La cendre et les lapilli de l’Etna // Mt Etna’s ash and lapilli

Le 17ème paroxysme de l’Etna est maintenant complètement terminé. Il a été particulièrement long. C’est d’ailleurs le plus long de la série qui a débuté le 16 février 2021. L’INGV précise que les coulées de lave apparues lors de cet événement sont maintenant inactives et en cours de refroidissement. Comme lors des paroxysmes précédents, l’Etna a vomi de volumineux panaches de cendre qui ont entraîné la fermeture momentanée de l’aéroport de Catane. Une couche de lapilli d’environ 1 cm d’épaisseur a été observée dans le secteur du Refuge Sapienza et les balais ont repris du service dans la région de Catane.

Le journal La Sicilia s’attarde sur une étude publiée dans Nature Geoscience.sur la formation des cendres et des lapilli de l’Etna. Des chercheurs appartenant à plusieurs organismes de recherche dont l’INGV de Catane expliquent que « le magma fluide de volcans basaltiques comme l’Etna et le Stromboli se fragmente tel un verre qui tombe à terre. Comme ce magma est fluide, de nombreuses fractures se recomposent, ce qui réduit la quantité de cendre émise et donc son impact sur les populations qui vivent autour des volcans. »

En étudiant les échantillons de matériaux émis par un grand nombre d’éruptions basaltiques, les scientifiques ont découvert que dans tous les échantillons il y avait des cristaux microscopiques brisés par la fragmentation du magma. La morphologie de ces cristaux révèle que le magma basaltique, apparemment fluide, est en fait fragile et se fragmente comme un verre qui se brise en tombant. Il est aussi très intéressant de remarquer que le magma est encore à l’état de fusion lors de sa fragmentation, de sorte que la plupart des fractures parviennent à se « recomposer », ce qui réduit la quantité de cendres émise par le volcan. Selon les auteurs de l’étude, les résultats obtenus permettront d’estimer le nombre et la taille des particules émises lors des futures éruptions. De plus, ces nouvelles observations aideront à mieux comprendre la dynamique des éruptions passées.

Source : La Sicilia, INGV.

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Etna’s 17th paroxysm is now completely over. It was particularly long. It was the longest in the series which began on February 16th, 2021. INGV specifies that the lava flows that appeared during this event are now inactive and in the process of cooling. As in previous paroxysms, Mt Etna emitted voluminous plumes of ash which caused the temporary closure of Catania airport. A layer of lapilli about 1 cm thick was observed in the Refuge Sapienza area and brooms are back in service in the Catania region.

The local newspaper La Sicilia tells about a study published in Nature Geoscience on the formation of ash and lapilli from Mt Etna. Researchers from several research organizations including the INGV of Catania explain that “the fluid magma of basaltic volcanoes like Etna and Stromboli shatters like falling glass. As this magma is fluid, many fractures recompose, which reduces the amount of ash emitted and therefore its impact on the populations living around volcanoes.”

By studying samples of materials emitted by a large number of basalt eruptions, scientists found that in all samples there were microscopic crystals shattered by the fragmentation of magma. The morphology of these crystals reveals that the basaltic magma, apparently fluid, is in fact brittle and shatters like glass when falling. It is also very interesting to note that the magma is still in the state of fusion during its fragmentation, so that most of the fractures manage to « recompose », which reduces the amount of ash emitted by the volcano. According to the study’s authors, the results obtained will make it possible to estimate the number and size of particles emitted during future eruptions. In addition, these new observations will help to better understand the dynamics of past eruptions.

Source: La Sicilia, INGV.

Panache de cendre émis lors du 16ème paroxysme

Emissions de cendre de la Voragine (Photo : C. Grandpey)

Stromboli : 10 minutes pour fuir en cas de paroxysme ! // Stromboli: 10 minutes to flee in the event of a paroxysm !

Selon une étude effectuée par une équipe de chercheurs italiens issus des universités de Florence, Palerme, Pise et Turin, ainsi que de l’INGV, la surveillance de la déformation du sol sur un volcan permettrait de comprendre à l’avance quand une violente éruption va se produire. Les travaux de ces chercheurs – publiés dans la revue Nature Communications  – se sont appuyés sur l’activité éruptive du Stromboli (Sicile). Ils ont mis au point un système d’alerte automatique en temps réel.

