L’Islande et la Nature en 2020 // Iceland and Nature in 2020

Alors que 2020 touche à sa fin, le site web Iceland Review propose un résumé des plus grands événements en relation avec la Nature islandaise au cours de l’année écoulée.

L’une des principales actualités concerne les parcs et surtout les parcs naturels. Plusieurs zones naturelles d’Islande ont été officiellement protégées en 2020 par le Ministère de l’Environnement, notamment la zone de Geysir et la churte d’eau de Goðafoss.

Dans les Westfjords, un projet de parc national est né autour de la cascade de Dynjandi (voir ma note du 5 novembre 2020).

Le parc national de Snæfellsnes devrait également être agrandi.

Cependant, la plus grande initiative est la proposition de transformer les hautes terres  (Central Highlands) du centre d’Islande en un parc national qui sera le plus grand d’Europe. Il couvrira environ 30% de la surface de l’Islande. (voir ma note du 10 décembre 2020). Le projet de loi décrivant la création du parc fait l’objet d’un vif débat au Parlement et n’a pas encore été adopté.

Fin janvier 2020 sont  apparus les signes d’une possible accumulation de magma à quelques kilomètres à l’ouest de Þorbjörn Mountain. Un soulèvement du sol et des essaims sismiques ont été enregistrés dans la région, laissant supposer que du magma s’accumulait sous terre. Les habitants de la région se sont préparés à une éventuelle éruption, mais rien ne s’est passé. Le soulèvement de la montagne s’est arrêté début mai, mais une reprise d’activité dans la région ne saurait être exclue.

Trois avalanches de grande ampleur ont balayé les Westfjords en janvier 2020, à Flateyri et Súgandafjörður. Cependant, personne n’a été tué comme en 1995 lorsqu’un événement semblable a causé la mort de 14 personnes. Cependant, les dernières avalanches ont causé des dégâts matériels.

Alors que le gouvernement islandais protégeait de nombreuses zones naturelles en 2020, de nouveaux projets d’extraction sont apparus. Une vaste zone du sud de l’Islande a été vendue à une société minière exploitant du sable. Une société canadienne a acquis tous les droits d’exploitation de l’or en Islande. J’ai expliqué ces projets et leur finalité dans une note publiée le 10 décembre 2020.

En décembre 2020, le gouvernement islandais a révisé ses objectifs climatiques, déclarant que son but était désormais une réduction de 55% des émissions des gaz à effet de serre d’ici 2030, au lieu de  40% comme cela avait été décidé au début du mandat du gouvernement actuel. Cette révision signifie que les émissions de gaz à effet de serre en Islande devront être inférieures de 55% en 2030 par rapport à 1990. L’Islande prévoit de devenir neutre en carbone d’ici 2040.

L’année 2020 s’est terminée sur une note tragique pour les habitants de Seyðisfjörður, dans l’est de l’Islande, lorsqu’une série de coulées de boue a détruit plus d’une douzaine de maisons et de bâtiments historiques de la ville. Heureusement, personne n’a été tué, mais la ville a été évacuée et de nombreuses familles n’ont pas pu rentrer chez elles pour Noël. Le gouvernement a promis de participer à la reconstruction de la ville, même s’il faudra probablement des mois pour évaluer l’étendue des dégâts.

Source: Iceland Review.

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As 2020 is coming to an end, the Icelandic website Iceland Review offers a summary of Iceland’s biggest nature news stories of the past year.

One of the main news is about parks and above all natural parks. Several of Iceland’s popular natural areas were officially protected in 2020 by the Ministry for the Environment, including the Geysir area and Goðafoss waterfall.

In the Westfjords, a national park is to be established around Dynjandi waterfall (see my post of November 5th, 2020). Snæfellsnes National Park is also set to be expanded.

However, the biggest nature story of the year is the proposal to turn Iceland’s Central Highland into Europe’s largest national park, covering around 30% of Iceland. (see my post of December 10th, 2020). The bill outlining the park’s establishment is being hotly debated in parliament and has yet to be passed.

In late January, there were signs of a possible magma accumulation a few kilometres west of Þorbjörn mountain. Land rise and earthquake swarms were detected in the area, suggesting magma was accumulating underground. Nearby residents prepared for a possible eruption, but nothing happened. Land rise under the mountain stopped by early May, but renewed activity in the area should not be excluded.

Three large avalanches swept across the Westfjords in January, hitting Flateyri and Súgandafjörður. However nobody was killed like in 1995 when a similar event caused the deaths of 14 persons. However, the avalanches caused property damage.

