La surveillance du volcan Taal (Philippines) // The monitoring of Taal Volcano (Philippines)

Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du Taal est moins intense depuis quelques jours, mais ce n’est peut-être pas une bonne nouvelle. Les scientifiques surveillent la situation à distance, à l’aide d’instruments au sol et à bord de satellites, pour essayer de comprendre ce qui pourrait se passer dans les prochains jours.
L’image radar ci-dessous révèle que le lac qui se trouvait autrefois au cœur même de Volcano Island a maintenant presque complètement disparu. C’est l’interaction entre l’eau du lac et le magma qui a provoqué l’épisode explosif observé en début d’éruption. La ligne pointillée montre l’étendue du lac avant le début de l’éruption. La ligne continue montre le niveau du lac au moment de l’acquisition de l’image (16 janvier 2020 à 06h37 GMT).
Le lac Taal, beaucoup plus vaste, qui entoure l’édifice central n’a pas évolué. D’autres satellites analysent la déformation du sol autour du volcan. Cette technique interférométrique permet aux scientifiques de mieux comprendre comment le magma se déplace sous le volcan et ce que cela pourrait signifier pour l’activité future.
Les autorités philippines ont du mal à empêcher certaines personnes évacuées d’essayer de rentrer chez elles pour récupérer leurs biens et contrôler le bétail.
Les images satellites (voir ci-dessous) révèlent la quantité de cendre tombée sur la zone autour du volcan.
Source: BBC News.

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As I put it before, the eruption of Taal Volcano has been less intense in the past few days, but this may not be good news. Scientists are monitoring the situation remotely, using ground and space instrumentation, to try to gauge what might happen next.

The data provided by the radar image below data reveals how the inner lake that once filled the very heart of the Taal Volcano Island has now almost completely disappeared. It was the interaction between this water and magma that drove the early explosive behaviour. The dashed line shows the extent of the lake before the onset of the eruption. The solid line traces the waterline at the time of the image acquisition (January 16th, 2020 at 06:37 GMT).

The much wider Lake Taal that surrounds the central edifice of the volcano remains in place.

Other radar satellites are looking at how the ground is deforming around the volcano. This interferometric technique can help scientists understand how magma is shifting below the volcano and what that might mean for future activity.

Philippine authorities have been struggling to keep some evacuated residents from trying to return to their homes to gather possessions and to check on livestock.

Satellite pictures (see below) reveal how much ash has fallen over the area around the volcano.

Source: BBC News.

Cet interférogramme du Taal montre la déformation du sol. Chaque frange de couleur correspond à un déplacement du sol de 2,8 cm. (Source : ESA)

 La photo de gauche montre le Taal en juillet 2019 ; celle de droite le volcan aujourd’hui (Source : CNES)

Collaboration entre observatoires aux Etats-Unis // Collaboration between observatories in the United States

Les observatoires volcanologiques à travers les États-Unis fonctionnent en étroite relation les uns avec les autres pour assurer une surveillance efficace des volcans actifs de ce pays. Cette collaboration est particulièrement évidente lors d’une crise, comme ce fut le cas au moment de l’éruption du Kilauea en 2018. Cette année-là, des scientifiques, des ingénieurs et des administratifs du Volcano Science Center de l’USGS se sont rendus sur la Grande Ile d’Hawaï pour épauler le HVO, l’observatoire des volcans d’Hawaï, et aider les volcanologues locaux à surveiller les coulées de lave et les effondrements qui se produisaient au sommet du Kilauea. Leur aide fut essentielle au bon fonctionnement du HVO 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
La collaboration entre les observatoires volcanologiques existe également quand il n’y a pas de crise éruptive majeure. Certains observatoires tels que l’Alaska Volcano Observatory (AVO) doivent effectuer toutes les missions sur le terrain en été car les conditions météorologiques sont difficiles et les conditions de travail dangereuses le reste de l’année. Comme la saison estivale est courte en Alaska, il est important de faire appel à l’aide temporaire d’autres États.
L’AVO a beaucoup de travail à effectuer au cours de la saison estivale. Le soleil est presque en permanence dans le ciel et les heures de clarté sont pleinement utilisées lorsque le temps le permet. L’aide d’autres observatoires permet aux équipes de terrain d’être renouvelées tous les mois afin d’éviter l’épuisement professionnel.

