Réchauffement climatique et ouragans : une menace pour nos latitudes // Global warming and hurricanes : a threat to our latitudes

Une nouvelle étude publiée fin décembre 2022 dans la revue britannique Nature Geoscience prévoit qu’en raison du réchauffement climatique davantage d’ouragans affecteront les latitudes moyennes qui comprennent les grands centres de population de la planète, tels que New York, Boston et Shanghai.
L’étude explique que les cyclones tropicaux, également connus sous le nom d’ouragans ou de typhons selon l’endroit où ils se produisent, s’étendront plus loin que les régions tropicales où on les observe généralement. En raison du réchauffement climatique, les conditions qui créent les ouragans se développeront plus au nord dans l’hémisphère nord et plus au sud dans l’hémisphère sud. Or, la plupart des grandes villes du monde sont situées dans les latitudes moyennes, ce qui signifie que ces nouveaux ouragans auront la capacité de causer beaucoup plus de dégâts.
On peut lire dans l’étude que les ouragans du 21ème siècle apparaîtront dans une gamme de latitudes plus large qu’au cours des 3 derniers millions d’années.. Il s’agit là d’une conséquence importante mais souvent sous-estimée du changement climatique.
La raison du changement de latitude des ouragans est liée à la configuration globale des vents connue sous le nom de cellule de Hadley. Il s’agit d’une circulation atmosphérique fermée qui redistribue l’énergie accumulée à l’équateur vers les plus hautes latitudes dans les deux hémisphères. C’est une circulation dans laquelle l’air s’écoule vers les pôles à une hauteur d’environ 9 à 14 kilomètres mais revient vers l’équateur en descendant vers le sol. L’un des effets du réchauffement climatique est une diminution de la différence entre les températures de surface près ou loin de l’équateur. Le réchauffement se produit plus rapidement à des latitudes plus élevées en raison de boucles de rétroaction telles que la fonte de la glace de mer, la perte de la couverture neigeuse et le dégel du pergélisol, ce qui provoque un réchauffement encore plus important. Cependant, l’air à des altitudes plus élevées se réchauffe plus rapidement sous les tropiques. Ces changements signifient que le courant-jet (ou jet stream) – qui empêche normalement les ouragans de se propager plus au nord dans l’hémisphère nord – se déplace vers le nord, permettant aux ouragans d’atteindre des latitudes plus élevées. Le réchauffement climatique provoque l’expansion de la circulation de Hadley et, avec elle, le déplacement du jet-stream vers les pôles.
Les régions devenues à risque ont déjà commencé à voir des ouragans les atteindre. En 2020, la tempête subtropicale Alpha a touché terre au Portugal. C’est la première fois qu’un cyclone subtropical ou tropical a frappé un pays d’Europe occidentale. Sans oublier en France la tempête de décembre 1999, Xynthia en 2010 et d’autres événements extrêmes à l’échelle locale.
L’analyse des simulations mathématiques des climats plus chauds sur Terre dans le passé montre que les cyclones tropicaux se sont probablement formés dans les régions subtropicales. Cela n’a pas été le cas au cours des 3 derniers millions d’années, mais le deviendra probablement à nouveau dans un avenir proche si les températures continuent de se réchauffer. En plus des dégâts causés par le vent et les pluies torrentielles qui accompagnent les ouragans, le risque d’inondations dues aux vagues de submersion sera élevé à mesure que le niveau de la mer augmentera en raison du changement climatique. Certaines des villes côtières les plus peuplées du monde comme New York, Tokyo, Shanghai et beaucoup d’autres seront probablement en grande difficulté.
Les températures moyennes à l’échelle de la planète ont augmenté de 1,2 degré Celsius au cours des 150 dernières années, ce qui est plus rapide qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire. Selon le GIEC, l’ampleur du réchauffement de la Terre au cours des 80 prochaines années pourrait varier de plusieurs degrés, en fonction des émissions de gaz à effet de serre qui génèrent le réchauffement climatique
L’un des auteurs de l’étude explique que « ce qui contrôle cette situation est le gradient de température entre les tropiques et les pôles, et il est très étroitement lié au changement climatique. À la fin de ce siècle, la différence de gradient entre un scénario d’émissions élevées et un scénario d’émissions faibles sera cruciale. »
Source : Yahoo News.

