Etna (Sicile) : vers un 11ème paroxysme // 11th paroxysm underway

21 heures (heue locale) : Depuis 18h30 environ, on observe une intensification de l’activité strombolienne au niveau du Cratère SE avec un débordement de lave vers la Valle del Bove et une hausse du tremor. Il ne serait pas surprenant que le 11ème paroxysme soit en préparation, voire en cours.

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21h30: Feu de paille ou simple pause? Le tremor est en train de décliner brusquement alors que la webcam L.A.V.E. montre la persistance d’une activité intense dans le Cratère SE. L’activité explosive persiste à l’intérieur des autres cratères.

Source : INGV

La suite demain. Buonanotte a tutti!

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22h30 : Le tremor a décliné, mais il n’a as chuté brusquement comme il le fait à la fin d’un paroxysme. La webcam L.A.V.E. montre que l’activité est encore bien présente dans le Cratère SE. Reprendra-t-elle de plus belle ou le tremor retrouvera-t-il un niveau normal? Seule Mamma Etna a la réponse!

La suite demain. Buonanotte a tutti!

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10 mars 2021 – 7 heures : Après le début hésitant décrit précédemment, le 11ème paroxysme a repris vers 22h30 la même trajectoire que les précédents. L’activité strombolienne dans le Cratère SE s’est commuée en fontaines de lave tandis qu’une coulée avançait dans la Valle el Bove. Son front s’est finalement arrêté à 1800 m d’altitude quand le spectacle a pris fin vers 4h30 ce matin.

Source : INGV

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9 p.m. (local time): Since around 6.30 p.m., strombolian activity has intensified at the SE Crater with a lava overflow toward the Valle del Bove and an increase in the tremor. It would not be surprising if the 11th paroxysm were about to occur, if not underway.

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9:30 p.m: A flash in the pan or a simple break? The tremor is abruptly declining while  the L.A.V.E. shows the persistence of intense activity in the SE Crater. Explosive activity continues within the other craters.

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10:30 p.m .: The tremor has declined, but it has not dropped sharply as it does at the end of a paroxysm. The L.A.V.E. webcam shows that activity is still present in the SE Crater. Will it pick up again or will the tremor return to a normal level? Only Mamma Etna has the answer!

To be continued….tomorrow! Good night!

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March 10, 2021 – 7 a.m .: After the hesitant start described above, the 11th  paroxysm resumed around 10:30 p.m. in the same way as the previous ones. Strombolian activity in the SE Crater turned into lava fountains as a flow advanced into the Valle el Bove. Its front finally came to a standstill at 1,800m above sea level when the show ended around 4.30am this morning.

 

L’histoire éruptive de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The eruptive history of the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la perspective d’une éruption dans la Péninsule de Reykjanes s’éloigne chaque jour un peu plus, les volcanologues islandais se tournent maintenant vers le passé pour essayer d’imaginer ce qui pourrait se passer dans le futur sur la péninsule.

Après avoir étudié les archives, ils pensent que si une éruption devait se produire, elle marquerait probablement le début d’une nouvelle période d’activité volcanique de quelques siècles. Ce type d’activité volcanique s’est produit trois fois dans le passé.

Un scientifique islandais a rassemblé des données sur les trois dernières périodes éruptives dans la péninsule de Reykjanes. Elles ont eu lieu il y a 3000 à 3500 ans, 1900 à 2400 ans, et enfin entre les années 800 et 1240 après JC. Ces informations s’appuient sur des cartes géologiques de la Péninsule de Reykjanes et sur un livre qui décrit les éruptions volcaniques en Islande ; il est intitulé Náttúruvá á Íslandi, eldgos og jarðskjálftar.

Les écrits montrent qu’au cours de la dernière partie de l’Holocène (période qui a commencé il y a environ 11700 ans), les systèmes volcaniques de la Péninsule de Reykjanes sont entrés en éruption tous les 900 à 1100 ans. On dispose de moins d’informations sur la première partie de l’Holocène.

Chaque période éruptive semble avoir duré environ 500 ans ; pendant ces périodes, la plupart des systèmes volcaniques ont probablement été actifs, mais pas simultanément. L’activité volcanique a été marquée par des éruptions qui ont chacune duré quelques décennies. Les coulées de lave émises par des fissures ont parfois atteint 12 km.