Comme il y a peu à faire en ce moment à Hawaii depuis la fin de l’éruption du Kilauea, plusieurs géologues du HVO se sont rendus en Alaska cet été pour aider à la mise en place de nouveaux sites de surveillance sismique et la mise à niveau d’instruments plus anciens sur les volcans des Aléoutiennes. Cela fait partie d’une campagne entreprise par l’AVO pour convertir l’ensemble de son réseau sismique analogique en un réseau entièrement numérique. Un tel travail est important car les instruments numériques peuvent détecter une gamme plus large de signaux sismiques. Le HVO est passé à un réseau numérique de 2014 à 2017.
Dans les Aléoutiennes, la mission a débuté à Adak, une île située à environ 1 700 kilomètres au sud-ouest d’Anchorage. L’île, qui abritait une base militaire de 1942 à 1997, est très paisible maintenant que la plupart des installations ont été abandonnées. Adak a servi de base aux opérations scientifiques. En effet, c’est un point central où les stations les plus éloignées sont raccordées au réseau de surveillance des volcans de l’Alaska.
A partir d’Adak, les scientifiques ont voyagé à bord d’un navire de recherche qui les a conduits à travers la Mer de Béring afin de visiter différents volcans. Une fois un volcan atteint, le capitaine jetait l’ancre dans un port bien protégé des tempêtes parfois très violentes qui surviennent dans les Aléoutiennes. À partir de là, les scientifiques ont pris l’hélicoptère embarqué sur le navire pour visiter les différents sites.
Les conditions météorologiques sont souvent difficiles dans les Aléoutiennes, ce qui rend la surveillance des volcans d’autant plus délicate. Un scientifique explique qu’il y avait un épais brouillard presque tous les matins. À chaque fois que le pilote de l’hélicoptère estimait qu’une fenêtre était utilisable, les hommes chargeaient le matériel et décollaient.
Une fois sur un volcan, les scientifiques se mettaient au travail. Il fallait d’abord installer un local de protection du matériel et creuser un trou de 2 mètres de profondeur pour y loger le sismomètre. Des panneaux solaires étaient ensuite installés sur le local avec à l’intérieur 15 batteries de 12 volts pour alimenter l’électronique qui numérise les signaux du sismomètre et envoie les données à Adak par radio. Le travail a toujours été une course contre le soleil, tout en luttant contre les conditions météorologiques en constante évolution.
Les hommes expliquent que le travail fut difficile mais enrichissant. La cohabitation permanente, l’élaboration de stratégies pour faire face aux éléments et le travail en équipe sur un volcan loin de tout ont permis de créer des liens solides entre le HVO et l’AVO. Cet état d’esprit se prolongera bien au-delà du travail sur le terrain dans les îles Aléoutiennes.
Source: USGS / HVO.

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Volcano observatories across the United States work together to ensure efficient and thorough monitoring of the nation’s active volcanoes. This collaboration is particularly evident during a crisis, like the 2018 eruption of Kilauea Volcano. In 2018, scientists, field engineers, and administrative professionals from across the US Geological Survey Volcano Science Center came to the Island of Hawaii to assist the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) in monitoring Kilauea’s Lower East Rift Zone (LERZ) lava flows and summit collapses. Their assistance was critical to maintaining HVO’s 24/7 response capability.

Collaboration between volcano observatories also occurs in non-crisis times. Some volcano observatories, such as the Alaska Volcano Observatory (AVO) must accomplish all field work in the summer because other times of the year can bring harsh weather and dangerous working conditions. Since the summer field season in Alaska is short, it is important to use temporary help from other states.

The field season for AVO staff is intense. The sun is almost always up, and the daylight hours are fully used when weather permits. Help from other volcano observatories allows field teams to be rotated every month to avoid burn-out.

As there is little to do in Hawaii with the end of the Kilauea eruption, several HVO staff travelled to Alaska this summer to help build new, and upgrade old, seismic monitoring sites on western Aleutian volcanoes. This is part of a big step that AVO is taking to convert their entire seismic network from an analog to an all-digital network. This is important because digital instruments can detect a wider range of earthquake signals. HVO made the transition to a digital network in 2014 to 2017.

The mission began on Adak, an island about 1,700 kilometres SW from Anchorage. The island, home to a military base from 1942 to 1997, is very peaceful now that most of the facilities have been abandoned. Adak was the base of operations, a central place where more-remote field stations tie into the Alaska volcano monitoring network.

From Adak, the scientists boarded a research vessel which took them across the Bering Sea in order to visit different volcanoes. Once the targeted volcano was reached, the captain dropped anchor in a harbour that would be mostly protected from potentially fierce Aleutian storms. From there, the scientists flew in the onboard helicopter to go back and forth from the ship to the different field sites.

Weather conditions are often difficult in the Aleutians, which makes the monitoring of the volcanoes all the more difficult. The scientific team explains that they were shrouded in fog nearly every morning. Whenever the helicopter pilot deemed that a safe window of opportunity had arrived, they loaded up and took off.

Once the geologists landed on a volcano, the real work began. They dug a foundation for the equipment hut and a 2-metre-deep hole where the seismometer would reside. Solar panels were mounted on the hut, which housed 15 12-volt batteries to power the electronics that digitizes signals from the seismometer and sends data back to Adak via radio. The work was always a race against the sun, while battling the ever-changing weather conditions.

The men explain that the work was difficult but rewarding. Living in close quarters, continuously strategizing to overcome the elements, and working as a team on a remote volcano, led to a bond between HVO and AVO that will last beyond the Aleutian field work.

Source : USGS / HVO.

Le Cleveland, le Semisopochnoi  ou le Veniaminof comptent parmi les volcans les plus actifs des Aléoutiennes, sans oublier l’Augustine… (Photos : AVO et C. Grandpey)

Les volcans des Cascades (Etats-Unis) sont sous-équipés // Cascade Range volcanoes (United States) are under-monitored

Ce n’est pas une nouveauté : on sait depuis longtemps que Donald Trump se moque éperdument de tout ce qui a trait à la Nature et il a toujours exprimé des doutes sur le changement climatique.