Les chercheurs ont rassemblé des milliers de données au cours des 15 dernières années, à l’aide de capteurs inclinométriques très sensibles. Ces capteurs ont permis de constater que les explosions paroxystiques du Stromboli sont précédées d’une déformation faible mais nette du sol, de l’ordre du millionième de degré. Le phénomène se répète à l’identique pour chaque épisode éruptif, du plus faible au plus violent. L’ensemble de l’édifice volcanique commence à connaître une inflation près de 10 minutes avant l’explosion strombolienne provoquée par la dilatation des gaz lors du processus d’ascension du magma dans le conduit d’alimentation.

Les signaux détectés par les chercheurs sont cruciaux non seulement pour alerter lors des événements explosifs mais aussi lors de ceux qui se produisent après coup, comme les tsunamis qui peuvent avoir des effets dévastateurs.

Un chercheur rappelle que les éruptions volcaniques explosives sont des phénomènes violents et soudains dont la dynamique est si rapide qu’ils échappent au contrôle de la plupart des réseaux de surveillance. De telles éruptions représentent un grave danger, en particulier lorsque les zones entourant le volcan sont densément peuplées ou constituent une attraction touristique. C’est le cas à Stromboli où des milliers de visiteurs sont attirés par l’activité strombolienne spectaculaire qui se produit chaque jour. Cette activité modérée peut être interrompue par des événements beaucoup plus violents, comme ceux observés en juillet et août 2019, avec des colonnes éruptives de plusieurs kilomètres de haut, des incendies de végétation et de petites vagues de tsunami, sans oublier les retombées de cendres et de lapilli sur l’île.

La Protection Civile explique que  le système d’alerte automatique pour les paroxysmes à Stromboli est opérationnel à titre expérimental depuis octobre 2019 et représente le premier système d’alerte automatique au monde pour les éruptions volcaniques explosives.

Source : La Sicilia.

Cet article appelle plusieurs remarques de ma part. D’une part, l’accès au sommet du Stromboli étant actuellement interdit aux touristes, le risque aux personnes lors d’un paroxysme est très faible. Ce nouveau système d’alerte permettra-t-il à la situation d’évoluer avec une ouverture du sommet aux touristes accompagnés de guides ?

Ensuite, un laps de temps de 10 minutes me semble bien court pour avertir les guides qui se trouveraient au sommet du volcan avec des groupes de touristes.

S’agissant de la population de l’île dans son ensemble, quel système d’alerte préviendra les habitants ? Sirènes ? Pas sûr qu’une dizaine de minutes soit un temps suffisant pour se mettre à l’abri d’une fureur du volcan. La Sicile n’est pas le Japon !

Enfin, pour déclencher le système d’alerte, quel niveau d’inflation permettra de faire la différence entre une éruption strombolienne classique un peu forte et un paroxysme digne de ce nom ?

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According to a team of Italian researchers from the universities of Florence, Palermo, Pisa and Turin, as well as the INGV, monitoring the deformation of the ground on a volcano would make it possible to understand in advance when a violent eruption would occur. The work of these researchers – published in the journal Nature Communications – was based on the eruptive activity of Stromboli (Sicily). They have developed an automatic alert system, in real time.

Researchers have collected thousands of data over the past 15 years, using highly sensitive tiltmeter sensors. These sensors have shown that the paroxysmal explosions of Stromboli are preceded by a weak but clear deformation of the ground, of the order of a millionth of a degree. The phenomenon is repeated identically for each eruptive episode, from the weakest to the most violent. The entire volcanic edifice begins to experience inflation nearly 10 minutes before the Strombolian explosion caused by the expansion of gases during the process of magma ascent in the supply duct. The signals detected by researchers are crucial not only to alert during explosive events but also during those that occur after the events, such as tsunamis which can have devastating effects.

A researcher recalls that explosive volcanic eruptions are violent and sudden phenomena whose dynamics are so rapid that they escape the control of most surveillance networks. Such eruptions represent a serious danger, especially when the areas surrounding the volcano are densely populated or are a tourist attraction. This is the case with Stromboli where thousands of visitors are drawn to the spectacular Strombolian activity that occurs every day. This moderate activity can be interrupted by much more violent events, such as those observed in July and August 2019, with eruptive columns several kilometres high, vegetation fires and small tsunami waves, not to mention the fall of ash and lapilli on the island.

