La Niña à El Niño quant à leur influence sur le climat mondial mais cette influence est beaucoup plus complexe qu’il y paraît. Il serait trop rapide d’affirmer qu’El Niño entraîne une hausse des températures dans le monde et que La Niña atténue le réchauffement climatique.

Des articles récents parus dans la presse américaine nous apprennent que La Niña est de retour. Les climatologues expliquent que le phénomène pourrait accélérer la saison des ouragans dans l’Atlantique. La Niña pourrait aussi prolonger la saison des incendies qui ravagent l’ouest des États-Unis.
La Niña est l’un des principaux facteurs météorologiques aux États-Unis et dans le monde, en particulier à la fin de l’automne, en hiver et au début du printemps. Selon les prévisionnistes de la NOAA, La Niña sera présente probablement tout l’hiver. Ce régime météorologique peut contribuer à une augmentation de l’activité des ouragans dans l’Atlantique en affaiblissant le cisaillement du vent sur la Mer des Caraïbes et le bassin atlantique tropical, ce qui permet aux tempêtes de se développer et de s’intensifier.
Dans cette perspective, les prévisionnistes prévoient que jusqu’à 25 tempêtes pourraient se former dans l’Atlantique. 17 d’entre elles ont déjà sévi, parmi lesquelles l’ouragan Laura qui a ravagé des parties du sud-ouest de la Louisiane au mois d’août.
La Niña a tendance à apporter un temps sec dans certaines parties de la Californie et une grande partie du sud-ouest, ce qui n’arrange rien à la situation des incendies dans ces régions. Déjà, plus de la moitié de l’État de Californie connaît actuellement une période de sécheresse.
Aux Etats-Unis, la présence de La Niña en hiver apporte généralement de la pluie et de la neige au nord-ouest et des conditions anormalement sèches dans la majeure partie du sud du pays. Le sud-est et le centre de l’Atlantique ont également tendance à voir des températures plus chaudes que la moyenne pendant un hiver géré par La Niña.
À l’échelle mondiale, La Niña apporte souvent de fortes pluies en Indonésie, aux Philippines, au nord de l’Australie et en Afrique australe.
Source: USA Today.

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During my conference about the melting of glaciers in the world, I refer to El Niño and La Niña , two complex weather patterns resulting from variations in ocean temperatures in the Equatorial Pacific.

El Niño, which means The Little Boy in Spanish, refers to the large-scale ocean-atmosphere climate interaction linked to a periodic warming in sea surface temperatures across the central and east-central Equatorial Pacific.

La Niña means The Little Girl in Spanish. Its episodes represent periods of below-average sea surface temperatures across the east-central Equatorial Pacific.

The entire natural climate cycle is officially known as the El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

Global climate La Niña impacts tend to be opposite those of El Niño impacts, but the situation is far more complex than it seems. It would be exaggerated to say that El Niño leads to an increase in temperatures in the world and that La Niña reduces the impact of global warming.

Recent articles in the US press inform us that La Niña has arrived. Climatologists warn that this could provide an additional boost to the already active Atlantic hurricane season, as well as extend the disastrous fire season in western USA.

The La Niña climate pattern is one of the main drivers of weather in the U.S. and around the world, especially during late autumn, winter and early spring. According to NOAA forecasters, La Niña is likely to persist through the winter. This weather pattern can contribute to an increase in Atlantic hurricane activity by weakening the wind shear over the Caribbean Sea and tropical Atlantic Basin, which enables storms to develop and intensify.

In that outlook, forecasters predict that as many as 25 storms could form in the Atlantic. Already, 17 have formed, including Hurricane Laura, which ravaged portions of southwestern Louisiana in August.

As for its impact on the western fires, La Niña tends to bring dry weather across portions of California and much of the Southwest. Already, over half of the state of California is in a drought.

