La Nouvelle Zélande déclare “l’urgence climatique” // New Zealand declares “climate emergency”

L’été est sur le point de commencer en Nouvelle-Zélande (le pays est dans l’hémisphère sud) et l’agence météorologique nationale vient d’annoncer que la Nouvelle Zélande a connu son hiver le plus chaud de tous les temps avec une température de 1,14°C au-dessus de la moyenne, ce qui bat le record de 2013 qui était de 1,08°C au-dessus de la moyenne. Sept des 10 hivers les plus chauds jamais enregistrés en Nouvelle-Zélande ont eu lieu depuis l’an 2000.

Au moment où l’agence météorologique diffusait cette nouvelle inquiétante, la Première Ministre Jacinda Ardern déclarait devant le Parlement le 2 décembre 2020 un état d ‘«urgence climatique». Elle a insisté sur la nécessité d’une action rapide dans l’intérêt des générations futures. Elle a ajouté: «Si nous ne faisons rien face au changement climatique, nous continuerons à vivre avec des situations alarmantes sur nos côtes».

Le programme de décarbonisation de la Nouvelle-Zélande est soutenu par un fonds public de 117 millions d’euros et comprend une élimination progressive du charbon, une obligation pour les agences gouvernementales d’utiliser des véhicules électriques et une norme verte pour les bâtiments publics,

La déclaration d’urgence climatique a été adoptée par 76 voix contre 43. Ainsi, le Parlement néo-zélandais a suivi l’exemple des parlements britannique et irlandais qui furent les premiers à déclarer une «urgence environnementale et climatique». Une douzaine de parlements les ont imités, ainsi que 1 800 communautés locales à travers le monde. Cependant, la déclaration de la Première Ministre n’a pas fait l’unanimité au Parlement. Pour le Parti National néo-zélandais (opposition de centre-droit), cette déclaration peut prêter à confusion, «en faisant croire aux gens que quelque chose d’anormal s’est passé, alors que ce n’est pas le cas»

La Nouvelle-Zélande fait partie des pays qui se sont engagés à atteindre l’objectif de neutralité carbone pour les gaz à effet de serre d’ici 2050. Le pays, qui compte moins de cinq millions d’habitants, s’est également engagé à produire une énergie 100% renouvelable d’ici 2035.

Le gouvernement néo-zélandais est accusé par certains de ne pas en faire assez pour affirmer sa réputation de pays «propre et vert». En particulier, le groupe Climate Action Tracker estime que les politiques climatiques de la Nouvelle-Zélande sont « insuffisantes » pour atteindre les objectifs définis par l’Accord de Paris de 2015 sur le climat. Greenpeace pour sa part note que l’objectif de neutralité carbone pour 2050 n’inclut pas le méthane, l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre dans le pays. L’organisation affirme que le gouvernement veut préserver le secteur agricole qui est vital pour l’économie néo-zélandaise.

Source: New Zealand Herald.

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Summer is about to start in New Zealand and the weather service has just announced that the country has just experienced its warmest winter on record with the global temperature 1.14°C above average, which breaks the 2013 record of 1.08°C. Seven of the 10 warmest winters on record in New Zealand have occurred since the year 2000.

Coincidentally with the worrying piece of news, Prime Minister Jacinda Ardern declared before Parliament on December 2nd, 2020 a state of « climate emergency. » She insisted on the need for rapid action for the benefit of future generations. She added: “If we do not respond to climate change, we will continue to experience these emergencies on our shores.”.

New Zealand’s decarbonization program is supported by a 117-million-euro state fund and includes a phase-out of coal, a requirement for government agencies to use electric vehicles and a green standard for public buildings,

The declaration of climate emergency was adopted by 76 votes to 43. Thus, the Kiwi Parliament followed the example of the British and Irish parliaments which had become the first in the world to declare an “nvironmental and climate emergency.”. A dozen parliaments have done the same,           as well as 1,800 local communities around the world.

