Les paroxysmes du Stromboli (Iles Eoliennes) // Stromboli Volcano’s paroxysms (Aeolian Islands)

Il y a quelque temps, un auteur français m’a contacté car il désirait obtenir des informations sur l’activité volcanique du Stromboli qui figurera dans l’un de ses prochains écrits. Ce fut pour moi l’occasion de faire quelques recherches dans mes archives sur la plus septentrionale des Iles Eoliennes dont le nom provient du grec antique Στρογγύλη (Strongyle : littéralement « la ronde ») donné à l’île en raison de son pourtour circulaire. Les locaux appellent souvent le volcan Iddu, « Lui » en sicilien, car ils vivent en permanence au gré de ses humeurs. Entre autres, c’est le volcan qui leur indique le temps qu’il va faire

L’activité typique du Stromboli – « strombolienne », cela va de soi – consiste en projections plus ou moins régulières de gerbes incandescentes qui font le bonheur des milliers de touristes venus les admirer  En principe, le spectacle est sans danger, mais il arrive que le volcan se fâche et les explosions peuvent alors devenir une menace. C’est la raison pour laquelle l’accès à la plateforme d’observation ne peut désormais se faire qu’avec l’accompagnement des guides locaux. Il n’est plus possible – comme je l’ai fait pendant de nombreuses années – de dormir dans les petits nids de pierre édifiés le long de la Sciara del Fuoco. .

Si l’on examine l’histoire éruptive du Stromboli, on se rend compte que certains paroxysmes ont été relativement sévères, même s’ils n’ont pas atteint l’ampleur des éruptions d’autres volcans de la planète.

En 1916, puis en 1919, des blocs de plusieurs tonnes défoncèrent des maisons de San Bartolo et Ginostra.

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L’éruption de 1930 est probablement la plus violente de ces dernières décennies. Le Stromboli resta très actif pendant toute cette année, mais le paroxysme le plus violent se produisit dans la matinée du 11 septembre. Rien ne laissait présager cet événement sauf une légère augmentation des émissions de cendre moins de deux heures avant le début de l’activité fortement explosive. Selon Alfred Rittmann, l’activité avait été « normale » au cours des mois précédents.. L’éruption dura moins d’une journée, mais causa des dégâts considérables ainsi que plusieurs morts

La phase la plus intense de l’éruption a débuté par une série de fortes émissions de cendre à 8 h 10. Cette activité a duré 10 minutes, puis les conditions sont redevenues normales. À 9 h 52, on a observé deux explosions extrêmement puissantes qui ont projeté d’anciens fragments de roche vers le nord et le sud-ouest de l’île. Au cours de cette phase, les petits cônes présents dans les cratères et une partie des remparts de téphra autour des cratères ont été détruits. De gros blocs, dont certains avaient un volume de plus de 10 mètres cubes, ont détruit 14 maisons à Ginostra et gravement endommagé le bâtiment du Semaforo Labronzo.

Cette séquence a été suivie par la projection de grandes quantités de scories incandescentes qui ont recouvert toute la zone sommitale. En raison de leur accumulation rapide sur les pentes escarpées du volcan, les téphra à haute température ont commencé à glisser sous forme de deux avalanches rougeoyantes sur le flanc nord-est du volcan, à l’extérieur de la zone protégée par les parois délimitant la Sciara del Fuoco. La plus importante des deux avalanches s’est précipitée vers la mer juste au nord de S. Bartolo, en empruntant la profonde ravine de Vallonazzo. Elle a tué quatre pêcheurs qui se trouvaient dans un bateau au large de la côte. En retombant, les cendres et les lapilli ont laissé une couche de 10 à 12 cm d’épaisseur dans le village de Stromboli.
Alors qu’étaient projetés les matériaux incandescents, un tsunami d’une hauteur d’environ 2 mètres a frappé l’île, ce qui a provoqué de nouveaux dégâts et causé la mort d’une autre personne.
L’activité explosive a nettement diminué après 10h40 et le volcan est entré dans une phase effusive, avec plusieurs coulées de lave le long de la Sciara del Fuoco. Les deux plus grandes ont atteint la mer. L’émission de lave a pris fin au cours de la nuit, une quinzaine d’heures après le début de l’éruption.
Si une éruption semblable à celle de 1930 s’était produite par une chaude nuit de début septembre à l’époque où des dizaines de personnes restaient dormir au sommet du Stromboli, elle aurait été catastrophique. Ces touristes auraient subi une forte chute de matériaux incandescents, parfois de grande taille. Pendant la journée, de nombreuses personnes se prélassent sur la plage de Piscità et à proximité de la zone où la plus volumineuse avalanche incandescente est entrée dans la mer en 1930. Les dégâts dans le village auraient été sévères. L’ »Osservatorio », une pizzeria très fréquentée qui offre une bonne vue sur l’activité volcanique de Punta Labronzo, se seraut trouvée dans la zone la plus touchée par les retombées de blocs.

