La dernière éruption de Yellowstone // Yellowstone Volcano’s last eruption

La plupart des scientifiques s’accordent pour dire que la dernière grande éruption du super volcan de Yellowstone s’est produite il y a environ 630 000 ans. Plus récemment, des géologues ont découvert trois phases éruptives distinctes remontant à 2,1 millions d’années, 1,3 million d’années et 630 000 ans.
L’éruption la plus récente, il y a 630 000 ans, a déposé une épaisse couche de cendre qui a recouvert une grande partie du centre-ouest des États-Unis. On estime qu’elle atteint par endroits 200 mètres d’épaisseur. Étant donné que cette couche de cendre s’est tassée sous le poids des sédiments, on peut raisonnablement penser qu’elle serait suffisamment épaisse pour recouvrir aujourd’hui la plupart de nos gratte-ciels.
Il ne fait aucun doute que l’éruption a envoyé une énorme quantité de cendre dans l’atmosphère et que cette cendre a recouvert une grande partie des États-Unis. Elle a également eu d’importantes conséquences sur le climat et la vie sur Terre. Chaque éruption a eu un impact mortel immédiat à cause des retombées de cendre. Il y a aussi eu un impact à plus long terme à cause de la faible capacité des plantes à opérer la photosynthèse et des animaux à respirer dans une atmosphère envahie par la cendre et les gaz nocifs.
Une étude récente par une équipe scientifique de l’Université de Californie à Santa Barbara a abouti à la conclusion que la dernière éruption de Yellowstone a connu deux phases successives. Les chercheurs ont en effet découvert deux couches de cendre volcanique dans les sédiments océaniques du Bassin de Santa Barbara. Ils ont prélevé des empreintes chimiques des couches de cendre et constaté qu’elles provenaient d’une double éruption du super volcan de Yellowstone.
Pour étayer une telle affirmation, deux conditions devaient être présentes dans le Bassin de Santa Barbara. Tout d’abord, pour s’assurer que les couches de cendre volcanique étaient intactes dans l’océan côtier et non modifiées par les vers et autres mollusques, l’équipe scientifique a choisi une zone où les eaux des fonds marins étaient anoxiques. Cela signifie qu’il n’y avait pas assez d’oxygène pour que les animaux puissent venir gratter et endommager les couches de cendre. Au vu des résultats, les scientifiques furent convaincus qu’il y a eu deux événements éruptifs distincts à Yellowstone.
Le point suivant à éclaircir était la distinction dans le temps entre les deux événements volcaniques. La présence simultanée de sédiments terrigènes et de coquilles de foraminifères pélagiques dans le bassin de Santa Barbara a permis à l’équipe scientifique d’identifier distinctement les deux couches de cendre. De plus, les coquilles des foraminifères ont été utilisées pour déterminer la température de l’eau de mer en surface au moment où elles étaient encore vivantes.
Une fois obtenue la certitude que les couches de cendre appartenaient à des événements distincts et provenaient du super volcan de Yellowstone, les scientifiques ont pu compiler d’autres informations sur les événements. La datation a montré que les éruptions se sont produites à environ 170 ans d’intervalle. Cela signifie que deux générations successives d’animaux ont probablement été témoins d’une éruption du super volcan de Yellowstone au cours de leur vie.
En outre, les chercheurs ont constaté que les éruptions ont eu de vastes répercussions à l’échelle mondiale. Ils ont acquis la certitude que chaque éruption a causé le refroidissement d’environ 3 degrés Celsius de l’océan. Ils l’ont prouvé en mesurant les isotopes dans la coquille de foraminifères. Les foraminifères sont de petits organismes photosynthétiques qui flottent près de la surface de l’océan. Ils absorbent différents rapports d’isotopes d’oxygène lors de la fabrication de leur carapace à base de carbonate, en fonction de la température de l’eau océanique environnante. En mesurant avec précision le rapport de ces isotopes et en les comparant aux normes sur la planète dans son ensemble, les scientifiques ont été en mesure de déterminer la température de surface de l’océan  pendant la courte période où ces foraminifères étaient vivants. En effectuant ces mesures sur une carotte de sédiments, ils ont pu établir une courbe de la température de la surface de la mer à travers le temps.
C’est ainsi que l’équipe géologique de Santa Barbara est arrivée à la conclusion que chacune des deux éruptions du super volcan de Yellowstone a provoqué une baisse de la température de l’océan d’environ 3 degrés Celsius. Cela contraste avec la tendance générale au réchauffement de la planète à l’époque. Les deux éruptions ont refroidi temporairement la planète et inversé la tendance au réchauffement.
La double éruption a certainement provoqué des hivers volcaniques dans le monde car les cendres et les gaz émis dans l’atmosphère ont bloqué temporairement le soleil. Une chose est certaine, le super volcan de Yellowstone entrera de nouveau en éruption à l’avenir. La date exacte de cet événement est bien sûr inconnue, de même que son ampleur. A l’heure actuelle, nous ne savons pas comment nous pourrons réagir pour tenter d’atténuer son impact et nous protéger.
Source: Forbes.

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Most scientists agree on the fact that the last major eruption of Yellowstone super volcano occurred about 630,000 years ago. More recently, geologists have deduced three separate eruption events dating back 2.1 million years ago, 1.3 million years ago, and 630,000 years ago.

