Venise (suite): Les doutes sur la capacité du projet MOSE à protéger la ville

Au fil des siècles, Venise s’est toujours adaptée aux phénomènes naturels auxquels elle a été exposée, en commençant par l’élévation du niveau de la lagune sur laquelle elle a été construite il y a plus de mille ans, mais aujourd’hui son adaptabilité est mise à rude épreuve et il n’est pas du tout certain que le projet MOSE suffira pour faire face au changement climatique actuel. C’est le point de vue d’un professeur vénitien d’économie de l’environnement et spécialiste en science et gestion du changement climatique. Il rappelle que « les événements extrêmes sont de plus en plus fréquents. La situation de ces derniers jours à Venise est semblable à celle provoquée en 2018 par la tempête Vaia qui a frappé l’Italie fin octobre, avec de graves dégâts en Vénétie. Venise a subi de fortes précipitations associées à un fort sirocco. Sur une période de mille ans, un phénomène comme celui-ci s’est produit plusieurs fois, mais le fait qu’il survienne deux années de suite est significatif « .
Au cours des dernières décennies, le niveau de l’eau a augmenté en moyenne de 5,6 millimètres par an. Au phénomène mondial d’élévation du niveau de la mer s’ajoutent à Venise les phénomènes naturels qui ne concernent que son lagon et d’autres facteurs provoqués par l’action humaine, tels que l’encrassement des canaux et l’exploitation de la nappe phréatique. La ville s’est toujours adaptée à ces changements, mais son adaptabilité a une limite ; elle ne peut plus désormais suivre l’accélération des phénomènes ».
Les travaux pour la réalisation du MOSE, Module électromécanique expérimental ont débuté en 2003 sous le gouvernement Berlusconi. Il s’agit d’un système de cloisons qui sépare la lagune de Venise de la Mer Adriatique et qui est censé empêcher les hautes eaux d’atteindre la ville. Il s’agit d’un ouvrage dont le coût atteint quelque 7 milliards d’euros. Il n’est pas encore terminé et beaucoup de spécialistes pensent qu’il sera inadapté à la gestion des grandes marées. En particulier, il ne tient pas suffisamment compte du facteur vent, celui qui a récemment accru l’effet du phénomène. De plus, les travaux effectués pour la construction du MOSE ont à leur tour provoqué un changement sur les marées affectant le Lido: elles sont maintenant plus rapides, l’eau monte plus vite et les courants sont plus forts.

De plus, beaucoup de Vénitiens ont une dent contre le projet MOSE parce qu’il a drainé la plupart des fonds qui servent normalement à nettoyer les canaux et à faire tout ce qui est nécessaire pour que la ville soit prête à affronter l’acqua alta. Depuis une vingtaine d’années, on ne procède plus à l’entretien des canaux qui était financé par les fonds octroyés par la loi spéciale promulguée juste après la crue de novembre 1966.

Source : Presse italienne.

Vue du système MOSE à Bad-Ems en Allemagne (Source: Wikipedia)

Hausse des océans : un constat de plus en plus alarmant // Rising oceans : an increasingly alarming situation

Ce qui se passe actuellement en Californie – feux de forêt, évacuations à grande échelle – devrait nous alerter sur l’urgence de la crise climatique. Cependant, les incendies en Californie ne sont qu’un aspect des conséquences du réchauffement planétaire.
Une étude publiée fin octobre 2019 dans Nature Communications s’attarde sur le hausse des océans et corrige des erreurs de données dans les calculs concernant le nombre de personnes menacées. Les résultats sont terrifiants.
Selon les dernières analyses, trois fois plus de personnes risquent d’être confrontées à la montée des eaux. À l’heure actuelle, 150 millions de personnes vivent sur des terres qui seront recouvertes par la mer d’ici 2050. Il s’agit du scénario le plus optimiste dans lequel le réchauffement climatique est maintenu à 2 degrés Celsius, ce qui semble tout à fait improbable dans un proche avenir. Dans un scénario plus pessimiste, le nombre de personnes en difficulté s’élève à 300 millions d’ici 2050. Cela équivaut à peu près à la population des Etats-Unis !
L’étude révèle qu’environ 70% des personnes actuellement à risque vivent dans huit pays asiatiques: Chine, Bangladesh, Inde, Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Philippines et Japon. Dès 2050, la majeure partie du sud du Vietnam, soit 20 millions de personnes, pourrait disparaître sous les eaux. En Thaïlande, 10% de la population vit sur des terres qui seront inondées, contre 1% à présent. De grandes parties de Bangkok et de Mumbai, deux centres de la finance en Asie, où vivent des dizaines de millions de personnes, risquent d’être inondées au cours des prochaines décennies.
Cette révision des chiffres concernant le risque d’élévation du niveau de la mer est due à une évolution des variables utilisées. Jusqu’à maintenant, le calcul s’effectuait en grande partie en fonction de deux variables: 1) la rapidité d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre; 2) la réaction de la banquise au réchauffement climatique, en particulier en Antarctique occidental.
Le problème est qu’une variable a été négligée: l’élévation réelle des terres le long de la côte, ainsi que le nombre de personnes qui y vivent. En effet, ce qu’il faut prendre en compte, ce n’est pas seulement la hauteur de l’eau, mais aussi la hauteur de la terre où l’eau monte. Un mètre d’élévation du niveau de la mer dans le sud de la Floride, qui est une région basse, plate et densément peuplée, aura un impact bien plus grand qu’une élévation identique le long de la côte haute, rocheuse et peu peuplée de l’Oregon ou du Maine.
Aux États-Unis, en Europe et en Australie, les erreurs de mesure de l’élévation côtière ont été corrigées au moyen du LIDAR (télédétection par laser), qui est très précis. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de données LIDAR disponibles pour l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, d’où la difficulté pour les scientifiques de calculer avec précision les risques d’élévation du niveau de la mer dans ces régions.