However, not everybody in the New Zealand Parliament approved the Prime Minister’s declaration. For the New Zealand National Party (center-right opposition), this statement can hurt, “by making people believe that something has happened, when it has not”

New Zealand is among the countries that have pledged to achieve the goal of carbon neutrality for greenhouse gases by 2050. The country, which has less than five million inhabitants, has also pledged to produce 100% renewable energy by 2035.

As usual in politics, the NZ government is also accused by some of not doing enough to strengthen its reputation of a “clean, green “ country. In particular, the Climate Action Tracker group believes that New Zealand’s climate policies are « insufficient » to achieve its objectives under the 2015 Paris agreement on the climate.

Greenpeace for its part notes that the objective of carbon neutrality for 2050 does not concern methane, one of the main sources of greenhouse gas emissions in the country. The organisation says the government wants to preserve a vital agricultural sector.

Source: New Zealand Herald.

La Première Ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern au cours de sa déclaration sur la Covi-19. Sa gestion de la crise sanitaire l’a rendue très populaire (Source : Presse néo-zélandaise)

Nouveau projet géothermique en Nouvelle Zélande // New geothermal project in New Zealand

En novembre 2019, le parlement néo-zélandais a adopté le projet de loi Zéro Carbone dont l’objectif est de faire en sorte que la Nouvelle-Zélande réduise ses émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le projet de loi exigeait que tous les gaz à effet de serre, à l’exception du méthane d’origine animale, soient réduits à zéro d’ici 2050. Les émissions de méthane diminueraient de 10% d’ici 2030 et d’environ un quart, voire de moitié, d’ici 2050. Le projet de loi vise également à répondre aux obligations de la Nouvelle-Zélande en vertu de l’Accord de Paris sur le climat de 2015.

Conformément à la loi Zéro Carbone, un groupe de géologues de Dunedin dans l’Ile du Sud espère réduire les émissions nocives pour le climat en forant dans un volcan éteint vieux de 11 millions d’années qui se trouve sous la ville afin de tirer profit de sa chaleur résiduelle. Les scientifiques cherchent à savoir si cette chaleur pourrait être une ressource énergétique viable, «réduisant ainsi la consommation de combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre qu’ils provoquent». Ils espèrent effectuer deux forages à travers la roche sédimentaire, à 500 mètres de profondeur à l’intérieur du volcan. Le montant du projet s’élève à 700 0000 dollars et les chercheurs espèrent obtenir une aide du programme gouvernemental Smart Ideas (Idées Innovantes).

Les puits de forage, un dans le centre de Dunedin et un autre près du port, permettraient de mesurer le flux de chaleur en provenance du magma, et permettrait de savoir s’il vaut la peine d’être exploité. L’énergie serait captée en injectant de l’eau sous terre, avec une boucle de retour. Ainsi chauffée, l’eau pourrait être utilisée pour chauffer des bâtiments.

Même si le projet ne rencontre pas le succès escompté et si le volcan éteint ne dégage pas autant de chaleur que prévu, l’idée pourrait certainement être utilisée ailleurs dans le pays. Les scientifiques devront avant tout évaluer la chaleur qui réside sous la surface du volcan. Les géologues pensent qu’à 1 km de profondeur, la roche aura probablement une température de 50 à 100°C. Selon ses auteurs, le projet ressemble à un «travail de détective géologique.» Leurs estimations s’appuient sur des indications fournies par la lave de surface et par deux puits précédemment forés dans la région qui ont révélé la présente d’une source de chaleur sous la surface.

Il y a beaucoup d’endroits en Nouvelle-Zélande avec des sources de chaleur à profondeur relativement faible, à moins d’un kilomètre sous la surface, de sorte qu’elles pourraient être rentables. Il faut garder à l’esprit que l’énergie géothermique en Nouvelle-Zélande fournit environ 17% de l’électricité du pays, avec une capacité installée de plus de 900 mégawatts. Le pays possède de nombreux sites géothermiques susceptibles d’être exploités.

Source: The Guardian.

