Un avenir climatique inquiétant // A disturbing climate future

Comme viennent de le montrer les derniers rapports sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, les gouvernements auront bien du mal à respecter les conclusions de la COP 21. Il est fort à parier que les températures vont continuer à grimper dans les prochaines années, avec toutes les conséquences que cela suppose. Les scientifiques nous auront prévenus mais, comme le disait fort justement Nicolas Hulot, tout le monde s’en fiche. Pourtant, l’addition risque d’être salée.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le lundi 19 novembre 2018, les catastrophes climatiques (inondations, pluies torrentielles ou encore montée des eaux)  ne vont pas seulement augmenter dans le futur, mais qu’elles risquent de frapper simultanément au même endroit.

La Californie brûle, connaît une période d’intense sécheresse et de fortes chaleurs. Ce cumul d’événements climatiques extrêmes qui frappent l’État américain constitue encore un phénomène rare. Selon la dernière étude, au rythme actuel du réchauffement climatique, ces événements destructeurs concomitants sont appelés à se multiplier et à toucher un nombre croissant de personnes.

Une équipe pluridisciplinaire de scientifiques a établi que la moitié de la population mondiale risquait de subir entre trois et six catastrophes climatiques majeures en même temps en 2100, si rien n’est fait pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre. L’étude retient dix aléas climatiques – sécheresse, précipitations intenses, incendies, montée du niveau des eaux, entre autres – dont la science peut prévoir avec une relative assurance l’évolution d’ici la fin du siècle. Les chercheurs présentent des exemples très concrets. Dans un monde où la pollution continuerait au rythme actuel, la région de New York risquerait de souffrir, en même temps, des effets de la montée des eaux, de pluies intenses, d’ouragans ainsi que de sécheresse. L’Ile-de-France serait frappée de sécheresse, de manque d’eau potable et de canicule.

Les zones qui risquent de payer le tribut le plus lourd à la multiplication d’événements climatiques extrêmes en série sont les régions côtières et tropicales. Ce sont aussi elles qui connaissent les hausses de populations parmi les plus importantes au monde.

L’originalité de ce travail scientifique réside dans le fait qu’il met en lumière l’exposition de chaque région à des risques climatiques croisés, alors que les études scientifiques se concentraient généralement jusqu’à présent sur un seul phénomène. Les autorités se préparaient à une éventuelle catastrophe en regardant ce qui s’est déjà passé, mais l’étude démontre que le réchauffement climatique doit pousser les responsables à anticiper également de nouveaux scénarios climatiques dans lesquels leur région serait frappée par plusieurs catastrophes simultanées.

Source : Nature Climate Change.

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As the latest reports on CO2 concentrations in the atmosphere have just shown, governments will have a hard time complying with the conclusions of COP 21. It is likely that temperatures will continue to rise in the coming years, with all the consequences that implies. Scientists have warned us but, as Nicolas Hulot quite rightly said, everyone does not care. However, the consequences will be severe.
According to a new study published in the journal Nature Climate Change on Monday, November 19th, 2018, climate disasters (floods, torrential rains or rising water) will not only increase in the future, but they may hit simultaneously in the same place.
California is burning, experiencing a period of intense drought and heat. This accumulation of extreme weather events that hit the State is still a rare phenomenon. According to the latest study, at the current rate of global warming, these concomitant destructive events are expected to multiply and reach an increasing number of people.
A multidisciplinary team of scientists has established that half of the world’s population is likely to experience between three and six major climate disasters at the same time in 2100, if nothing is done to slow down greenhouse gas emissions. The study retains ten climatic hazards – drought, intense rainfall, wildfires, rising water levels, among others – whose evolution science can predict with relative assurance until the end of the century. The researchers present very concrete examples. In a world where pollution continues at the current rate, the New York region could suffer the effects of rising water levels, intense rains, hurricanes and drought at the same time. The Ile-de-France (Paris area) would be hit by drought, lack of drinking water and heatwaves.
The areas that are likely to pay the heaviest toll for the proliferation of extreme climate events in series are coastal and tropical regions. They are also the ones experiencing some of the largest population increases in the world.
The originality of this scientific work lies in the fact that it highlights the exposure of each region to cross-climatic risks, whereas scientific studies have so far focused on a single phenomenon. The authorities were preparing for one possible disaster by looking at what had already happened, but the study shows that global warming must push authorities to also anticipate new climate scenarios in which their region would be hit by several simultaneous disasters.
Source: Nature Climate Change.

