Les volcans du Salvador vus par les scientifiques de l’USGS // El Salvador volcanoes as seen by USGS scientists

En mars 2026, une équipe de scientifiques de l’USGS, dont deux originaires d’Hawaï, s’est rendue au Salvador pour des études volcanologiques de terrain et un atelier sur les risques liés aux coulées de lave.
Le Salvador est le plus petit pays d’Amérique centrale, avec une population d’environ 6 millions d’habitants, mais il compte plus de 200 volcans.

La présence de nombreux volcans au Salvador s’explique par sa situation sur l’arc volcanique centraméricain, une situation très différente d’Hawaï qui se trouve au-dessus d’un point chaud. Les arcs volcaniques se forment lorsqu’une plaque tectonique océanique plonge sous une plaque continentale ou une autre plaque océanique. En plongeant dans le manteau terrestre, la croûte océanique provoque la fusion du magma qui remonte à la surface à travers la plaque sus-jacente.

Source : USGS

Bien que le Salvador possède cinq volcans importants ayant connu des éruptions historiques, de nombreuses failles permettent au magma issu de la zone de subduction de remonter en plusieurs endroits. Il en résulte des centaines de petits volcans, dont la plupart n’ont connu qu’une seule éruption.

La surveillance des volcans au Salvador est assurée par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles. Outre le suivi des conditions météorologiques et autres risques naturels, une petite équipe de volcanologues étudie la dynamique géologique et géophysique des volcans du pays, tout en restant vigilante face aux signes d’activité volcanique.
Les stratovolcans de Santa Ana et de San Miguel sont entrés en éruption au cours des 25 dernières années, mais des événements encore plus destructeurs se sont produits dans un passé plus récent.

Cratère du Santa Ana (Crédit photo : Wikipedia)

En 1917, le volcan San Salvador a projeté une coulée de lave dans des zones aujourd’hui urbanisées, et la caldeira d’Ilopango a connu une éruption régionale dévastatrice en 431.

 

Volcan San Salvador (Crédit photo : El Salvador Info)

L’USGS, par le biais de son Programme d’assistance en cas de catastrophe volcanique (Volcano Disaster Assistance Program), collabore depuis des décennies avec le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles au Salvador. Cofinancé par le Département d’État américain, ce programme a soutenu de nombreuses études techniques et des projets de surveillance de volcans dans les pays en développement à travers le monde. Parallèlement, de nombreux volcanologues salvadoriens ont suivi une formation aux États-Unis dans le cadre du programme du Centre d’étude des volcans actifs, organisé chaque été à Hawaï et dans l’État de Washington.
Ces dernières années, la coopération entre les États-Unis et le Salvador s’est concentrée sur des projets géologiques visant à décrire l’histoire éruptive et les risques liés au volcan Santa Ana, ainsi que sur un effort plus vaste d’élaboration d’un « atlas des volcans » national. Cet atlas recensera la localisation, la composition de la lave et, idéalement, l’âge approximatif des plus de 200 structures éruptives du pays. Ces connaissances permettront une meilleure compréhension et une estimation plus précise des risques associés à leurs éruptions, à la fois explosives et effusives.
Les travaux de terrain menés en mars ont contribué à ces deux projets. Des dizaines d’échantillons ont été prélevés afin de corréler et de dater les dépôts éruptifs du Santa Ana, notamment trois carottes sédimentaires provenant de mangroves côtières et d’une tourbière de montagne susceptible de contenir des retombées de cendres volcaniques lointaines. Des missions de reconnaissance ont également été effectuées auprès de plusieurs édifices monogéniques disséminés dans l’ouest du Salvador afin d’évaluer leur genèse et leur âge. Des scientifiques de l’USGS, issus des observatoires volcanologiques d’Hawaï, des Cascades et d’Alaska, ont partagé leurs expériences et les meilleures pratiques mises en œuvre lors des récentes éruptions du Kīlauea et du Mauna Loa à Hawaï, ainsi que du Great Sitkin et du Pavlof en Alaska. Ce voyage leur a permis d’acquérir de précieuses connaissances sur le volcanisme au Salvador et d’en tirer des enseignements essentiels pour l’étude des volcans sous leur responsabilité.

