Islande : la prévision volcanique a du plomb dans l’aile ! // Iceland : volcanic prediction is in a bad way !

J’ai à l’esprit les paroles du regretté François Le Guern qui avait l’habitude de commencer ses conférences en disant: «Je ne sais pas, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique.» C’est ce que sont en train de se dire les volcanologues islandais en observant la situation actuelle sur la Péninsule de Reykjanes.

Aujourd’hui, il semble que la probabilité d’une éruption dans les prochaines heures soit en train de s’éloigner. Hier, le Met Office islandais avait imaginé cinq scénarios possibles (voir la note sur mon blog), dont l’un était une éruption qui ne menacerait pas les zones habitées ou le trafic aérien.

Au total, plus de 20 000 séismes ont été enregistrés depuis le début de l’essaim il y a une dizaine de jours. Aucun épisode de tremor n’est actuellement détecté mais l’activité sismique reste intense.

Après avoir analysé les dernières données, les volcanologues islandais estiment que rien n’indique qu’une éruption se produira dans les prochaines heures. Les images satellite InSAR sur la période du 25 février au 3 mars montrent la formation d’un dyke dans la zone située entre Fagradalsfjall et Keilir, mais le magma ne semble pas se déplacer.

Les données GPS confirment les données satellitaires et montrent un mouvement relativement constant du sol, qui semble toutefois avoir ralenti au cours des derniers jours. Les données GPS et les images InSAR indiquent qu’il n’y a pas eu d’augmentation significative du mouvement du magma pendant l’activité sismique du 3 mars.

Páll Einarsson, géophysicien islandais bien connu, a déclaré: «Cette série d’événements nous surprend chaque jour.» Il a ajouté qu’il n’y a aucun moyen de prévoir comment les choses vont évoluer, et les scientifiques sont toujours perplexes sur l’évolution de la situation suite à l’épisode de tremor.

Un nouveau modèle de prévision des coulées de lave, élaboré par des scientifiques de l’Université d’Islande, propose quatre sites éruptifs potentiels sur la péninsule, en sachant que ces quatre sites ne sauraient être le siège d’éruptions simultanées. Ces quatre zones sont la colline de Sýlingafell, située juste au nord de la ville de Grindavík, la vallée de Móhálsadalur, située juste à l’ouest du lac Kleifarvatn, Fagradalsfjall et ses environs, et la fissure de Hauksvörðugjá, située à l’ouest de Grindavík. Leur prévision ne se limite plus à la zone située entre les montagnes Keilir et Fagradalsfjall car l’activité sismique n’est plus concentrée uniquement dans cette zone.

Source: Iceland Review et Iceland Monitor.

En lisant la presse islandaise, on se rend compte que l’analyse de la situation repose sur les seuls scientifiques. Aucune allusion n’est faite au Huldufólk, le « peuple caché », au monde des elfes qui ont pourtant une grande importance dans la vie des Islandais. Et si c’était ce petit peuple qui, pour se venger de quelque comportement des scientifiques, s’amusait maintenant à leur mettre des bâtons dans les roues… ?

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 I have in mind the words of the late François Le Guern who used to start his conferences saying “I can’t, we can’t predict a volcanic eruption.” This is what Icelandic volcanilogists say when they observe the current situation on the Reykjanes Peninsula.

Today, it seems the likelihood of an eruption in the next few hours has diminished. Yesterday, the Icelandic Met Office had imagined five possible scenarios (see the post on this blog ), one of which was an eruption that would not threaten inhabited areas or air traffic.

Overall, more than 20,000 earthquakes have occurred since the earthquake swarm started about ten days ago. No tremor pulse is currently detected but there is still significant seismic unrest.

After reviewing new data, Icelandic experts estimate that there is no indication an eruption will occur in the next few hours. InSAR satellite images over the period of February 25th -March 3rd still show signs that a magma dyke is forming in the area between Fagradalsfjall and Keilir, without showing a considerable increase in the movement of magma accompanying the tremor pulse.

