L’histoire éruptive de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The eruptive history of the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la perspective d’une éruption dans la Péninsule de Reykjanes s’éloigne chaque jour un peu plus, les volcanologues islandais se tournent maintenant vers le passé pour essayer d’imaginer ce qui pourrait se passer dans le futur sur la péninsule.

Après avoir étudié les archives, ils pensent que si une éruption devait se produire, elle marquerait probablement le début d’une nouvelle période d’activité volcanique de quelques siècles. Ce type d’activité volcanique s’est produit trois fois dans le passé.

Un scientifique islandais a rassemblé des données sur les trois dernières périodes éruptives dans la péninsule de Reykjanes. Elles ont eu lieu il y a 3000 à 3500 ans, 1900 à 2400 ans, et enfin entre les années 800 et 1240 après JC. Ces informations s’appuient sur des cartes géologiques de la Péninsule de Reykjanes et sur un livre qui décrit les éruptions volcaniques en Islande ; il est intitulé Náttúruvá á Íslandi, eldgos og jarðskjálftar.

Les écrits montrent qu’au cours de la dernière partie de l’Holocène (période qui a commencé il y a environ 11700 ans), les systèmes volcaniques de la Péninsule de Reykjanes sont entrés en éruption tous les 900 à 1100 ans. On dispose de moins d’informations sur la première partie de l’Holocène.

Chaque période éruptive semble avoir duré environ 500 ans ; pendant ces périodes, la plupart des systèmes volcaniques ont probablement été actifs, mais pas simultanément. L’activité volcanique a été marquée par des éruptions qui ont chacune duré quelques décennies. Les coulées de lave émises par des fissures ont parfois atteint 12 km.

Sur la Péninsule de Reykjanes, il y a six systèmes volcaniques, alignés du sud-ouest au nord-est. Le plus à l’ouest est celui de Reykjanes, puis viennent ceux de Svartsengi, Fagradalsfjall, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll et enfin Hengill.

La dernière période éruptive a commencé vers l’an 800 dans les montagnes de Brennisteinsfjöll et dans le système de Krýsuvík, en donnant naissance aux champs de lave de Hvammahraun et Hrútafellshraun. Au 10ème siècle, le système de Brennisteinsfjöll a de nouveau connu une éruption, créant au moins cinq champs de lave différents. Cet événement a été suivi par une interruption de l’activité volcanique pendant 150 ans. Puis, très probablement en 1151, une éruption a commencé dans le système volcanique de Krýsuvík. Selon certains écrits, elle s’est terminée en 1188. Trois champs de lave se sont formés au cours de cette période d’activité. Ensuite, il y a eu une interruption de l’activité volcanique pendant 20 ans, jusqu’en 1210 quand une éruption a commencé près de l’océan. Elle a duré jusqu’en 1240 et a marqué la fin de 450 ans d’activité volcanique.

Reste à savoir si l’histoire se répétera… Les volcans ne lisent pas les archives!

Source: Iceland Monitor.

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With the prospect of an eruption in the Reykjanes Peninsula getting farther and farther, Icelandic volcanologists are now turning to the past to try and imagine what could happen in the future on the Reykjanes Peninsula.

After studying the archives, they think that if an eruption should occur, it would probably mark the beginning of a new volcanic period lasting a few centuries. This kind of volcanic activity happened three times in the past.

An Icelandic scientist assembled data on the past three volcanic periods in the Reykjanes Peninsula. These were 3,000-3,500 years ago, 1,900-2,400 years ago, and finally between the years 800 and 1240 AD. His information is based on geological maps of the Reykjanes peninsula and on a comprehensive book on volcanic eruptions in Iceland called Nátt­úru­vá á Íslandi, eld­gos og jarðskjálft­ar.

Research reveals that during the latter part of Holocene (the period that began about 11,700 years ago) the volcanic systems on the Reykjanes Peninsula have erupted every 900 to 1100 years. Less is known about the first part of Holocene.

Each eruption period appears to have lasted about 500 years, and during that time most of the volcanic systems appear to have been active, although not simultaneously. The volcanic activity was characterized by eruptions that each lasted a few decades. Lava flows from volcanic fissures that could be as long as 12 km.

On the Reykjanes peninsula, there are six volcanic systems, lined up side by side, pointing from southwest to northeast. Farthest west is that of Reykjanes, then those of Svartsengi, Fagradalsfjall mountain, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll mountains and, finally, Hengill mountain.