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A new study published late December 2022 in the British journal Nature Geoscience projects that more hurricanes will be coming to midlatitude regions, which include major population centers such as New York, Boston and Shanghai, because of climate change.

The study explains that tropical cyclones, also known as hurricanes or typhoons, depending where they occur, will expand from the tropical regions in which they are currently common. Due to global warming, the conditions that create hurricanes will become prevalent farther north in the northern hemisphere and farther south in the southern hemisphere. Most of the world’s major cities are located in midlatitude regions, meaning that the more widespread hurricanes will have the ability to cause far more damage.

One can read in the study that hurricanes in the 21st century will appear in a wider range of latitudes than they have for the last 3 million years, which represents an important, under-estimated risk of climate change.

The reason for the shift in hurricane latitudes has to do with the global wind pattern known as the Hadley cell, a circulation in which air flows poleward at a height of about 9 to 14 kilometers but returns toward the equator as it descends toward ground level. One effect of climate change is a decrease in the difference between surface temperatures near or far from the equator. Warming occurs more rapidly at higher latitudes because of feedback loops such as melting sea ice, loss of snow cover, and thawing permafrost, causing even more warming. However, air at higher altitudes actually warms faster in the tropics. Those changes mean the jet stream – which normally prevents hurricanes from flowing farther north in the northern hemisphere – is moving northward, allowing hurricanes to reach higher latitudes. Global warming causes the Hadley circulation to expand, and with it the jet streams move poleward..

Areas in the increasingly at-risk regions have already begun to see some hurricanes make landfall. In 2020, Subtropical Storm Alpha made landfall in Portugal, the first time a subtropical or tropical cyclone had ever hit the Western European nation.

The analysis of mathematical simulations of warmer climates from the Earth’s past show that tropical cyclones likely formed in the subtropics. That has not been the case for the last 3 million years but probably will be again in the near future if temperatures continue warming. In addition to the wind damage and heavy rains from hurricanes, the risk of flooding from storm surges will be elevated as sea levels rise due to climate change. Some of the most populous seaside cities in the world like New York, Tokyo, Shanghai and so forth will likely be in trouble.

Average global temperatures have risen 1.2 degrees Celsius in the last 150 years, which is faster than at any other time in recorded history. According to the Intergovernmental Panel on Climate Change IPCC), the extent to which the Earth warms further in the next 80 years could vary by several degrees, depending on how much greenhouse gases that cause warming are emitted.

One of the authors of the study explains that “the control over this is the temperature gradient between the tropics and the poles, and that’s very tightly linked to overall climate change. By end of this century, the difference in that gradient between a high emission scenario and a low emission scenario is dramatic. That can be very significant in terms of how these hurricanes play out.”

Source: Yahoo News.

Image satellite de la tempête Alpha à l’approche du Portugal en 2020 (Source : ESA)

Ouragans et réchauffement climatique // Hurricanes and global warming

Avec le réchauffement climatique, les climatologues ont remarqué que les ouragans ont tendance à se renforcer et à devenir plus puissants. L’ouragan Ida qui a affecté la Louisiane a confirmé ce constat. Il a atteint la Catégorie 4 en quelques heures seulement. Le réchauffement climatique a très probablement contribué à cette intensification rapide. Plus généralement, cette intensification est observée pour tous les ouragans de l’Océan Atlantique. Les scientifiques expliquent que les températures exceptionnellement chaudes à la surface de l’Atlantique ont contribué à augmenter l’activité des tempêtes.
Le réchauffement climatique modifie le comportement des ouragans. Voici comment:

1. Des vents plus forts.
Il existe un consensus scientifique sur le fait que les ouragans deviennent de plus en plus puissants. L’un des facteurs clés qui détermine la force d’une tempête est la température de surface de l’océan, car une eau plus chaude fournit plus d’énergie et l’intensité potentielle augmente. Les scientifiques ont déjà prédit qu’elle augmenterait il y a 30 ans, et les observations montrent que ce n’est pas fini. Les vents plus forts abattent des lignes électriques, emportent des toitures et, lorsqu’ils sont associés à l’élévation du niveau de la mer, provoquent de graves inondations côtières.

