Records de chaleur en Nouvelle Zélande // Hottest summer on record in New Zealand

L’été touche à sa fin dans l’hémisphère sud et l’Agence Météorologique Nationale vient d’indiquer que la Nouvelle-Zélande a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés. L’Agence met en garde contre une hausse durable du mercure faute d’une mobilisation contre le réchauffement climatique.

La température entre décembre et février a en moyenne été de 18,8°C en Nouvelle-Zélande, soit 2,1°C au-dessus de la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Il s’agit de la valeur moyenne la plus élevée depuis le début des relevés en 1909 ; elle dépasse le précédent record (18,5°C) qui datait de 1934-35. Le mercure a notamment atteint les 38,7°C, un record, le 30 janvier à Alexandra, sur l’Île du Sud.

Selon les météorologues néo-zélandais, ces températures exceptionnelles ont été provoquées par divers facteurs, et notamment une hausse de la température de l’eau et l’arrivée de masse d’air chaud du Nord provoquée par le phénomène climatique La Niña. Le réchauffement climatique global est également en jeu et il faudra s’attendre à davantage de records de température si rien n’était fait pour enrayer ces dérèglements.

La vague de chaleur de ce dernier été a poussé le gouvernement a décréter l’état de sécheresse dans certaines zones du pays et à prendre des mesures pour venir en aide aux agriculteurs.

Source : Presse néo-zélandaise.

La chaleur fait fondre les glaciers. Il est utile de rappeler que les agences de tourisme locales n’organisent plus de randonnées sur les glaciers Frans-Josef et Fox. En effet, avec la fonte de la glace, les parois latérales de ces vallées glaciaires ont tendance à s’effondrer, avec des chutes de pierre qui mettraient en danger les randonneurs.

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Summer is coming to an end in the southern hemisphere and the National Meteorological Agency has just indicated that New Zealand has had its warmest summer since the surveys began. The Agency warns against a sustained rise in mercury if nothing is done against global warming.
December to February averaged 18.8°C in New Zealand, 2.1°C above the 1981 to 2010 average. This is the highest average value since the beginning of the surveys in 1909; it exceeds the previous record (18.5°C) dating back to 1934-35. Mercury reached a record 38.7°C on January 30th in Alexandra, South Island.
According to the New Zealand meteorologists, these exceptional temperatures were caused by various factors, including an increase in water temperature and the arrival of masses of hot air from the north caused by the La Niña weather phenomenon. Global warming is also held responsible and more temperature records are to be expected if nothing is done to stop these disturbances.
The summer heat wave prompted the government to declare drought in some areas of the country and take measures to help farmers.
Source: New Zealand Press.
The heat in New Zealand melts the glaciers. It is worth remembering that local tourist agencies no longer organize hikes on the Frans-Josef and Fox glaciers. Indeed, with the melting ice, the side walls of these glacial valleys tend to collapse, with rock falls that would put hikers at risk.

Photos: C. Grandpey

Ngauruhoe (Nouvelle Zélande // New Zealand)