Sur la Péninsule de Reykjanes, il y a six systèmes volcaniques, alignés du sud-ouest au nord-est. Le plus à l’ouest est celui de Reykjanes, puis viennent ceux de Svartsengi, Fagradalsfjall, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll et enfin Hengill.

La dernière période éruptive a commencé vers l’an 800 dans les montagnes de Brennisteinsfjöll et dans le système de Krýsuvík, en donnant naissance aux champs de lave de Hvammahraun et Hrútafellshraun. Au 10ème siècle, le système de Brennisteinsfjöll a de nouveau connu une éruption, créant au moins cinq champs de lave différents. Cet événement a été suivi par une interruption de l’activité volcanique pendant 150 ans. Puis, très probablement en 1151, une éruption a commencé dans le système volcanique de Krýsuvík. Selon certains écrits, elle s’est terminée en 1188. Trois champs de lave se sont formés au cours de cette période d’activité. Ensuite, il y a eu une interruption de l’activité volcanique pendant 20 ans, jusqu’en 1210 quand une éruption a commencé près de l’océan. Elle a duré jusqu’en 1240 et a marqué la fin de 450 ans d’activité volcanique.

Reste à savoir si l’histoire se répétera… Les volcans ne lisent pas les archives!

Source: Iceland Monitor.

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With the prospect of an eruption in the Reykjanes Peninsula getting farther and farther, Icelandic volcanologists are now turning to the past to try and imagine what could happen in the future on the Reykjanes Peninsula.

After studying the archives, they think that if an eruption should occur, it would probably mark the beginning of a new volcanic period lasting a few centuries. This kind of volcanic activity happened three times in the past.

An Icelandic scientist assembled data on the past three volcanic periods in the Reykjanes Peninsula. These were 3,000-3,500 years ago, 1,900-2,400 years ago, and finally between the years 800 and 1240 AD. His information is based on geological maps of the Reykjanes peninsula and on a comprehensive book on volcanic eruptions in Iceland called Nátt­úru­vá á Íslandi, eld­gos og jarðskjálft­ar.

Research reveals that during the latter part of Holocene (the period that began about 11,700 years ago) the volcanic systems on the Reykjanes Peninsula have erupted every 900 to 1100 years. Less is known about the first part of Holocene.

Each eruption period appears to have lasted about 500 years, and during that time most of the volcanic systems appear to have been active, although not simultaneously. The volcanic activity was characterized by eruptions that each lasted a few decades. Lava flows from volcanic fissures that could be as long as 12 km.

On the Reykjanes peninsula, there are six volcanic systems, lined up side by side, pointing from southwest to northeast. Farthest west is that of Reykjanes, then those of Svartsengi, Fagradalsfjall mountain, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll mountains and, finally, Hengill mountain.

The last volcanic period began around the year 800 in Brennisteinsfjöll mountains and in the Krýsuvík system, creating the lava fields of Hvammahraun and Hrútafellshraun.

During the 10th century, the Brennisteinsfjöll system erupted again, creating at least five different lava fields. This was followed by a 150-year-long break in volcanic activity. Then, most likely in 1151, an eruption began in the Krýsuvík volcanic system. According to written sources, it ended in 1188. Three lava fields were formed during that period of activity. .

Next, there was a 20-year break in volcanic activity, until 1210 when an eruption began near the ocean. It lasted until 1240, marking the end of 450 years of volcanic activity.

Whether history will repeat itself remains to be seen… Volcanoes do not read the reports of the past!

Source: Iceland Monitor.

Carte montrant les champs de lave apparus lors de la dernière période éruptive sur la Péninsule de Reykjanes (800 – 1240) [Source : Iceland GeoSurvey]

Une belle histoire de sérum… (3)

Si des milliers de vies humaines ont été sauvées, cette incroyable course au sérum a causé la mort de six chiens qui n’ont pas supporté le froid intense. Ces animaux ont tous été salués par les autorités américaines et sont, depuis, considérés comme de vrais héros de la nation.

Togo, le chien de tête de Leonhard Seppala a, pour sa part, couru sur une distance de 424 kilomètres, la plus longue couverte par un chien au cours de ces quelques jours. Son exploit passera au second rang, car Balto lui a volé la vedette. Malgré un dernier relais bien plus court, ce dernier a été célébré par la presse américaine et internationale comme étant le seul et vrai véritable héros de cette aventure, puisqu’il était le chien de tête lors de l’arrivée à Nome.

