Le système AVOID refait surface! // The AVOID system is back!

drapeau francaisLe Daily Mail, toujours bien informé quand il s’agit d’écrire des articles à sensations, nous informe que la technologie destinée à aider les pilotes d’avions à détecter la cendre volcanique est en passe de passer en production commerciale et EasyJet sera la première compagnie aérienne à l’utiliser.
Théoriquement, le système AVOID (mentionné dans plusieurs de mes notes) cautionné par EasyJet est censé réduire le risque de voir se répéter la crise provoquée par le volcan islandais Eyjafjallajökull au printemps 2010.
Comme je l’ai déjà écrit, le système AVOID utilise la technologie infrarouge qui, une fois installée à bord d’un avion, fournit des images qui permettront aux pilotes de voir un nuage de cendre jusqu’à 95 kilomètres de distance et à une altitude comprise entre 1500 et 15 000 mètres. Cela leur permettra donc de faire de petites corrections de trajectoire pour éviter les nuages de cendre. Le concept est très similaire aux radars météorologiques dont sont équipés les avions de ligne aujourd’hui.
Au sol, les informations obtenues à bord de l’avion avec le système AVOID seront utilisées pour obtenir une image précise du nuage de cendre volcanique en utilisant des données en temps réel. Cela permettra d’ouvrir de vastes zones d’espace aérien qui seraient autrement fermées lors d’une éruption volcanique.
La technologie a été testée par l’avionneur européen Airbus en novembre dernier au cours d’une expérience unique qui a impliqué la création d’un nuage de cendre artificiel.
Ian Davies, responsable du secteur industriel de EasyJet a déclaré: «EasyJet a cautionné le développement de cette technologie innovante depuis l’éruption volcanique de 2010 qui a paralysé le trafic aérien en Europe. Nous nous réjouissons de pouvoir être la première compagnie à adapter cette technologie sur nos appareils. »

Reste à voir à quel point cette technologie pourra venir en aide aux pilotes et si elle permettra d’éviter une paralysie du trafic aérien comme en 2010. Il y a un fossé énorme entre un test artificiel avec le déversement de quelques sacs de cendre volcanique dans l’atmosphère et une éruption d’envergure comme celle de l’Eyjafjallajökull. Le système n’a encore jamais été testé dans de véritables conditions éruptives pourtant fournies ces derniers mois par des volcans comme l’Etna, le Sinabung, l’Ubinas ou encore le Sangeang Api. Pas sûr que les compagnies aériennes fassent totalement confiance à ce système et osent mettre en danger la vie de milliers de passagers. On peut facilement imaginer ce qui se passera si une catastrophe se produit !

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drapeau anglaisThe Daily Mail, always well informed when it plans to write sensational articles, informs us that the technology to help aircraft detect volcanic ash is set to go into commercial production, with EasyJet planning to be the first airline to use it.

Theoretically, the AVOID system (mentioned in several of my past notes) has been supported by EasyJet and is supposed to reduce the chances of a repeat of the Icelandic volcanic ash-cloud crisis of spring 2010.

As I put it before, the system utilises infra-red technology fitted to aircraft to supply images that will enable pilots to see an ash cloud up to 95 kilometres ahead of the aircraft and at altitudes between 1,500 and 15,000 metres, thus allowing them to make small adjustments to the plane’s flight path to avoid any ash cloud. The concept is very similar to weather radars which are standard on commercial airliners today.

On the ground, information from aircraft with AVOID technology would be used to build an accurate image of the volcanic ash cloud using real-time data. This could open up large areas of airspace that would otherwise be closed during a volcanic eruption.

The technology was tested by European planemaker Airbus last November through a unique experiment which involved the creation of an artificial ash cloud.

EasyJet’s engineering director Ian Davies said : « EasyJet has supported the development of this innovative technology since the 2010 volcanic eruption which brought aviation to a halt in Europe. We look forward to being the first airline to fit this technology on our aircraft. »

Let’s see how far this technology can help air pilots and if it will avoid a paralysis of air traffic as in 2010. There is a huge gap between an artificial test performed with the release of a few bags of volcanic ash the atmosphere and a major eruption like that of Eyjafjallajökull. The system has never been tested in real eruptive conditions even though the opportunity was given by such volcanoes as Mount Etna, Sinabung, Ubinas or else Sangeang Api. I’m not  sure that airlines will fully trust the system and dare put at risk the lives of thousands of passengers. One can easily imagine what would happen if a disaster occurred!

