Sus aux imposteurs climatiques! // Down with the climate impostors!

Je ne supporte vraiment plus ces gens qui prétendent, comme Donald Trump, que les activités humaines ne sont pas responsables du réchauffement climatique actuel. Depuis plus de deux ans, Trump explique qu’il veut sortir les États-Unis de l’accord de Paris conclu en 2015 sur le climat. À partir du lundi 4 novembre 2019, il peut vraiment commencer la démarche, en sachant que le processus de retrait prend un an et ne deviendra donc officiel, au mieux, à partir du lendemain de l’élection présidentielle de 2020. En effet, selon les termes de l’accord de Paris, aucun pays ne peut se retirer au cours des trois premières années. Le 4 novembre est donc le jour où, pour la première fois, les États-Unis peuvent réellement entamer le processus de retrait. Il commence par une lettre adressée aux Nations Unies et ne devient officiel qu’un an plus tard, ce qui conduit au lendemain des élections. En conséquence, si quelqu’un d’autre que Trump gagne en 2020, le prochain président sera en droit de revenir sur l’accord dans les 30 jours suivants!
Le réchauffement climatique provoqué par la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) a déjà provoqué une fausse globale de la température de 1 degré Celsius depuis la fin du 19ème siècle, avec comme conséquence la fonte rapide et à grande échelle de la glace dans le monde, sans oublier les conditions météorologiques extrêmes et la modification de la chimie des océans. Les scientifiques affirment que, en fonction de la quantité de dioxyde de carbone (CO2) émise, le réchauffement ne fera qu’empirer à la fin du 21ème siècle, avec une hausse des températures de plusieurs degrés et une hausse parallèle de près d’un mètre des océans.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une version actualisée par la Scripps Institution de la courbe de Keeling qui est établi en fonction des données enregistrées sur le volcan Mauna .Loa à Hawaii. La courbe inclut des mesures récentes, ainsi que le franchissement d’un nouveau seuil critique : le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a dépassé les 415 parties par million (ppm) en mai 2019.
https://youtu.be/Z43FQCSg4Ow

Des versions à plus haute résolution sont disponibles à l’adresse scrippsnews@ucsd.edu.

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I’m fed up with those people who pretend, like Donald Trump, that human activities are not responsible for the current global warming. For more than two years, Trump has talked about pulling the United States out of the landmark Paris climate agreement. Starting Monday, November 4th, 2019, he can do something about it. Even then, though, the withdrawal process takes a year and would not become official until at least the day after the 2020 presidential election. The terms of the Paris deal say no country can withdraw in the first three years. So November 4th is the first time the U.S. could actually start the withdrawal process, which begins with a letter to the United Nations. And it doesn’t become official for a year after that, which leads to the day after the election. As a consequence, if someone other than Trump wins in 2020, the next president could get back in the deal in just 30 days!

Climate change, caused by the burning of coal, oil and gas, has already warmed the world by 1.8 degrees (1 degree Celsius) since the late 1800s, caused massive melting of ice globally, triggered weather extremes and changed ocean chemistry. And scientists say, depending on how much carbon dioxide is emitted, it will only get worse by the end of the century with temperatures jumping by several degrees and oceans rising by close to one metre.

The Scripps Institution has updated the animation of the Keeling Curve to include recent measurements and the surpassing of a new milestone: Global carbon dioxide levels in the global atmosphere as measured at the Mauna Loa Observatory in Hawaii surpassed  415 parts per million of carbon dioxide in May.

https://youtu.be/Z43FQCSg4Ow

Higher resolution versions are available through scrippsnews@ucsd.edu.

Evolution des concentrations de CO2 sur une année au sommet du Mauna Loa. On enregistrait le 30 octobre une concentration de 409,20 ppm.

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A lire dans le numéro de novembre 2019 de la revue Ça m’intéresse un très intéressant article intitulé « Le réchauffement climatique en 10 idées reçues ».