Great Sitkin (Crédit photo : AVO)

Les éruptions explosives sont relativement rares à Hawaï, mais la capacité à interpréter correctement leurs dépôts est cruciale pour comprendre les risques potentiels futurs. Par ailleurs, la plus grande dispersion des volcans au Salvador a engendré des interactions intéressantes entre les coulées de lave relativement récentes et leur environnement présentant des dépôts plus altérés, à l’instar de certains volcans plus anciens d’Hawaï comme le Hualalai, le Mauna Kea et l’Haleakala.

Haleakala (Île de Maui) – Photo : C. Grandpey

Source : Volcano Watch (USGS / HVO).

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In March 2026, a team of U.S.G. S. scientists, including two from Hawaii, visited El Salvador for volcanological field studies and a workshop on lava flow hazards.

El Salvador is the smallest country in Central America with a population of about 6 million people, but it has more than 200 volcanoes.

There are numerous volcanoes in El Salvador because it sits along the Central American volcanic arc, rather than atop a hotspot like Hawaii. Volcanic arcs form where an oceanic tectonic plate subducts beneath either a continental plate or another oceanic one. The ocean crust triggers melting as it dips into the Earth’s mantle, creating magma that rises to the surface through the overlying plate.

Though El Salvador has five larger volcanoes with historical eruptions, numerous fault lines allow magma from the subduction zone to emerge just about anywhere. This has resulted in hundreds of smaller volcanoes, most of which have erupted only once.

Volcano monitoring in El Salvador is handled by the Ministerio de Medio Ambiente y Recursos Naturales. In addition to tracking the weather and other natural hazards, a small team of volcanologists works to study the geological and geophysical dynamics of the country’s volcanoes, while maintaining a watchful eye for signs of unrest.

The stratovolcanoes of Santa Ana and San Miguel have both erupted in the past 25 years, but even more destructive events have occurred in the not-too-distant past. The San Salvador volcano sent a lava flow into presently developed areas in 1917, and Ilopango caldera had a regionally devastating eruption in the year 431.

USGS, through its Volcano Disaster Assistance Program, has maintained a collaborative relationship with the Ministerio de Medio Ambiente y Recursos Naturales for decades. Co-funded by the U.S. Department of State, the program has supported numerous technical investigations and monitoring projects at volcanoes in developing countries around the world. Meanwhile, many volcanologists in El Salvador have studied in the United States as part of the Center for the Study of Active Volcanoes course held every summer in Hawaii and Washington state.

In recent years, U.S. relationships in El Salvador have focused on geologic projects to describe the eruptive history and hazards of Santa Ana volcano and a broader effort to assemble a national “volcano atlas,” which will include locations, compositions, and hopefully approximate ages for the more than 200 volcanic vents in the country. Such knowledge will enable more accurate understanding and delineation of hazards associated with their eruptions, which are both explosive and effusive.

The field work in March served both projects. Dozens of samples were collected to correlate and date eruptive deposits across Santa Ana, including three sediment cores from coastal mangroves and a montane bog that may contain distant ashfall from the volcano. Reconnaissance visits were also made to several monogenetic edifices scattered around western El Salvador to assess their genesis and ages.

USGS scientists from the Hawaiian, Cascades and Alaska Volcano Observatories discussed their experiences and best practices developed during recent eruptions at Kīlauea and Mauna Loa in Hawaii, as well as Great Sitkin and Pavlof in Alaska. While the USGS scientists learned plenty about volcanism in El Salvador during this trip, it also provided key insights to bring home to their own volcanoes.

Explosive eruptions in Hawaiʻi are relatively rare, but the ability to correctly interpret their deposits is critical to understanding potential future hazards. Additionally, the more distributed nature of volcanoes in El Salvador has led to interesting interactions between lava flows and their more-weathered depositional environments, not unlike some of Hawaii’s older volcanoes: Hualālai, Mauna Kea and Haleakalā.