Graphique montrant l’évolution des émissions de CO2 depuis l’an 2000. Il faut faire la distinction entre les émissions qui représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, et la concentration qui indique ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans. (Source : Faith Birol/AIE.- global-climat)

Assurances et catastrophes naturelles aux Etats Unis // Insurance and natural disasters in the U.S.

Lorsque 700 maisons ont brûlé pendant l’éruption du Kilauea à Hawaï, j’ai indiqué que leurs propriétaires étaient confrontés à de sérieux problèmes avec les compagnies d’assurance qui refusaient de prendre en compte les dégâts causés par la lave. Les victimes de l’ouragan Florence dans les Carolines du Nord et du Sud doivent faire face à une situation similaire.
Un article publié sur le site internet MarketWatch explique que «la plupart des propriétaires dont les biens ont subi les pluies torrentielles de l’ouragan Florence auraient été mieux lotis si leur maison avait été détruite par un incendie ou une éruption volcanique, du moins du point de vue des assurances.» En effet, les dégâts causés par les inondations ne sont pas couverts par les polices d’assurance habitation classiques. Seuls les propriétaires ayant souscrit une assurance spéciale contre les inondations seront indemnisés si l’eau de l’ouragan Florence a endommagé leur maison. Force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans ce cas.
C’est un cas de figure qui se répète quand les ouragans et les pluies qui les accompagnent provoquent des inondations. Lorsque l’ouragan Irma a frappé la Floride l’année dernière, seulement 14% des 3,3 millions de ménages dans les zones touchées par la catastrophe avaient une assurance contre les inondations. Dans certains cas, la couverture dépend de la manière dont les dégâts ont été causés. Dans le cas d’un ouragan, si des vents violents causent des dégâts à la toiture et entraînent une accumulation d’eau importante dans la maison, l’assurance couvrira probablement ces dégâts. En revanche, si une rivière à proximité déborde à cause des fortes pluies, les dégâts causés aux habitations ne seront couverts que si les propriétaires ont souscrit une assurance contre les inondations.
Lors d’éruptions volcaniques, les dégâts causés par les coulées de lave ou les incendies qui en résultent sont couverts par la politique habituelle des propriétaires. [Note personnelle: Ceci n’est que partiellement vrai. Comme je l’ai déjà signalé, l’assurance interviendra seulement si la lave a causé un incendie et si les fondations de la maison sont encore visibles après l’incendie. Si la lave a recouvert les fondations, l’assurance ne fonctionnera pas.]
Il convient de noter que si l’éruption provoque une activité sismique, les propriétaires ne seront pas indemnisés, à moins d’avoir souscrit une politique sismique distincte.
La prime annuelle moyenne pour une police d’assurance dans le cadre du programme national contre les inondations s’élevait à  878 dollars en avril 2017. Toutefois, les primes d’assurance contre les inondations peuvent facilement coûter des milliers de dollars dans les régions où le risque d’inondation est le plus élevé.
Certaines catastrophes naturelles sont toujours couvertes par l’assurance des propriétaires, comme les incendies de forêt, les tornades et les dégâts causés par la grêle. D’autres catastrophes naturelles ne sont jamais ou rarement couvertes par une police d’assurance classique. Elles se répartissent généralement en deux catégories: les inondations et les «événements terrestres». La première catégorie comprend les catastrophes causées par la montée des eaux, les inondations causées par les pluies abondantes et la montée des eaux provoquée par les ouragans, les ruptures de barrages et les tsunamis. Les «événements terrestres» incluent les catastrophes telles que les tremblements de terre, les glissements et effondrements de terrain.
Malheureusement, de nombreux Américains ne savent pas que ces catastrophes ne sont pas couvertes par la politique d’assurance classique. Les propriétaires doivent souscrire une police distincte ou un avenant à leur police d’assurance habitation auprès d’un assureur privé pour être assurés contre un séisme. En Californie, les habitants ont également la possibilité d’acheter une telle assurance auprès de la California Earthquake Authority. Une amie qui habite sur la côte ouest de la Grande Ile d’Hawaii refuse d’acheter une telle assurance contre les séismes car elle est trop coûteuse. Elle croise les doigts…
Comme je l’ai indiqué à propos des victimes de la lave à Hawaï, si les propriétaires n’ont pas souscrit un contrat d’assurance particulier et sont ensuite victimes d’une catastrophe naturelle, ils peuvent demander une compensation auprès de la Federal Emergency Management Agency ou solliciter un prêt auprès de la Small Business Administration. Bien entendu, cet argent ne compensera pas le montant total des pertes. Il s’agit juste d’une aide.
Source: MarketWatch.