Lorsque j’ai voyagé à travers la Nouvelle-Zélande en 2009, j’ai visité le complexe volcanique du Tongariro sur le Plateau Central de l’île du Nord. Je conseille fortement d’effectuer le Tongariro Alpine Crossing, une randonnée de 19 kilomètres qui offre de superbes vues sur les volcans de la région.
Le Ngauruhoe est l’édifice le plus jeune du complexe volcanique du Tongariro. Il est né il y a environ 2500 ans. Bien qu’il soit considéré par beaucoup comme un volcan à part entière, il s’agit en réalité d’un cône adventif du Mont Tongariro. Le Ngauruhoe se situe entre le Mont Tongariro au nord et le Mont Ruapehu au sud, et à 25 kilomètres au sud de la rive méridionale du lac Taupo.
Le Ngauruhoe est entré en éruption à 45 reprises au cours du 20ème siècle, et pour la dernière fois en 1974. On observe quelques fumerolles dans le cratère interne et sur la lèvre du cratère externe. Cependant, le volcan ne montre pas actuellement de signes d’activité et son niveau d’alerte volcanique est à zéro. On a enregistré une hausse de la sismicité en mai 2006; le niveau d’alerte a alors été élevé à un, mais aucune éruption n’a eu lieu. Une autre augmentation de l’activité sismique en mars 2015 a fait passer le niveau d’alerte à 1, mais trois semaines plus tard, il a été ramené à 0.
L’Otago Times a récemment publié la description par des témoins d’une éruption survenue à la mi-novembre 1917:
Le vendredi, un groupe composé de MM. W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui) et Bourne (Auckland), a entrepris d’escalader le Ngauruhoe, et a effectué une ascension très intéressante.
La troupe est partie de bonne heure et a entrepris l’ascension de la montagne, au cours de laquelle plusieurs explosions ont été entendues. Le groupe est monté jusqu’à mi-pente et, comme il était dangereux d’aller plus loin, ils observèrent les environs et trouvèrent de la lave encore brûlante et des blocs de 3 pieds (90 centimètres) de diamètre.
En descendant, ils ont constaté que certaines des roches projetées par le volcan avaient atteint les plaines, et l’herbe avait été brûlée en conséquence. Au moment où le groupe arrivait à son hébergement, une très belle explosion se fit entendre.
Des roches, de la vapeur, etc. furent projetés à une distance de 600 pieds au-dessus du cratère. La masse brûlante semblait suspendue dans l’air pendant une seconde ou deux, étincelante et brûlante, avant de retomber sur terre avec un fracas de tonnerre.
M. Salt, qui avait beaucoup d’expérience avec les trois montagnes du merveilleux parc national de Nouvelle-Zélande, a émis l’idée qu’un nouveau cratère s’était formé sur le Ngauruhoe, plus au nord.
La montagne est généralement escaladée par le versant ouest. En été, la montée est difficile en raison des téphra qui roulent sous les pieds. En hiver, la neige consolide le sol. Comme la pente est d’environ 45 degrés, il est essentiel de creuser des marches à coups de pied, ce qui nécessite une bonne forme physique. Après la pluie, la neige peut se recouvrir de glace, ce qui rend la montée encore plus traître. Les randonneurs expérimentés qui parviennent à atteindre le sommet peuvent faire le tour du cratère. Avant de commencer toute ascension, il faut consulter les prévisions météorologiques, avoir un niveau de randonnée en montagne, des vêtements chauds et un bon équipement. Entre mars et octobre, la montagne est balayée par de violentes rafales de vent et des tempêtes de neige ; la température plonge alors bien au-dessous de zéro.
En 1974, dans le cadre d’une campagne promotionnelle pour une célèbre marque de Champagne, Jean-Claude Killy a été filmé en train de dévaler à ski le versant est de la montagne, ce qui n’avait encore jamais été tenté. La pente moyenne de ce côté du volcan est de 35 degrés. Le radar a révélé que Killy avançait à plus de 160 kilomètres par heure!
Le Ngauruhoe est extrêmement célèbre en Nouvelle-Zélande et même dans le monde entier. Il a servi de lieu de tournage pour la Montagne du Destin dans la trilogie cinématographique du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Personnellement, bien qu’ayant beaucoup apprécié les paysages de la région, je n’ai pas vraiment ressenti de fascination pour cette Montagne du Destin pendant le Tongariro Alpine Crossing…

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When I travelled across New Zealand in 2009, I visited the Tongariro volcanic complex on the Central Plateau of the North Island. I would strongly advise people to perform the Tongariro Alpine Crossing, a 19-kilometre hike which offers great views of the volcanoes of the region.

Mount Ngauruhoe is the youngest vent in the Tongariro volcanic complex, and first erupted about 2,500 years ago. Although seen by most as a volcano in its own right, it is technically a secondary cone of Mount Tongariro. The volcano lies between the active volcanoes of Mount Tongariro to the north and Mount Ruapehu to the south, and 25 kilometres to the south of the southern shore of Lake Taupo.

Mt Ngauruhoe erupted 45 times in the 20th century, most recently in 1974. Fumaroles exist inside the inner crater and on the rim of the outer crater. However, the volcano is no longer showing signs of any significant unrest and the Volcanic Alert Level has been reduced to zero. There was an increase in seismicity in May 2006; it prompted the alert level to be raised to one, but no eruption occurred. Another increase in seismic activity in March 2015 resulted in the alert level being raised to1, but three weeks later it was lowered back to 0.

The Otago Times recently published an article with the description by witnesses of an eruption that occurred by mid-November 1917:

On Friday a party, consisting of Messrs W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui), and Bourne (Auckland), made an ascent of Ngauruhoe, and had a most interesting climb.