A typical La Niña winter in the U.S. brings rain and snow to the Northwest and unusually dry conditions to most of the southern tier of the U.S. The Southeast and Mid-Atlantic also tend to see warmer-than-average temperatures during a La Niña winter.

Globally, La Niña often brings heavy rainfall to Indonesia, the Philippines, northern Australia and southern Africa.

The entire natural climate cycle is officially known as the El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

Source: USA Today.

Anomalies de température à la surface de l’océan avec El Niño (à gauche) et La Niña (à droite)

Cycle hivernal classique géré par La Niña en Amérique du Nord.

 

Réchauffement climatique : la menace des lacs glaciaires // Global warming : the threat of glacial lakes

Une nouvelle étude basée sur des données satellitaires révèle que le volume des lacs formés par la fonte des glaciers dans le monde a bondi de 50% en 30 ans en raison du changement climatique.
On sait que toutes les eaux de fonte n’atteignent pas immédiatement les océans, mais jusqu’à présent, on était incapable d’estimer le volume d’eau stocké dans les lacs ou les nappes phréatiques.

La nouvelle étude, publiée dans Nature Climate Change, permettra aux scientifiques et aux gouvernements d’identifier les dangers potentiels pour les localités situées en aval de ces lacs souvent instables. Cela améliorera également la précision des estimations de l’élévation du niveau des océans grâce à une meilleure compréhension de la manière et de la rapidité avec laquelle l’eau de fonte des glaciers parvient à la mer.
Des études antérieures ont montré qu’entre 1994 et 2017 les glaciers dans le monde, en particulier dans les régions de haute montagne, ont perdu environ 6,5 trillions (1018) de tonnes. Au cours du dernier siècle, 35% de l’élévation du niveau des océans dans le monde provenait de la fonte des glaciers. Les autres principales sources de cette hausse sont les calottes glaciaires et l’expansion de l’eau des océans à mesure qu’elle se réchauffe.
La température moyenne de la surface de la Terre a augmenté de 1°C depuis l’époque préindustrielle, mais les régions de haute montagne sur la planète se sont réchauffées deux fois plus vite, ce qui a accéléré la fonte des glaciers.
Contrairement aux lacs traditionnels, les lacs glaciaires sont instables parce qu’ils sont souvent retenus par des moraines instables composées de glace ou de sédiments. Lorsque l’eau accumulée éventre ces fragiles retenues, des inondations catastrophiques peuvent se produire en aval. Connu sous le nom de crue ou débâcle glaciaire, ce type d’inondation a été responsable de milliers de morts au cours du siècle dernier, ainsi que de la destruction de villages, d’infrastructures et de bétail. L’événement le plus récent est l’inondation provoquée par la libération d’un lac glaciaire ; elle a traversé la vallée de la Hunza au Pakistan en mai 2020. En janvier de cette même année, le Programme de développement des Nations Unies a estimé que plus de 3000 lacs glaciaires se sont formés dans la région de l’Hindu Kush-Himalayan, et 33 constituent une menace imminente pour sept millions de personnes.
La nouvelle étude, basée sur 250 000 relevés fournis pat le satellite Landsat de la NASA, estime le volume actuel de l’ensemble des lacs glaciaires à plus de 150 kilomètres cubes, ce qui équivaut à un tiers du volume du lac Érié aux États-Unis ou à deux fois le volume du lac Léman.
Source: The Japan Times.

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 A new study based on satellite data has revealed that the volume of lakes formed as glaciers melt around the world due to climate change has jumped by 50 percent in 30 years.

It is known that not all meltwater is making it into the oceans immediately, but until now there were no data to estimate how much was being stored in lakes or groundwater.

The new study, published in Nature Climate Change, will help scientists and governments identify potential hazards to communities downstream of these often unstable lakes. It will also improve the accuracy of sea level rise estimates through better understanding of how – and how quickly – water shed by glaciers makes it to the sea.