Deux informaticiens du Climate Central ont trouvé un moyen d’utiliser l’intelligence artificielle pour imiter le LIDAR. Lorsqu’ils ont re-analysé les données fournies précédemment par la navette spatiale à l’aide de leur modèle basé sur l’intelligence artificielle (et connu sous le nom de CoastalDEM), les résultats ont été étonnants, et pas dans le bon sens.
Par exemple, l’analyse précédente du risque d’inondation avec les données de la navette spatiale a révélé que 95 millions de personnes vivraient en dessous de le ligne moyenne de marée en 2100. Avec la nouvelle analyse, avec le scénario le plus optimiste des émissions de gaz à effet de serre et avec des calottes glaciaires relativement stables, 190 millions de personnes vivraient sous le niveau des eaux.
L’étude n’apporte pas que des mauvaises nouvelles. Les deux informaticiens ont constaté que 110 millions de personnes vivent déjà dans des zones potentiellement recouvertes par la mer, avec la protection de digues. Cela laisse un peu d’espoir quant à la capacité d’adaptation de ces populations, même si ces digues ne seront probablement pas suffisantes pour contrer l’accélération de l’élévation du niveau de la mer dans les années à venir.
L’élévation du niveau de la mer a déjà eu des conséquences spectaculaires. Le meilleur exemple est celui de l’Indonésie, où Jakarta, la capitale, va être transférée sur les hauteurs de Bornéo.
Comme la plupart des approches climatiques basées sur des données, l’étude oublie l’élément humain. Elle ne parle pas des nouvelles défenses, telles que les remparts ou les digues, qui pourraient être construites pour se protéger contre la montée des eaux. L’étude ne dit pas non plus comment les gens pourraient s’adapter d’une autre manière, avec des canaux comme à Venise, ou des structures flottantes. Elle ne prend pas non plus en compte les facteurs politiques et économiques, tels que la rapidité avec laquelle la valeur des biens immobiliers chutera au fur et à mesure qu’augmentera le risque d’inondation, avec un impact sur les recettes fiscales et les gouvernements locaux. Plus important encore, on ignore combien de millions de personnes seront déplacées et où elles iront…
Source: Nature Communications, médias américains.

L’étude publiée dans Nature communications révèle qu’une grande partie du littoral atlantique est concernée. On le sait déjà, mais l’État français n’a pas encore mis les moyens pour y faire face.

L’exemple le plus frappant de la montée de l’Océan Atlantique se trouve à Soulac-sur-Mer (Gironde) où un immeuble de quatre étages – Le Signal – a été  construit sur le front de mer et s’est trouvé menacé par l’avancée des eaux. Il y a six ans, il a fallu évacuer les 78 appartements, sans indemnisation sérieuse pour les propriétaires. Le Conseil d’État a rappelé que l’érosion des dunes ne donne pas droit au fond de prévention des risques naturels. Les propriétaires ont dû batailler pendant plus de quatre ans pour espérer bientôt obtenir un dédommagement.

Un peu plus au sud, à Lacanau, des enrochements ont été installés pour protéger la côte sableuse contre les assauts de l’océan. Ces protections de fortune pourront-elles résister longtemps aux vagues au moment des tempêtes lors de hautes marées ? Pas si sûr…

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What’s happening in California right now — wildfires, mass evacuations — should alert everyone about the urgency of the climate crisis. However, the flames in California are just one aspect of the consequences of global warming.

A study published in late October 2019 in Nature Communications corrects what was essentially a data error in previous calculations about how many people are at risk from rising seas. The results are frightening.

According to the new analysis, roughly three times as many people are at risk from being inundated by rising seas than previously reported. 150 million people are now living on land that will be below high tide by 2050. And this is a hopeful scenario, where warming is held to 2 degrees Celsius, which looks quite unlikely in the near future. In a more pessimistic scenario, the numbers double to 300 million people flooded out by 2050. That is roughly equivalent to the entire population of the United States going underwater in the next three decades !