While Iceland’s government protected many natural areas in 2020, others may soon be used for new extraction projects. A large area in South Iceland was sold to a sand mining company while one Canadian mining company acquired all the rights to gold mining in Iceland. I explained these projects in a post released on December 10yh, 2020).

In December 2020, Iceland’s government revised its climate goals, stating it would now aim for a 55% reduction in emissions by 2030, rather than 40% as was decided at the beginning of the current government’s term. The revised policy means Iceland’s greenhouse gas emissions are expected to be 55% lower in 2030 than they were in 1990. Iceland plans to become carbon neutral by 2040.

The year ended on a tragic note for residents of Seyðisfjörður, East Iceland when a series of mudslides destroyed more than a dozen homes and historic buildings in the town. Luckily no one was killed, but the town was evacuated and many local families did not get to return to their homes for Christmas. The government has pledged its support in rebuilding the town, though it will likely take months to even assess the extent of the damage.

Source : Iceland Review.

Quelques merveilles naturelles islandaises (Photos : C. Grandpey)

Cinquième anniversaire de l’Accord de Paris sur le Climat et le réchauffement climatique s’accélère ! // Fifth anniversary of the Paris Climate Agreement and global warming is accelerating !

Ce 12 décembre 2020, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, la France, le Royaume-Uni et les Nations Unies organisent le Climate Ambition Summit, en partenariat avec le Chili et l’Italie. Le but du sommet est de voir quels sont les progrès réalisés depuis 2015 par les États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il est bon de rappeler que sur les 194 pays qui ont signé l’Accord de Paris, 189 ont officiellement ratifié le texte avec l’objectif de contenir le réchauffement planétaire à 2°C maximum d’ici à la fin du siècle, et même 1,5°C. Les États-Unis, sous l’administration Trump, sont sortis de l’Accord le 4 novembre 2020, mais vont y revenir début 2021 avec Joe Biden.

A l’heure actuelle, il est clair que l’on est loin des engagements pris par les États en 2015. La planète se trouve sur une trajectoire de plus 3°C de réchauffement d’ici 2100. Comme je l’ai indiqué précédemment, en 2019, les CONCENTRATIONS de  CO2 dans l’atmosphère ont atteint un nouveau record. Certes, les émissions ont baissé pendant la crise sanitaire de la Covid-19, mais sans effet visible sur les concentrations atmosphériques. Tous les scientifiques s’accordent pour dire qu’il faudra plusieurs décennies pour que l’atmosphère se purifie, à condition que des mesures efficaces soient prises pour réduire les GES.

2020 est en passe de devenir l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. La banquise et les glaciers fondent à une vitesse vertigineuse, les événements extrêmes (ouragans, incendies de végétation, inondations, etc.) se multiplient. Il faudra autre chose que les mesurettes prises par la France pour contrer le réchauffement climatique. Il faut absolument que les gouvernements baissent leur production de combustibles fossiles. Selon le GIEC, il faudrait que les émissions mondiales diminuent de 45 % d’ici à 2030 par rapport à 2010, si on souhaite contenir le réchauffement à 1,5°C d’ici à la fin du siècle.

Cet automne 2020, les États-Unis, avec l’arrivée de Joe Biden, ainsi que le Japon et la Corée du Sud ont promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La Chine a déclaré, en septembre dernier, qu’elle le ferait avant 2060. L’UE et le Royaume-Uni se sont aussi fixés comme objectif de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050.

Espérons qu’il ne s’agit pas de vaines promesses et que nos gouvernements cesseront de faire passer les intérêts économiques avant le bien-être de notre planète.

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Today December 12th, 2020, on the occasion of the fifth anniversary of the Paris Climate Agreement, France, the United Kingdom and the United Nations are organizing the Climate Ambition Summit, in partnership with Chile and Italy. The aim of the summit is to see what progress has been made since 2015 by states in reducing their greenhouse gas (GHG) emissions.

It is worth recalling that of the 194 countries that signed the Paris Agreement, 189 have officially ratified the text with the objective of containing global warming to a maximum of 2°C by the end of the century, and even 1.5°C. The United States, under the Trump administration, exited the Accord on November 4th, 2020, but will return to it in early 2021 with Joe Biden.

At present, it is clear that we are far from the commitments made by the States in 2015. The planet is on a trajectory of more than 3°C of warming by 2100. As I indicated previously , in 2019, CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere reached a new record. Of course, emissions fell during the Covid-19 health crisis, but with no visible effect on atmospheric concentrations. All scientists agree that it will take decades for the atmosphere to purify itself, provided effective measures are taken to reduce GHGs.

