Histoire de météotsunamis… // About meteotsunamis…

Jusqu’à présent, je savais ce qu’était un tsunami, mais je n’avais jamais entendu parler de tsunami météorologique ou météosunami. J’ai lu dans la presse internationale aujourd’hui qu’un météosunami s’était formé en Mer Méditerranée près de la côte espagnole au petit matin du 16 juillet 2018 et avait inondé les côtes de Majorque et de Minorque dans les îles Baléares. La vague atteignait 1,5 mètre au moment où elle a frappé ces îles. Elle a inondé des plages, des routes, des bars et des terrasses, emportant chaises et parasols. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer car les plages étaient encore relativement vides au moment de l’événement.
Un météosunami ou tsunami météorologique est une vague d’origine météorologique semblable à un tsunami classique. Les météotsunamis sont générés lorsque des changements rapides de pression barométrique provoquent le déplacement d’une masse d’eau. Une perturbation atmosphérique interagit avec l’océan sur une période de temps limitée (de plusieurs minutes à plusieurs heures). Les tsunamis et les météosunamis sont similaires et il est parfois difficile de les distinguer l’un de l’autre, comme dans le cas où apparaît une vague de tsunami sans qu’il y ait la présence d’un séisme.
On estime que 3% des tsunamis historiques ont des origines météorologiques connues, bien que leur prévalence réelle soit peut-être beaucoup plus élevée car 10% des tsunamis historiques ont des origines inconnues. Les tsunamis du passé sont souvent difficiles à valider ; ils ont pu être à tort interprétés comme des ondes de seiche.

La plupart des supposés tsunamis observés dans les zones à faible risque sismique sont des météo-tsunamis. Exceptionnellement, deux phénomènes peuvent s’additionner, un météotsunami pouvant aggraver les effets d’un  tsunami classique (ou inversement), comme ce fut le cas lors de l’éruption du Krakatoa en 1883, qui a généré des tsunamis volcano-météorologiques également liés à la puissance de l’explosion volcanique.

Les météotsunamis n’ont que des effets locaux car n’ont pas l’énergie suffisante pour provoquer un tsunami au sens où on l’entend habituellement. Cependant, lorsqu’ils sont amplifiés par résonance, ils peuvent devenir dangereux. Le météonunami qui a frappé la baie de Nagasaki le 31 mars 1979 a atteint une hauteur maximale de 5 mètres et trois personnes ont été tuées. La vague de trois mètres qui a frappé la rive du Lac Michigan à Chicago en 1954 a noyé sept personnes.

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Up to now, I knew what a tsunami was, but I had never heard about meteotsunamis. I could read in the newspapers today that a meteotsunami formed in the Mediterranean Sea near the coast of Spain in the early morning of July 16th, 2018, and flooded the coasts of Mallorca and Menorca in the Balearic Islands. The wave was as high as 1.5 metres when it struck the shores of these islands. It flooded beaches, roads, bars and terraces, sweeping away chairs and parasols. Fortunately, there are no reports of injuries as the beaches were still relatively empty when the event took place.

A meteotsunami or meteorological tsunami is a tsunami-like wave of meteorological origin. Meteotsunamis are generated when rapid changes in barometric pressure cause the displacement of a body of water. A travelling atmospheric disturbance normally interacts with the ocean over a limited period of time (from several minutes to several hours). Tsunamis and meteotsunamis are otherwise similar enough that it can be difficult to distinguish one from the other, as in cases where there is a tsunami wave but there are no seismic records of an earthquake.

Only about 3% of historical tsunami events are known to have meteorological origins, although their true prevalence may be considerably higher than this because 10% of historical tsunamis have unknown origins; Tsunami events in the past are often difficult to validate, and meteotsunamis may have previously been misclassified as seiche waves.

Most of the so-called tsunamis observed in areas of low seismic risk are meteotsunamis.  Exceptionally, two phenomena can add up, a meteotsunami aggravating the effects of a real tsunami in progress (or conversely), as was the case for example during the eruption of Krakatoa in 1883, which generated volcano-meteorological tsunamis, also related to the power of the volcanic explosion.