The study finds that about 70 percent of the people currently at risk are in eight Asian countries: China, Bangladesh, India, Vietnam, Indonesia, Thailand, the Philippines, and Japan. As early as 2050, most of Southern Vietnam could disappear at high tide, putting 20 million people underwater. In Thailand, 10 percent of the population lives on land that will be flooded, compared to one percent now. Large parts of Bangkok and Mumbai, both financial centres in Asia and home to tens of millions of people, are at risk of being inundated in coming decades.

This major revision in our understanding of the risk of sea level rise is due to an evolution in the variables used until now to calculate the risk of sea level rise. Up to now, the calculation largely depended on two variables: 1) how fast carbon emissions will continue to rise ; 2) how sensitive the ice sheets are to that warming, especially West Antarctica.

The problem is that one variable was largely overlooked: the actual elevation of land along the coast, as well as how many people live there. Indeed, what matters is not just how high the water rises, but how high the land is where the water rises. One metre of sea level rise in South Florida, which is low and flat and densely populated, will have a much greater impact than one metre of sea level rise along the high, rocky, sparsely-inhabited coast of Oregon or Maine.

In the U.S., Europe, and Australia, problems with coastal elevation measurements were corrected with LIDAR (Light Detection and Ranging) which is very precise. But there was no publicly available LIDAR data for Asia, Africa, and the Middle East, making it difficult for scientists to accurately calculate risks of sea level rise in those regions.

Two computer scientists at Climate Central figured out a way to use artificial intelligence to mimic the work of LIDAR. When they re-analyzed the previous space shuttle data with the new AI model (known as CoastalDEM), the results were astonishing, and not in a good way.

For example, the previous analysis of flood risk using the space shuttle data found that 95 million people will be living below mean high water line in 2100. In the new analysis, even with a low emissions scenario and fairly stable ice sheets, 190 million people will be living below the water line.

The study is not all bad news. On the upside, the two computer scientists found that 110 million people already live in areas below high tide, mostly behind seawalls and other barriers, which gives me some hope about people’s ability to adapt, although those barriers and sea walls are unlikely to be sufficient as sea level rise accelerates in the coming years.

Sea level rise already had dramatic consequences. The best example tody is Indonesia where Jakarta, the capital, will be moved to higher ground in Borneo

Like most data-driven climate science, the study leaves out the human element. It does not consider what kind of new defenses might be built to protect against rising seas – walls, barriers, dikes. Or how people might adapt in other ways, with Venice-like canals or floating structures. Nor does it consider political and economic factors, such as how fast property values will fall as the risk of flooding rises and how that will impact tax revenues and local governments. Or, most importantly, how many millions of people will be displaced, and where they will go…

Source: Nature Communications, U.S. News media.

The study published in Nature Communications reveals that a large part of the Atlantic coastline is concerned. We already know that, but in France the State has not yet found the means to deal with it.
The most striking example of the rise of the Atlantic Ocean is located in Soulac-sur-Mer (Gironde) where a four-storey building – Le Signal – was built on the seafront and was threatened by the advancing waters. Six years ago, it was necessary to evacuate the 78 apartments, without serious compensation for the owners. The Council of State reminds that the erosion of the dunes does not give right to the fund of prevention of the natural risks. The owners had to fight for more than four years to hope soon to get the money.
A little further south, in Lacanau, rip raps were installed to protect the sandy coast from the powert of the ocean. Will these protections be able to withstand huge waves during high tide storms ? Not so sure…

Vue de l’immeuble « Le Signal » à Soulac-sur-Mer (Photo: C. Grandpey)

Enrochements à Lacanau (Photo: C. Grandpey)

La ligne de rochers n’a pas suffi pour endiguer les assauts de la mer (Photo: C. Grandpey)

Le changement climatique va coûter des milliards de dollars à Hawaii // Climate change will cost Hawaii billions of dollars

Alors que l’économie de la Grande Ile d’Hawaii a bien du mal à se remettre de la dernière éruption du Kilauea, le chapitre du volume II du Quatrième Rapport sur le Climat aux États-Unis, publié le 23 novembre 2018, détaille les impacts du changement climatique sur Hawaii et les Îles du Pacifique.
Parmi les principales conclusions du Rapport, on note la pénurie d’eau douce, les infrastructures côtières endommagées ou détruites, la mort des récifs coralliens et une pression accrue sur la biodiversité et les espèces indigènes.
Ne serait-ce qu’à Hawaii, la valeur de toutes les structures et de toutes les terres qui risquent d’être inondées d’ici 2100 s’élève à plus de 19 milliards de dollars.
Le Rapport montre clairement que le changement climatique arrive beaucoup plus tôt que prévu et constitue une menace plus grave qu’on ne le pensait auparavant. À Oahu, par exemple, il y a déjà des routes fermées pendant les heures de pointe du matin en raison d’inondations, et avec l’élévation du niveau de la mer, les gens seront de plus en plus souvent. Confrontés à cette situation.  A proximité d’Hawaii, les atolls devront bientôt faire face aux défis de la durabilité.
Les principaux assureurs de la planète ont récemment déclaré que le changement climatique allait créer un monde quine pourrait plus être assuré. Ils ont déclaré que «ce n’est qu’en agissant dès maintenant que nous pourrons espérer gérer efficacement ces risques». Selon le Rapport national sur le climat, une action rapide visant à atténuer les effets du changement climatique peut réduire les coûts économiques, environnementaux, sociaux et culturels et empêchera que les gens soient contraints d’abandonner leurs terres et leurs ressources, avec des risques de conflits.
Le chapitre consacré à Hawaii et aux îles du Pacifique affiliées aux États-Unis expose les changements déjà ressentis dans les îles, ainsi que les perspectives pour l’avenir.
Les principales conclusions du rapport expliquent que:
– les réserves d’eau sont menacées.
– l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée et endommage maintenant les infrastructures essentielles.
– L’augmentation de la température de l’océan et son acidification menacent les pêcheries, les récifs coralliens et les entreprises qui en dépendent.
– Ces changements mettent en péril la santé et le bien-être des peuples autochtones.
– Le changement climatique réduit la capacité des habitats à venir en aide aux espèces végétales et animales protégées.
Source: Big Island Now.