Le reste se trouve dans la revue…

Hausse des océans : un constat de plus en plus alarmant // Rising oceans : an increasingly alarming situation

Ce qui se passe actuellement en Californie – feux de forêt, évacuations à grande échelle – devrait nous alerter sur l’urgence de la crise climatique. Cependant, les incendies en Californie ne sont qu’un aspect des conséquences du réchauffement planétaire.
Une étude publiée fin octobre 2019 dans Nature Communications s’attarde sur le hausse des océans et corrige des erreurs de données dans les calculs concernant le nombre de personnes menacées. Les résultats sont terrifiants.
Selon les dernières analyses, trois fois plus de personnes risquent d’être confrontées à la montée des eaux. À l’heure actuelle, 150 millions de personnes vivent sur des terres qui seront recouvertes par la mer d’ici 2050. Il s’agit du scénario le plus optimiste dans lequel le réchauffement climatique est maintenu à 2 degrés Celsius, ce qui semble tout à fait improbable dans un proche avenir. Dans un scénario plus pessimiste, le nombre de personnes en difficulté s’élève à 300 millions d’ici 2050. Cela équivaut à peu près à la population des Etats-Unis !
L’étude révèle qu’environ 70% des personnes actuellement à risque vivent dans huit pays asiatiques: Chine, Bangladesh, Inde, Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Philippines et Japon. Dès 2050, la majeure partie du sud du Vietnam, soit 20 millions de personnes, pourrait disparaître sous les eaux. En Thaïlande, 10% de la population vit sur des terres qui seront inondées, contre 1% à présent. De grandes parties de Bangkok et de Mumbai, deux centres de la finance en Asie, où vivent des dizaines de millions de personnes, risquent d’être inondées au cours des prochaines décennies.
Cette révision des chiffres concernant le risque d’élévation du niveau de la mer est due à une évolution des variables utilisées. Jusqu’à maintenant, le calcul s’effectuait en grande partie en fonction de deux variables: 1) la rapidité d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre; 2) la réaction de la banquise au réchauffement climatique, en particulier en Antarctique occidental.
Le problème est qu’une variable a été négligée: l’élévation réelle des terres le long de la côte, ainsi que le nombre de personnes qui y vivent. En effet, ce qu’il faut prendre en compte, ce n’est pas seulement la hauteur de l’eau, mais aussi la hauteur de la terre où l’eau monte. Un mètre d’élévation du niveau de la mer dans le sud de la Floride, qui est une région basse, plate et densément peuplée, aura un impact bien plus grand qu’une élévation identique le long de la côte haute, rocheuse et peu peuplée de l’Oregon ou du Maine.
Aux États-Unis, en Europe et en Australie, les erreurs de mesure de l’élévation côtière ont été corrigées au moyen du LIDAR (télédétection par laser), qui est très précis. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de données LIDAR disponibles pour l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, d’où la difficulté pour les scientifiques de calculer avec précision les risques d’élévation du niveau de la mer dans ces régions.

Deux informaticiens du Climate Central ont trouvé un moyen d’utiliser l’intelligence artificielle pour imiter le LIDAR. Lorsqu’ils ont re-analysé les données fournies précédemment par la navette spatiale à l’aide de leur modèle basé sur l’intelligence artificielle (et connu sous le nom de CoastalDEM), les résultats ont été étonnants, et pas dans le bon sens.
Par exemple, l’analyse précédente du risque d’inondation avec les données de la navette spatiale a révélé que 95 millions de personnes vivraient en dessous de le ligne moyenne de marée en 2100. Avec la nouvelle analyse, avec le scénario le plus optimiste des émissions de gaz à effet de serre et avec des calottes glaciaires relativement stables, 190 millions de personnes vivraient sous le niveau des eaux.
L’étude n’apporte pas que des mauvaises nouvelles. Les deux informaticiens ont constaté que 110 millions de personnes vivent déjà dans des zones potentiellement recouvertes par la mer, avec la protection de digues. Cela laisse un peu d’espoir quant à la capacité d’adaptation de ces populations, même si ces digues ne seront probablement pas suffisantes pour contrer l’accélération de l’élévation du niveau de la mer dans les années à venir.
L’élévation du niveau de la mer a déjà eu des conséquences spectaculaires. Le meilleur exemple est celui de l’Indonésie, où Jakarta, la capitale, va être transférée sur les hauteurs de Bornéo.
Comme la plupart des approches climatiques basées sur des données, l’étude oublie l’élément humain. Elle ne parle pas des nouvelles défenses, telles que les remparts ou les digues, qui pourraient être construites pour se protéger contre la montée des eaux. L’étude ne dit pas non plus comment les gens pourraient s’adapter d’une autre manière, avec des canaux comme à Venise, ou des structures flottantes. Elle ne prend pas non plus en compte les facteurs politiques et économiques, tels que la rapidité avec laquelle la valeur des biens immobiliers chutera au fur et à mesure qu’augmentera le risque d’inondation, avec un impact sur les recettes fiscales et les gouvernements locaux. Plus important encore, on ignore combien de millions de personnes seront déplacées et où elles iront…
Source: Nature Communications, médias américains.