Meteotsunamis are restricted to local effects because they lack the energy available to significant seismic tsunami. However, when they are amplified by resonance they can be hazardous. A meteotsunami that struck Nagasaki Bay on March 31st, 1979 achieved a maximum wave height of 5 metres andthree people died. A three-metre wave that hit the Chicago waterfront in 1954 swept people off of piers, drowning seven.

Vue des dégâts provoqués par un météotsunami au cours de l’ouragan Ike à Gilchrist (Texas) en 2008. (Crédit photo: Wikipedia)

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Groenland: Un iceberg menace un village // Greenland: An iceberg threatens a village

Nouvel exemple du réchauffement climatique dans l’Arctique, un énorme iceberg s’est détaché de la banquise et est venu s’échouer près d’un petit village sur la côte ouest du Groenland. Les habitants craignent qu’un tsunami vienne submerger leurs maisons au moment des épisodes de vêlage. La masse imposante de l’iceberg qui ne bouge plus domine les maisons du village d’Innaarsuit et ses 170 habitants. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo montrant l’iceberg et de gros morceaux de glace qui s’en détachent et plongent dans la mer. On craint que de plus gros morceaux de glace puissent déclencher des tsunamis et menacer le village.
Les habitants disent qu’ils n’ont jamais vu un tel iceberg. La zone à risque près de la côte a été évacuée et les gens sont allés se réfugier au sommet de la colline où se trouve le village.
L’été dernier, quatre personnes sont mortes lorsque des vagues ont submergé un village dans le nord-ouest du Groenland.
https://youtu.be/r8zf8EZePjg

Source : Presse internationale.

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Another example of global warming in the Arctic, a huge iceberg has drifted close to a tiny village on the western coast of Greenland, causing fear that it could swamp the settlement with a tsunami if it calves. The iceberg towers over houses on a promontory in the village of Innaarsuit (pop. 170) but it is grounded and has not moved overnight. By clicking on the link below, you will see a video showing the iceberg and big chunks of ice falling into the sea. It is feared that bigger pieces of ice might trigger tsunamis and threaten the village.

Residents say they have never seen such a big iceberg before. A danger zone close to the coast has been evacuated and people have been moved further up a steep slope where the settlement lies.

Last summer, four people died after waves swamped a settlement in northwestern Greenland.

https://youtu.be/r8zf8EZePjg

Source : International news media.

Prévention des séismes et tsunamis à la Martinique // Seismic and tsunami prevention in Martinique

Depuis que ce blog existe, je ne cesse de mettre l’accent sur l’importance que revêt l’EDUCATION des populations dans les contextes volcanique et sismique. Lors de mes conférences « Volcans et risques volcaniques », je donne l’exemple de la ville de Kagoshima, au pied du volcan japonais Sakurajima, où la population est régulièrement soumise à des exercices d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption majeure qui menacerait l’agglomération située à quelques encabliures de ce volcan particulièrement actif.

Le 14 mars 2018, le site web France-Antilles a diffusé un article avec le titre suivant: « Près de 35 000 Martiniquais mobilisés pour Caribe Wave 2018« . Il s’agissait d’un exercice grandeur nature d’alerte tsunami. Commencé le jeudi 15 mars 2018, il a regroupé une cinquantaine de pays et territoires de la Caraïbe, soit environ 200 000 personnes.

L’exercice se déroule de la manière suivante: Selon le scénario établi par le Groupement Intergouvernemental de Coordination / Système d’Alerte aux Tsunamis pour la CARaïbe, un séisme fictif va générer un tsunami dans la Caraïbe. Les côtes de la Martinique sont notamment touchées.

Organisé par le GIC/SATCAR depuis 2011, cet exercice permet de tester le système d’alerte montante vers les autorités publiques responsables de la gestion de crise ainsi que les procédures de diffusion de l’alerte descendante rapide vers la population. Ce dernier point est du ressort des services opérationnels, les mairies, les opérateurs et les médias.

En Martinique, 3 500 personnes, dont une vingtaine de communes et plus de 20 000 collégiens et lycéens se sont inscrits pour participer à l’exercice, via le site http://www.tsunamizone.org/francais/. Ces communes ont choisi soit de mettre en place une sensibilisation, soit de participer à un exercice d’évacuation. En 2018, une attention particulière a été portée sur les itinéraires d’évacuation et sur les 650 sites refuges identifiés.