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While Hawaii Big Island is finding hard to recover from the economic impact of Kilauea’s last eruption, the chapter of the Volume II of the Fourth official U.S. National Climate Assessment, released on November 23rd, 2018, details the impacts of climate change on Hawaii and the Pacific Islands.

Among the major concerns, the report insists on strained freshwater supplies, damaged and compromised coastal infrastructure, coral reef death and greater stresses on native biodiversity and species.

In Hawaii alone, the value of all structures and land expected to be flooded by 2100 amounts to more than $19 billion.

The report clearly shows that climate change has arrived far sooner and as a greater threat than was previously thought. On Oahu, for instance, there are already road closures during morning rush hour because of flooding, and with sea level rise people will see this more and more often. The neighbours of Hawaii on atolls will very soon have to face sustainability challenges.

The world’s largest insurers recently stated that climate change is creating an ‘uninsurable’ world. They said that “only by acting now can we hope to effectively manage these risks.” The National Climate Assessment finds that early action to address the impacts of climate change can lower economic, environmental, social, and cultural costs, and could help to prevent conflict or displacement from lands and resources.

The chapter on Hawaii and the U.S.-affiliated Pacific Islands lays out the changes already being felt in the islands, as well as what lies ahead.

Top findings include:

Dependable and safe water supplies are threatened.

Sea level rise has accelerated and is now damaging critical infrastructure.
Increasing ocean temperatures and acidification threaten fisheries, coral reefs and the livelihoods they support.

These changes imperil indigenous peoples’ health and well-being.

Climate change reduces the ability of habitats to support protected plant and animal species.

Source: Big Island Now.

Graphique illustrant le chapitre du Rapport consacré à Hawaii et aux autres îles du Pacifique

Un avenir climatique inquiétant // A disturbing climate future

Comme viennent de le montrer les derniers rapports sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, les gouvernements auront bien du mal à respecter les conclusions de la COP 21. Il est fort à parier que les températures vont continuer à grimper dans les prochaines années, avec toutes les conséquences que cela suppose. Les scientifiques nous auront prévenus mais, comme le disait fort justement Nicolas Hulot, tout le monde s’en fiche. Pourtant, l’addition risque d’être salée.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le lundi 19 novembre 2018, les catastrophes climatiques (inondations, pluies torrentielles ou encore montée des eaux)  ne vont pas seulement augmenter dans le futur, mais qu’elles risquent de frapper simultanément au même endroit.

La Californie brûle, connaît une période d’intense sécheresse et de fortes chaleurs. Ce cumul d’événements climatiques extrêmes qui frappent l’État américain constitue encore un phénomène rare. Selon la dernière étude, au rythme actuel du réchauffement climatique, ces événements destructeurs concomitants sont appelés à se multiplier et à toucher un nombre croissant de personnes.

Une équipe pluridisciplinaire de scientifiques a établi que la moitié de la population mondiale risquait de subir entre trois et six catastrophes climatiques majeures en même temps en 2100, si rien n’est fait pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre. L’étude retient dix aléas climatiques – sécheresse, précipitations intenses, incendies, montée du niveau des eaux, entre autres – dont la science peut prévoir avec une relative assurance l’évolution d’ici la fin du siècle. Les chercheurs présentent des exemples très concrets. Dans un monde où la pollution continuerait au rythme actuel, la région de New York risquerait de souffrir, en même temps, des effets de la montée des eaux, de pluies intenses, d’ouragans ainsi que de sécheresse. L’Ile-de-France serait frappée de sécheresse, de manque d’eau potable et de canicule.

Les zones qui risquent de payer le tribut le plus lourd à la multiplication d’événements climatiques extrêmes en série sont les régions côtières et tropicales. Ce sont aussi elles qui connaissent les hausses de populations parmi les plus importantes au monde.