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In November 2019, the New Zealand parliament passed the Zero Carbon bill whose aim is to make New Zealand reduce its greenhouse gas emissions to the point the country becomes mostly carbon neutral by 2050. The bill required all greenhouse gases except methane from animals to be reduced to net zero by 2050. Methane emissions would be reduced by 10% by 2030 and by between about one-quarter and one-half by 2050. The bill also aims to fulfil New Zealand’s obligations under the landmark 2015 Paris climate agreement.

In accordance with the Zero Carbon Act, a group of geologists in Dunedin are hoping to reduce climate-damaging emissions by drilling deep into an extinct 11-million-year-old volcano below the South Island city to harness its heat.

The scientists are exploring whether the heat could be a viable energy resource, “thereby reducing carbon-based fuel consumption and consequent greenhouse gas emissions”. They hope to drill two bores through sedimentary rock, 500 metres deep into the volcano, and are seeking backing for the 700,000-dollar project from the government’s Smart Ideas programme.

The wells, one in central Dunedin and another by the harbour, would enable the heat flow from the magma to be monitored, providing data on whether there is sufficient heat to be tapped into. The energy would be captured by pumping water underground in a loop, and then being used to heat buildings.

Even if the project does not meet with the expected success and if the extinct volcano is not as hot as they think it is, certainly the idea could be utilised elsewhere.

For the proposed heat extraction plan to work, scientists will need to assess how hot it is under the volcano’s surface. Geologists think it is likely that, at 1km depth, rock will have a temperature of 50-100°C. According to its authors, the project looks like a “geologic detective work. ” Their estimates were drawn from clues in surface lava and findings from two wells previously drilled in the region that indicate that there is a hot body of rock beneath the surface.

There are lots of places in New Zealand where heat is at a relatively shallow depth, within a kilometre of the surface, so that it can be utilised. One should keep in mind that geothermal power in New Zealand provides approximately 17% of the country’s electricity with an installed capacity of over 900 MW. The country has numerous geothermal sites that could be developed for exploitation.

Source : The Guardian.

La Nouvelle Zélande possède un fort potentiel géothermique (Photos : C. Grandpey)

Amélioration de la prévision volcanique en Nouvelle Zélande // Improving volcanic prediction in New Zealand

En passant au peigne fin 350 000 années de volcanisme, des scientifiques de l’université Massey ont trouvé des preuves de centaines d’éruptions dans l’Ile du Nord en Nouvelle Zélande. De tels événements causeraient d’importants dégâts s’ils se produisaient à l’heure actuelle. Dans le champ volcanique d’Auckland – sur lequel repose une partie de la ville aujourd’hui – ils ont détecté quelque 54 volcans ayant montré des signes d’activité sur un laps de temps de  250 000 ans. Si de telles éruptions devaient se produire aujourd’hui, elles perturberaient fortement la vie des Kiwis.

Dans le même temps, des chercheurs de l’Université d’Auckland affirment avoir inventé un système d’alerte capable d’annoncer les éruptions volcaniques. Il permettrait d’empêcher que se produisent des tragédies comme celle qui a tué 21 personnes sur White Island en 2019. Leur étude a été publiée dans Nature Communications.
Les scientifiques expliquent que leurs recherches «montrent des schémas d’activité sismique permettant de donner une alerte avant une éruption». Ils pensent que leur nouveau système aurait déclenché un signal d’alerte 16 heures avant l’éruption meurtrière de White Island.
Le réseau sismique géré par GeoNet répertorie chaque année les données générées par des milliers de séismes et des événements volcaniques en Nouvelle Zélande, mais ces données ne sont pas prédictives. Dans le cadre de leur étude, les scientifiques ont appliqué les données d’éruptions antérieures à des «algorithmes d’interprétation automatique» permettant de mettre au point des modèles de phase pré-éruptive. Ils ont ainsi remarqué que l’éruption de 2019 à White Island avait été précédée de 17 heures d’alerte sismique. Il y a d’abord eu une phase intense d’activité sismique de quatre heures qui, selon eux, correspondait à l’ascension de nouveaux fluides magmatiques qui ont accru la pression des gaz et de l’eau déjà emprisonnés dans la roche au-dessus. Ce processus a conduit à l’éruption, comme si le couvercle d’une cocotte-minute avait sauté. Un signal semblable avait été enregistré 30 heures avant une éruption en août 2013, et il était présent dans deux autres éruptions en 2012.
Les géologues espèrent adapter ces données à d’autres volcans, tels que le Tongariro et le Ruapehu, mais ils reconnaissent que leur système n’est pas infaillible. Ainsi, il n’aurait déclenché un signal d’alerte que dans quatre des cinq dernières éruptions majeures à White Island. Ils pensent, malgré tout, qu’il y a de bonnes chances pour que leur système permette de détecter des éruptions comme celle de 2019, ou d’autres.