Parallèlement à cette campagne de sensibilisation sur le terrain, les autorité locales, avec la caution du Préfet de la Martinique, ont distribué un dépliant intitulé « Alerte Tsunami » (voir ci-dessous) qui, graphiques à l’appui, explique ce qu’est un tsunami, comment reconnaître les trois signes naturels d’un tel phénomène et que faire en cas de danger ou d’alerte. Il est en particulier rappelé que « ces vagues ne sont pas surfables! »

Lorsque j’ai visité la ville de St Pierre, j’ai remarqué les nombreux panneaux apposés dans les rues et sur les ruines des monuments historiques, et indiquant les parcours à suivre en cas d’alerte tsunami. Semblables panneaux sont visibles dans d’autres localités côtières

Au cours de mon séjour aux Antilles, j’ai eu l’occasion de parler de cette démarche d’éducation de la population avec plusieurs personnes. Je pense qu’il faudrait aller encore plus loin, comme le font les Islandais. Dans ce pays, les autorités ont demandé aux habitants de la côte sud de l’île, menacée par des éruptions volcaniques et des crues glaciaires, de télécharger une application sur leurs smartphones. En cas de danger imminent, les habitants reçoivent instantanément un message d’alerte leur indiquant le comportement à adopter dans les délais les plus brefs. Il est fort à parier que ce progrès dans le domaine de la prévention sera bientôt adopté par les populations antillaises.

Le risque sismique est identifié depuis longtemps en Martinique. Depuis le 18ème siècle, l’île a subi plusieurs tremblements de terre importants. Le dernier en date, le 29 novembre 2007 avait une magnitude de M 7,4. Il a  été localisé au nord de la Martinique, à une profondeur de 152 km. Les dégâts furent modérés et d’ampleur inégale. A l’image du Centre de découverte des sciences de la Terre, certaines habitations de la Martinique bénéficient de mesures parasismiques.

S’agissant des tsunamis, au cours des trois derniers siècles, la Martinique et la Guadeloupe ont été frappées par plus d’une dizaine d’événements de ce type. Les plus récents ont été observés en mai 1901, décembre 1901, mars et avril 1902, le 6 mai 1902, le 30 août 1902 et le 24 juillet 1939. Cependant, tous n’ont pas été recensés et certaines surcotes marines ne furent jamais identifiées, faute de connaissances.

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Ever since I created this blog, I have kept focusing on the concept of EDUCATION of populations in volcanic and seismic contexts. During my conferences « Volcanoes and Volcanic Risks », I give the example of the city of Kagoshima, at the foot of the Japanese volcano Sakurajima, where the population regularly performs evacuation exercises in the event of a major eruption which would threaten the community located a short distance from this very active volcano.

On March 14th, 2018, the France-Antilles website published an article with the following title: « Nearly 35,000 Martiniquais mobilized for Caribe Wave 2018 ». This was a life-size tsunami warning exercise. Started on Thursday, March 15th, 2018, it brought together about fifty countries and territories of the Caribbean, about 200,000 people.

The exercise took place as follows: According to the scenario established by the Intergovernmental Coordination Group / Tsunami Warning System for CARIBBEAN, a fictitious earthquake generated a tsunami in the Caribbean. The coasts of Martinique were particularly affected.

Organized by the GIC / SATCAR since 2011, this exercise makes it possible to test the rising alert system towards the public authorities responsible for crisis management as well as the procedures for disseminating the rapid downward alert to the population. This last point is the responsibility of the operational departments, the mayors and the media.

In Martinique, 3,500 people, including some 20 municipalities and more than 20,000 middle and high school students have registered to participate in the exercise, via the site http://www.tsunamizone.org/english/. These municipalities chose either to set up an awareness campaign or to participate in an evacuation exercise. In 2018, special attention was paid to the evacuation routes and the 650 identified refuge sites.

In parallel with this awareness campaign on the field, the local authorities, with the guarantee of the Prefect of Martinique, have distributed leaflets entitled « Tsunami Alert » (see below) which, with graphics, explains what a tsunami is, how to recognize the three natural signs of such a phenomenon and what to do in case of danger. People are reminded that « these waves are not surfable! »

When I visited the city of St Pierre, I noticed the many signs posted in the streets and the ruins of historical monuments, and indicating the routes to follow in case of tsunami warning.