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Le 30 décembre 2002, un autre événement significatif a affecté l’île de Stromboli. Une partie sous-marine de la Sciara del Fuoco s’est effondrée dans la mer. Comme cela a pu être écrit dans la presse à l’époque, ce n’est pas un éboulement à la surface de la Sciara qui a déclenché le tsunami, mais bien un décrochement en profondeur. Comme me l’a fait remarquer par la suite le chef des guides, le déversement de quelques semi-remorques de matériaux dans la mer ne suffirait pas pour déclencher un tsunami.

L’effondrement de la Sciara del Fuoco provoqua aussitôt une série de vagues qui ont frappé les côtes de l’île en causant des dégâts aux structures situées près de la plage et en blessant 6 personnes. Heureusement, à la fin du mois de décembre, il n’y a que très peu de touristes à Stromboli qui a momentanément été privée d’électricité et d’eau potable. La hauteur maximale de la vague de tsunami a été estimée à 8 mètres dans le secteur de Piscita et inférieure ailleurs. L’onde de choc en mer s’est propagée jusqu’à Panarea, où 5 bateaux ont été endommagés, et jusqu’à Milazzo sur la côte de la Sicile où un pétrolier a rompu ses amarres.

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Le 5 avril 2003 à 9h12, une nouvelle forte explosion a secoué le cratère nord-est et projeté des blocs vers le nord-est et vers le sud jusque sur des maisons du petit village de Ginostra.  Elle a été suivie d’un bref épisode de fontaine de lave, puis d’un nuage de cendre qui est monté à plus de1 000 mètres de hauteur. A Ginostra, des bombes ont frappé une habitation ainsi qu’une citerne d’eau, un bien ô combien précieux à Stromboli. Selon les habitants, d’autres bombes sont tombées dans la végétation qui a commencé à se consumer, mais aussi près du port, jusqu’en mer.

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Les années suivantes ont été marquées par des débordements de lave au sommet du Stromboli. Ainsi, le 27 février 2007, d’abondantes coulées ont pénétré dans la mer, suivies d’une nouvelle puissante phase explosive le 15 mars.

D’autres coulées ont été observées en 2014, toujours le long de la Sciara del Fuoco.

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Some time ago, a French author got in touch with me me because he needed some information on the activity of Stromboli Volcano that will appear in one of his next writings. It was an opportunity for me to do some research in my archives on the northernmost of the Aeolian Islands whose name comes from the ancient Greek Στρογγύλη (Strongyle: literally « the round ») given to the island because of its circular shape. The locals often call the volcano Iddu, « He » in Sicilian, because they depend permanently on its moods. Among others, it is the volcano that tells them the weather that will prevail on the island.
The typical activity of Stromboli – « Strombolian », of course – consists of more or less regular ejections of incandescent materials that delight the thousands of tourists who come to admire them. The show is usually safe, but the volcano may get angry and explosions can become a threat. This is the reason why access to the observation platform can now only be done with the accompaniment of local guides. It is no longer possible – as I have done for many years – to sleep in the small stone nests built along the Sciara del Fuoco. .

If we examine the eruptive history of Stromboli, we realize that some paroxysms have been relatively severe, even if they have not reached the scale of eruptions of other volcanoes on the planet.

In 1916 and again in 1919, blocks of several tons struck houses of San Bartolo and Ginostra.

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The 1930 eruption was probably the most violent of recent decades. Stromboli remained very active throughout this year, but the most violent paroxysm occurred on the morning of September 11th. There was no sign of this event except a slight increase in ash emissions less than two hours before the start of the highly explosive activity. According to Alfred Rittmann, activity had been « normal » in previous months. The eruption lasted less than a day, but caused considerable damage as well as several deaths
The most intense phase of the eruption began with a series of impressive ash emissions at 8:10. This activity lasted 10 minutes, then conditions returned to normal. At 9:52 am, two extremely powerful explosions were observed, ejecting ancient rock fragments to the north and south-west of the island. During this phase, the small cones present in the crater area and part of the tephra ramparts around the craters were destroyed. Large blocks, some of which had a volume of more than 10 cubic metres, destroyed 14 homes in Ginostra and severely damaged the Semaforo Labronzo building.
This sequence was followed by the ejection of large quantities of incandescent material that covered the entire summit area. Due to their rapid accumulation on the steep slopes of the volcano, high-temperature tephra began to slide, forming two glowing avalanches on the northeast flank of the volcano, outside the area protected by the walls delimiting the Sciara del Fuoco. The larger of the two avalanches travelled to the sea just north of S. Bartolo, rushing down the deep ravine of Vallonazzo. It killed four fishermen who were in a boat off the coast. The ash and lapilli left a layer 10 to 12 cm thick in the village of Stromboli.
As incandescent materials were projected, a tsunami about 2 metres high hit the island, causing further damage and death to another person.
The explosive activity dropped significantly after 10:40 and the volcano entered an effusive phase, with several lava flows along the Sciara del Fuoco. The two largest reached the sea. The lava emission ended during the night, about fifteen hours after the start of the eruption.
If an eruption similar to that of 1930 had occurred on a warm night of early September when dozens of people were sleeping at the top of Stromboli, it would have been a disaster. These tourists would have endureded the intense fall of incandescent and sometimes large materials. During the day, many people laze on the beach of Piscità and near the area where the largest incandescent avalanche entered the sea in 1930. The damage in the village would have been severe. The « Osservatorio », a busy pizzeria with a good view of the volcanic activity of Punta Labronzo, would have been in the area most affected by falling blocks.