Previous research has shown that between 1994 and 2017, the world’s glaciers, especially in high-mountain regions, shed about 6.5 trillion tons in mass. In the past 100 years, 35 percent of global sea-level rises came from glacier melting. The other main sources of sea level rise are ice sheets and the expansion of ocean water as it warms.

Earth’s average surface temperature has risen 1 degree Celsius since preindustrial times, but high-mountain regions around the world have warmed at twice that pace, accelerating glacier melt.

Unlike normal lakes, glacier lakes are unstable because they are often dammed by ice or sediment composed of loose rock and debris. When accumulating water bursts through these accidental barriers, massive flooding can occur downstream. Known as glacial lake outbursts, this kind of flooding has been responsible for thousands of deaths in the last century, as well as the destruction of villages, infrastructure and livestock. The most recent recorded incident was a glacial lake outburst that washed through the Hunza Valley in Pakistan in May 2020. In January, the U.N. Development Program estimated that more than 3,000 glacial lakes have formed in the Hindu Kush-Himalayan region, with 33 posing an imminent threat that could impact as many as seven million people.

The new study, based on 250,000 scenes from NASA’s Landsat satellite missions, estimates current glacial lake volume at more than 150 cubic kilometres, which equivalent to one-third the volume of Lake Erie in the United States or twice the volume of Lake Geneva.

Source : The Japan Times.

Au Pérou, en décembre 1941, un énorme pan de glacier est tombé dans le lac Palcacocha, provoquant la rupture de la moraine qui retenait le lac. La vague a emporté un autre lac sur son passage, transportant des blocs de glace, des rochers et de la boue vers la vallée de la rivière Santa. En 15 minutes, la coulée de boue a atteint Huaraz. 400 m³ de débris ont enseveli plusieurs quartiers et tué entre 1 800 et 7 000 habitants. (Crédit photo : Wkipedia)

L’éruption du Mont Spurr (Alaska) en 1953 // The 1953 Mt Spurr eruption in Alaska

La Smithsonian Institution explique que le Mont Spurr est un stratovolcan de l’arc des Aléoutiennes en Alaska. Il tire son nom du géologue et explorateur Josiah Edward Spurr qui a conduit une expédition dans la région en 1898.
Le niveau d’alerte du Mt Spurr est actuellement Vert. Il a été porté à la couleur Jaune le 26 juillet 2004 en raison d’une hausse de la sismicité. L’AVO avait également détecté la présence d’un cratère d’effondrement occupé par un lac entouré par la glace et la neige qui recouvraient le sommet. Ce lac s’était peut-être formé suite à une augmentation du flux de chaleur à travers le dôme de lave sommital.
Le 3 mai 2005, une coulée de débris a été observée sur les images de la webcam et une grande partie du lac s’était vidée.
Les deux éruptions historiques du Mont Spurr en 1953 et 1992 ont déposé de la cendre sur la ville d’Anchorage. Le journal local, l’Anchorage Daily News a récemment publié un article sur l’événement de 1953, avec le «Jeudi des Cendres».
Le matin du 9 juillet 1953, la nuit a soudain envahi Anchorage lorsque la cendre est tombée du ciel. Un match de baseball a dû être annulé et reporté. La cause du phénomène était le Mont Surr qui était entré en éruption sans prévenir vers 5 heures du matin ce jour-là, en propulsant des tonnes de particules de cendres à des milliers de mètres de hauteur. Des témoins ont déclaré que la colonne de cendres avait atteint une hauteur d’environ 15 km et ressemblait à un champignon atomique. Des éclairs parcouraient cette colonne et les flancs de la montagne donnaient l’impression de vibrer.
Jusqu’ç ce jour de juillet 1953, on considérait que le Mt Spurr était un volcan en sommeil, bien qu’il y ait eu des signes d’activité. Ainsi, au cours du printemps, des pilotes indépendants avaient observé de la vapeur en train de s’échapper du sommet pour la première fois de mémoire d’homme. Bien que visible depuis Anchorage par temps clair, le volcan était une curiosité pour la plupart des habitants.
Les premières retombées de cendres à Anchorage ont commencé vers 10 heures du matin et ont poussé les propriétaires d’avions à les déplacer rapidement vers des sites en dehors de la zone touchée. À la base militaire d’Elmendorf, tous les pilotes et le personnel au sol ont fait une course contre la montre. Tous les aéronefs opérationnels ont été mis à l’abri dans l’intérieur de l’Etat, essentiellement à Fairbanks. Lorsque la visibilité est devenue nulle, les aéroports de la ville ont cessé leurs activités.
Vers 11 heures du matin, les capteurs des lampadaires ont mis en route l’éclairage public, mais les autorités les ont rapidement éteints, par crainte d’endommager les deux centrales électriques qui alimentent la ville et provoquer une panne d’électricité.

