Départ de l’Iditarod ! // Start of the Iditarod !

drapeau-francaisAujourd’hui 6 mars, c’est le départ officiel à Fairbanks de l’Iditarod, la course reine de chiens de traîneaux. Elle se déroule tous les ans en Alaska au début du mois de mars. Un départ officieux a eu lieu le 4 mars à Anchorage, histoire de présenter les 72 équipages. Chaque équipage se compose d’un musher et d’un attelage compris entre 12 et 16 chiens. A l’arrivée, pour être pris en compte, les équipages doivent présenter au moins cinq chiens.

Les concurrents devront rallier Fairbanks à Nome sur la côte ouest, en empruntant un parcours de quelque 975 miles, soit environ 1570 km (voir la carte ci-dessous). Le départ officiel, initialement prévu à Willow, au nord d’Anchorage, a dû être déplacé à Fairbanks car les conditions de sécurité n’étaient pas réunies, à cause du réchauffement climatique.
La France sera représentée cette année,  avec la participation de Nicolas Vanier.

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drapeau-anglaisToday March 6th is the official start at Fairbanks of the Iditarod, the most famous of all sled dog races. It takes place every year in Alaska at the beginning of March. A ceremonial start took place on March 4th in Anchorage to present the 72 teams. Each team consists of a musher and between 12 and 16 dogs. On arrival, to be taken into account, the teams must present at least five dogs.
Competitors will be required to travel from Fairbanks to Nome on the west coast along a route of approximately 975 miles, or 1570 km (see map below). The official start, initially scheduled in Willow, north of Anchorage, had to be moved to Fairbanks as safety conditions were not met because of global warming.
France will be represented this year with the participation of Nicolas Vanier.

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Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

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drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

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Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)

Courses de traîneaux en Alaska et dans le Yukon

Février-mars en Alaska et dans le Yukon, c’est l’époque des courses de traîneaux. Pourtant, cette année, les conditions météo viennent perturber leur déroulement. L’Iditarod qui, normalement, établit un lien entre Willow (à côté d’Anchorage) et Nome (sur la côte ouest de l’Alaska) vient de voir son départ du 7 mars transféré à Fairbanks pour cause de manque de neige. C’est la deuxième fois en 43 ans qu’un tel événement se produit.

Dans le même temps, la Yukon Quest qui conduit en ce moment les mushers de Whitehorse à Fairbanks sur un parcours de 1600 kilomètres est soumise à des températures extrêmes, avec le thermomètre qui flirte en permanence avec les -40°C. On déplore plusieurs abandons – même parmi les concurrents les plus aguerris – et plusieurs attelages n’ont plus les 14 chiens du départ. La France est représentée par Nicolas Vanier qui a été contraint de laisser au repos cinq de ses chiens à l’occasion de l’étape à Pelly Crossing, un endroit superbe sur la Klondike Highway. Il va bientôt (dans quelque 280 km!) arriver à Dawson City, point milieu de la course. Dawson a connu une gloire incroyable au moment de la ruée vers l’or. C’est en souvenir de cette époque que le premier concurrent qui arrive à Dawson reçoit 4 onces (environ 120 grammes) de ce métal précieux.

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Attelage et parcours de la Yukon Quest (Source: Wikipedia).

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Dawson City, un village au milieu de nulle part  (Photo:  C. Grandpey)

La cendre du Shiveluch (Kamchatka) perturbe le trafic aérien en Alaska // Ash from Shiveluch volcano disrupts air traffic in Alaska

