Activité volcanique et prévention sur le Mauna Loa (Hawaii) // Volcanic unrest and prevention on Mauna Loa (Hawaii)

La dernière éruption du Mauna Loa a eu lieu en 1984 et a commencé avec le style typique qui caractérise ce volcan. A 22h55 le 24 mars 1984, la sismicité a commencé à augmenter rapidement, avec 2-3 événements par minute. À 23h30, une forte secousse sismique a été enregistrée, indiquant que le magma avait commencé son ascension vers la surface. L’éruption a débuté au sommet du Mauna Loa à 1 h 30 le 25 mars.
L’apparition rapide d’une forte activité débouchant sur une éruption est typique du Mauna Loa. C’est ce que les scientifiques ont observé au cours des deux derniers siècles. En plus d’un début rapide, les éruptions le long de l’une ou l’autre des zones de rift du Mauna Loa ont tendance à émettre de gros volumes de lave, avec des coulées qui peuvent atteindre rapidement l’océan. En dévalant les pentes abruptes du Sud Kona, la lave peut atteindre l’océan en seulement 3 ou 4 heures après le début d’une éruption. Avec un début rapide, de grands volumes de lave et des coulées rapides, les éruptions du Mauna Loa peuvent être particulièrement dangereuses.
Les techniques utilisées par le HVO pour surveiller les volcans ont beaucoup évolué depuis 1984. Les sismogrammes sur papier, les données collectées à la main et les observations visuelles ont cédé la place aux données sismiques numériques, aux mesures GPS en continu et à un réseau de webcams. Cela signifie que les scientifiques obtiennent aujourd’hui beaucoup plus de détails qu’auparavant sur la période d’activité du Mauna Loa. Néanmoins, la situation est toujours susceptible d’évoluer très rapidement et il est difficile de prévoir quand une éruption va se produire.
La période actuelle d’activité du Mauna Loa a commencé fin 2014 avec une augmentation de la déformation et de la sismicité sur l’édifice volcanique. Ces paramètres ont diminué en 2017-2018, mais ils ont recommencé à augmenter en 2019 et sont restés plus ou moins stables depuis cette époque, à raison d’un vingtaine de secousses sismiques par jour. Un essaim sismique remarquable a été enregistré entre fin janvier et mi-avril 2021 et s’est accompagné d’une inflation sommitale. Ces observations indiquaient que le magma se rapprochait de la surface. Un autre bref essaim sismique accompagné d’inflation a été observé début août 2022.
L’essaim sismique actuel a commencé le 22 septembre 2022 et a marqué le début d’une augmentation persistante de la sismicité au sommet du Mauna Loa. On est passé d’environ 20 événements par jour à 40-50 par jour, avec deux jours où l’on a enregistré 100 secousses quotidiennes.

La majeure partie de la déformation du Mauna Loa reste provoquée par des processus profonds (plus de 3 kilomètres de profondeur) qui se produisent depuis 2019.
D’autres paramètres, tels que l’apparition d’épisodes de tremor, pouvant indiquer qu’une éruption est imminente, n’ont pas été observés. Cependant, en raison du niveau élevé de la sismicité, le HVO a commencé à publier des mises à jour quotidiennes sur la situation sur le Mauna Loa. Elles sont disponibles sur le site Web de l’USGS.
Cette hausse d’activité est l’occasion de rappeler à la population qu’elle doit se tenir prête à l’éventualité d’une nouvelle éruption du Mauna Loa. Les mesures à prendre incluent la constitution d’un sac contenant l’essentiel des affaires et documents à emporter en cas d’évacuation rapide, ainsi qu’un plan de communication entre les membres de la famille. Il faut aussi être en mesure de recevoir des informations d’urgence actualisées.
Les visiteurs doivent garder à l’esprit qu’en raison de l’activité actuelle le sommet du Mauna Loa a été fermé jusqu’à nouvel ordre. La Mauna Loa Road et le le Mauna Loa Lookout (point d’observation sur le volcan) à 2 000 m d’altitude restent ouverts au public.
Source : HVO.

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The last eruption of Mauna Loa occurred in 1984 and began in a style typical of the volcano. At 10:55 p.m. March 24th, 1984, the rate of earthquakes under Mauna Loa started to rapidly pick up, reaching 2-3 events per minute. By 11:30 p.m., strong seismic tremor was recorded, indicating that magma was moving underground and getting close to the surface. The eruption began at Mauna Loa’s summit at 1:30 a.m. on March 25th.

