Les compagnies aériennes australiennes redoutent une éruption de l’Agung // Australian air companies fear an eruption of Mt Agung

L’activité sismique est encore élevée sur l’Agung et les compagnies aériennes, en particulier en Australie, surveillent de près la situation. Les vacances scolaires ont commencé en Australie et beaucoup de touristes ont choisi Bali comme destination. Les voyageurs ont été invités à s’assurer que leurs coordonnées sont à jour. Plusieurs gouvernements ont averti que les vols vers Bali pourraient être sévèrement affectés par une éruption et que l’aéroport international de Bali a mis en place un centre de gestion de la situation en cas d’urgence. [NB : En cas de problème avec des nuages de cendre à Denpasar, les vols seraient détournés vers Lombok]

Les compagnies d’assurance australiennes ont commencé à mettre en place des restrictions sur les polices d’assurance de voyage. Cela signifie que les personnes qui ont acheté une assurance voyage après une certaine date ne seront pas couvertes pour les pertes liées à une éruption de l’Agung. Les autorités australiennes demandent aux voyageurs à destination de Bali de prendre avec eux des masques et de s’approvisionner en eau embouteillée une fois à Bali.

Source : The West Australian.

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Alors que les compagnies aériennes australiennes envoient des mises en garde à leurs clients qui se rendent à Bali, les autorités indonésiennes parlent d’un «facteur de peur injustifié.» Elles font état de «reportages irresponsables et de commentaires sur les médias sociaux» concernant le mont Agung. Khiri Travel Indonesia signale une baisse globale de 20% des réservations depuis que l’Agung a commencé à montrer une hausse d’activité au cours de la troisième semaine de septembre. Le PDG de la société a déclaré: « Il n’y a pas eu d’explosion et il n’y en aura peut-être jamais. De plus la grande majorité des activités touristiques à Bali se déroulent entre 30 et 60 km du Mont Agung, donc à une distance de sécurité. Les « reportages irresponsables » et les commentaires sur les médias sociaux ont créé un facteur de crainte injustifié alors que la situation sur le terrain à Bali reste calme et que les acteurs du tourisme poursuivent leurs activités normalement. » Il a ajouté: « Nous ne dirions pas à nos clients de venir à Bali si nous ne pensions pas être en sécurité. »
Le tourisme représente environ 40% de l’économie locale à Bali, bien que des statistiques fiables soient difficiles à trouver. Selon les autorités balinaises, la désinformation persistante menace les moyens de subsistance de nombreux acteurs de l’activité touristique, de leur personnel et de leurs familles. Cela nuit également aux fermiers qui fournissent des denrées aux restaurants et aux hôtels.
Source: TravelWeekly.

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Earthquake activity is still high at Mount Agung and all airlines, especially Australian ones, are monitoring the situation closely. School holidays have started in Australia and lots of tourists have chosen Bali as their holiday destination. Travellers have been urged to make sure their contact details are up to date. Various governments have warned that travel to Bali could be severely affected by an eruption and Bali’s international airport has set up an emergency operations centre.

Australian travel insurance companies have started imposing restrictions on their policies. This means people who bought travel insurance after a certain date will not be covered for losses relating to the volcano. Bali travellers are being told by Australian authorities to take face masks with them and stock up on bottled water once in Bali.

Source: The West Australian.

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While Australian air companies are sending warnings to their customers who are travelling to Bali, Indonesian authorities speak of an “unwarranted fear factor.” They accuse “irresponsible reporting and comments on social media” concerning Mt Agung. Khiri Travel Indonesia reports an overall 20% slump bookings since Mount Agung started to show increased signs of activity in the third week of September. The company’s general manager said: “There has been no explosion. There may never be. And the vast majority of Bali’s tourism activities take place between 30 and 60 km from Mt Agung, at a safe distance. Irresponsible reporting and comments on social media have created an unwarranted fear factor while the situation on the ground in Bali remains calm and tourism operators remain fully open for business.” He added: “We would not tell our clients to visit if we thought it was not safe.”