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On December 30th, 2002, another significant event affected the island of Stromboli. A submarine part of the Sciara del Fuoco collapsed into the sea. As one could read in the press at the time, it was not a landslide on the surface of the Sciara del Fuoco that triggered the tsunami but a deep collapse. As the Chief of the Guides later told me, spilling some semi-trailers of materials into the sea would not be enough to trigger a tsunami.
The collapse of the Sciara del Fuoco immediately caused a series of waves that hit the coast of the island, causing damage to structures near the beach and injuring 6 people. Fortunately, at the end of December, there are very few tourists in Stromboli which was temporarily deprived of electricity and drinking water. The maximum height of the tsunami wave was estimated at 8 metres in the Piscita area and lower elsewhere. The shock wave at sea spread to Panarea, where five boats were damaged, and as far as Milazzo on the coast of Sicily where an oil tanker broke off.

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On April 5th, 2003, at 9:12 am, another strong explosion rocked the northeastern crater and sent blocks north-east and south into houses in the small village of Ginostra. It was followed by a brief episode of lava fountain, then a cloud of ash that rose to more than 1,000 metres in the sky. In Ginostra, bombs struck a house and a water cistern, a very precious property in Stromboli. According to locals, other bombs fell in the vegetation that began to burn, but also near the port, and into the sea.

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The following years were marked by lava overflows at the top of Stromboli. Thus, on February 27th, 2007, lava profusely entered the sea, followed by a new powerful explosive phase on March 15th.
Other flows were observed in 2014, still along the Sciara del Fuoco.

Le tsunami du 30 décembre 2002 a causé des dégâts matériels mais n’a pas fait de victimes (Photo: C. Grandpey)

Coulée de lave le long de la Sciara del Fuoco en 2014 (Capture d’écran de la webcam INGV)

Stromboli (Sicile) & Sabancaya (Pérou)

Selon la dernière mise à jour du Laboratorio Geofisica Sperimentale (LGS), l’activité du Stromboli se caractérise en ce moment par de faibles explosions localisées dans des bouches situées au NE et au SW. Les émissions de gaz sont faibles, principalement au niveau du cratère central. Le tremor reste à des valeurs moyennes. La caméra thermique montre un nombre moyen d’événements de faible amplitude.
L’activité éruptive a globalement diminué par rapport aux derniers jours. Le débordement de lave prédit par certains visiteurs ne s’est pas produit. De même, un effondrement des matériaux qui se sont accumulés dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco ne devrait pas déclencher de tsunami. À Stromboli, des tsunamis peuvent survenir lorsque des effondrements ou des glissements de terrain sur la Sciara del Fuoco se produisent sous le niveau de la mer. Il ne faudrait pas oublier que la mer est profonde autour de l’édifice volcanique. Le cône s’élève à 924 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais sa base se trouve à une profondeur d’environ 2 000 mètres.
Deux tsunamis se sont déclenchés à 7 minutes d’intervalle le 30 décembre 2002. Le premier a été provoqué par le glissement d’une masse de matériaux estimée à 20 × 106 mètres cubes sous le niveau de la mer très près du littoral. Le deuxième tsunami a été provoqué par le détachement d’une masse de matériaux de 4 à 9 × 106 mètres cubes à environ 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce dernier glissement de terrain peut être considéré comme la suite logique, par gravité, du premier événement.
Source: LGS, Bulletin of Volcanology.

L’activité du Sabancaya a été assez stable au cours des derniers jours. Le dernier rapport de l’IGP se termine en ces termes: «En général, l’activité éruptive maintient des niveaux modérés. Il ne devrait pas y avoir de changements significatifs au cours des prochains jours.». Voir le bulletin complet ci-dessous.
Source: INGEMMET, IGP.

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According to the latest update of the Laboratorio Geofisica Sperimentale, activity at Stromboli is characterized by weak explosions localized at the NE and SW vents. Gas emissions are low, mainly at the central crater. The tremor level is medium. Thermal activity shows a medium number of events with low amplitude.