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When 700 houses or so burnt during the Kilauea eruption in Hawaii, I indicated that their owners had to face great difficulties with insurers who refuse to take into account the damage caused bt lava. The victims of Hurricane Florence in the Carolinas are confronted with a similar situation.

An article published on the website MarketWatch explains that “most homeowners whose properties were in the path of Hurricane Florence’s torrential rains would have been better off if their home had been hit by a wildfire or volcanic eruption, at least from an insurance perspective.” It is because damage caused by flooding is not covered by standard home insurance policies. Only homeowners who bought separate flood insurance for their homes were covered if water from Florence damaged their house. And there weren’t many people in that case.

This is a refrain which is common where hurricanes and their flood-inducing rainfall are concerned. When Hurricane Irma struck Florida last year, just 14% of the 3.3 million households in the areas affected by the disaster had flood insurance coverage. In some cases, coverage will depend on how the damage was caused. In the case of a hurricane, if high winds cause roof damage that leads to significant water accumulation within the house, insurance will likely cover it. But if a nearby river overflows because of the heavy rainfall, the damage to homes will only be covered if the owners have flood insurance.

In volcanic eruptions, damage caused by lava flows or resulting fires is covered by a standard homeowner’s policy. [Personal note: This is only partly true. As I put it before, the insurance will pay for the damage if lava caused a fire and if the foundations of the house can still be seen after the fire. However, il lava covered the foundations, the insurance does not work.]

It should be noted that if the eruption causes seismic activity, homeowners will not be reimbursed unless they have purchased a separate earthquake policy.

The average annual premium for a policy through the National Flood Insurance Program was $878 as of April 2017. But flood insurance premiums can easily cost thousands of dollars in regions that are determined to be at the highest risk of flooding.

Some natural disasters are always covered by homeowner’s insurance, including wildfires, tornadoes and hail storms. But other natural disasters are never or rarely covered under a standard homeowner’s insurance policy. They generally fall into two categories: floods and “earth movements.” The first category comprises disasters caused by rising water, which includes everything from floods caused by extensive rainfall and hurricane-induced storm surges to dam failures and tsunamis. “Earth movements” include disasters such as earthquakes, landslides and sinkholes.

Unfortunately, many Americans are unaware that these disasters are not covered by a standard homeowner’s policy. Homeowners will need to purchase a separate policy or a rider to their standard home insurance policy from a private insurer to be covered for an earthquake. California residents also have the option to purchase coverage through the California Earthquake Authority.

As I indicated about the victims of lava in Hawaii, if homeowners don’t buy specialized insurance coverage and then get hit by some sort of disaster, they do have some options to offset their losses. They can get a grant from the Federal Emergency Management Agency or a loan from the Small Business Administration. Of course, this money will not compensate for the total amount of the losses. It is just a help.

Source: MarketWatch.

Coulée de lave dans les Leilani estates à Hawaii (Crédit photo: USGS / HVO)

 

 

Quand la mer monte… (suite) // When the sea rises… (continued)

Avec le réchauffement de la planète et la hausse des températures qui fait fondre la glace de mer et les glaciers, l’élévation du niveau des océans menace les villes côtières sur toute la planète. Les habitants de villes comme Miami, New York ou Charleston s’en rendent parfaitement compte pendant les grandes marées, et plus particulièrement les marées à très fort coefficient. Ce sont les marées les plus fortes de l’année et elles coïncident avec la pleine lune au printemps et à l’automne.
Les marées à très fort coefficient ne sont pas provoquées par l’élévation du niveau de la mer, mais comme ce sont les plus hautes mers de l’année, elles montrent à quel point le niveau des océans s’est élevé au cours du 20ème siècle. Les quartiers recouverts par la mer aujourd’hui n’étaient pas inondés comme cela il y a des décennies, même pendant les grandes marées.
En 2017, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a constaté que les villes côtières aux États-Unis ont connu un nombre record d’inondations liées aux marées hautes. Plus d’un quart des sites côtiers ont égalé ou battu des records quant au nombre de jours d’inondation. En 2018, les inondations sur les côtes des États-Unis devraient être supérieures de 60% à ce qu’elles étaient il y a seulement 20 ans.
Peut-être plus important encore, les grandes marées et les marées à très fort coefficient sont un aperçu de ce qui va se passer au fur et à mesure que le niveau des océans va continuer d’augmenter. Ce que l’on observe aujourd’hui à marée haute se produira régulièrement dans les prochaines années.
Lorsque le niveau de la mer monte, les eaux envahissent les villes côtières, inondent les maisons et les routes. Dans de nombreux cas, ces eaux renferment des bactéries et des pathogènes potentiels. La plupart des villes reconnaissent la situation et font tout ce qu’elles peuvent pour essayer de faire barrage à l’eau qui ne cesse de monter. Le problème, c’est que le niveau de la mer continuera de monter à mesure que les océans se réchaufferont et que les glaciers fondront. Il est probable que certains quartiers et même certaines villes seront inhabitables bien plus tôt que beaucoup ne le pensent.
Un bon exemple de la situation est la ville de Miami (Floride) où le niveau de la mer a augmenté d’environ 25 centimètres entre 1900 et aujourd’hui. On s’attend à ce que le niveau de la mer dans cette ville dépasse de 42 centimètres celui de 1900 d’ici 2030 et  de 215 centimètres le niveau de 1900 d’ici la fin de ce siècle. Plus inquiétant encore, certains géologues pensent que ces projections sont beaucoup trop modestes.
Source: Business Insider.