2020 is about to become one of the three hottest years on record. The ice sheet and glaciers are melting at breakneck speed, extreme events (hurricanes, wildfires, floods, etc.) are on the increase. It will take something other than the measures taken by France to counter global warming. It is imperative that governments reduce their production of fossil fuels. According to the IPCC, global emissions would have to decrease by 45% by 2030 compared to 2010, if we want to contain warming to 1.5 ° C by the end of the century.

This autumn 2020, the United States, with the arrival of Joe Biden, as well as Japan and South Korea pledged to achieve carbon neutrality by 2050. China said last September that it would do so before 2060. The EU and the UK have also set themselves the goal of achieving climate neutrality by 2050.

Let’s hope these are not empty promises and that our governments stop putting economic interests above the well-being of our planet.

A gauche, l’évolution des concentrations de CO2 au cours des 5 dernières années.

A droite, l’évolution des concentrations de CO2 depuis 1958, année de la création le l’Observatoire du Mauna Loa.

(Source: NOAA / Scripps Institution of Oceanography)

 

Vladimir Poutine et l’Accord de Paris sur le climat // Vladimir Putin and the Paris Climate Agreement

Selon une dépêche de l’agence Reuters, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret ordonnant à son gouvernement d’essayer de respecter l’Accord de Paris de 2015 sur le climat, mais il a souligné que les actions ne sauraient nuire au bon développement économique du pays. Poutine a demandé au gouvernement de travailler à une réduction pouvant aller jusqu’à 70% par rapport à 1990 des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Selon le président russe, cela suppose aussi l’exploitation de la capacité des forêts et d’autres écosystèmes à absorber ces gaz.

Il y a cependant une restriction importante dans la déclaration de Vladimir Poutine. Il a indiqué que toute action visant à réduire les émissions doit tenir compte de la nécessité d’assurer un développement socio-économique stable et équilibré. Il a ordonné au gouvernement d’élaborer jusqu’en 2050 une stratégie socio-économique prenant en compte la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un projet antérieur proposant une telle stratégie avait suscité des critiques de la part des écologistes qui ont prétendu que l’on permettait aux émissions d’augmenter avant de les faire baisser.

Le changement climatique représente un sacré défi pour la Russie dont l’économie repose en grande partie sur la production de pétrole et de gaz, ainsi que sur l’exploitation minière. Certaines de ces infrastructures sont construites sur le pergélisol qui est vulnérable à la hausse des températures. Poutine, qui pense que l’activité humaine n’est pas la seule cause du réchauffement climatique, s’est présenté comme un défenseur de l’environnement. Il a fait l’éloge de l’Accord de Paris dans le passé, tout en disant qu’il obligerait les pays à moderniser leur industrie, ce qui coûterait probablement des milliards de dollars aux grandes entreprises et entraînerait des pertes d’emplois, une éventualité qui, selon lui, devait être soigneusement planifiée.

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According to a Reuters press report, Russian President Vladimir Putin has signed a decree ordering the Russian government to try to meet the 2015 Paris Agreement to fight climate change, but stressed that any action must be balanced with the need to ensure strong economic development. Putin asked the government to work towards a cut in greenhouse gas emissions of up to 70% against 1990 levels by 2030. He said it would also mean harnessing the capability of forests and other eco-systems to absorb such gases.

However, there was a significant restriction in his statement.  He said any action to cut emissions must take account of the need to ensure steady and balanced socio-economic development. He ordered the government to draw up and ratify a socio-economic strategy up to 2050 that factored in lower emissions. A previous draft of such a strategy has drawn criticism from green groups for allowing emissions to rise before falling.

Climate change poses a serious challenge for Russia, whose economy relies heavily on oil and gas production, as well as mining. Some of that infrastructure is built on permafrost, which is vulnerable to rising temperatures.

Putin, who has questioned whether human activity is the sole driver of warming climate cycles, has cast himself as a defender of the environment. He praised the Paris Agreement in the past, while saying it would require countries to modernise industry, something likely to cost big business billions of dollars and incur job losses, an eventuality he said had to be properly planned for.

Champs gazier de Bovanenkovo sur la Péninsule de Yamal (Crédit photo : Wikipedia)

Des changements océaniques inquiétants // Disturbing ocean changes

Selon une nouvelle étude réalisée par un groupe de chercheurs de la University College de Londres (UCL) et publiée dans la revue Geophysical Research Letters, les changements intervenus dans la circulation océanique sont probablement en train de provoquer des changements dans les écosystèmes de l’Océan Atlantique jamais observés depuis 10 000 ans.