The rapid onset of extreme unrest leading to eruption in 1984 is typical of the Mauna Loa eruptions that have been observed in the last two centuries. In addition to rapid onset, eruptions that migrate along either of Mauna Loa’s rift zones tend to be high volume and the resulting lava flows can move quickly from their eruptive vents downslope toward the ocean. Moving down the steep slopes of South Kona, they can reach the ocean as soon as 3-4 hours after the start of a rift eruption. The combination of rapid onset, large lava volumes, and fast lava flows can make Mauna Loa eruptions particularly hazardous.

The technology used by HVO to monitor volcanoes has changed a lot since 1984. Paper seismograms, hand-collected survey data, and visual observations have given way to digital seismic data, continuous GPS measurements, and a network of webcams. This means scientists have a lot more detail about Mauna Loa’s current period of unrest than they had before. Nonetheless, it is still possible for the situation to change rapidly and it is difficult to forecast when that might happen.

Mauna Loa’s current episode of unrest began in late 2014 with an increase in the rates of inflationary deformation and seismicity. These rates waned in 2017-18, but began increasing again in 2019 and have remained somewhat steady since then, with earthquake rates of about 20 per day. A noticeable seismic swarm occurred from late January through mid-April 2021 and was accompanied by changes by ground surface inflation recorded by a summit tiltmeter. This was an unprecedented observation that indicated magma had been getting closer to the surface. Another short swarm and inflation event was observed in early August 2022.

The current seismic swarm began on September 22nd, 2022, and marked the start of a persistent increase in earthquake rate at Mauna Loa’s summit. It rose from about 20 events per day to 40-50 per day, with two days getting as high as 100 per day.

The bulk of Mauna Loa’s deformation is still due to deeper processes (greater than 3 kilometers deep) that have been occurring since 2019.

Other signals, such as seismic tremor, that indicate that an eruption is imminent, have not been observed. However, due to the sustained high level of earthquakes, HVO has begun issuing daily updates on Mauna Loa’s status that are available on the USGS website.

This uptick in activity is a good reminder to be prepared for a volcanic eruption, whether people live on the flanks of Mauna Loa or anywhere else on the Island of Hawaii. The steps to be prepared for a volcanic eruption include putting together a “go bag” with essentials in the case of quick evacuation, as well as a communication plan among family members, and knowing how to get updated emergency information.

Visitors should keep in mind that, due to the current unrest, the Mauna Loa summit has been closed until further notice. Mauna Loa Road and the Mauna Loa Lookout at 2,000 m elevation remain open to the public.

Source: HVO.

 

Graphiques montrant la déformation du sol (en haut) et la sismicité (en bas) sur le Mauna Loa entre le 8 août et le 5 octobre 2022 (Source: USGS / HVO)

Des feux clignotants sur la plage de Reynisfjara (Islande) // Warning lights on Reynisfjara beach (Iceland)

Suite à plusieurs accidents mortels sur la plage de Reynisfjara (voir notes sur ce l blog), les autorités islandaises ont finalement décidé d’installer un feu rouge clignotant qui indiquera aux visiteurs les moments où les vagues sont vraiment dangereuses. Le feu sera installé au cours des trois prochaines semaines. De puissantes vagues et des lames de fond sur la plage ont été à l’origine de plusieurs accidents mortels, malgré des panneaux qui demandent aux visiteurs de ne pas s’approcher du rivage.
Le feu clignotera en Orange ou en Rouge en fonction des conditions sur la plage. Le code couleur est basé sur un système de prévision des vagues que l’Administration des routes et du littoral a commencé à développer il y a cinq ans. Le responsable de l’Administration explique qu' »avec [le système de prévision] nous pouvons prévoir avec un certain degré de certitude le comportement des vagues ». Le risque a été codé en vert, jaune et rouge en fonction du danger posé par les vagues à Reynisfjara.
Le feu sera installé près du parking et du sentier qui conduit à Reynisfjara et n’utilisera jamais la couleur verte. Il clignotera en Orange en permanence et il sera Rouge lorsque les conditions seront mauvaises. Ce feu sera la première étape du système de prévention. Les autorités vont voir comment les choses se passent et si les gens respectent le feu.
Des caméras seront également installées près de la plage pour permettre aux autorités d’observer les vagues et de tenir compte de ces observations dans les prévisions.
Source : médias d’information islandais.