Cette page Yahoo montre plusieurs villes américaines déjà touchées par l’élévation du niveau de la mer:
http://www.businessinsider.fr/us/sea-level-rise-high-tides-sunny-day-flooding-coastal-cities-2018-4

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With global warming and higher temperatures causing the melting of sea ice and glaciers, sea level rise is threatening coastal cities around the world. For the residents of cities like Miami, New York City, or Charleston, the evidence is apparent during high tides, and more particularly king tides. These are the highest tides of the year, and they coincide with full moons during spring and autumn.

King tides themselves are not caused by sea level rise, but as the highest tides of the year, they show how sea level has already risen over the past century ; the neighborhoods they flood on sunny days today did not flood like this decades ago, even during high tides.

In 2017, the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) found that cities around the U.S. experienced a record number of flooding events related to high tides. More than a quarter of coastal locations tied or set new records for the number of flooding days. In 2018, flooding on the US coastline is expected to be 60% higher than it was just 20 years ago.

Perhaps most importantly, high and king tides are a preview of what is to come as seas continue to rise. What happens during high tides today will happen on a regular basis in the future.

As sea level rises, waters invade coastal cities, flooding houses and roads. In many cases, they may be full of bacteria and potential pathogens. Most cities recognize the situation at this point and are doing everything they can to try to beat back the rising tides. But seas will continue to rise as warmer oceans expand and glaciers melt. It is likely that neighborhoods and even some cities will be uninhabitable far sooner than many think.

A good example of the situation is Miami where the sea level has risen about 25 centimetres from 1900 to today. It is expected that sea level in the town will be up to 42 centimetres higher than 1900 by 2030 and 215 centimetres higher than 1900 by the end of this century. Some geologists think those projections are far too low.

Source: Business Insider.

This Yahoo page shows several U.S. towns already impacted by sea level rise:

http://www.businessinsider.fr/us/sea-level-rise-high-tides-sunny-day-flooding-coastal-cities-2018-4

 

En Alaska, la hausse du niveau de la mer est particulièrement visible au moments des tempêtes hivernales qui ne sont plus freinées par la glace de mer. Il s’ensuit une érosion des côtes et certaines maisons basculent dans l’océan. (Source : Wikipedia)

 

La France est également concernée par la hausse du niveau des océans. Lors des grandes marées et des tempêtes, les vagues partent à l’assaut de nos côtes, comme ici à Soulac-sur-Mer en Gironde où l’immeuble « Le Signal » a dû être évacué. La carcasse vide se dresse désormais le long de la côte comme un navire victime d’un naufrage, abandonné par équipage et passagers. (Photo: C. Grandpey)

En attendant la prochaine éruption du Katla (Islande) // Waiting for Katla’s next eruption in Iceland

Après les inquiétudes concernant une possible éruption du super volcan de Yellowstone aux Etats Unis, voici que naît l’angoisse autour du volcan Katla en Islande. Plusieurs journaux américains viennent de publier un même article sur ce sujet.
L’auteur de l’article explique qu’après un été d’activité sismique intense sur le Katla, « les Islandais épient le moindre signe d’une éruption du volcan le plus surveillé de leur pays ». Le Katla est entré en éruption pour la dernière fois en 1918. Depuis le début de l’histoire connue du volcan au 12ème siècle, jamais 99 années se sont écoulées sans une éruption. Huit des 10 dernières éruptions du Katla se sont produites entre septembre et novembre, moment où la fonte de la calotte de glace qui le recouvre est censée – en libérant sa pression –  créer des conditions favorables à la sortie de la lave.