Le climat est resté assez stable au cours de l’Holocène, période de 12 000 ans qui a fait suite à la dernière période glaciaire. Il est généralement admis que cette stabilité climatique a permis à la civilisation humaine de se mettre en place. On pense que les principaux courants océaniques sont eux aussi restés relativement stables pendant l’Holocène. Ces courants ont des cycles naturels, qui affectent les sites où se trouvent les organismes marins comme le plancton, les poissons, les oiseaux de mer et les baleines.
Les effets du changement climatique sur l’océan sont de plus en plus visibles. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, les récifs coralliens tropicaux sont en train de blanchir. Les océans s’acidifient car ils absorbent le carbone de l’atmosphère Certaines espèces de poissons comme le hareng ou le maquereau se déplacent vers les pôles. Personne ne sait vraiment à quoi ressemblera l’avenir.

Pour essayer de trouver une réponse à cette question, les chercheurs ont cherché des sites où ils étaient susceptibles de trouver des fossiles datant de l’ère industrielle, mais aussi de plusieurs milliers d’années en amont. Ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient au sud de l’Islande, là où un important courant marin en eau profonde provoque l’accumulation de sédiments en grande quantité. Ils ont prélevé sur ce site des carottes de sédiments qui ont ensuite été lavées et tamisées pour faire ressortir des fossiles. Les sédiments les plus profonds contiennent les fossiles les plus anciens, tandis que les sédiments de surface contiennent des fossiles qui se sont déposés au cours des dernières années.
Les chercheurs ont commencé à échantillonner les différentes espèces de plancton fossile dans ces sédiments où elles se développent dans des conditions différentes. Ils ont en particulier examiné les foraminifères qui ont des coquilles de carbonate de calcium. Une récente étude a montré que la répartition la plus récente de foraminifères est différente de celle du début de l’ère industrielle. Cela prouve que le changement climatique a clairement eu un impact.
De la même façon, la théorie selon laquelle les courants océaniques modernes seraient semblables à ceux des deux derniers milliers d’années a été mise à mal par une étude de l’UCL publiée en 2018. Elle a montré que la circulation thermohaline était à son niveau le plus faible depuis 1500 ans. La nouvelle étude montre que la circulation de surface actuelle dans l’Atlantique Nord est différente de celle observée au cours des 10 000 dernières années, autrement dit la majeure partie de l’Holocène.
Les effets de cette modification de la circulation océanique sont visibles dans l’Atlantique Nord. Juste au sud de l’Islande, la réduction du nombre d’espèces de plancton d’eau froide et l’augmentation du nombre d’espèces d’eau chaude montre que les eaux chaudes ont remplacé les eaux froides riches en nutriments. Il est probable que ces changements ont également provoqué un déplacement vers le nord des principales espèces de poissons telles que le maquereau, ce qui pose déjà des problèmes car différentes nations se disputent les droits de pêche.
Plus au nord, d’autres preuves fossiles montrent qu’une plus grande quantité d’eau chaude en provenance de l’Atlantique a atteint l’Arctique, ce qui contribue probablement à la fonte de la glace de mer (voir mes précédentes notes sur ce sujet). Plus à l’ouest, un ralentissement de la circulation thermohaline signifie que les eaux ne se réchauffent pas autant que prévu, tandis que, encore plus à l’ouest, près des États-Unis et du Canada, les eaux chaudes du Gulf Stream semblent se déplacer vers le nord, ce qui aura des conséquences profondes sur les principales zones de pêche. Ces systèmes de circulation océaniques risquent fort de se trouver affectés lorsque l’Atlantique Nord deviendra moins salé. Le changement climatique peut provoquer un tel phénomène en augmentant les précipitations, la fonte des glaces et la quantité d’eau issue de l’Océan Arctique.

Les auteurs de l’étude ne savent pas ce qui a provoqué les changements dans la circulation océanique. Il semble toutefois que l’océan soit plus sensible au changement climatique actuel qu’on ne le pensait auparavant, et l’humanité devra s’adapter.
Source: The Conversation.

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According to a new study led by a research group at University College London (UCL) and published in the journal Geophysical Research Letters, changes in ocean circulation may have caused a shift in Atlantic Ocean ecosystems not seen for the past 10,000 years.

The climate has been quite stable over the Holocene, a 12,000-year period since the end of the last Ice Age. It is denerally admitted that this stability allowed human civilisation to really get going. The major ocean currents are also thought to have been relatively stable during the Holocene. These currents have natural cycles, which affect where marine organisms can be found, including plankton, fish, seabirds and whales.