The party got away at an early hour, and ascended the mountain, during which time several shots were sent up. They went half-way up, and, as it was considered dangerous to proceed any farther, they reconnoitred in the vicinity and found red-hot lava and rocks 3ft through lying around.

On descending, they found that some of the rocks thrown out by the volcano had reached the plains, and the grass had been burned and scorched in consequence. When the party arrived at the accommodation house a most beautiful shot was sent up.

Rocks, steam, etc., were thrown up to a distance of fully 600ft above the crater. The white-hot mass appeared to hang in the air for a second or two, sparkling and burning, then it fell with a thunderous roar to earth.

Mr Salt, who has had a great deal of experience with the three mountains in New Zealand’s wonderful National Park, expressed the opinion that a new crater had been formed in Ngauruhoe further to the northward.

The mountain is usually climbed from the western side. In summer the climb is difficult due to the loose tephra that gives way underfoot. In winter, snow consolidates the tephra. As the slope is about 45 degrees, kicking steps is essential, and this requires fitness. After rain, the snow may be covered by ice which is treacherous. Experienced climbers who manage to reach the summit can circumnavigate the crater. Before starting any climb hikers should have a look at the weather forecast, have the appropriate level of skill, warm clothing and equipment. Between March and October the mountain is subject to sudden violent wind gusts and snow storms with the temperature plunging well below zero.

In 1974, as part of a promotional campaign for a famous French Champagne, Jean-Claude Killy was filmed skiing down the previously unskied eastern slope of the mountain. The average slope on this side of the volcano is 35 degrees, and Killy was caught on radar skiing more than 160 kilometres per hour!

Mount Ngauruhoe is extremely famous in New Zealand and even around the world. It was used as a stand-in for the fictional Mount Doom in Peter Jackson’s The Lord of the Rings film trilogy. Personally, although I appreciated very much the landscapes around me, I did not feel any fascination for the place during the Tongariro Alpine Crossing.

Vues aériennes du Ngauruhoe…

du Ruapehu….

des Emerald Lakes pendant le Tongariro Alpine Crossing.

Photos: C. Grandpey

Des hivers de plus en plus courts // Shorter and shorter winters

Signe évident du réchauffement climatique sur notre planète, les hivers sont de plus en plus courts et les étés de plus en plus longs. Ce phénomène est observé dans les deux hémisphères, comme l’explique un article paru récemment sur le site web de la radio France Info.

Aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande, l’hiver dure aujourd’hui un mois de moins qu’il y a 100 ans. Les météorologistes ont comparé les dates moyennes des premiers gels dans 48 Etats américains et ils ont conclu que l’arrivée des épisodes froids a reculé de manière significative au cours des dernières décennies. Ainsi, la date moyenne du premier gel entre 2007 et 2016 est arrivée une semaine plus tard qu’entre 1971 et 1980.

En comparant les relevés de 1916 à ceux de 2016, les scientifiques aux Etats-Unis ont découvert que la saison de gel avait duré un mois de moins dans le pays, voire deux mois de moins dans l’Oregon. Autre donnée significative : en 2016, environ 40% des Etats américains (hors Alaska et Hawaï) avaient déjà connu un épisode de gel au 23 octobre, contre 65% lors d’une année normale.

La tendance est la même en Nouvelle-Zélande. Le National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) estime que l’hiver commence quand les températures sont inférieures à 9°C dans le pays des All Blacks. Entre 1909 et 1938, cette période durait une centaine de jours, contre seulement 70 jours entre 1987 et 2016.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, sur l’ensemble de la planète, l’année 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés de températures, en 1880. Ce record s’explique en partie par le puissant courant équatorial chaud El Niño, qui a été observé cette année-là. L’année 2017 devrait, quant à elle, être l’année la plus chaude jamais recensée hors des années où le phénomène El Niño a été observé.

Les stations de sports d’hiver de basse et de moyenne montagne ont du souci à ce faire. Arrivera le jour où les canons à neige atteindront les sommets et ne pourront pas aller plus haut.

Source : France Info.