drapeau francaisLa cendre du Shiveluch (Kamtchatka) a obligé jeudi soir, au cours d’un vol de nuit, un avion à éviter le secteur de la ville de Nome en Alaska. Le National Weather Service de Nome a indiqué que le nuage de cendre se situait au niveau moyen et au niveau inférieur du jet stream qui le poussait vers l’est en direction de l’Alaska. Le panache a ensuite rencontré un système de hautes pressions au-dessus de la Mer de Béring, ce qui a maintenu le nuage de cendre au-dessus de la partie centrale et orientale du Norton Sound (baie ouverte sur la Mer de Béring le long de la côte occidentale de l’Alaska).
La compagnie Alaska Airlines a confirmé que l’avion avait évité la zone de Nome en raison de la cendre volcanique. Le vol de nuit avait d’abord relié Anchorage à Kotzebue sans incident. L’avion a ensuite quitté Kotzebue à 19h03 et le pilote a remarqué de la « brume dans la région» de Nome. Conformément à la politique de la compagnie aérienne de «ne jamais voler à travers des zones de cendre connues », le pilote a dérouté l’avion qui a atterri à Anchorage (sa destination finale) à 20h33
Les prévisionnistes ont indiqué que le panache descendait le long de la côte du Norton Sound et était susceptible d’atteindre le delta du Yukon avant de se dissiper pendant la journée suivante.
Selon le KVERT, les « éruptions explosives du volcan continuent. Des explosions de cendre jusqu’à 10 km d’altitude peuvent survenir à tout moment et affecter le trafic aérien ».
Encore une fois, on peut se demander pourquoi le système AVOID (censé aider les pilotes à détecter la cendre volcanique et leur permettre de voler en toute sécurité) n’est jamais mentionné dans de telles circonstances. Il semble y avoir un gouffre entre les tests effectués avec des sacs de sable au-dessus du Golfe de Gascogne et les circonstances réelles dans la Mer de Béring!
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAsh from Shiveluch volcano in Kamchatka diverted the nightly flight into Nome Thursday. Forecasters with the National Weather Service in Nome said that the ash cloud went to the mid level and lower level of the jet stream, sending it east toward Alaska. The plume then combined with a high pressure system over the Bering Sea, suspending the ash cloud over the central and eastern Norton Sound.

Alaska Airlines confirmed the flight overflew Nome due to the volcanic ash in the area. The nightly flight made it from Anchorage to Kotzebue without incident. The plane left Kotzebue at 7:03 p.m. and “observed a haze in the area” around Nome. Following the airline’s policy of “never flying through areas of known ash,” the crew diverted the plane to Anchorage (the flight’s ultimate destination) and landed at 8:33 p.m.

Forecasters say the plume is moving down the Norton Sound coast and could move over the Yukon Delta before likely dissipating within the next day or so.

According to KVERT, “explosive eruptions of the volcano continue. Ash explosions up to 10 km could occur at any time and affect air traffic”.

Again, we may wonder why the AVOID system (supposed to help pilots detect ash and help them fly safely) is never mentioned in such circumstances. There seems to be a long way between the tests performed with sand bags over the Bay of Biscaye and real circumstances in the Bering Sea!

Source: Alaska Dispatch News.

Iditarod (Alaska): C’est parti !

Dans une note publiée le 18 février, je faisais référence à l’Iditarod, la plus célèbre de toutes les courses de chiens de traîneaux en Alaska. Il s’agit d’une compétition de 1700 km qui commémore le transport d’un sérum anti-diphtérique jusqu’à Nome en 1925, afin d’enrayer une épidémie de la maladie.
En février, les organisateurs se demandaient, réchauffement climatique oblige, si le départ de la course pourrait être donné à Anchorage comme prévu. Si les températures anormalement chaudes persistaient, il était envisagé de donner le départ à Fairbanks, 560 km plus au nord. Depuis cette date, même s’il n’a pas fait très froid, un épisode neigeux a amélioré la situation et les 69 attelages ont pu se retrouver comme prévu le 1er mars à Anchorage où avait lieu un prologue de 17 km permettant de les présenter au très nombreux public. Le départ officiel de la course a été donné le 2 mars à Willow, à quelques kilomètres au nord d’Anchorage. Les concurrents s’élançaient toutes les deux minutes, un peu comme pour le contre-la-montre d’une couse cycliste.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez ce prologue grâce à une caméra embarquée à bord du traîneau de l’un des compétiteurs les plus célèbres, car vainqueur de l’Iditarod à deux reprises. Les images sont de bonne qualité. N’hésitez pas à utiliser le plein écran.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Vy617ixEi0g

La course s’annonce passionnante car il y aura des obstacles imprévus à cause du peu de neige par endroits et de la fragilité de la glace lors de la traversée des cours d’eau. Les spécialistes prévoient donc une couse technique. Mon amour des contrées nordiques m’a donné l’envie de me rendre à Anchorage. Malheureusement, à cette époque de l’année, il n’y a pas grand-chose à faire en Alaska et le coût du voyage aurait été trop élevé pour une distraction de quelques heures seulement !

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L’équipage de Mitch Seavey, double vainqueur en 2004 et 2013. On remarquera les bottines portées par les chiens pour éviter les blessures.