The most recent volcanic eruption 630,000 years ago produced a massive volcanic ash bed which covered much of western central United States. It is estimated that the maximum thickness the volcanic ash is up to 200 metres. Given the ash has since compacted due to the weight of overlying sediment, the ash bed deposited would have been thick enough to cover most of our modern skyscrapers.

There is little doubt that the eruption released a catastrophic amount of ash into the atmosphere and blanketed a large portion of the United States. It also had a significant impact on both climate and life. During one of these eruptions, there was an immediate deadly impact of widespread ash fallout. However, there was also a more prolonged deadly impact of reduced ability for plants to photosynthesize and animals to respire under a sky filled with ash and harmful gases.

Recent research by a U.C. Santa Barbara scientific team has found that the latest eruption from the Yellowstone caldera was, in fact, two eruptions that occurred back to back. The research team deduced this after finding two layers of volcanic ash in ocean sediments at the Santa Barbara Basin. The team was able to chemically fingerprint the ash layers to identify that they were both sourced from the Yellowstone supervolcano.

However, to do this, two ideal conditions had to line up in the Santa Barbara Basin.

First, to ensure the volcanic ash beds were preserved in the coastal ocean and not reworked by worms or mollusks, the team selected a region where the ocean bottom waters were anoxic. This means there was no oxygen for critters to churn and damage ash bed layers. Given that, scientists are convinced there were two separate events.

The next concern is the distinction in time between the two volcanic events. The combination of terrigenous sediment and pelagic foraminifera shells in the Santa Barbara Basin allowed the scientific team to distinctly identify the two ash beds. In addition, the foraminifera shells were used to deduce the surface sea water temperature at the time when they were alive.

Once the team was able to determine that both ash beds were separate events and sourced from the Yellowstone supervolcano, they were able to compile some information about the events. Based on age dating, the eruption events are approximately 170 years apart from each other. This means potentially two successive generations of animals witnessed a Yellowstone supervolcano eruption in their lifetime.

In addition, researchers found that there were broad global impacts from the eruptions. The team found that each eruption caused the ocean to cool by about 3 degrees Celsius. They determined this by measuring the isotopes within foraminifera shell. Foraminifera are small photosynthetic organisms that float near the surface of the ocean. They absorb different ratios of oxygen isotopes when making their carbonate shell, dependent on the temperature of the surrounding ocean water. By precisely measuring the ratio of these isotopes and comparing them with standards around the world, scientists can determine the surface ocean temperature during the short time when these foraminifera were alive. By making these measurements throughout a sediment core, scientists can develop a curve of sea surface temperature through time.

This was how the U.C. Santa Barbara geology team concluded that each of the two Yellowstone supervolcano eruptions caused an approximately 3 degrees Celsius drop in ocean temperature. This was in contrast to the general trend toward a warming planet at the time. Both eruptions halted and cooled the planet temporarily, reversing the warming trend.

This sent the world into volcanic winters, whereby ash and gasses emitted into the atmosphere temporarily block out the sun and cool the planet. One thing is certain, that Yellowstone volcano will erupt again in the future. However, the exact timing is still unknown. As is the magnitude of the next eruption and what humans can do to try to mitigate it or protect themselves.

Source : Forbes.

Photo: C. Grandpey

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2017 sera l’une des années les plus chaudes jamais observées // 2017 will be one of the hottest years ever

L’année 2017 n’est pas encore terminée, mais elle devrait être l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Elle confirme à nouveau une tendance au réchauffement qui, selon les scientifiques, porte les empreintes des actions humaines. L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a déclaré que les températures au cours des neuf premiers mois de cette année ne seront probablement pas supérieures à celles de 2016, année où elles ont été accentuées par un puissant phénomène El Niño. Malgré tout, elles seront supérieures à toutes celles enregistrées avant 2015. Selon le secrétaire général de l’OMM, « les trois dernières années demeurent toutes trois en tête en termes de records de température. Cela fait partie d’une tendance au réchauffement observée sur le long terme. Nous avons été témoins de conditions météorologiques exceptionnelles, notamment des températures atteignant 50°C en Asie, des ouragans terribles dans les Caraïbes et l’Atlantique qui ont atteint l’Irlande, ainsi que des inondations dévastatrices provoquées par la mousson et des sécheresses incessantes en Afrique de l’Est. »
Il a ajouté que d’autres études scientifiques détaillées allaient être menées, mais que beaucoup « portent déjà le signe révélateur du changement climatique » provoqué par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre provenant des activités humaines, telles que la combustion de combustibles fossiles et la déforestation.
Cette récente hausse des températures moyennes à l’échelle mondiale confirme la nouvelle tendance au réchauffement observée au cours des dernières années. On avait enregistré un léger ralentissement au cours de la décennie précédente, ce qui avait conduit certains climato-sceptiques à affirmer que le réchauffement climatique avait «fait une pause».
Les dernières observations ont été divulguées aux délégués présents lors de la COP 23 qui se tient à Bonn, en Allemagne, cette semaine et la semaine prochaine. Les négociations de la COP23, qui font suite à l’accord de Paris de 2015, se concentreront sur un nouveau processus permettant de durcir les engagements des pays à réduire les émissions de gaz à effet de serre, conformément aux avis scientifiques. Selon les estimations, les promesses actuelles laisseraient le monde avec des températures de 3°C supérieures à la période pré-industrielle. Si cette hausse de 3°C devait perdurer, le niveau de la mer augmenterait, les vagues de chaleur et les sécheresses deviendraient plus fréquentes dans de vastes parties du globe, et des tempêtes et des inondations plus violentes deviendraient plus probables.
Des recherches récentes ont également montré que le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est actuellement plus élevé qu’il ne l’a jamais été depuis 800 000 ans.
Les scientifiques ont réagi avec inquiétude aux conclusions de l’OMM qui sont encore provisoires et qui ne couvrent l’année 2017 que de janvier à septembre. Le co-directeur de l’Institut Grantham à l’Imperial College de Londres, a déclaré: «L’état de notre climat est en train d’être transformé par les humains. Un événement qui se produisait autrefois une fois par siècle est en train de devenir un événement régulier. » Un professeur d’impacts climatiques au Met Office Hadley Centre, a ajouté: « Il faut s’attendre à ce que les pays en voie de développement soient les plus touchés en termes d’impact humain. Les inondations constitueront une forte menace en Asie du Sud, en particulier en raison de l’augmentation des précipitations et de l’élévation du niveau de la mer, et en partie en raison du nombre plus en plus important de personnes qui n’ont guère d’autre choix que d’être en danger. »
Source: Presse internationale.