Tourism accounts for around 40% of the local economy on Bali, although reliable statistics are hard to find. According to Balinese authorities, persistent misinformation is threatening the livelihood of many entrepreneurs, their staff and families. It is also a problems for the farmers who supply restaurants and hotels.

Source: TravelWeekly.

A l’attention de ceux qui ont l’intention d’aller passer leurs vacances de Toussant à Bali dans les prochains jours, voici la carte à risque de l’Agung. Cliquer sur ce lien pour une meilleure résolution: https://twitter.com/theofda/status/910516267131523073

 

Le système AVOID refait surface! // The AVOID system is back!

drapeau francaisLe Daily Mail, toujours bien informé quand il s’agit d’écrire des articles à sensations, nous informe que la technologie destinée à aider les pilotes d’avions à détecter la cendre volcanique est en passe de passer en production commerciale et EasyJet sera la première compagnie aérienne à l’utiliser.
Théoriquement, le système AVOID (mentionné dans plusieurs de mes notes) cautionné par EasyJet est censé réduire le risque de voir se répéter la crise provoquée par le volcan islandais Eyjafjallajökull au printemps 2010.
Comme je l’ai déjà écrit, le système AVOID utilise la technologie infrarouge qui, une fois installée à bord d’un avion, fournit des images qui permettront aux pilotes de voir un nuage de cendre jusqu’à 95 kilomètres de distance et à une altitude comprise entre 1500 et 15 000 mètres. Cela leur permettra donc de faire de petites corrections de trajectoire pour éviter les nuages de cendre. Le concept est très similaire aux radars météorologiques dont sont équipés les avions de ligne aujourd’hui.
Au sol, les informations obtenues à bord de l’avion avec le système AVOID seront utilisées pour obtenir une image précise du nuage de cendre volcanique en utilisant des données en temps réel. Cela permettra d’ouvrir de vastes zones d’espace aérien qui seraient autrement fermées lors d’une éruption volcanique.
La technologie a été testée par l’avionneur européen Airbus en novembre dernier au cours d’une expérience unique qui a impliqué la création d’un nuage de cendre artificiel.
Ian Davies, responsable du secteur industriel de EasyJet a déclaré: «EasyJet a cautionné le développement de cette technologie innovante depuis l’éruption volcanique de 2010 qui a paralysé le trafic aérien en Europe. Nous nous réjouissons de pouvoir être la première compagnie à adapter cette technologie sur nos appareils. »

Reste à voir à quel point cette technologie pourra venir en aide aux pilotes et si elle permettra d’éviter une paralysie du trafic aérien comme en 2010. Il y a un fossé énorme entre un test artificiel avec le déversement de quelques sacs de cendre volcanique dans l’atmosphère et une éruption d’envergure comme celle de l’Eyjafjallajökull. Le système n’a encore jamais été testé dans de véritables conditions éruptives pourtant fournies ces derniers mois par des volcans comme l’Etna, le Sinabung, l’Ubinas ou encore le Sangeang Api. Pas sûr que les compagnies aériennes fassent totalement confiance à ce système et osent mettre en danger la vie de milliers de passagers. On peut facilement imaginer ce qui se passera si une catastrophe se produit !

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drapeau anglaisThe Daily Mail, always well informed when it plans to write sensational articles, informs us that the technology to help aircraft detect volcanic ash is set to go into commercial production, with EasyJet planning to be the first airline to use it.

Theoretically, the AVOID system (mentioned in several of my past notes) has been supported by EasyJet and is supposed to reduce the chances of a repeat of the Icelandic volcanic ash-cloud crisis of spring 2010.

As I put it before, the system utilises infra-red technology fitted to aircraft to supply images that will enable pilots to see an ash cloud up to 95 kilometres ahead of the aircraft and at altitudes between 1,500 and 15,000 metres, thus allowing them to make small adjustments to the plane’s flight path to avoid any ash cloud. The concept is very similar to weather radars which are standard on commercial airliners today.

On the ground, information from aircraft with AVOID technology would be used to build an accurate image of the volcanic ash cloud using real-time data. This could open up large areas of airspace that would otherwise be closed during a volcanic eruption.