((Crédit photo:  Franck Kovalchek / Wikipedia)

Courses de traîneaux, réchauffement climatique et éruptions volcaniques // Sled-dog races, global warming and volcanic eruptions

drapeau francaisL’hiver en Alaska est la saison des courses de chiens de traîneaux. La Yukon Quest est une compétition de 1600 km qui traverse l’intérieur de l’Alaska et se termine au Yukon, au Canada. La plus célèbre de toutes les courses est sans aucun doute l’Iditarod, une compétition de 1700 km qui commémore le transport d’un sérum anti-diphtérique jusqu’à Nome en 1925, afin d’enrayer une épidémie de la maladie.
Le départ de l’Iditarod est prévu le 1er Mars 2014 à Anchorage. Cependant, la course pourrait avoir à subir les effets du changement climatique. En raison des températures anormalement chaudes et du faible enneigement en Alaska cet hiver, le départ pourrait bien être donné à Fairbanks, 560 km plus au nord.
Alors que la météo joue parfois un rôle inattendu dans les courses de chiens de traîneaux, d’autres forces de la nature peuvent venir perturber ces compétitions. Ainsi, au début de l’année 2009, alors que les mushers et leurs chiens étaient occupés à s’entraîner pour l’Iditarod, le spectre d’une éruption volcanique planait sur les préparatifs de la course. En effet, à l’automne 2008, la sismicité connaissait une hausse sur le Redoubt, à 60 km au sud-ouest d’Anchorage. L’activité volcanique s’est intensifiée au cours des mois suivants, avec un réel risque d’éruption. Les éruptions antérieures de ce volcan avaient causé d’importants dégâts, de sorte que son activité fut prise très au sérieux. On se souvient qu’au cours de l’éruption de 1989-1990, 5 avions de ligne avaient été endommagés par la cendre et une tragédie avait été évitée de justesse quand un Boeing 747 de la KLM s’est retrouvé par inadvertance dans un panache de cendre ; le pilote a alors dû faire face à l’arrêt de ses quatre moteurs.
En 2009, l’activité sismique du Redoubt a augmenté à nouveau et on craignait que le départ de l’Iditarod prévu le 8 mars soit perturbé par une éruption. Les concurrents qui se trouvaient à proximité du volcan redoutaient (sans jeu de mots !) d’avoir à évacuer les chenils abritant une centaine de chiens pour aller s’installer dans un endroit plus sûr, loin de la cendre du volcan. Heureusement, les séquences éruptives du Redoubt ont commencé une semaine après que les mushers se soient lancés en direction de Nome …

Source: Presse alaskienne.

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 drapeau anglaisWinter in Alaska is the season for sled-dog races. The Yukon Quest is a 1600-kilometre race that traverses the Alaskan Interior and finishes in Yukon, Canada. The most famous of all races is undoubtedly the Iditarod, a 1,700-kilometre race, that commemorates a life-saving dog-sled transport of anti-diphtheria serum to Nome in 1925.

The Iditarod is scheduled to start on March the 1st from Anchorage to Nome. However, ii might have to undergo the effects of climate change. Due to unusually warm temperatures and marginal snow conditions in Alaska this winter, the race might start from Fairbanks, 350 km to the north.

While the weather can play an unexpected role in sled-dog racing, other forces of nature exert their influence, as well. In early 2009, as Iditarod mushers and their dogs were busy training for the event, the specter of volcanic eruption loomed over the race preparations. Indeed, in the autumn of 2008, seismicity at Mount Redoubt, located 60 km southwest of Anchorage, had begun to increase. Volcanic unrest increased over the following months, suggesting that an eruption was going to occur. Prior eruptions of the volcano had caused extensive damage, so its rumblings had to be taken seriously. For instance, during the 1989-1990 Redoubt eruption, 5 commercial jetliners were damaged by ash, and tragedy was narrowly averted when a KLM 747 passenger jet inadvertently flew through an ash plume and lost power to all 4 of its engines.

In 2009, seismic activity of Mount Redoubt escalated again and there were fears that the March 8th start of the Iditarod might be disrupted by an eruption. Race contenders close to the volcano were afraid of having to evacuate hundred-dog kennels to a safer, ash-free area. Fortunately, Mount Redoubt began its 2009 sequence of eruptions a week after the mushers were well on their way to Nome…

Source: Alaska newspapers.

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Préparation pour les courses de traîneaux à proximité du Redoubt.

(Photos:  C. Grandpey)