Eruption de La Soufrière: ce n’est que le début // La Soufriere eruption : it’s just the beginning

Selon le géologue qui dirige l’équipe de l’UWI sur la Soufrière de Saint-Vincent, il ne faut pas se laisser berner par la pause actuelle de l’activité éruptive. À son avis, l’éruption ne fait que commencer. Le volcan est en éruption depuis une semaine; dire que le calme va revenir dans deux semaines serait une erreur. La quantité d’énergie libérée jusqu’à présent montre que le volcan en a encore beaucoup dans le ventre. De même, la quantité de matériaux émis jusqu’à présent est en réalité très faible. Les éruptions du passé comme celle de 1979 ont rejeté environ 60 millions de mètres cubes de matériaux. Ces éruptions ont commencé moins vigoureusement que l’éruption de 2021 mais elles ont émis plus de matériaux. Le géologue pense que si les scénarios du passé se répètent, La Soufrière détruira des biens et des terres. Même avec des explosions qui affectent juste le nord, l’éruption fera beaucoup de dégâts à travers toute l’île. Il pense qu’à la fin de l’éruption la quantité de matériaux expulsés par le volcan sera plus importante qu’en 1979. L’éruption actuelle ressemble davantage à celle de 1902. L’éruption de 1902 a détruit environ un tiers de l’île, de Georgetown à Chateaubelair. Les zones au nord de cette zone ont été les plus durement touchées; on aurait dit que la zone avait été bombardée. Pour le moment, l’éruption a épargné ces zones; les villages de l’Est sont encore en grande partie intacts, ce ne sera pas nécessairement le cas une fois l’éruption terminée.

Le géologue demande à la population de rester vigilante et de ne pas penser que l’éruption est terminée car elle n’en est encore qu’à ses débuts. Il reconnaît que lui et son équipe ont commis une erreur en affirmant  la veille que l’éruption touchait à sa fin. Il dit: «Même avec un intervalle entre les explosions, les gens ne doivent pas penser qu’ils peuvent se rendre dans le nord de l’île parce que l’intervalle peut changer comme il l’a déjà fait.».

Source: médias d’information locaux.

En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une vidéo montrant l’éruption vue depuis l’espace, avec les panaches de cendre et de SO2, ainsi que les ondes de gravité que j’avais mentionnées précédemment :

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According to the geologist leading the UWI team on St Vincent’s La Soufriere, one should not be lured by the current pause in eruptive activity. In his opinion, the eruption is just starting. The volcano has just erupted for one week; saying it will end in two weeks would be a mistake. The amount of energy it has released until now suggests there is a lot more to come out. The quantity of emitted material is actually very small. Past eruptions like that of 1979 released about 60 million cubic metres of materials, so past eruptions which started less vigorously put out more materials.

The geologist says that if the scenarios of the past repeat themselves, La Soufriere will destroy property and land. Even with just explosions that affect the north, the eruption is going to do a lot of damage to the whole island. He thinks that at the end of the eruption the amount of materials expelled by the volcano will be greater than in 1979. It looks closer in magnitude to the 1902 eruption. The 1902 eruption destroyed about one-third of the island, from Georgetown over to Chateaubelair. Areas north of that area were the most badly affected; the place looked as if it had been bombed. For the moment, the eruption has spared these regions ; the Eastern villages are still largely intact, but he thinks it might not necessarily be the case when the eruption was over.

The geologist warns that people should not pause and think the eruption is over because it is still in its early days yet. He admits he and his team were wrong when they thought the day before that the eruption was coming to an end. He says: “Even with an interval between explosions, people must not think they can go into the areas in the north because the interval may change as it did”.

Source : Local news media.

Source : UWI

Au cœur de la lave du Piton de la Fournaise : nouvelles photos

Alors que le tremor éruptif reste relativement stable, l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit. L’OVPF indique que le front de coulée n’avance pas et se situe toujours dans la partie supérieure des Grandes Pentes. La lave s’écoule désormais sur le plateau en aval du site éruptif, avec la mise en place de tunnels montrant de nombreuses résurgences. Les trois cônes éruptifs sont entièrement clos latéralement et ne laissent échapper la lave que par leur bouche sommitale et par des tunnels. Une fusion entre les deux cônes les plus en aval est en train de s’opérer..

Source : OVPF.