Volcanic activity is globally at a medium level and has decreased compared with the past days. The lava overflow predicted by some visitors did not occur. In the same way, a collapse of the material that has accumulated in the upper part of Sciara del Fuoco is unlikely to trigger a tsunami. At Stromboli, tsunamis may occur when collapses or landslides at the Sciara del Fuoco occur underwater. We need to remember that the sea is quite deep around the volcanic edifice. The cone rises 924 meters above the sea level, but its base is located at a depth of about 2000 metres.

Two tidal waves were generated 7 minutes apart on December 30th, 2002. The first tsunami was due to a submarine mass movement that started very close to the coastline and that involved about 20×106 cubic metres of material. The second tsunami was caused by a mass of material that detached at about 500 metres above sea level and that involved a volume estimated at 4–9×106 cubic metres. The latter landslide can be seen as the retrogressive continuation of the first event.

Source: LGS, Bulletin of Volcanology.

 

Activity at Sabancaya volcano has been quite stable in the past days. IGP’s latest report about the volcano concludes with these words: “In general, eruptive activity maintains moderate levels. There should not be any significant changes in the next days. See complete bulletin below.

Source: INGEMMET, IGP.

Source: IGP

Anak Krakatau : Une histoire de survie // Surviving Anak Krakatau

On peut lire sur le site web The Watchers un article très intéressant sur la récente éruption de l’Anak Krakatau. L’article est illustré de photos prises par James Reynolds de EarthUncutTV qui s’est rendu dans le secteur de l’Anak Krakatau le 10 janvier 2019, deux semaines après l’éruption et le tsunami dévastateur du 22 décembre 2018. Les photos montrent les profonds changements subis par le volcan.
Il y a également une vidéo en accéléré illustrant l’activité phréatomagmatique du 4 janvier 2019.
Une autre vidéo est l’interview d’un pêcheur indonésien qui se trouvait à proximité de l’Anak Krakatau lors de l’effondrement et du tsunami du 22 décembre. Son récit est poignant et met en lumière ce qui s’est passé sur le volcan ce jour-là. Il explique que l’éruption observée vers 20 heures était différente de celles qu’il avait vues auparavant et qu’elle a atteint son point culminant avant le tsunami. La foudre était présente sur le volcan. Il a pêché beaucoup de poissons ce jour-là, beaucoup plus que la normale. Cependant, à cause de la situation qui empirait, les pêcheurs ont décidé de rentrer chez eux plus tôt que prévu. Soudain, des vagues énormes sont arrivées sans prévenir. Le pêcheur a dit qu’il avait vu l’île de Sertung (à 3 km de l’Anak Krakatau) se faire submerger par les eaux. Il y a peut-être eu jusqu’à quatre vagues. Selon lui, l’une d’elle mesurait probablement 25 mètres de haut, car elle était plus grande que les arbres de l’île. Il pouvait voir clairement l’événement, car la lune éclairait le ciel ce soir-là.
Un autre pêcheur a confirmé que deux des vagues du tsunami étaient particulièrement grosses. Il a été jeté à la mer. L’eau s’est retirée et une autre vague a frappé. Il pensait qu’il allait mourir. Lui et son ami se sont rendus sur l’île de Sertung. Il est monté dans la forêt et il s’est attaché à un arbre avec une corde et y est resté toute la nuit, jusqu’au matin. Le lendemain matin, il s’est aperçu que quelques autres pêcheurs avaient survécu eux aussi. Ils sont restés sur l’île de Sertung pendant 5 jours. Ils avaient très faim et ont mangé des noix de coco pour survivre. La matinée du dernier jour, ils ont décidé d’essayer de nager jusqu’à l’île Sebesi, qui était la plus proche. Ils ont fabriqué un radeau é l’aide de débris d’arbres pour pouvoir s’y accrocher. Ils ont atteint Sebesi le lendemain matin. Seulement 3 d’entre eux ont réussi à atteindre l’île car un pêcheur est tombé et a péri en mer. Selon le premier pêcheur interrogé, il y avait 15 pêcheurs dans le secteur de l’Anak Krakatau le jour du tsunami. Sept sont rentrés chez eux, un est décédé et sept autres sont portés disparus.
Source: The Watchers.

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One can read on the website The Watchers a very interesting article about the recent eruption of Anak Krakatau. The article is illustrated with photos taken by James Reynolds of EarthUncutTV who visited Anak Krakatau on January 10th, 2019, two weeks after the recent eruptions and devastating tsunami of December 22nd, 2018.  The photos show the deep changes undergone by the volcano.

There is also a time lapse video that shows the phreatomagmatic activity on January 4th, 2019.

