Hawaii: Le cratère de l’Halema’uma’u (1)

Au cœur de la Grande Ile d’Hawaii, le Kilauea est l’un des volcans les plus actifs au monde. Les volcanophiles qui s’y rendent sont rarement déçus car il se passe toujours quelque chose dans l’univers de ce volcan. J’ai eu la chance de me rendre à Hawaii à plusieurs reprises et chaque fois le spectacle était différent. En ce moment, l’un des sites les plus intéressants est le cratère de l’Halema’uma’u, à l’intérieur de la caldeira sommitale.

Le 14 janvier 2014, Matt Patrick, géologue de USGS auprès du Hawaiian Volcano Observatory (HVO) donnait une très intéressante conférence intitulée : « Happenings in Halema‘uma‘u: An update on Kilauea’s summit eruption » dont le but était de montrer l’histoire du cratère sommital du Kilauea. La conférence était bien sûr en anglais. Vous pourrez suivre les propos du conférencier en cliquant sur ce lien :

http://www.nps.gov/av/pwr/avElement/havo-20140114afterdark.mov

Différents points ont été abordés au cours de la conférence. J’ai choisi de les répartir comme suit :

Historique de l’Halema’uma’u.

Naissance de l’ « Overlook Crater ».

Le lac de lave.

Le lac de lave et le Kilauea.

Le deuxième plus grand lac de lave.  //  Conclusion.

Chaque chapitre fera l’objet d’une note quotidienne.

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Historique de l’Halema’uma’u

Le Kilauea connaît actuellement une double éruption : au sommet dans le cratère de l’Halema’uma’u (depuis le mois de mars 2008 jusqu’à aujourd’hui) et sur l’East Rift Zone, zone de fracture dans la partie orientale du volcan, avec le Pu’uO’o (depuis le mois de janvier 1983 jusqu’à aujourd’hui)

Cette double éruption est alimentée par le même réservoir magmatique, de sorte que ce qui se passe sur un site éruptif influe souvent sur son voisin situé à une vingtaine de kilomètres de distance.

Kilauea-PuuOo-2

Source:  HVO

Le lac de lave de l’Halema’uma’u n’est pas nouveau. Il était déjà présent au 19ème siècle et a d’ailleurs été fort bien décrit par Mark Twain dans ses Letters from Hawaii ou dans son roman Roughing it (A la Dure en français). C’est aussi ce lac de lave qui a donné l’idée à Thomas Jaggar de créer le HVO en 1912 afin de pouvoir observer au plus près l’activité volcanique du Kilauea.

 Halemaumau-Jaggar

Thomas Jaggar (2ème en partant de la gauche) effectue des mesures dans l’Halema’uma’u en 1917.  [Crédit photo: USGS]

Toutefois, l’activité de lac de lave n’est pas la seule observée à l’Halema’uma’u qui a également connu des séquences explosives comme le 18 mai 1924 lorsque le lac se vidangea, avec des effondrements de ses parois, suite à une intrusion magmatique sur l’East Rift Zone. De l’eau s’infiltra et son contact avec le magma provoqua une très forte explosion phréatique qui tua une personne et contribua à donner au cratère ses dimensions actuelles (voir la description de cet événement dans ma note du 15 février 2014).

 Halemaumau-1924

Explosion de l’Halema’uma’u en 1924  (Crédit photo: USGS)

 Entre 1924 et 1982, la plupart des éruptions furent brèves et ne durèrent que quelques jours, exception faite de celle de 1967-1968 qui dura 254 jours.

Entre 1982 et 2008 – année de naissance de la bouche active actuelle – l’activité de l’Halema’uma’u se limita à des émissions gazeuses, SO2 essentiellement, à raison d’une moyenne de 150 tonnes par jour, ce qui est relativement faible.

Kilauea-degazage

Photo:  C.  Grandpey

San Miguel (Salvador): risque d’éruption et évacuations préventives

drapeau francaisSelon une dépêche de l’agence Reuters, quelque 1400 personnes ont été évacuées par précaution autour du San Miguel.

Le volcan, qui culmine à 2130 mètres, est également connu sous le nom de Chaparrastique. Il se dresse à 140 km à l’est de San Salvador et est entré en éruption à deux reprises au cours des 6 derniers mois. La Ministre salvadorienne de l’Environnement a indiqué que les paramètres définissant l’activité interne du volcan étaient actuellement à un niveau supérieur à celui des deux éruptions du mois de décembre. Si une éruption se produit, elle sera probablement de type strombolien, avec éventuellement des coulées de lave sur le flanc nord du volcan. Les coulées de boue et les glissements de terrain constituent une autre menace en cas de fortes pluies.

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drapeau anglaisAccording to a report from the Reuters press agency, about 1400 people in El Salvador were evacuated from the area around San Miguel volcano as a precautionary measure against a possible eruption.

San Miguel (2130 m), which is also known as Chaparrastique, lies about 140 km east of San Salvador. It has erupted twice in the past six months. El Salvador Environment Minister said the volcano was now experiencing higher levels of internal activity than during the first of those two eruptions in December. The most likely expected eruption would be strombolian with possible lava flows, probably on the north side of the volcano. Another risk lies with mud flows and landslides that can be triggered by heavy rainfalls.