En ce qui concerne les volcans, les scientifiques américains attirent depuis longtemps l’attention du public et du gouvernement sur le sous-équipement de certains volcans de la Chaîne des Cascades dont les éruptions pourraient avoir des conséquences désastreuses pour les localités situées à proximité. Les sismologues de la région viennent de nouveau lancer un appel pour que la situation change ; ils affirment une fois de plus que la plupart des volcans du nord-ouest du Pacifique sont très mal surveillés. Cela fait suite à un récent rapport paru dans le New York Times où l’on peut lire que les États-Unis négligent beaucoup trop les volcans les plus dangereux du pays.
Les scientifiques expliquent qu’une éruption comme celle du Mont St Helens en 1980 est susceptible de se produire de notre vivant. Cinq volcans sont prioritaires dans la Chaîne des Cascades, à l’intérieur de l’Etat de Washington: le Mont Baker, Glacier Peak, le Mont. Rainier, le Mont Adams et le Mont St. Helens. Le Mont Hood, dans l’Oregon, constitue lui aussi une menace imminente pour les localité des environs.
On ne sait pas prévoir les séismes, mais les scientifiques peuvent fournir des indications et prévenir lorsqu’un volcan est sur le point d’entrer en éruption, même si la prévision volcanique parfaite n’est pas pour demain.
Il existe un nombre suffisant de stations de surveillance sur le Mont St. Helens, mais beaucoup moins sur les autres volcans de l’Etat de Washington. Ainsi, il n’y a qu’une station sur Glacier Peak. Le directeur du Pacific Northwest Seismic Network (réseau sismique du Pacifique nord-ouest)  a déclaré avoir besoin de 12 à 20 systèmes de surveillance sur plusieurs volcans dangereux, tels que le Mont. Rainier.
En mars 2019, le Congrès a adopté une loi débloquant 55 millions de dollars pour garantir un meilleur suivi des volcans à l’échelle nationale. Le problème, c’est que le gouvernement n’a pas encore distribué tout cet argent.
Des plans sont en train d’être établis pour déterminer comment on pourra mettre en place l’ensemble de ces nouveaux dispositifs de surveillance si l’argent est alloué en 2020. Néanmoins, même si le Congrès octroie de l’argent pour installer de nouvelles stations sur les volcans, il faudra des années pour se débarrasser de toutes les formalités administratives nécessaires pour obtenir l’autorisation d’installer ces stations sur des terres protégées par les lois sur l’environnement.
Source: The Seattle Times.

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En complément de cette note, j’ai lu que l’Observatoire Volcanologique de la Chaîne des Cascades, géré par l’USGS, venait d’installer trois nouvelles stations de surveillance sur les flancs du Mont Hood.
Ces stations amélioreront la capacité des scientifiques à détecter tout changement dans l’activité sismique, la déformation du sol ou les émissions de gaz susceptibles de signaler une augmentation de l’activité volcanique et donc un danger pour les personnes et les biens.
Les nouveaux sites de surveillance du Mont Hood comprennent trois ensembles de stations sismiques et GPS situées à moins de 4 kilomètres du sommet. Une station de mesure en continu des gaz volcaniques au sol sera installée ultérieurement. Ces stations auront un impact minimal sur l’environnement. Elles sont situées à l’écart des sentiers et peintes pour se fondre dans l’environnement.
Des informations sur l’historique des éruptions du Mont Hood et les dangers qui s’y rapportent sont disponibles à l’adresse : https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/mount_hood/mount_hood_geo_hist_93.html.

Les données de surveillance des stations de surveillance du Mont Hood sont disponibles à l’adresse :

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/mount_hood/monitoring_map.html.

Source: USGS.

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It has been known for a long time. Donald Trump does not care a straw about Nature and has long expressed his doubts about climate change. As far as volcanoes are concerned, US scientists have alerted for a long time to the under equipment of some of the Cascade Range volcanoes whose eruptions might have disastrous consequences for nearby communities. Local seismologists have again been calling for change, saying most volcanoes in the Pacific Northwest are severely under-monitored. This comes after a recent report from the New York Times that said that the U.S. is doing a poor job of tracking the country’s most dangerous volcanoes.

Scientists say another eruption, like Mt. Saint Helen’s blast in 1980 might happen in our lifetime. There are five major volcanoes in the Washington Cascade Range: Mt. Baker, Glacier Peak, Mt. Rainier, Mt. Adams and Mount St. Helens. Mt. Hood in Oregon is also a looming threat to the surrounding communities.

Earthquakes which are currently totally impossible to predict, but scientists can give some advance notice when a volcano is about to erupt, although perfect volcanic prevision is still far ahead.

There is an adequate number of monitoring stations on Mount St. Helens, but far fewer for the other Washington volcanoes. In fact, there is just one station on Glacier Peak. The Director of the Pacific Northwest Seismic Network says they need 12-20 tracking devices on many of the dangerous volcanoes like Mt. Rainier.

Congress passed an act in March 2019 that authorized 55 million dollars with the aim of ensuring volcanoes are better tracked nationwide. However, the government has not invested all of that money yet.