L’étude publiée dans Nature communications révèle qu’une grande partie du littoral atlantique est concernée. On le sait déjà, mais l’État français n’a pas encore mis les moyens pour y faire face.

L’exemple le plus frappant de la montée de l’Océan Atlantique se trouve à Soulac-sur-Mer (Gironde) où un immeuble de quatre étages – Le Signal – a été  construit sur le front de mer et s’est trouvé menacé par l’avancée des eaux. Il y a six ans, il a fallu évacuer les 78 appartements, sans indemnisation sérieuse pour les propriétaires. Le Conseil d’État a rappelé que l’érosion des dunes ne donne pas droit au fond de prévention des risques naturels. Les propriétaires ont dû batailler pendant plus de quatre ans pour espérer bientôt obtenir un dédommagement.

Un peu plus au sud, à Lacanau, des enrochements ont été installés pour protéger la côte sableuse contre les assauts de l’océan. Ces protections de fortune pourront-elles résister longtemps aux vagues au moment des tempêtes lors de hautes marées ? Pas si sûr…

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What’s happening in California right now — wildfires, mass evacuations — should alert everyone about the urgency of the climate crisis. However, the flames in California are just one aspect of the consequences of global warming.

A study published in late October 2019 in Nature Communications corrects what was essentially a data error in previous calculations about how many people are at risk from rising seas. The results are frightening.

According to the new analysis, roughly three times as many people are at risk from being inundated by rising seas than previously reported. 150 million people are now living on land that will be below high tide by 2050. And this is a hopeful scenario, where warming is held to 2 degrees Celsius, which looks quite unlikely in the near future. In a more pessimistic scenario, the numbers double to 300 million people flooded out by 2050. That is roughly equivalent to the entire population of the United States going underwater in the next three decades !

The study finds that about 70 percent of the people currently at risk are in eight Asian countries: China, Bangladesh, India, Vietnam, Indonesia, Thailand, the Philippines, and Japan. As early as 2050, most of Southern Vietnam could disappear at high tide, putting 20 million people underwater. In Thailand, 10 percent of the population lives on land that will be flooded, compared to one percent now. Large parts of Bangkok and Mumbai, both financial centres in Asia and home to tens of millions of people, are at risk of being inundated in coming decades.

This major revision in our understanding of the risk of sea level rise is due to an evolution in the variables used until now to calculate the risk of sea level rise. Up to now, the calculation largely depended on two variables: 1) how fast carbon emissions will continue to rise ; 2) how sensitive the ice sheets are to that warming, especially West Antarctica.

The problem is that one variable was largely overlooked: the actual elevation of land along the coast, as well as how many people live there. Indeed, what matters is not just how high the water rises, but how high the land is where the water rises. One metre of sea level rise in South Florida, which is low and flat and densely populated, will have a much greater impact than one metre of sea level rise along the high, rocky, sparsely-inhabited coast of Oregon or Maine.

In the U.S., Europe, and Australia, problems with coastal elevation measurements were corrected with LIDAR (Light Detection and Ranging) which is very precise. But there was no publicly available LIDAR data for Asia, Africa, and the Middle East, making it difficult for scientists to accurately calculate risks of sea level rise in those regions.

Two computer scientists at Climate Central figured out a way to use artificial intelligence to mimic the work of LIDAR. When they re-analyzed the previous space shuttle data with the new AI model (known as CoastalDEM), the results were astonishing, and not in a good way.

For example, the previous analysis of flood risk using the space shuttle data found that 95 million people will be living below mean high water line in 2100. In the new analysis, even with a low emissions scenario and fairly stable ice sheets, 190 million people will be living below the water line.

The study is not all bad news. On the upside, the two computer scientists found that 110 million people already live in areas below high tide, mostly behind seawalls and other barriers, which gives me some hope about people’s ability to adapt, although those barriers and sea walls are unlikely to be sufficient as sea level rise accelerates in the coming years.