During my stay in the West Indies, I had the opportunity to talk about this process of education of the population. I pointed out  that the prevention has to go even further, as the Icelanders do. In this country, the authorities have asked residents of the south coast of the island, threatened by volcanic eruptions and glacial floods, to download an application on their smartphones. In case of imminent danger, the inhabitants receive an instant warning message indicating the behaviour to adopt as soon as possible. It is a safe bet that this progress in the field of prevention will soon be adopted by the West Indian populations.

The seismic risk has long been identified in Martinique. Since the 18th century, the island has suffered several earthquakes. The most recent, on November 29th, 2007 had a magnitude of M 7.4. It was located north of Martinique, at a depth of 152 km. The damage was moderate and uneven.

As for tsunamis, over the last three centuries, Martinique and Guadeloupe have been hit by more than a dozen events. The most recent ones were observed in May 1901, December 1901, March and April 1902, May 6, 1902, August 30, 1902 and July 24, 1939. However, not all were recorded and some increases in the sea level were never identified, due to a lack of knowledge.

Une brochure très pédagogique:

En cas d’alerte tsunami…

Eléments parasismiques au Centre de découverte des sciences de la Terre:

Photos: C. Grandpey

Le Grand Séisme de Ka’u (Hawaii) en 1868 // The great 1868 earthquake of Ka’u (Hawaii)

Aujourd’hui 2 avril 2018 marque le 150ème anniversaire du plus puissant séisme jamais enregistré à Hawaï au cours des deux derniers siècles. D’une magnitude estimée à M 7,9, ce séisme avait son épicentre près de Pahala dans le district de Ka’u. Connu sous le nom de Grand Séisme de Ka’u, il a atteint la même intensité que celui de San Francisco en 1906. Il a été ressenti jusque sur l’île de Kauai et a fait s’arrêter les horloges sur l’île d’Oahu. À Ka’u, où les secousses ont duré plusieurs minutes, la destruction fut presque totale. Les bâtiments et les murs construits en pierre ont été détruits jusqu’à Hilo. Les secousses ont provoqué des glissements de terrain depuis  Ka’u jusque sur la côte nord d’Hamakua et ont provoqué une petite éruption sur la zone de Rift Sud-Ouest du Kilauea. Une coulée de boue à Wood Valley, au nord de Pahala, a enseveli 31 Hawaïens. Un tsunami a fait déferler au moins huit vagues de plus de 6 mètres de hauteur pendant plusieurs heures. Elles ont causé des dégâts de South Point (Kalae) à Cape Kumukahi (Kapoho), détruit plus de 100 structures et tué 47 personnes. Si un tel événement se produisait aujourd’hui, le Grand Séisme de Ka’u serait l’un des plus puissants enregistrés ces dernières années à travers le monde. Comme l’île d’Hawaï était peu peuplée en 1868, les pertes humaines furent limitées.
À Hawaï, les séismes les plus destructeurs se produisent le long d’une faille en pente douce située entre la base des volcans et l’ancien fond océanique sur lequel ils reposent. Cette faille, située à une profondeur d’environ 11 km, est connue géologiquement sous le nom de faille de décollement (du mot français « décoller », qui signifie « se détacher de »).
Une grande partie de l’île d’Hawaii a été secouée par l’événement de 1868. Si l’on se réfère aux mesures effectuées lors du séisme de M 7 à Kalapana en 1975, également sur la faille de décollement, toute la partie de l’île située au sud et à l’est du sommet et des zones de rift du Mauna Loa s’est probablement déplacée vers la mer et s’est affaissée durant la séisme de 1868.
Le Grand Séisme de Ka’u du 2 avril faisait partie d’une crise volcanique de longue durée qui s’est déroulée pendant 16 jours. Le 27 mars, une éruption a commencé en douceur dans le Moku’aweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa. L’activité sismique a augmenté tout au long de la journée et, dans l’après-midi du 28 mars, un séisme de magnitude 7,0 s’est produit à Ka’u et a causé d’importants dégâts. Au cours des quatre jours suivants, des secousses presque continues ont été signalées à Ka’u et à Kona Sud. Les séismes se sont poursuivis à raison de 50 à 300 événements par jour – dont un événements de M 6,0 – jusqu’au 2 avril, date à laquelle le Grand Séisme de Ka’u s’est produit à 16 heures. Une violente réplique a eu lieu le 4 avril et des répliques de magnitude décroissante ont continué pendant plusieurs dizaines de jours.
Le Grand Séisme de Ka’u a débloqué la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa et le 7 avril 1868 une fissure éruptive s’est ouverte sur le volcan, juste au-dessus de la zone où se trouvent aujourd’hui la route 11 et à l’est des Hawaiian Ocean View Estates.
Bien que nous ne sachions pas à quelle fréquence des événements aussi puissants que le Grand Séisme de Ka’u peuvent se produire, nous savons qu’à Hawaii ce sont les volcans actifs qui gèrent les contraintes qui génèrent les plus grands séismes. Les risques liés au Mauna Loa comprennent donc des éruptions, mais aussi de puissants séismes le long de la faille de décollement de Ka’u et de Kona Sud, comme le confirme le séisme de M 6.9 enregistré près de Captain Cook en 1951. Pour cette raison, il est conseillé aux habitants de l’île d’Hawaii de se tenir prêts à faire face à des éruptions volcaniques, mais aussi à des séismes potentiellement destructeurs.
Source: USGS / HVO.