GPS data also support that theory, showing a relatively constant movement, although it seems to have slowed down in the past few days. The GPS data and the InSAR images indicate that there has not been a significant increase in magma movement during the seismic activity of March 3rd.

Páll Einarsson, a popular Icelandic geophysicist, said:  “This series of events surprises us every day.” He added there was no way to predict how things will develop, and scientists are still puzzled over what happened after the tremor pulse registered.

A new lava flow prediction model, created by scientists at the University of Iceland, assumes four potential locations of eruptions on the peninsula. They stress there is no chance all four would erupt simultaneously. These four areas are Sýlingafell hill, located just north of the town of Grindavík, Móhálsadalur valley, located just west of Kleifarvatn lake, Fagradalsfjall and vicinity, and Hauksvörðugjá fissure, located west of Grindavík. The reason their prediction is no longer limited to the area between Keilir and Fagradalsfjall mountains is that the seismic activity is no longer limited to that area.

Source: Iceland Review & Iceland Monitor.

Reading the Icelandic press, one realizes that the analysis of the situation rests on scientists alone. No allusion is made to the « hidden people », to the world of elves which are of great importance in the lives of Icelanders. What if it was these little people who, in revenge for some behaviour of scientists, now amused themselves by putting a spade in their wheels …?

Prévision de coulées de lave (zones claires) par l’Université d’Islande

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Dans son dernier bulletin, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique (OVSM) indique qu’après une accalmie de quelques jours, on a observé une augmentation de la sismicité d’origine volcanique à l’intérieur de la Montagne Pelée.

Les secousses sont de faible magnitude et ne sont pas ressenties par la population. Les instruments de l’Observatoire ont enregistré au moins 46 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à 1, entre le 19 et le 26 février 2021. Leurs hypocentres sont à faible profondeur à l’intérieur de l’édifice volcanique, entre 1.2 km sous le niveau de la mer et 1 km au-dessus du niveau de la mer, à l’exception d’un séisme localisé à 15.1 km sous le niveau de la mer.

L’Observatoire se veut rassurant et explique que lors des phases de réactivation volcanique, il est fréquent que des périodes de plus forte activité sismique alternent avec des phases de sismicité plus faible. La sismicité d’origine volcanique reste toutefois au-dessus du niveau de base moyen enregistré entre le 1er janvier 2015 et avril 2019, date du début de son augmentation.

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, l’OVSM note également « qu’une zone de végétation fortement dégradée, brunie, et morte, est toujours observée sur le flanc sud-ouest de la Montagne Pelée, entre la haute rivière Claire et la rivière Chaude, au-dessus de leur confluence. » Une intervention sur le terrain le 8 février 2021 avec le soutien des pompiers et de l’hélicoptère de la Protection Civile, a confirmé la présence dans cette zone d’un dégazage diffus et passif de CO2 à partir du sol,  sans présence de fumerolles, mais nettement supérieur au niveau de base.

Cette situation a conduit l’Observatoire a maintenir le niveau de vigilance Jaune pour la Montagne Pelée.

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Les images satellites du 23 février 2021 ont confirmé que le dôme de La Soufrière de Saint-Vincent continue de croître lentement dans le cratère avec quelques fluctuations périodiques.

L’analyse des gaz émis par le nouveau dôme donne des résultats stables. Ils se composent de vapeur d’eau (H2O), de dioxyde de carbone (CO2,), d’hydrogène sulfuré (H2S) et de dioxyde de soufre (SO2).

La NEMO demande en permanence au public de s’abstenir de visiter le volcan de La Soufrière, en particulier le cratère.

Source: médias d’information locaux.

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En Sicile, la série de paroxysmes au cratère SE de l’Etna continue avec un 8ème événement observé le 2 mars 2021 et un 9ème le 4 mars au matin. Le processus éruptif est toujours le même : fontaines et coulées de lave au niveau du Cratère SE. Des retombées de cendres et lapilli sont observées dans les secteurs sous le vent. A noter que le nuage de SO2 émis les 4 et 7 mars a été détecté au-dessus de laChine.