The Civil Protection authorities explain that the automatic warning system for paroxysms at Stromboli has been operational on an experimental basis since October 2019 and represents the first automatic warning system in the world for explosive volcanic eruptions.

Source: La Sicilia.

This article calls for several comments. On the one hand, since access to the summit of Stromboli is currently closed to tourists, the risk to people during a paroxysm is very low. Will this new alert system allow the situation to evolve with the opening of the summit to tourists accompanied by guides?

Then, a period of 10 minutes seems very short to warn the guides who would be at the summit of the volcano with groups of tourists. With regard to the population of the island as a whole, what warning system will notify the inhabitants? Sirens? Not sure that ten minutes is enough time to take shelter from the fury of the volcano. Sicily is not Japan!

Finally, before triggering the warning system, what level of inflation will make the difference between a typical Strombolian eruption that is a little strong and a real paroxysm ?

Photo : C. Grandpey

Etna (Sicile) : 17ème paroxysme ! // 17th paroxysm !

31 mars 2021 – 23 heures (heure locale) : Depuis 20 heures (heure locale), on observe aune augmentation de l’activité strombolienne dans le Cratère SE  de l’Etna. Dans le même temps, la coulée de lave mentionnée précédemment qui se dirige vers le SSE reste bien alimentée. Son front se trouve en bordure de la Valle del Bove.

La situation a encore évolué au cours des dernières heures avec une hausse du tremor qui semble annoncer le 17ème paroxysme. Malheureusement il est tard et le sommeil se fait sentir après une longue journée de travaux campagnards… On verra donc la suite des événements demain matin!

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1er avril 2021- 7 heures : A partir d’une heure du matin le 1er avril (heure locale), l’activité strombolienne au Cratère SE s’est progressivement commuée en fontaine de lave. Dans le même temps, le panache de cendres atteignait une altitude d’environ 7000 m et se dirigeait vers le SSO. A partir de 02h18 (heure locale) le 1er avril, l’INGV indique qu’un débordement de lave était observé sur la lèvre orientale du Cratère SE avec un écoulement dans la partie supérieure de la Valle del Bove. En outre, l’activité effusive signalée précédemment continue à la base sud du cratère. L’activité éruptive des autres cratères sommitaux reste inchangée. Ce matin le tremor se maintient à un niveau très élevé et l’Etna émet de volumineux panaches de cendre.

8 heures : Les  fontaines de lave sont en déclin mais le Cratère SE continue d’émettre de volumineux panaches de cendre. Le tremor reste à un niveau élevé. La pression est encore très forte dans le conduit éruptif. Les explosions projettent d’impressionnantes bombes sur les flancs du Cratère SE.

Les impacts des bombes sur le flanc du Cratère SE sont impressionnants. Il n’y a pas intérêt à se trouver à cet endroit! N’hésitez pas à regarder en plein écran la webcam des Guide de l’Etna :

https://www.guidetna.it/webcam-etna/

L’éruption islandaise semble bien gentille à côté de cette démonstration de force de l’Etna!

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9h30 : Le tremor vient d’amorcer son déclin. L’activité éruptive va donc perdre de son intensité, même siei de volumineux panaches de cendre continuent à s’échapper du Cratère SE. Les balais vont reprendre du service sur les pentes de l’Etna sous le vent!

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11 heures : L’INGV donne des informations complémentaires sur le 17ème paroxysme de l’Etna. Le panache éruptif a atteint une altitude de plus de 9000 mètres avant de s’étirer vers le SSO. L’Institut confirme que la lave continue à avancer dans la partie supérieure de la Valle del Bove, avec e front de coulée à environ 2600 m d’altitude. La coulée apparue à la base du Cratère SE reste également alimentée et avance dans la partie ouest de la Valle del Bove ; son front a été localisé à environ 2000 m d’altitude. La coulée de lave en direction du SO semble s’être stabilisée à une altitude d’environ 2600 m au dessus du niveau de la mer.

Le tremor continue à décroître mais reste à un niveau encore élevé, confirmé par la vigueur des émissions de cendre au sommet du Cratère SE.

Source : INGV.

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13 heures : Le tremor met beaucoup de temps à décroître. Deux coulées de lave restent actives sur le versant SO du volcan.

