Le Hunga Tonga sur ARTE

À voir (ou revoir) en ce moment sur ARTE un excellent documentaire à propos de l’éruption cataclysmale du volcan Hunga Tonga Hunga Ha ‘apai. D’une durée de 53 minutes, il a été réalisé en 2023, donc un an après la méga éruption, et est intitulé Hunga Tonga, la colère du volcan des abysses.

https://www.arte.tv/fr/videos/111679-000-A/hunga-tonga-la-colere-du-volcan-des-abysses/

Cette éruption est la plus puissante jamais enregistrée dans les temps modernes. Elle a généré une onde de choc ressentie jusqu’en Alaska, produit un panache de cendres de 35 kilomètres de haut et causé plusieurs tsunamis.

Source: NASA

Neuf mois après l’explosion, géologues et volcanologues se sont rassemblés pour une expédition commune, afin d’analyser et de comprendre ce qui a pu causer cette éruption hors norme. Le documentaire explore les causes probables d’un phénomène perçu comme un signal d’alarme car les océans de la planète dissimulent de très nombreux autres volcans encore inexplorés. L’éruption du Hunga Tonga fait aussi apparaître les limites de l’observation satellitaire, parfois défaillante et même inopérante s’agissant des volcans sous-marins. Comme je l’écris souvent sur ce blog, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans.

Une seconde capitale en cas de catastrophe majeure à Tokyo (Japon) // A second capital in the event of a major disaster in Tokyo (Japan)

Un blogonaute , fidèle lecteur de mes notes, m’a alerté à propos d’un vote qui a eu lieu fin juillet 2026 au Parlement japonais. Les députés ont définitivement adopté le 24 juillet un projet de loi prévoyant la création d’une « seconde capitale ». Le projet de loi a été adopté à l’issue d’un affrontement de dernière minute entre la majorité et l’opposition, à la veille de la clôture de la session parlementaire.

Réunie en séance plénière, la Chambre des conseillers (chambre haute) a approuvé le texte par 123 voix contre 121. Le projet a été soutenu principalement par la coalition au pouvoir, composée du Parti libéral-démocrate (PLD) et du Parti de l’innovation du Japon (Nippon Ishin no Kai), tandis que les principaux partis d’opposition ont voté contre.

La loi prévoit la création d’une seconde capitale capable d’assurer les principales fonctions administratives de l’État si Tokyo, l’actuelle capitale, venait à être frappée par une catastrophe majeure. On sait que le Japon est exposé à des risques majeurs comme les éruptions volcaniques, les séismes, les tsunamis, les typhons et les inondations. Le pays concentre à lui seul presque 20 % des plus grands séismes au monde. Actuellement, la grande préoccupation des Japonais est d’anticiper le « Big One« , un séisme censé toucher Tokyo tous les 30 ans et dont la force pourrait être similaire à celui du Tohoku en 2011, avec les dégâts causés à la centrale de Fukushima.

Carte montrant la répartition des intensités sismiques maximales par préfecture lors du séisme de Tohoku le 11 mars 2011 (Source : JMA)

Déposé par les partis de la majorité, le texte avait déjà été adopté la semaine précédente par la Chambre des Représentants (chambre basse).

Source : presse japonaise.

Cette décision du parlement japonais de transférer la capitale en cas de catastrophe majeure rappelle une décision semblable en Indonésie où Jakarta, la capitale, a été transférée à Nusantara, sur l’île de Bornéo. Je vous invite à lire la note que j’avais écrite le 20 août 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

 

Vue synthétisée du futur palais présidentiel de Nusantara (Source : presse indonésienne)

À Jakarta comme à Tokyo, on a affaire à un déplacement de l’administration centrale vers un autre lieu, avec tout de même une différence importante. Le transfert serait temporaire pour Tokyo, sauf en cas de destruction majeure de la capitale, alors que Nusantara est la capitale définitive de l’Indonésie.