Climate change in the ocean is becoming apparent. As I put it several times, tropical coral reefs are bleaching. The oceans becoming more acidic as they absorb carbon from the atmosphereSome fish species like herring or mackerel are moving towards the poles. Nobody really knows what the future will be like. To try and find an answer to this question, researchers had to look for places where seabed fossils not only covered the industrial era in detail, but also stretched back many thousands of years. They found the right patch of seabed just south of Iceland, where a major deep sea current causes sediment to pile up in huge quantities. There, they collected cores of sediment which were later washed and sieved to find fossils. The deepest sediment contains the oldest fossils, while the surface sediment contains fossils that were deposited within the past few years.

The researchers started counting the different species of tiny fossil plankton that can be found in such sediments. Different species like to live in different conditions. They looked at foraminifera which have shells of calcium carbonate. A recent global study showed that modern foraminifera distributions are different to the start of the industrial era. Climate change is clearly already having an impact.

Similarly, the view that modern ocean currents are like those of the past couple of thousand years was challenged by a UCL study released 2018, which showed that the overturning “conveyor belt” circulation was at its weakest for 1,500 years. The scientis’s new study builds on this picture and suggests that modern North Atlantic surface circulation is different to anything seen in the past 10,000 years which include most of the Holocene.

The effects of the unusual circulation can be found across the North Atlantic. Just south of Iceland, a reduction in the numbers of cold-water plankton species and an increase in the numbers of warm-water species shows that warm waters have replaced cold, nutrient-rich waters. It is likely that these changes have also led to a northward movement of key fish species such as mackerel, which is already causing problems as different nations vie for fishing rights.

Further north, other fossil evidence shows that more warm water has been reaching the Arctic from the Atlantic, likely contributing to melting sea ice (see my previous posts about this topic). Further west, a slowdown in the Atlantic conveyor circulation means that waters are not warming as much as we would expect, while furthest west close to the US and Canada the warm Gulf Stream seems to be shifting northwards which will have profound consequences for important fisheries.

One of the ways that these circulation systems can be affected is when the North Atlantic gets less salty. Climate change can cause this to happen by increasing rainfall, increasing ice melt, and increasing the amount of water coming out of the Arctic Ocean.

The authors of the study still do not know what has ultimately caused these changes in ocean circulation. But it does seem that the ocean is more sensitive to modern climate changes than previously thought, and mankind will have to adapt.

Source: The Conversation.

Circulation thermohaline globale et dans l’Atlantique (Source: GIEC).

Élection américaine : un rapport gênant sur le changement climatique // U.S. election : an embarrassing report on climate change

Selon plusieurs organes de presse américains dont le Huffington Post, l’administration Trump freine des quatre fers pour que ne soit pas publié avant l’élection présidentielle du mois de novembre un rapport sur le changement climatique mandaté par le Congrès. Cela confirme le déni du changement climatique par l’occupant actuel de la Maison Blanche. Ce rapport fédéral détaillé examine les conséquences dévastatrices de l’accélération de la crise climatique.

L’administration Trump avait déjà tenté d’enterrer le rapport de 2018 en le publiant le lendemain des vacances du Thanksgiving. Selon les conclusions de ce rapport, «la hausse des températures à l’échelle de la planète est plus rapide que tout ce que la civilisation moderne a connu jusqu’à présent» et «cette tendance au réchauffement ne peut s’expliquer que par les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère». Ce rapport a également révélé que sans réduction drastique des émissions globales de gaz à effet de serre, les températures aux États-Unis pourraient augmenter entre 3 et 9 degrés Fahrenheit (1,5 à 5 degrés Celsius) d’ici 2100.
À l’époque, les responsables de l’administration ont rejeté les conclusions du rapport et les ont qualifiées de «radicales», «ne s’appuyant pas sur des données» et basées sur les «pires scénarios». Trump a carrément rejeté la notion de réchauffement climatique en disant: «Je n’y crois pas.»
L’attaque incessante de Trump contre les climatologues s’est intensifiée avec l’approche des élections de novembre 2020. En plus d’affirmer, à tort, que le climat «va commencer à se refroidir», Trump a nommé au moins trois climato-sceptiques à des postes importants de la NOAA, l’agence responsable de l’étude des océans et de l’atmosphère
Parmi ces nouveaux promus se trouve David Legates, professeur de climatologie à l’Université du Delaware qui a affirmé, entre autres, que l’augmentation du CO2 atmosphérique était bonne pour la planète. Des sources proches de la Maison Blanche indiquent que Legates a été nommé uniquement pour rédiger la version officielle du prochain rapport fédéral sur le climat.
Les efforts de l’Administration américaine pour ralentir le prochain rapport interviennent alors qu’Exxon Mobil, le plus grand producteur américain de pétrole et de gaz, prévoit d’intensifier ses forages. Les émissions de gaz à effet de serre émises par cette compagnie augmenteraient en conséquence, alors que les autre grandes compagnies pétrolières promettent de réduire leur production et de se diriger vers des émissions nettes nulles dans les décennies à venir.
On ne sait pas si les efforts la Maison Blanche parviendront à  ralentir la publication du rapport dont la finalité est de donner une image précise de la façon dont le changement climatique pourrait bouleverser la vie aux Etats-Unis. Le rapport fédéral présente les conclusions collégiales de chercheurs en climatologie dans toutes les disciplines. Sa complexité n’est comparable qu’aux rapports annuels publiés par le GIEC sur l’évolution du climat.
Contrairement aux rapports du GIEC, le rapport fédéral fournit des prévisions détaillées pour chaque région des Etats-Unis. Il offre ainsi aux scientifiques et aux décideurs un outil essentiel pour faire face à la recrudescence des incendies, des sécheresses et des violentes tempêtes.
La décision de l’Administration d’interférer avec le cinquième rapport indique comment l’administration Trump favorable aux combustibles fossiles, est susceptible d’aborder la menace du changement climatique si le président est élu pour un deuxième mandat et n’a plus à tenir compte de l’opinion des électeurs américains dont la majorité s’inquiète de la crise climatique.
Source: Huffington Post.

