Islande 2021-2022 : une éruption en continu // Iceland 2021-2022 : a continuous eruption

Dans son dernier article Volcano Watch, l’Observatoire des Volcans Hawaïens – le HVO – donne une bonne description des deux éruptions qui ont eu lieu en Islande sur la péninsule de Reykjanes. On se rend compte – comme je le pense personnellement – que les deux événements sont étroitement liés et que d’autres éruptions pourraient se produire à l’avenir.
Avant l’activité récente, la dernière période éruptive dans la région remonte à plus de 800 ans. Deux éruptions fissurales dans le système volcanique Krýsuvík-Trölladyngja ont généré d’importantes coulées de lave qui sont entrées dans l’océan sur les côtes nord et sud de la péninsule. Selon les volcanologues islandais, il se pourrait que la péninsule de Reykjanes soit entrée dans une période d’activité sur le long terme avec une alternance d’activité sismique, de déformation du sol et d’éruptions.

Le HVO rappelle que cette région est l’un des rares endroits où la dorsale médio-atlantique est visible sur terre, avec des éruptions consistant en des coulées de lave relativement fluide et peu de dépôts de tephra. L’aéroport international de Keflavik se trouve dans la partie ouest de la péninsule de Reykjanes et la capitale, Reykjavík, se trouve à l’extrémité nord-est. En conséquence, les éruptions sur la péninsule sont susceptibles d’y provoquer des perturbations.
L’activité actuelle le long du système Krýsuvík-Trölladyngja a commencé en janvier 2020 autour du mont Thorbjorn où on a enregistré une hausse de l’activité sismique et un soulèvement inhabituel de la surface du sol. Au vu des données sismiques et de déformation, les scientifiques ont conclu qu’une intrusion magmatique s’était produite à plusieurs kilomètres de profondeur. Tout au long de l’année 2020, plusieurs autres essaims sismiques et de nouveaux épisodes de possible intrusion magmatique se sont produits dans la région, ainsi que quelques séismes de plus forte intensité.
En février 2021, une hausse de la sismicité et un signal de déformation ont laissé supposer qu’une intrusion s’était produite près de Fagradalsfjall. Début mars, l’activité sismique s’est intensifiée, avec l’apparition d’un tremor volcanique. Ces événements ont été attribués à des mouvements de magma peu profonds, à environ 1-1,5 km de profondeur. Le Met Office islandais a alors indiqué qu’une éruption était possible sans prévenir car le magma était déjà proche de la surface.
Vers 20h45. le 19 mars 2021, une éruption a commencé près de Fagradalsfjall dans la vallée de Geldingadalir. Des fontaines de lave ont jailli d’une fissure d’environ 200 m de long. Après plusieurs semaines, l’activité éruptive s’est concentrée sur un seul bouche où les fontaines ont édifié un cône de projections (spatter cone)en forme de fer à cheval qui alimentait une coulée de lave bien canalisée.
Le site de l’éruption se trouvait à une dizaine de kilomètres des habitations les plus proches et à environ 2,6 km de la route côtière sud qui longe la péninsule. Il n’y avait donc pas de danger pour des infrastructures à proximité. L’activité éruptive a duré 6 mois et s’est officiellement terminée le 18 septembre 2021.
Après la fin de cette éruption, la présence d’une inflation tendait à prouver que du magma circulait en profondeur dans la zone. Fin décembre 2021, une nouvelle intrusion et un essaim sismique ont été enregistrés, comme cela s’était produit en mars 2020.
Le 30 juillet 2022, une activité sismique intense est réapparue sur la péninsule de Reykjanes. La déformation du sol autour de Fagradalsfjall indiquait que le magma de l’intrusion se trouvait à environ 1 km sous la surface. Le 2 août, le Met Office a publié un bulletin indiquant qu’une éruption près de Fagradalsfjall était probable « dans les prochains jours. » .
L’éruption a commencé le 3 août 2022. A 13h18, une nouvelle fissure s’est ouverte dans la vallée de Meradalir, située sur la crête nord du champ de lave de mars 2021. Une fois l’éruption commencée, la sismicité et les valeurs de déformation du sol ont rapidement ralenti. Contrairement à l’éruption de 2021, l’activité a considérablement diminué après moins de trois semaines. Dans la nuit du 21 août, l’activité a cessé sur le site de l’éruption et le tremor volcanique a disparu. Le Met Office n’a toujours pas déclaré que l’éruption était officiellement terminée, mais tous les paramètres montrent qu’il est très peu probable qu’elle recommence.
Source : USGS, HVO.

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In its latest Volcano Watch article, the Hawaiian Volcano Observatory – HVO – gives a good description of the two eruptions on Iceland’s Reykjanes Peninsula. It shows that the two events were closely connected, and that more eruptions might occur in the future.