L’originalité de ce travail scientifique réside dans le fait qu’il met en lumière l’exposition de chaque région à des risques climatiques croisés, alors que les études scientifiques se concentraient généralement jusqu’à présent sur un seul phénomène. Les autorités se préparaient à une éventuelle catastrophe en regardant ce qui s’est déjà passé, mais l’étude démontre que le réchauffement climatique doit pousser les responsables à anticiper également de nouveaux scénarios climatiques dans lesquels leur région serait frappée par plusieurs catastrophes simultanées.

Source : Nature Climate Change.

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As the latest reports on CO2 concentrations in the atmosphere have just shown, governments will have a hard time complying with the conclusions of COP 21. It is likely that temperatures will continue to rise in the coming years, with all the consequences that implies. Scientists have warned us but, as Nicolas Hulot quite rightly said, everyone does not care. However, the consequences will be severe.
According to a new study published in the journal Nature Climate Change on Monday, November 19th, 2018, climate disasters (floods, torrential rains or rising water) will not only increase in the future, but they may hit simultaneously in the same place.
California is burning, experiencing a period of intense drought and heat. This accumulation of extreme weather events that hit the State is still a rare phenomenon. According to the latest study, at the current rate of global warming, these concomitant destructive events are expected to multiply and reach an increasing number of people.
A multidisciplinary team of scientists has established that half of the world’s population is likely to experience between three and six major climate disasters at the same time in 2100, if nothing is done to slow down greenhouse gas emissions. The study retains ten climatic hazards – drought, intense rainfall, wildfires, rising water levels, among others – whose evolution science can predict with relative assurance until the end of the century. The researchers present very concrete examples. In a world where pollution continues at the current rate, the New York region could suffer the effects of rising water levels, intense rains, hurricanes and drought at the same time. The Ile-de-France (Paris area) would be hit by drought, lack of drinking water and heatwaves.
The areas that are likely to pay the heaviest toll for the proliferation of extreme climate events in series are coastal and tropical regions. They are also the ones experiencing some of the largest population increases in the world.
The originality of this scientific work lies in the fact that it highlights the exposure of each region to cross-climatic risks, whereas scientific studies have so far focused on a single phenomenon. The authorities were preparing for one possible disaster by looking at what had already happened, but the study shows that global warming must push authorities to also anticipate new climate scenarios in which their region would be hit by several simultaneous disasters.
Source: Nature Climate Change.

Graphique montrant l’évolution des émissions de CO2 depuis l’an 2000. Il faut faire la distinction entre les émissions qui représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, et la concentration qui indique ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans. (Source : Faith Birol/AIE.- global-climat)

Assurances et catastrophes naturelles aux Etats Unis // Insurance and natural disasters in the U.S.

Lorsque 700 maisons ont brûlé pendant l’éruption du Kilauea à Hawaï, j’ai indiqué que leurs propriétaires étaient confrontés à de sérieux problèmes avec les compagnies d’assurance qui refusaient de prendre en compte les dégâts causés par la lave. Les victimes de l’ouragan Florence dans les Carolines du Nord et du Sud doivent faire face à une situation similaire.
Un article publié sur le site internet MarketWatch explique que «la plupart des propriétaires dont les biens ont subi les pluies torrentielles de l’ouragan Florence auraient été mieux lotis si leur maison avait été détruite par un incendie ou une éruption volcanique, du moins du point de vue des assurances.» En effet, les dégâts causés par les inondations ne sont pas couverts par les polices d’assurance habitation classiques. Seuls les propriétaires ayant souscrit une assurance spéciale contre les inondations seront indemnisés si l’eau de l’ouragan Florence a endommagé leur maison. Force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans ce cas.
C’est un cas de figure qui se répète quand les ouragans et les pluies qui les accompagnent provoquent des inondations. Lorsque l’ouragan Irma a frappé la Floride l’année dernière, seulement 14% des 3,3 millions de ménages dans les zones touchées par la catastrophe avaient une assurance contre les inondations. Dans certains cas, la couverture dépend de la manière dont les dégâts ont été causés. Dans le cas d’un ouragan, si des vents violents causent des dégâts à la toiture et entraînent une accumulation d’eau importante dans la maison, l’assurance couvrira probablement ces dégâts. En revanche, si une rivière à proximité déborde à cause des fortes pluies, les dégâts causés aux habitations ne seront couverts que si les propriétaires ont souscrit une assurance contre les inondations.
Lors d’éruptions volcaniques, les dégâts causés par les coulées de lave ou les incendies qui en résultent sont couverts par la politique habituelle des propriétaires. [Note personnelle: Ceci n’est que partiellement vrai. Comme je l’ai déjà signalé, l’assurance interviendra seulement si la lave a causé un incendie et si les fondations de la maison sont encore visibles après l’incendie. Si la lave a recouvert les fondations, l’assurance ne fonctionnera pas.]
Il convient de noter que si l’éruption provoque une activité sismique, les propriétaires ne seront pas indemnisés, à moins d’avoir souscrit une politique sismique distincte.
La prime annuelle moyenne pour une police d’assurance dans le cadre du programme national contre les inondations s’élevait à  878 dollars en avril 2017. Toutefois, les primes d’assurance contre les inondations peuvent facilement coûter des milliers de dollars dans les régions où le risque d’inondation est le plus élevé.
Certaines catastrophes naturelles sont toujours couvertes par l’assurance des propriétaires, comme les incendies de forêt, les tornades et les dégâts causés par la grêle. D’autres catastrophes naturelles ne sont jamais ou rarement couvertes par une police d’assurance classique. Elles se répartissent généralement en deux catégories: les inondations et les «événements terrestres». La première catégorie comprend les catastrophes causées par la montée des eaux, les inondations causées par les pluies abondantes et la montée des eaux provoquée par les ouragans, les ruptures de barrages et les tsunamis. Les «événements terrestres» incluent les catastrophes telles que les tremblements de terre, les glissements et effondrements de terrain.
Malheureusement, de nombreux Américains ne savent pas que ces catastrophes ne sont pas couvertes par la politique d’assurance classique. Les propriétaires doivent souscrire une police distincte ou un avenant à leur police d’assurance habitation auprès d’un assureur privé pour être assurés contre un séisme. En Californie, les habitants ont également la possibilité d’acheter une telle assurance auprès de la California Earthquake Authority. Une amie qui habite sur la côte ouest de la Grande Ile d’Hawaii refuse d’acheter une telle assurance contre les séismes car elle est trop coûteuse. Elle croise les doigts…
Comme je l’ai indiqué à propos des victimes de la lave à Hawaï, si les propriétaires n’ont pas souscrit un contrat d’assurance particulier et sont ensuite victimes d’une catastrophe naturelle, ils peuvent demander une compensation auprès de la Federal Emergency Management Agency ou solliciter un prêt auprès de la Small Business Administration. Bien entendu, cet argent ne compensera pas le montant total des pertes. Il s’agit juste d’une aide.
Source: MarketWatch.