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After several fatal accidents at Reynisfjara beach (see posts on this blog), Icelandic authorities have finally decided to install a flashing red light to warn visitors of dangerous waves. The light will be installed within three weeks. Powerful sneaker waves at the beach have been the cause of several fatal accidents, despite signs that warn visitors to keep their distance from the water.

The light will flash yellow or red based on the conditions at the beach. The colour code is based on a wave forecasting system that the Road and Coastal Administration began developing five years ago. The manager of the Administration explains that“with [the forecasting system] we can predict with some degree of certainty how the waves will be.” The risk has been colour-coded green, yellow, and red depending on how much danger is posed by the waves at Reynisfjara.

The light will be installed by the parking lot and walking path by Reynisfjara and will never be lit green. There will be a flashing yellow warning light and it will be red when conditions are poor. This light will be the first phase of the warning system. Authorities will see how itt goes and whether people notice it.

A camera system will also be set up by the beach to allow authorities to observe the waves visually and calibrate those observations into the forecast.

Source: Icelandic news media.

 

Photos: C. Grandpey

 

 

São Jorge (Açores), Vulcano (Sicile), péninsule de Reykjanes (Islande) : les difficultés de la prévision éruptive

S’agissant des volcans actifs, deux mots revêtent à mes yeux une importance particulière: prévision et prévention. Autrement dit, prévoir pour protéger. Ces deux mots prennent vraiment leur sens quand des populations sont menacées par une éruption, et beaucoup moins lorsque l’événement se déroule dans une zone désertique. Ainsi, il ne faut pas se rater dans la prévision éruptive des volcans indonésiens ou philippins où cultures et villages grimpent très haut sur leurs pentes. Inversement, une éruption dans les zones désertiques de l’Islande ou dans l’Enclos du Piton de la Fournaise sur l’île le la Réunion n’a qu’un caractère menaçant très limité. Prévision et prévention perdent donc de leur intérêt.

Aujourd’hui, je me rends compte que la prévision éruptive n’a guère progressé depuis les années 1980, époque où je commençais à faire des observations sur le terrain. En dépit de progrès techniques indéniables – en particulier avec les données satellitaires – les volcans continuent de tuer au Guatemala ou en Indonésie. Faute de prévisions fiables, les autorités préfèrent avoir recours au principe de précaution quand la menace devient trop grande. Mieux vaut évacuer des populations que de les envoyer au casse-pipe. C’est ce qui s’est passé à La Palma (Iles Canaries) où les autorités ont eu raison d’évacuer la population susceptible d’être menacée par l’éruption.

En ce moment, il suffit de prendre l’exemple des Açores, de l’Islande et de la Sicile pour se rendre compte que le niveau de la prévision éruptive est faible.

Le 27 mars 2022, j’indiquais que les 8400 habitants de São Jorge (Açores) étaient inquiets devant la sismicité qui agitait l’île depuis le 19 mars 2022. Ils craignaient une éruption volcanique ou un puissant séisme. Le 23 mars, le CIVISA a fait passer le niveau d’alerte volcanique à 4, signe qu’il y avait la »possibilité réelle » que le volcan entre en éruption pour la première fois depuis 1808. Toutefois, le Centre s’est empressé d’ajouter qu’il n’y avait « aucune preuve qu’une éruption volcanique était imminente », mais qu’un tel scénario ne pouvait être écarté. En d’autres termes, les scientifiques ne savaient pas comment la situation était susceptible d’évoluer et la prévision était nulle, tant au niveau volcanique que sismique. Un plan d’urgence a été activé et les autorités indiquent que tout est prêt pour évacuer les gens si nécessaire. Même si aucune évacuation n’a officiellement été décrétée, quelque 1250 personnes ont quitté l’île de leur propre gré.