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Here is another sign of global warming on our planet: winters are getting shorter and summers ate getting longer. This phenomenon is observed in both hemispheres, as explained in a recent article on the website of the French radio channel France Info.
In the United States and New Zealand, winter now lasts one month less than 100 years ago. Meteorologists compared the average dates of the first freezes in 48 US states and concluded that the arrival of cold episodes has declined significantly in recent decades. Thus, the average date of the first freeze between 2007 and 2016 arrived a week later than between 1971 and 1980.
Comparing the 1916 surveys with those of 2016, scientists in the United States discovered that the frost season lasted one month less in the country, or two months less in Oregon. Another significant fact: in 2016, about 40% of American states (excluding Alaska and Hawaii) had already experienced a frost event on October 23rd, against 65% in an average year.
The trend is the same in New Zealand. The National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) estimates that winter begins when temperatures are below 9°C in the All Blacks country. Between 1909 and 1938, this period lasted a hundred days, compared with only 70 days between 1987 and 2016.
As I have put it several times, all over the world, 2016 was the warmest year ever recorded since the beginning of the temperature readings in 1880. This record is partly explained by the powerful El Niño hot equatorial current, which was observed that year. The year 2017 should, for its part, be the hottest year ever recorded in years when the El Niño phenomenon was not observed.

Low and mid-mountain winter sports resorts are concerned about this. There will be the day when the snow cannons will reach the peaks and can not go higher.

Source: France Info.

Canons à neige dans le massif du Sancy (Puy-de-Dôme)

Canon à neige au Montgenèvre (Hautes-Alpes)

  [Photos: C. Grandpey]

Simulation d’une éruption à Auckland (Nouvelle Zélande) // Visualisation of an eruption at Auckland (New Zealand)

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la ville d’Auckland a été construite sur un champ volcanique potentiellement actif. Un volcanologue maintenant à la retraite – le professeur Colin Wilson de l’Université de Victoria – vient de recevoir la médaille Rutherford pour son travail sur les volcans explosifs et la menace qu’ils représentent pour les populations.
Il a travaillé sur plusieurs volcans à travers le monde, comme le Taupo, Long Valley et Yellowstone aux États-Unis. Son travail a mis en oeuvre de nouvelles techniques pour cartographier les processus volcaniques depuis l’état de sommeil jusqu’à l’éruption proprement dite. Ses recherches ont également permis de relier les cycles s’étendant sur le long terme à certaines des éruptions les plus importantes et les plus destructrices connues à ce jour. Par exemple, il a démontré qu’il y a eu une longue phase de préparation avant le déclenchement, il y a environ 25 500 ans, de la super éruption du Taupo qui a créé l’énorme caldeira que le Lac Taupo ne remplit que partiellement aujourd’hui.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une simulation impressionnante d’une éruption dans la région d’Auckland. Elle débuterait près de l’île de Rangitoto que l’on peut voir à l’arrière-plan. Il convient de noter que la projection du document dans le musée a eu pour résultat des enfants effrayés et une dévaluation des biens immobiliers situés sur le rivage !
https://vimeo.com/29927106
Source: New Zealand Herald.

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As I indicated several times, the town of Auckland was built on a potentially active volcanic field. A veteran volcanologist – Victoria University’s Professor Colin Wilson – has just been awarded the Rutherford Medal for his work on explosive volcanoes and the threat they pose to the populations.

He has worked on many of the world’s volcanoes, including Taupo, and Long Valley and Yellowstone in the United States. His work has pioneered new techniques to map out the volcanic processes from slumber to massive eruption. His research has also been able to link long-term cycles with some of the largest and most destructive eruptions known to science. For instance, it showed how there was a long build-up to the massive super-eruption from Taupo about 25,500 years ago, which created the enormous caldera that Lake Taupo only fills partly today.

By clicking on the link below, you will see an impressive simulation of an eruption in the Auckland area. It would start near the Rangitoto Island one can see in the background. It should be noted that the result of the show in the museum was frightened children and de-valued waterfront property!

https://vimeo.com/29927106

Source : New Zealand Herald.