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When 700 houses or so burnt during the Kilauea eruption in Hawaii, I indicated that their owners had to face great difficulties with insurers who refuse to take into account the damage caused bt lava. The victims of Hurricane Florence in the Carolinas are confronted with a similar situation.

An article published on the website MarketWatch explains that “most homeowners whose properties were in the path of Hurricane Florence’s torrential rains would have been better off if their home had been hit by a wildfire or volcanic eruption, at least from an insurance perspective.” It is because damage caused by flooding is not covered by standard home insurance policies. Only homeowners who bought separate flood insurance for their homes were covered if water from Florence damaged their house. And there weren’t many people in that case.

This is a refrain which is common where hurricanes and their flood-inducing rainfall are concerned. When Hurricane Irma struck Florida last year, just 14% of the 3.3 million households in the areas affected by the disaster had flood insurance coverage. In some cases, coverage will depend on how the damage was caused. In the case of a hurricane, if high winds cause roof damage that leads to significant water accumulation within the house, insurance will likely cover it. But if a nearby river overflows because of the heavy rainfall, the damage to homes will only be covered if the owners have flood insurance.

In volcanic eruptions, damage caused by lava flows or resulting fires is covered by a standard homeowner’s policy. [Personal note: This is only partly true. As I put it before, the insurance will pay for the damage if lava caused a fire and if the foundations of the house can still be seen after the fire. However, il lava covered the foundations, the insurance does not work.]

It should be noted that if the eruption causes seismic activity, homeowners will not be reimbursed unless they have purchased a separate earthquake policy.

The average annual premium for a policy through the National Flood Insurance Program was $878 as of April 2017. But flood insurance premiums can easily cost thousands of dollars in regions that are determined to be at the highest risk of flooding.

Some natural disasters are always covered by homeowner’s insurance, including wildfires, tornadoes and hail storms. But other natural disasters are never or rarely covered under a standard homeowner’s insurance policy. They generally fall into two categories: floods and “earth movements.” The first category comprises disasters caused by rising water, which includes everything from floods caused by extensive rainfall and hurricane-induced storm surges to dam failures and tsunamis. “Earth movements” include disasters such as earthquakes, landslides and sinkholes.

Unfortunately, many Americans are unaware that these disasters are not covered by a standard homeowner’s policy. Homeowners will need to purchase a separate policy or a rider to their standard home insurance policy from a private insurer to be covered for an earthquake. California residents also have the option to purchase coverage through the California Earthquake Authority.

As I indicated about the victims of lava in Hawaii, if homeowners don’t buy specialized insurance coverage and then get hit by some sort of disaster, they do have some options to offset their losses. They can get a grant from the Federal Emergency Management Agency or a loan from the Small Business Administration. Of course, this money will not compensate for the total amount of the losses. It is just a help.

Source: MarketWatch.