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A blogger and loyal reader of my posts recently alerted me to a vote that took place in the Japanese Parliament in late July 2026. On July 24, the members of the Japanese parliament gave final approval to a bill providing for the creation of a « second capital. » The bill was passed following a last-minute clash between the ruling majority and the opposition, just before the parliamentary session ended.
Meeting in a plenary session, the House of Councillors (the upper house) approved the measure by a vote of 123 to 121. The project was primarily backed by the ruling coalition—comprising the Liberal Democratic Party (LDP) and the Japan Innovation Party (Nippon Ishin no Kai)—while the main opposition parties voted against it.
The law mandates the creation of a second capital capable of maintaining the state’s core administrative functions should Tokyo, the current capital, be struck by a major disaster. Japan is known to be exposed to significant risks such as volcanic eruptions, earthquakes, tsunamis, typhoons, and floods; the country alone accounts for nearly 20% of the world’s largest earthquakes. Currently, a major concern for the Japanese people is preparing for the « Big One », an earthquake expected to hit Tokyo every 30 years, potentially with a magnitude similar to the 2011 Tohoku earthquake, which caused the disaster at the Fukushima power plant.
Introduced by the ruling parties, the bill had already been passed the previous week by the House of Representatives (lower house).

Source : Japanese news media.

This decision by the Japanese parliament to relocate the capital in the event of a major disaster mirrors a similar move in Indonesia, where the capital was shifted from Jakarta to Nusantara on the island of Borneo. I invite you to read the post I wrote on August 20, 2024:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

In both Jakarta and Tokyo, we are dealing with the relocation of the central administration to a different site, though there is a difference: the move would be temporary for Tokyo – barring the major destruction of the capital – whereas Nusantara is Indonesia’s permanent capital.

La Palma (Îles Canaries) ne menace plus la côte est des États Unis) // La Palma (Canary Islands) is no longer a threat to the U.S. East coast

Jusqu’à récemment, une théorie répandue parmi les volcanologues affirmait qu’un effondrement majeur de l’île de La Palma, aux Canaries, pourrait déclencher un méga-tsunami dévastateur pour la côte est des États-Unis. Un film catastrophe de 2024, intitulé « La Palma », était même disponible sur Netflix. On y voyait une vague de 30 à 90 mètres de haut s’abattre sur New York, la Floride et toute la côte est américaine.
https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

Ce scénario s’appuyait sur une étude de 2001, largement médiatisée, selon laquelle l’effondrement catastrophique d’une partie de l’île de La Palma pourrait provoquer un méga-tsunami dans l’océan Atlantique, avec des vagues de 25 mètres de haut (voire beaucoup plus, selon certains) qui viendraient frapper les côtes orientales de l’Amérique du Nord et du Sud. En théorie, il dévasterait tout, y compris les millions d’habitants de la côte est des États-Unis.