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2017 is not yet over but it is set to be one of the hottest three years on record, confirming again a warming trend that scientists say bears the fingerprints of human actions. The World Meteorological Organization (WMO) said temperatures in the first nine months of this year were unlikely to have been higher than 2016, when there was a strong El Niño weather system, but higher than anything before 2015. According to the secretary general of the WMO, “the past three years have all been in the top three years in terms of temperature records. This is part of a long term warming trend. We have witnessed extraordinary weather, including temperatures topping 50°C in Asia, record-breaking hurricanes in rapid succession in the Caribbean and Atlantic reaching as far as Ireland, devastating monsoon flooding affecting many millions of people and a relentless drought in East Africa.”

He said further detailed scientific studies would be carried out, but many “bear the tell-tale sign of climate change” caused by increased greenhouse gas concentrations from human activities, such as burning fossil fuel and deforestation.

This recent increase in average global temperatures confirms a renewed warming trend in recent years, which had slowed its pace slightly in the previous decade, leading some climate sceptics to claim global warming had “paused”.

The latest observations were revealed to delegates at the UN’s global climate talks being held in Bonn, Germany, this week and next. The COP23 talks, a follow-up to the Paris agreement of 2015, will focus on a new process by which countries’ pledges to cut greenhouse gas emissions can be toughened, in line with scientific advice. Current pledges would, according to estimates, leave the world 3°C warmer than in pre-industrial times. At that level, sea levels would rise, heatwaves and droughts would become more common in large swathes of the globe, and fiercer storms and floods would become more likely.

Recent research has also found that the levels of carbon dioxide in the atmosphere are now higher than they have been for 800,000 years.

Scientists reacted with concern to the WMO’s findings, which are still provisional and only cover January to September. The co-director of the Grantham Institute at Imperial College, London, said: “The state of our climate is being reset by humans. What were once one-in-a-hundred-year events are now turning into regular events.” A professor of climate impacts at the Met Office Hadley Centre, added: “We expect developing countries to be hit the hardest in terms of human impact. Flooding will be a particular threat in south Asia, particularly due to increased rainfall and rising sea levels, and partly because of the large and growing numbers of people who have little choice about being in harm’s way.”

Source : International press.

Concentrations de dioxyde de carbone au sommet du Mauna Loa à Hawaii (Source: Scripps Institution of Oceanography)

La Terre il y a 56 millions d’années, aujourd’hui et demain // The Earth 56 million years ago, today and tomorrow

Dans une étude récente publiée dans la revue Nature, des scientifiques ont examiné le réchauffement climatique qui s’est produit pendant le PETM (Maximum thermique du passage Paléocène-Éocène) et ont tiré des conclusions sur le réchauffement climatique qui affecte actuellement notre planète.
Le climat de la Terre a connu un réchauffement rapide pendant le PETM, il y a 56 millions d’années. Dans leur dernière études, les chercheurs ont identifié la cause de cette période de réchauffement climatique et ils ont établi un lien avec le changement climatique que nous connaissons actuellement.
Juste avant le PETM, la Terre ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui. Les régions polaires étaient dépourvues de glace ; il y avait des forêts tempérées ou même subtropicales le long des côtes de l’Antarctique et le Canada arctique ressemblait aux marécages des Everglades de la Floride d’aujourd’hui. La température des océans était de 10°C supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui et les zones climatiques chaudes s’étaient toutes déplacées vers les pôles.
Au début du PETM, la planète s’est réchauffée d’au moins 5°C en quelques milliers d’années. La vie dans les profondeurs des océans a souffert de façon disproportionnée. De nombreuses espèces ont disparu et certaines zones des océans ont devenues anoxiques. Il a fallu environ 150 000 ans pour que le climat de la Terre retrouve un certain équilibre.
Une augmentation de 5°C sur quelques milliers d’années est extrêmement rapide à l’échelle géologique, mais n’est rien comparé à la vitesse actuelle du réchauffement climatique. Si nous continuons à brûler des combustibles fossiles au même rythme, les scénarios les plus pessimistes indiquent que nous pourrions atteindre 5°C d’ici la fin du siècle !
Le PETM peut nous éclairer sur l’avenir de notre planète. On pense depuis longtemps que la période chaude du PETM a été provoquée par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En effet, nous savons qu’il y a eu une énorme libération de carbone dans l’atmosphère et dans les océans à cette époque, grâce à l’analyse de sédiments datant de 56 millions d’années. Pourtant, l’origine de ce carbone a toujours été l’objet de désaccords. La dernière étude a identifié l’empreinte chimique de ce carbone. Il semble provenir des émissions produites par une activité volcanique intense et prolongée. L’étude montre également que le niveau atmosphérique de CO2 a plus que doublé en moins de 25 000 ans. Cela s’explique par le fait que le Groenland et l’Amérique du Nord s’éloignaient de l’Europe en créant l’Océan Atlantique Nord, avec une activité volcanique le long de ce qui est aujourd’hui la dorsale médio-atlantique. D’énormes quantités de carbone ont probablement été libérées dans l’atmosphère par l’activité volcanique pendant le PETM, en volumes beaucoup plus importants que toutes les réserves de combustibles fossiles actuellement accessibles. Toutefois la vitesse d’émission était probablement au moins 20 fois plus lente qu’aujourd’hui.