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17 heures : Dans son dernier rapport publié en cours d’après-midi, l’INGV confirme la baisse d’intensité du tremor. On remarquera toutefois que le retour à un niveau normal a pris plus de temps qu’à l’accoutumée, preuve de l’énergie qui réside en ce moment à l’intérieur de l’édifice volcanique.

En dépit de la couverture nuageuse, l’INGV a pu constater que le premier débordement de lave qui s’est dirigé vers la Valle del Bove, et le second débordement qui a atteint la base orientale du Cratère SE, semblent moins alimentés que précédemment. S’agissant des coulées de lave qui ont pris la direction du SSE et du SO durant le paroxysme, leur front s’est stabilisé à environ 2600 m d’altitude.

Le panache éruptif était chargé en cendre. Il est fait état d’une couche de lapilli d’environ 1 cm au Refuge Sapienza en fin de matinée et d’une fine couche de cendres à Nicolosi et Catane.

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20 heures : L’INGV indique ce soir que la coulée de lave orientée SSE a atteint et traversé le rebord ouest de la Valle del Bove. Pour le moment, le front se trouve à une altitude d’environ 2300 m au dessus du niveau de la mer. De plus,  la coulée de lave du SE semble encore alimentée ; son front se trouve à environ 1900 m d’altitude. En revanche, les deux coulées issues des débordements de la lèvre E du cratère SE, sont en cours de refroidissement.

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March 31st, 2021 – 11 p.m. (local time): Since 8 p.m. (local time), there has been an increase in Strombolian activity at Lt Etna’s SE Crater. At the same time, the previously mentioned lava flow heading towards SSE remains well fed. Its front is on the edge of the Valle del Bove.

The situation has further evolved over the last few hours with an increase in the tremor which seems to announce the 17th paroxysm.

Unfortunately it is late and I feel sleepy after a long day of country work … See you tomorrow!

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April 1st, 2021 – 7 am : From 1 a.m. on April 1st (local time), Strombolian activity at the SE Crater gradually turned into a lava fountain. At the same time, the ash plume reached an altitude of around 7,000 m and was moving SSW. As of 02:18 (local time) on April 1st, INGV reported that a lava overflow was observed on the eastern rim of the SE Crater with a lava flow in the upper part of the Valle del Bove. In addition, the previously reported effusive activity continues at the southern base of the crater. The eruptive activity of the other summit craters remains unchanged. This morning the tremor remains at a very high level and Mt Etna emits voluminous ash plumes.

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8 am: Lava fountains are declining but the SE Crater continues to emit huge ash plumes. The tremor remains at a high level. The pressure is still very high in the eruptive conduit. The explosions eject impressive bombs on the flanks of the SE Crater.

The impacts of the bombs on the flank of the SE Crater are impressive. There is no point in staying there! Do not hesitate to watch the Etna Guides’ webcam in full screen:

https://www.guidetna.it/webcam-etna/

The Icelandic eruption seems very quiet compared with this show of force from Mt Etna!

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9:30 am: The tremor has just started to decline. The eruptive activity will therefore lose its intensity, even if large plumes of ash continue to come out of the SE Crater. The brooms will resume service on the downwind slopes of Mt Etna!

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11 am: INGV has provided additional information about Mt Etna’s 17th paroxysm. The eruptive plume reached an altitude of more than 9,000 metres before drifting SSW. The Institute confirms that lava continues to advance in the upper part of the Valle del Bove, with the flow front at about 2600 m above sea level. The flow that appeared at the base of the SE Crater also remains fed and advances in the western part of the Valle del Bove; its front was located at an altitude of about 2,000 m. The SW lava flow appears to have stabilized at an elevation of about 2,600 m above sea level. The tremor continues to decrease but remains at a high level, confirmed by the vigour of the ash emissions at the summit of the SE Crater. Source: INGV.

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1 pm : The eruptive tremor is decreasing very slowly. Two lava flows are still active on the SW flank of the volcano.

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5 p.m .: In its latest report published in the afternoon, INGV confirms the decrease in the intensity of the tremor. One should note, however, that the return to normal values took longer than usual, proof of the energy inside the volcanic edifice.

Despite the cloud cover, INGV was able to observe that the first lava overflow which headed towards the Valle del Bove, and the second overflow which reached the eastern base of the SE Crater, appear to be less fed than previously.