Coulée de lave dans les Leilani estates à Hawaii (Crédit photo: USGS / HVO)

 

 

Quand la mer monte… (suite) // When the sea rises… (continued)

Avec le réchauffement de la planète et la hausse des températures qui fait fondre la glace de mer et les glaciers, l’élévation du niveau des océans menace les villes côtières sur toute la planète. Les habitants de villes comme Miami, New York ou Charleston s’en rendent parfaitement compte pendant les grandes marées, et plus particulièrement les marées à très fort coefficient. Ce sont les marées les plus fortes de l’année et elles coïncident avec la pleine lune au printemps et à l’automne.
Les marées à très fort coefficient ne sont pas provoquées par l’élévation du niveau de la mer, mais comme ce sont les plus hautes mers de l’année, elles montrent à quel point le niveau des océans s’est élevé au cours du 20ème siècle. Les quartiers recouverts par la mer aujourd’hui n’étaient pas inondés comme cela il y a des décennies, même pendant les grandes marées.
En 2017, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a constaté que les villes côtières aux États-Unis ont connu un nombre record d’inondations liées aux marées hautes. Plus d’un quart des sites côtiers ont égalé ou battu des records quant au nombre de jours d’inondation. En 2018, les inondations sur les côtes des États-Unis devraient être supérieures de 60% à ce qu’elles étaient il y a seulement 20 ans.
Peut-être plus important encore, les grandes marées et les marées à très fort coefficient sont un aperçu de ce qui va se passer au fur et à mesure que le niveau des océans va continuer d’augmenter. Ce que l’on observe aujourd’hui à marée haute se produira régulièrement dans les prochaines années.
Lorsque le niveau de la mer monte, les eaux envahissent les villes côtières, inondent les maisons et les routes. Dans de nombreux cas, ces eaux renferment des bactéries et des pathogènes potentiels. La plupart des villes reconnaissent la situation et font tout ce qu’elles peuvent pour essayer de faire barrage à l’eau qui ne cesse de monter. Le problème, c’est que le niveau de la mer continuera de monter à mesure que les océans se réchaufferont et que les glaciers fondront. Il est probable que certains quartiers et même certaines villes seront inhabitables bien plus tôt que beaucoup ne le pensent.
Un bon exemple de la situation est la ville de Miami (Floride) où le niveau de la mer a augmenté d’environ 25 centimètres entre 1900 et aujourd’hui. On s’attend à ce que le niveau de la mer dans cette ville dépasse de 42 centimètres celui de 1900 d’ici 2030 et  de 215 centimètres le niveau de 1900 d’ici la fin de ce siècle. Plus inquiétant encore, certains géologues pensent que ces projections sont beaucoup trop modestes.
Source: Business Insider.

Cette page Yahoo montre plusieurs villes américaines déjà touchées par l’élévation du niveau de la mer:
http://www.businessinsider.fr/us/sea-level-rise-high-tides-sunny-day-flooding-coastal-cities-2018-4

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With global warming and higher temperatures causing the melting of sea ice and glaciers, sea level rise is threatening coastal cities around the world. For the residents of cities like Miami, New York City, or Charleston, the evidence is apparent during high tides, and more particularly king tides. These are the highest tides of the year, and they coincide with full moons during spring and autumn.

King tides themselves are not caused by sea level rise, but as the highest tides of the year, they show how sea level has already risen over the past century ; the neighborhoods they flood on sunny days today did not flood like this decades ago, even during high tides.

In 2017, the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) found that cities around the U.S. experienced a record number of flooding events related to high tides. More than a quarter of coastal locations tied or set new records for the number of flooding days. In 2018, flooding on the US coastline is expected to be 60% higher than it was just 20 years ago.

Perhaps most importantly, high and king tides are a preview of what is to come as seas continue to rise. What happens during high tides today will happen on a regular basis in the future.

As sea level rises, waters invade coastal cities, flooding houses and roads. In many cases, they may be full of bacteria and potential pathogens. Most cities recognize the situation at this point and are doing everything they can to try to beat back the rising tides. But seas will continue to rise as warmer oceans expand and glaciers melt. It is likely that neighborhoods and even some cities will be uninhabitable far sooner than many think.

A good example of the situation is Miami where the sea level has risen about 25 centimetres from 1900 to today. It is expected that sea level in the town will be up to 42 centimetres higher than 1900 by 2030 and 215 centimetres higher than 1900 by the end of this century. Some geologists think those projections are far too low.

Source: Business Insider.

This Yahoo page shows several U.S. towns already impacted by sea level rise:

http://www.businessinsider.fr/us/sea-level-rise-high-tides-sunny-day-flooding-coastal-cities-2018-4

 

En Alaska, la hausse du niveau de la mer est particulièrement visible au moments des tempêtes hivernales qui ne sont plus freinées par la glace de mer. Il s’ensuit une érosion des côtes et certaines maisons basculent dans l’océan. (Source : Wikipedia)

 

La France est également concernée par la hausse du niveau des océans. Lors des grandes marées et des tempêtes, les vagues partent à l’assaut de nos côtes, comme ici à Soulac-sur-Mer en Gironde où l’immeuble « Le Signal » a dû être évacué. La carcasse vide se dresse désormais le long de la côte comme un navire victime d’un naufrage, abandonné par équipage et passagers. (Photo: C. Grandpey)

Les événements extrêmes s’enchaînent mais le monde s’en fiche! // Extreme events are accumulating but the world does not care !