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Today April 2nd 2018 marks the 150th anniversary of the largest earthquake to strike Hawaii in the last two centuries. Estimated to be an M 7.9 event, this earthquake struck near Pahala in the Ka‘u District of the Island of Hawaii in 1868. Known as the great Ka’u earthquake, it had the same maximum intensity as the 1906 San Francisco earthquake. It was felt as far away as the island of Kauai and stopped clocks on Oahu. In Ka’u, where the shaking went on for several minutes, the destruction was nearly total. Stone buildings and walls were destroyed as far away as Hilo. The shaking caused landslides from Ka’u to Hawaii Island’s northern Hamakua coast and induced a small eruption on Kilauea Volcano’s Southwest Rift Zone. A mudslide in Wood Valley north of Pahala buried 31 Hawaiians. A tsunami, consisting of at least eight waves over several hours, was estimated to be more than 6 metres high in Ka’u. The waves caused damage from South Point to Cape Kumukahi (Kapoho), destroyed more than 100 structures, and took 47 lives. If it happened today, the great Ka’u earthquake would be one of the world’s strongest earthquakes of these past years. Because the Island of Hawaii was sparsely populated in 1868, the loss of lives was limited.

In Hawaii, the most destructive earthquakes occur along a gently sloping fault between the base of the volcanoes and the ancient ocean floor on which they are built. This fault, located at a depth of approximately 11 km, is known geologically as a décollement, from the French word “décoller,” which means “to detach from.”

A large part of the Island of Hawaii moved during the 1868 event. Based on measurements of how much the earth moved during Hawaii’s M 7.7 Kalapana earthquake in 1975, which also occurred on the décollement, the entire island south and east of Mauna Loa’s summit and rift zones probably moved seaward and subsided several metres during the great Ka’u earthquake of 1868.

The April 2nd great Ka’u earthquake was part of a larger volcanic crisis that unfolded over 16 days. On March 27th, an eruption quietly began in Moku’aweoweo, the caldera at the summit of Mauna Loa. Seismic activity increased through the day, and by the afternoon of March 28th, an M 7.0 earthquake occurred in Ka’u, which caused extensive damage. During the following four days, nearly continuous ground shaking was reported in Ka’u and South Kona. Earthquakes continued at rates of 50 to 300 events per day, including an M 6.0 each day, leading up to April 2nd, when the great Ka‘u earthquake occurred at 4 p.m. A severe aftershock occurred on April 4th, and aftershocks of decreasing magnitudes continued for several tens of days.

The great Ka’u earthquake unlocked Mauna Loa’s Southwest Rift Zone, and on April 7th, 1868, an eruptive fissure opened low on the mountain, just above today’s Highway 11 and east of Hawaiian Ocean View Estates.

