Eruptions islandaises : même fracture éruptive et champ de lave commun // Icelandic eruptions : same eruptive fissure and common lava field

Le Met Office islandais (IMO) confirme que la coulée de lave émise par la troisième fracture éruptive avance principalement dans la Geldingadalur. Cette fracture s’est ouverte à minuit le 6 avril 2021 et se situe entre celles qui existaient déjà. Les champs de lave produits par les trois éruptions ont fusionné.

La lave issue de la troisième fracture s’est écoulée au sud dans la Geldingadalur puis au nord-est vers la Meradalir. Il existe maintenant un champ de lave commun aux trois sites éruptifs qui appartiennent en fait à la même fracture qui s’est ouverte suite à l’intrusion magmatique à Fagradalsfjall.

Source : IMO

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Les autorités islandaises rappellent que lez gaz volcaniques sont le principal danger sur le site de l’éruption. Les scientifiques expliquent qu’il est peu probable que l niveau de pollution gazeuse résultant de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes soit aussi élevés que dans l’Holuhraun en 2014-2015, bien que cette possibilité ne puisse être exclue.

Les volcanologues ajoutent que la zone de l’éruption est susceptible de s’agrandir, principalement vers nord le long de la même ligne de fractures; mais aussi plus au sud dans la vallée de Geldingadalir.

Les autorités insistent sur le fait que les gaz toxiques ne proviennent pas seulement des trois fractures éruptives, mais également du nouveau champ de lave. En conséquence, il est vivement conseillé aux visiteurs de rester sur les collines autour de la vallée et d’avoir le vent dans le dos.

Il est peu probable que le niveau de pollution dans les localités atteigne celui observé lors de l’éruption beaucoup plus importante dans Holuhraun, mais le risque existe parce ces localités sont beaucoup plus proches de l’éruption qu’il y a 7 ans.

Les scientifiques islandais expliquent que si de nouvelles fractures s’ouvrent, le processus éruptif commencera avec des émissions de gaz et de vapeur avant que la lave apparaisse. Si les visiteurs remarquent ces signes, il est important qu’ils se déplacent rapidement et rejoignent un point haut.

Les volcanologues islandais expliquent que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes est inhabituelle à plusieurs égards. Par exemple, les éruptions sont généralement intenses à leur début puis diminuent lentement, mais c’est le contraire qui se produit actuellement.

Source: www.ruv.is

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The Icelandic Met Office (IMO) confirms that the lava flow from the latest fissure eruption seems to mostly flow down into Geldingadalur. This third eruption fissure opened at midnight on April 6th, 2021 and lies between the two existing fissures. The lava fields from the three eruption fissures are now merging (see photo above). Lava from the third fissure has flowed south into Geldingadalur and northeast towards Meradalir. There is a continuous lava field between the three eruption sites, which in fact belong to the same volcanic fissure (see map above) opened by the magma intrusion at Fagradalsfjall.

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Icelandic authorities warn that the main danger on the eruption site lies with the gases. They say it is unlikely that gas pollution levels from the eruption on the Reykjanes peninsula will be as high as they were at Holuhraun in 2014-5, though it cannot be ruled out.

Volcanologists say that the eruption zone could get bigger, mostly further north along the same line; but also further south in Geldingadalir valley.

Authorities insist that poisonous gases are coming not only from the three erupting fissures, but also from the new lava field. As a consequence, visitors are strogly advised to stick to the hills around the valley and keep the wind behind them.

Pollution levels in towns and villages are unlikely to reach levels seen during the much larger Holuhraun eruption, but  the risk exists because municipalities are much closer to the eruption than 7 years ago.

Icelandic scientists explain that if new fissures do open, the process will start with gas and steam before any lava starts to flow. If visitors notice these signs, it is important to move quickly to the side and up to higher ground. They add that the eruption on the Reykjanes peninsula is unusual in several ways. For example, eruptions are usually powerful at their start and then slowly reduce in intensity, which is not the case now.