Vik, un hameau sur la côte sud, se prépare au pire. En cas d’éruption, un texto sera envoyé à chaque téléphone mobile connecté au réseau régional. Les 543 habitants savent ce qu’ils doivent faire: informer leurs voisins – et où aller: l’église, qui est abritée par la montagne. Selon la Protection Civile islandaise, les touristes seraient le plus grand problème en cas d’éruption. Ils pourraient être en grand nombre au coeur de la saison touristique, répartis dans le pays et moins susceptibles que les locaux d’être au courant des mesures à prendre en cas d’urgence.
Ce qui inquiète les volcanologues, c’est que Katla se trouve sous une calotte de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, ce qui signifie qu’une éruption est susceptible de faire fondre cette glace et provoquer de graves inondations. On s’attend à ce que le volume d’eau atteigne 300 000 mètres cubes par seconde, plus important que le débit de l’Amazone. Il se pourrait que cette arrivée massive d’eau fasse monter le niveau de l’océan considérablement, de sorte que les autorités prévoient d’évacuer tous les habitants de la côte vers la pointe sud de l’île.
Au cours des 11 derniers mois, le Met Office islandais a fait passer à deux reprises le niveau d’alerte du Katla au Jaune. Pendant quatre jours cet été, les Islandais ont remarqué avec inquiétude que les séismes atteignaient la magnitude M 3 et la fonte de la glace a provoqué une crue de la rivière Mulakvisl près de Vik.
[Remarque personnelle: Il convient de noter que la dernière sismicité sur le Katla était très superficielle, à environ 100 mètres de profondeur. En conséquence, il y a peu de chances pour qu’elle ait été causée par une ascension du magma sous le volcan, d’autant plus qu’aucune déformation significative n’a été signalée. Les séismes étaient probablement causés par une activité hydrothermale intense, phénomène qui se produit souvent sous la couche de glace]
Les volcanologues ne savent pas ce qui se passera le jour où le Katla entrera en éruption. Contrairement à beaucoup d’autres volcans islandais, une longue période de repos ne détermine pas l’ampleur de la prochaine éruption. Même si le Katla a une chambre magmatique plus volumineuse que son voisin Eyjafjallajokull, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura un impact plus important sur le trafic aérien. Un employé du Met Office indique que les compagnies aériennes sont mieux préparées à affronter la cendre dans un espace aérien donné qu’elles ne l’étaient il y a sept ans.
[Remarque personnelle: Je ne suis pas sûr que la panique dans l’espace aérien sera différente de 2010 en cas d’éruption du Katla. Les tests sur la détection de cendre ont été effectués sur d’autres volcans pendant des périodes d’activité volcanique calme et souvent avec de la cendre déversée artificiellement. Je ne suis pas certain que les compagnies aériennes soient prêtes à risquer la vie de leurs passagers si les avions sont confrontés à de VRAIS nuages ​​de cendre!]
En conclusion, l’article n’apporte pas vraiment une nouvelle lumière sur l’environnement d’une éruption du Katla. Les volcanologues ne savent pas trop quel genre d’éruption se produira et les autorités locales devront s’adapter à la situation, surtout si l’éruption a lieu pendant la haute saison touristique!
Source: Journaux américains.

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After the worries about a possible eruption of Yellowstone supervolcano, here is the anxiety around Katla volcano in Iceland. Several U.S. newspapers have just released the same article about this topic.

The author of the article explains that after a summer of increased seismic activity at Katla, “Icelanders are obsessing over the smallest sign of an eruption at the country’s most closely watched volcano”. Katla last erupted in 1918. Never before in recorded history, dating back to the 12th century, have 99 years passed without an eruption from this volcano. Eight out of the last 10 eruptions at Katla have occurred between September and November, when glacial melting is believed to create – by alleviating its pressure – conditions for the magma to burst forth.

Vik, a hamlet on the south coast is prepared for the worst. In the event of an eruption, a text message will be sent to every mobile phone connected to the regional network. All 543 residents will know what to do – inform their neighbours – and where to go: the church, which is sheltered by the mountain. According to the Icelandic Civil Protection, tourists would be the greatest challenge in the event of an eruption. They could be in large numbers during the tourist season, spread out and less likely than locals to be aware of emergency actions.