The technology was tested by European planemaker Airbus last November through a unique experiment which involved the creation of an artificial ash cloud.

EasyJet’s engineering director Ian Davies said : « EasyJet has supported the development of this innovative technology since the 2010 volcanic eruption which brought aviation to a halt in Europe. We look forward to being the first airline to fit this technology on our aircraft. »

Let’s see how far this technology can help air pilots and if it will avoid a paralysis of air traffic as in 2010. There is a huge gap between an artificial test performed with the release of a few bags of volcanic ash the atmosphere and a major eruption like that of Eyjafjallajökull. The system has never been tested in real eruptive conditions even though the opportunity was given by such volcanoes as Mount Etna, Sinabung, Ubinas or else Sangeang Api. I’m not  sure that airlines will fully trust the system and dare put at risk the lives of thousands of passengers. One can easily imagine what would happen if a disaster occurred!

Le Kelud et les compagnies aériennes // Mount Kelud and air companies

drapeau francaisLe Ministère des Transports a déclaré que l’éruption du Kelud était un cas de « force majeure »,  ce qui exonère les compagnies aériennes de l’indemnisation des passagers en raison des vols annulés. Les compagnies sont invitées à effectuer les  remboursements dans leur intégralité, sans frais de dossier sur les billets des passagers qui ont annulé leurs voyages le jour de l’éruption.
En tout, sept aéroports sur l’île de Java ont été fermés en raison de l’éruption du Kelud jeudi soir. Vendredi, le nombre total de vols annulés atteignait 586. Cependant, l’aéroport Soekarno-Hatta à Jakarta et l’aéroport Ngurah Rai de Bali continuent à fonctionner normalement car ils n’ont pas été touchés par les cendres volcaniques.

Source : Antara News.

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drapeau anglaisThe Transportation Ministry has declared the eruption of Mount Kelud to be a force majeure, which exempts airlines from compensating passengers due to cancelled flights. Airline companies are asked to make full refunds without administrative fees on air tickets of passengers who cancelled their trips on the day of the eruption.
In all, seven airports on the island of Java have been closed due to the eruption of Mount Kelud on Thursday night. On Friday the total number of cancelled flights reached 586. However, Soekarno-Hatta airport in Jakarta and Ngurah Rai airport in Bali remain safe and continue operating, as they have not been affected by volcanic ash.

Source: Antara News.

Kelud-NASA

Le panache éruptif du Kelud vu depuis l’espace le 14 février 2014  (Crédit photo:  NASA)

Avions et cendre volcanique // Airplanes and volcanic ash

drapeau francaisComme je l’indiquais dans ma note du 5 juillet 2013 à propos du regain d’activité du Popocatepetl, six compagnies américaines ont annulé 47 vols au départ et à l’arrivée des aéroports de Mexico et de Toluca. Cette situation – et d’autres qui ont précédé – montrent que nous ne sommes pas en mesure de faire face à un nuage de cendre volcanique et que la prochaine éruption d’un volcan semblable à l’Eyjafjalajökull (Islande) en 2010 entraînera à nouveau de fortes perturbations dans le trafic aérien.

Chaque fois qu’un volcan du Kamchatka ou des Aléoutiennes se manifeste, les observatoires invitent les pilotes à faire preuve de la plus grande prudence. On l’a vu récemment avec le Pavlof au mois de juin. Le volcan émettait alors un panache d’une hauteur d’environ 5400 mètres. Afin d’éviter tout contact avec cette cendre volcanique, la compagnie alaskienne PenAir a annulé pendant deux jours ses vols vers Cold Bay.

Pourtant, dans les mois qui ont suivi l’éruption du volcan islandais, des efforts ont été déployés pour essayer de trouver une solution. C’est ainsi que des scientifiques norvégiens et allemands ont testé sur l’Etna en novembre 2011 une caméra infrarouge dont le but est d’indiquer aux pilotes 10 minutes à l’avance la présence d’un nuage de cendre volcanique. Cette technologie, déjà utilisée par la compagnie à bas coût EasyJet, est censée faire économiser aux compagnies aériennes les millions d’euros, de livres ou de dollars qu’elles perdent quand leurs avions sont cloués au sol pendant une éruption. Le problème – comme je l’indiquais sur ce blog à l’époque – c’est que les tests ont été effectués à une période où l’Etna était calme. Pourquoi ne pas les avoir renouvelés au moment des paroxysmes ?