À 13 heures, l’obscurité était totale, rompue uniquement par les lumières des bâtiments et les phares des voitures.
Selon les estimations, jusqu’à 10 000 tonnes de cendres volcaniques sont tombées sur Anchorage. Une couche de cendre enveloppait la ville où les arbres pliaient sous son poids. La presse locale a baptisé cette journée Ash Thursday – « Jeudi des Cendres » – et «Spurrs Day».
Pendant le déluge de cendres, les personnes qui possédaient des parapluies et des imperméables les ont utilisés. Certains habitants portaient des masques pour se protéger contre la poussière. La plupart du temps, les habitants se sont mis à l’abri jusqu’au moment où le ciel commence à s’éclaircir.
Certaines personnes âgées ont comparé l’événement à l’éruption du Novarupta-Katmai en 1912. Ils se sont souvenus de trois jours de complète obscurité, d’eau contaminée et de cadavres d’oiseaux au sol. Cependant, l’éruption du Mt Spurr était breaucoup moins inquiétante que celle du Novarupta

L’éruption du mont Spurr en 1953 n’a tué personne. À Anchorage, une seule personne a été blessée lorsque les cendres et l’obscurité ont envahi la ville. Il s’agit d’une femme qui a voulu traverser une rue dans l’obscurité et a été renversée par un camion.
La vie à Anchorage est rapidement revenue à la normale. Le temps était à nouveau clair et ensoleillé le lendemain, et le match de baseball annulé a pu être joué normalement. Le jour suivant, les avions ont pu à nouveau décoller et atterrir dans l’aéroport international. Par la suite, le vent soulevait encore la cendre, ce qui gênait la visibilité pour les petits avions, mais c’était un problème relativement mineur et sporadique.
Anchorage avait des vendeurs de journaux dans les rues à cette époque, et l’éruption a généré les meilleures ventes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale! Les vols touristiques à destination du Mont Spurr ont brièvement connu du succès, avec un nombre record de décollages et d’atterrissages.
Un photographe local a filmé le moment où Anchorage s’est retrouvée dans l’obscurité, ainsi que le nouveau cratère du Mont Spurr, pour Pathè News. La séquence été diffusée dans les cinémas Empress et Fourth Avenue du centre-ville. Ce petit film d’une minute est disponible sur YouTube.
https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Huit jours a près l’éruption, la pluie a nettoyé la ville en emportant une grande partie de la cendre. Toute la poussière n’est pas tombée uniquement en Alaska. Moins d’une semaine plus tard, des pilotesqui passaient au-dessus des Grands Lacs ont repéré des nuages ​​de cendres du Mont Spurr qui avaient dérivé vers l’est, atteignant le Canada et l’Océan Atlantique. Fin juillet et début août, des nuages ​​de poussière volcanique étaient visibles sur l’Europe, comme un cadeau envoyé par l’Alaska…
Source: Anchorage Daily News.

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The Smithsonian Institution explains that Mount Spurr is a stratovolcano in the Aleutian Arc of Alaska, named after geologist and explorer Josiah Edward Spurr who led an expedition to the area in 1898.