Plans are being made right now to determine how to implement all of these new monitoring devices if the money happened to be allotted in 2020. Even still, if Congress grants the money to build more monitoring stations on volcanoes, it will take years to get through all the red tape to get approval to put these stations on protected wilderness land.

Source: The Seattle Times.

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As a complement to this post, I have read that the USGS Cascades Volcano Observatory has just installed three new volcano monitoring stations on the flanks of Mount Hood.

These stations will improve the ability scientists to detect any changes in earthquake activity, ground deformation or volcanic gas emissions that may signal an increase in volcanic activity and a subsequent danger to people and property.

The new Mount Hood monitoring sites will consist of three sets of co-located seismic and GPS stations situated within 4 kilometres of the summit. One ground-based continuous volcanic gas monitoring station will be installed at a later date. The stations will be constructed with minimal impact on the environment: they will be located away from trails and painted to blend in with the surroundings.

Information about Mount Hood’s eruption history and hazards is available at https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/mount_hood/mount_hood_geo_hist_93.html.

Monitoring data from Mount Hood stations is available either at   https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/mount_hood/monitoring_map.html

Source : USGS.

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Voici des images des volcans prioritaires dans la Chaîne des Cascades:

Mont Baker

Glacier Peak

Mont Rainier

Mont Adams

Mont St Helens

Mont Hood

(Photos: C. Grandpey)

Nouvelles recherches sur l’histoire éruptive de Yellowstone // More research about Yellowstone eruptive history

La surveillance des volcans aux États-Unis est une priorité pour l’USGS qui est en train de mettre en place un système d’alerte volcanique à l’échelle du pays. Le système permettra aux scientifiques de mieux contrôler les volcans dangereux aux États-Unis en modernisant et en étendant les réseaux de surveillance existants, notamment à l’aide de sismomètres large bande, de récepteurs GPS effectuant des mesures en continu et en temps réel, et de capteurs de gaz volcaniques. De nouveaux réseaux sont également en train d’être installés sur des volcans mal surveillés jusqu’à présent, comme le Mont Baker dans l’Etat de Washington. Yellowstone fait partie de ces efforts pour améliorer la surveillance des volcans américains.
La plupart des articles de presse sur Yellowstone affirment que le volcan est en retard dans son processus éruptif et qu’une éruption majeure pourrait survenir à court terme. Le super volcan de Yellowstone a provoqué une éruption cataclysmale il y a environ 613 000 ans. Il a alors a rejeté environ 1 000 kilomètres cubes de matériaux, ce qui représente plus du double du volume du Lac Érié et 2 500 fois le volume de matériaux émis pendant l’éruption du Mont St. Helens en 1980.
Depuis la dernière super éruption, le volcan de Yellowstone a connu de nombreuses éruptions de moindre importance avec émissions de coulées de rhyolite. Les scientifiques de l’USGS essayent maintenant de mieux appréhender ces événements de moindre envergure afin de comprendre les dangers liés au système magmatique du volcan de Yellowstone.
Selon le California Volcano Observatory, le super volcan a connu au moins 28 éruptions de rhyolite au cours des 610 000 dernières années. Ce ne sont pas des éruptions mineures car elles ont donné naissance à des coulées de lave avec des volumes allant de 0,42 à 71 km3. En comparaison, le Mont St. Helens a vomi 0,25 kilomètre cube de matériaux en 1980.
Les scientifiques espèrent savoir si ces coulées de lave ont été produites lentement au fil du temps, ou si elles proviennent de courtes éruptions réparties sur un bref laps de temps. Si les éruptions sont regroupées dans le temps, la survenue d’une première éruption peut indiquer que d’autres peuvent se produire à brève échéance.
Les chercheurs ont utilisé une technique de datation basée sur la désintégration du potassium 40 radioactif en argon 40 radioactif ; elle permet de savoir à quel moment la roche s’est cristallisée et donc de calculer l’époque à laquelle elle est apparue.
En analysant les roches volcaniques de Yellowstone, les chercheurs ont découvert que les coulées de rhyolite étaient «fortement concentrées dans le temps», avec des éruptions qui se sont produites par épisodes. Au cours de l’une des phases d’activité, il y a eu sept éruptions sur une période d’environ 1 000 ans. L’équipe scientifique espère maintenant affiner ces recherches et les intégrer dans l’évaluation des risques volcaniques à Yellowstone.
Source: USGS, Newsweek.

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Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to poorly monitored volcanoes like Mount Baker in Washington. Yellowstone is part of these efforts to better monitor U.S. volcanoes.

Most press articles about Yellowstone affirm that the volcano is overdue in its eruptive history and that a major eruption might occur in the short term. The Yellowstone supervolcano produced a huge eruption around 613,000 years ago, when it ejected about 1,000 cubic kilometres of material. This is more than double the volume of Lake Erie, and 2,500 times bigger than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

Since that time, the Yellowstone volcano has produced many more smaller eruptions of rhyolite lava flows. USGS scientists are now working to better understand these smaller events in order to understand the hazards posed by the magmatic system at Yellowstone.

According to the California Volcano Observatory, the super volcano has produced at least 28 rhyolite eruptions over the last 610,000 years. These were not small eruptions as they produced lava flows ranging from 0.42 to 71 cubic kilometres. In comparison, Mount St. Helens produced 0.25 cubic kilometres of material.