Source: Médias d’information néo-zélandais.

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Scientists from the Massey University have revealed evidence of hundreds of ancient eruptions in New Zealand after reconstructing 350 000 years of volcanism across the North Island. These explosions would cause widespread havoc if they occurred in the present time. In the Auckland Volcanic Field, they have detected about 54 volcanoes over 250 000 years of course. Should such eruptions occur today, they would be big enough to cause significant disruption.

Meantime, New Zealand scientists at the University of Auckland say they have invented a warning system to predict volcanic eruptions that may prevent future tragedies such as the one that killed 21 people on White Island in 2019. Their study has been published in Nature Communications.

The researchers explain that their research “shows patterns of seismic activity before an eruption that make advance warning possible”. They think their new system would have raised the alert 16 hours before the volcano’s deadly eruption.

The GeoNet system reports back data from the country’s thousands of earthquakes, and less frequent volcanic events, each year as they happen, but they are not predictive. To perform their study, the scientists have applied past eruption data to “machine learning algorithms”, allowing them to look for patterns in the build-up to eruptions. In this way, they have noticed that last year’s eruption at White Island was preceded by 17 hours of seismic warning. It began with a strong four-hour burst of seismic activity, which they think was fresh magmatic fluid rising up to add pressure to the gas and water trapped in the rock above. This led to its eventual bursting, like a pressure cooker lid being blasted off. A similar signal was recorded 30 hours before an eruption in August 2013, and it was present in two other eruptions in 2012.

The geologists hope to adapt the data to apply to other volcanoes, such as Mt Tongariro and Mt Ruapehu, but admit it is not fool-proof. They say the system would only have raised an alert in four of the last five major eruptions at White Island, but they think there is a good chance eruptions like the 2019 event or larger will be detected.

Source : New Zealand news media.

Photo : C. Grandpey

White Island et Moutohora Island (Nouvelle Zélande)

  L’activité à White Island (Nouvelle-Zélande) montre actuellement une tendance à la baisse. La température au niveau des bouches qui émettent des gaz reste élevée (plus de 450°C). Bien que le magma demeure à faible profondeur, probablement à environ 1 km sous la surface, les émissions de gaz et la déformation du sol n’ont pas augmenté. De plus, la sismicité et le tremor volcanique restent à un niveau bas depuis février-mars. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source: GeoNet.

L’accès du public à White Island est interdit depuis l’éruption de décembre et les 22 décès qu’elle a causés. Cependant, après une pause par respect pour les victimes de White Island, les visites ont repris à Moutohora – ou Whale Island – une autre île de la Bay Plenty (Baie de l’Abondance), à environ 9 kilomètres au nord de la ville de Whakatane, tandis que White Island se trouve à 48 kilomètres de la côte.
Moutohora est moins spectaculaire que White Island d’un point de vue volcanique car elle est beaucoup moins active. L’île couvre une superficie de 143 hectares ; elle est le reste d’un cône volcanique qui s’est érodé et laisse apparaître deux sommets. On observe toujours de l’activité volcanique avec des sources chaudes dans Sulphur Valley et dans les baies Sulphur et McEwans.
Après que les chèvres aient été éradiquées, un programme de plantation a commencé et 12000 plantes comprenant 45 espèces se développent maintenant sur l’île. S’agissant de la faune, Moutohora est connue pour sa colonie de pétrels à face grise. Les puffins fuligineux, les petits pingouins bleus, le pluvier roux de Nouvelle-Zélande et l’huîtrier pie se reproduisent également sur l’île.
L’accès du public à Moutohora est limité aux titulaires de permis et aux agences de voyages gérées par des concessionnaires. Les permis doivent être obtenus auprès du bureau du Département of Conservation à Opotiki. Pendant les périodes de risque d’incendie, l’accès à l’île peut être refusé.