Le volcanisme du PETM a eu lieu en grande partie sous l’eau et à un rythme lent. L’équivalent moderne serait sûrement les «fumeurs noirs» que l’on rencontre dans les profondeurs de l’Atlantique.
Le carbone libéré par ces bouches au fond de l’océan est remonté à la surface et a déclenché un cycle qui a fini par affecter les océans proprement dits. Tout d’abord, la chaleur extrême du PETM a conduit à une altération plus rapide des roches et du sol, ce qui signifie que plus de nutriments comme le phosphore se sont propagés dans la mer, ce qui a stimulé la croissance du plancton. Lorsque le plancton est mort, il descend vers les fonds marins et stocke progressivement ce même carbone dans des sédiments profonds.
Alors que cette chaîne d’événements a provoqué l’élimination du carbone de l’atmosphère ancienne, elle a également entraîné une perte d’oxygène dans certaines parties des océans, comme cela se produit de nos jours dans les «zones mortes» du Golfe du Mexique où un excès de nutriments se répand dans l’eau chaude de l’océan.
La dernière étude a révélé que le PETM a été causé par des émissions massives de carbone provenant de l’intérieur de la Terre. Cette situation présente beaucoup de points commun avec celle que nous connaissons aujourd’hui, avec une élévation du niveau de CO2 dans notre atmosphère et nos océans par la combustion des combustibles fossiles qui ont été enterrés pendant des millions d’années. Le PETM nous donne une image de plus en plus claire de ce que sera la Terre si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre. Il se pourrait que notre planète connaisse une situation qu’elle n’a jamais traversée en 56 millions d’années.
Source: The Guardian / Nature.

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In a recent study published in Nature, scientists examined the global warming that occurred during the PETM 56 million years ago and drew conclusions about the global warming that currently affects our planet.

Earth’s climate experienced rapid warming during the Palaeocene-Eocene Thermal Maximum (PETM), 56 million years ago. In their latest research, scientists have identified the cause of this well-known warm period. Its links to present day climate change are clear.

Just prior to the PETM, Earth looked very different than it does today. The polar regions were devoid of ice sheets, with temperate or even subtropical forests along the coastlines of Antarctica, and Arctic Canada resembling the swamplands of modern Florida. The deep oceans were about 10°C warmer than today, and warm climate zones were all shifted polewards.

Next, the planet warmed by at least a further 5°C over a few thousand years at the onset of the PETM. Life in the deep sea suffered disproportionately; many species went extinct and parts of the deep ocean became anoxic. It took about 150,000 years for Earth’s climate to naturally recover and regain some sort of equilibrium.

An increase of 5°C over a few thousand years is breakneck speed in geological terms, but is still nothing compared to our current rate of warming. In fact, if we keep burning fossil fuels at our current rate, the worst-case scenarios suggest we could hit 5°C by the end of the century.

What can the PETM tells us about the future? It has long been suspected that the warm period was triggered by increasing greenhouse gas concentrations in the atmosphere. We know there was a huge release of “new” carbon into the atmosphere and oceans at the time, thanks to analysis of 56million-year-old sediments. Yet where this carbon came from has always been disputed. The latest study identified the distinctive chemical fingerprint of this carbon; it pointed not to methane, but to emissions from intense and prolonged volcanic activity. The research also show that atmospheric CO2 levels more than doubled in less than 25,000 years. This makes sense: at the same time, Greenland and North America were drifting away from Europe, creating the North Atlantic Ocean and a string of volcanic activity along what is now the Mid-Atlantic Ridge. Huge quantities of carbon must have been released into the atmosphere by volcanic activity during the PETM, which is an order of magnitude higher than all currently-accessible fossil fuel reserves taken together. But the rate of emissions would have been at least 20 times slower than today. Given how much CO2 was released, the resulting global warming was about what we would predict based on calculations of current climate sensitivity.

PETM volcanism largely took place under water and at a slower pace, perhaps the best modern equivalent would be the “black smokers” still found today in the deep North Atlantic.