Accélération du réchauffement climatique en Alaska // Global warming is accelerating in Alaska

drapeau francaisLe dernier rapport sur le climat des Etats-Unis (National Climate Assessment) qui vient d’être rendu public par la Maison Blanche indique que les changements climatiques observées dans le pays sont amplifiés en Alaska, le seul territoire arctique et subarctique de l’Union.

Dans un chapitre spécial consacré à l’Alaska, le rapport met en évidence les modifications qui sont en train de se produire sur la terre ferme, l’eau et la glace.

L’Alaska s’est réchauffée deux fois plus vite que le reste du pays au cours des 60 dernières années. Ce réchauffement sur le long terme est facile à observer, en dépit de l’Oscillation Décennale du Pacifique (ODP), variation de la température de la surface de la mer qui fait se déplacer la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies, habituellement de 20 à 30 ans. L’Oscillation est entrée dans une phase de réchauffement à la fin des années 1970, puis dans une phase froide au début des années 2000.

Les températures annuelles moyennes en Alaska ont augmenté de 3 degrés au cours des six décennies écoulées et celles de l’hiver de 6 degrés pendant cette même période. Selon les climatologues, cette tendance devrait se poursuivre avec une augmentation de 2 à 4 degrés supplémentaires d’ici 2050. La population alaskienne ressent profondément cette hausse des températures et s’en inquiète, comme le prouvent les nombreux témoignages que j’ai pu récolter pendant mes voyages.

S’agissant des océans, la banquise disparaît plus vite que le prévoient les modèles scientifiques, ce qui influe sur l’atmosphère qui se trouve au-dessus. L’absence de glace découvre de vastes surfaces occupées par une eau sombre qui absorbe la chaleur et la renvoie dans l’atmosphère, ce qui entraîne une hausse des températures de l’Arctique.

La réduction de la banquise est une arme à double tranchant d’un point de vue économique. D’un côté, elle offre de nouvelles opportunités pour le commerce et rend accessibles des ressources naturelles dans l’extrême nord, mais ces activités commerciales s’accompagnent du risque de marées noires et autres menaces pour l’environnement.

Les glaciers de l’Alaska voient leur fonte s’accélérer, phénomène que j’ai pu observer personnellement lors de plusieurs survols de Glacier Bay et à l’occasion d’approches des glaciers qui viennent vêler dans le Prince William Sound. Au train où vont les choses, cette fonte risque de poser de gros problèmes à l’alimentation hydroélectrique, un problème déjà largement observé en Amérique du Sud.

En plus de la fonte des glaciers, l’acidification de l’eau de mer (baisse du pH due à l’absorption du CO2 de l’atmosphère par l’eau de mer) risque de mettre en péril les poissonneries, l’un des pivots de l’économie de l’Alaska. D’autre part, la température de l’eau de mer est en hausse. Par exemple, à Kodiak, la température moyenne de la mer en mai est de 41degrés Fahrenheit (5°C) ; or, elle atteignait déjà 45,3°F (7,3°C) à la fin du mois d’avril.

L’eau douce subit elle aussi les effets du changement climatique. Dans les deux tiers sud de l’Alaska, les lacs rétrécissent suite à la fonte du permafrost et à une plus forte évaporation provoquée par la hausse des températures. Cette nouvelle situation affecte le comportement des oiseaux migrateurs.

La fonte du permafrost est parfaitement visible en Alaska. Il suffit d’emprunter le réseau routier pour s’en rendre compte. Les routes sont souvent fortement endommagées et les travaux entrepris ont du mal à enrayer cette dégradation. Dans plusieurs régions de l’Alaska et du Yukon voisin, on voit des forêts d’effondrer (elles ont été baptisées drunken forests, les forêts ivres) car les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé. De plus, la répartition de la végétation se modifie. C’est ainsi que le territoire boisé fréquenté par les élans a tendance à se développer vers le nord tandis que les surfaces couvertes de lichens appréciées des caribous diminuent. Cette fonte du permafrost représente un coût élevé car, en plus des routes, il faut réparer les pistes des aéroports et les bâtiments qui menacent de s’effondrer, quand il ne faut pas carrément les reconstruire. On estime que les dépenses occasionnées par la fonte du permafrost en Alaska s’élèvent à un montant compris entre 3,6 et 6,1 milliards de dollars.

La fonte du permafrost dans l’Arctique a aussi un effet sur l’atmosphère et contribue à son enrichissement en CO2. Elle permet aussi au méthane de quitter le fond des lacs. Le développement de la forêt en direction du nord offre une possibilité d’absorption du CO2, mais cet effet bénéfique est contrebalancé par l’effet albédo quand une région autrefois blanchie par la neige prend une couleur plus sombre avec la végétation qui la recouvre.