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Activity at White Island (New Zealand) recently showed a downward trend. Temperatures at the gas vents remained high (over 450°C). Although magma remains at a shallow depth, probably about 1 km below the surface, gas discharge and ground deformation have not increased. Additionally, seismicity and the volcanic tremor have been low since February-March. The Volcanic Alert Level has been lowered to 1 and the Aviation Colour Code remains at Yellow.

Source : GeoNet.

Public access to White Island has been prohibited since the December eruption and the 22 deaths it caused. However, visits have resumed to Moutohora – or Whale Island – another island in the Bay of Plenty, about 9 kilometres north of the town of Whakatane, whereas White Island lies 48 kilometres from the coast.

However, Moutohora is less spectacular than White Island from a volcanic point of view as it is far less active. The 143-hectare island is a remnant volcanic cone which has eroded, leaving two peaks. This is still an area of volcanic activity and there are hot springs in Sulphur Valley and Sulphur and McEwans bays.

Once the goats were eradicated, a planting programme began and 12,000 plants covering 45 species are now established. The most significant feature of Moutohora’s current fauna is the breeding colony of grey-faced petrels. Sooty shearwaters, little blue penguins, the threatened New Zealand dotterel and variable oystercatcher also breed on the island.

Public access to Moutohora is restricted to permit holders and approved tour parties led by concessionaires. Permits must be obtained from the Department of Conservation office in Opotiki. During periods of high fire danger all access may be declined.

White Island (Photo : C. Grandpey)

Moutohora (Crédit photo : Department of Conservation)

Huitrier variable, l’une des deux espèces d’huitriers endémiques de Nouvelle Zélande (Photo : C. Grandpey)

A propos des séismes lents // About slow-slip earthquakes

Dans une note intitulée « Les séismes lents du Kilauea, publiée le 28 mars 2018, j’expliquais que des séismes sont enregistrés périodiquement sur le flanc sud du Kilauea. Le HVO les attribue au glissement lent de l’édifice volcanique dans l’Océan Pacifique. Les Anglosaxons les ont baptisés « slow-slip earthquakes », « séismes lents » en français. Ces événements ne sont pas l’apanage du Kilauea ; on les observe ailleurs dans le monde.

Les scientifiques néo-zélandais de GNS Science (à l’origine Institute of Geological and Nuclear Sciences) surveillent un événement sismique lent qui a débuté fin mars 2019 près de Gisborne, au large de la côte est de l’Ile du Nord. Une séquence sismique semblable a déjà été observée dans ce même secteur en mars 2010.
Les séismes lents sont assez fréquents dans cette partie de la Nouvelle-Zélande, en raison de la subduction de la Plaque Pacifique qui se déplace vers l’ouest et plonge sous la Plaque Australienne.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez des explications sur les séismes lents. Le document est en anglais. Vous trouverez ci-dessous une traduction en français pour vous aider à comprendre cet important chapitre de la sismologie.

https://youtu.be/xgk2zBvdOgw

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In a post entitled « Kilauea Volcano Slow Earthquakes, published on March 28th, 2018, I explained that earthquakes are recorded periodically on the southern flank of Kilauea. HVO attributes them to the slow slide of the volcanic edifice in the Pacific Ocean. Anglosaxons called them « slow-slip earthquakes », « séismes lents » in French. These events are not exclusive to Kilauea; they are observed elsewhere in the world.