Cependant, aujourd’hui, la plupart des scientifiques ne croient plus à cette théorie. Dans une analyse détaillée, l’USGS indique que le modèle initial reposait sur une hypothèse qui ne correspond plus aux connaissances acquises depuis par les géologues sur l’effondrement des îles volcaniques. La théorie supposait que tout un pan de l’île de La Palma glisserait brutalement dans l’océan, générant une vague gigantesque. Des études récentes montrent que ces effondrements se produisent par étapes successives, et ne sont pas des événements catastrophiques uniques.
L’USGS souligne également que l’amélioration de la modélisation des tsunamis a considérablement modifié la situation. De nouvelles simulations indiquent que même dans le pire des cas, l’effondrement d’un flanc de La Palma produirait probablement des vagues d’environ un à deux mètres de hauteur sur la côte Est, et sûrement pas des vagues de 25 mètres, ni de 30 à 90 mètres comme l’affirme un « scientifique » dans la vidéo mentionnée ci-dessus.
Aujourd’hui, les scientifiques affirment que cette catastrophe planétaire est extrêmement improbable. L’USGS ajoute que les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares et se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité. On observerait une augmentation de l’activité sismique et des déformations de la surface du sol. De plus, les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – La Palma a connu ses dernières éruptions en 2021, 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes effectuées à La Palma indiquent que la structure de l’île est stable. Il faudrait que le volcan croisse de manière significative pour qu’un effondrement soit envisageable.
Cela ne signifie pas pour autant que les tsunamis d’origine volcanique sont impossibles. L’USGS cite l’exemple de l’éruption du Krakatau (Indonésie) en 1883, qui a engendré un tsunami meurtrier avec des dizaines de milliers de victimes. Plus récemment, un possible méga-tsunami de 450 mètres aurait frappé l’Alaska ; il s’agissait du deuxième plus important jamais enregistré.
Tous ces événements nous rappellent avec humilité l’incroyable puissance de l’océan et illustrent la facilité avec laquelle des théories alarmistes peuvent se propager, en particulier sur les réseaux sociaux. Les méga-tsunamis font les gros titres, mais selon l’USGS, le scénario catastrophe des îles Canaries est tout à fait irréaliste.
Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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Comme je l’ai mentionné plus haut, l’Alaska est l’une des régions du monde les plus exposées aux séismes et aux tsunamis. Dans une note publiée le 26 juillet 2025, j’expliquais que l’État subit la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. L’arc des Aléoutiennes en est la parfaite illustration. Il s’étend sur environ 3 000 km, depuis le golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la fosse des Aléoutiennes dont la profondeur peut dépasser 7 800 mètres.

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka (Source : Alaska Volcano Observatory)

L’histoire sismique de l’Alaska est particulièrement riche. Le premier événement très puissant survenu le long de l’arc au 20ème siècle fut un séisme de magnitude M8,6 sur l’île Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par la rupture d’une portion de l’arc d’environ 300 km et provoqué un petit tsunami enregistré jusqu’à Hawaï.
Le séisme de magnitude M8,6 sur l’île Unimak le 1er avril 1946, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Antarctique. Bien que les dégâts causés par les secousses sismiques aient été localement peu importants, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaï). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à HawaÏ. Plus de 250 personnes ont été tuées.

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Until rfecently, there was a theory among volcanologists saying that a major collapse on the Canary island of La Palma might trigger a megatsunami that would cause destruction on the eatern coast of the United States. There was even a disaster movie on Netflix from 2024 called La Palma showing a 30- to 90-meter-high wall of water crashing into New York City, Florida, and the entire East Coast.

https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

The scenario relies on a widely publicized 2001 study according to which a catastrophic collapse of part of the La Palma island could trigger a massive Atlantic Ocean tsunami capable of sending waves as high as 25 meters (some say much bigger) toward the eastern shores of North and South America. It would, in theory, devastate everything, including the millions of people on the U.S. eastern seaboard.

However, most scientists today no longer believe the theory is valid. In a detailed review of the hypothesis, the U.S. Geological Survey says the original model relied on a key assumption that does not match what geologists have since learned about volcanic island collapses. The theory assumed a single, massive chunk of the island would suddenly slide into the ocean at high speed, generating a gigantic wave. More recent research suggests these collapses occur in smaller, incremental stages rather than one catastrophic event.

The USGS notes that improved tsunami modeling has also changed the picture dramatically. New simulations indicate that even a worst-case collapse scenario would likely produce waves on the East Coast in the range of roughly one or two meters, not 25 meters, or 30 to 90 meters as a social media « scientist » says in the video above.

Today, science affirms for sure that this world-shattering disaster is highly unlikely. The USGS explains that collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Moreover, Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in2021, 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely.

That does not mean volcano-generated tsunamis are not real. The USGS points to the 1883 eruption of Krakatau (Indonesia) which generated a deadly local tsunami that killed tens of thousands of people. More recently, a supposed 450-meter mega-tsunami hit Alaska ; it was the second largest ever.