Source: www.ruv.is

La Soufrière de St Vincent : deuxième éruption explosive // St Vincent’s La Soufriere : Second explosive eruption

8 heures : La Soufrière de Saint-Vincent a été secouée par une deuxième puissante explosion vers 14 h 45 le 9 avril 2021. L’UWI a indiqué que la colonne de cendres s’est élevée jusqu’à environ 4 km dans l’atmosphère.

Une première crise éruptive avait été enregistrée ce même jour à 8 h 41 (heure locale).

L’évacuation des habitants des zones Rouge et Orange se poursuit. 76 abris prévus pour plus de 2 000 occupants sont désormais pleinement opérationnels.

Les volcanologues de l’UWI expliquent que la population doit s’attendre à des éruptions plus explosives et à de fortes retombées de cendres.

Pour le moment, la plus grande partie de cette cendre est emportée vers le large par le vent, avec de gros nuages à l’est et à l’ouest. En conséquence, les habitants de la Barbade peuvent recevoir plus de cendre que les personnes vivant dans le sud de Saint-Vincent.

Des coulées pyroclastiques pourraient également apparaître sur les flancs du volcan.

Source: médias d’information locaux.

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18h00: Aucune nouvelle crise éruptive majeure n’a encore eu lieu à La Soufrière de Saint-Vincent, mais les habitants sont confrontés à des retombées de cendres extrêmement intenses et à une forte odeur de soufre. Ces nuisances ont maintenant atteint Kingstown, la capitale (16 500 habitants). L’UWI prévient que les retombées de cendres constitueront un risque omniprésent dans tout Saint-Vincent et devraient atteindre les îles voisines telles que la Barbade. Les cendres volcaniques ne sont pas nécessairement mortelles mais elles peuvent entraîner des problèmes respiratoires au sein de la population.

Les puissantes émissions de cendres volcaniques sont générées par les éruptions explosives.

Selon le VAAC de Washington, les colonnes de cendres ont atteint 15,8 km au-dessus du niveau de la mer. À 05h43 UTC le 10 avril 2021, le VAAC a signalé que les nuages de cendres s’étendaient sur près de 740 km ENE et environ 650 km ESE de La Soufrière. À 11h13 UTC, les cendres atteignaient plus de 1 300 km vers l’ENE du sommet.

Source: Médias d’information locaux, NEMO, UWI, The Watchers.

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8:00 am : St Vincent’s La Soufriere was rocked by a massive second explosion at about 2. 45 pm on April 9th, 2021. UWI reported that the vertical ash column rose approximately 4km into the atmosphere.

A first eruptive crisis had been recorded at 8.41 am (local time).

The evacuation of residents from the Red and Orange Zones is going on. 76 shelters with more than 2000 occupants are now fully operational.

UWI volcanologists explain the Vincentians should prepare for more explosive eruptions and heavy ashfall. For the moment, most of the ash is expected to go offshore, with large clouds going to the east and west. People in Barbados may receive more ashfall than persons living in the south of St Vincent.

Pyroclastic flows might also appear on the flanks of the volcano.

Source: Local news media.

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6:00 pm : No new major eruptive crisis has yet occurred at St Vincent’s La Soufriere, but residents are confronted with extremely heavy ashfall and strong sulphur smell which have now reache Kingstown, the capital (pop.16 500). UWI warns that ashfall will be a pervasive hazard throughout St. Vincent and is expected to reach neighbouring islands such as Barbados. Volcanic ash is not necessarily lethal but can lead to respiratory problems among the population.

Powerful volcanic ash emissions are due to multiple explosive eruptions. According to the Washington VAAC, the ash columns reached 15.8 km above sea level.

At 05:43 UTC on April 10th, 2021, the VAAC reported that volcanic ash was extending nearly 740 km ENE and about 650 km ESE from La Soufriere. By 11:13 UTC, the ash was reaching over 1 300 km ENE from the summit.

Source: Local news media, NEMO, UWI, The Watchers.