L’activité du Stromboli se caractérise actuellement par des explosions stromboliennes de faible intensité, à raison d’une dizaine d’événements par heure, accompagnés de projections de scories et de cendres. Cette activité se limite au cratère NE, tandis que l’on observe des bouffées da gaz et de cendre dans la partie SO de la terrasse cratèrique.

Vers 02h30 (heure locale) le 1er mars 2021, on a enregistré deux explosions au niveau du cratère NE. La deuxième a projeté des matériaux jusqu’à 200 m de hauteur avec des retombées sur la Sciara del Fuoco et en direction du Pizzo. L’activité sismique qui s’était intensifiée pendant la séquence explosive est redevenue normale par la suite. On n’enregistre pas de déformation de l’édifice volcanique.

Source: INGV.

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La sismicité se poursuit sur la Péninsule de Reykjanes (Islande). Les secousses font partie d’un essaim qui a commencé le 24 février 2021. L’événement le plus fort atteignait M 5,7.

À 14 h 20 le 3 mars, une augmentation soudaine du tremor a été détectée par la majeure partie du réseau sismique islandais. Le tremor a sa source dans une zone à 2 km au sud-ouest de Keilir sur la Péninsule de Reykjanes. Des épisodes similaires de tremor ont déjà été observés avant des éruptions volcaniques en Islande. Cependant, personne ne sait si, quand et comment le magma atteindra la surface.

Source: Iceland Review.

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L’INSIVUMEH indique qu’une augmentation de l’activité strombolienne a été observée sur le Pacaya (Guatemala) le 3 mars 2021, avec des projections de matériaux incandescents jusqu’à 500 m au-dessus du cratère Mackenney. Cette activité s’est accompagnée de fortes émissions de cendres jusqu’à 5,5 km d’altitude et de deux nouvelles coulées de lave de 800 à 1 000 m de long sur le flanc SO. D’importantes retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs villages. Au plus fort de la crise éruptive, les habitants autour du volcan n’ont pas tenu compte des recommandations d’évacuation, de peur que des vols soient commis pendant leur absence.

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Le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Pinatubo (Philippines) de 0 à 1 le 3 mars 2021 en raison d’une augmentation de la sismicité avec 1 722 séismes de faible magnitude détectés depuis fin janvier. Les essaims allaient de M1,0 à 2,8, à des profondeurs comprises entre 15 et 25 km. Tous les événements ont été provoqués par la fracturation de la roche sous le volcan. Le nouveau niveau d’alerte signifie qu’il y a une activité partielle susceptible d’être causée par des événements tectoniques sous le volcan.

Une émission globale de CO2 de 378 tonnes par jour a également été mesurée au niveau du lac de cratère du Pinatubo en février, ce qui est inférieur au niveau de base estimé à 1 000 tonnes par jour.

Le PHIVOLCS rappelle à la population et aux visiteurs que l’entrée dans le cratère du Pinatubo doit se faire avec une extrême prudence et évitée autant que possible.

Source: PHIVOLCS.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour l’Ebeko, le Klyuchevskoy et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

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L’Alaska Volcano Observatory (AVO) a fait passer le niveau d’alerte du Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska) à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne à la couleur Orange le 4 mars 2021. Les capteurs d’infrasons ont détecté une petite explosion sur le volcan à 05h13 (heure locale). Les images satellite et celles de la webcam ont révélé des émissions de cendres mineures se dirigeant dans la direction SSE, ainsi que de légers dépôts de cendres sur le volcan.

Source: AVO.

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Le Sinabung (Indonésie) reste bien actif et a connu un nouvel épisode éruptif le 2 mars 2021. Le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 5000 mètres de hauteur, avec des retombées sur les villages à proximité du volcan. L’éruption s’est également accompagnée de coulées pyroclastiques atteignant 5 km de longueur sur le versant ESE.