The other video is an interview with an Indonesian fisherman who was at Krakatau during the collapse and tsunami on December 22nd, 2018. His account is frightening, but also sheds important light on details on what happened at Anak Krakatau that day. He said the eruption of Krakatau climaxed before the tsunami, and that the eruption around 20:00 in the evening became different from what they had seen before. Lightning was produced by the volcano. He got a lot of fish this day, much more than normal. However, because of the condition, the fishermen decided to return home early. Suddenly, huge waves arrived without warning. The fisherman said he could see Sertung Island (3 km from Anak Krakatau) become engulfed in water. There may have been as many as four waves. He said one of them was probably 25 metres tall, as it was taller than the trees on the island. He could see the event clearly, as the moon was up that evening.

Another fisherman confirmed that two of the tsunami waves were particularly big. He was thrown out at sea. The water receded, and another wave hit. He thought he was going to die. He and his friend made it to Sertung Island. He went up the forest and he used a rope to tie himself to a tree, and stayed there all night until the morning. Next morning he found that few other fishermen had also survived. They stayed on Sertung Island for 5 days. They were starving, surviving on coconuts. On the last day in the morning, the four of them decided to try to swim to Sebesi Island, the closest inhabited island. They made a raft made of tree-debris so they could hold on to. They reached Sebesi the next morning. Only 3 of them made it, one got separated and perished at sea. According to the first fisherman in the interview,, there were 15 fishermen at Krakatau on the day of the tsunami. 7 have returned home, 1 died and 7 others are missing.

Source: The Watchers.

 L’Anak Krakatau vu depuis l’espace le 2 janvier 2019 (Source: Planet labs)

Anak Krakatau (Indonésie) : Une étude visionnaire ! // Anak Krakatau (Indonesia) : A visionary study !

S’agissant de la prévision des éruptions volcaniques, je dis souvent que nous ne sommes pas encore en mesure de les prévoir correctement. Certes, notre capacité à analyser le comportement d’un volcan est bien meilleure qu’il y a cent ans, mais il reste encore beaucoup à faire.
Pourtant, certains scientifiques sont plus optimistes que moi et affirment qu’ils sont capables de faire des prévisions volcaniques à long terme. Un chercheur de l’Université de l’Oregon a déclaré que ses collègues et lui-même avaient anticipé ce qui s’est passé le 22 décembre 2018. En janvier 2012, ces scientifiques ont publié les résultats de simulations numériques d’un effondrement du flanc de l’Anak Krakatau et du tsunami que le glissement de terrain avait déclenché. Ils ont mis en garde contre les effets dévastateurs pour les côtes. Dans leur étude, ils ont « simulé numériquement une déstabilisation soudaine vers le sud-ouest d’une grande partie de l’Anak Krakatau, ainsi que la formation et la propagation du tsunami qui résulterait ».
Les chercheurs rappellent à la communauté scientifique que l’Anak Krakatau a grandi rapidement depuis sa première apparition à la surface de la mer en 1928. Depuis cette époque, en moins de 100 ans, il a édifié un cône par accumulation de matériaux au cours de plusieurs éruptions, dont celle qui a commencé en mai 2018 et continue encore aujourd’hui. L’île est particulièrement sujette aux ruptures gravitationnelles car elle s’est édifiée à proximité et au-dessus d’une pente sous-marine abrupte qui représente la limite nord-est de la caldeira laissée par l’éruption cataclysmale de 1883.
En raison de cette topographie sous-marine combinée à de forts courants marins, le versant ouest de l’Anak Krakatau est devenu beaucoup plus escarpé que le côté est. L’étude explique que le volcan continue de croître de préférence vers le sud-ouest, de sorte que « les glissements de terrain le long du flanc sud-ouest ne peuvent pas être exclus. Un tel glissement de terrain serait dirigé vers le sud-ouest à l’intérieur de la caldeira de 1883 et déclencherait des vagues qui se propageraient dans le Détroit de la Sonde et menaceraient les côtes indonésiennes « .
La hauteur des vagues modélisée dans l’étude des universitaires correspond assez bien à ce qui a été observé le 22 décembre. Dans la mesure où les systèmes d’alerte aux tsunamis locaux ont été conçus uniquement en fonction des séismes terrestres, aucune alerte n’a pu être émise à l’attention des populations vivant sur la côte. En outre, l’effondrement du flanc du volcan s’est produit pendant la nuit. Le volumineux panache de cendre ainsi que les violentes explosions de vapeur résultant de l’interaction soudaine de l’eau avec le magma ont entravé la visibilité. Lorsque les vagues du tsunami sont arrivées, elles ont surpris tout le monde.
Cette étude est fort intéressante. Le problème est qu’il existe encore un grand fossé entre la modélisation et les simulations d’une part et la réalité sur le terrain d’autre part. Anticiper un processus éruptif est une chose ; convaincre les autorités de mettre en place les mesures adéquates pour y faire face est une autre chose! C’est un peu la même chose aujourd’hui avec le réchauffement climatique : les climatologues préviennent que les événements extrêmes avec vents violents et inondations vont se multiplier, mais les autorités n’ont pas encore pris les mesures qui s’imposent pour y faire face.
Le style de l’éruption de l’Anak Krakatau a radicalement changé depuis l’effondrement du flanc sud-ouest. L’éruption ne se produit plus au sommet du cône, mais au niveau de la mer ou en dessous. Cela explique les violentes explosions que l’on observe actuellement. L’eau de mer interagit avec le magma, un processus qui donne lieu à des explosions phréatomagmatiques avec projections de vapeur, de débris et de cendre, souvent de forme cypressoïde et typiques de l’activité surtseyenne.