Sea level rise already had dramatic consequences. The best example tody is Indonesia where Jakarta, the capital, will be moved to higher ground in Borneo

Like most data-driven climate science, the study leaves out the human element. It does not consider what kind of new defenses might be built to protect against rising seas – walls, barriers, dikes. Or how people might adapt in other ways, with Venice-like canals or floating structures. Nor does it consider political and economic factors, such as how fast property values will fall as the risk of flooding rises and how that will impact tax revenues and local governments. Or, most importantly, how many millions of people will be displaced, and where they will go…

Source: Nature Communications, U.S. News media.

The study published in Nature Communications reveals that a large part of the Atlantic coastline is concerned. We already know that, but in France the State has not yet found the means to deal with it.
The most striking example of the rise of the Atlantic Ocean is located in Soulac-sur-Mer (Gironde) where a four-storey building – Le Signal – was built on the seafront and was threatened by the advancing waters. Six years ago, it was necessary to evacuate the 78 apartments, without serious compensation for the owners. The Council of State reminds that the erosion of the dunes does not give right to the fund of prevention of the natural risks. The owners had to fight for more than four years to hope soon to get the money.
A little further south, in Lacanau, rip raps were installed to protect the sandy coast from the powert of the ocean. Will these protections be able to withstand huge waves during high tide storms ? Not so sure…

Vue de l’immeuble « Le Signal » à Soulac-sur-Mer (Photo: C. Grandpey)

Enrochements à Lacanau (Photo: C. Grandpey)

La ligne de rochers n’a pas suffi pour endiguer les assauts de la mer (Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique: Les Antilles ont peur

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les 100 ans. Selon les scientifiques, il n’y a qu’une solution pour éviter la catastrophe à venir : réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de CO2.

Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », a noté le groupe d’experts climat de l’ONU. Les modifications de l’océan ne s’arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. Cela permettrait de gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux et aux événements météo extrêmes qui lui sont liés (vagues de submersion, tempêtes): en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits Etats insulaires qui pourraient devenir inhabitables d’ici la fin du siècle.

Le niveau des océans s’accroît aujourd’hui 2,5 fois plus vite qu’au 20ème siècle où il avait pris 15 cm, et cette hausse va encore s’accélérer. Selon le rapport du GIEC, on pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d’inondations sur les côtes du monde entier en construisant des protections. Cela suppose d’investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Comme je l’indiquais à l’issue de ma visite à la Martinique au mois d’août, l’île a déjà mis en place des enrochements sur certaines côtes pour faire face aux assauts de la mer. Le tout est maintenant de savoir si ces protections continueront à résister à la hausse du niveau de l’océan. Selon le rapport, plus d’un milliard de personnes vivront d’ici le milieu du 21ème siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables. Même dans un monde à +2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les cent ans.

Le monde s’est engagé en 2015 dans l’Accord de Paris à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70% de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90% de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l’Homme. Les conséquences sont déjà palpables avec la hausse de la température de la mer, l’acidification et la perte d’oxygène des océans. Le GIEC prévoit que les océans aspireront 2 à 4 fois plus chaleur d’ici 2100, dans un scénario optimiste. A cause de cette chaleur emmagasinée, nous ne pouvons plus revenir en arrière, quoi que nous fassions avec nos émissions ; le changement climatique est irréversible. Cela entraînera aussi des effets en cascade sur les écosystèmes dont dépend l’Homme, des récifs coralliens aux régions de montagne.

Avec ce rapport, c’est la quatrième fois que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les impacts du dérèglement climatique et pointent des pistes vers les façons d’y remédier ou au moins les limiter. Jusqu’à présent, les dirigeants mondiaux n’ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires. Comme le fait remarquer un membre du WWF, « avec ces faibles promesses des Etats, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à +1,5°C. » Les engagements internationaux actuels, s’ils étaient respectés, conduiraient à un monde à +3°C.

Source : France Antilles.

Enrochements à la Martinique (Photo: C. Grandpey)

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

La Martinique et le réchauffement climatique // Martinique and global warming

Comme j’ai pu m’en rendre compte au cours de plusieurs séjours à la Martinique, les Antilles n’échappent pas au réchauffement climatique. Certes, il n’y a pas de glaciers pour s’en rendre compte, mais  d’autres phénomènes montrent l’urgence de la situation.