Au cours des dernières semaines, il y a eu une accumulation d’événements extrêmes probablement causés par le réchauffement climatique.
On peut citer, entre autres, des ouragans comme Irma qui ont dévasté le Texas, la Floride, Porto Rico, St Barth et St Martin. La mauvaise nouvelle, c’est que les climatologues affirment que les conditions météorologiques sévères observées cette année ne sont probablement que le début d’une longue série.
Les pires inondations jamais vues depuis des années frappent actuellement le Vietnam, avec un nombre de morts qui s’élève actuellement à 54 ; 39 personnes sont portées disparues, et une autre tempête menace le pays. Le pays souffre d’un nombre incroyable d’événements météorologiques défavorables. Au début de l’année 2016, en quelques mois, le Vietnam est passé de l’hiver le plus froid de son histoire dans le nord à la plus grave sécheresse dans les régions du centre et du sud. Ensuite, les intempéries ont provoqué de graves inondations dans de nombreuses régions, les provinces centrales et la côte étant les plus touchées. Le changement climatique a été tenu pour responsable de ces événements extrêmes et les climatologues pensent qu’ils vont devenir de plus en plus fréquents
Le réchauffement de la planète est également tenu pour responsable des incendies dévastateurs dans le nord de la Californie. Une longue sécheresse et un été record ont créé les conditions favorables aux feux de forêts.
Ces incendies ont ravagé la région viticole de la Californie du Nord, détruisant au moins 3.500 habitations et autres structures. Des dizaines de personnes sont mortes et des centaines sont portées disparues. Au moins 400 personnes sont portées disparues dans le seul comté de Sonoma où un incendie a détruit des milliers de maisons à Santa Rosa, une ville d’environ 175 000 habitants à environ 80 km au nord-ouest de San Francisco.
La cause des incendies fait l’objet d’enquêtes. Certains médias locaux ont évoqué la possibilité de la chute de lignes électriques. Indépendamment des causes, il y a de fortes chances que le changement climatique ait facilité la propagation de ces incendies. Le facteur le plus évident est la hausse des températures. L’air plus chaud fait remonter l’humidité des plantes, des arbres et du sol, en créant des conditions parfaites pour alimenter les feux de forêt. D’autres facteurs climatiques peuvent également entrer en jeu, y compris la diminution des précipitations et l’amincissement du manteau neigeux en montagne.
Malgré tous ces événements extrêmes qui ont frappé les États-Unis, peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent pour réduire l’impact du changement climatique. Scott Pruitt vient d’annuler le Clean Power Plan du président Obama et Donald Trump refuse de prendre en compte les décisions de la COP 21 de Paris. Les régions de l’Arctique et de l’Antarctique fondent, tout comme les glaciers. Le niveau des océans va continuer à augmenter. On s’en moque !

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In the past weeks, there has been an accumulation of extreme events most likely caused by climate change and global warming.

Among others, hurricanes like Irma have devastated Texas, Florida, Puerto Rico, St Barts and St Martin. The bad news is that climatologists affirm that the severe weather conditions seen this year may just be the beginning of a gloomy future.

The worst floods in years are currently striking Vietnam, with a death toll that rises to 54, with 39 people missing, as another storm approaches. The country is suffering from even more adverse weather events than ever before. Early in 2016, within months, the country went from the coldest winter in history in the north, to the most severe drought in a century in the central and southern regions. Then came consecutive downpours that caused severe floods in many parts of the country, with central provinces along the coast hit the hardest. Climate change has been blamed for these extraordinary events and many warn that they can become more common, or even become the norm.

Global warming is also held responsible for the devastating wildfires in northern California. A long drought and a record hot summer set the conditions for a brutal wildfire season.

The Fires have ravaged Northern California’s wine country, destroying at least 3,500 structures. Tens of people have died and hundreds are missing. At least 400 people are reported missing in Sonoma County alone, where a fire wiped out thousands of homes in Santa Rosa, a city of about 175,000 people roughly 80 km northwest of San Francisco.

The cause of the fires remains under investigation, but some local media reports raised the possibility that downed power lines may have played a role. Regardless of what produced the initial sparks, however, there is a good chance that climate change made it easier for those fires to spread. The most obvious factor of global warming that increases wildfire risk is higher temperatures. Warmer air draws moisture from plants, trees, and soil, increasing fuel aridity. This provides the dry fuel and conditions that feed wildfires. Other climatic factors can also contribute, including decreased rainfall and reduced or earlier-melting mountain snowpack.

Despite all these extreme events that have hit the U.S., little has been done so far to reduce the impact of climate change. Scott Pruitt has just cancelled President Obama’s Clean Power Plan and Donald trump refuses to take into account the decisions of the Paris Climate agreement. The Artic and Antarctic regions are melting, so are the glaciers. Oceans will keep rising. Who cares?

Les glaciers (ici en Alaska): De précieux témoins du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)