Coup de chaud en Alaska (suite) // Heatwave in Alaska (continued)

Comme prévu, des records de chaleur viennent d’être battus en Alaska et ce n’est probablement pas terminé car les hautes pressions devraient se maintenir au-dessus de cet état pendant encore plusieurs jours.

Le 4 juillet 2019 à 17 heures, l’aéroport international d’Anchorage a officiellement atteint 90 degrés Fahrenheit, soit 32,2 °C pour la première fois » depuis que des relevés y sont effectués. Le précédent record en Alaska avait été établi le 14 juin 1969, avec 85 degrés Fahrenheit, soit 29,4 °C. Cela signifie que les normales saisonnières sont dépassées de 14 °C

Selon les météorologues, la température maximale moyenne pour un 4 juillet à Anchorage est de 18,3 °C. Plusieurs autres records historiques ont été battus dans différents sites du sud de l’Alaska.

L’Alaska est particulièrement sensible au réchauffement climatique et avait déjà battu des records de douceur au printemps, surtout dans la zone arctique.

Source: Presse alaskienne.

—————————————-

As expected, heat records have just been broken in Alaska and this is probably not over because high pressures are expected to remain above this State for several more days.
On July 4th, 2019 at 5 pm, Anchorage International Airport officially reached 90 degrees Fahrenheit, or 32.2 degrees Celsius for the first time since surveys were conducted there. The previous record in Alaska was set on June 14th, 1969, at 85 degrees Fahrenheit, or 29.4 degrees Celsius This means that the seasonal norms are exceeded by 14 degrees Celsius
According to meteorologists, the average maximum temperature for July 4th in Anchorage is 18.3 ° C. Several other historical records have been broken at various sites in southern Alaska.
Alaska is particularly sensitive to global warming and had already broken records in the spring, especially in the Arctic.
Source: Alaskan press.

Avec une telle chaleur, j’imagine la souffrance des glaciers! (Photo: C. Grandpey)

Forte vague de chaleur en Alaska // Strong heatwave in Alaska

L’Alaska est l’un des endroits du monde les plus touchés par le réchauffement climatique. J’ai écrit de nombreux articles mettant en garde contre le risque de fonte majeure des glaciers dans le 49ème État de l’Union qui occupe un chapitre entier dans mon, dernier livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique« .
Les météorologues prévoient une chaleur record en Alaska au cours des prochains jours, et Anchorage devrait atteindre sa température la plus chaude jamais enregistrée. Jusqu’à présent, le record est de 85 degrés Fahrenheit (29,4 degrés Celsius) le 14 juin 1969.
D’une manière générale, il est prévu des températures jusqu’à 20 degrés au-dessus de la normale pour début juillet.
La vague de chaleur est due à une zone de haute pression qui devrait envahir l’Alaska au cours du week-end. Une situation de blocage atmosphérique empêchera ce système de haute pression de se déplacer, avec pour conséquence une longue période de temps chaud et sec.
Le plus surprenant, ce n’est pas seulement l’ampleur de la chaleur, mais aussi sa durée. Selon les prévisions actuelles, la température pourrait dépasser 25°C à Anchorage pendant six jours consécutifs jusqu’au début de la semaine prochaine, avant que la chaleur ne s’atténue un peu au cours de la semaine prochaine. A Fairbanks, la température devrait atteindre 25°C d’ici la fin du week-end et le début de la semaine prochaine.
En plus de la chaleur, les habitants du sud de l’Alaska sont  également confrontés à la fumée en provenance de l’incendie dans le secteur du Swan Lake. Il a été provoqué par la foudre le 5 juin 2019 et a déjà brûlé plus de 25 000 hectares au sud d’Anchorage, dans la péninsule de Kenai. Les habitants, en particulier ceux qui ont des problèmes respiratoires, les personnes âgées et les jeunes enfants, doivent veiller à prendre des mesures pour se protéger contre l’inhalation de fumée, notamment en restant à l’intérieur et en gardant les fenêtres et les portes fermées.
Selon la presse locale, le service d’incendie d’Anchorage a annulé tous les spectacles de feux d’artifice organisés le 4 juillet en raison des conditions de sécheresse extrêmes. Une interdiction d’allumer des feux reste également en vigueur et concerne les feux joie, les feux de camp et le brûlage de débris.