Source : Tsunami hazard related to a flank collapse of Anak Krakatau Volcano, Sunda Strait, Indonesia (T. Giachetti, R. Paris, K. Kelfoun and B. Ontowirjo) – 2012.

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As far as the prediction of volcanic eruptions is concerned, I often say we are not yet able to predict them properly. Our ability to analyse the behaviour of a volcano is much better than a century ago, but a lot of progress needs to be made.

However, some scientists are more optimistic than me and affirm they are able to make long term volcanic predictions. A University of Oregon researcher said he and his colleagues had anticipated what happened on December 22nd, 2018. In January 2012, these scientists published the results of numerical simulations a flank collapse and associated tsunami at Anak Krakatau and warned about the devastating effects it would have on nearby coasts:
In their study, they « numerically simulated a sudden southwestwards destabilization of a large part of the Anak Krakatau Volcano, and the subsequent tsunami formation and propagation. »
They also remind the scientific community that Anak Krakatau island has been growing rapidly growing since it first breached the surface of the sea in 1928. Since then, in less than 100 years, it built an overlapping cone during several eruptions, the latest being the one that started in May 2018 and still continues. What makes the island particularly prone to gravitational flank failure is that it has been constructed close and above a steep submarine slope, the NE margin of the caldera basin left by the massive 1883 eruption.
As a consequence of this underwater topography, combined with strong sea currents, the western slope of Anak Krakatau has developed to be much steeper than the eastern side. The study explains that the volcano continues to grow preferably towards the south-west, so that « landslides along its southwestern flank cannot be excluded. Such a landslide would be directed southwestwards into the 1883 caldera and would trigger waves that would propagate into the Sunda Strait, possibly affecting the Indonesian coasts ».
The modelled wave heights in various location correspond quite well with what had been observed. Since the local tsunami warning systems in place was built only with earthquakes as trigger in mind, no warning could be given to the people on the beaches. In addition, the flank collapse occurred at night and the resulting large ash plume and violent steam explosions as result of sudden interaction of water with magma and hot rocks could not be seen by people. When the tsunami waves arrived they caught everyone by surprise.

The problem is that there is still a wide gap between modelling and simulations and on-the-field reality. Anticipating an eruption process is one thing; convincing the authorities to enforce the right measures to face it is another thing! It is like saying that today, with global warming, extreme events with high winds and floodings will be more and more frequent, but authorities have not yet really taken the measures to face such events.
The eruption style changed drastically right after the flank collapse occurred. It is no longer located at the summit of the cone, but at or below sea level. This accounts for the violent explosions which are currently observed. As seawater interacts with hot rocks and the ascending magma, the process gives birth to phreatomagmatic explosions ejecting dense jets of steam, debris and ash, with cypress-shaped ejections typical of this kind of Surtseyan activity.

Source : Tsunami hazard related to a flank collapse of Anak Krakatau Volcano, Sunda Strait, Indonesia (T. Giachetti, R. Paris, K. Kelfoun and B. Ontowirjo) – 2012.

Photos de l’éruption de l’Anak Krakatau parues dans la presse internationale

Séisme aux Philippines: L’Indonésie repousse l’alerte tsunami américaine // Earthquake in the Philippines: Indonesia refutes the US tsunami warning