What worries volcanologists is that Katla lies under glacial ice hundreds of yards thick, meaning that any eruption is likely to melt the ice and cause widespread flooding. The volume of water that could stream toward the coast is predicted to reach 300,000 cubic metres per second, greater than the Amazon River discharge. Ocean levels may rise sharply if flooding reaches the coast, so authorities plan to evacuate the entire coast on the island’s southern tip.

Over the past 11 months, the Icelandic Met Office has twice raised its Katla alert level to yellow, signalling “elevated unrest.” For four days this summer, Icelanders watched with concern as a series of earthquakes peak at magnitude M 3. Natural reservoirs of glacial melt under the ice cap burst and flooded the Mulakvisl River near Vik.

[Personal remark: It should be noted that the last seismicity at Katla volcano was very shallow, about 100 metres deep. As a consequence, there is little chance it was caused by any magma ascent beneath the volcano which did not show any significant deformation. The earthquakes were rather caused by some hydrothermal activity, a phenomenon which frequently occurs beneath the ice sheet]

Volcanologists do not know what will happen when Katla finally erupts. Unlike many other volcanoes in Iceland, a long rest does not contribute to the size of the next eruption. While Katla has a larger magma chamber than neighbouring Eyjafjallajokull, that does not necessarily mean it will have a greater impact on aviation. An employee at the Icelandic Met Office notes that airlines now are better prepared to measure ash within a given airspace than they were seven years ago.

[Personal remark: I am not sure that the panic in the airspace will be different from 2010 in case of an eruption of Katla. The tests about ash detection were performed on other volcanoes during periods of quiet volcanic activity and often with artificial ash. I am not sure air companies are ready to risk the lives of their passengers if the planes fly into REAL ash clouds!]

In conclusion, the newspaper article does not really shed a new light on the environment of a Katla eruption. Volcanologists do not know what kind of eruption it will be and local authorities will have to adapt to the situation, especially if the eruption takes place during the high tourist season!

Source: U.S. newspapers.

Le Katla se cache sous le glacier Myrdalsjökull (Crédit photo: NASA)

L’éruption du Katla en 1918 (Source: Wikipedia)

 

Montée de l’océan à Hawaii // Ocean rise in Hawaii

La Protection Civile hawaiienne vient d’émettre un bulletin d’alerte car une marée record – associée à une houle du sud – menace de provoquer des inondations sur toutes les côtes de la Grande île ce week-end. On s’attend à ce que le phénomène se produise sur toutes les zones basses de l’île. L’événement ne fait qu’annoncer l’arrivée de marées exceptionnelles baptisées ‘king tides’.
Les scientifiques observent depuis quelque temps ces niveaux inhabituels de la marée et pensent que l’Etat d’Hawaii continuera probablement à connaître des niveaux de marée exceptionnellement élevés tout au long de l’été. Les scientifiques expliquent que les marées sont amplifiées par des facteurs tels que des tourbillons océaniques dont les parties centrales traversent l’archipel, l’élévation globale du niveau des océans due au changement climatique, et l’action des vagues, avec un risque de fortes houles pendant l’été. Les vagues provoquées par cette houle du sud seront amplifiées à marée haute, ce qui fera remonter l’eau de mer plus haut sur les plages, avec un risque d’inondations et une accentuation de l’érosion littorale.
Il est demandé aux populations habitant en bord de mer et aux personnes fréquentant les plages d’être vigilantes car il y aura de fortes vagues pouvant s’avérer dangereuses. Par mesure de précaution, les propriétaires de bateaux et les habitants en bord de mer sont priés prendre des mesures pour sécuriser leurs biens. En particulier, il est conseillé de déplacer vers des zones plus élevées les appareils électroniques, les véhicules et autres objets de valeur habituellement entreposés dans les sous-sols ou les cours des habitations.
Le Pacific Islands Ocean Observing System (centre d’observation de l’océan pour les îles du Pacifique) a diffusé un bulletin de prévision des marées hautes à Hilo pour les six jours à venir.
Dans le graphique ci-dessous, la courbe bleu foncé montre « le niveau de mer observé dans le port de Hilo pendant les 3 derniers jours.
La courbe bleu clair montre « le niveau de la mer dans le port de Hilo pour les 6 prochains jours.
La Ligne rouge indique la hauteur du niveau de mer (3,3 pieds, soit environ un mètre) dépassant de 2% le niveau maximal des eaux (HHW) observé quotidiennement, par référence à 19 années d’observations (à l’exclusion des tsunamis). Lorsque cette hauteur est dépassée, il y a risque d’inondation des côtes les plus basses.
Selon les océanographes de l’Université d’Hawaï, alors que le niveau de la mer continue de monter à cause du réchauffement climatique, on observera de plus en plus de situations où non seulement les ‘king tides’, mais aussi les marées hautes ordinaires, provoqueront des inondations, avec des impacts négatifs sur les plages , les infrastructures côtières, les zones humides et les zones basses des îles.
Source: Presse hawaiienne.