The alert level for Mt Spurr is currently Green. It was raised to Yellow on July 26th, 2004 due to an increase in seismicity. There was also the presence of a collapse pit, filled with water forming a new crater lake in the ice and snow that covered the summit. This lake may have been caused by an increase in heat flow through the summit lava dome.

On May 3rd, 2005, a debris flow was observed in webcam images andmuch of the lake had drained away.

Mount Spurr’s two historical eruptions in 1953 and 1992, deposited ash on the city of Anchorage. The local newspaper Anchorage Daily News has recently published an article about the 1953 event and “Ash Thursday”.

It was the morning of July 9th, 1953, everything got suddenly pitch black when ash fell from the sky. A baseball game had to be cancelled and rescheduled. The culprit was Mount Surr which had unexpectedly started erupting at about 5 a.m. that day, ejecting tons of ash particules thousands of metres into the air. Witnesses said the ash column reached a height of about 15 km and looked like an atomic bomb’s mushroom cloud. Lightning flashed within that column, and the sides of the mountain visibly shook.

Mount Spurr was previously listed as dormant, though there had been warning signs. That spring, civilian pilots observed steam venting from the peak for the first time in living memory. Though visible from Anchorage on clear days, the volcano was just a curiosity to most residents.

The first dustings in Anchorage began around 10 a.m. and caused civilian pilots to rapidly relocate their planes to sites outside the affected area. At Elmendorf’s military base, all pilots and ground personnel raced against time. All operational aircraft were dispersed into the Interior, most to Fairbanks. When visibility dropped to zero, the city’s airports ceased operations.

Around 11 a.m., the sensors on the streetlights triggered tham on, but officials soon switched them off, fearing damage to the city’s two power plants and a resulting electricity shortage. By 1 p.m., there was complete darkness, broken only by building and car lights.

According to estimates, as much as 10,000 tons of volcanic ash fell on Anchorage. A layer of ash draped the city, with shrubs and smaller trees bending under the weight.  Local newspapers had their fun renaming the day as “Ash Thursday” and “Spurrs-Day”.

During the ashy deluge, those with umbrellas and raincoats used them. Some residents donned masks to filter out the dust. Otherwise, most residents sought shelter and stayed there until the sky began to lighten.

Some elder residents compared the event with the 1912 Novarupta-Katmai eruption and remembered three days of pure darkness, poisoned water, and birds that fell dead to the ground. However, compared to Novarupta, the Mount Spurr eruption was nothing to worry about.

No one died from the 1953 Mount Spurr eruption. In Anchorage, the ash and darkness contributed to just one injury. A woman who had stepped into a street in the darkness was struck by a passing truck.

Life in Anchorage quickly returned to normal. The next day was clear and sunny and the cancelled baseball game could be played normally.The following day, planes were again able to fly in and out of the International Airport. In the following days, the wind sometimes kicked up the ash again, hampering visibility for small planes, but that was a relatively minor and sporadic issue.

Anchorage had newspaper street salesmen at this time, and the eruption edition was the best seller since the end of World War II ! Sightseeing flights to Mount Spurr became briefly popular, with a a record month of takeoffs and landings.

A local photographer captured footage of the blackout and cleanup in Anchorage, as well as Mount Spurr’s new crater, for Pathè News, which aired at the downtown Empress and Fourth Avenue theaters. This minute-long newsreel is available on YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Eight days later, it finally rained, washing away some of the dirt. Not all the dust fell in Alaska. Within a week, pilots over the Great Lakes spotted clouds of ash from Mount Spurr, which carried eastward across Canada and the Atlantic Ocean. In late July and early August, dust clouds from Mount Spurr were visible over Europe, a kind of gift sent by Alaska…

Source: Anchorage Daily News.

Images extraites du film (Source : You Tube)

Le Mont Spurr aujourd’hui (Crédit photo : Wikipedia)