All these events are a humble reminder of the ocean’s incredible power and shows the ease with which dramatic theories can spread online. Mega-tsunamis make for attention-grabbing headlines, but according to the USGS, the fearful Canary Islands scenario is definitely not realistic.

Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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As I put it above, Alaska is one of the regions of the world most exposed to earthquakes and tsunamis. In a post published on 26 July 2025, I explained that it undergoes the subduction of the Pacific plate beneath the North American plate. The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The seismic story of Alaska is particularly rich.

The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii. More than 250 people got killed.

Mégatsunami en Alaska // Large-scale tsunami in Alaska

Je viens de lire dans la presse de l’Alaska que le 10 août 2025, un glissement de terrain a provoqué un tsunami dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau.

Carte montrant Tracy Arm, le long fjord permettant d’accéder au glacier Sawyer (Source : NASA)

La vague a atteint 481 mètres de hauteur, ce qui en fait le deuxième tsunami le plus haut jamais enregistré. Une étude publiée dans la revue Science le 6 mai 2026 a décrit cet événements en y apportant des explications scientifiques. Plus de 64 millions de mètres cubes de matériaux se sont effondrés près du glacier South Sawyer, que j’ai visité le 3 septembre 2016 et où j’ai assisté à un effondrement spectaculaire du front du glacier :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY

Le glissement de terrain s’est produit à 5 h 26 (heure locale), lorsqu’une importante portion de flanc de montagne s’est effondrée au-dessus du front du glacier Sawyer et a plongé dans le fjord.

Front du Glacier Sawyer (Photo: C. Grandpey)

Ce glissement de terrain a été précédé de plusieurs jours de microsismicité, dont la fréquence et l’intensité ont augmenté jusqu’à environ une heure avant la rupture du flanc de montagne. Il a généré des ondes sismiques longue période, observées à l’échelle mondiale, d’une magnitude équivalente à celle d’un séisme de M5,4. À noter qu’en avril 2026, plusieurs compagnies de navigation ont cessé d’envoyer des navires dans le fjord en raison car leurs capitaines s’inquiétaient de l’instabilité des pentes du fjord et des risques de tsunami.

Les abords du fjord portent les traces de l’érosion glaciaire. Quand je l’ai visité en 2016, le Glacier Sawyer avait reculé de plusieurs centaines de mètres en quelques mois à cause du réchauffement climatique. Photo : C. Grandpey)

L’impact du tsunami a déplacé un volume d’eau considérable. La vague a arraché la végétation des parois du fjord et laissé des marques à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les auteurs de l’étude placent le tsunami du 10 août 2025 juste derrière celui de la baie de Lituya en Alaska en 1958, où une vague déclenchée par un glissement de terrain a atteint environ 524 mètres de hauteur. (voir ma note du 11 octobre 2020).

Image satellite montrant Lituya Bay, Lituya Glacier, et Desolation Lake avant et après l’événement d’août 2020 (Source : NASA)

Les témoignages recueillis par les chercheurs montrent que le tsunami s’est propagé bien au-delà de la zone immédiate du glissement de terrain et a produit de fortes vagues et des courants dangereux dans Tracy Arm et Endicott Arm. Les observations documentées dans l’étude proviennent de kayakistes, de petites embarcations et d’un navire de croisière situé à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’effondrement. Des observations supplémentaires ont été recueillies à No Name Bay, à environ 50 km du glissement de terrain. Un témoin à bord du bateau à moteur Blackwood a décrit une vague de 2 à 2,50 m de haut, se déplaçant le long du rivage, en provenance de Tracy Arm. Il a ajouté qu’une seconde vague d’environ 1 m de haut a suivi la première.
Le navire du National Geographic Venture, avec environ 150 personnes à son bord, était ancré près de l’embouchure de Tracy Arm lorsque le tsunami s’est produit. Le capitaine a signalé de forts courants et des remous près des bords du fjord, mais aucune vague clairement définie à l’endroit où se trouvait le navire. Un épais brouillard limitait la visibilité à l’intérieur du fjord, bien que d’importantes quantités de glace et de débris flottants fussent visibles dans l’eau.