Une éruption dans la baie d’Auckland aurait des conséquences catastrophiques faciles à imaginer (Photo: C. Grandpey)

 

Exploration des fonds marins au large de la Nouvelle Zélande // Seabed exploration off New Zealand

Une équipe composée de scientifiques néo-zélandais et allemands  a effectué un travail de recherche et de découverte de nouveaux volcans sous-marins dans l’Océan Pacifique. Certains d’entre eux se dressent jusqu’à 2500 mètres au-dessus des fonds marins. Les scientifiques viennent de rentrer d’une mission de six semaines le long de l’arc volcanique des Kermadec, à environ 1000 km au nord-est de l’île du Nord de la Nouvelle Zélande. (voir carte ci-dessous)
Financé par le gouvernement allemand, le projet a permis d’explorer les fonds marins dans le but de fournir de nouvelles informations sur l’histoire géologique dynamique de cette région. Les scientifiques ont concentré leur étude sur les dorsales de Colville et de Kermadec, la fosse du Havre (Havre Trough) et la fosse des Kermadec, qui atteint 10 000 mètres de profondeur et où les plaques tectoniques Pacifique et Australienne entrent en collision.
Il y a environ 80 volcans sous-marins le long de l’Arc Tonga-Kermadec, et 75 pour cent d’entre eux possèdent des systèmes hydrothermaux actifs. Un certain nombre de volcans ont également une activité éruptive régulière.
Les scientifiques explorent cette région du plancher océanique depuis quelques années à partir des navires et à l’aide de véhicules télécommandés. Cependant, cette expédition a été la première à entreprendre une reconnaissance systématique et un échantillonnage des fonds marins des dorsales de Kermadec et de Colville ainsi que des fosses du Havre et des Kermadec. Une meilleure connaissance de l’histoire des fonds marins et des quelque 80 volcans fournira des informations sur leur formation et indiquera pourquoi ils sont très actifs.
Avant l’expédition, on connaissait peu les fonds marins de cette région. L’étude de la fosse des Kermadec est importante pour comprendre quand a commencé la collision des plaques tectoniques et aussi pour comprendre le fonctionnement des forces énormes qui font disparaître des montagnes entières dans le processus de subduction.
Au cours de l’expédition, les scientifiques ont découvert cinq nouveaux volcans sur la dorsale de Colville et dans le secteur de la fosse du Havre. Certains se dressent jusqu’à 2 500 mètres au-dessus du plancher océanique. L’un d’eux présente une caldeira de 2 km de diamètre.
De retour dans leurs laboratoires, les chercheurs pourront déterminer l’âge et la chimie des échantillons de roches récoltés pour tenter de reconstruire l’histoire passée du volcanisme et des failles dans la région de la fosse du Havre.

Source : The New Zealand Herald.

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New Zealand scientists have helped discover new submarine volcanoes in the Pacific Ocean. Some of them are rising up to 2.5km above the seafloor. The discoveries were made by a team of international scientists who have just returned from a six-week voyage probing the volcanic Kermadec Arc, around 1000km northeast of the North Island (see map below).

Funded by the German government, the project explored the seabed to provide new information about the dynamic geological history of New Zealand’s offshore territory. It aimed to investigate the Colville and Kermadec Ridges, the Havre Trough, and the Kermadec Trench, which is up to 10,000m deep and is where the Pacific and Australian tectonic plates collide.

There are about 80 submarine volcanoes along the Tonga-Kermadec Arc, with about 75 per cent of them hosting active hydrothermal systems. A number of the volcanoes produce regular eruptive activity.

The scientists have been exploring this region of the ocean floor for some years from surface ships and with remotely operated vehicles. However, this expedition was the first to undertake systematic reconnaissance and seafloor sampling from the now extinct Kermadec and Colville Ridges, and the much deeper Havre Trough and Kermadec Trench. Knowledge about the history of the seafloor hosting these 80 volcanoes will provide information about how the volcanoes formed and why they are so highly active.

Before the expedition, little was known about the seafloor in this region. Investigating the Kermadec Trench is important to understanding when plate collision started and also to comprehend the tremendous forces that grind up and swallow whole mountains in the subduction process.

During the expedition, the scientists discovered five new seafloor volcanoes on the Colville Ridge and the Havre Trough, with some rising up to 2,500m above the seafloor. One has a caldera 2km in diameter.

Back in their labs, the researchers will determine the age and chemistry of the recovered rock samples for reconstructing the past history of volcanism and faulting in Havre Trough.

Source : The New Zealand Herald.

Cette carte montre la région explorée par les scientifiques. On distingue les dorsales de Colville et de Kermadec ainsi que la dépression du Havre entre les deux. Plus à l’est, on plonge dans la fosse des Kermadec (Source: Economic Geology).