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises suite à des séjours en Alaska, les températures dans cet Etat ont brusquement augmenté au cours des dernières années, et c’est la même chose dans tout l’Arctique à cause du réchauffement global de la planète. Les effets sur l’Océan Arctique et la glace de mer sont impressionnants. L’eau douce et le manque de glace ont fait monter la température de l’océan de plus de 2,5° C au-dessus de la normale.

Source : Presse alaskienne.

————————————————-

Alaska is one of the places in the world most affected by global warming. I have written many posts warning about the risk of major glacier melting in the 49th State.

Now, most of the nation’s biggest state is forecast to bake under record-breaking heat over the next few days, with Anchorage poised to reach its hottest temperature ever recorded. Up to now, the record is 85 degrees Fahrenheit (Celsius) set on June 14th, 1969.

In general, high temperatures across the state are predicted as much as 20 degrees above normal for early July.

The cause of the heat wave is an unusually strong area of high pressure that’s expected to spread over Alaska through the weekend. An atmospheric traffic jam will prevent this high pressure system from moving much, leading to the extended stretch of hot and dry weather.

What is unbelievable is not just the magnitude of the heat, it is how long it will last. The current forecast suggests highs may top out in the 80s in Anchorage for six straight days into early next week, before the heat slowly eases a bit later next week. High temperatures in Fairbanks will climb to the lower and middle 80s by the end of the weekend and start of next week.

On top of the heat, people in southern Alaska are also dealing with smoke from the Swan Lake Fire. The fire was ignited by lightning on June 5th, has already charred over 77,000 acres and continues to burn south of Anchorage on the Kenai Peninsula. Residents, especially those with respiratory issues, the elderly and young children, should be prepared to take steps to protect against smoke inhalation, including staying indoors and keeping windows and doors closed.

According to the local press, the Anchorage Fire Department has cancelled all official Fourth of July fireworks shows in the municipality due to extreme dry weather conditions. A burn ban also remains in effect, covering bonfires, campfires and burning of debris.

As I have explained many times after staying in Alaska, the temperatures in this State have risen sharply in recent years, and it’s the same across the Arctic because of global warming. . The effects on the Arctic Ocean and sea ice are impressive. Freshwater and the lack of ice have raised the temperature of the ocean by more than 2.5°C above normal.

Source: Alaskan newspapers.

Sale temps pour les glaciers en Alaska! (Photo: C. Grandpey)

Donald Trump et la vague de froid aux Etats Unis // Donald Trump and the cold wave in the U.S.