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According to several US newsmadia, among which The Huffington Post, The Trump administration is reportedly delaying work on a congressionally mandated climate change report, the latest example of President Donald Trump digging in on climate change denial ahead of the 2020 election.

The in-depth federal assessments, due every four years, look at the devastating consequences of the rapidly unfolding climate crisis. The Trump administration tried to bury the last study in 2018 by releasing it the day after the Thanksgiving holiday. That report concluded that global temperatures are “rising more rapidly than anything modern civilization has experienced” and that “this warming trend can only be explained by human activities, especially emissions of greenhouse gases into the atmosphere.” It also found that without drastic cuts in global greenhouse gas emissions, temperatures in the U.S. could warm between 3 and 9 degrees Fahrenheit by 2100.

At the time, administration officials dismissed the findings as “radical,” “not data-driven” and based on “worst scenarios.” Trump outright rejected the science, saying “I don’t believe it.”

Trump’s brazen attack on climate science has ramped up ahead of the November election. Along with falsely claiming that the climate “will start getting cooler,” Trump has tapped at least three climate contrarians for top-level positions at the federal National Oceanic and Atmospheric Administration.

Among them is David Legates, a University of Delaware climatology professor who has claimed, among other things, that rising atmospheric CO2 is good for the planet. Sources close to the White House indicate that Legates was brought in specifically to shape the upcoming federal climate report.

The effort to slow-walk the next report comes as Exxon Mobil Corp., the largest U.S. oil and gas producer, plans to ramp up drilling. The company’s projected greenhouse gases would surge as a result, just as rival oil giants are vowing to cut output and set a course for net-zero emissions in the coming decades.

It’s unclear whether the White House’s delay in summoning scientists for the next national climate assessment would hinder their ability to render an accurate picture of how climate change could upend life across the United States. Scientists are already running models and performing studies, but the federal report represents the collective findings of climate researchers across disciplines. Its complexity is comparable only to the reports the United Nations’ Intergovernmental Panel on Climate Change issues each year.

Unlike the U.N. report, the federal assessment provides detailed forecasts by U.S. regions, offering scientists and policymakers a vital tool for adapting to the already chaotic uptick in fires, droughts and violent storms.

The move to interfere with a timely fifth report signals how the pro-fossil fuel Trump administration is likely to approach the threat of climate change if the president is elected to a second term and no longer has to consider the concerns of American voters, a growing majority of whom are worried about the climate crisis.

Source : Huffington Post.