Un banc de ponce entre la Nouvelle Zélande et les Iles Fidji // Pumice raft between New Zealand and Fiji

drapeau-francaisUn vaste banc de pierre ponce a été découvert à la surface de l’océan à l’ouest du récif Minerva dans une zone à environ 600 km au SE des Fidji et à 500 km au sud-ouest des Tonga. Le banc de ponce ont été découvert au cours d’un vol militaire le 16 novembre et sa présence a été confirmée plus tard par GeoNet au vu de l’imagerie satellitaire acquise par le MODIS (Moderate-Resolution Imaging Spectroradiometer) de la NASA les 15 et 16 novembre. La ponce s’étire sur une longueur de plus de 100 km.
GeoNet n’a pas recensé de volcans sous-marins actifs dans cette zone. Un volcan sous-marin, le Monowai, se trouve à plusieurs centaines de kilomètres au nord du banc de pierre ponce. Il est entré en éruption le 3 août 2016, mais un pilote de ligne a déclaré avoir vu la pierre ponce dès le 1er août. De plus, ce volcan ne produit généralement pas de ponce.
En octobre 2012, un banc de ponce beaucoup plus grand avait été observé dans les îles Kermadec au nord-est de la Nouvelle-Zélande. Son origine a plus tard été liée à l’éruption du volcan sous-marin Havre.

Bien que la récente découverte de la pierre ponce coïncide avec le violent séisme néo-zélandais (M 7,8) de Kaikoura le 13 novembre, aucun lien n’a, pour le moment, été établi avec cet événement.

Source: GeoNet.

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drapeau-anglaisA large pumice raft was found floating to the west of Minerva Reef in an area about 600 km SE of Fiji and 500 km SW of Tonga. The raft was discovered by a military flight on November 16th and later confirmed by GeoNet using satellite imagery acquired by NASA’s MODIS on November 15th and 16th. The rafts extend for more than 100 km.

GeoNet indicates that they are not aware of any active submarine volcanoes in this area. An undersea volcano several hundred kilometres to the north of the pumice – Monowai – had erupted on August 3rd, but an airline pilot reported seeing pumice as early as August 1st, but this volcano usually does not produce pumice rafts, just discoloured plumes.

In October 2012, a much larger pumice raft was found in the Kermadec Islands north-east of New Zealand and later connected to the eruption of Havre submarine volcano.

Although the recent pumice discovery coincides with New Zealand’s major M7.8 Kaikoura earthquake of November 13, the connection cannot be confirmed at this time.

Source : GeoNet.

ponce-copie

Localisation du banc de ponce (Source : Google Earth, NASA/MODIS)

Complexité de la sismicité en Nouvelle Zélande // Complexity of seismicity in New Zealand

drapeau-francaisAu cours de l’introduction à mon diaporama «Welcome to New Zealand» dimanche après-midi à Nice, à l’occasion du festival Explorimages, j’ai fait allusion au séisme qui s’était produit quelques heures auparavant dans ce pays de l’hémisphère sud. J’ai indiqué qu’à l’heure actuelle la prévision sismique était égale à zéro et qu’elle n’était guère plus élevée concernant les éruptions volcaniques. Les dernières informations scientifiques concernant le séisme de dimanche confirment mes propos.
Le tremblement de terre qui a frappé la Nouvelle-Zélande peu après minuit (heure locale) le 14 novembre, en tuant deux personnes, rappelle que l’activité sismique néo-zélandaise est très complexe. La rupture de faille ne s’est pas produite le long de la frontière entre deux plaques tectoniques, là où des séismes majeurs sont observés le plus fréquemment. Comme l’a dit un sismologue néo-zélandais, «nous découvrons une activité sismique que nous ne connaissions pas vraiment».
L’USGS a placé l’épicentre du séisme de M 7,8 près de Kaikoura, une ville touristique côtière à 92 kilomètres au nord-est de Christchurch, à une profondeur d’environ 23 kilomètres. L’événement a causé des dégâts considérables aux bâtiments. Des glissements de terrain ont bloqué la route principale de la région et obstrué temporairement la Clarence River. Les répliques ont continué tout au long de la journée de lundi.
L’épicentre du séisme ne se trouve pas sur une faille majeure connue. La Nouvelle-Zélande est à cheval sur la zone de collision entre les plaques tectoniques australienne et Pacifique. La frontière entre les deux plaques longe la côte est de l’île du Nord et se prolonge le long de la côte ouest de l’île du Sud. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle Zélande prévoient des violents séismes au niveau des failles complexes qui cisaillent ce secteur. Pourtant, le dernier séisme s’est produit sur une faille intraplaque peu étudiée. Tout comme les événements qui ont frappé Christchurch en 2010 et 2011, le dernier séisme nous montre que la côte est de l’île du Sud est un endroit beaucoup sensible qu’on ne le pensait. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle-Zélande, en particulier celles qui concernent les risques aux bâtiments, devront être réexaminées. L’autre sujet d’inquiétude, c’est que le séisme de dimanche fasse naître de nouvelles contraintes sur les limites de plaques, avec le risque d’une rupture de faille qui pourrait déclencher un séisme de M 8.
Le dernier séisme a provoqué un tsunami d’environ un mètre de hauteur, ce qui est inhabituel pour une faille située à l’intérieur des terres. Il se pourrait qu’un soulèvement d’environ un mètre du sol côtier provoqué par le mouvement de la faille ait affecté suffisamment le fond de la mer pour déclencher le tsunami.
Source: Journaux néo-zélandais.