GNS scientists are monitoring a slow-slip event that started at the end of March 2019 near Gisborne, off the east coast of North Island, New Zealand. A similar seismic event was observed in the same area in March 2010.

Slow-slip events are quite common in this part of New Zealand, due to the subducting Pacific Plate moving westward under the Australian Plate,

By clicking on this link, you will learn more about slow-slip earthquakes :

https://youtu.be/xgk2zBvdOgw

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Définition d’un séisme lent.

En Nouvelle Zélande, les plaques tectoniques Pacifique et Australienne entrent en contact le long d’une série de lignes de failles. Au niveau de l’Ile du Nord, dans un processus de subduction, la plaque Pacifique plonge en direction de l’ouest sous la côte orientale de l’Ile du Nord, au niveau de la Fosse et Zone de Subduction de Hikurangi qui constitue la faille la plus importante et la plus active de Nouvelle Zélande. Les deux plaques tectoniques se déplacent l’une vers l’autre le long de cette faille. Dans la partie la plus profonde de la Zone de Subduction de Hikurangi, les roches sont plus chaudes et les deux plaques peuvent se déplacer l’une contre l’autre lentement et de manière continue. En revanche, à des profondeurs moindres, les plaques ont des bords moins réguliers et leur frottement provoque par moment des blocages. Les contraintes s’accumulent alors dans la zone de blocage. Au bout de quelques années, la situation se débloque pour un temps et c’est alors que se produit un séisme lent avec libération des contraintes et de l’énergie qui s’étaient accumulées.

Un séisme lent ressemble à un séisme classique dans la mesure où il y a libération d’énergie le long d’une zone de faille, mais cette libération d’énergie se fait sur des semaines ou des mois, alors que pour un séisme classique c’est une affaire de secondes. Les systèmes GPS renseignent sur le déplacement du sol.

Les séismes sur les zones de subduction.

Parfois, le mouvement des plaques n’est pas lent, mais soudain et rapide, ce qui provoque des séismes. De puissants séismes peuvent se produire après que deux plaques soient restées bloquées pendant longtemps, des siècles ou des millénaires. Au cours de ce laps de temps de blocage très long, il s’accumule suffisamment de contraintes et d’énergie le long de la faille jusqu’au moment où une rupture se produit. Les plaques se déplacent alors rapidement l’une contre l’autre en provoquant un séisme.

Un déplacement lent des plaques peut-il provoquer un séisme majeur ?

Les déplacements lents des plaques tectoniques se produisent souvent en limite de plaques dans des zones où se déclenchent les séismes classiques. Les scientifiques cherchent à savoir dans quelle mesure un déplacement lent des plaques peut contribuer à augmenter les contraintes dans la zone de blocage entre deux plaques et si cela peut avoir une influence sur les ruptures de plaques qui déclenchent les puissants séismes.

Le jour où les scientifiques parviendront à comprendre la relation entre le déplacement lent des plaques et le déclenchement des séismes, un grand pas aura été franchi dans le domaine de la prévision sismique. Il est utile de noter que de nombreux déplacements lents de plaques en Nouvelle Zélande n’ont pas déclenché de puissants séismes.

Sur le document, au bout de 2’58’’, on nous montre sur une carte une importante zone de blocage qui recouvre la partie centrale et inférieure de l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. C’est là que s’accumulent les contraintes et l’énergie susceptibles de provoquer un nouveau séisme à l’avenir. A proximité de cette zone, on peut en voir une autre où se produit un déplacement lent des plaques.

C’est le rôle de GNS Science d’étudier ces phénomènes qui se produisent en Nouvelle Zélande, mais aussi ailleurs dans le monde.

Capture d’écran de trois images de la vidéo. Elles illustrent le frottement des plaques tectoniques, leur blocage, et l’accumulation de contraintes et d’énergie (Source : GNS Science).