Balto appartenait à l’éleveur norvégien Leonhard Seppala. C’était un croisé de Husky de Sibérie né à  Nome en 1923. La race est originaire de Russie ; elle a été introduite aux États Unis en 1905 pour servir de chien de traîneau car les Huskies sont bien plus résistants et légers que les Malamutes élevés dans l’ouest de l’Alaska. Très vite, Balto surprend par son gabarit. En effet, il est un peu plus imposant que le reste de la meute. Il est donc décidé de l’utiliser comme chien de travail pour l’industrie minière locale. Rien ne semblait alors le prédestiner à atteindre la célébrité. Cependant, tout bascule en 1925 lorsqu’il est réquisitionné par Seppalaafin pour participer à la course au sérum. Son attelage est dirigé non pas par son propriétaire, mais par son assistant, Gunnar Kaasen, qui aura pour mission de mener l’avant-dernier relais.

Plusieurs théories existent sur ce qui s’est passé avec le groupe de chiens guidés par Gunner Kaassen. Certaines affirment que Balto a été le chien de tête durant la totalité du trajet. D’autres affirment que le chien de tête n’arrivait plus à s’orienter et que Balto l’a remplacé. D’autres théories prétendent que le chien de tête s’est cassé une patte et que Balto l’a remplacé. Ce qu’il y a de sûr et certain, c’est que Balto a pris la place du chien de tête même si peu croyaient en sa capacité d’être un leader d’attelage.

Après son exploit, Balto a été vendu avec d’autres chiens au zoo de Cleveland (Ohio) où il a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans. Il  est mort le 14 mars 1933. Il a été empaillé et on peut le voir au Musée d’Histoire Naturelle de Cleveland. La répercussion médiatique de l’histoire de Balto fut telle qu’une statue lui fut érigée dans Central Park à New York. On peut lire sur le piédestal de la statue :

« Dedicated to the indomitable spirit of the sled dogs that relayed antitoxin six hundred miles over rough ice, across treacherous waters, through Arctic blizzards from Nenana to the relief of stricken Nome in the Winter of 1925. Endurance · Fidelity · Intelligence »

« Dédiée à l’esprit invincible des chiens de traîneaux qui, en se relayant sur 600 miles de glace difficile et d’eaux pleines de pièges, ont transporté l’antitoxine en affrontant le blizzard arctique entre Nenana et Nome, frappée par la maladie, au soulagement de la population, pendant l’hiver de 1925. Endurance – Fidélité – Intelligence »

Chaque année en Mars a lieu l’Iditarod, la plus célèbre des courses de chiens de traîneaux. Le trajet va d’Anchorage à Nome, en mémoire du parcours suivi par le sérum antidiphtérique en 1925. En 2021, à cause de la pandémie de Covid-19, la course est différente. Tout d’abord, le célèbre Ceremonial Start a été annulé à Anchorage et le départ officiel s’est fait sans public. Au lieu du traditionnel parcours de 1 000 miles (environ 1600 km) vers Nome, les équipages suivent un parcours baptisé «Iditarod Gold Trail Loop». Il emprunte une partie du parcours traditionnel par le sud jusqu’au point de contrôle d’Iditarod,. Les mushers et leurs chiens feront ensuite demi-tour pour une arrivée à Willow, à quelques kilomètres au nord d’Anchorage.  Ce parcours d’environ 860 miles est plus court qu’une année normale, mais il traverse à l’aller et au retour des portions notoirement difficiles avec, en particulier, les montagnes de la Chaîne de l’Alaska. A noter que c’est la dernière année que la compagnie pétrolière Exxon Mobil sponsorise cette course.

  (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui Nenana est un important centre d’élevage de chiens de traîneaux. Plusieurs mushers de la localité ont participé aux grandes courses comme l’Iditarod et la Yukon Quest J’ai eu la chance d’être invité par Bill Cotter, vainqueur de la Yukon Quest en 1987 et participant à 19 reprises à l’Iditarod, avec une remarquable 3ème place en 1995. Je ne suis pas près d’oublier le trajet en compagnie de Bill dans un chariot tiré par les chiens à travers la toundra autour de Nenana !

Tête d’attelage à Nenana (Photo : C ; Grandpey)