Panache généré par la deuxième explosion (Source : UWI)

Le panache de cendre de La Soufrière vu depuis l’espace le 9 avril 2021 (Source : NOAA)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : du déjà vu…

9 heures : Comme indiqué précédemment, le magma a percé sur le flanc Sud Est du Piton de la Fournaise. L’éruption semble assez faible en intensité. D’ailleurs le tremor éruptif est en baisse depuis hier soir. Les fontaines de la lave ne dépassent pas une vingtaine de mètres de hauteur. On peut profiter du spectacle depuis le Piton de Bert, quand la couverture nuageuse le permet.

L’activité se concentre sur deux bouches éruptives principales. La fissure éruptive fait environ 150 mètres de long et la coulée de lave un peu moins d’un kilomètre. La lave avance lentement en ce moment car elle se situe sur un replat de pente faible. Ce matin, les scientifiques de l’OVPF estimaient que cette coulée est quasiment figée.

L’Observatoire affirme avoir déjà observé ce genre d’éruption une douzaine de fois depuis 1981. En général, elles durent 18 à 20 jours en moyenne. Autrement dit, du déjà vu…

Des photos ont été mises en ligne sur le site web « Réunion la 1ère » :

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-premieres-images-aeriennes-de-l-eruption-du-piton-de-la-fournaise-980419.html

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11h30 : Comme indiqué précédemment, l’éruption se déroule à l’intérieur de l’Enclos, sur le flanc sud-est du massif, à 700 m au SO du Château-Fort. En conséquence, elle est visible depuis le Piton de Bert. Le sentier d’accès est facile et il faut marcher environ 1h30 pour assister au spectacle. Malgré la météo incertaine, il y avait une foule de voitures ce samedi matin sur le parking de Foc-Foc.

Ce matin, les fontaines de lave étaient bien visibles, même si l’éruption a connu une perte de vitesse, comme le confirme le tremor, mais ce phénomène est tout à fait normal. Deux bouches éruptives alimentent actuellement plusieurs fontaines de lave d’environ 20 à 30 mètres de hauteur, donc l’intensité est plutôt faible..

Comme l’indique Aline Peltier, directrice de l’Observatoire, personne ne sait si cette éruption est susceptible de durer longtemps. La phase pré-éruptive a duré près de trois semaines, ce qui tend à montrer que la recharge de magma a été importante. Reste à savoir si ce magma va sortir en une fois ou en plusieurs fois..

Source : Journal de l’Ile, Réunion la 1ère.

Vue de l’éruption lors d’un survol par l’OVPF

Source : OVPF

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9:00 am : As previously indicated, magma pierced on the south-eastern flank of Piton de la Fournaise. The eruption appears to be fairly weak in intensity. The trelor has been decreasing since last night. The lava fountains do not exceed twenty metres in height. Hikers can enjoy the show from Piton de Bert, when cloud cover allows.

The activity focuses on two main eruptive vents. The eruptive fissure is about 150 metres long and the lava flow is just under a kilometre. Lava is advancing slowly at this time because it is located on a low slope ledge. This morning, scientists from the OVPF estimated that this flow had come to a standstill. The Observatory explains they have observed this kind of eruption a dozen times since 1981. In general, they last 18 to 20 days on average. In other words, deja vu … Photos have been posted on the “Réunion la 1ère” website:

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-premieres-images-aeriennes-de-l-eruption-du-piton-de-la-fournaise-980419.html

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11:30 am : As previously indicated, the eruption is taking palce place inside the Enclos, on the south-eastern flank of the volcano, 700 m SW of the Château-Fort. As a result, it can be seen from the Piton de Bert. The access path is easy and hikers need to walk about 1.5 hours to see the show. Despite the uncertain weather, there was a crowd of cars this Saturday morning in the Foc-Foc parking lot.

This morning, the lava fountains were clearly visible, although the eruption has slowed down, as confirmed by the tremor, but this phenomenon is quite normal. Two eruptive vents are currently supplying several lava fountains about 20 to 30 metres high, so the eruptive intensity is rather low.

As Aline Peltier, Head of the Observatory, indicates, no one knows if this eruption is likely to last for a long time. The pre-eruptive phase lasted nearly three weeks, which tends to show that the magma recharge was significant. It remains to be seen whether this magma will come out in one go or in several times.