The last volcanic period began around the year 800 in Brennisteinsfjöll mountains and in the Krýsuvík system, creating the lava fields of Hvammahraun and Hrútafellshraun.

During the 10th century, the Brennisteinsfjöll system erupted again, creating at least five different lava fields. This was followed by a 150-year-long break in volcanic activity. Then, most likely in 1151, an eruption began in the Krýsuvík volcanic system. According to written sources, it ended in 1188. Three lava fields were formed during that period of activity. .

Next, there was a 20-year break in volcanic activity, until 1210 when an eruption began near the ocean. It lasted until 1240, marking the end of 450 years of volcanic activity.

Whether history will repeat itself remains to be seen… Volcanoes do not read the reports of the past!

Source: Iceland Monitor.

Carte montrant les champs de lave apparus lors de la dernière période éruptive sur la Péninsule de Reykjanes (800 – 1240) [Source : Iceland GeoSurvey]

Carte du Volcán de Colima (Mexique) gravée sur un vieux rocher // Map of Volcán de Colima (Mexico) engraved on an old rock

La carte « très détaillée » d’un volcan, vieille de 2 000 ans, a été découverte gravée sur un bloc de roche volcanique au Mexique. Des experts de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) ont récemment analysé le bloc, qui se trouve sur un terrain privé à Colima. La roche basaltique qui le compose est le résultat d’une éruption du Volcán de Colima, également appelé Fuego de Colima, à 14 kilomètres de là, il y a des milliers d’années.
Avec une hauteur de 1,70 m. à son point le plus haut, le bloc mesure entre 2 et 2,70 m de large et entre 0,60 et 1,70 m. d’épaisseur.
Lorsque les archéologues ont examiné la roche, ils ont découvert que des cartes y étaient gravées. L’INAH explique qu’elles ont été utilisées pour gérer les terres dans cette zone et aussi pour transmettre les connaissances d’une génération à l’autre.
En étudiant les techniques de gravure utilisées, les experts expliquent que le travail a probablement eu lieu entre 200 ans avant J.C. et 200 ans après. Différentes techniques de gravure ont été mises en oeuvre pour représenter le versant sud du volcan qui est parcouru par des caractéristiques géologiques telles que les rivières et les ravines. Sur la surface principale du rocher, de petites cavités ont été creusées pour représenter les communautés locales.
Source: Fox News.

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An elaborate 2,000-year-old « volcano map » has been discovered carved into a large volcanic rock in Mexico. Experts from Mexico’s National Institute of Anthropology and History (INAH) recently analyzed the rock, which is on private land in Colima, Mexico. The basalt rock was the result of an eruption from the Volcán de Colima, also called Fuego de Colima, 14 kilometres away, which occurred thousands of years ago.

Standing 1.70 m. at its highest point, the rock is between 2 and 2.70 m.wide and between .60 and 1.70 m. thick.

When archaeologists examined the rock, they found maps were carved into it. INAH explains that the maps were used to manage the land in that area and also to pass knowledge from one generation to another.

By studying the carving techniques used on the stone, experts say that the work likely took place between 200 B.C. and 200 A.D. Different engraving techniques were used to represent the volcano’s southern slope, which is furrowed by features such as rivers and ravines. On the main surface of the rock, small cavities were carved to represent local communities.

Source: Fox News.

Crédit photo : INAH

Si une éruption se produisait sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)… // Should an eruption start on the Reykjanes Peninsula (Iceland)…