2. Plus de pluie.
Le réchauffement de la surface de l’océan augmente également la quantité de vapeur d’eau que l’atmosphère est capable de contenir. Chaque degré Celsius de réchauffement permet à l’air de retenir environ 7 % d’eau en plus. Cela signifie qu’il faut s’attendre à ce que les futures tempêtes déclenchent des quantités de précipitations plus élevées.

3. Des ouragans plus lents.
Les ouragans se déplacent actuellement plus lentement. Certains scientifiques disent que cela est probablement dû à un ralentissement de la circulation atmosphérique ou des vents à l’échelle de la planète.
Une étude de 2018 a révélé que les ouragans aux États-Unis avaient ralenti de 17% depuis 1947. Combinés à l’augmentation des précipitations, les ouragans et les tempêtes provoquent une augmentation de 25% des précipitations locales aux États-Unis. La conséquence est que des tempêtes plus lentes et plus humides aggravent également les inondations.

4. Des ouragans plus étendus.
Dans la mesure où l’eau plus chaude contribue à alimenter les ouragans, le réchauffement climatique agrandit la zone où les ouragans peuvent se former. Il y a une migration des cyclones tropicaux vers les régions subtropicales et les latitudes moyennes. Dans les prochaines années, cela pourrait signifier qu’il y aura davantage de tempêtes à des latitudes plus élevées, comme aux États-Unis ou au Japon.

5. Plus de volatilité.
À mesure que le climat se réchauffe, les chercheurs s’attendent à ce que les tempêtes et ouragans s’intensifient plus rapidement.
Une étude réalisée en 2017 a révélé que les tempêtes qui s’intensifient rapidement – celles dont la vitesse du vent passe à 110 km/h ou plus dans les 24 heures précédant leur arrivée sur les côtes – étaient rares entre 1976 et 2005. Leur probabilité au cours de ces années était d’environ un événement par siècle. D’ici la fin du 21ème siècle, ces tempêtes pourraient se produire une fois tous les cinq ou dix ans.
Si une tempête tropicale ou un ouragan de catégorie 1 se transforme en un ouragan de catégorie 4 du jour au lendemain, on n’a pas le temps d’évacuer les gens. Cela deviendra un cauchemar pour les responsables de la Protection Civile.

Adapté d’un article du New York Times.

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With global warming, climatologists have noticed that hurricanes are increasing in strength. Hurricane Ida which made landfall in Louisiana confimed this observation. The hurricane became a Category 4 storm over the course of just a few hours. There is little doudt that global warming contributes to this rapid increase in strength. More generally, it is affecting all hurricanes in the Atlantic Ocean. Scientists say that unusually warm Atlantic surface temperatures have helped to increase storm activity.

Climate change is making it more likely for hurricanes to behave in certain ways. Here issually happens:

1. Higher winds

There is a solid scientific consensus that hurricanes are becoming more powerful. One of the key factors that determines how strong a given storm ultimately becomes is ocean surface temperature, because warmer water provides more of the energy that fuels storms. Potential intensity is going up. Scientists predicted it would go up 30 years ago, and the observations show it going up. Stronger winds mean downed power lines, damaged roofs and, when paired with rising sea levels, worse coastal flooding.

2. More rain

Warming also increases the amount of water vapour that the atmosphere can hold. Every degree Celsius of warming allows the air to hold about 7% more water. That means we can expect future storms to unleash higher amounts of rainfall.