D’une manière plus globale, si le réchauffement climatique est moins spectaculaire ailleurs aux Etats-Unis, il est tout de même bien présent, comme le confirme le rapport publié par la Maison Blanche. Depuis 1895, les températures ont augmenté de 1,5 degrés, en sachant que la hausse s’est accélérée depuis 1970.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisThe latest report on the climate of the United States (National Climate Assessment) which has just been released by the White House indicates that climate change observed in the country is magnified in Alaska, the only arctic and subarctic territory of the Union .
In a special chapter devoted to Alaska , the report highlights the changes that are happening on land, water and ice.
Alaska has been getting warmer twice as fast as the rest of the country over the past 60 years. This long-term warming is easy to observe, despite the Pacific Decadal Oscillation (PDO ) a temperature variation of sea surface which moves the path of weather systems cyclically over decades, usually 20 to 30 years. The Oscillation entered a phase of warming in the late 1970s , then in a cold phase in the early 2000s.
Average annual temperatures in Alaska have increased by 3 degrees over the past six decades and those of winter rose by 6 degrees during this same period. According to climatologists, this trend is expected to continue with an increase of 2 to 4 additional degrees by 2050. The Alaskan population deeply  feels the rising temperature and is worried, as evidenced by the many testimonies I gathered during my travels.
Regarding the oceans, sea ice disappears faster than scientific models predict, which affects the atmosphere above. The lack of ice uncovers large areas previously occupied by dark water that absorbs heat and returns it to the atmosphere, resulting in an increase in Arctic temperatures .
The reduction of sea ice is a double-edged sword from an economic point of view. On the one hand, it offers new opportunities for commerce and make available natural resources in the far north, but these commercial activities are accompanied by the risk of more oil spills and other environmental threats.
The glaciers of Alaska have their melting accelerated, a phenomenon I could observe during several flights over Glacier Bay and when I approached glaciers that come to an end in Prince William Sound. At this rate, the melting could pose big problems to hydroelectric systems, a problem already widely observed in South America.
In addition to the melting of glaciers, the acidification of sea water (lower pH due to the absorption of CO2 from the atmosphere by sea water) may endanger fisheries, an asset of the economy of Alaska. On the other hand , the temperature of sea water is increasing . For example, in Kodiak, the average sea temperature in May is 41degrés Fahrenheit ( 5 ° C) ; however, it had already reached 45.3 ° F ( 7.3 ° C) at the end of April.
Fresh water is also experiencing the effects of climate change. In the southern two-thirds of Alaska, lakes are shrinking due to the melting of the permafrost and increased evaporation caused by higher temperatures. This new situation affects the behaviour of migratory birds.
The melting of the permafrost in Alaska is easy to be seen. You just need to use the road network to realize it. Roads are often badly damaged. In several regions of Alaska and neighbouring Yukon, one can see forests collapse (they are called drunken forests) because tree roots are no longer held in place by the frozen ground. Furthermore, the distribution of the vegetation distribution is changing. Thus, the wooded areas frequented by moose tend to move north while the surfaces covered with lichens appreciated by caribou are shrinking. The melting permafrost represents a high cost because, in addition to roads, they must repair airport runways and buildings in danger of collapsing, when they should not be totally rebuilt. It is estimated that the costs incurred by the melting of the permafrost in Alaska amount to between 3.6 and 6.1 billion dollars.
The melting of the permafrost in the Arctic also has an effect on the atmosphere and contributes to the CO2 enrichment . It also allows methane to leave the bottom of the lakes. The development of the forests to the north offers a possibility of CO2 absorption, but this benefit is offset by the albedo effect when a previously white, snowy region gets darker with the vegetation that now covers it.
In a more general way, if global warming is less dramatic elsewhere in the United States, it is still very present , as confirmed by the report issued by the White House. Since 1895, global temperatures have risen 1.5 degrees and the increase has accelerated since 1970.
Source: Anchorage Daily News.

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Les glaciers, symbole de l’accélération du réchauffement climatique en Alaska  (Photo:  C. Grandpey)

L’Etna au « 20 heures » de France 2…

Mais quelle mouche a donc piqué France 2 ? Pourquoi avoir diffusé sur un ton solennel un reportage presque alarmant sur l’Etna ce soir au « 20 heures », à un moment où il ne se passe pratiquement rien sur le volcan ? En plus, le reportage comporte plusieurs inexactitudes. Dire que la neige est « quasiment éternelle » sur le sommet est un peu exagéré ! Il suffit de regarder régulièrement les webcams pour s’en rendre compte. L’Etna comporte 4 cratères et non pas trois : Bocca Nuova, Voragine, Nord-Est et Sud-Est. L’interdiction d’accès au sommet n’est pas récente comme l’a indiqué D. Pujadas et n’a pas été dictée par le comportement de l’Etna ces derniers jours, ni d’ailleurs par les conditions météo comme cela est dit dans le reportage. L’ordonnance a été promulguée il y a plusieurs mois par la Préfecture de Catane suite à une intensification de l’activité éruptive à cette époque. A noter que l’accès à la Valle del Bove est interdit lui aussi à cause des risques d’effondrements sur le flanc oriental du Nouveau Cratère SE. Pour finir, les journalistes ne pouvaient sûrement pas admirer les « effusions magmatiques » lors de leur visite, vu qu’il n’y en a pas en ce moment !

Tremor-Etna

Le tremor confirme le calme relatif qui règne en ce moment sur l’Etna.