Alors que le Midwest des Etats-Unis doit faire face en ce moment à une vague de frod exceptionnelle, le président Trump en a profité, comme d’habitude, pour réfuter tout lien entre cet événement et le changement climatique.
Dans l’un de ses célèbres tweets, il a écrit: «Dans le magnifique Midwest, les températures de ressenti atteignent moins 60 degrés, les plus froides jamais enregistrées. Dans les prochains jours, on s’attend à ce qu’il fasse encore plus froid. Les gens ne peuvent pas rester dehors même pendant quelques minutes. Qu’est-ce qui se passe avec le réchauffement climatique?
Le réchauffement climatique est, bien sûr, toujours présent. Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, le vortex polaire est responsable de cette descente d’air froid. Les scientifiques expliquent que le vortex polaire affecte actuellement les États-Unis car une arrivée soudaine d’air chaud dans l’Arctique le mois dernier a repoussé une partie de la masse d’air très froid vers le sud. Certains climatologues sont convaincus que le réchauffement de la planète contribue à l’instabilité du jet-stream, ce qui a entraîné des conditions climatiques hivernales extrêmes sur le continent américain au cours de la dernière décennie.
Il semble que Donald Trump ne puisse pas – ou ne veuille pas – comprendre cela. La seule chose qu’il arrive à assimiler, c’est que le 29 janvier 2019, la température dans les Dakotas et dans le Minnesota a chuté jusqu’à -32°C, avec un ressenti pouvant aller jusqu’à -50°C. Aujourd’hui 30 janvier, il est prévu une température maximale de -24°C à Chicago.
Cependant, Donald Trump devrait remarquer que, dans le même temps, l’Arctique connaît des températures anormalement chaudes et bien plus élevées que dans les Etats-Unis contigus. Par exemple, les prévisions pour Fairbanks (Alaska) sont de -11°C et la température oscille autour de 0°C à Anchorage !
Alors que Donald Trump n’arrive pas à comprendre comment le réchauffement climatique peut provoquer un froid extrême, les membres de son propre gouvernement ont tenu à rappeler aux Américains qu’un lien existe réellement. Lors de son intervention devant le Senate Intelligence Committee, le directeur du Renseignement (National Intellignce) a mis en garde sur le fait que le changement climatique constituait une menace pour la sécurité nationale. Au cours de son intervention, il a déclaré : «La dégradation de l’environnement mondial ainsi que le changement climatique sont susceptibles d’exacerber la course aux ressources naturelles, la détresse économique et le mécontentement social. Les aléas climatiques tels que les conditions météorologiques extrêmes, les températures plus élevées, les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt, les tempêtes, l’élévation du niveau de la mer, la dégradation des sols et l’acidification des océans s’intensifient, menaçant les infrastructures, la santé, les réserves d’eau et la sécurité alimentaire. Les phénomènes météorologiques extrêmes, souvent aggravés par l’élévation du niveau de la mer, affecteront particulièrement les zones côtières urbaines d’Asie du Sud, d’Asie du Sud-Est et de l’hémisphère occidental. Les dégâts causés aux infrastructures de communication, d’énergie et de transport pourraient affecter les bases militaires au niveau de la mer, infliger des coûts économiques, entraîner des déplacements de personnes et causer des pertes de vies humaines. »
Source: Presse américaine.

—————————————————-

As exceptionally cold air is currently affecting the U.S. Midwest, President Trump took the opportunity, as he did before, to refute any possible link between this event and climate change.

In one of his famous tweets, he wrote: “In the beautiful Midwest, windchill temperatures are reaching minus 60 degrees, the coldest ever recorded. In coming days, expected to get even colder. People can’t last outside even for minutes. What the hell is going on with Global Warming?”

Global warming, of course, is still present. As I put it in a previous post, the polar vortex is the culprit. Scientists explain that the current polar vortex is affecting the United States because a sudden jolt of warm air in the Arctic last month moved part of the icy air mass south. Some climatologists suspect that global warming is actually contributing to instability in the jet stream, which has brought extreme winter weather to the continental United States in the last decade.

It seems Donald Trump cannot – or does not want – to understand this. The ovly thing he can understand is that on January 29th, 2019, temperatures from the Dakotas to Minnesota dropped as low as -32°C, with wind chills as cold as -50°C. On January 30th, the high temperature in Chicago is predicted to be -24°C.

However, Trump should notice that, in the meantime, the Arctic is much warmer than the Lower 48. For instance, the forecast for Fairbanks, Alaska, is for a high of -11°C and temperatures are oscillating around 0°C in Anchorage. .

While Trump may not understand how global warming can lead to extreme cold, members of his own government made a point of reminding Americans the link does exist. In testimony before the Senate Intelligence Committee, the Director of National Intelligence warned that climate change remains a national security threat. “Global environmental and ecological degradation, as well as climate change, are likely to fuel competition for resources, economic distress, and social discontent. Climate hazards such as extreme weather, higher temperatures, droughts, floods, wildfires, storms, sea level rise, soil degradation, and acidifying oceans are intensifying, threatening infrastructure, health, and water and food security. Extreme weather events, many worsened by accelerating sea level rise, will particularly affect urban coastal areas in South Asia, Southeast Asia, and the Western Hemisphere. Damage to communication, energy, and transportation infrastructure could affect low-lying military bases, inflict economic costs, and cause human displacement and loss of life.”

Source : American newspapers.