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Hawaii emergency officials have issued an alert as a record high tide – in conjunction with a southern swell – threatens to bring coastal flooding to all shores along the Big Island this weekend. The observable phenomenon is expected to occur on shorelines and low-lying areas across Hawaii. The event heralds the arrival of the highest ‘king tides’ of the year.

Scientists have been tracking unusual high tide levels and are advising that the state will likely continue to experience unusually high tide levels throughout the summer. Experts say the tides are further elevated by factors that include ocean eddies with high centres moving through the islands, global sea-level rise due to climate change, and wave action, including potential summer swells. The surf generated from this south swell will be exacerbated by the high tides resulting in additional beach run up, flooding and erosion.

Oceanfront residents and beachgoers are advised to be on the alert for possible high and dangerous surf. As a precaution, boat owners and oceanfront residents should take actions to secure their property from possible tidal inundation and coastal flooding. Landowners in low-lying shoreline areas or near waterways should consider moving to higher ground any electronics, vehicles or other valuable from basements or yards.

The Pacific Islands Ocean Observing System has produced a “Six-Day High Sea Level Forecast” for Hilo:

In the above graph, the Dark Blue Curve displays “the Observed Sea Level at Hilo Harbour for the previous 3 days.

The Cyan Curve displays “the Forecast Sea Level at Hilo Harbour for the next 6 days.

The Red Line indicates “the sea level height (3.3 ft., or about one metre) that is exceeded by 2 percent of the observed daily Higher High Waters (HHW) based on a 19-year historical record (excluding tsunamis). When this sea level height is exceeded, flooding of the lowest lying lands begins.”

According to oceanograpghers at the University of Hawaii, as sea levels continue to rise with global warming, we will see more and more instances when not just king tides but ordinary high tides combine with high water levels to reach flood stage, with adverse impacts to beaches, coastal infrastructure, wetlands and low-lying areas of the islands.

Source: Hawaiian newspapers.

Source: Pacific Islands Ocean Observing System

 

Le Katla et le risque de tsunami aux Iles Vestmann // Katla Volcano and the tsunami hazard in Vestmannaeyjar

drapeau-francaisSi une éruption du Katla venait à se produire, on pense qu’une crue brutale due à la fonte du glacier Mýrdalsjökull pourrait déclencher un raz-de-marée susceptible de frapper les Iles Vestmann au sud de l’Islande. Cette éventualité a été abordée récemment lors d’une réunion organisée par le chef de la police des Iles Vestmann, avec la présence du responsable des risques naturels au Met Office islandais et du volcanologue Ármann Höskuldsson de l’Université d’Islande.
On sait depuis quelque temps que parmi les conséquences des éruptions du Katla figurent les raz-de-marée le long de la côte sud. Dans le passé, de telles vagues ont été suffisamment puissantes pour causer des dégâts jusqu’à Grindavík, à 230 km à l’ouest. La ville de Vík, sur la côte sud à quelques kilomètres du Mýrdalsjökull, serait probablement concernée par une inondation soudaine provoquée par le glacier. Les îles Vestmann se trouvent à vol d’oiseau à seulement une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Vík.
En 1918, lors de la dernière éruption du Katla, il y a eu des vagues qui ont déferlé sur les îles Vestman. En conséquence, il est important que dans un gros port de pêche comme Heimaey les gens soient préparés à un tel événement. La principale zone industrielle de la ville se trouve près du port qui serait forcément frappé par un raz-de-marée.
Cependant, on pense qu’il y aurait assez de temps pour mettre en place une évacuation. Habituellement, le panache éruptif du Katla sort du glacier avant que se déclenche la crue glaciaire. A en juger par les récits du passé, le raz-de-marée intervient une fois que l’eau de la crue a atteint le rivage. Quand on apercevra le panache éruptif, il faudra donc que les gens aillent se réfugier sur des zones plus élevées pendant quelques heures, en attendant de voir si le raz-de-marée va se produire.
La nécessité de mettre en place un équipement sismique plus important dans les Iles Vestmann a également été discutée lors de la réunion.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisShould an eruption of Katla volcano occur, it is believed that a flash flood from Mýrdalsjökull glacier might trigger a tidal wave likely to hit the Westman Islands off South Iceland. The scenario was recently discussed at a meeting organized by the Chief of Police in the Westman Islands, with the director of natural hazards at the Icelandic Meteorological Office, and volcanologist Ármann Höskuldsson from the University of Iceland.