En juin 2011, le gouvernement britannique a nommé un « Monsieur nuage de cendre » censé piloter un groupe de recherche dont le travail consistait à analyser les données sur les concentrations de cendre dans l’atmosphère au moment d’une éruption volcanique. Il s’agissait d’affiner le modèle fourni par le Met Office et d’éviter la désorganisation du trafic aérien, comme ce fut le cas en Ecosse pendant l’éruption du Grimsvötn. Aucune information n’a été rendue publique sur le travail de ce groupe de recherche.

Plus récemment, c’est la compagnie irlandaise Aer Lingus qui prétendait en mars 2013 que son nouveau système de détection et de prévision de cendre volcanique réduira les perturbations causées aux avions en Europe. La nouvelle technologie a été présentée aux responsables de la compagnie. Elle utilise des satellites et des modélisations pour détecter les nuages de cendre et prévoir leur trajectoire. Là encore, les tests ont été effectués en période de calme volcanique et ils s’appuient essentiellement sur des simulations informatiques.

En conclusion de ma note du 9 mars 2013 relative à cette dernière information, j’écrivais :  « Reste à savoir ce qui se passera le jour où le Katla ou l’un de ses copains reprendra du service en émettant un volumineux nuage de cendre. Il y a un fossé énorme entre la théorie et la pratique, la simulation et la réalité ! » Je reste persuadé que la panique dans les aéroports sera la même qu’au printemps 2010 !

 

drapeau anglaisAs I mentioned in my note of July 5th, 2013 about the increased activity of Popocatepetl, six U.S. airlines canceled 47 flights to and from the airports of Mexico City and Toluca. This situation – and others before – shows that we are not able to cope with a volcanic ash cloud and the next eruption similar to Eyjafjalajökull (Iceland) in 2010 will again cause major disruptions in air traffic.
Whenever a volcano of Kamchatka and the Aleutians occurs, observatories invite pilots to exercise extreme caution. We saw it recently in June with the eruption of Pavlof. The volcano then emitted a plume up to about 5400 meters. To avoid contact with the volcanic ash, the Alaskan company PenAir canceled two days its flights to Cold Bay.
However, in the months that followed the eruption of the Icelandic volcano, efforts were made to try to find a solution. Thus Norwegian and German scientists tested on Mount Etna in November 2011 an infrared camera whose purpose was to indicate to the pilot 10 minutes in advance the presence of a cloud of volcanic ash. This technology, already used by the low-cost airline company EasyJet, is expected to save airlines the millions of pounds or dollars they lost when their aircraft are grounded during an eruption. The problem – as I mentioned on this blog by that time – is that the tests were conducted at a time when Etna was quiet. Why were they not renewed during the paroxysms?
In June 2011, the British government appointed a « Mister ash cloud » supposed to pilot a research group whose work was to analyze the data on concentrations of ash in the atmosphere during a volcanic eruption. This was to upgrade the model provided by the Met Office and avoid disruption to air traffic, as was the case in Scotland during the eruption of Grímsvötn. No information has been made public about the work of this research group.
More recently, it was the Irish airline Aer Lingus which claimed in March 2013 that its new system of detection and forecasting of volcanic ash would reduce disturbances to aircraft in Europe. The new technology was presented to company officials. It uses satellites and models to detect ash clouds and predict their path. Again, the tests were carried out during quiet volcanic periods and they rely heavily on computer simulations.
As a conclusion to my note of 9 March 2013, I wrote: « The question is to know what will happen the day the Katla or one of her will become active again and send large clouds of ash in the sky. There is a huge gap between theory and practice, simulation and reality! « I remain convinced that the panic in the airports will be the same as in the spring of 2010!

Eyjafjallajokull-blog

L’Eyjafjöll en 2010  (Crédit photo:  Wikipedia)