Avec la hausse plus rapide que prévu des températures sur notre planète, de nombreux experts se demandent quel impact le réchauffement de la planète aura sur les îles. Leurs réponses restent, pour l’instant, imprécises. Seule certitude: les Antilles n’échapperont pas aux effets du réchauffement climatique. Le GIEC a établi que, du fait de leur exposition aux mers et océans, les  territoires de la Caraïbe insulaire et continentale font partie des zones les plus vulnérables. Selon les experts, différentes conséquences sont à prévoir. On observera une perte territoriale et une pression foncière plus importante, l’accentuation de l’érosion côtière, l’augmentation de l’intensité des cyclones, l’affaiblissement des protections naturelles des côtes (mangroves et coraux). Il y aura également une fragilisation des écosystèmes terrestres, déjà atteints par la déforestation, la raréfaction de l’eau, la perturbation des stocks halieutiques, la recrudescence des épizooties et maladies vectorielles…

Même s’il n’est pas facile de sensibiliser la population à la notion de réchauffement dans une région où les températures ne connaissent pas d’écarts importants au cours de l’année, les Antillais doivent savoir qu’ils n’y échapperont pas. En cumul, la hausse des températures en Martinique s’élève de 0,6 à 0,7°C depuis les années 1970 et de 1,3°C en un demi-siècle. Au Lamentin, par exemple, la température moyenne est passée de 25,5 à 27°C.  .

Le vrai débat qui divise la communauté scientifique porte sur l’activité des cyclones. Les scientifiques sont plutôt d’accord pour dire que le nombre de cyclones ne sera pas plus élevé. En revanche, ils estiment que ceux de demain pourraient être plus puissants, mais ce dernier point-là est encore très débattu. Il s’agit pourtant d’une question cruciale car, si c’est le cas, il faudra reculer les constructions du littoral, par exemple. En longeant la côté martiniquaise, au nord du Prêcheur  par exemple, on remarque les enrochements destinés à calmer les fureurs de l’océan. A l’endroit même de ces enrochements, des habitations avaient les pieds dans l’eau il y a quelques décennies, jusqu’au jour où des vagues puissantes provoquées par un cyclone les ont fait basculer dans les flots.

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As I realized during several stays in Martinique, the West Indies are not immune to global warming. While there are no glaciers to realize it, other phenomena show the urgency of the situation.

With the faster than expected rise in temperatures on our planet, many experts are wondering what impact global warming will have on the islands. Their answers remain, for the moment, uncertain. The only certainty is that the West Indies will not escape the effects of global warming. IPCC has established that, because of their exposure to the seas and oceans, the territories of the insular and continental Caribbean are among the most vulnerable areas. According to the experts, different consequences are to be expected. There will be greater territorial loss and land pressure, increased coastal erosion, increased intensity of cyclones, weakening of natural coastal protection (mangroves and corals). There will also be a weakening of terrestrial ecosystems, already affected by deforestation, the scarcity of water, the disruption of fish stocks, the upsurge of animal diseases and vector diseases …
Although it is not easy to raise the awareness of the notion of global warming in a region where temperatures do not change significantly during the year, the West Indians must know that they will not escape it. . In total, the rise in temperatures in Martinique has ranged from 0.6 to 0.7°C since the 1970s and 1.3°C in half a century. In Lamentin, for example, the average temperature have risen from 25.5 to 27°C. .
The real debate that divides the scientific community is about cyclone activity. Scientists tend to agree that the number of cyclones will not be higher. On the other hand, they think that those of tomorrow could be more powerful, but this last point is still very much debated. However, this is a crucial question because, if it is the case, it will be necessary to retreat the constructions of the coast, for example. In Martinique, north of Le Prêcheur for example, one can observe the stones intended to calm the fury of the ocean. At the exact site of these rip raps, houses had their feet in the water a few decades ago, until the day when powerful waves caused by a cyclone tipped them into the water.