Christian Holveck vient de m’adresse une nouvelle série de photos de l’éruption, prises le 15 avril 2021. Christian nous fait vraiment entrer au cœur de la lave. Il écrit que « cette éruption qui avait débuté de manière classique et assez peu tumultueuse nous réserve des surprises. Ainsi, j’ai vu de superbes débordements et des coulées éclatantes, un vrai bonheur. ».

D’autres images, toujours aussi somptueuses, sont à voir sur son site : http://www.christianholveck.com/

Photos : Christian Holveck

Islande: une éruption très populaire // Iceland : a very popular eruption

Cela fait quatre semaines que l’éruption a commencé dans les vallées Geldingadalir / Meradali. La lave a percé la surface dans la soirée du 9 mars 2021 et rien n’indique que l’éruption a envie de se terminer. Rien n’indique non plus que sa popularité est en baisse. Selon un récent sondage, 50% des Islandais qui ne se sont pas encore rendus sur le site de l’éruption prévoient de le faire bientôt. Selon cette même enquête, 25% des Islandais ont déjà visité le site de l’éruption, contre 16% début avril. Seul un tiers des personnes interrogées ont déclaré que l’éruption ne les intéressait pas. Selon le même sondage, 93% des Islandais suivent la couverture médiatique de l’éruption.

Les émissions de lave sont relativement stables depuis le début de l’éruption, avec de petites fluctuations de temps en temps. La pollution volcanique concerne surtout le site de l’éruption et les nuages de gaz se dissipent rapidement au fur et à mesure que l’on s’éloigne du site éruptif.

Dans une note spéciale, j’ai insisté sur les restrictions mises en place par les autorités islandaises pour entrer dans le pays, avec des tests PCR obligatoires et des périodes de quarantaine. Les visiteurs doivent savoir qu’ils encourent des amendes substantielles s’ils ne respectent pas la réglementation en vigueur. Les amendes vont de 50 000 couronnes (330 euros) à 250 000 couronnes (1 650 euros) selon la gravité des infractions à la quarantaine. Une amende de 50 000 couronnes sera infligée à une personne qui est montée dans une voiture avec quelqu’un qui n’était pas en quarantaine. A côté de cela, trois touristes étrangers qui ont été surpris dans un restaurant en train de manger, de boire et de se vanter d’avoir violé la quarantaine se verront infliger une amende de 250 000 couronnes chacun. Les amendes doivent être payées sur le champ car il serait quasiment impossible de récupérer cet argent une fois que les touristes auraient quitté l’Islande.

Source: https://www.ruv.is/

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It is four weeks since the Geldingadalir/Meradalir volcanic eruption began. Lava pierced the surface on the evening of March 9th, 2021 and there is no sign the eruption is about to come to an end. There is also no sign of people’s interest dwindling. According to a recent survey, 50 percent of people in Iceland who have not yet visited the volcano plan to do so soon.

According to the survey, 25% of the nation has already visited the eruption site, up from 16% at the start of April. Only one third of respondents have no interest in visiting the eruption. According to the same poll, 93 percent of the nation is following media coverage of the eruption.

Lava flow has been relatively stable since the start of the eruption, though small fluctuations can be measured from time to time. Volcanic pollution is most concentrated at the eruption site and dissipates quickly with increased distance.

In a special post, I have insisted on the restrictions set up by Icelandic authorities to enter the country, with compulsory PCR tests and quarantine periods. Visitors should know that they face substantial fines if they don’t respect the regulations. The fines range from 50,000 krónur (330 euros) to 250,000 krónur (1650 euros) according to the severity of quarantine breaches. A 50,000 krónur fine will be given to a person who got into a car with somebody who was not quarantining. Three foreign tourists who were found at a restaurant eating, drinking, and boasting about breaching quarantine will be fined 250,000 krónur each.

The fines must be paid on the spot as it would be difficult or impossible to get foreign visitors to pay fines after they have left Iceland.

Source : https://www.ruv.is/

A ses débuts, l’éruption était très spectaculaire et photogénique

La peur de la COVID-19 à St Vincent // Fear of COVID-19 at St Vincent

Les autorités de Saint-Vincent craignent le déclenchement d’une épidémie de COVID-19. De nouveaux cas positifs sont signalés alors que des milliers de personnes évacuées s’entassent dans les hébergements temporaires ou  chez des amis dans des maisons particulières. Une douzaine de cas ont été signalés ces derniers jours, dont au moins cinq parmi des personnes vivant chez des amis dans deux maisons individuelles. Une personne a été testée positive dans un hébergement temporaire, avec un risque de contamination pour au moins 20 personnes de son entourage.