What scientists are hoping to work out is whether these lava flows were produced slowly over time, or whether it came from short, clustered eruptions. If eruptions are clustered in time then the occurrence of one eruption may indicate that the next eruption may follow closely.

Researchers used a dating technique based on the decay of the radioactive potassium-40 to radioactive argon-40, which can tell them when the rock crystalized, allowing them to work out time of origin.

By analyzing the volcanic rocks at Yellowstone, researchers discovered that rhyolite lava flows were “highly clustered in time,” with eruptions taking place in episodes. In one phase of activity there were seven eruptions over a period of around 1,000 years. The scientific team now hopes to further refine these episodes and build this into volcanic hazard assessments for Yellowstone.

Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to “under-monitored” volcanoes like Mount Baker in Washington.

“Improvements to volcano monitoring networks allow the USGS to detect volcanic unrest at the earliest possible stage,” Tom Murray, the USGS Volcano Science Center director, said in a statement. “This provides more time to issue forecasts and warnings of hazardous volcanic activity and gives at-risk communities more time to prepare.”

Source : USGS, Newsweek.

Coulées de lave et dépôts de rhyolite à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

Les volcans sous surveillance aux Etats-Unis // Volcanoes to be monitored in the U.S.

Il y a un peu plus de 10 ans, l’U.S. Geological Survey (USGS) a entrepris une mise à jour systématique des données sur les 169 volcans jeunes et potentiellement actifs aux États-Unis, autrement dit ceux pour lesquels moins de 12 000 années se sont écoulées depuis la dernière éruption. L’objectif était de déterminer ceux qui représentaient le plus grand danger pour les populations et les infrastructures. Les données étaient basées sur le type spécifique et la fréquence des éruptions connues et susceptibles de se produire, la proximité des zones habitées ou des principales industries, des aéroports ou d’autres installations essentielles. Dans le même temps, il a été procédé à une évaluation des réseaux de surveillance existants et de l’instrumentation pour chaque volcan ; le but était de connaître leur capacité à détecter les signes d’activité et d’éruption.
Le résultat se trouve dans une publication qui a classé les 169 volcans en fonction de leur dangerosité – de niveau très haut à très bas. Les auteurs ont également fourni une liste des volcans les plus menaçants et qui seront prioritaires pour être dotés d’un équipement de surveillance supplémentaire. Le National Volcano Early Warning System (NVEWS), réseau national pour améliorer la surveillance des volcans américains, est la conséquence du travail entrepris par l’USGS..
À Hawaï, le Kilauea et le Mauna Loa sont considérés comme des volcans «à très haute menace». En conséquence, ce sont ceux sur lesquels l’USGS et le HVO ont concentré leur surveillance instrumentale et leurs études scientifiques. Même si ces deux volcans sont bien équipés en réseaux de surveillance, il reste des lacunes que les scientifiques tentent de combler.
Le Hualalai représente une «menace élevée» car ses éruptions sont beaucoup moins fréquentes (environ une éruption à quelques siècles d’intervalle). Le HVO dispose d’un seul sismomètre et d’un récepteur GPS sur le Hualalai, mais l’Observatoire est toujours en mesure de suivre l’activité sismique sur ce volcan grâce à la bonne couverture des volcans Mauna Kea et Mauna Kea qui se trouvent à proximité. En raison de la population importante qui pourrait être mise en danger lors d’une future éruption, le Hualalai est prioritaire pour l’installation d’équipements de surveillance supplémentaires.
Parmi les volcans à «menace modérée» on note le Mauna Kea sur la Grande Ile d’Hawaii et l’Haleakala sur Maui. Il y a quelques stations sismiques et un seul point de mesure GPS en temps réel sur le Mauna Kea, et un également sur l’Haleakala. Le HVO entreprend des mesures GPS sur l’Haleakala tous les cinq ans.
Le volcan sous-marin Lō’ihi ne fait pas partie du classement car il se trouve dans les profondeurs de l’océan et présente un risque extrêmement faible pour les personnes et les infrastructures. Les volcans sous-marins n’ont pas été pris en compte dans les analyses du NVEWS, en partie parce qu’on sait très peu de choses à leur sujet. [NDLR : On sait beaucoup plus de choses sur la surface de la planète Mars !!!]
En ce qui concerne les volcans situés sur la partie continentale des États-Unis, la plus grande menace concerne le Lassen Peak, la Long Valley Caldera et le Mont Shasta en Californie;  Crater Lake, le Mount Hood, Newberry et South Sister dans l’Oregon; le Mont Baker, Glacier Peak, le Mont Rainier et le Mont St. Helens dans l’Etat de Washington. L’Alaska compte cinq volcans très menaçants: Akutan, Augustine, Makushin, Redoubt et Mount Spurr. On peut obtenir plus d’informations sur chacun de ces volcans sur le site web du USGS Volcano Hazards Program: (volcanoes.usgs.gov/index.html)
Source: USGS / HVO.

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A little more than 10 years ago, the U.S. Geological Survey (USGS) undertook a systematic review of the 169 young and potentially active volcanoes of the United States, with less than about 12,000 years since the last eruption. The aim was to determine which ones posed the greatest danger to people and infrastructure. Assignments were based on the specific type and frequency of known and expected eruptions; proximity to population centres or key industries, airports, or other critical facilities; and other factors. At the same time, existing monitoring networks and instrumenation for each volcano were evaluated for their adequacy to help detect signs of unrest and eruption.