Though we do not know how often events as large as the great Ka’u earthquake occur, we do know that, in Hawaii, active volcanoes drive the stresses that generate the largest earthquakes. Mauna Loa’s hazards, therefore, include eruptions, as well as large earthquakes along the décollement in Ka’u and South Kona, like the M 6.9 earthquake that occurred near Captain Cook in 1951. Because of this, Island of Hawai‘i residents are encouraged to be prepared for both volcanic eruptions and potentially damaging earthquakes.

Source: USGS / HVO.

Zone de rift dans le désert de Ka’u (Photo: C. Grandpey)

Une histoire de bouées // A story of buoys

Aujourd’hui, les scientifiques sont capables de suivre le déplacement des vagues de tsunamis à l’aide d’un réseau de bouées installées à la surface de l’océan. On a pu constater leur efficacité lors du séisme de M 7,9 enregistré le 23 janvier 2018 dans le Golfe d’Alaska. Malgré tout, il arrive que ces bouées connaissent certains problèmes, sans pour autant perturber le fonctionnement de l’ensemble du réseau.

Ainsi, un couple de l’Oregon a découvert une de ces bouées sur la côte, le matin de l’alerte tsunami déclenchée suite au séisme dans le Golfe d’Alaska. Selon le National Weather Service, il se peut qu’elle se soit  détachée de son ancrage à environ 400 km à l’ouest d’Astoria le 4 octobre 2017. Elle a dérivé pendant des mois, poussé par les vents, les courants et les vagues. La NOAA a déclaré que la bouée était l’une des 32 stations de signalement de tsunamis (DART) installées en haute mer autour de la Ceinture de Feu dans l’Océan Pacifique.
Les systèmes DART se composent d’un enregistreur de pression ancré sur le plancher océanique et d’une bouée en surface pour les communications en temps réel. Un lien acoustique transmet les données de l’enregistreur de pression sur le fond marin à bouée à la surface de l’océan. En cas de tsunami, l’enregistreur reconnaît un changement de fréquence et de pression. Il envoie un signal à la bouée qui envoie à son tour par satellite une alerte au Tsunami Warning Center à Hawaii. Les bouées sont attachées à au moins une ancre par une corde en nylon. Elles sont entretenus tous les quatre ans ou plus tôt, selon le lieu où elles se trouvent. On ne sait pas comment la bouée découverte par le couple s’est détachée de son ancrage.

Alors qu’une bouée s’échouait sur la côte de l’Oregon, une autre dans le Golfe d’Alaska ne faisait pas son travail correctement et communiquait de fausses informations. La bouée de la station 46410, un collecteur de données en haute mer, annonçait un tsunami qui n’existait pas ! Les personnes qui se sont connectées au site du National Data Buoy Center ont pu voir pendant quelques minutes que la bouée indiquait un pic de couleur rouge et annonçait un déplacement d’eau de 10 mètres !
Comme je l’ai écrit plus haut, les bouées sont censées indiquer le déplacement vertical d’une colonne d’eau, mais pas nécessairement la hauteur des vagues. Voici ce qui s’est passé, selon un scientifique :
« La station en question se trouve à environ 50 km de l’épicentre. Le pic soudain montré par le déplacement de l’eau juste après le séisme reflète probablement l’énergie sismique qui s’est libérée très brutalement, mais pas le déplacement d’une vague. Les séismes génèrent des ondes de Rayleigh (voir ci-dessous), c’est-à-dire des mouvements qui sont intenses à proximité de la source et diminuent sur la distance. » Le scientifique est à peu près certain que c’est ce phénomène que l’enregistreur a capté.

Il faut remarquer que ces bouées sont utiles pour indiquer le déplacement des vagues de tsunami quand l’épicentre du séisme se situe loin des côtes, comme ce fut le cas le 23 janvier dernier. Si, par malheur, l’épicentre se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement, il sera très difficile d’alerter les populations côtières et elles n’auront guère le temps de se réfugier sur les hauteurs.

Source: Presse américaine.

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Today, scientists are able to track the movement of tsunami waves using a network of buoys installed on the surface of the ocean. Their effectiveness was remarkable during the M 7.9 earthquake of January 23, 2018 in the Gulf of Alaska. Nevertheless, sometimes these buoys have some problems, without disrupting the operation of the entire network.