Séisme d’Anchorage (Alaska): Encore de nombreuses répliques // Anchorage earthquake: Numerous aftershocks

Comme cela se produit souvent après des séismes majeurs, des dizaines de répliques ont été enregistrées après la secousse de M 6,7 qui a frappé l’Alaska le 1er décembre 2018. Aucun décès ni blessé grave n’a été signalé, mais la région d’Anchorage a été sérieusement ébranlée, avec des routes fracturées, des coupures de courant et bâtiments endommagés.
Les compagnies d’électricité d’Anchorage s’efforcent de rétablir l’alimentation d’environ 30000 clients. Des équipes supplémentaires sont arrivées sur place pour aider à la remise en état du réseau et inspecter 5 580 kilomètres de conduites pour détecter des fuites éventuelles.
Les autorités affirment qu’il faudra des semaines pour réparer les routes endommagées par le séisme. Le président Trump a publié une déclaration d’urgence pour l’Alaska ; elle va permettre aux agences fédérales d’envoyer les fonds nécessaires à la reconstruction dans la région. [NDLR : Etat fournisseur de pétrole par l’oléoduc trans-alaskien, à la majorité Républicaine, l’Alaska est toujours bien vu par le gouvernement fédéral].
En Alaska, on enregistre en moyenne un séisme toutes les 12 minutes, avec plus de séismes importants que les 49 autres États réunis. Comme je l’ai déjà dit, la ville d’Anchorage a été durement touchée. Le séisme du Vendredi Saint1964 avait une magnitude de M 9.2. C’estt le plus important enregistré aux États-Unis et le deuxième dans le monde. Il a provoqué d’importants dégâts dans la ville et fait 129 morts, y compris dans le port de Vladez plus au sud. Le séisme du 1er décembre 2018 a été le plus important à Anchorage depuis l’événement de 1964.
L’USGS a déclaré que les répliques allaient durer un certain temps, mais a ajouté qu’il existait une faible probabilité – environ 4% – d’un autre séisme égal ou supérieur à M 7,0. L’agence fédérale a également déclaré qu’il y avait une probabilité de 27% d’un séisme de M 6.0 ou plus.
Source: USA Today

——————————————————–

As often happens after major earthquakes, dozens of aftershocks have been registered after the M 6.7 quake that hit Alaska on December 1st, 2018.  No deaths or serious injuries were reported but the Anchorage area suffered serious damage with cracked roads, power outages and damaged buildings.

Anchorage utility companies are scrambling to restore power to about 30,000 customers. Additional workers have been dispatches to help with recovery and assist the companies as they go about surveying 5,580 kilometres of pipeline for leaks.

Authorities say it will take take weeks to repair roadways damaged by the earthquake. President Trump has issued an emergency declaration for Alaska, which paves the way for federal agencies to help with relief efforts in the area.

Alaska averages an earthquake about every 12 minutes, with more large quakes than the other 49 states combined. As I put it before, Anchorage has been hit hard before. The Good Friday Earthquake in 1964 registered M 9.2. It was the largest ever in the U.S. and the second-largest ever recorded. It caused extensive damage to the city and resulted in 129 deaths. The December 1st earthquake was the “most significant” to strike Anchorage since the 1964 event.

The U.S. Geological Survey (USGS) said that aftershocks are expected to continue for some time but added there was a low probability, about 4 percent, of another earthquake equal or greater than M 7.0. The federal agency also said there was a 27 percent chance of an M 6.0 or greater.

Source : USA Today

Le port de Valdez a totalement été détruit par le séisme de 1964. La ville a été reconstruite quelques kilomètres plus loin, sur un site théoriquement plus stable. On peut visiter aujourd’hui le site initial où figurent les noms des victimes du séisme et du tsunami de 1964. (Photos : C. Grandpey)