3. Slower storms

Storms are currently moving more slowly. Some scientists say a slowdown in global atmospheric circulation, or global winds, could be partly to blame.

A 2018 study revealed that hurricanes over the United States had slowed 17% since 1947.Combined with the increase in rain rates, storms are causing a 25% increase in local rainfall in the United States. As a consequence, slower, wetter storms also worsen flooding.

4. Wider-ranging storms

Because warmer water helps fuel hurricanes, global warming is enlarging the zone where hurricanes can form.There is a migration of tropical cyclones out of the tropics and toward subtropics and middle latitudes. That could mean more storms making landfall in higher latitudes, like in the United States or Japan.

5. More volatility

As the climate warms, researchers also say they expect storms to intensify more rapidly.

A 2017 study based on climate and hurricane models found that storms that intensify rapidly – the ones that increase their wind speed by 110 km per hour or more in the 24 hours before landfall – were rare between 1976 and 2005. Their likelihood in those years was equal to about once per century. By the end of the 21st century, those storms might form once every five or 10 years.

If a tropical storm or Category 1 hurricane develops into a Category 4 hurricane overnight, there is no time to evacuate people. This will become a nightmare to Civil Defense officials.

Adapted from an article in The New York Times.

L’ouragan Ida à l’approche de la Louisiane (Image ISS)

El Niño et La Niña et leur influence sur le climat mondial // El Niño and La Niña and their influence on global climate

Lorsqu »ils abordent les causes du changement et du réchauffement climatiques sur notre planète, les climatologies font souvent référence à El Niño et La Niña, deux régimes climatiques situés dans le centre-est du Pacifique autour de l’équateur.

La Niña est un cycle naturel marqué par des eaux océaniques plus froides que la moyenne. C’est le contraire d’ El Niño qui est mieux connu et qui se produit lorsque l’eau de l’Océan Pacifique est plus chaude que la moyenne.

El Niño et La Niña sont issus de la langue espagnole : La Niña signifie « petite fille », tandis qu’El Niño signifie « petit garçon » ou « enfant Jésus ». La NOAA explique que les pêcheurs sud-américains avaient remarqué des périodes d’eau inhabituellement chaude dans l’océan Pacifique dans les années 1600. Le nom complet utilisé à cette époque était « El Niño de Navidad » car El Niño culmine généralement vers le mois décembre. L’ensemble de ce cycle climatique est officiellement désigné par les climatologues sous le nom d’El Niño – Oscillation australe (ENSO), une alternance en dent de scie de périodes d’eau de mer plus chaude et plus froide dans le centre-est de l’Océan Pacifique.

Lors des événements La Niña, les alizés soufflent plus fort que d’habitude et poussent une plus grande quantité d’eau chaude vers l’Asie. Au large de la côte ouest des Amériques, la remontée d’eau profonde – upwelling en anglais – s’intensifie, faisant remonter à la surface de l’eau froide riche en nutriments. Ces eaux froides du Pacifique poussent le jet-stream vers le nord, ce qui affecte les conditions météorologiques aux États-Unis et dans le monde.

Selon la NOAA, l’hiver typique au cours d’un épisode La Niña aux États-Unis se caractérise par du froid et de la neige dans le nord-ouest et des conditions inhabituellement sèches dans la majeure partie du tiers sud des États-Unis. Le sud-est et le centre de l’Atlantique ont également tendance à voir des températures plus chaudes que la moyenne pendant un hiver dominé par La Niña.

À l’échelle mondiale, La Niña apporte souvent de fortes précipitations en Indonésie, aux Philippines, dans le nord de l’Australie et en Afrique australe. Pendant La Niña, les eaux au large de la côte du Pacifique sont plus froides et contiennent plus de nutriments que d’habitude. Cet environnement abrite plus de vie marine et attire plus d’espèces d’eau froide, telles que le calmar et le saumon, dans des zones comme la côte californienne.