Enrochements au nord du Prêcheur (Photos: C. Grandpey)

Des jours sombres pour la planète // Dark days for the planet

Selon la première ébauche d’un rapport des Nations Unies, les océans qui ont permis de nourrir l’espèce humaine à l’échelle de la planète vont la plonger dans la misère s’il n’y a pas de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport scientifique de 900 pages est le quatrième ouvrage de ce type publié par l’ONU en moins d’un an. Les autres tomes  se basaient sur un plafond de 1,5°C du réchauffement climatique, l’état de la biodiversité et la gestion des forêts et le système alimentaire mondial.
Les quatre tomes du rapport en arrivent à la conclusion que l’humanité doit repenser sa façon de produire et de consommer pour éviter les pires ravages du changement climatique et de la dégradation de l’environnement.
Les recommandations faites aux décideurs politiques seront publiées officiellement le 25 septembre 2019, donc trop tard pour être examinées par les principaux dirigeants qui se réunissent deux jours plus tôt dans le cadre d’un sommet convoqué par le Secrétaire général de l’ONU pour obtenir des engagements plus fermes face à la crise climatique.
Les quatre grands pays (Chine, États-Unis, Union Européenne et Inde), qui représentent près de 60% des émissions mondiales des combustibles fossiles, subissent tous des effets dévastateurs sur les océans et les glaces, mais aucun ne semble prêt à annoncer davantage des objectifs ambitieux pour éliminer le carbone de leurs économies. Donald Trump veut que les États-Unis quittent l’Accord de Paris et s’est toujours efforcé de réduire à néant les mesures climatiques prises par Barack Obama. L’Inde fait de gros efforts pour développer rapidement l’énergie solaire, mais continue d’accroître sa production de charbon. L’Union Européenne se rapproche de l’objectif «zéro net» prévu pour le milieu du siècle, mais plusieurs États membres traînent les pieds. La Chine, qui émet presque autant de CO2 que les États-Unis, l’Union Européenne et l’Inde réunis, envoie également des signaux contradictoires.
Pourtant, toutes ces nations font face à de nombreuses menaces décrites dans le rapport du GIEC.
Shanghai et une demi-douzaine de grandes villes côtières chinoises sont fortement exposées à la future élévation du niveau de la mer qui devrait augmenter d’un mètre d’ici 2100 par rapport au filigrane mondial de la fin du 20ème siècle, si les émissions de CO2 continuent de progresser. Mumbai et d’autres villes indiennes côtières sont également en danger. Même aux États-Unis, New York, Miami et d’autres villes sont sous la menace de l’océan. Selon la conclusion du rapport de l’ONU, d’ici à 2050, de nombreuses mégalopoles proches du niveau de la mer et de petits pays insulaires connaîtront des « événements extrêmes » chaque année, même dans les scénarios de réduction des émissions des gaz à effet de serre les plus optimistes. Même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius, la surface des océans dans le monde s’élèvera suffisamment pour déplacer plus de 250 millions de personnes d’ici 2100.
La température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1°C depuis la fin du 19ème siècle et, au train où vont les choses, elle est en passe d’augmenter de deux ou trois degrés d’ici la fin du siècle. Pour mémoire, l’Accord de Paris prévoyait de limiter le réchauffement climatique à « bien en dessous de » 2°C.
Selon le rapport de l’ONU, l’élévation du niveau de la mer va s’accélérer rapidement au 22èmesiècle et « pourrait dépasser plusieurs centimètres par an », environ 100 fois plus qu’aujourd’hui.
Les océans non seulement absorbent un quart du CO2 que nous émettons, mais ils absorbent aussi plus de 90% de la chaleur supplémentaire générée par les émissions de gaz à effet de serre depuis 1970. Sans cette éponge marine, le réchauffement climatique aurait déjà rendu la surface de la Terre intolérablement chaude pour notre espèce. D’autre part, l’acidification perturbe la chaîne alimentaire de base de l’océan et les vagues de chaleur en mer, qui sont devenues deux fois plus fréquentes depuis les années 1980, créent de vastes zones mortes dépourvues d’oxygène.

Source : Nations Unies.

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According to a draft UN report, the same oceans that nourished human evolution are poised to unleash misery on a global scale if nothing is done to reduce the emissions of greenhouse gases. The 900-page scientific assessment is the fourth such tome from the UN in less than a year, with others focused on a 1.5-Celsius cap on global warming, the state of biodiversity, and how to manage forests and the global food system.

All four tomes of the report conclude that humanity must overhaul the way it produces and consumes almost everything to avoid the worst ravages of climate change and environmental degradation.