Au vu des heures auxquelles se sont produits les derniers séismes en Nouvelle Zélande et dans le centre de l’Italie, certaines personnes se demandent si les séismes n’ont pas tendance à se produire davantage pendant la nuit. J’ai effectué une recherche personnelle en m’appuyant sur le listing des séismes tectoniques de magnitude supérieure à M 3 recensés pat l’USGS au cours de l’année 2016. Sur les quelque 106 événements mentionnés, 46 ont eu lieu de nuit (heure locale), entre 21 heures et 7 heures du matin. Il ne semble donc pas que la nuit soit plus favorable à la forte sismicité. D’autres personnes ont songé à l’influence de la super lune, mais les scientifiques rejettent cette hypothèse.

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drapeau-anglaisDuring the introduction to my diaporama « Welcome to New Zealand » on Sunday afternoon at the Explorimages Festival in Nice, I made an allusion to the earthquake that had occurred a few hours before in that country. I said that our prevision about earthquakes amounted to zero and was not much higher concerning volcanic eruptions. The lafest scientific observations of Sunday’s quake do confirm my words.

The earthquake that struck New Zealand shortly after midnight (local time) on November 14th, killing two people, is a stark reminder that New Zealand’s seismic activity is very complex. The ruptured fault is not along the tectonic plate boundaries where major quakes are expected. As one New Zealand seismologist put it, « we are finding out again that there is seismic activity that we didn’t really know about. »

The U.S. Geological Survey placed the epicenter of the M 7.8 earthquake near Kaikoura, a coastal tourist town 92 kilometres northeast of Christchurch, at a depth of about 23 kilometres. The shallow quake caused extensive damage to infrastructure. Landslides blocked the main highway through the region and temporarily dammed the Clarence River. Aftershocks continued throughout Monday.

The earthquake’s epicenter was not on a known major fault. New Zealand straddles the collision zone between the Australian and Pacific tectonic plates. The boundary between the two plates runs off the east coast of the North Island and along the west coast of the South Island. New Zealand’s earthquake hazard maps anticipate strong quakes emanating from the complex faults in those boundaries. The latest quake, however, occurred on a little studied intraplate fault. The quake, as well as strong temblors that struck Christchurch in 2010 and 2011, indicates that the east coast of the South Island is a far more risky place than was thought. New Zealand’s earthquake hazard maps, which affect building codes, will have to be reconsidered. Another worry in that Sunday’s quake might increase stress on the plate boundaries, where a rupture could produce an M 8 earthquake.

The quake triggered a 1-metre-or-so tsunami, which is unusual for a fault located beneath land. It might be that about 1 metre of coastal ground uplift resulting from the fault movement disturbed the sea floor enough to trigger the tsunami.

Source :New Zealand newspapers. .

Given the hours of recent earthquakes in New Zealand and Central Italy, some people wonder whether the earthquakes do not tend to occur more frequently during the night. I conducted a personal search based on the list of tectonic earthquakes with a magnitude greater than M 3 recorded by the USGS during the year 2016. Out of the 106 events mentioned, 46 occurred at night ( local time) between 9 pm and 7 am. Thus, it does not seem that the night is more favorable to a strong seismicity. Other people have thought about the influence of the super moon, but scientists reject this hypothesis.

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Carte montrant les failles et l’acticité sismique dans la partie NE de l’Ile du Sud.

(Source : GeoNet)