Selon le Climate Prediction Center, La Niña peut contribuer à une augmentation de l’activité cyclonique dans l’Atlantique en affaiblissant le cisaillement du vent sur la mer des Caraïbes et le bassin atlantique tropical, ce qui permet aux tempêtes de se développer et de s’intensifier.

Alors que La Niña a tendance à augmenter le nombre d’ouragans dans l’Atlantique, elle a également tendance à diminuer leur nombre dans les bassins de l’est et du centre de l’Océan Pacifique.

Source : USA Today.

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When dealing with the causes of climate change and global warming, climatologiqts often refer to El Niño and La Niña, two climate patterns in the central-eastern Pacific around the Equator.

La Niña is a natural cycle marked by cooler-than-average ocean water. It is the opposite to the more well-known El Niño, which occurs when Pacific ocean water is warmer than average.

El Niño and La Niéna are Spanish language terms: La Niña means « little girl, » while El Niño means « little boy, » or « Christ child. » NOAA explains that South American fishermen first noticed periods of unusually warm water in the Pacific Ocean in the 1600s. The full name they used was « El Niño de Navidad » because El Niño typically peaks around December.

The entire natural climate cycle is officially known by climate scientists as El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

During La Niña events, trade winds are even stronger than usual, pushing more warm water toward Asia. Off the west coast of the Americas, upwelling increases, bringing cold, nutrient-rich water to the surface. These cold waters in the Pacific push the jet stream northward, which affects weather patterns in the U.S and globally.

According to NOAA, typical La Niña winter in the U.S. brings cold and snow to the Northwest and unusually dry conditions to most of the southern tier of the U.S. The Southeast and Mid-Atlantic also tend to see warmer-than-average temperatures during a La Niña winter.

Globally, La Niña often brings heavy rainfall to Indonesia, the Philippines, northern Australia and southern Africa. During La Niña, waters off the Pacific coast are colder and contain more nutrients than usual. This environment supports more marine life and attracts more cold-water species, such as squid and salmon, to places like the California coast.

According to the Climate Prediction Center, La Niña can contribute to an increase in Atlantic hurricane activity by weakening the wind shear over the Caribbean Sea and tropical Atlantic Basin, which enables storms to develop and intensify.

While La Niña tends to increase hurricanes in the Atlantic, it also tends to decrease their numbers in the eastern and central Pacific Ocean basins.

Source : USA Today.

 

Source : NOAA

Les conséquences très inquiétantes du réchauffement climatique // The very disturbing consequences of climate change

De nombreuses études sur le réchauffement climatique ont été publiées ces derniers mois et toutes montrent clairement que, même si les pires conséquences de la hausse des températures ne sont pas forcément imminentes, la crise provoquée par les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique a déjà commencé.

Les années passent et les températures continuent de grimper, ainsi que les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, comme on peut le voir sur la courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence.

Voici un bref résumé des études qui ont été publiées ces derniers mois. Elles montrent à quel point la situation est devenue grave.

 

Une étude publiée le 2 mai 2021 dans la revue Nature par des chercheurs de l’Université du Minnesota a révélé qu’en raison de la hausse des températures, le niveau d’oxygène a chuté dans tous les lacs de la planète, ce qui va forcément entraîner des pertes parmi les espèces qui sont sensibles au manque d’eau froide et d’oxygène, mais aussi une augmentation de la charge des eaux en éléments nutritifs, avec intensification de l’eutrophisation et de la proliférations d’algues nuisibles. On assistera probablement aussi à une accumulation et un dégazage ultérieur de méthane.

Les chercheurs font remarquer que depuis 1980, le niveau d’oxygène à la surface des lacs d’eau douce a chuté de 5,5 % et de 18,6 % dans les eaux plus profondes.