With regard to the lava flows which travelled SSE and the SW during the paroxysm, their front stabilized at about 2600 m a.s.l..

The eruptive plume was laden with ash. A layer of lapilli about 1 cm thick was reported at Refiugio Sapienza in the late morning and a thin layer of ash was observed at Nicolosi and Catania.

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8 p.m .: INGV indicates tonight that the SSE trending lava flow has reached and crossed the western edge of the Valle del Bove. For the moment, the front lies about 2300 m above sea level. In addition, the SE lava flow still seems to be fed; its front is about 1900 m above sea level. However, the two flows resulting from the overflows on the E rim of the SE crater, are in the process of cooling.

Réchauffement climatique: fonte des glaciers en Ouganda // Climate change: Melting glaciers in Uganda

Quand on parle des glaciers en Afrique, on évoque généralement ceux qui couronnent le Kilimandjaro en Tanzanie, et qui ont pratiquement cessé d’exister à cause du réchauffement climatique. Il existe d’autres glaciers en Ouganda en Afrique de l’Est. Le pays est bordé à l’est par le Kenya, au nord par le Soudan du Sud, à l’ouest par la République Démocratique du Congo (RDC), au sud-ouest par le Rwanda et au sud par la Tanzanie.

L’Ouganda est principalement composé d’un plateau central entouré de montagnes. On rencontre des collines au sommet plat, séparées par des vallées. La majeure partie du pays se trouve au-dessus de 1 000 m au-dessus du niveau de la mer. A la frontière avec la RDC, les monts Rwenzori, la plus haute chaîne d’Afrique, culminent à 5 119 m au pic Marguerite.

Les Rwenzori, site du patrimoine mondial de l’Unesco, étaient autrefois couverts de neige et de glace, mais avec le changement climatique, la neige disparaît et les glaciers fondent et reculent. Les conséquences sont graves car aujourd’hui les récoltes sont détruites par les inondations ou la sécheresse. Soit il y a trop de sécheresse, soit il y a trop de pluie.

Le changement climatique affecte les monts Rwenzori de différentes manières. La plus visible est la réduction rapide du champ de glace, qui est passé de 6,5 kilomètres carrés en 1906 à moins d’un kilomètre carré en 2003, et il se pourrait qu’il disparaisse complètement avant la fin de cette décennie.

En 2012, les incendies de forêt ont atteint des altitudes supérieures à 4 000 mètres, ce qui aurait été inconcevable dans le passé. Le feu dévaste la végétation qui autrefois contrôlait le débit des rivières en aval. Les localités au pied des Rwenzori connaissent des inondations catastrophiques liées à un schéma de précipitations moins fréquentes mais plus abondantes. En mai 2020, cinq rivières ont rompu leurs berges après de fortes pluies. Les eaux ont dévalé la montagne en transportant de gros rochers ; des maisons et des écoles ont été emportées et la ville de Kalembe a été rasée. Quelque 25 000 maisons ont été détruites et 173 000 personnes ont été affectées.

On peut trouver des explications scientifiques à ces événements, mais la culture locale Bakonzo les interprète différemment. Selon les croyances locales, les catastrophes se produisent parce que les dieux sont en colère. Les Bakonzo croient que leur dieu, Kithasamba, vit dans la neige et que la neige est en fait son sperme gelé. Le nom Rwenzori vient de rwe nzururu, qui signifie «lieu de neige» en langue Bakonzo. Selon la cosmologie Bakonzo, 30 dieux sont associés aux différentes ressources naturelles sur la montagne.

La déforestation et la croissance démographique rapide autour des Rwenzori, montagnes sacrées pour la population, mais aussi la fonte du glacier, ont profondément changé la vie dans la région. Lors des inondations de 2020, l’eau a submergé des sources chaudes et emporté la végétation autour d’une cascade qui était utilisée comme lieu de rituels. Depuis lors, les chefs spirituels ne sont plus en mesure d’accomplir ces cérémonies. D’autres sites spirituels s’érodent ou sont envahis par la boue et la destruction de la végétation a affaibli les berges des rivières dans de nombreuses régions. Des rituels vieux de plusieurs siècles se trouvent menacés.