Formation volcanique au HVO // Volcanic training at the Hawaiian Volcano Observatory (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLes scientifiques et les techniciens d’observatoires volcanologiques de 11 pays (Chili, Colombie, Costa Rica, République Démocratique du Congo, Indonésie, Italie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, Philippines, Arabie Saoudite et Corée du Sud) ont récemment visité le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) pour se former aux techniques de surveillance des volcans actifs.
Grâce au Programme International de Formation à la Surveillance des Risques Volcaniques, les scientifiques américains ont initié les participants aux méthodes de suivi volcanique, à l’analyse et l’interprétation des données, à l’évaluation des risques volcaniques, ainsi qu’à l’utilisation et l’entretien des instruments de surveillance. Les participants ont également appris à réagir rapidement en cas de crise volcanique et à travailler en collaboration avec les autorités gouvernementales et les médias pour sauver des vies et des biens.
Les outils géologiques traditionnels ont également été abordés, ainsi que les dernières technologies, comme l’utilisation de systèmes d’information géographique permettant de prévoir la trajectoire des coulées de lave, comment procéder à une évaluation de la vulnérabilité et comment estimer les coûts associés aux dégâts causés par une coulée de lave. Les participants ont également appris les fondamentaux sismologiques et étudié les images d’essaims sismiques pré-éruptifs sur différents volcans de la planète.
Ce programme de formation, maintenant dans sa 24e année, est organisée par le Centre d’Etude des Volcans Actifs à l’Université d’Hawaii à Hilo, avec le soutien de l’Université d’Hawaii à Manoa et l’USGS-U.S. Agency for International Development Volcano Disaster Assistance Program.

L’USGS et le HVO ont toujours donné une grande importance à la formation. C’est ainsi qu’un programme de bénévolat invite des personnes venant du monde entier à travailler avec le HVO sur les volcans actifs. Si vous n’êtes pas un citoyen des États-Unis l’Exchange Visitor Program vous permettra de collaborer et de travailler avec des scientifiques de l’USGS et de bénéficier des instruments de mesure.

J’ai eu personnellement l’occasion de travailler sur le processus de refroidissement de la lave à Hawaii et de participer à une campagne de mesures de températures des sources chaudes à Yellowstone grâce au Volunteer Program. Ce furent des expériences très intéressantes. Maîtrise de l’anglais indispensable.
Plus de détails sur le programme de bénévolat à cette adresse:
http://hvo.wr.usgs.gov/volunteer/

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drapeau anglaisScientists and technicians from volcano observatories in 11 countries (Chile, Colombia, Costa Rica, Democratic Republic of Congo, Indonesia, Italy, Papua New Guinea, Peru, Philippines, Saudi Arabia and South Korea) recently visited the Hawaiian Volcano Observatory to learn techniques for monitoring active volcanoes.

Through the International Training Program in Volcano Hazards Monitoring, U.S. scientists trained the participants on monitoring methods, data analysis and interpretation, and volcanic hazard assessment, as well as instruction on the use and maintenance of volcano monitoring instruments. They also learned about responding rapidly during volcanic crises, and how to work with governing officials and the media to save lives and property.

Traditional geological tools were also covered, as well as the latest technology, such as using Geographic Information Systems to predict lava flow paths, conduct a vulnerability assessment, and tabulate the predicted costs associated with the damage from a lava flow and infrasound monitoring, which is critical for rapidly detecting volcanic explosions and/or rift zone eruptions. The participants also learned about basic seismological fundamentals and pre-eruptive seismic swarms at various volcanoes around the world.

The training program, now in its 24th year, is organized by the Center for the Study of Active Volcanoes at the University of Hawaii at Hilo, with support from the University of Hawaii at Manoa and the joint USGS-U.S. Agency for International Development Volcano Disaster Assistance Program.

USGS and HVO have always given a great importance to training. In the same way, a Volunteer Program invites people come from around the world to volunteer or work at HVO. Hawai`i’s active volcanoes. If you are not a citizen of the United States the USGS Exchange Visitor Program will enable you to collaborate and work with USGS scientists, similar to volunteers.