Créée en 1970, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)  fournit et assure un accès à des données environnementales mondiales et des services d’information à partir de satellites et d’autres sources dans le but de « promouvoir,  protéger et améliorer l’économie, la sécurité, l’environnement et la qualité de vie de la nation. »

Conséquences sociales de la fonte de la banquise et des glaciers // Social consequences of glacier and ice sheet melting

Avec la fonte des glaciers et des calottes polaires, le niveau des mers monte à un rythme inquiétant, avec des conséquences sociales pour les zones habitées le long des côtes. Ainsi, dans le sud de la Floride, le comté de Miami-Dade, situé entre 1,20 m et 1,80 m au-dessus du niveau de la mer, avec une population de plus de 2,7 millions d’habitants, est sous la menace de la hausse de l’océan, mais aussi de conditions météorologiques extrêmes.
Miami possède le plus grand nombre de zones menacées et la quatrième plus grande population exposée à l’élévation du niveau de la mer dans le monde. Souvent surnommé « Ground Zero » du changement climatique, le comté de Miami-Dade compte plus de personnes vivant à moins de 1,20 mètre au-dessus du niveau de la mer que n’importe quel autre État américain, à l’exception de la Louisiane.
La montée des eaux menace des propriétés de plusieurs millions de dollars dans les localités situées le long de la côte sud de la Floride. Mais les résidences de luxe ne sont pas les seules à être menacées. Alors que de plus en plus de personnes recherchent des terrains plus élevés, les communautés à l’intérieur des terres sont contraintes de s’en aller.

Cette situation va inévitablement créer une gentrification* et les problèmes qui l’accompagnent. Dans le cas de Miami, l’élévation du niveau de la mer a poussé les promoteurs immobiliers à s’intéresser à des biens situés à l’intérieur des terres et à des altitudes plus élevées. Des personnes de couleur, souvent très pauvres, vivent  sur ces terres depuis des générations et elles se trouvent confrontées à un coût de la vie et de l’immobilier qui ne leur permettent plus de rester sur place. On assiste donc à une sorte de « gentrification climatique ».
Ce genre de situation ne concerne pas seulement les zones côtières. Les événements météorologiques extrêmes tels que les ouragans, les vagues de chaleur, les incendies de forêt et les inondations se produisent de plus en plus fréquemment et les gens sont tentés de reconsidérer leur domicile dans les zones exposées. En Arizona, le maire de Flagstaff, une ville située à 2100 mètres d’altitude, a noté une augmentation de 25% du nombre de propriétaires de résidences secondaires qui achètent des biens immobiliers dans la région moins exposée aux canicules, à 230 kilomètres au nord de Phoenix qui vient de connaître des températures record. Le maire a décrit ceux qui fuyaient la chaleur comme des «réfugiés climatiques» et a déploré la pression exercée sur les personnes à faible revenu qui ont vu grimper en flèche le coût de la vie et les prix de l’immobilier.
Source: Yahoo Finance.

* La « gentrification » (du mot anglais gentry), en français « embourgeoisement », fait référence à la transformation de quartiers populaires suite à l’arrivée de catégories sociales plus favorisées. La conséquence est une hausse des prix de l’immobilier à laquelle ne peuvent faire face les populations les plus modestes qui sont contraintes de partir.

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With the melting of glaciers and polar ice sheets, sea levels are rising at an alarming rate with social consequences for populated areas along the coasts. For instance, in southern Florida, Miami-Dade County, situated between 1.20 m and 1.80 m above sea level, with a population of over 2.7 million people, is under the threat of rising waters and extreme weather.

Miami has the largest amount of exposed assets and the fourth-largest population vulnerable to sea-level rise in the world. Often called ground zero for climate change, Miami-Dade has more people living less than 1.20 metres above sea level than any U.S. state, except Louisiana.

Rising seas are threatening multi-million dollar properties in communities up and down the coast of South Florida. But luxury homes are not the only ones at risk. As more and more people are searching for higher ground, lower-income, inland communities are being forced out.

This situation will inevitably create gentrification* pressures. In the case of Miami, rising sea levels have real estate developers eyeing inland communities which are at higher elevations. For generations, these communities have been home to people of colour, who are now finding themselves priced out of their homes. It is a kind of “climate gentrification”

This kind of situation is not just happening in coastal areas. Extreme weather events such as hurricanes, heatwaves, wildfires and flooding are occurring more and more frequently and have forced people to reconsider taking up residence in exposed areas. The mayor of Flagstaff, Arizona, (2,100 metres above sea level) has noted a 25% increase in second-home owners buying up real estate in the region, which is located in a cooler, mountainous area, 230 kilometres north of Phoenix. The mayor described those fleeing the heat as “climate refugees” and lamented the squeeze put on low-income people who have seen their cost of living and real estate prices escalate.

Source : Yahoo Finance.

Gentrification is a process of changing the character of a neighbourhood through the influx of more affluent residents. Gentrification often increases the economic value of a neighbourhood. Modest populations are often unable to face price increases and are forced to move away.