The result was a publication that ranked all 169 volcanoes by their threat level—from very high to very low. The authors also listed the volcanoes that were ranked most threatening and needed to be prioritized for additional monitoring equipment. An outgrowth of this was the National Volcano Early Warning System (NVEWS), a proposed national plan to improve monitoring at U.S. volcanoes.

In Hawaii, Kīlauea and Mauna Loa are considered “very high threat” volcanoes. Accordingly, they are the volcanoes on which the USGS and HVO have focused instrumental monitoring and scientific studies. While the monitoring networks on these two volcanoes are quite extensive, there are gaps in coverage that scientists are attempting to fill.

Hualālai Volcano is considered “high threat” based on its much less frequent eruptions (at a rate of one eruption every few hundred years). HVO maintains a single seismometer and GPS receiver atop Hualālai, but the Observatory is still able to track earthquakes at this volcano because of good station coverage on the adjacent Mauna Loa and Mauna Kea volcanoes. Because of the number of residents who could be in harm’s way during a future eruption, Hualālai is considered a high priority for additional monitoring instrumentation.

“Moderate threat” volcanoes include both Mauna Kea on Hawaii Big Island and Haleakalā on Maui. There are scattered seismic stations and a single real-time GPS site on Mauna Kea, and one of each on Haleakalā. HVO also completes a GPS campaign survey of Haleakalā every five years.

Lō’ihi is not ranked, because it is a deep submarine volcano that poses an extremely low risk to people and infrastructure. Submarine volcanoes were not considered in the NVEWS analyses, in part because so little is known about them.

As far as U.S. mainland volcanoes are concerned, the high threat lies with Lassen Peak, Long Valley Caldera, and Mount Shasta in California; Crater Lake, Mount Hood, Newberry, and South Sister in Oregon; and Mount Baker, Glacier Peak, Mount Rainier, and Mount St. Helens in Washington. Alaska has five very high threat volcanoes: Akutan, Augustine, Makushin, Redoubt, and Mount Spurr. One can get more information about each of these volcanoes through the USGS Volcano Hazards Program website: (volcanoes.usgs.gov/index.html).

Source: USGS / HVO.

Mauna Loa & Mauna Kea, points culminants de la Grande Ile d’Hawaii

(Photo: C. Grandpey)

Les caméras thermiques du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s thermal cameras (Hawaii)

Des caméras thermiques sont utilisées par des volcanologues du monde entier depuis de nombreuses années pour étudier les processus volcaniques et détecter des signes d’éruptions imminentes.
Sur le Kilauea, les données fournies par les caméras thermiques sont utilisées pour contrôler le niveau et les mouvements du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ces données permettent au personnel du HVO de mieux comprendre le comportement du lac et le fonctionnement interne du volcan. Les images thermiques montrent comment la lave est émise, comment elle dégaze et, au cours du temps géologique, comment elle modifie le paysage.
Les caméras thermiques fonctionnent en mesurant l’énergie dans la partie infrarouge à ondes longues du spectre lumineux émis. Cette énergie est ensuite traduite en une valeur de température en utilisant les principes de la physique.
Ci-dessous, on peut voir deux images thermiques (28 juillet 2017) du lac de la lave au sommet du Kilauea. Les couleurs correspondent aux températures de surface: les couleurs sombres indiquent des surfaces plus froides tandis que les couleurs claires représentent la matière en fusion ou récemment solidifiée.
L’échelle à droite de l’image ne reflète pas les températures réelles en raison de divers facteurs comme l’effet obscurcissant des gaz volcaniques. La température de la lave pour les zones les plus chaudes serait d’environ 1150 degrés Celsius. Cependant, les températures relatives restent correctes.
Le champ de vision proposé par la caméra a environ 200 mètres de large. La surface du lac se trouve à environ 120 mètres sous la caméra.
Dans ces images, obtenues le 28 juillet 2017, on peut voir une différence de morphologie de la surface du lac de lave. Elle est due à un effondrement soudain du revêtement qui recouvrait la paroi interne du cratère et qui provenait des projections de lave et de la lave accumulée quand le lac était à un niveau plus élevé.
L’image de gauche montre les conditions habituelles du lac, avec des projections sur sa bordure nord-est. On observe la circulation lente d’une douzaine de plaques de croûte à la surface du lac. Des fissures en zigzag ou droites se forment lorsque les plaques s’écartent, révélant la matière en fusion sous la croûte.
À 16h28 le 28 juillet, un gros morceau de la paroi interne du cratère s’est effondré dans le lac, laissant derrière lui une belle balafre (encerclée dans l’image de droite). L’impact de ces matériaux dans le lac de la lave a provoqué des remous qui ont persisté pendant des dizaines de minutes.
La caméra thermique de l’Halema’uma’u est opérationnelle depuis plus de six ans ; elle envoie des données 24 heures sur 24. Elle est équipée d’une lentille de 53 degrés. Elle est logée dans un boîtier qui la protège contre les intempéries, les gaz volcaniques corrosifs et les bombardements de matériaux qui se produisent de temps en temps. Le boîtier est monté sur un solide trépied. Les images sont transmises au HVO par connexion WiFi ; elles sont collectées sur des serveurs informatiques pour être diffusées sur le site web de l’observatoire et pour être transmises au personnel du HVO pour être analysées.
Le HVO gère également des caméras thermiques qui dont orientées vers le cratère du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone du Kilauea et la caldeira Moku’aweoweo du Mauna Loa. Ces caméras capturent une image tous les 2-3 minutes. S’agissant du Pu’uO’o, si un point chaud couvre plus de cinq pour cent des images de la caméra, un programme informatique envoie un texto avec une image jointe au personnel du HVO. La caméra du Mauna Loa dispose elle aussi d’une alarme. Si une température élevée est détectée, un texto est automatiquement envoyé au HVO. Après sa réception, les scientifiques vérifient les autres données de surveillance (y compris les images de webcam plus récentes) pour voir si la lave est soudainement apparue ou s’il y a un autre sujet de préoccupation.
Au cours de l’année à venir, le HVO prévoit l’acquisition d’une nouvelle caméra thermique sur l’Halema’uma’u. Elle permettra d’acquérir des images de résolution plus élevée. Ces images de meilleure qualité permettront des analyses encore plus détaillées et amélioreront le suivi du niveau de la lave dans le lac.
Source: USGS / HVO.