The carbon released by these vents would bubble up to the surface and kick off a cycle that would eventually affect the oceans themselves. First, extreme PETM warmth led to faster weathering of rocks and soil, which meant more nutrients like phosphorus were being washed into the sea. This in turn stimulated plankton growth. When the plankton died they drifted down to the seafloor and gradually stored that same carbon in deep marine sediments.

While this chain of events aided the removal of carbon from the ancient atmosphere it also led to oxygen starvation in some parts of the deep sea, analogous to the “dead zones” that form today in areas like the Gulf of Mexico where an excess of nutrients is washed into warm water.

The latest study found the PETM was caused by massive carbon emissions from Earth’s interior. It thus has many parallels to today, where we are ratcheting up CO2 levels in our atmosphere and oceans by burning fossil fuels that have been buried for millions of years. The PETM is giving us an increasingly clearer picture of what Earth will be like if we carry on, and take our planet to places it has not been in at least 56 million years.

Source: The Guardian / Nature.

Evolution du climat sur 65 millions d’années

10 avril 1815, un jour à ne pas oublier! // April 10th 1815, a day to remember!

drapeau-francaisLe 10 avril 1815, le Tambora, sur l’île indonésienne de Sumbawa, décidait de se réveiller avec une éruption qui a provoqué une catastrophe climatique à l’échelle de la planète. Ce fut la plus puissante éruption volcanique du dernier millénaire, avec un Indice d’Explosivité (VEI) de 7 sur 8 et l’émission de quelque 150 kilomètres cubes de téphra.. C’est dix fois plus que le Pinatubo en 1991 et cent fois plus que le Mont St. Helens en 1980.
Sur l’île de Sumbawa, l’éruption a tué d’emblée au moins 10 000 personnes et peut-être plus de 90 000 si l’on prend en compte les effets collatéraux, avec l’exposition aux gaz brûlants et toxiques des coulées pyroclastiques. Mais les effets de l’éruption du Tambora ne s’arrêtent pas là. Le cataclysme a propulsé environ 100 mégatonnes d’aérosols de soufre dans la stratosphère et généré un voile de brume tout autour de la Terre. Cette brume a donné naissance à des couchers de soleil spectaculaires qui ont inspiré de nombreux artistes. Malheureusement,  elle a aussi réfléchi une partie des rayons du soleil, ce qui a entraîné un refroidissement de la Terre d’un demi degré Celsius et le dérèglement des conditions climatiques dans de nombreuses régions du monde.
Aux États-Unis, les gelées et le temps froid ont réduit à néant les récoltes en Nouvelle-Angleterre. Ce fut une «année sans été», avec une migration de la population vers les Etats de l’Ouest. Les basses températures ont également perturbé le cycle de la mousson en Asie, avec pour conséquence la famine en Inde et une épidémie de choléra d’une gravité sans précédent. L’été froid et les fortes pluies ont également détruit les rizières en Chine, avec un cortège de famine, d’infanticides, et même d’esclavage des enfants.
Malgré les progrès de la volcanologie, la Terre reste sous la menace d’une éruption majeure, celle d’un super volcan comme le Taupo en Nouvelle Zélande ou le Yellowstone aux Etats Unis. Il suffit de se souvenir de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, avec des perturbations au trafic aérien qui ont coûté des milliards de dollars à l’économie mondiale. Quelques mois plus tard, l’éruption du Merapi (Indonésie) a tué plus de 300 personnes et des milliers d’autres ont été déplacées. L’éruption de 2010 n’avait qu’un VEI de 4.

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drapeau-anglaisApril 10th, 1815 was the day when Tambora volcano on Indonesia’s island of Sumbawa decided to erupt, triggering a widespread climate catastrophe. The Tambora eruption was the largest volcanic eruption in the last millennium with a Volcano Explosivity Index (VEI) of 7 out of 8 levels, and the emission of about 150 cubic kilometres of tephra. That’s ten times bigger than Mount Pinatubo in 1991 and a hundred times more powerful than Mount St. Helens in 1980.

On Sumbawa Island, the event killed at least 10,000 people and possibly more than 90,000, largely from exposure to the hot and toxic pyroclastic flows. But Tambora’s effects were felt much farther. The eruption injected about 100 megatons of sulphur aerosols into the stratosphere, causing a global haze around the Earth. Initially, this haze created dramatic sunsets that inspired many artists. But it also reflected back a fraction of incoming sunlight, cooling the Earth by half a degree Celsius—and wreaking havoc with regional climates for about three years.

In the U.S., frosts and cold weather ravaged the New England growing season. It was a “year without a summer,” with a migration into western states. The low temperatures broke the monsoon cycle in Asia, sending India into famine and triggering a cholera epidemic of unprecedented severity.

The cold summer and the rains also destroyed Chinese farmers’ rice paddies, driving many to starvation, infanticide, and even child slavery.

Despite the progress of volcanology, our planet is still under the threat of a major eruption, that of a super volcano, like Taupo in New Zealand or Yellowstone in the U.S.. We just need to remember the 2010 eruption of Iceland’s Eyjafjallajökull volcano which shut down European air travel, costing the global economy billions of dollars. A few months later, the eruption of Mt Merapi (Indonesia) killed more than 300 people and thousands were displaced. The 2010 eruption only had a VEI of 4.