La douceur persiste dans l’Arctique // Mild weather persists in the Arctic

Alors que beaucoup de gens en France parlent d’une vague de froid à cause d’une chute de neige récente et de températures un peu basses pour un mois de décembre, Anchorage en Alaska traverse des journées plutôt chaudes. En milieu de matinée le 11 décembre 2017, la température au bureau du National Weather Service à Anchorage atteignait 7,7°C. Le record de température pour un 11 décembre dans la région d’Anchorage est de 8,3°C en 1985.
Dimanche dernier, la température atteignait déjà 7,7°C, le record pour cette date dans la région d’Anchorage.
C’est une dorsale de hautes pressions qui envoie actuellement de l’air chaud depuis la côte californienne et entraîne des températures supérieures à la normale. La température maximale enregistrée pour le mois de décembre dans la région d’Anchorage est de 8,8°C.
Pendant ce temps, la température à Dawson City, au cœur du Yukon canadien, est en moyenne de -10°C, ce qui est relativement élevé pour cette période de l’année.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la glace de mer arctique. En novembre, la NOAA a indiqué que la mer des Tchouktches était largement dépourvue de glace au sud de 74°N et que les températures de surface de la mer restaient au-dessus du point de congélation. La NOAA a ajouté que jusqu’au mois de février, la mer des Tchouktches devrait connaître des conditions de glace de mer semblables à celles de l’hiver dernier. La banquise devrait se former lentement et rester relativement mobile pendant la majeure partie de l’hiver. La webcam installée à d’Utqiaġvik (anciennement Barrow), le point le plus septentrional de l’Alaska, montre que même à la mi-décembre, la mer est à peine à moitié couverte de glace de mer. Ce n’est pas une ionne nouvelle pour les ours polaires et les morses qui passent l’hiver sur cette glace.
Soiurces: Anchorage Daily News et NOAA.

—————————————

While many people in France speak of a cold wave because of a recent snowfall and temperatures e bit low for a month of December, Anchorage in Alaska is going through rather warm days. By mid-morning on December 11th 2017, the temperature at the National Weather Service office in Anchorage had reached 7.7°C. The record high temperature for December 11th in the Anchorage area is 8.3°C, set in 1985.

Last Sunday’s high temperature, also 7.7°C, broke the record for that date in the Anchorage area.

A high-pressure ridge is currently bringing higher temperatures in from the California coast. The highest temperature on record for the month of December in the Anchorage area is 8.8°C

Meantime, the temperature in Dawson City, in the heart of Canadian Yukon averages -10°C, which is quite high for this time of the year.

This is not good news for Arctic sea ice. In November, NOAA said that the Chukchi Sea remained mostly open south of 74°N with sea surface temperatures remaining above freezing. NOAA added that looking forward through February, the Chukchi Sea was expected to experience sea ice conditions similar to last winter with the ice pack slow to form and remaining relatively mobile through much of the winter. .   The webcam inUtqiaġvik, Alaska’s northernmost shore shows that even in mid-December, the sea remains mostly open and is only half-covered by sea ice. This is not good news for the polar bears and the walruses that spend the winter in this ice.

Soiurces: Anchorage Daily News & NOAA.

Photo: C. Grandpey

De plus en plus d’ours à Anchorage (Alaska)? // More and more bears around Anchorage (Alaska) ?

Tout le bruit fait au sujet des quelques malheureux ours qui ont été réintroduits dans les Pyrénées me fait bien rire quand je vois la situation en Alaska et plus particulièrement dans la région d’Anchorage. L’approche du problème de l’ours est très différente dans ces deux régions du monde!
Jusqu’à présent cette année (début novembre 2017), 34 ours ont été abattus dans le district d’Anchorage, une vaste zone qui s’étend d’Eklutna à Portage et comprend des milliers d’hectares de nature sauvage. La moitié des ours a été tuée par des personnes qui désiraient protéger leurs vies ou leurs biens. L’autre moitié a été tuée par la police, des rangers du Fish and Game Department, ou des biologistes. Le nombre d’ours tués cette année est l’un des plus élevés jamais enregistrés dans le district d’Anchorage. C’est presque quatre fois plus que l’année dernière. (voir le tableau ci-dessous)
Les causes de ce nombre élevé d’ours abattus sont difficiles à déterminer, et il y en a probablement plusieurs. L’une d’entre elles fait suite à l’agression mortelle, par un ours, d’un adolescent de 16 ans à Bird Ridge. Suite à ce drame, certaines personnes sont devenues moins tolérantes envers les ours.