Les bactéries de l’Erebus (Antarctique) // The bacteria of Mt Erebus (Antarctica)

Jusqu’à présent, les études conduites sur l’Erebus (Antarctique) se concentraient principalement sur le lac de lave qui mijote dans les profondeurs du cratère, bien que l’équipe Tazieff avec François Le Guern et de François-Xavier Faivre-Pierret dans les années 1970 ait déjà travaillé sur les gaz qui s’échappent des flancs. du volcan.
De nouvelles études sur les caractéristiques géothermales du volcan pourraient permettre de comprendre la vie sur d’autres planètes. Les scientifiques pensent qu’elles pourraient même changer notre compréhension de la vie su Terre.
Dans une étude précédente, un microbiologiste néo-zélandais et ses collègues de l’Université de Waikato expliquent qu’ils ont creusé jusqu’à 12 centimètres de profondeur dans le sol du volcan et ont découvert une variété remarquable de bactéries vivant juste sous la surface. Ces bactéries sont très proches d’autres organismes de ce type vivant dans des systèmes géothermaux ailleurs dans le monde,. Cela donne à penser que ces êtres microscopiques ont été continuellement dispersés autour de la planète au niveau de l’atmosphère. Si tel est le cas, ils se peut qu’ils proviennent d’un volcan gigantesque qui est entré en éruption dans le passé, ce qui leur a permis de se déplacer à travers le monde et d’atteindre d’autres sites géothermaux. Plus intéressant encore, les chercheurs ont également découvert des bactéries non seulement endémiques à Erebus, mais encore plus anciennes que celles qui y vivent aujourd’hui. Au fur et à mesure que les chercheurs se sont enfoncés dans le sol, ils ont découvert non seulement de nouvelles bactéries, mais aussi des bactéries qui s’adaptent à la géochimie et aux gaz de l’Erebus.
On sait depuis plus d’un siècle qu’il existe des bactéries capables de vivre et de se développer grâce à l’énergie liée à certains éléments chimiques communs aux systèmes géothermaux lorsque leur nourriture habituelle à base de carbone est limitée. Ce qui est nouveau sur l’Erebus, c’est que ces éléments chimiques sont rares mais les bactéries parviennent tout de même à se développer dans un environnement pauvre en carbone.
Dans le cadre d’un nouveau programme de trois ans, une équipe néo-zélandaise dirigée par des chercheurs de l’Université de Canterbury retournera sur l’Erebus pour approfondir ces recherches. Les chercheurs prévoient d’effectuer des forages directement dans le volcan et d’utiliser de nouvelles approches pour étudier les bactéries, avant d’utiliser d’autres méthodes génomiques pour déterminer leur mode de vie et leur survie.
L’équipe espère découvrir de nouveaux mécanismes biologiques de la vie encore jamais observés, mais qui restent possibles. Il existe sur l’Erebus un système en situation d’isolement doté d’une géochimie inédite capable de donner naissance à des mécanismes tout à fait inhabituels qui peuvent héberger de la vie. Cette approche est susceptible d’aider la recherche de vie sur d’autres planètes.
Source: New Zealand Herald.

Je conseille la lecture du livre Erebus, volcan antarctique écrit par Haroun Tazieff et paru aux Editions Actes Sud.

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Up to now, studies of Mt Erebus in Antarctica had mostly been concentrated on the lava lake deep inside the crater although the Tazieff team with François Le Guern and François-Xavier Faivre-Pierret in the 1970s already worked on the gases coming out of the flanks of the volcano.

The new studies that have focused on the geothermal features on the volcano could be a key to understanding life on other planets. Scientists believe they may even have the potential to change how we understand life itself.

In a previous study, a New Zealand microbiologist and his colleagues of Waikato University had dug just 12 centimetres into the soil on the mountain to find a remarkable variety of bacteria living just below the surface. They were very closely related with other such organisms living in geothermal systems elsewhere in the world, a finding that suggested these microscopic beings were being continually dispersed around the planet through the atmosphere. If this was the case, they could have originated from a massive volcano going off sometime in the past and moving them around the world and into other geothermal sites. More interestingly, the researchers also discovered bacteria that are not only appear endemic to Erebus but ancient when compared to those living today. As they went deeper and deeper into the soil, they not only found novel bacteria, but possibly bacteria that are adapting to the novel geochemistry, or gases, at Mt Erebus.