Tambora-blog

L’éruption de 1815 a laissé une caldeira de 6 km de diamètre et 1100 mètres de profondeur.
(Crédit photo NASA – Photo prise le 6 mars 2009)

El Niño amorce son déclin // El Niño is starting to decline

drapeau-francaisSelon le Bureau australien de météorologie (BOM), un certain nombre d’indicateurs de l’oscillation australe El Niño (ENSO) laissent supposer que le phénomène El Niño 2015-16 a atteint son apogée au cours des dernières semaines, confirmant ainsi les prévisions antérieures.
Les températures tropicales de l’océan Pacifique montrent qu’il s’agit de l’un des trois phénomènes El Niño les plus puissants de ces 50 dernières années. En outre, les modèles climatiques laissent penser qu’El Niño 2015-2016 va diminuer au cours des prochains mois, avec un retour probable à une oscillation australe (ENSO) neutre pendant le deuxième trimestre 2016.
Dans la partie centrale et orientale de l’océan Pacifique au niveau des tropiques, la température de surface et de faible profondeur de la mer a baissé au cours des dernières semaines, bien qu’elle reste à des niveaux élevés à cause d’El Niño.
Dans l’atmosphère, l’indice d’oscillation australe a décliné pour retrouver une valeur El Niño faible. Cependant, ces dernières rafales de vents d’ouest sur la partie occidentale du Pacifique équatorial peuvent temporairement ralentir le déclin du phénomène El Niño.
Si l’on se réfère aux 26 événements El Niño observés depuis 1900, on remarque qu’environ la moitié ont été suivis d’une année neutre, tandis que 40% ont été suivis de La Niña (phénomène inverse d’El Niño, avec un refroidissement des eaux équatoriales).
Les huit modèles climatiques internationaux analysés par le BOM indiquent que le phénomène El Niño actuel devrait connaître un déclin régulier à partir du début de l’année 2016. Ces modèles laissent aussi supposer qu’El Niño sera neutre et La Niña fera son apparition au cours de la seconde moitié de 2016, sans rechute d’El Niño.
A noter que les températures de surface de l’Océan Indien restent beaucoup plus élevées que la moyenne dans la plus grande partie du bassin.
Le rapport est important. Maintenant qu’El Niño a amorcé son déclin, nous verrons si les températures mondiales réagissent de la même façon et si l’impact du réchauffement climatique est affecté. Cependant, on peut raisonnablement penser que, malgré la baisse du phénomène El Niño, les températures mondiales resteront supérieures à la normale en raison de la quantité de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans l’atmosphère.

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drapeau-anglaisAccording to the Australian Bureau of Meteorology (BOM), a number of El Niño-Southern Oscillation (ENSO) indicators suggest the 2015-16 El Niño has peaked in recent weeks, confirming earlier predictions.
Tropical Pacific Ocean temperatures suggest this event is one of the top three strongest El Niño events of the past 50 year. Additionally, climate models suggest the 2015-16 El Niño will decline during the coming months, with a return to ENSO neutral likely during the second quarter of 2016.
In the central to eastern tropical Pacific Ocean, the sea surface and sub-surface have cooled in recent weeks, though temperatures remain at strong El Niño levels.
In the atmosphere, the Southern Oscillation Index has eased to weak El Niño values. However, recent bursts of westerly winds over the equatorial western Pacific may temporarily slow the decline of El Niño.
Based on the 26 El Niño events since 1900, around 50% have been followed by a neutral year, while 40% have been followed by La Niña which involves a cooling of equatorial waters.
All of the eight international climate models surveyed by the BOM indicate that the current El Niño will show a steady decline from early 2016. Models also suggest neutral and La Niña are equally likely for the second half of 2016, with a repeat El Niño the least likely outcome.
Indian Ocean sea surface temperatures remain very much warmer than average across the majority of the basin.
The report is important. As El Niño is declining, we’ll see if global temperatures are doing the same and if the impact of global warming is affected. However, the odds are that, despite the decline of El Niño, global temperatures will remain above normal due to the amount of anthropogenic greenhouse gases in the atmosphere.

El Nino

Températures de surface pour le mois de décembre 2015 dans le Pacifique tropical

(Source: Bureau of Meteorology)

Laki (Islande): Une éruption à ne pas oublier // An eruption not to be forgotten

drapeau francaisIl y a 232 ans, le 8 Juin 1783, commençait l’éruption du Laki en Islande. Au cours des huit mois qui ont suivi, quelque 14 kilomètres cubes de lave émis par 135 fissures ont recouvert une superficie estimée à 2 500 kilomètres carrés.
La lave ne fut pas la seule menace pour l’Islande. La cendre de l’éruption, poussée par le vent, a contaminé la terre et la mer. Le fluor contenu dans cette cendre a anéanti la moitié du cheptel de bovins et un quart de la population de moutons et de chevaux. Rien ne poussait dans les champs et les poissons avaient disparu en mer. La nourriture et l’eau qui n’avaient pas pu être mises à l’abri de la cendre étaient contaminées et impropres à la consommation.
Les maladies et la famine qui sévirent en 1783-1784 ont tué environ neuf mille personnes, soit un cinquième de la population islandaise.
Ce n’est pas tout. L’éruption du Laki a également eu des effets à une plus grande échelle. Dans les mois qui suivirent l’éruption, une étrange brume envahit le ciel au-dessus de l’Europe, rendant la respiration difficile. En entrant dans les hautes couches de l’atmosphère, la cendre et les gaz de l’éruption absorbèrent l’humidité et la lumière du soleil, bouleversant le climat pendant plusieurs années.
De 1783 à 1785, il y eut de terribles sécheresses, des hivers exceptionnellement froids et des inondations catastrophiques. En Europe, l’été anormalement chaud de 1783 fut suivi d’hivers longs et rigoureux. Les mauvaises récoltes de cette période ont peut-être contribué à déclencher la Révolution française de 1789.