Une étude publiée en juin 2021 dans Nature Climate Change a utilisé des données collectées dans 43 pays et indique que 37% des décès liés à la chaleur entre 1991 et 2018 peuvent être attribués au réchauffement climatique. L’étude montre qu’aux Etats Unis quelque 1 100 personnes meurent chaque année de la chaleur causée par le changement climatique. L’étude donne l’exemple du Maricopa County (Arizona) où se trouve Phoenix. En 2020, le comté a établi un record, avec 323 personnes victimes de la chaleur. Ce chiffre représente une augmentation de 62% par rapport à 2019.

De nombreuses études ont prouvé que les températures plus chaudes font se multiplier les incendies de forêt dans plusieurs régions du monde. L’une d’elles, publiée en septembre 2020, a révélé un risque accru d’incendies de forêt dans l’ouest des États-Unis et du Canada, le sud de l’Europe, la Scandinavie et l’Amazonie, en partie à cause d’une végétation plus sèche résultant de températures plus élevées.

L’étendue des feux de forêt a été multipliée par huit à dix au cours des quatre dernières décennies, en raison du réchauffement climatique. L’étude a également clairement indiqué que l’élimination des forêts, comme l’avait suggéré Donald Trump comme moyen de prévenir les incendies de forêt, n’était pas une solution.

Un rapport du National Park Service a révélé que 10% de la population de séquoias géants du nord de la Californie ont été détruits lors du Castle Fire en 2020. Les forêts de séquoias sont particulièrement nécessaires pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère. Il a été prouvé qu’un seul séquoia peut absorber autant de carbone que 250 arbres communs.

La fumée générée par les feux de forêt doit également être prise en compte. Une étude publiée en janvier 2021 dans les Proceedings de la National Academy of Sciences a révélé que la fumée des incendies de forêt représentait ces dernières années jusqu’à la moitié de la pollution par les particules aux Etats Unis, avec des effets nocifs pour la santé.

Une étude publiée en avril 2021 dans la revue Nature a révélé que la majorité des glaciers du monde fondent de plus en plus vite en raison du réchauffement climatique. En conséquence, environ 328 milliards de tonnes d’eau de fonte viennent s’ajouter à celles des océans du monde chaque année.

Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, l’énorme glacier Thwaites en Antarctique inquiète les scientifiques car sa fonte totale pourrait déstabiliser d’autres glaciers situés en amont. Ce phénomène entraînerait une élévation globale du niveau de la mer de plus de 3 mètres. Le Thwaites fond rapidement en raison de l’arrivée d’eau de plus en plus chaude qui le sape par en dessous. Alors que l’on continue à parler de l’élévation du niveau de la mer en millimètres, cela pourrait changer car la situation est de plus en plus inquiétante. Déjà, pliusieurs villes côtières des États-Unis ont été obligées de reloger certains habitants ou de construire des digues pour freiner les ardeurs de l’océan. Si la fonte du glacier Thwaites se poursuit, ces mesures deviendront rapidement inadaptées.

Les tempêtes et les ouragans sont de plus en plus fréquents et coûteux. Selon la NOAA, la fréquence des événements extrêmes et les coûts des dégâts qu’ils occasionnent ont augmenté en même temps que la température de la planète. 2020 a établi un nouveau record ; les catastrophes météorologiques et climatiques ont coûté 22 milliards de dollars, ce qui bat les précédents records annuels de 2011 et 2017. 2020 a été la sixième année consécutive au cours de laquelle 10 catastrophes d’un milliard de dollars ou plus se sont produites aux États-Unis. 13 violentes tempêtes, sept cyclones tropicaux, une sécheresse et un incendie de forêt en 2020 ont coûté 95 milliards de dollars. Ces événements ont entraîné la mort de 262 personnes.

2020 restera dans les mémoires pour la crise sanitaire et économique déclenchée par la pandémie de COVID-19. Si la COVID-19 a été une rude épreuve pour la société et l’économie, elle a une date d’expiration et prendra fin ou jour ou l’autre alors que le réchauffement climatique continuera son œuvre de destruction.

Source : Yahoo News.