Il est une autre cause pour laquelle les habitants portent une responsabilité: les déchets. En mai 2017, un policier d’Anchorage a tué un ours noir qui fouillait dans des poubelles et a ensuite chargé deux femmes âgées dans la partie est de la ville. En octobre, la police de l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage a abattu un ours qui était entré dans le bureau de poste de l’aéroport et refusait de partir. L’estomac de l’ours était rempli d’emballages de bonbons. Une fois qu’un ours sait où trouver des déchets, il revient dans l’espoir d’en trouver d’autres. En 2015, il a fallu débourser près de 10 000 dollars pour transférer une ourse noire et ses oursons depuis le district d’Anchorage vers le Kenai National Wildlife Refuge, au sud de l’Etat. Ces mêmes ours ont été repérés plus tard dans la ville de Hope où ils ont continué à faire les poubelles et ont tué des poulets. Les rangers ont finalement abattu quatre des cinq ours déplacés après que l’un d’entre eux soit entré dans un véhicule.
En 2017, plusieurs ours se  sont montrés agressifs et ont tué des personnes. Au cours de l’été 2017, des biologistes de la faune sauvage ont abattu quatre ours noirs dans le secteur de Bird Ridge, après qu’un coureur à pied d’Anchorage ait été mortellement blessé lors d’une course de montagne le 18 juin. C’était le premier accident mortel de ce type dans la région d’Anchorage en plus de 20 ans. Le lendemain, et à des centaines de kilomètres de là, dans l’intérieur de l’Alaska, un homme de 27 ans a été tué par un ours noir alors qu’il travaillait dans une mine. La nouvelle de ces attaques a pu affoler les Alaskiens et les inciter à tirer sur les ours.
Une autre cause est peut-être tout simplement le plus grand nombre d’ours. À l’Alaska Native Heritage Centre, dans le nord-est d’Anchorage, le personnel a installé une nouvelle clôture plus performante pour mieux se protéger des ours après un été où ils ont pullulé. Il n’existe pas de recensement scientifique des ours dans le district d’Anchorage ; il est donc difficile de dire avec certitude si davantage d’ours ont fréquenté cette région en 2017. Il se peut qu’un plus grand nombre d’ours soit entré dans les zones habitées cette année parce qu’ils savaient qu’ils pourraient y trouver des déchets en guise de nourriture. Le phénomène peut aussi être lié aux remontées de saumons.
La hausse du nombre d’ours est peut-être à mettre aussi en relation avec le changement climatique et les nouveaux comportements d’hibernation. A cause du réchauffement climatique, les ours hibernent plus tard durant l’automne et sortent de l’hibernation plus tôt au printemps, moment où ils cherchent de la nourriture. S’ils peuvent facilement trouver des déchets à proximité des maisons, ils restent dans les zones habitées.
Lorsqu’un ours est tué par habitant dans une situation de légitime défense (le seul cas autorisé par la loi) ou par un agent du Fish and Game Department, la carcasse peut prendre plusieurs directions. Si la viande est encore fraîche, le Fish and Game Department contacte une liste d’Alaskiens intéressés à la récupérer. La peau est prélevée et salée puis stockée jusqu’au jour où elle est présentée au public lors d’une vente aux enchères annuelle dans le centre-ville d’Anchorage. Le Fish and Game Department garde les crânes des ours à des fins pédagogiques. Si la viande n’est pas fraîche, la carcasse de l’ours est envoyée à la décharge ou, comme cela s’est produit récemment, à l’Université de l’Alaska où elle est utilisée dans les cours de médecine légale à la place des cadavres humains. En effet, les os d’une patte d’ours ressemblent beaucoup à ceux d’une main humaine.
Source: Adapté d’un article dans Alaska Dispatch News.

—————————————–

All the noise made about the very few bears that were reintroduced in the Pyrenees makes me laugh when I see the situation in Alaska and more particularly in the Anchorage area. The approach to the bear problem is very different in both regions!