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drapeau anglais232 years ago, June 8th 1783 was the beginning of the Laki eruption in Iceland. During the next eight months, an estimated 14 cubic kilometres of lava poured out from 135 fissures, covering an estimated 2,500 square kilometres of land.

Lava was not the only threat to Iceland. Volcanic ash from the eruption was carried away by the wind and poisoned the land and sea. A severe fluorine intoxication from the ash killed half of the Icelandic cattle population and a quarter of the sheep and horse population. Nothing would grow on the fields and no more fish could be found in the sea. If not protected from the ash, food and water became poisonous.

In the resulting plague and famine from 1783-1784, an estimated nine thousand people – one-fifth of the population of Iceland – died.

But the Laki eruption also had even more widespread effects. In the months after the eruption, a strange haze covered the sky above Europe, making breathing difficult. As the ash and gases from the eruption entered the high layers of the atmosphere, they adsorbed moisture and sunlight, changing the climate for years to come.

From 1783 to 1785, there were terrible droughts, exceptional cold winters and disastrous floods. In Europe, the exceptionally hot summer of 1783 was followed by long and harsh winters. The resulting crop failures may have triggered the French Revolution of 1789.

Laki-blog

Vue de la fracture éruptive du Laki  (Photo:  C. Grandpey)

Accélération du réchauffement climatique en Alaska // Global warming is accelerating in Alaska

drapeau francaisLe dernier rapport sur le climat des Etats-Unis (National Climate Assessment) qui vient d’être rendu public par la Maison Blanche indique que les changements climatiques observées dans le pays sont amplifiés en Alaska, le seul territoire arctique et subarctique de l’Union.

Dans un chapitre spécial consacré à l’Alaska, le rapport met en évidence les modifications qui sont en train de se produire sur la terre ferme, l’eau et la glace.

L’Alaska s’est réchauffée deux fois plus vite que le reste du pays au cours des 60 dernières années. Ce réchauffement sur le long terme est facile à observer, en dépit de l’Oscillation Décennale du Pacifique (ODP), variation de la température de la surface de la mer qui fait se déplacer la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies, habituellement de 20 à 30 ans. L’Oscillation est entrée dans une phase de réchauffement à la fin des années 1970, puis dans une phase froide au début des années 2000.

Les températures annuelles moyennes en Alaska ont augmenté de 3 degrés au cours des six décennies écoulées et celles de l’hiver de 6 degrés pendant cette même période. Selon les climatologues, cette tendance devrait se poursuivre avec une augmentation de 2 à 4 degrés supplémentaires d’ici 2050. La population alaskienne ressent profondément cette hausse des températures et s’en inquiète, comme le prouvent les nombreux témoignages que j’ai pu récolter pendant mes voyages.

S’agissant des océans, la banquise disparaît plus vite que le prévoient les modèles scientifiques, ce qui influe sur l’atmosphère qui se trouve au-dessus. L’absence de glace découvre de vastes surfaces occupées par une eau sombre qui absorbe la chaleur et la renvoie dans l’atmosphère, ce qui entraîne une hausse des températures de l’Arctique.

La réduction de la banquise est une arme à double tranchant d’un point de vue économique. D’un côté, elle offre de nouvelles opportunités pour le commerce et rend accessibles des ressources naturelles dans l’extrême nord, mais ces activités commerciales s’accompagnent du risque de marées noires et autres menaces pour l’environnement.

Les glaciers de l’Alaska voient leur fonte s’accélérer, phénomène que j’ai pu observer personnellement lors de plusieurs survols de Glacier Bay et à l’occasion d’approches des glaciers qui viennent vêler dans le Prince William Sound. Au train où vont les choses, cette fonte risque de poser de gros problèmes à l’alimentation hydroélectrique, un problème déjà largement observé en Amérique du Sud.

En plus de la fonte des glaciers, l’acidification de l’eau de mer (baisse du pH due à l’absorption du CO2 de l’atmosphère par l’eau de mer) risque de mettre en péril les poissonneries, l’un des pivots de l’économie de l’Alaska. D’autre part, la température de l’eau de mer est en hausse. Par exemple, à Kodiak, la température moyenne de la mer en mai est de 41degrés Fahrenheit (5°C) ; or, elle atteignait déjà 45,3°F (7,3°C) à la fin du mois d’avril.

L’eau douce subit elle aussi les effets du changement climatique. Dans les deux tiers sud de l’Alaska, les lacs rétrécissent suite à la fonte du permafrost et à une plus forte évaporation provoquée par la hausse des températures. Cette nouvelle situation affecte le comportement des oiseaux migrateurs.