It has been known for over a hundred years that there are bacteria that can live and grow on energy bound up in certain chemicals common to geothermal systems when normal carbon-based food is limited. What is new on Erebus is that these chemicals are not abundant and yet bacteria are found thriving in this carbon limited environment.

In a new three-year programme a New Zealand team led by researchers of the University of Canterbury will return to Erebus to investigate further. The researchers plan to drill directly into the volcano and use some new exciting approaches to grow the bacteria, before using a range of genomic methods to work out how they function and survive.

The team hope to uncover new biological mechanisms for life that have never been seen, yet remained theoretically feasible. At Mt Erebus, there is an isolated system with novel geochemistry that can drive completely unusual mechanisms to support life. This would be appropriate for looking for life on other planets.

Source : New Zealand Herald.

Vue du sommet de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Cristal d’anorthoclase et échantillon du lac de lave de l’Erebus prélevés par l’équipe Tazieff (Collection personnelle)

Records de chaleur en Nouvelle Zélande // Hottest summer on record in New Zealand

L’été touche à sa fin dans l’hémisphère sud et l’Agence Météorologique Nationale vient d’indiquer que la Nouvelle-Zélande a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés. L’Agence met en garde contre une hausse durable du mercure faute d’une mobilisation contre le réchauffement climatique.

La température entre décembre et février a en moyenne été de 18,8°C en Nouvelle-Zélande, soit 2,1°C au-dessus de la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Il s’agit de la valeur moyenne la plus élevée depuis le début des relevés en 1909 ; elle dépasse le précédent record (18,5°C) qui datait de 1934-35. Le mercure a notamment atteint les 38,7°C, un record, le 30 janvier à Alexandra, sur l’Île du Sud.

Selon les météorologues néo-zélandais, ces températures exceptionnelles ont été provoquées par divers facteurs, et notamment une hausse de la température de l’eau et l’arrivée de masse d’air chaud du Nord provoquée par le phénomène climatique La Niña. Le réchauffement climatique global est également en jeu et il faudra s’attendre à davantage de records de température si rien n’était fait pour enrayer ces dérèglements.

La vague de chaleur de ce dernier été a poussé le gouvernement a décréter l’état de sécheresse dans certaines zones du pays et à prendre des mesures pour venir en aide aux agriculteurs.

Source : Presse néo-zélandaise.

La chaleur fait fondre les glaciers. Il est utile de rappeler que les agences de tourisme locales n’organisent plus de randonnées sur les glaciers Frans-Josef et Fox. En effet, avec la fonte de la glace, les parois latérales de ces vallées glaciaires ont tendance à s’effondrer, avec des chutes de pierre qui mettraient en danger les randonneurs.

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Summer is coming to an end in the southern hemisphere and the National Meteorological Agency has just indicated that New Zealand has had its warmest summer since the surveys began. The Agency warns against a sustained rise in mercury if nothing is done against global warming.
December to February averaged 18.8°C in New Zealand, 2.1°C above the 1981 to 2010 average. This is the highest average value since the beginning of the surveys in 1909; it exceeds the previous record (18.5°C) dating back to 1934-35. Mercury reached a record 38.7°C on January 30th in Alexandra, South Island.
According to the New Zealand meteorologists, these exceptional temperatures were caused by various factors, including an increase in water temperature and the arrival of masses of hot air from the north caused by the La Niña weather phenomenon. Global warming is also held responsible and more temperature records are to be expected if nothing is done to stop these disturbances.
The summer heat wave prompted the government to declare drought in some areas of the country and take measures to help farmers.
Source: New Zealand Press.
The heat in New Zealand melts the glaciers. It is worth remembering that local tourist agencies no longer organize hikes on the Frans-Josef and Fox glaciers. Indeed, with the melting ice, the side walls of these glacial valleys tend to collapse, with rock falls that would put hikers at risk.

Photos: C. Grandpey