An Oregon couple found a tsunami buoy on the coast, ironically on the morning of the tsunami watch triggered by the M 7.9 earthquake in the Gulf of Alaska on January 23rd 2018. .

According to the National Weather Service, it could be a buoy that broke from its mooring approximately 400 km west of Astoria on October 4th. It drifted for months, pushed by wind, currents and waves. NOAA said the buoy was one of 32 Deep-ocean Assessment & Reporting of Tsunamis (DART) stations positioned around the Ring of Fire in the Pacific Ocean.

DART systems consist of an anchored seafloor bottom pressure recorder (BPR) and a companion moored surface buoy for real-time communications. An acoustic link transmits data from the pressure recorder on the seafloor to the surface buoy. In the event of a tsunami, the recorder recognizes a change in frequency and pressure. It sends a signal to the buoy, which sends an alert to the Tsunami Warning Center via satellite. The buoys are tethered to at least one anchor by a nylon rope. They receive maintenance every four years or sooner, depending on the location. It’s not clear how the buoy broke free.

While a buoy landed on the coast in Oregon, another one in the Gulf of Alaska failed to do its job properly and communicated wrong information. The buoy at station 46410, a deep-ocean data collector, predicted a tsunami that was not. Anybody logging onto the National Data Buoy Center site for a short interval could see that the buoy showed a red spike and a 10-metre water displacement.

As I put it above, the buoys measure how the entire water column moves up and down, not necessarily wave height. Here is what happened, according to a tsunami scientist:

“That station is about 50 km from the epicenter. The sudden spike in water displacement so soon after the quake probably reflected the burst of seismic energy released, not a wave. Earthquakes generate Rayleigh waves (see below), i.e.undulating motions intense near the source and diminishing over distance.” The scientist is pretty sure that was what the recorder picked up.

It should be noted that these buoys are useful to indicate the displacement of tsunami waves when the epicentre of the earthquake is located far from the coast, as was the case on January 23rd. If, unfortunately, the epicentre is only a few dozen kilometres away, it will be very difficult to warn the coastal population and they will have little time to take refuge on high points.

Source: U.S. newspapers.

Bouée de détection de tsunamis (Crédit photo: NOAA)

Propagation des ondes de Raleigh (Source: NOAA)

Puissant séisme dans le Golfe d’Alaska // Powerful earthquake in the Gulf of Alaska

12 heures: Un puissant séisme a été enregistré à 9h32 (TU) le 22 janvier 2018 dans le golfe d’Alaska, à 280 km au sud-est de Kodiak, avec une magnitude préliminaire de M 8,2, plus tard abaissée à M 7,9 par l’USGS. Sa profondeur était de 25 km.
Une alerte au tsunami a été émise pour les zones côtières de la Colombie-Britannique aux Aléoutiennes, ainsi que pour l’État d’Hawaï où l’alerte était en vigueur à 23h43. Le tsunami ne devrait pas frapper Homer (Alaska) avant 2h50 du matin. Il pourrait être destructeur sur les zones côtières, même loin de l’épicentre. Si les vagues atteignent Hawaii, les premières sont prévues le 23 janvier à 04h26. Des sirènes ont retenti à Kodiak et Homer (5 500 habitants), et des gens ont été évacués entre Sitka et Seward. Le séisme a réveillé les gens dans la région d’Anchorage et a été ressenti dans toute la partie centre-sud de l’Alaska.

12h15: Aux dernières nouvelles, selon le Tsunami Warning Center à Hawaii, la hauteur des vagues de tsunami ne devrait pas dépasser une trentaine de centimètres quand elles atteindront l’archipel hawaiien, ce qui est plutôt rassurant.

12h30: L’alerte tsunami vient d’être annulée pour Hawaii. Pas d’alerte non plus pour les autres régions autour de l’Océan Pacifique.

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12:00: A powerful earthquake occurred at 09:32 a.m. (UTC) on January 22nd 2018 in the Gulf of Alaska, 280 km SE of Kodiak, with a preliminary magnitude of M 8.2, later downgraded to M 7.9 by USGS. Its depth was 25 km.