Source: Journal de l’Ile, Réunion la 1ère..

Nouvelles conditions d’entrée en l’Islande // New entry requirements for Iceland

Si vous avez décidé d’aller en Islande pour assister à l’éruption, vous avez intérêt à lire ce qui suit! De nouvelles règles d’entrée dans le pays sont en place depuis le 9 avril 2021.

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Principales règles de quarantaine et de dépistage de la Covid-19 à le frontière (arrivée à l’aéroport) à partir du 9 avril 2021

Les mêmes règles s’appliquent à tous les passagers, quelle que soit leur provenance: les mesures visant à contenir la propagation des infections aux frontières s’appliquent de la même manière à tous les passagers en provenance des pays identifiés comme zones à risque par les autorités islandaises.

Test et mise en quarantaine: Toute personne arrivant en Islande doit 1) subir un premier test PCR à la frontière, 2) être mise en quarantaine pendant cinq jours et 3) subir un deuxième test PCR à la fin de la quarantaine. Les voyageurs sont autorisés à rester en quarantaine chez eux si certaines conditions sont remplies. Ceux qui ne peuvent pas rester en quarantaine à la maison et / ou préfèrent rester dans une structure prévue pour la quarantaine peuvent y rester sans frais.

Conditions de la quarantaine à domicile: Les personnes en quarantaine à domicile doivent séjourner dans un établissement qui remplit les conditions et règles de conduite prévues par les nouvelles instructions prévues par les autorités islandaises. Celles-ci expliquent que la personne doit être isolée sur le lieu de séjour. Si plusieurs personnes résident au même endroit, elles sont soumises aux mêmes exigences que celles qui s’appliquent à la quarantaine.

Non-respect de la quarantaine à domicile: Lorsqu’une personne ne respecte pas la quarantaine à domicile, les autorités islandaises peuvent décider que la quarantaine doit être effectuée dans une structure de quarantaine prévue à cet effet. .

Structure de quarantaine: Les personnes qui ne peuvent pas rester en quarantaine à la maison et / ou préfèrent rester dans une structure de quarantaine peuvent y résider. Le séjour est gratuit. Les personnes séjournant dans une structure de quarantaine seront autorisées à entreprendre des activités de plein air et une attention particulière sera accordée aux enfants en ce qui concerne les activités de plein air.

Dépistage et mise en quarantaine des enfants: Les enfants nés en 2005 ou après doivent être testés à la frontière. Un enfant qui voyage avec une personne qui doit rester en quarantaine doit rester avec cette personne et peut quitter la quarantaine si le deuxième test de son co-voyageur est négatif. Lorsque le co-voyageur n’est pas tenu de rester en quarantaine, il en va de même pour l’enfant. Un enfant voyageant seul n’est pas obligé de rester en quarantaine.

Test des individus porteurs d’un certificat: NOUVEAU ! Les personnes en possession d’un certificat de vaccination ou d’un certificat d’infection antérieure doivent être testées car elles sont susceptibles de transmettre des infections. Elles ne sont pas tenues de rester en quarantaine mais doivent attendre le résultat du test PCR sur leur lieu de séjour. Cette obligation est temporaire et sera revue avant le 1er mai.

Surveillance accrue et verbalisation :Les autorités islandaises surveillent étroitement les personnes en quarantaine à domicile en coopération avec la Protection civile et de la police. DE fortes amendes sont prévues pour le non respect de la quarantaine à domicile.

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If you have decided to go to Iceland to watch the eruption, you’better read what follows!  New entry rules have been in place since April 9th, 2021

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The main rules on quarantine and Covid-19 testing at the borders as from the 9th of April 2021

The same rules apply to all passengers irrespective of from where they are travelling: Measures to contain the spread of infections at the borders apply equally to all passengers coming from countries identified as risk zones by the Chief Epidemiologist.