Icebergs dans le Tracy Arm, devant le Glacier Sawyer (Photo : C. Grandpey)

L’étude a établi un lien entre cet événement et le réchauffement climatique actuel. Elle a attribué l’effondrement de la paroi du fjord à la déstabilisation des pentes dans un environnement glaciaire en rapide évolution. Les chercheurs ont indiqué que le recul du glacier Sawyer avait réduit le soutien à la base de la pente avant la rupture. Le tsunami de Tracy Arm a remis en lumière les risques de tsunamis liés aux glissements de terrain dans les fjords glaciaires, notamment dans les zones côtières escarpées où le recul rapide des glaciers est accentué par le réchauffement climatique. Suite à plusieurs effondrements importants survenus récemment, les chercheurs et les spécialistes des risques naturels surveillent de plus en plus ces environnements en Alaska et au Groenland.

L’étude complète, publiée dans la revue Science, est accessible via ce lien :
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS et médias d’information de l’Alaska.

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I have just read in the Alaskan press that on 10 August 2025, a landslide-generated a tsunami in Tracy Arm, southeast of Juneau, with a wave that reached 481 meters, ranking it as the second-highest tsunami runup ever recorded. This was revealed by a study published in Science on May 6, 2026. More than 64 million cubic meters of rock collapsed near the South Sawyer Glacier that I visited on 3 September 2016.

The landslide occurred at 05:26 (local time), after a large section of unstable mountainside failed above the toe of the Sawyer Glacier and plunged into the fjord.

The landslide was preceded by several days of microseismicity, which increased in rate and magnitude until about one hour before failure. It produced globally observed long-period seismic waves equivalent in size to an M5.4 earthquake. In April 2026, several cruise operators stopped sending vessels into the fjord because of continuing concerns over slope instability and localized tsunami hazards.

The impact displaced a massive volume of water and generated a localized tsunami that stripped vegetation from steep fjord walls and left high-water marks hundreds of meters above sea level.

The authors of the study placed the Tracy Arm tsunami behind only the 1958 Lituya Bay event in Alaska, where a landslide-triggered wave reached about 524 meters. (see my post of 11 October 2020).

Eyewitness accounts collected by the researchers showed that the tsunami propagated far beyond the immediate landslide area and produced strong surges and hazardous currents throughout Tracy and Endicott arms. Observations documented in the study came from kayakers, small vessels, and a cruise ship located tens of kilometers from the collapse site at the time of the event.

Additional observations came from No Name Bay, about 50 km from the landslide, where a witness aboard the motor vessel Blackwood described a cresting wave 2-2.5 m high moving along the shoreline from the direction of Tracy Arm. The observer reported that the initial wave was followed by another surge about 1 m high.

The expedition cruise ship National Geographic Venture, carrying about 150 people, was anchored near the mouth of Tracy Arm when the tsunami occurred. The vessel’s captain reported strong currents and white water near the fjord margins, but no clearly defined wave at the ship’s location. Dense fog limited visibility inside the fjord, although large amounts of floating ice and debris were visible in the water.

The study made a link of the event with the current global warming. It linked the collapse to slope destabilization in a rapidly changing glacial environment. Researchers reported that the retreat of South Sawyer Glacier had reduced support at the base of the slope before failure occurred.

The Tracy Arm tsunami drew renewed attention to landslide-tsunami hazards in glacier-fed fjords, particularly in steep coastal terrain undergoing rapid ice retreat with global warming. Researchers and hazard specialists have increasingly monitored such environments in Alaska and Greenland following several large recent collapses.

The complete study published in Science can le read using this link :

https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS and Alaskan news media.