Comme je l’ai écrit précédemment, je me pose un certain nombre de questions devant la situation sur la Péninsule de Reykjanes. La sismicité est intense avec des essaims à répétition depuis le 21 janvier 2020. Cette sismicité s’accompagne d’une inflation qui atteint une dizaine de centimètres. Habituellement, ces paramètres sont le signe d’une intrusion magmatique et indiquent qu’une éruption va se produire à brève échéance. Or, pour le moment, la lave n’est pas apparue à la surface.
Si une éruption devait se produire, ce serait sans aucun doute le début de sérieuses perturbations pour la partie sud-ouest de l’Islande où se trouve la Péninsule de Reykjanes. En se penchant sur le passé volcanique de la région, les scientifiques islandais ont découvert que la dernière période d’activité volcanique sur la Péninsule a commencé au 10ème siècle et s’est poursuivie jusqu’au 13ème. Contrairement à la plupart des volcans islandais qui ont tendance à se réveiller pendant quelques mois ou quelques années puis à se rendormir, lorsque cette région entre en éruption, elle semble rester active pendant 300 ans, avec des épisodes éruptifs irréguliers qui peuvent durer plusieurs décennies. De longues fissures peuvent s’ouvrir et atteindre 8 km de longueur et donner naissance à des fontaines de lave, mais généralement sans grandes quantités de cendre et sans activité explosive.
Si une telle activité devait se mettre en route sur la Péninsule de Reykjanes, elle pourrait perturber les activités économiques pendant plusieurs siècles. Il ne faut pas oublier que le site où la sismicité et l’inflation sont enregistrées actuellement se trouve à proximité de la ville de Grindavík et du Blue Lagoon qui est un important pôle touristique en Islande. De plus, ce site n’est qu’à 15 kilomètres de l’aéroport international de Keflavik. Si une telle série d’éruptions se produisait aujourd’hui, on estime que les pistes de l’aéroport seraient recouvertes de 2 centimètres de cendre, ce qui interromprait temporairement tous les vols.
Les archives géologiques montrent que la région recèle cinq systèmes volcaniques, qui semblent s’activer de manière coordonnée environ tous les 1000 ans, même si la notion de cycle n’a jamais été clairement prouvée en volcanologie.
Les documents historiques révèlent que les émissions de lave les plus récentes se sont produites entre 1210 et 1240 et ont couvert environ 50 kilomètres carrés. Au moins six éruptions distinctes se sont produites, chacune durant des semaines ou des mois. Elles ont été entrecoupées de périodes calmes avec parfois 12 ans sans activité. Les particules de cendre ont été transportées par le vent sur des dizaines de kilomètres. Des sources écrites signalent des problèmes pour le bétail dans la région.
Selon l’Icelandic Met Office, le pire des scénarios serait que des coulées de lave se dirigent vers la ville de Grindavík. Il existe également d’autres infrastructures importantes dans la région, notamment une centrale géothermique. L’approvisionnement en eau chaude et froide pourrait être menacé, ainsi que les routes, en particulier la route entre Reykjavík et l’aéroport de Keflavík.
Les autorités ont averti la population locale que le risque d’éruption ne devait pas être exclu dans la Péninsule de Reykjanes. En conséquence, les Islandais doivent être vigilants. Dans la mesure où les éruptions devraient être de faible ampleur et espacées dans le temps, elles seront plus faciles à gérer que les volumineuses émissions de lave comme l’éruption du Laki de 1783.

Source: Adapté d’un article de The Guardian.

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As I put it before, I am a little puzzled by the situation on the Reykjanes Peninsula. Seismicity has been intense with repetitive earthquake swarms since January 21st, 2020. This seismicity has been accompanied by an inflation that is now reaching about 10 centimetres. Usually, such parameters are an indication of a magma intrusion and that an eruption will occur in the short term. However, for the moment, no lava has emerged to the surface.

Should an eruption occur, it might be the start of major disturbances for the southwest part of Iceland where the Reykjanes Peninsula is located. Looking back into the past, local scientists have discovered that the last period of volcanic activity on the Peninsula began in the 10th century and continued until the 13th. Unlike typical Icelandic volcanoes, which tend to wake for a few years and then calm down, when this region starts erupting, it appears to be active over 300 years, producing irregular eruptive episodes that can last a few decades. Long fissures extend up to 8km, producing lava fountains, usually without large amounts of ash or explosive activity.

If a similar period activity started on the Reykjanes Peninsula, it could cause disruption for centuries to come. One should bear in mind that the places where the current seismicity and inflation are recorded is situated close to the town of Grindavík and the popular Blue Lagoon tourist attraction. Moreover, it is only15 kilometres from Iceland’s international airport in Keflavik. If such a series of eruptions occurred today, it is estimated that runways at Keflavík airport could be coated in 2 centimetres of ash, temporarily halting all flights.

Geological evidence shows the area is fed by five volcanic systems, which seem to come to life in a coordinated way roughly every 1,000 years, even though the notion of cycle has never been clearly proved in volcanology..

Historic records tell us that the most recent emissions of lava occurred between 1210 and 1240 and covered about 50 square kilometres of land. At least six separate eruptions occurred, each lasting weeks to months, interspersed with gaps of up to 12 years with no activity. Volcanic rock and ash particles were carried tens of kilometres by the wind and written sources report problems for livestock in the area.

According to the Icelandic Met Office, the worst-case scenario would be if lava flowed towards the town of Grindavík. There is also other important infrastructure in the vicinity including a geothermal power plant. Hot and cold water supply might be at risk, along with roads, including the road between Reykjavík and Keflavík airport.