L’activité volcanique avait augmenté au cours de la semaine dernière ; les volcanologues ont enregistré 13 nuages de cendres. Il n’y a pas eu de nouvelles évacuations et le trafic aérien dans la région n’a pas été trop affecté. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant la crise et a ensuite été ramenée à Orange.

Source: The Jakarta Post.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In its latest report, the Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique (OVSM) indicates that after a lull of a few days, an increase in seismicity has been observed inside Montagne Pelée.

The tremors are of low magnitude and are not felt by the population.The Observatory’s instruments recorded at least 46 volcano-tectonic earthquakes with magnitudes less than or equal to 1, between February 19th and 26th, 2021. Their hypocenters are at shallow depth inside the volcanic edifice, between 1.2 km below sea level and 1 km above sea level, except for an earthquake located 15.1 km below sea level.

The Observatory wants to be reassuring and explains that during phases of volcanic reactivation, it is common for periods of higher seismic activity to alternate with phases of lower seismicity. The seismicity of volcanic origin remains above the background level recorded between January 1st, 2015 and April 2019, when the increase started.

In its last weekly bulletin, OVSM also notes that “an area of ​​strongly degraded, brown and dead vegetation is still observed on the southwest flank of Montagne Pelée, between the upper Claire river and the Chaude river, above their confluence.” An intervention on the ground on February 8th, 2021 with the support of firefighters and the Civil Protection helicopter confirmed the presence in this area of ​​a diffuse and passive degassing of CO2 from the ground, without fumaroles , but significantly above the background level.

This situation has led the Observatory to maintain the Yellow alert level for Montagne Pelée.

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Satellite images on February 23rd, 2021 confirmed that the dome within St Vincent’s La Soufriere continues to grow slowly onto the crater floor with periodic changes in the rate of dome growth.

The analysis of the gases emitted by the new dome gives stable results. They consist of water vapour (H2O), carbon dioxide (CO2,), hydrogen sulphide (H2S) and sulphur dioxide (SO2).

NEMO continues to appeal to the public to desist from visiting the La Soufrière Volcano, especially going into the crater.

Source : Local news media.

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In Sicily, the series of paroxysms at Mt Etna’s SE Crater continues with an 8th event on Mach 2nd, 2021 and a 9th paroxysm on the morning of March 4th. The eruptive process is always the same: lava fountains and lava flows at the SE Crater, with ashfall in downwind areas. It should be noted that the SO2 plume emitted on 4 and 7 March has been detedted above China.

The volcanic activity at Stromboli is characterized by weak strombolian explosions with an average of about 10 events per hour, with emissions of scoria and ash. This activity is localised at the NE crater, with puffing at the SW part of the crater terrace.

At around 2:30 a.m. (local time) on March 1st, 2021, two explosions were recorded at the NE crater. The second ejected material up to 200 m in height with fallout on the Sciara del Fuoco and toward the Pizzo. The seismic activity that had intensified during the explosive sequence returned to normal values thereafter. No deformation of the volcanic edifice is recorded.

Source: INGV.

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Seismicity continues on the Reykjanes Peninsula (Iceland). The earthquakes are part of a swarm that began on February 24th, 2021.The largest earthquake in the swarm measured M 5.7.

At 2.20 pm on March 3rd, a sudden increase in seismic tremor was detected throughout most of Iceland’s national seismic network. The tremor is sourced from a region 2 km southwest of Keilir on the Reykjanes Peninsula. Similar bursts of tremor have been observed ahead of previous volcanic eruptions in Iceland. However, nobody knows if, when and how magma will reach the surface.

Source: Iceland Review.

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INSIVUMEH indicates that an increase in strombolian activity was observed at Pacaya (Guatemala) on March 3rd, 2021, with incandescent material ejected up to 500 m above the Mackenney crater. This activity was accompanied by strong ash emissions up to 5.5 km and two new lava flows between 800 and 1 000 m long on the SW flank. At the peak of the eruptive crisis, residents around the volcano ignored the recommendations to evacuate, for fear of thefts while they were away from their homes.