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Thermal cameras have been used by volcanologists around the world for many years to study volcanic processes and search for signs of impending eruptions.

On Kilauea, data from thermal cameras are used to track the level and movements of the summit lava lake within Halema’uma’u Overlook Crater. This helps HVO better understand lake behaviour and the inner workings of the volcano. Thermal images continue to teach volcanologists how molten lava erupts, degasses and, over geologic time, changes the landscape.

Thermal cameras work by measuring energy in the long-wave infrared part of the emitted light spectrum. That energy is translated into a temperature value using principles of physics.

Here below, you can see two recent thermal images of Kilauea’s summit lava lake. Colours correspond to surface temperatures: darker colours indicate cooler surfaces and lighter colours represent molten and recently solidified lava.

The scale at right does not reflect true temperatures due to a variety of factors, including the obscuring effects of volcanic fume. Actual lava temperatures for the hottest areas in these images would be about 1150 degrees Celsius. However, relative temperatures are still correct.

The field of view in each frame is roughly 200 metres across. In this view, the lake surface is about 120 metres below the camera.

In these images, captured on July 28th, 2017, one can see a dramatic difference in lava lake surface characteristics. The difference resulted from a sudden collapse of the rocky coating left on the vent wall by spattering and previous higher stands of the lake.

The image on the left shows typical lake conditions, with spattering on the northeast lake margin. About a dozen plates of semi-solid crust on the lake surface slowly circulate. Jagged and straight cracks form as the plates pull apart, revealing molten lava beneath the crust.

At 4:28 p.m. on July 28th, a large patch of the crater wall cascaded into the lava lake, leaving behind a hot scar (circled in the right-hand image). The impact of this rocky debris falling into the lava lake caused agitation that persisted for tens of minutes.

HVO’s thermal camera at Halema’uma’u has functioned well for over six years, sending data around the clock. The camera has a 53-degree-wide lens housed in a case for protection from weather, corrosive volcanic gas, and occasional bombardment by molten spatter. The box is mounted on a well-anchored tripod. Images are transmitted by WiFi connection to HVO, where they are collected on computer servers for delivery to the observatory’s public website and to HVO staff for analysis.

HVO also maintains thermal cameras that look into the Pu’uO’o crater on Kilauea’s East Rift Zone and Moku‘aweoweo caldera atop Mauna Loa. These cameras capture an image every 2–3 minutes. At Pu‘uO’o, if a hot spot fills more than five percent of the camera images, a computer program sends a text message with an embedded image to HVO staff. The Mauna Loa camera is similarly alarmed. If high temperature is detected, a text message is automatically sent to HVO staff. Upon receiving a text, the scientists check other monitoring data (including more recent webcam images) to see if lava has suddenly appeared or if there is another cause for concern.

In the coming year, HVO expects to upgrade the Halema’uma’u thermal camera to a new model that will acquire higher resolution images. Better images will allow even more detailed analyses and enhance tracking of lava levels.

Source: USGS / HVO.

Source: USGS / HVO

Lō‘ihi, le plus jeune des volcans hawaiiens // Lō‘ihi, the youngest Hawaiian volcano