I had the opportunity to work on the cooling process of lava at Hawaii and to join a campaign of temperature measurement of the hot springs at Yellowstone through the Volunteer Program. They were very interesting experiences. A good knowledge of English is necessary.

More details about the Volunteer Program at this address:

http://hvo.wr.usgs.gov/volunteer/

Prelevement-lave-blog

Prélèvement de lave pour analyse  (Photo:  C. Grandpey)

Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) sous haute surveillance // Close monitoring of the Piton de la Fournaise

drapeau francaisEn lisant Le Monde du 14 juillet entre deux séquences de défilé à la télé, j’ai appris que des chercheurs dont Florent Brenguier (membre de l’équipe franco-japonaise  qui a déclaré le Mont Fuji dans un « état critique »*) ont mis en place sur le Piton de la Fournaise un nouveau réseau de surveillance sismique composé de trois ensembles carrés de 500 mètres de côté incluant 100 capteurs chacun. Ces capteurs agiront comme des « télescopes » tournés non pas vers le ciel, mais vers l’intérieur du volcan, en particulier le cratère Dolomieu, jusqu’à trois kilomètres de profondeur, juste au-dessus du niveau de la mer. Selon Florent Brenguier, « avec les techniques de surveillance classiques, basées sur l’analyse directe des ondes sismiques, cette partie du volcan est invisible parce que située sous, et non pas sur la principale source de sismicité. L’idée du projet VolcArray est d’utiliser un signal bien plus ténu, mais aussi bien plus profond, pour visualiser cette région du volcan. » Le Piton de la Fournaise a donc intérêt à bien se tenir !

L’installation des capteurs s’est faite avec une météo exécrable à la fin du mois de juin, ce qui n’a pas facilité le travail des scientifiques. Comme le fait remarquer l’auteur de l’article, c’est le revers de la médaille du contrôle à distance des volcans au 21ème siècle. Il faut tout de même aller sur le terrain comme le faisaient les regrettés Krafft dans les années 1980-90. Belle occasion de penser à eux.

* Voir ma note du 9 juillet dernier.

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drapeau anglaisWhile reading Le Monde on July 14th between two sequences of the military parade on TV, I learned that researchers along whom Florent Brenguier (member of the Franco-Japanese team who said Mount Fuji was in a « critical condition » *) have set up on the Piton de la Fournaise a new seismic monitoring network composed of three sets of 500 square metres including 100 sensors each. These sensors will act as « telescopes » directed not toward sky, but toward the inside of the volcano, especially the Dolomieu crater, as deep as three kilometres, just above the sea level. According to Florent Brenguier, « with traditional monitoring techniques based on the direct analysis of seismic waves, this part of the volcano is invisible because it is located underneath, not above the main source of seismicity. The idea of ​​the VolcArray project is to use a much smaller but also much deeper signal, to view this part of the volcano ». The Piton de la Fournaise had better well behave!
The installation of the new sensors was performed with a very poor weather at the end of June, which did not facilitate the scientists’work. As the author of the article puts it, this is the flip side of the remote control of volcanoes in the 21st century. You still need to go on the field as did the Kraffts in the years 1980-1990. This is an opportunity to think about them.
* See my note of July 9.

Piton-blog

Le Piton de la Fournaise vu depuis l’espace en janvier 2009  (Crédit photo:  NASA)

Ubinas (Pérou)

drapeau francaisOn vient de me faire parvenir une petite vidéo qui montre en accéléré les émissions de vapeur et de cendre de l’Ubinas le 15 juillet 2014. Le vent emporte les panaches vers le sud. On remarquera l’échelle qui permet de mesurer la hauteur des colonnes de cendre.

L’activité du volcan est stable et relativement réduite depuis quelques jours.

https://www.youtube.com/watch?v=P4L8dNAwHj4&feature=youtu.be

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drapeau anglaisI’ve just received a Quicktime movie which shows the steam and ash emissions of Ubinas on July 15th 2014. The wind sweeps away the plumes towards the south. Just have a look at the scale on the right-hand side of the document. It allows to measure the height of the ash columns.

Activity at Ubinas has been stable and quite low over the past few days.

https://www.youtube.com/watch?v=P4L8dNAwHj4&feature=youtu.be