La partie méridionale de la Floride est particulièrement exposée à la hausse du niveau de la mer et aux événements climatiques extrêmes. (Source : Google Map)

Séismes volcaniques longue période et dégazage du magma // Long period volcanic earthquakes and magma degassing

En vue d’améliorer la compréhension des processus physiques conduisant à l’apparition de séismes longue période (LP) profonds parfois considérés comme des signes précurseurs d’éruptions, une équipe internationale impliquant des chercheurs de l’Institut des Sciences de la Terre (ISTerre/OSUG – CNRS / IRD / UGA / USMB / UGE) s’est penchée sur les séismes LP profonds sous le Klyuchevskoy (Kamtchatka).

Le nouveau modèle mis au point au cours de cette étude, publiée le 6 août 2020 dans la revue Nature Communications, devrait permettre d’améliorer la surveillance volcanique mais également de surveiller les effets de ce type de phénomène sur le changement climatique.

Sous certains volcans, des séismes LP sont observés à des profondeurs de plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui correspond plus ou moins à la limite entre la croûte terrestre et le manteau. Cette sismicité profonde est particulièrement intéressante car elle peut avoir un lien avec l’activation des racines profondes des systèmes volcaniques. En conséquence, elle peut aussi servir à identifier d’éventuels signes précurseurs à moyen et long terme. Cependant, une compréhension des processus physiques conduisant à l’apparition de tels séismes profonds est nécessaire pour pouvoir les intégrer aux schémas de surveillance.

C’est pourquoi un groupe de chercheurs a décidé de mener une étude sur les séismes longue période profonds sous le Klyuchevskoy (Kamchatka). Pour cela, ils ont utilisé une modélisation mathématique contrainte par des données sur la composition géochimique des laves, et ont comparé leurs résultats avec des observations sismologiques. Cela leur a permis de proposer un nouveau modèle physique de l’origine des séismes profonds, générés par un dégazage rapide d’eau et de CO2. La modélisation a montré que dans les magmas ayant une concentration relativement élevée de ces composants volatiles, un dégazage suffisamment intense peut commencer à une profondeur d’environ 30 km et que la croissance de bulles de gaz peut être suffisamment rapide pour que les variations de pression associées puissent générer des ondes sismiques avec des amplitudes et fréquences comparables à celles observées.

Ce nouveau modèle devrait permettre d’améliorer la surveillance volcanique, mais il devrait également permettre de surveiller les effets de ce type de phénomène sur le changement climatique. En effet, l’activité sismique profonde intense sous des volcans comme le Klyuchevskoy  peut indiquer que les magmas qui les alimentent contiennent une concentration accrue de CO2 et, par conséquent, qu’un dégazage peut contribuer de façon importante aux émissions de gaz à effet de serre.

Source : Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG).

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In order to improve the understanding of the physical processes leading to the appearance of deep long-period (LP) earthquakes sometimes considered as precursor signs of eruptions, an international team involving researchers from the Institute of Earth Sciences (ISTerre / OSUG – CNRS / IRD / UGA / USMB / UGE) studied the deep LP earthquakes under Klyuchevskoy Volcano (Kamtchatka).
The new model developed during this study, published on August 6th, 2020 in the journal Nature Communications, should make it possible to improve volcanic monitoring but also to monitor the effects of this type of phenomenon on climate change.

Under some volcanoes, LP earthquakes are observed at depths of several tens of kilometres, which corresponds more or less to the limit between the Earth’s crust and the mantle. This deep seismicity is particularly interesting because it may have a link with the activation of the deep roots of volcanic systems. Consequently, it can also be used to identify possible warning signs in the medium and long term. However, an understanding of the physical processes leading to the emergence of these deep earthquakes is necessary in order to be able to integrate them into surveillance schemes.

This is why a group of researchers decided to conduct a study on long-period deep earthquakes under Klyuchevskoy (Kamchatka). For this, they used a mathematical modelling constrained by data on the geochemical composition of the lava, and compared their results with seismological observations. This enabled them to come up with a new physical model of the origin of deep earthquakes, generated by rapid degassing of water and CO2. Modelling has shown that in magmas with a relatively high concentration of these volatile components, sufficiently intense degassing can begin at a depth of about 30 km, and that the growth of gas bubbles can be rapid enough for the associated pressure changes to generate seismic waves with amplitudes and frequencies comparable to those observed.

This new model should make it possible to improve volcanic monitoring, but it should also make it possible to monitor the effects of this type of phenomenon on climate change. Indeed, the intense deep seismic activity beneath volcanoes like Klyuchevskoy may indicate that the magmas that feed them contain an increased concentration of CO2 and, therefore, that degassing may contribute significantly to greenhouse gas emissions.
Source: Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG).

Vue du Klyuchevskoy (Source : KVERT)