Local authorities have warned the local population that the risk of an eruption should not be excluded on the Reykjanes Peninsula. As a consequence, Icelanders will be keeping a close eye on the peninsula. Because the eruptions are likely to be relatively small and occasional they will be easier to cope with than massive and sudden emissions of lava like the 1783 Laki eruption.

Source : Adapted from an article in The Guardian.

Centrale géothermique de Svartsengi et Lagon Bleu (Photos: C. Grandpey)

Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau-francaisDans une dernière mise à jour (2 février 2017), l’AVO indiquait que le Bogoslof restait bien actif. Il se trouve «dans un état imprévisible» et de nouvelles explosions avec des nuages de cendre s’élevant à haute altitude peuvent se produire à tout moment. C’est ce qui se passe au moment où je diffuse cette note. Un nouvel épisode éruptif est en cours, semblable aux précédents
Voici quelques informations supplémentaires sur ce volcan des Iles Aléoutiennes.
L’Ile Bogoslof est apparue après une éruption sous-marine en 1796. Castle Rock, un bouchon de lave laissé par cette éruption, se dresse sur le côté sud-ouest de l’île. En 1883, le Bogoslof est de nouveau entré en éruption avec la formation d’un dôme de lave. Le dôme faisait jadis partie de l’île, mais il a été entamé par l’érosion et il ne reste plus aujourd’hui qu’un pilier rocheux à 600 mètres de la côte.
Bogoslof Island couvre 69 hectares avec son point le plus élevé 147 mètres au-dessus du niveau de la mer. En fait, cette île minuscule est le sommet d’un volcan sous-marin dont les pentes descendent à 1650 mètres de profondeur et reposent sur le plancher de la Mer de Béring.
La première éruption avec émission de cendre a eu lieu le 14 décembre 2016. Une surface de 8 000 mètres carrés sur le côté est de l’île a disparu au cours de cet événement. Depuis la mi-décembre, le volcan s’est manifesté à plus de vingt reprises. Il a émis des panaches renfermant des cristaux de glace et des fragments de roches qui sont parfois montés à plus de 6 000 mètres d’altitude. Les pilotes d’aéronefs ont dû les esquiver entre l’Amérique du Nord et l’Asie. Les contrôleurs aériens sont informés quand une éruption se déclenche. Jusqu’à présent, le Bogoslof n’a causé aucune interruption majeure du trafic aérien. Les vols ont été légèrement déviés au-dessus ou autour des nuages de cendre. Au cours des dernières années, des éruptions majeures ont contraint les compagnies aériennes à annuler des vols
L’activité explosive du Bogoslof est en partie due à l’interaction du magma avec l’eau de mer. Les nuages de cendre pourraient devenir monnaie courante en 2017 car certaines éruptions du passé ont duré plusieurs mois.
Source: ABC News.

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drapeau-anglaisIn its latest update (February 2nd 2017), AVO indicated that although no eruptive activity was currently detected on Bogoslof, elevated unrest continued. The volcano is “in an unpredictable condition” and additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time. This is what is happening while I am releasing this post, with an eruptive event which is similar to the previous ones.

Here is a little more information about this volcano of the Aleutians.

Bogoslof Island appeared after an underwater eruption in 1796. Castle Rock, a lava plug left by that eruption, stands on the island’s southwest side. In 1883, Bogoslof erupted again and created a lava dome. The dome was once part of the island but because of erosion, now stands as a rock pillar 600 metres off shore.

Bogoslof Island covers 69 hectares with its highest point 147 metres above sea level. Actually, the tiny island is the summit of an active, underwater volcano that extends down 1650 metres, with its base on the floor of the Bering Sea.

The first confirmed ash emission occurred on December 14th 2016. 8,000 square metres on the island’s east side disappeared in the eruptions. Since mid-December, the volcano has erupted more than two dozen times, sending up clouds of ice crystals and rock fragments, sometimes higher than 6,000 metres, that airliners must dodge as they fly between North America and Asia. Air traffic controllers receive an advisory after eruptions. Bogoslof so far has caused no major interruptions. Flights have been slightly rerouted above or around ash clouds. In past years, major eruptions have led airlines to cancel flights

The explosiveness is partly due to the volcano magma’s interaction with seawater, and the ash clouds could be a regular feature in 2017 as some of the previous, historical eruptions have lasted many months.

Source : ABC News.

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Image montrant la morphologie du Bogoslof à la fin du mois de janvier 2017.

(Source : AVO)