Testing and quarantine: Everyone arriving to the country shall be tested at the borders as before, quarantine for five days and undergo a second test upon finishing (see below special requirements that apply to children and individuals carrying certificates of vaccination or prior infection). People are allowed to quarantine at home if certain requirements are fulfilled. Those who cannot quarantine at home and/or prefer to stay at a quarantine facility may stay there without charge.

Requirements for home quarantine: Those quarantining at home need to stay in a facility that fulfils the conditions and rules of conduct provided for in the new instructions issued by the Chief Epidemiologist. These include that the individual shall be isolated at the place of stay and if more individuals reside at the same location they are subject to the same requirements that apply to quarantine. Those who are unable to stay in a home quarantine that fulfils the requirements, shall stay at a quarantine facility.

Breach of home quarantine: Where an individual is found in breach of home quarantine the Chief Epidemiologist may decide that the quarantine shall be concluded at a quarantine facility.

Quarantine facility: Those who cannot quarantine at home and/or prefer to stay at a quarantine facility may dwell there. The stay is free of charge. Those staying at a quarantine facility will be enabled to undertake outdoor activities and special consideration will be given to children in relation to outdoor activities and other conditions.

Testing and quarantine of children: Children born in 2005 or later shall be tested at the borders. A child who travels with an individual who is subject to stay in quarantine shall stay with that person and can leave the quarantine if the second test of its co-traveller is negative. When the co-traveller is not required to stay in quarantine the same shall apply to the child. A child travelling alone is not required to stay in quarantine.

Testing of individuals carrying a certificate:NEW ! The requirement of testing individuals carrying a vaccination certificate, or a certificate of prior infection is adopted due to indications that those individuals can pass on infections. They are not required to stay in quarantine but shall wait for the result of the test at their place of stay. The requirement is temporary and will be reviewed before the 1st of May.

Increased surveillance and higher fines
The Chief Epidemiologist proposes increased surveillance of individuals in home quarantine in cooperation with the Police’s Department of Civil Protection and Emergency Management and a significant increase of fines for breaching home quarantine. The Minister of Health has forwarded the proposals to the Public Prosecutor and the National Commissioner of the Icelandic Police.

Eruptions colossales, changement climatique et extinctions massives // Large-scale eruptions, climate change and mass extinction

De tout temps, les scientifiques se sont demandé quelle pouvait être la cause – ou les causes – des extinctions de masse sur Terre. Une extinction de masse (ou grande extinction) est un événement relativement bref à l’échelle des temps géologiques au cours duquel au moins 75% des espèces animales et végétales présentes sur la Terre et dans les océans ont disparu. De tels événements se sont produits périodiquement au cours des 550 derniers millions d’années. Les causes exactes de ces extinctions ne sont pas très bien connues, mais il semble y avoir une coïncidence remarquable entre les extinctions de masse et les énormes éruptions volcaniques qui ont donné naissance à de grandes provinces ignées (GPI). Ces GPI sont nées à partir d’éruptions capables de produire des millions de kilomètres cubes de magma basaltique en très peu de temps. Ces éruptions sont beaucoup plus importantes que les « super éruptions » – comme celle de Yellowstone, par exemple – qui émettent moins de 5 000 kilomètres cubes de magma. Le magma des GPI peut aussi laisser échapper suffisamment de gaz (dioxyde de carbone par exemple) ou de composés soufrés pour modifier le climat. Ce changement climatique affecte à son tour les océans et conduit rapidement à la mort de la vie sur Terre.

Plusieurs travaux de recherche ont établi un lien entre les énormes éruptions volcaniques et des extinctions massives sur Terre, mais une nouvelle étude menée par des scientifiques des universités du Québec (Canada), de São Paulo (Brésil) et de Berne (Suisse) montre que l’une des plus grandes provinces ignées connues à ce jour, située au Brésil, n’a peut-être pas eu un effet sur le climat ou causé une extinction de masse.

Avant la nouvelle étude, l’âge précis de cette grande province ignée n’était pas vraiment connu; toutefois, grâce à un ensemble de données et à une analyse plus précises, les chercheurs ont pu montrer que l’éruption et l’extinction de masse dans cette province ne se sont pas produites en même temps.