It has been known for some time that among the consequences of eruptions in Katla are tidal waves along the south coast. In the past, such tidal waves were large enough to cause damage all the way to Grindavík which is located 230 km to the west. The town of Vík, located on the south coast just a few kilometres from Mýrdalsjökull, would almost certainly be hit by a flash flood from the glacier. The Westman Islands lie approximately 50 km to the west of Vík in a straight line.

 In 1918, during Katla’s last eruption, there were waves washing up on the Westman Islands. As a consequence, it is important that in a big and important fishing town like Heimaey people should be prepared. The town’s largest industrial area is down by the harbour which would naturally be affected by a tidal wave.

However, it is believed that there would be time for an evacuation. Usually Katla’s eruptive plume extends from the glacier before the flash floods occur. Judging by the accounts, the tidal waves occur after the flash floods have reached the shore. When a plume is sighted, it will be safer for people to move to a higher ground for a few hours while waiting to see whether the tidal wave will happen.

The necessity to establish more earthquake monitors in the Westman Islands was also discussed at the meeting.

Source: Iceland Review.

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Vue du port d’Heimaey, dans les Iles Vestmann (Crédit photo: Wikipedia)

Des événements climatiques extrêmes // Extreme weather events

drapeau-francaisLes événements extrêmes se multiplient en ce moment sur notre planète. Les médias se sont faits l’écho des tornades qui ont sévèrement affecté le Mississippi, l’Alabama, le Texas, et maintenant le Missouri aux Etats-Unis. La ville d’Anchorage en Alaska vient de subir des rafales de vent de 150 km/h. La température est anormalement haute et la neige a quasiment disparu. L’Amérique du Sud n’est pas épargnée, avec des inondations au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Plus près de nous, le nord de l’Angleterre est sous les eaux. Un puissant système dépressionnaire vient de traverser l’Islande. La pression atmosphérique a chuté de 54 hectopascals en seulement 18 heures pour atteindre 928 hPa. Le dernier record était de 900 hPa en décembre 1986. Selon les météorologues, ce système dépressionnaire fait partie du même phénomène qui a provoqué les tornades aux Etats-Unis. Au niveau du Pôle Nord, les températures sont anormalement élevées, entre +1,11°C et +1,66°C, ce qui est une dizaine de degrés au-dessus de la normale saisonnière ! Ces températures correspondent à celles enregistrées normalement au cœur de l’été.
Mais, bien sûr, certains diront que nous ne sommes pas responsables, que tout cela fait partie d’un cycle naturel et que nos émissions de CO2 et autres gaz n’y sont pour rien ! La COP 21 ? Le fantasme d’une poignée de gens !
Tout cela en attendant la neige en montagne et en redoutant une prochaine tempête comme celle qui a dévasté la France les 26 et 27 décembre 1999 !

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drapeau-anglaisExtreme events are increasing right now on our planet. The media have echoed tornadoes that have severely affected Mississippi, Alabama, Texas, and now Missouri in the United States. The city of Anchorage in Alaska has just experienced wind gusts of 150 km / h. The temperature is abnormally high and snow has almost disappeared. South America is not spared, with floods in Brazil, Paraguay, Uruguay and Argentina. Closer to France, the North of England is under water. A strong low pressure system just went through Iceland. Atmospheric pressure fell by 54 hectopascals in only 18 hours to reach 928 hPa. The last record was 900 hPa in December 1986. According to meteorologists, the storm system is part of the same phenomenon that caused tornadoes in the United States. At the North Pole, temperatures are abnormally high, between + 1.11 ° C and + 1.66 ° C, which is ten degrees above seasonal averages! These temperatures correspond to those normally recorded at the heart of the summer.
But, of course, some people will say we are not responsible, that it is all part of a natural cycle and that our CO2 emissions and other gases are not to blame! COP 21? The fantasy of a handful of people!
Meantime, we are waiting for the snow in the mountains and fearing the next storm like the one that devastated France on 26 and 27 December, 1999!