Le Lō’ihi est le plus jeune des volcans hawaiiens. Il est situé à 39 kilomètres au sud-est de Pāhala dans le district de Ka’ū. Le HVO ne possède pas de stations sismiques à proximité du Lō’ihi ; son activité est contrôlée depuis des stations implantées sur la Grande Ile d’Hawaii depuis plus de 50 ans.
Depuis la fin du mois de février 2017, les sismologues du HVO enregistrent une légère augmentation du nombre d’événements près du Lō’ihi. De janvier 2015 à février 2017, ils ont enregistré, en moyenne, un séisme par mois sur le volcan sous-marin. Depuis cette époque, le nombre de secousses a progressivement augmenté. Au cours du seul mois de juin 2017 (jusqu’au 22 juin), il y a eu 51 séismes dans le secteur du Lō’ihi.
Sans stations sismiques permanentes sur le Lō’ihi – car le sommet du volcan se trouve encore à 960 mètres sous l’eau – il n’est pas possible de localiser les séismes avec autant de précision que sur le Kilauea ou le Mauna Loa. Cependant, les événements de juin 2017 semblent être concentrés entre 9,6 et 11,2 km au-dessous du niveau de la mer et s’étendent depuis la zone sommitale du Lō’ihi jusque vers le sud.
Il est intéressant de noter que les quelque 170 séismes localisés dans le secteur du Lō’ihi entre 2010 et 2016 ont été enregistrés loin de la zone sommitale. Ils se sont produits principalement sous le flanc nord du volcan et sont descendus à des profondeurs relativement importantes. Aucune explication n’a été donnée à ce phénomène.
Dès 1952, les scientifiques du HVO ont interprété des essaims sismiques dans la région du Lō’ihi comme les signes d’un volcanisme actif. L’activité sismique à elle seule ne prouve pas de manière irréfutable que le Lō’ihi est entré en éruption, mais la localisation des derniers séismes directement sous la zone sommitale du volcan laisse supposer des ajustements dans le réservoir magmatique ou l’édifice volcanique.
La plus récente éruption du Lō’ihi s’est produite en 1996. Cette année-là, un essaim sismique significatif a commencé en juillet et s’est rapidement intensifié. Une expédition scientifique a été organisée vers le Lō’ihi dans l’espoir d’observer en direct une éruption sous-marine. Des milliers séismes, dont plus d’une douzaine avec des magnitudes supérieures à M 4,5, ont été enregistrés sous le sommet et le flanc sud du volcan entre juillet et septembre 1996. L’observation et la cartographie de la zone sommitale du Lō’ihi ont montré que, suite à la poussée du magma, une partie importante de la zone sommitale s’était effondrée. Les laves en coussins (« pillow lavas ») et les fragments vitreux recueillis lors des plongées avec un submersible ont également confirmé qu’une éruption avait eu lieu.
Dans la mesure où le sommet du Lō’ihi se trouve encore à une grande profondeur sous la surface de l’océan, l’USGS considère que le volcan ne représente pas une menace. Il n’est donc pas prévu d’installer de nouveaux instruments dans le court terme et sa surveillance restera uniquement sismique.

Source: USGS / HVO.

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Lō‘ihi is the youngest of Hawaiian volcanoes. It is located 39 kilometres southeast of Pāhala in Ka‘ū District. HVO does not have seismic stations near Lō‘ihi, but it has been tracking earthquake activity there from land-based seismic stations for over 50 years.

Since the end of February 2017, HVO seismic analysts have noted a slight increase in the numbers of earthquakes near Lō‘ihi. From January 2015 through February 2017, there was, on average, one Lō‘ihi earthquake per month. Since then, the rate of earthquakes has gradually increased. In June alone (as of June 22nd), there have been 51 located earthquakes in the Lō‘ihi region.

Without permanent seismic stations at Lō‘ihi – because the highest point of the volcano is still 960 metres under water – it is not possible to locate earthquakes there as accurately as at Kilauea or Mauna Loa. However, the June 2017 earthquakes appear to be clustered roughly 9.6 to 11.2 km below sea level and extend from beneath the summit region of Lō‘ihi to the south.

Interestingly, the roughly 170 earthquakes located in the area of Lō‘ihi between 2010 and 2016 occurred away from the summit region. They were primarily beneath the northern flanks of Lō‘ihi, and extended to significantly greater depths below the volcano. The significance of this difference is unclear.

As early as 1952, HVO scientists interpreted occasional earthquake swarms in the Lō‘ihi region as reflecting active volcanism there. In fact, the earthquakes were key to recognizing that the seamount is actually an active volcano.

Earthquake activity alone does not conclusively indicate that Lō‘ihi is erupting. But the locations of recent earthquakes directly beneath the volcano’s summit region plausibly suggest magmatic or volcanic origin, such as adjustments within the magma reservoir or volcanic edifice.

The most recent confirmed eruption of Lō‘ihi occurred in 1996. That year, an energetic earthquake swarm began in July and quickly intensified, motivating a scientific expedition to Lō‘ihi to seize an unprecedented opportunity to possibly observe a submarine eruption. Thousands of earthquakes, including over a dozen with magnitudes greater than M 4.5, were recorded from beneath the summit and south flank of the volcano between July and September 1996. Subsequent viewing and mapping of the Lō‘ihi summit region showed that, consistent with magma movement from beneath the summit area, a significant portion of it had collapsed. Fresh pillow lavas and glassy fragments collected during submersible dives also confirmed the occurrence of an eruption.

Because Lō‘ihi is still so deep beneath the ocean’s surface, the USGS regards Lō‘ihi as a low- to very-low-threat volcano. Thus, there are no immediate plans for additional monitoring instruments and views of Lō‘ihi for the foreseeable future will be strictly seismological.

Source: USGS / HVO.

 Localisation des séismes sur une période de 30 jours se terminant le 22 juin 2017. (Source : USGS)