The final advice to policymakers will be released on September 25th, 2019, too late to be considered by world leaders gathering two days earlier for a summit convened by UN Secretary-General to extract stronger national commitments in confronting the climate crisis.

The Big Four (China, the United States, the European Union and India), accounting for nearly 60 percent of global fossil fuel-based emissions, all face devastating ocean- and ice-related impacts, but none seem prepared just yet to announce more ambitious goals for purging carbon from their economies. Donald Trump wants the US to exit the Paris Agreement and has taken a chainsaw to predecessor Barack Obama’s climate policies. India is rapidly developing solar power, but continues to build up coal-fired capacity at the same time. The European Union is inching toward a mid-century « net zero » emissions goal, but several member states are dragging their feet. China, which emits nearly as much CO2 as the US, EU and India combined, is also sending mixed signals.

Yet, all of these nations face many of the threats outlined in the IPCC report.

Shanghai and another half-dozen major coastal cities in China are highly vulnerable to future sea level rise, which is projected to add a metre by 2100 compared to the late 20th century global watermark, if CO2 emissions continue unabated. Mumbai and other coastal Indian cities are in harm’s way as well. Even in the United States, New York, Miami and other exposed cities are under the threat of the ocean. According to the UN report’s conclusion, by 2050, many low-lying megacities and small island nations will experience « extreme sea level events » every year, even under the most optimistic emissions reduction scenarios. Even if the world manages to cap global warming at two degrees Celsius, the global ocean waterline will rise enough to displace more than a quarter of a billion people as soon as 2100.

Earth’s average surface temperature has gone up 1°C since the late 19th century, and is on track – at current rates of CO2 emissions – to warm another two or three degrees by century’s end. The Paris Agreement called for capping global warming at « well below » 2°C.

Sea level rise will accelerate rapidly moving into the 22nd century, and « could exceed rates of several centimetres per year, » about 100 times more than today, according to the report.

Oceans not only absorb a quarter of the CO2 we emit, they have also soaked up more than 90 percent of the additional heat generated by greenhouse gas emissions since 1970. Without this marine sponge, in other words, global warming would already have made Earth’s surface intolerably hot for our species. On the other hand, acidification is disrupting the ocean’s basic food chain, and marine heatwaves, which have become twice as frequent since the 1980s and which are creating vast oxygen-depleted dead zones.

Source: United Nations.

Lorsque la hausse des températures atteindra 4°C, Shangai sera sous les eaux (Source: Climate Central)

Jakarta ne sera plus la capitale de l’Indonésie // Jakarta will no longer be Indonesia’s capital

Avec le réchauffement climatique, la fonte de la banquise et des glaciers, on sait que le niveau des océans va s’élever dans les prochaines années. De nombreuses zones littorales vont être menacée par la montée des eaux, ce qui va inévitablement entraîner des migrations de populations. J’ai déjà attiré à plusieurs reprises l’attention sur la situation en Alaska où des villages côtiers ont subi les assauts des vagues et ont dû être déplacés.

En Indonésie, Jakarta est menacée par une montée des eaux et ne sera bientôt plus la capitale politique de l’Indonésie. Le président Joko Widodo a annoncé le 26 août 2019 que celle-ci sera transférée vers un site de l’est de l’île de Bornéo. Bornéo est la 4ème plus grande île du monde (743 330 km2) ; elle est partagée entre 3 pays : la Malaisie, le Sultanat de Brunei et l’Indonésie. Avec 73% de l’île, la partie indonésienne, appelée Kalimantan, en occupe la majeure. Le site proposé, entre les villes de Balikpapan et Samarinda, est situé dans une région de forêt tropicale dotée d’une grande biodiversité. Le site a été d’abord choisi parce qu’il présente un risque faible de désastre naturel, que ce soit au niveau des inondations, séismes, tsunamis ou éruptions volcaniques, bien qu’une vaste partie de l’archipel indonésien soit située sur la Ceinture de Feu du Pacifique. Le président a précisé que le nouveau site a aussi été choisi « parce que sa localisation est stratégique, au centre de l’Indonésie.