Les autorités voudraient faire des tests à grande échelle, mais une telle tâche est compliquée étant donné qu’entre 16000 et 20000 personnes ont été évacuées avant le début de l’éruption de La Soufrière le 9 avril 2021. Bien que les personnes évacuées aient été invités à continuer à porter des masques et à coopérer, certains des arrivants dans les abris ont refusé d’être testés, les tests n’étant pas obligatoires.

Le manque d’eau dans certaines localités en raison des importantes retombées de cendres est venu s’ajouter à l’épidémie de Covid-19. On a vu les gens se bousculer pour atteindre les points d’eau avec des seaux et des cruches à la main. De longues files se sont formées, avec des risques évidents de contamination. Les familles doivent parfois se contenter d’une cruche d’eau pour se doucher, se brosser les dents et évacuer les excréments.

Certains hébergements gouvernementaux sont mal équipés. Les gens dorment souvent à même le sol, sans matelas pour pouvoir s’allonger. Plus de 4 000 personnes sont hébergées dans 89 abris gouvernementaux. Les autorités enregistrent en ce moment plus de 6000 personnes logées chez des amis ou parents dans des maisons particulières, un nombre qui ne cesse de croître.

Les autorités craignent une augmentation des cas de COVID-19 dans certaines zones en raison de la diminution des approvisionnements en eau ou du manque complet d’eau. La situation sera très difficile à gérer s’il faut affronter en même temps une épidémie de Covid-19 et tous les problèmes causés par l’éruption. Comme l’a déclaré un responsable: «Se laver les mains lorsque vous n’avez pas beaucoup d’eau est problématique»

Les équipes municipales nettoient les prises d’eau et les égouts sur l’île, mais la quantité de cendre dans les conduits est telle qu’il y a des retards. Les îles voisines ont expédié de l’eau à Saint-Vincent où les autorités ont distribué des bouteilles et expédié des camions-citernes. De longues files d’attente se sont formées devant ces camions et dans des sociétés de transfert d’argent. Il faut parfois attendre des heures pour récupérer de l’argent envoyé par des proches. Il est évident que tous ces rassemblements sont des sources potentielles de propagation de la maladie.

Source : The Independent.

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Officials in St. Vincent are extremely worried about a COVID-19 outbreak. Positive cases being reported as thousands of evacuees crowd into shelters and private homes. About a dozen cases have been reported in recent days, with at least five evacuees staying in two homes and one shelter testing positive, exposing at least 20 people to the virus..

Officials are preparing to do massive testing, a complicated task given that between 16,000 to 20,000 people were evacuated before La Soufriere’s started erupting on April 9th, 2021. Although evacuees were asked to keep wearing masks and to cooperate, but some who arrived at shelters did not want to be tested, which was voluntary.

Complicating efforts to fight COVID-19 is the lack of water in some communities because of the heavy ashfall, with people walking or driving to spigots with buckets and jugs in hand as long lines formed. Families sometimes have to use one jug of water to shower, brush their teeth and flush the toilet.

Supplies were non-existent or running low at some government shelters where people often sleep on the floor, with no mattresses to lie on. More than 4,000 people are staying in 89 government shelters. Meanwhile, the government so far has registered more than 6,000 evacuees in private homes, a number that keeps growing. Authorities worry about an increase in COVID-19 cases in certain areas given dwindling water supplies or complete lack of water.

The situation will be very hard to manage if there is a mixture of Covid-19 and all the problems caused by the eruption. As one official said:  “Washing your hands when you don’t have a lot of water is problematic”

Crews are cleaning intakes of the island’s water and sewer system but the amount of ash in the conduits causes delays. Neighbouring islands and organizations also have shipped water to St. Vincent, where officials have distributed water bottles and dispatched water trucks.

Long lines formed at those trucks and at money transfer companies, with some standing for hours to retrieve cash from loved ones. All those gatherings are obvious sources of spreading the disease.

Source: The Independent.

La cendre a envahi l’île de St Vincent (Source : UWI)