La nouvelle étude montre également que le basalte des GPI qui pénètre dans la croûte peut métamorphoser des roches sédimentaires riches en volatiles qui se vaporisent facilement. Ce métamorphisme peut libérer à partir de sédiments d’énormes quantités de gaz tels que le méthane et le dioxyde de soufre qui modifient également le climat et peuvent conduire à des extinctions massives. On a attribué à ces deux mécanismes l’origine du changement climatique qui a entraîné des extinctions de masse. Cependant, il existe également des cas où les GPI ne semblent pas provoquer d’extinctions massives. La relation entre les énormes éruptions volcaniques de GPI et les extinctions massives n’est peut-être pas aussi claire qu’on le pensait jusqu’à présent. Un facteur extrêmement important à prendre en compte est l’âge exact de l’éruption de la GPI par rapport à l’extinction de masse. Si les périodes de changement climatique, l’extinction de masse associée et l’éruption de la GPI ne se chevauchent pas, alors le volcanisme n’est pas la cause.

Pour déterminer si l’une des plus grandes GPI au monde a provoqué un changement climatique à grande échelle et une extinction massive, l’équipe scientifique a réussi à dater avec précision l’éruption de la grande province ignée de Paraná-Etendeka au Brésil. De nombreuses études ont lié cette GPI à un événement d’extinction de masse retrouvé dans les océans. Les chercheurs se sont concentrés sur la province du Paraná Magmatic, qui est la partie sud-américaine de la GPI au Brésil. C’est de loin la plus vaste et elle a produit environ un million de kilomètres cubes de magma. Lorsque cette GPI est entrée en éruption il y a 140 millions d’années, l’Amérique du Sud et l’Afrique étaient encore reliées entre elles et faisaient partie du Gondwana. La GPI est entrée en éruption au Brésil et en Namibie au moment où ces deux régions du globe étaient voisines, avant l’ouverture de l’Océan Atlantique Sud.

De nombreuses études ont avancé l’idée que cette grande province ignée a provoqué un changement climatique global qui a conduit à une petite extinction de masse et également à une réduction de la concentration d’oxygène dans les océans. Cette période, le Valanginien, se situe entre 139,8 et environ132,9 Ma.

La nouvelle étude montre que la GPI du Paraná est entrée en éruption extrêmement rapidement, environ un million d’années après l’extinction de masse. Il est donc peu probable qu’elle en ait été la cause. L’étude de la GPI du Paraná prouve que l’éruption d’énormes volumes de magma à partir d’une GPI ne suffit pas à elle seule à provoquer des extinctions massives.

La question est maintenant de savoir pourquoi cette énorme éruption magmatique n’a eu presque aucun effet sur le climat. Les chercheurs pensent qu’en raison du manque de sédiments riches en volatils dans le secteur de la GPI du Paraná, une quantité insuffisante de volatils a été libérée par métamorphisme lors de la mise en place de la province ignée.

Le plus grand événement d’extinction de masse sur Terre s’est produit à la fin du Permien et coïncide avec l’éruption des trapps de Sibérie. L’éruption de cette grande province ignée a permis au magma de pénétrer dans de grands bassins sédimentaires riches volatils, ce qui a probablement provoqué la libération d’énormes quantités de composés volatils.

Les nouvelles découvertes à propos de la GPI de Paraná au Brésil sont également à mettre en relation avec l’âge de l’événement au Valanginien. Actuellement, l’estimation de l’âge de cet événement se base sur une analyse cyclique des sédiments océaniques, mais il est possible qu’avec une plus grande précision, on puisse trouver qu’il chevauche la GPI du Paraná.

Alors que d’énormes éruptions volcaniques ont été liées à des extinctions de masse sur Terre, les nouvelles recherches montrent que l’éruption de l’une des plus grandes provinces ignées connues peut n’avoir eu aucun effet sur le climat ou provoqué une extinction de masse. Il semble que la GPI du Paraná n’ait pratiquement eu aucun effet environnemental sur notre planète.

Source: The Conversation.