Construite sur le site de l’ancienne capitale Batavia établie par les colons hollandais il y a près de 500 ans, Jakarta s’enfonce sous les eaux. Au rythme actuel, un tiers de la ville pourrait se retrouver sous la mer d’ici 2050. L’actuelle capitale, qui compte quelque 10 millions d’habitants et sa conurbation 30 millions, est certes sous la menace de la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique, mais elle est aussi fragilisée par une mauvaise planification urbaine. Une bonne partie des habitants n’a pas de réseau d’adduction d’eau et puise dans les nappes phréatiques, ce qui entraîne l’affaissement de quartiers entiers. 18,8% de la ville étaient submergés en 2012, 26,9% le seront en 2025 et 35,6% en 2050

Le transfert de la capitale à Bornéo devrait permettre de rééquilibrer le développement de l’archipel où le poids de l’île de Java est actuellement prééminent avec plus de la moitié des 260 millions d’habitants du pays et près de 60 % de l’activité économique.

Le gouvernement va élaborer une loi qui sera proposée au Parlement pour acter le changement de capitale. Le coût du transfert a été estimé à quelque 33 milliards de dollars. Après une phase de préparation en 2020, le déménagement des institutions gouvernementales devrait commencer en 2024.

Le déplacement de la capitale à Kalimantan ne fait pas l’unanimité. En effet, l’île de Bornéo abrite une forêt primaire avec de nombreuses espèces endémiques. C’est notamment l’un des habitats des orangs-outans. Les écologistes s’inquiètent déjà du risque que fait peser le projet pour les espèces menacées. La région a aussi été récemment ravagée par des feux de forêt qui ont provoqué de gigantesques nuages de fumée. De plus le transfert de la capitale nerésoudra pas forcément les problèmes que rencontre actuellement Jakarta, comme les inondations, les embouteillages et l’urbanisation incontrôlée.

La future capitale n’a pas encore été baptisée officiellement.

Source : Presse internationale.

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With global warming, the melting of the ice sheet and glaciers, we know that the level of the oceans will rise in the coming years. Many coastal areas will be threatened by the rising waters, which will inevitably lead to population migrations. I have already drawn attention several times to the situation in Alaska where coastal villages have been hit by waves and have had to be displaced.

In Indonesia, Jakarta is threatened with rising waters and will soon no longer be the political capital of Indonesia. President Joko Widodo announced on August 26th, 2019 that it will be transferred to a site on the east of the island of Borneo. Borneo is the 4th largest island in the world (743,330 km2); it is shared between 3 countries: Malaysia, the Sultanate of Brunei and Indonesia. With 73% of the island, the Indonesian part, called Kalimantan, occupies most of it. The proposed site, between the towns of Balikpapan and Samarinda, is located in a rainforest area with high biodiversity. The site was initially selected because of low risk of natural disaster, whether flood, earthquake, tsunami or volcanic eruption, although a large part of the Indonesian archipelago is located on the Pacific Ring of Fire. The president said the new site was also chosen « because of its strategic location in central Indonesia.  »

Built on the site of the former capital Batavia established by Dutch settlers nearly 500 years ago, Jakarta sinks underwater. At the current rate, a third of the city could be under the sea by 2050. The current capital, which has some 10 million inhabitants and its conurbation 30 million, is certainly under the threat of rising water caused by global warming, but is also weakened by poor urban planning. A large part of the population does not have a water supply network and draws on groundwater, which leads to the collapse of entire neighborhoods. 18.8% of the city were submerged in 2012, 26.9% will be flooded in 2025 and 35.6% in 2050

The transfer of the capital to Borneo should allow to rebalance the development of the archipelago where the weight of the island of Java is currently preeminent with more than half of the 260 million inhabitants of the country and nearly 60% of the economic activity.

The government will draft a law that will be proposed to Parliament to make official the change of capital. The cost of the transfer has been estimated at about 33 billion dollars. After a preparatory phase in 2020, the move of government institutions is expected to begin in 2024.

The displacement of the capital to Kalimantan is not approved by all. Indeed, the island of Borneo is home to a primary forest with many endemic species. This is one of the habitats of orangutans. Environmentalists are already worried about the risk posed by the project for endangered species. The area has also recently been ravaged by forest fires that have generated huge clouds of smoke. In addition, the transfer of the capital will not necessarily solve the problems currently facing Jakarta, such as floods, traffic jams and uncontrolled urbanization.
The future capital has not yet been officially baptized.
Source: International press.

Illustration du transfert de Jakarta vers Kalimantan (Source ; The Jakarta Post)