Quelques jours après avoir mal évalué la menace de tsunami dans le Détroit de la Sonde suite à l’effondrement du flanc SO de l’Anak Krakatau, les autorités indonésiennes ont refusé de prendre en compte une alerte tsunami émise par les Américains.
Le samedi 29 décembre 2018, le Centre d’alerte des tsunamis dans le Pacifique (il est basé à Hawaii) a lancé une alerte tsunami pour les Philippines et l’Indonésie suite au puissant séisme d’une magnitude de M 6,9 ​​enregistré à proximité de l’île de Mindanao, à une profondeur de 10 km. Le bulletin d’alerte indiquait qu’un tsunami était susceptible d’atteindre les côtes situées à moins de 300 km de l’épicentre du séisme.
L’Agence indonésienne de météorologie, de climatologie et de géophysique (BMKG) a fait état le même jour d’un séisme de magnitude M 7,1 dans la partie nord de Talaud, dans le nord de l’île Sulawesi, à une profondeur de 69 km, mais l’Agence n’a pas émis d’alerte au tsunami. Le responsable de la division tsunami et séisme au BMKG a déclaré que le séisme ne déclencherait pas de tsunami. Selon lui, il était « conseillé aux habitants des îles Sangihe et Talaud de rester calmes et à ne pas prêter attention à des propos irresponsables, car le séisme n’avait pas le potentiel de déclencher un tsunami en Indonésie ».
A noter que Mindanao se trouve à 201 km de Talaud et à 288 km de Sangihe, au nord de Sulawesi.

Source: The Jakarta Post.

NDLR : Un tel désaccord entre des agences de ce type est fort regrettable car il peut aboutir à des situations catastrophiques. Aucun tsunami significatif ne s’est produit suite au séisme à Mindanao, mais il est indispensable que les agences parlent d’une seule voix et mettent en garde la population, même s’il ne se passe rien.

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A few days after misinterpreting the tsunami in the Sunda Strait, the Indonesian authorities have disapproved a tsunami warning issued by the Americans.

On Saturday, December 29th, 2018, the US Pacific Tsunami Warning Center issued a tsunami warning for the Philippines and Indonesia following a powerful M 6.9-earthquake that struck near the island of Mindanao in the Philippines, with a depth of 10 km. The warning stated that tsunami waves were possible for coasts located within 300 km of the earthquake’s epicentre.

Indonesia’s Meteorology, Climatology and Geophysics Agency (BMKG) announced on that same day that an M 7.1 earthquake occurred at the northern part of Talaud, North Sulawesi, at a depth of 69 kilometres, but did not issue a tsunami warning. The head of the tsunami and earthquake division at the BMKG said that the earthquake would not trigger tsunami. In his opinion, “the Sangihe and Talaud Islands residents are encouraged to remain calm and not be provoked by irresponsible issues, because the earthquake has no potential for a tsunami in Indonesia.”

Mindanao lies 201 kilometres from Talaud and 288 kilometres from Sangihe, North Sulawesi.

Source: The Jakarta Post.

Personal note: Such disagreement among agencies of this type is highly regrettable as it can lead to disastrous situations. No significant tsunami occurred following the earthquake in Mindanao, but it is essential that the agencies speak with one voice and warn the population, even if nothing happens.

Zones habitées potentiellement menacées par le séisme de Mindanao (Source: PTWC).

Anak Krakatau (Indonésie)

Selon le Centre indonésien de gestion des catastrophes (PVMBG), l’Anak Krakatau a perdu près d’un tiers de sa hauteur initiale qui est passée de 338 mètres à 110 mètres, après la série d’éruptions et un effondrement du volcan qui a provoqué un tsunami la semaine dernière, faisant plus de 400 morts et des milliers de blessés. Après l’effondrement du flanc du volcan, on estime que son volume est passé de 150-180 millions de mètres cubes à 40-70 millions de mètres cubes.
En conséquence, le PVMBG pense que le risque d’un nouveau tsunami est relativement faible, à moins que des failles se réactivent dans le Détroit de la Sonde. Les autorités pensent que maintenant le plus grand danger est une éruption de type surtseyen au niveau de la surface de la mer, suite au contact de l’eau de mer et de la lave. Ce type d’éruption produit beaucoup de cendre mais ne déclenche pas de tsunami. Les dernières photos publiées dans la presse confirment cette hypothèse (voir image ci-dessous). Il est probable que cette activité persistera jusqu’à ce que les matériaux issus de l’éruption se soient suffisamment accumulés pour constituer une nouvelle structure émergée. Depuis le poste d’observation de Pasauran, on se rend compte que le cône du volcan se trouve actuellement plus bas que l’île de Sertung et l’île de Panjang, qui se dressent respectivement à 182 mètres et 132 mètres au dessus du niveau de la mer.
Certains géologues américains font toutefois remarquer que le volcan est toujours instable et pourrait s’effondrer à nouveau. Ils expliquent que l’édifice volcanique est instable car il repose en bordure de la caldeira émergée de 1883, profonde de 150 à 200 mètres. À ce jour, le volume et la forme exacts du glissement de terrain de la semaine dernière sont inconnus, ce qui ne permet pas de modéliser avec précision les glissements de terrain et les tsunamis associés. Ces mêmes scientifiques pensent que l’aléa tsunami lié à l’activité volcanique n’a pas disparu. Le volcan doit être surveillé en permanence et les observations effectuées sur le volcan doivent aller de pair avec un système d’alerte aux tsunamis.
Le niveau d’alerte pour Anak Krakatau est maintenu à 3.
Source: The Jakarta Post.