Heavy ashfall has been reported in several villages.

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PHIVOLCS raised the Alert Level for Pinatubo (Philippines) from 0 to 1 on March 3rd, 2021 because of an increase in seismicity with1 722 weak earthquakesdetected since the end of January. The swarms had magnitudes ranging from M1.0 to 2.8, at depths between 15 and 25 km. All the events were created by rock fracturing beneath the volcano. The new alert level means there is a partial disturbance that could be caused by tectonic events under the volcano.

A total CO2 flux of 378 tonnes per day was also measured at the Pinatubo Crater lake in February, which is below the estimated background level of 1 000 tonnes per day.

PHIVOLCS reminds the population and visitors that entering the Pinatubo Crater should be taken with extreme caution and avoided as much as possible.

Source : PHIVOLCS.

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In Kamchatka, the aviation colour code is Orange for Ebeko, Klyuchevskoy and  Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) raised the alert level to Watch and the aviation colour code to Orange for Veniaminof (Aleutians / Alaska) on March 4th, 2021. Regional infrasound sensors detected a small explosion at the volcano at 05:13 (local time).

Satellite and webcam images indicated minor ash emissions heading in the SSE direction, and minor ash deposits are visible at the volcano.

Source : AVO.

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Mount Sinabung (Indonesia) remains quite active and went through another eruptive episode on March 2nd, 2021. The ash plume rose as high as 5,000 metres with ashfall in nearby villages. The eruption also produced pyroclastic flows as long as 5 km on the ESE flank of the volcano.

Activity at the volcano increased over the past week, with authorities recording 13 ash clouds.

There have been no fresh evacuations and minor disruptions to flights in the region. The aviation colour code was momentarily raised to Red and later lowered to Orange.

Source : The Jakarta Post.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Source : The Jakarta Post

Puissants séismes au large de la Nouvelle Zélande // Powerful earthquakes off New Zealand

Un puissant séisme de magnitude M 8.1 a été enregistré dans l’océan au large des côtes de la Nouvelle-Zélande le 4 mars 2021. Ila provoqué des évacuations et des alertes au tsunami dans le Pacifique Sud.

C’était le deuxième puissant séisme en quelques heures. Un autre événement centré au large des côtes de la NZ, avec une magnitude de M 7,3, avait réveillé de nombreuses personnes pendant la nuit dans tout le pays. Bien que les deux secousses aient déclenché des systèmes d’alerte, aucune d’elles ne semble avoir représenté une menace pour la populations ou pour des infrastructures majeures.

La Protection Civile néo-zélandaise a demandé aux habitants de certaines zones de la côte est de l’île du Nord de se déplacer immédiatement vers des lieux plus élevés et ne pas rester chez eux car il y avait risque de tsunami susceptible de causer des dégâts.

Le centre américain d’alerte aux tsunamis (basé à Hawaii) a prévenu que le séisme le plus puissant pourrait provoquer des vagues de 1 à 3 mètres en Polynésie française et des vagues allant jusqu’à 1 mètre de hauteur en Nouvelle-Calédonie et dans les îles Salomon.

L’USGS a précisé que le séisme le plus puissant était centré dans les îles Kermadec à une profondeur de 19 kilomètres. Les autorités néo-zélandaises avaient émis quelques heures plus tôt une alerte au tsunami pour les zones côtières lorsque le séisme le moins violent a frappé la côte nord-est vers 3 heures du matin le 4 mars. Il n’a pas été fait état de dégâts ou de victimes et l’alerte a ensuite été levée juste avant que se déclenche le séisme le plus puissant.

L’USGS a déclaré que le premier séisme avait son hypocentre à une profondeur de 21 kilomètres sous l’océan, à environ 174 kilomètres au nord-est de Gisborne. Cet événement a été largement ressenti en Nouvelle-Zélande et les habitants des villes d’Auckland, de Wellington et de Christchurch ont été réveillés par la secousse.