Source : USGS / HVO.

Explosion phréatique au Salvador // Phreatic explosion in El Salvador

Une puissante explosion phréatique s’est produite au Salvador, à l’ausol de Santa Teresa, dans le canton d’El Barro, à 16h55 (heure locale), le 10 juillet 2025. L’événement a été filmé par une webcam (voir ci-dessous). On y voit une soudaine projection verticale et latérale de vapeur, d’eau et de sédiments. Les autorités ont temporairement fermé l’accès au site et établi une zone d’exclusion de 75 m. Dix-sept résidents ont été évacués par mesure de précaution. Aucun blessé n’a été signalé.
L’ausol de Santa Teresa est la plus grande formation hydrothermale de ce type en Amérique centrale. Son diamètre est d’environ 70 m et sa profondeur de 20 m, avec des températures entre 300 °C et 350 °C. Le champ hydrothermal de Los Ausoles couvre environ 20 km² et contient plus de 130 formations actives, dont des mares de boue, des fumerolles et des bouches de vapeur.
L’ausol de Santa Teresa est déjà entré en éruption en 1989, causant la mort d’au moins 32 personnes. Il demeure le site le plus actif et le plus dangereux du champ hydrothermal de Los Ausoles qui est également ouvert au tourisme rural et à l’exploration géothermique.
Source: The Watchers.

Voici une vidéo de l’explosion :
https://twitter.com/i/status/1943482438199492955

Image extraite de la vidéo

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A powerful phreatic eruption occurred at the Santa Teresa ausol in Cantón El Barro, El Salvador, at 16:55 (local time) on July 10th, 2025. The event was captured by a webcam (see below), showing a sudden vertical and lateral ejection of steam, water, and sediment. Authorities temporarily closed access to the site and established a 75 m exclusion zone around it. Seventeen residents were evacuated as a precaution.

The Santa Teresa ausol is the largest thermal feature of its kind in Central America. It has a diameter of approximately 70 m and a depth of 20 m, with recorded vent temperatures 300°C–350°C. The Los Ausoles geothermal field covers roughly 20 km² and contains over 130 active geothermal features including mud pots, fumaroles, and steam vents. There were no reports of injuries.

The Santa Teresa ausol previously erupted in 1989, resulting in at least 32 fatalities. It remains the most active and hazardous feature within the Los Ausoles geothermal field, which also serves as a site for rural tourism and geothermal energy exploration.

Source : The Watchers.

Here is a video of the explosion :

https://twitter.com/i/status/1943482438199492955

Mont Egon (Indonésie) & Chaparrastique (Salvador)

drapeau-francaisEn raison d’une augmentation de l’activité, les autorités ont relevé le niveau d’alerte pour le Mont Egon en Indonésie orientale et décrété l’évacuation des 600 habitants d’un village voisin. Le volcan fait entendre des grondements depuis mardi matin. La zone d’exclusion a été étendue de 1,5 kilomètres à 3 kilomètres et le niveau d’alerte est maintenant de 3 (Siaga), sur une échelle de 4..
La dernière éruption du Mont Egon remonte à 2008, avec l’évacuation de plus de 10 000 personnes.
Source: journaux indonésiens.

Au Salvador, le volcan Chaparrastique a émis un panache de cendre et de gaz jusqu’à 1500 – 2000 mètres de hauteur. Les autorités ont indiqué que la cendre pourrait se diriger vers la capitale.
Selon le responsable de la Protection Civile, l’expulsion de cendre et de gaz est une bonne chose. Avec cette libération de la pression, « le risque d’une éruption majeure est plus faible. »
Source: CTV News.

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drapeau-anglaisDue to an increase in activity, authorities have raised the alert for Mount Egon in eastern Indonesia and told about 600 residents to evacuate from a nearby village. The volcano has rumbled since Tuesday morning. The exclusion zone has been extended from 1.5 kilometres to 3 kilometres and the alert has been raised to 3 (Siaga), on a scale of 4.
Mount Egon last erupted in 2008, forcing more than 10,000 people to flee.
Source: Indonesian newspapers.