So far (early November 2017), 34 bears have been shot to death in the Municipality of Anchorage, a vast area that spans from Eklutna to Portage and includes many thousands of hectares of wilderness. Half of the bears were killed by people who said they were defending their lives or their property. The other half were killed by police, park rangers or wildlife biologists. This year’s tally of bear kills is among the highest ever recorded in the Municipality of Anchorage. It is nearly four times more than last year’s total. (see chart below)

The causes of the rise in bear kills are difficult to determine, and their may be several of them. One of them is that after the fatal mauling of a 16-year-old on Bird Ridge, some people just became less tolerant of bears.

There is another cause for which residents hold a responsibility: trash. In May 2017, an Anchorage police officer killed a black bear that dug through trash and charged two elderly women in East Anchorage. In October, police from Ted Stevens Anchorage International Airport shot a bear that walked into the airport post office and wouldn’t leave. The bear’s stomach was filled with candy wrappers. Once a bear knows where to find trash, it will often return. In 2015, it cost nearly $10,000 to relocate a black bear sow with cubs from the Municipality of Anchorage to the Kenai National Wildlife Refuge. The bears were later spotted in the town of Hope, where they continued to dig into trash and killed a few chickens. Officials eventually shot four of the five relocated bears after one reportedly got into a vehicle.

In 2017, several bears got aggressive and killed persons. Wildlife biologists shot and killed four black bears in the Bird Ridge area this summer after an Anchorage runner was fatally mauled during a mountain race on June 18th. It was the first fatal mauling in the Anchorage area in more than 20 years. A day later and hundreds of kilometres away, in Interior Alaska, a 27-year-old man was killed by a black bear while doing contract work at a mine. The news of the attacks may have put some Alaskans on edge, leading to more bear shootings.

Very simply, another cause may be that there are just more bears around. At the Alaska Native Heritage Center, in northeast Anchorage, the staff is upgrading its fence to better keep bears out after a summer filled with wildlife. However, there is no scientific census of bears in the Municipality of Anchorage, so it is difficult to say for sure whether more bears wandered through the area this year or not. Perhaps, more bears entered populated areas this year because they knew they could find trash to eat. Or maybe it had something to do with the salmon runs.

The rising number of bears may have something to do with climate change and new hibernation behaviours. With global warming, bears hibernate later during the fall and come out of hibernation earlier in spring, a moment when they look for food. If they can easily find trash around the houses, they are sure to stay in populated areas.

When a bear is killed by a resident in defence of life or property or by an agency like Fish and Game, the carcass can go to one of several places. If the meat is still fresh, Fish and Game staff starts calling a list of Alaskans interested in salvaging it. The hide is fleshed and salted and then stored until it goes in front of a crowd at the annual auction sale in downtown Anchorage. Fish and Game keeps bears’ skulls for educational purposes. If the meat is not fresh, the bear carcass either goes to the dump or, recently, to the University of Alaska where they are used in forensics classes as substitutes for human corpses. Indeed, bones in a bear paw look a lot like those in a human hand.

Source : Adapted fom an article in Alaska Dispatch News.

Source: Department of Fish and Game

Les ours noirs sont les plus enclins à visiter les poubelles et attaquer les personnes (Photos: C. Grandpey)

Alaska: La fonte du glacier Eklutna pourrait menacer Anchorage // The melting of Eklutna Glacier might threaten Anchorage