En 2011, un séisme de magnitude M 6,3 a frappé la ville de Christchurch. Il a tué 185 personnes et détruit une grande partie du centre-ville.

Source: médias d’information néo-zélandais.

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 A powerful M 8.1 earthquake struck in the ocean off the coast of New Zealand on March 4th, 2021, prompting some evacuations and tsunami warnings across the South Pacific.

It was the second large quake to strike within hours. An offshore M 7.3 quake had awoken many people during the night throughout New Zealand. While both quakes triggered warning systems, neither of them appeared to pose a widespread threat to lives or major infrastructure.

Civil defense authorities in New Zealand told people in certain areas on the East Coast of the North Island that they should move immediately to higher ground and not stay in their homes. They said a damaging tsunami was possible.

The U.S. Tsunami Warning System also cautioned that the larger quake could cause tsunami waves of between 1 to 3 metres in French Polynesia and waves of up to 1 metre in New Caledonia and the Solomon Islands.

USGS said the larger quake was centered in the Kermadec Islands at a depth of 19 kilometres.

Officials in New Zealand had hours earlier issued a tsunami warning for coastal areas after the smaller earthquake struck off its northeastern coast at about 3 a.m. on March 4th. There were no immediate reports of serious damage or casualties and the warning was later lifted just before the larger quake struck.

USGS said the earlier quake was centered at a depth of 21 kilometres under the ocean about 174 kilometres northeast of Gisborne. This earlier quake was more widely felt in New Zealand, and residents in the major cities of Auckland, Wellington and Christchurch reported being shaken awake.

In 2011, an M 6.3 quake hit the city of Christchurch, killing 185 people and destroying much of its downtown.

Source: New Zealand news media.

Par sa situation tectonique, la Nouvelle Zélande est un pays très exposé à l’activité sismique (Source : GNS Science)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : Eruption ou pas éruption ?

Eruption ou pas éruption ? C’est la question que les Islandais se posent en ce moment à propos de la situation dans la Péninsule de Reykjanes. Une fois encore, nous nous rendons compte du chemin qu’il reste à parcourir pour aboutir à un semblant de prévision volcanique.

Certes, les instruments (sismomètres, satellites, entre autres) donnent des indications, mais la question posée ci-dessus reste sans réponse.

A la décharge des scientifiques islandais, la zone où l’on enregistre la forte sismicité et les épisodes de tremor est très complexe d’un point de vue géologique. On se trouve dans un contexte à la fois tectonique et volcanique. La zone est très sensible d’un point de vue tectonique, du fait de la situation de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique. Cette situation entraîne une sismicité intense. La péninsule de Reykjanes a également un passé volcanique. La dernière éruption a eu lieu il y a 8 siècles.

La présence conjointe d’un épisode de tremor et d’une déformation du sol indique probablement que du magma s’agite dans les profondeurs. Sortira-t-il à la surface ? C’est une autre histoire ! Les fractures étant nombreuses dans la région, le magma peut donc se frayer facilement un chemin en profondeur sans percer la surface.

J’ai souvenir d’une telle situation dans les années 1990 dans la région du Krafla, dans le nord de l’Islande. La sismicité était intense. Je campais à Reykjalid et je sentais les ondes de choc dans le sol. Une nuit, je me suis même levé, pensant que l’éruption avait débuté. La centrale géothermique s’était soulevée de presque un mètre. Au final, il n’y a pas eu d’éruption. Le regretté Maurice Krafft m’a expliqué quelques jours après mon retour en France que l’éruption avait avorté parce que le magma avait trouvé une autre voie dans le sous-sol.

S’agissant de la Péninsule de Reykjanes, les Islandais ne s’attendent pas à une éruption majeure. Il y a peu d’habitations dans zone qui semble la plus exposée. Le principal souci serait si la lave recouvrait la route entre l’aéroport de Keflavik et Reykjavik, la capitale. Une caméra a été pointée vers le cône du Keilir car on pense que c’est là que pourrait jaillir la lave. A voir !

Source : Iceland Review