La fonte du permafrost est parfaitement visible en Alaska. Il suffit d’emprunter le réseau routier pour s’en rendre compte. Les routes sont souvent fortement endommagées et les travaux entrepris ont du mal à enrayer cette dégradation. Dans plusieurs régions de l’Alaska et du Yukon voisin, on voit des forêts d’effondrer (elles ont été baptisées drunken forests, les forêts ivres) car les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé. De plus, la répartition de la végétation se modifie. C’est ainsi que le territoire boisé fréquenté par les élans a tendance à se développer vers le nord tandis que les surfaces couvertes de lichens appréciées des caribous diminuent. Cette fonte du permafrost représente un coût élevé car, en plus des routes, il faut réparer les pistes des aéroports et les bâtiments qui menacent de s’effondrer, quand il ne faut pas carrément les reconstruire. On estime que les dépenses occasionnées par la fonte du permafrost en Alaska s’élèvent à un montant compris entre 3,6 et 6,1 milliards de dollars.

La fonte du permafrost dans l’Arctique a aussi un effet sur l’atmosphère et contribue à son enrichissement en CO2. Elle permet aussi au méthane de quitter le fond des lacs. Le développement de la forêt en direction du nord offre une possibilité d’absorption du CO2, mais cet effet bénéfique est contrebalancé par l’effet albédo quand une région autrefois blanchie par la neige prend une couleur plus sombre avec la végétation qui la recouvre.

D’une manière plus globale, si le réchauffement climatique est moins spectaculaire ailleurs aux Etats-Unis, il est tout de même bien présent, comme le confirme le rapport publié par la Maison Blanche. Depuis 1895, les températures ont augmenté de 1,5 degrés, en sachant que la hausse s’est accélérée depuis 1970.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisThe latest report on the climate of the United States (National Climate Assessment) which has just been released by the White House indicates that climate change observed in the country is magnified in Alaska, the only arctic and subarctic territory of the Union .
In a special chapter devoted to Alaska , the report highlights the changes that are happening on land, water and ice.
Alaska has been getting warmer twice as fast as the rest of the country over the past 60 years. This long-term warming is easy to observe, despite the Pacific Decadal Oscillation (PDO ) a temperature variation of sea surface which moves the path of weather systems cyclically over decades, usually 20 to 30 years. The Oscillation entered a phase of warming in the late 1970s , then in a cold phase in the early 2000s.
Average annual temperatures in Alaska have increased by 3 degrees over the past six decades and those of winter rose by 6 degrees during this same period. According to climatologists, this trend is expected to continue with an increase of 2 to 4 additional degrees by 2050. The Alaskan population deeply  feels the rising temperature and is worried, as evidenced by the many testimonies I gathered during my travels.
Regarding the oceans, sea ice disappears faster than scientific models predict, which affects the atmosphere above. The lack of ice uncovers large areas previously occupied by dark water that absorbs heat and returns it to the atmosphere, resulting in an increase in Arctic temperatures .
The reduction of sea ice is a double-edged sword from an economic point of view. On the one hand, it offers new opportunities for commerce and make available natural resources in the far north, but these commercial activities are accompanied by the risk of more oil spills and other environmental threats.
The glaciers of Alaska have their melting accelerated, a phenomenon I could observe during several flights over Glacier Bay and when I approached glaciers that come to an end in Prince William Sound. At this rate, the melting could pose big problems to hydroelectric systems, a problem already widely observed in South America.
In addition to the melting of glaciers, the acidification of sea water (lower pH due to the absorption of CO2 from the atmosphere by sea water) may endanger fisheries, an asset of the economy of Alaska. On the other hand , the temperature of sea water is increasing . For example, in Kodiak, the average sea temperature in May is 41degrés Fahrenheit ( 5 ° C) ; however, it had already reached 45.3 ° F ( 7.3 ° C) at the end of April.
Fresh water is also experiencing the effects of climate change. In the southern two-thirds of Alaska, lakes are shrinking due to the melting of the permafrost and increased evaporation caused by higher temperatures. This new situation affects the behaviour of migratory birds.
The melting of the permafrost in Alaska is easy to be seen. You just need to use the road network to realize it. Roads are often badly damaged. In several regions of Alaska and neighbouring Yukon, one can see forests collapse (they are called drunken forests) because tree roots are no longer held in place by the frozen ground. Furthermore, the distribution of the vegetation distribution is changing. Thus, the wooded areas frequented by moose tend to move north while the surfaces covered with lichens appreciated by caribou are shrinking. The melting permafrost represents a high cost because, in addition to roads, they must repair airport runways and buildings in danger of collapsing, when they should not be totally rebuilt. It is estimated that the costs incurred by the melting of the permafrost in Alaska amount to between 3.6 and 6.1 billion dollars.
The melting of the permafrost in the Arctic also has an effect on the atmosphere and contributes to the CO2 enrichment . It also allows methane to leave the bottom of the lakes. The development of the forests to the north offers a possibility of CO2 absorption, but this benefit is offset by the albedo effect when a previously white, snowy region gets darker with the vegetation that now covers it.
In a more general way, if global warming is less dramatic elsewhere in the United States, it is still very present , as confirmed by the report issued by the White House. Since 1895, global temperatures have risen 1.5 degrees and the increase has accelerated since 1970.
Source: Anchorage Daily News.

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Les glaciers, symbole de l’accélération du réchauffement climatique en Alaska  (Photo:  C. Grandpey)