Crédit photo : CIVISA

En Islande, on observe depuis plusieurs semaines sur la péninsule de Reykjanes des épisodes de hausse de la sismicité auxquels est venue s’ajouter une inflation significative du sol, en particulier dans le secteur de la centrale géothermique de Svartsengi. Les habitants de Grindavík ont ​​​​été invités à une réunion publique le 19 mai pour discuter de l’activité géologique et leur rappeler les mesures à prendre en cas d’éruption. A noter que les Islandais disposent sur leurs smartphones d’une application qui les alerterait en cas d’urgence immédiate. Le géophysicien qui intervenait a indiqué qu’il était impossible de dire quel type d’éruption se produirait, si éruption il y a. Il a également reconnu qi’il était impossible de prévoir le début d’une éruption.

Photo : C. Grandpey

Cela fait plusieurs semaines que l’on observe une hausse de l’activité dans le cratère de la Fossa sur l’île éolienne de Vulcano. On a observé une augmentation de la température des gaz et une modification de leur composition chimique. L’augmentation des émissions de CO2 sur l’île proprement dite a entraîné des évacuations. Cerise sur le gâteau, une décoloration de l’eau de mer vient d’être observée sur le littoral de la plage de Levante. La saison touristiques ne va pas tarder à battre son plein. Des simulations d’évacuation ont eu lieu il y a quelques semaines, mais personne ne peut dire comment la situation va évoluer. Il suffit de lire la conclusion du dernier rapport de l’INGV pour s’en rendre compte : « Une possible évolution vers des émissions de gaz dangereuses pourrait donc avoir lieu à court terme en cas de réactivation de l’activité du cratère de La Fossa.. » On ne sait pas.

Photo: C. Grandpey

Semeru: les lacunes de la prévision et de la prévention éruptives // The shortcomings of eruptive prediction and prevention

Au lendemain de l’éruption meurtrière du Semeru (39 morts et 12 disparus, et des dizaines d’autres gravement brûlés), on se rend compte une fois de plus à quel point la prévision volcanique est faible, surtout sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique.
L’éruption du Semeru s’est produite sans prévenir. Elle soulève des questions et des doutes au sein de la population sur l’efficacité du système indonésien d’alerte aux catastrophes et sur les dangers de la reconstruction sur les pentes fertiles mais dangereuses d’un volcan.
Les autorités ont déclaré que des messages d’alerte avaient été envoyés aux administrateurs locaux, mais elles ont reconnu qu’ils n’avaient pas donné lieu à un ordre d’évacuation, « en partie parce que l’activité du volcan est difficile à prévoir. »
Les messages recommandant des évacuation sont normalement relayés par l’agence nationale de gestion des catastrophes, comme ce fut le cas en 2017 lorsqu’elle a ordonné à 100 000 personnes vivant près du mont Agung à Bali de quitter immédiatement la zone de danger. C’était une bonne mesure de prévention, même si aucune éruption majeure n’a eu lieu.
Curah Kobokan est l’un des villages détruits par la dernière éruption du Semeru. En javanais, ce nom signifie « bol en train de déverser », en référence à la rivière qui passe à proximité. Autrefois source de vie, la rivière est devenue source de malheur pour ce village. Lorsque le Semeru est entré en éruption, le cours d’eau a véhiculé d’épaisses coulées de boue et de cendres à haute température qui se sont déversées directement dans Curah Kobokan, transformant le village en un champ de cendres grises qui a englouti les lignes électriques, tandis que seuls les toits des maisons dépassaient de la fange.
Les villageois disent que l’air est devenu « brûlant et noir » en quelques secondes. Les gens ont crié et se sont enfuis; certains se sont réfugiés dans une maison de prière, d’autres se sont blottis dans une canalisation en béton. Sur les huit villageois interrogés, aucun n’a déclaré avoir été prévenu d’une éruption imminente. Ils ont tous ajouté que si les gens avaient été prévenus, ils seraient partis. Au lieu de cela, en quelques minutes, la coulée pyroclastique les a tués.
La dévastation causée par le Semeru peut être attribuée à un ensemble de facteurs, mais personne ne se sent responsable. Cela me rappelle la dernière grande éruption du volcan Fuego (Guatemala) et ses centaines de morts. À la suite de l’événement, l’INSIVUMEH et le CONRED se sont mutuellement attribués la responsabilité du désastre.
Le directeur de l’agence géologique indonésienne a déclaré que des messages avaient été envoyés aux autorités locales pour les avertir du risque de coulée pyroclastique et que la rivière près de Curah Kobokan était marquée en rouge sur la carte.
L’agence de gestion des catastrophes de Java Est a déclaré que les mises e garde avaient été transmises aux agences locales, mais qu’il n’y avait pas eu d’ordre spécifique d’évacuation.
Les scientifiques expliquent que la nature de l’éruption – un effondrement du dôme de lave peut-être déclenché par des facteurs externes tels que de fortes pluies – était difficile à prévoir. Un chercheur explique que les éruptions déclenchées par les effondrements de dômes de lave représentent environ 6 % de l’ensemble des éruptions volcaniques.
Un autre facteur causal de la tragédie est la réalité de la vie sur les pentes du Semeru, où au fil des décennies, les villageois se sont habituées à l’activité volcanique, y compris les émissions de gaz et de vapeur au sommet du volcan.
Alors que les autorités évaluent les dégâts (100 000 maisons ont été endommagées ou détruites), il semble y avoir une prise de conscience du danger de vivre si près du volcan. Le président indonésien a déclaré qu’au moins 2 000 maisons devraient être déplacées.
Avec 142 volcans potentiellement actifs, l’Indonésie a la plus forte densité de population vivant à proximité de l’un d’eux. 8,6 millions de gens habitent à moins de 10 km d’un volcan. Lorsque des coulées pyroclastiques se déclenchent, il n’y a pas le temps de fuir. Si de véritables mesures de prévention ne sont pas mises en place, la vraie question sera de savoir quel volcan indonésien sera le prochain tueur…
Source : d’après un article paru dans Yahoo News.