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Many studies about climate change have been released in recent months and all of them are making clear that while the worst consequences of rising global temperatures may still be years away, the crisis caused by man-made greenhouse gas emissions has already begun.

With each passing year, global average temperatures have continued to climb, together with carbon dioxide levels as can be seen on the Keeling Curve to which I am often referring..

Here is a short summary of the studies that emerged in the last months. They show how serious the situation has become.

A study published on May 2nd, 2021 in the journal Nature by researchers at the University of Minnesota has found that, because of rising temperatures, oxygen levels in lakes around the world have plummeted, which may portend “future losses of cold-water and oxygen-sensitive species, increased internal nutrient loading, which exacerbates eutrophication and the formation of harmful algal blooms, and potentially increased storage and subsequent outgassing of methane.”. The researchers warn that since 1980, oxygen levels at the surface of freshwater lakes have dropped 5.5 percent, and 18.6 percent in deeper water.

Another study published in June 2021 in Nature Climate Change uses data collected from 43 countries and concludes that 37 percent of heat-related deaths between 1991 and 2018 can be attributed to climate change. The study shows that the number of people in the U.S. who die annually from heat death caused by climate change is approximately 1,100.

The study gives the example of Maricopa County (Arizona) which includes Phoenix. In 2020, the county set a record high for heat deaths at 323. That figure represents an increase of 62 percent from 2019.

Numerous studies have concluded that warmer temperatures are worsening wildfires in several areas of the world. A research published in September 2020 found increased risk of wildfires in the “western U.S. and Canada, southern Europe, Scandinavia and Amazonia,” due in part to drier vegetation resulting from higher global temperatures.

The extent of wildfires has increased eight to ten-fold in the past four decades, because of climate change. The study also made clear that raking forests, as former President Donald Trump suggested as a way to prevent wildfires, was not a solution.

A report by the National Park Service has found that 10 percent of the giant sequoia population in Northern California was destroyed in the 2020 Castle Fire. Redwood forests are desperately needed to help remove carbon dioxide from the atmosphere. It has been proved that a single redwood can absorb as much carbon as 250 trees of an average species.

The smoke generated by the wildfires should also be taken into account. A study published in January 2021 in the Proceedings of the National Academy of Sciences found that wildfire smoke accounted for up to half of all health-damaging small-particle pollution in the western U.S. in recent years.

A study published in April 2021 in the journal Nature found that the majority of the world’s glaciers were melting faster because of climate change. As a result, roughly 328 billion tons of meltwater is being added to the world’s oceans each year.

As I exlained several times, the massive Thwaites Glacier in Antarctica worries scientists because its collapse could destabilize other glaciers, resulting in more than 3 metres of global sea-level rise. The Thwaites has been melting faster than previously suspected due to the flow of warm water beneath it.

While annual sea-level rise continues to be measured in millimetres, the trend line is going in a worrisome direction. Already, coastal communities in the U.S. have been forced to make hard choices about relocating residents or building extensive barriers to try to keep the ocean from encroaching further. Should the deterioration of the Thwaites Glacier continue, those responses would quickly become inadequate.

Storms and hurricanes are becoming more frequent and costly. According to NOAA, the frequency and damage costs of major weather events have been increasing as global temperatures continue to rise. 2020 set a new record with 22 billion-dollar weather and climate disasters, shattering the previous annual record of 16 events in 2011 and 2017. 2020 was the sixth consecutive year in which 10 or more billion-dollar disaster events occurred in the U.S. There were 13 severe storms, seven tropical cyclones, one drought, and one wildfire event in 2020, for a total cost of $95 billion. These events resulted in the deaths of 262 people.

2020 will be remembered for the global health and economic crisis triggered by the COVID-19 pandemic. But while COVID-19 was a stress test for society and the economy, it has an expiry date while climate change does not.

Source : Yahoo News.

La fonte et disparition du glacier Thwaites aurait un impact majeur sur le niveau des océans (Source : BAS)