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Throughout the ages, scientists have wondered what the cause or the causes of mass extinctions on Earth could be. Mass extinctions are times when large-scale proportions of life suddenly died on Earth. They have occurred periodically over the past 550 million years. The exact causes of these extinctions are not fully understood, but there appears to be a remarkable coincidence between mass extinctions and huge volcanic eruptions that form large igneous provinces (LIPs). These LIPs are massive volcanoes that produce millions of cubic kilometres of basaltic magma in a very short time. They are much bigger in scale than super eruptions – like the one at Yellowstone – that release less than 5,000 cubic kilometres of magma. The magma from LIPs can release enough gases (carbon dioxide or sulphur-based compounds) to alter the climate. This climate change in turn affects the oceans and quickly leads to the death of life on Earth.

While huge volcanic eruptions have been linked to mass extinctions on Earth, a new research by scientists from the Universities of Quebec (Canada), São Paulo (Brazil) and Bern (Switzerland) shows that one of the world’s largest known LIPs may have had no effect on climate or caused any extinctions.

Before the new study, the precise age of the LIP located in Brazil was not really known; but thanks to improved dataset and higher precision analysis, the authors of the study were able to show that these events did not occur at the same time.

The new research also suggests that basalt from LIPs, which intrude into the crust, can metamorphose sedimentary rocks that are rich in volatiles, compounds that vaporize readily. This metamorphism can release huge amounts of gases such as methane and sulphur dioxide from the sediments, which also change the climate and can lead to mass extinctions.

Both of these mechanisms have been blamed for causing the climate change which resulted in mass extinctions. However, there are also cases of LIPs that don’t seem to cause mass extinctions. The relationship between huge LIP volcanic eruptions and mass extinctions may not be as clear as previously thought.

One extremely important factor to consider is the exact age of the LIP relative to the mass extinction. If the ages of the climate change, associated mass extinction and the LIP do not overlap, then the volcanism is not the cause.

To investigate whether one of the world’s largest LIPs caused massive climate change and a mass extinction, the research team generated highly precise ages for the Paraná-Etendeka LIP in Brazil. Numerous studies had linked this LIP to a mass extinction event found in the oceans. The researchers focused on the Paraná Magmatic Province which is the South American portion of the LIP in Brazil. It is by far the largest, and produced approximately one million cubic kilometres of magma.

When this LIP erupted, 140 million years ago, South America and Africa were connected and were part of the Gondwana supercontinent. This LIP erupted in Brazil and Namibia, when both of these areas were neighbours, before the opening of the Southern Atlantic Ocean.

Many studies have suggested that this LIP caused global climate change which led to a small mass extinction and also a reduction in the oxygen concentration in the oceans. This period is called the Valanginian event.

The new research shows that the Paraná LIP erupted extremely quickly, around one million years after the mass extinction and so it is unlikely to have been the cause

The study of the Paraná LIP proves that the eruption of huge volumes of LIP magma alone may not be enough to cause mass extinctions. The question that remains is why this huge eruption of magma had almost no effect on the climate. The researchers think that because of the lack of volatile-rich sediments around the Paraná LIP, no extra volatiles were released due to metamorphism during the emplacement, of the LIP.

Earth’s largest mass extinction event occurred at the end of the Permian period, coinciding with the eruption of the Siberian Traps LIP. This LIP intruded large volatile rich sedimentary basins which likely caused the release of massive amounts of volatile compounds.

The new findings for the Paraná LIP also depend on the age of the Valanginian event. Currently, the age estimation for this event is based on cyclic analysis of ocean sediments, but it is possible that with greater precision, one may find it overlaps with the Paraná LIP. While huge volcanic eruptions have been linked to mass extinctions on Earth, the new research research shows that one of the world’s largest known LIPs may have had no effect on climate or caused any extinctions. It seems that the Paraná LIP had almost no environmental effect on our planet.

Source: The Conversation.

Vues des Grandes Provinces Ignées, avec en particulier les trapps du Deccan et de Sibérie et la province du Paraná mentionnée dans le texte (Source : Wikipedia)