El Salvador’s Chaparrastique volcano has emitted an ash plume up to 1,500 – 2,000 metres and hot gases, and officials said the ash could move close to the capital.
The director of El Salvador’s civil defence office said the expulsion of ash and gas was a positive sign. With the current release of pressure, « the risk of a larger eruption is less. »
Source: CTV News.

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Voici le niveau d’alerte actuel des volcans indonésiens, tel qu’il apparaît sur le site web du VSI:

Alerte Indo

En Jaune,  le niveau 2 (Waspada); en Orange, le niveau 3 (Siaga), en Rouge, le niveau 4 (Awas). Le niveau 1 (Normal) apparaîtrait en Vert.

La cendre volcanique révèle l’histoire au Salvador // Ash reveals history in El Salvador

drapeau francaisSelon plusieurs agences de presse, des archéologues japonais et salvadoriens ont découvert au Salvador trois squelettes humains datant de plus de 1600 ans. Ils pourraient apporter un éclairage nouveau sur les premières implantations humaines dans la région.
Les trois squelettes presque complets, conservés dans la cendre volcanique, ont été trouvés près de la côte Pacifique sur le site de fouilles « Nueva Esperanza, » à environ 90 kilomètres au sud-est de la capitale.
La zone a été enfouie sous la cendre pendant des éruptions de grande ampleur entre les 5ème et 6ème siècles, ce qui a permis de préserver les preuves d’un établissement pré-hispanique sur la côte, peut-être dédié à la production de sel et à la pêche.
La nouvelle découverte ouvre de nouvelles perspectives pour les recherches archéologiques salvadoriennes qui, jusqu’à présent, s’étaient essentiellement concentrées sur des centres cérémoniels. De nouvelles découvertes sont attendues sur le site car la couche de deux mètres de cendre dissimule probablement une foule de témoignages sur la vie quotidienne et des moyens de subsistance de ces premiers habitants des zones côtières.
Les trois corps qui ont été découverts sont ceux de deux adultes, âgés de 25 et 35 ans, et un enfant, entre sept et neuf ans, avec deux billes d’argile autour du cou. Deux d’entre eux ont été enterrés avec les jambes croisées, avec des offrandes telles que des pots en argile et d’autres portant des rayures marron et rouge foncé.
Les restes humains sont nettoyés pour être étudiés par de département d’Archéologie du Musée National d’Anthropologie de San Salvador.
Une dent et une partie des côtes seront soumis à une analyse chimique visant à déterminer leur sexe, leur âge, ainsi que des détails concernant le style de vie, l’alimentation et les maladies subies.

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drapeau anglaisAccording to several press reports, Japanese and Salvadoran archaeologists have found three human skeletons in El Salvador from more than 1,600 years ago that could shed new light on early human settlements in the region.

The three nearly complete human skeletons, preserved in volcanic ash, were found near the Pacific coast at a dig called “Nueva Esperanza,” about 90 kilometres southeast of the capital.

The area was buried in ash from gigantic eruptions between the 5th and 6th centuries, which has helped preserve evidence of a the pre-Hispanic coastal settlement, possibly dedicated to salt production and fishing.

The new find opens a new door for Salvadoran archaeological investigations, which had previously focused only on ceremonial centres. More finds are expected at the site as the two-metre layer of volcanic ash probably hides a wealth of evidence about the daily life and livelihood of these ancient coastal residents.

The three bodies that were discovered are those of two adults, aged between 25 and 35 years old, and a child, between seven and nine years old, with two clay beads around the neck. They had been buried, two of them in a cross-legged position, along with offerings including clay pots and jars bearing dark brown and red stripes.

The remains are being cleaned for study by the Archeology Department at the National Museum of Anthropology in San Salvador.

A tooth and a portion of the ribs will be used for chemical analysis aimed at determining their sex, specific ages, as well as details of lifestyle, diet and illnesses suffered.

Salvador-blog

Source:  Ministère de la Culture salvadorien