A tsunami watch has been issued for coastal areas from British Columbia to the Aleutians, as well as for the State of Hawaii where the alert was effective at 11:43 p.m. The tsunami is not expected to hit Homer (Alaska) until 2:50 a.m. It could be destructive on coastal areas, even far from the epicentre. Should tsunami waves impact Hawaii, the estimated earliest arrival would be 04:26 a.m. on January 23rd.  Sirens were blasting in Kodiak and Homer (pop. 5,500), and people were evacuated from Sitka to Seward. The quake woke people up in Anchorage area and was felt around southcentral Alaska.

12:15: According to the Tsunami Warning Center in Hawaii, the height of the tsumami waves should not exceed 30 centimetres or so when they hit the archipelago. This is quite reassuring.

12:30: The tsunami alert has just been cancelled for Hawaii. No alert either for the other egions around the Pacific Ocean.

Estimation du temps de parcours des vagues de tsunami (Source: USGS)

Surveillance du Cumbre Vieja (La Palma / Iles Canaries) // Monitoring of Cumbre Vieja Volcano (La Palma / Canary Islands)

Un essaim sismique avec des événements entre M 1,5 et M 2,7 a débuté sous le volcan Cumbre Vieja, sur l’île de La Palma aux Iles Canaries, le samedi 7 octobre 2017 (voir ma note du 9 octobre 2017). Au total, 68 événements ont été enregistrés sous le volcan. Les autorités ont déclaré à l’époque qu’elles allaient intensifier la surveillance du volcan.

Confirmant cette promesse, un programme spécial de surveillance hydrogéochimique a été mis en place afin d’améliorer la surveillance du volcan. Les scientifiques prélèveront des échantillons d’eaux souterraines afin d’en analyser le pH, la conductivité, la température et l’activité gazeuse dissoute trois fois par semaine à quatre endroits du Cumbre Vieja. Dans le même temps, une équipe de l’Institut Géographique National (IGN) surveillera les environs du volcan 24 heures sur 24.
Alors que certains scientifiques pensent qu’une éruption pourrait potentiellement créer un raz-de-marée, des universitaires ont fait remarquer qu’un méga tsunami était peu probable. En fait, la possibilité d’un effondrement catastrophique du volcan Cumbre Vieja est une question très controversée parmi les géologues. Il y a certainement eu de gros morceaux de l’île volcanique qui se sont détachés dans un passé lointain, vraisemblablement en relation avec l’activité volcanique. Cependant, il n’y a aucune preuve que ce genre d’événement majeur se soit produit au cours des 10 000 dernières années, et aucun signe qu’un tel effondrement ait été suffisamment important et soudain pour générer de puissants tsunamis. C’est théoriquement possible, mais la plupart des géologues pensent que des effondrements plus petits et plus localisés sur les flancs escarpés du volcan sont plus probables. Ils pourraient générer des tsunamis locaux avec des vagues destructrices de quelques mètres de hauteur, mais sûrement pas des tsunamis transocéaniques.
Source: The Independent.

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A seismic swarm with events between M 1.5 and M 2.7 started under Cumbre Vieja volcano on the island of La Palma in the Canary Islands on Saturday, October 7th, 2017 (see my post of October 9th 2017). A total of 68 earthquakes had been recorded under the volcano.  Authorities said they would increase the monitoring of the volcano.

Confirming this promise, a special hydrogeochemical monitoring programme has been set up in order to improve the surveillance of the volcano. Scientists will take samples of subterranean waters and PH levels, conductivity, temperature and dissolved gas activity three times a week at four locations in Cumbre Vieja. Meanwhile, a team from the National Geographic Institute (IGN) is monitoring the site around the volcano 24 hours a day.

While experts have warned that an eruption holds the potential of creating a tidal wave, academics have been quick to point out a mega tsunami is unlikely. The possibility of a catastrophic collapse of the volcano is a really controversial issue amongst geologists. There has certainly been large chunks of the volcanic island that have detached in the distant past, presumably associated with volcanic activity. However, there is no evidence that this kind of major event happened in the last 10,000 years, and no signs that the collapse was so big and sudden that it produced huge tsunamis. It is theoretically possible, but most geologists think that smaller more localised collapses of the steep sides are more likely. They could generate local tsunamis with destructive waves a few metres high, but transoceanic tsunamis are unlikely.

Source: The Independent.

Cumbre Vieja vu depuis l’espace (Source: NASA Visible Earth)