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According to the Volcanology and Geological Disaster Mitigation Center (PVMBG), Anak Krakatau has shrunk to almost a third its original height, from 338 meters to 110 metres, after the series of eruptions and a collapse that triggered a tsunami last week, killing more than 400 people and injuring thousands. Following last week’s collapse, it is estimated that the volcano has reduced to between 40 million and 70 million cubic metres in size from a mass of about 150 million to 180 million cubic metres.

As a consequence, PVMBG thinks that the potential for another tsunami is relatively small, unless there is a reactivation of faults or fault structure in the Sunda Strait. Authorities think the greatest potential danger from Anak Krakatau is a Surtseyan eruption, which takes place on the surface of the sea, with the contact between sea water and lava. This kind of eruption produces a lot of ash but cannot trigger a tsunami. The latest photos released in the press confirm this hypothesis (see image below). It is likely that this activity will persist until the lava accumulated enough to build another emerged platform. Based on the view from the Pasauran Volcano Observation Post, the cone of the volcano is currently situated lower than Sertung Island and Panjang Island, which are 182 metres and 132 metres above sea level, respectively.

However, some American geologists think that the volcano is still unstable and might collapse again. They say that the cone of the volcano is particularly unstable because it was built on the rim of the emerged 1883 caldera, 150 to 200 metres deep. To date, the exact volume and shape of last week’s landslide is still unknown, preventing accurate modelling of landslides and related tsunamis. These scientists believe that the tsunami hazard related to volcanic activity has not passed; the volcano should be watched almost permanently, and observations at the volcano should be linked to a tsunami alert system.

The alert level for Anak Krakatau is kept at 3.

Source: The Jakarta Post.

Les images satellitaires montrent que l’effondrement du 22 décembre a considérablement réduit la taille de l’Anak Krakatau

Les cypressoïdes confirment la présence d’une activité de type surtseyen, nom donné par référence à la naissance de l’île Surtsey au sud de l’Islande en 1963.

Anak Krakatau (Indonésie) : Tsunami ou pas tsunami ? Il faudrait savoir ! // Tsunami hazard, or no tsunami hazard ? Who is right ?

Il semble que les volcanologues soient en train de patauger dans les eaux du Détroit de la Sonde. Un jour, ils nous disent qu’un tsunami pourrait à nouveau être déclenché par l’Anak Krakatau. Quelques jours plus tard, ils racontent qu’un tel événement est peu probable!
Alors que la récente activité de l’Anak Kraktau a incité les autorités à élever le niveau d’alerte du volcan, le gouvernement indonésien affirme à présent que le changement de comportement de ce dernier ne constitue plus un risque de tsunami. Les éruptions stromboliennes ont été remplacées par des éruptions surtseyennes provoquées par l’interaction de la lave et de l’eau. Pendant les éruptions stromboliennes, les matériaux sont projetés par le cratère qui se trouve en hauteur, tandis que lors des éruptions surtseyennes, la lave qui entre en contact avec de l’eau provoque une fragmentation qui génère des panaches de cendre fine. Selon les volcanologues indonésiens, il est possible que la source de l’éruption soit maintenant proche de l’eau et un tel processus ne saurait déclencher un nouveau tsunami. La fragmentation de la lave donne naissance à des nuages ​​de cendre qui engloutissent le volcan et que le vent entraîne vers les zones voisines. De nombreuses photos de cette situation ont été publiées dans les journaux et les médias sociaux. Les personnes vivant dans les zones menacées par cette cendre ont été invitées à porter des masques et des lunettes de protection quand elles sortent de chez elles.

Source: The Jakarta Post.

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It seems volcanologists are wading in the waters of the Sunda Strait. One day they tell us that a tsunami might again be triggered by Anak Krakatau. A few days later they say such an event is unlikely to happen!

While the recent activity at Anak Kraktau has prompted authorities to increase their alert level for the volcano, the Indonesian government now says that change in itself does not pose a tsunami risk. The volcanic activity has changed from previous Strombolian eruptions to Surtseyan-type ones caused by the interaction of lava and water, which can be more explosive. In Strombolian eruptions, volcanic material is emitted from the top crater, while in Surtseyan eruptions, flowing magma colliding with water causes fragmentation that results in jets of fine-grained ash. According to Indonesian volcanologists, there is a possibility that the source of the eruption is now close to the water and that such a process cannot trigger a new tsunami. The fragmentation also created ash clouds engulfing the volcano, which the wind then blew to nearby areas. Many photos of this situation were released in the newspapers and social media. People living in the areas affected by descending ash have been advised to wear face masks and eye protection outdoors.

Source : The Jakarta Post.

Panaches de cendre enveloppant l’île du Krakatau (Source: Presse indonésienne)