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In the wake of the deadly Semeru eruption (39 dead and 12 missing, with tens of others severely burnt) one realises once again how low volcanic prediction is, above all on the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire.

The Semeru eruption occurred with no warning and it raises questions and doubts among the population about the effectiveness of Indonesia’s disaster warning system, and the dangers of rebuilding on the volcano’s fertile but precarious slopes.

Officials said some messages were sent to local administrators but acknowledged they did not result in an evacuation order, « in part because the volcano’s activity is hard to predict. »

Warnings to evacuate are normally relayed by the national disaster mitigation agency, such as in 2017 when it ordered 100,000 people living near Bali’s Mt Agung to immediately leave the danger zone It was the right prevention measure, although no major eruption occurred.

One of the villages affected by Mt Semeru’s last eruption was Curah Kobokan which, in Javanese, means « pouring bowl », a reference to the river that snakes by it. Once a source of life, the river also became the community’s downfall. When Semeru erupted, the river carried thick and hot flows of lava and ash directly into Curah Kobokan, turning the village into a field of gray ash piled as high as the powerlines, a few roofs jutting out of the newly formed disaster landscape.

Villagers say the air grew blazing hot and pitch black in seconds. People screamed and fled in panic, some taking refuge in a prayer house, others huddled in a concrete drain. Out of eight residents interviewed, not one said they received warning of an impending eruption. They added that if there had been a warning, people would have evacuated. Instead in a matter of minutes, la pyroclastic flow killed a lot of people.

The devastation wreaked by Semeru can be ascribed to a deadly confluence of factors, for which no one wants to take the blame. This reminds me of the last major eruption of Fuego volcano (Guatemala) which killed hundreds of people. Following the event, INSIVUMEH and CONRED accursed each other of the disaster.

The head of Indonesia’s geological agency says messages were sent to local officials warning of hot ash clouds and that the river near Curah Kobokan was marked red on the map.

The East Java disaster mitigation agency says the warnings were passed on to local resilience officers but there were no specific orders to evacuate.

Experts say the nature of the eruption, a collapse of the lava dome possibly triggered by external factors such as heavy rain, was also difficult to predict. A researcher explains that eruptions triggered by lava dome collapses account for about 6% of all volcanic eruptions.

Another causal factor for the tragedy is the reality of life on Semeru’s slopes, where over the decades communities have become inured to volcanic activity, including the summit letting off steam.

As disaster officials survey the devastation (100,000 homes were damaged or destroyed), there is growing talk about the danger of living so close to the mountain. The Indonesian President said that at least 2,000 homes should be moved.

With 142 volcanoes, Indonesia has the largest population living in close range to a volcano, including 8.6 million within 10km. When pyroclastic flows are triggered, there is no time to run. If no new prevention measures are taken, the real question will be to knowwhich Indonesian volcano will be the next killer…

Source: after an article published in Yahoo News.

Photos : C. Grandpey