La communauté Bakonzo est composée d’environ un million de personnes qui vivent de part et d’autre de la frontière entre l’Ouganda et la RDC, et leur patrimoine disparaître à cause du changement climatique. La situation en Ouganda montre que les conséquences du changement climatique sont particulièrement sévères sous les tropiques. Un accroissement de la température de un ou deux degrés sous l’équateur a un impact beaucoup plus important qu’une hausse identique dans les pays tempérés. La restauration et la protection des zones touchées par le changement climatique sont essentielles pour préserver le patrimoine culturel. Un projet allant dans ce sens prévoit la plantation d’arbres pour renforcer les berges des cours d’eau, en particulier avec des bambous et des arbres indigènes. La population locale a déjà apporté des réponses à certains problèmes. Par exemple, les habitants savent quel type de végétation doit être planté en fonction de l’altitude. Ils savent aussi qu’il faut planter le long des berges des rivières parce que c’est la nourriture du dieu de l’eau, et quand le dieu de l’eau est content, il ne provoque pas d’inondations…

Source: La BBC.

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When people think about glaciers in Africa, they usually mention Mt Kilimandjaro’s (Tanzania) which are quickly melting and have nearly disappeared because of global warming. There are other glaciers in Uganda, an East African country bordered to the east by Kenya, to the north by South Sudan, to the west by the Democratic Republic of the Congo, to the south-west by Rwanda, and to the south by Tanzania

The country is mainly composed of a central plateau surrounded by mountains. The relief is composed of hills with a flat top, separated by valleys. Most of the country is above 1,000 m above sea level and, on the border with the DRC, the Rwenzori Mountains, the highest range in Africa, peak at 5,119 m at Margherita Peak.

The Rwenzori mountains, a Unesco World Heritage site, used to be covered with snow and ice, but no longer today. With climate change, the snow is disappearing and the glaciers are melting and receding. Today, the crops get destroyed by floods or drought. It’s either too much drought or too much rain.

Climate change is affecting the Rwenzori Mountains in different ways. The most visible is the rapid loss of the ice field, which shrunk from 6.5 square kilometres in 1906 to less than one square kilometre in 2003, and could completely disappear before the end of this decade.

In 2012, forest fires reached altitudes above 4,000 metres, which would have been inconceivable in the past, devastating vegetation that controlled the flow of the rivers downstream.

Since then, the communities living at the foot of the Rwenzori have suffered some of the most destructive floods the area has ever seen, coupled with a pattern of less frequent but heavier rainfall. In May 2020, five local rivers burst their banks after heavy rains. The waters came down the mountain carrying large boulders, sweeping away houses and schools and razing the entire town of Kalembe to the ground. Around 25,000 houses were destroyed and 173,000 people were affected.

While science may provide an explanation for these events, the local Bakonzo culture has another way of framing them. According to their beliefs, they happen because the gods are angry.

The Bakonzo believe that their god, Kithasamba, lives in the snow, and that the snow is actually his frozen sperm. The name Rwenzori comes from rwe nzururu, which means « place of snow » in the Bakonzo language. According to Bakonzo cosmology, there are 30 gods associated with different natural resources living on the mountain.

Deforestation and rapid population growth around the sacred mountain, as well as the melting glacier, are changing life in the region. During the 2020 floods, the water submerged hot springs and washed away the vegetation around a waterfall that was used as a place for rituals. Since then, spiritual leaders have been unable to perform those ceremonies. Other spiritual sites are getting eroded or filled up with silt and the destruction of the vegetation has weakened the banks in many areas. All this is threatening centuries-old rituals.

The Bakonzo community is made up of around one million people living on both sides of the border between Uganda and DR Congo, and their heritage could be lost as a result of climate change.

The situation in Uganda shows that the consequences of climate change are particularly acute at the tropics. One or two degrees of warming at the Equator has a much bigger impact on climate and water budgets than one or two degrees of warming in temperate countries.

Restoring and protecting areas affected by climate change is key to preserving cultural heritage. As part of a project to do this, there is a project to plant trees to reinforce the riverbanks, including bamboos and native trees. The community already had answers for some of the problems. For example, they know what type of vegetation should be planted at what level on the mountain. They also know they are supposed to plant along the riverbank because it is food to the water god. And when the water god is pleased, he doesn’t cause floods.

Source: The BBC.

Les monts Rwenzori et le Pic Marguerite (Crédit photo : Wikipedia)