drapeau-francaisLe recul des glaciers sous l’effet du réchauffement climatique posera inévitablement des problèmes dans certaines parties du monde. Dans les Andes et l’Himalaya, la disparition des glaciers menace déjà l’approvisionnement en eau potable et en énergie hydroélectrique. Ainsi, au Pérou, deux millions de personnes dépendent des glaciers qui ont perdu au moins 34% de leur masse au cours des 40 dernières années. Lima, la capitale avec ses 10 millions d’habitants, dépend des glaciers pour son approvisionnement en eau. On peut facilement imaginer ce qui arriverait s’ils disparaissaient.
La situation est également inquiétante en Alaska où Anchorage (300 000 habitants) dépend principalement du glacier Eklutna pour son approvisionnement en eau et électricité. Au vu des derniers relevés sur le terrain, on peut affirmer que la population actuelle n’est pas menacée, mais les générations futures seront probablement confrontées à de véritables problèmes.
Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Glaciology a quantifié la vitesse à laquelle le glacier Eklutna est en train de perdre sa masse de glace. Entre 1957 et 2010, cette perte a été en moyenne de 5% par an. Entre 2010 et 2015, elle a atteint 7%. Au cours de certaines années chaudes, comme 2013 et 2015, la perte était de 13%.
À long terme, le glacier Eklutna, qui présente une longueur de plus de 10 km et une superficie d’environ 30 kilomètres carrés, fondra, à l’exception d’un moignon et de petits glaciers de cirque à haute altitude. Le temps que cela prendra dépendra du climat. Selon l’étude, si le climat reste le même que celui de 2008 à 2015, la disparition presque complète du glacier se produira vraisemblablement dans environ 100 ans. Si le réchauffement s’accélère, ce laps de temps sera beaucoup plus court, et le glacier pourrait disparaître en une cinquantaine d’années.
En 2016, l’Eklutna fournissait 86% de l’eau gérée par l’Anchorage Water and Wastewater Utility, le Service des Eaux de la ville. Un volume d’eau 10 fois supérieur en provenance du glacier a également fait tourner les turbines de la centrale hydroélectrique exploitée par les fournisseurs d’électricité locaux.
Anchorage n’est pas encore dans la situation préoccupante des villes et des villages des Andes et de l’Himalaya. Le climat y est relativement frais et humide ; la population n’est pas aussi importante et ne consomme pas autant d’eau et d’énergie que des villes comme Lima. À court et à moyen terme, le glacier Eklutna sera encore là pour fournir suffisamment d’eau, même si sa masse diminue. En revanche, le long terme risque d’être plus problématique.

Source: Alaska Dispatch News.

 ————————————-

drapeau-anglaisThe retreat of the glaciers because of climate change will inevitably pose problems in some parts of the world. In the Andes and the Himalayas, the disappearance of the glaciers is threatening drinking-water supplies and hydroelectric power. In Peru, two million people depend on the glaciers which have retreated at least 34% in the last 40 years. Lima, the capital (pop. 10 million) depends on the glaciers for its water supply. One can easily imagine what would happen if they disappeared.

Thee situation is equally worrying in Alaska where Anchorage, the main town (pop. 300,000) depends mainly on the Eklutna Glacier for its water supply. The latest observations indicate that the current population is not threatened, but the future generations might have to face real problems.

A new study published in the Journal of Glaciology has quantified the rate at which Eklutna Glacier is losing its icy mass. Between 1957 and 2010, this loss averaged 5 % a year. Between 2010 and 2015, that rate bumped up to 7 %. And in certain hot years, like 2013 and 2015, the rate was 13 %.

In the long term, Eklutna Glacier, which is more than 10 km long and about 30 square kilometres in area, will melt away, except for a remnant and small high-elevation cirque glaciers. How long that will take depends on climate. According to the study, if the climate remains the same as that from 2008 to 2015, the glacier’s near-complete disappearance will likely happen in about 100 years. If the climate warms even more, however, the timeline will be much shorter, perhaps in half as much time.

In 2016, Eklutna water made up 86 % of the water produced for Anchorage Water and Wastewater Utility. In 2016, about 10 times as much of Eklunta’s water went to Eklutna hydroelectric plant operated by local power utilities.

Anchorage is not yet in the position of the cities and villages of the Andes and the Himalayas. It has a relatively cool and moist climate, and the population is not as large and resource-draining as that of cities like Lima. For the near and medium term, the Eklutna Glacier will be present and providing sufficient water, with shrinking mass swelling the supply. In the long term, problems are likely to appear.

Source : Alaska Dispatch News.

Gla 07

Bon nombre de glaciers en Alaska ont tellement reculé que seuls des lambeaux restent accrochés à la montagne. (Photo: C. Grandpey)