Prior to the recent activity, the last eruptive period in the area was over 800 years ago. Two fissure eruptions from the Krýsuvík-Trölladyngja volcanic system produced extensive lava flows that entered the ocean on the peninsulas north and south coasts. According to Icelandic volcanologists, the Reykjanes Peninsula could be entering into a period of extended unrest that could include alternating seismic, deformation, and eruptive activity.

HVO reminds us that this region is one of the few places where the Mid-Atlantic Ridge is visible on land, with eruptions characterized by effusive lava flows and limited tephra deposits. Iceland’s international airport is located on the western end of Reykjanes Peninsula and the capital, Reykjavík, lies on the northeastern end. Therefore, eruptions on the peninsula have the potential to be highly disruptive.

The current unrest along the Krýsuvík-Trölladyngja volcanic system started in January 2020 around Mount Thorbjorn with seismic activity and uplift beyond the typical background levels. Scientists concluded that a magmatic intrusion had occurred at several kilometers depth based on seismic and deformation data. Throughout the year, several more seismic swarms and intrusive episodes occurred in the area, along with a few stronger earthquakes

In February 2021, increased seismicity and a deformation signal suggested an intrusion occurred near Fagradalsfjall. By early-March, seismic activity ramped up with increased seismic events and seismic tremor which was attributed to shallow magma movements at around 1-1.5 km depth. The Icelandic Meteorological Office (IMO) noted that an eruption was possible without any strong precursory signals because the magma was already close to the surface.

Around 8:45 p.m. on March 19th, 2021, an eruption began near Fagradalsfjall in Geldingadalir valley. Low lava fountains erupted from an approximately 200 m long fissure. After several weeks eruptive activity focused at a single vent where the fountains built a horseshoe-shaped spatter cone feeding a channelized lava flow.

The eruption site was approximately 10 km from the nearest populated region and about 2.6 km from the peninsula’s south coast road, so not in the immediate vicinity of critical infrastructure. The eruptive activity lasted for 6 months, and officially ended on September 18th, 2021.

After it ended, inflation suggested that magma was flowing into the area at depth. In late-December 2021, another intrusion and earthquake swarm followed, which appeared similar to the one in March 2020.

On July 30th, 2022, increased seismic activity reappeared on the Reykjanes Peninsula. Deformation around Fagradalsfjall suggested that magma from a shallow intrusion was approximately 1 km below the ground surface and on August 2nd, the IMO released a statement saying that an eruption near Fagradalsfjall in the coming days was likely.

The eruption began on August 3rd, 2022. At 1:18 p.m., a new fissure opened in Meradalir valley, located on the northern ridge of the March 2021 lava field. After the eruption onset, seismicity and deformation rates quickly slowed. Unlike the 2021 eruption, activity decreased significantly after less than three weeks. By the night of August 21st, there was no indication of volcanic activity at the eruption site, and the volcanic tremor had ceased. The IMO has not yet declared that the eruption was officially over, but all parameters show that it is highly unlikely to start again.

Source: USGS, HVO.

L’éruption de 2021 a parfois été spectaculaire et esthétique (Image webcam)

Loin d’être laide, l’éruption de 2022 fut moins spectaculaire (Image webcam)

Mort sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) // Death on Klyuchevskoy (Kamchatka)

Au moins six alpinistes russes sont morts en escaladant le Klyuchevskoy (Kamtchatka). Les sauveteurs n’ont pas pu atteindre six autres personnes en raison du mauvais temps. On pense que deux des alpinistes en détresse s’abritent dans un camp à 3 300 m d’altitude et quatre autres dans une tente à 4 000 m.
Le groupe de 12 personnes, dont deux guides, a commencé son ascension vers le sommet de 4 754 m le 30 août. Quatre jours plus tard, quatre alpinistes se seraient tués lors d’une chute à environ 4 000 m. Deux autres sont morts peu de temps après. L’un des guides se serait cassé la jambe et l’état des autres alpinistes n’est pas connu pour le moment.
À l’heure actuelle, la couleur de l’alerte aérienne est Jaune pour le Klyuchevskoy, tout comme pour le Bezymianny. Elle est Orange pour l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch.

Les volczns peuvent tuer sans être en éruption…
Source : médias d’information internationaux, KVERT.

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At least six Russian climbers have died while climbing Klyuchevskoy (Kamchatka). Rescuers were unable to reach another six climbers because of bad weather. Two of the climbers are believed to be sheltering in a camp at 3,300m above sea level, and another four in a tent at 4,000m.

The 12-strong group, which included two guides, began their ascend to the 4,754m summit on August 30th. Four days later, four climbers are believed to have been killed instantly after a fall at about 4,000m. Another two died shortly afterwards. One of the guides is reported to have broken his leg and the condition of the remaining climbers was not immediately known.

At the moment, the aviation colour code fo Klyuchevskoy is Yellow, as vell as for Bezymianny. It is Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch.

Volcanoes can kill without erupting…

Source: International news media, KVERT

Crédit photo : KVERT

La vague de tsunami du Hunga-Tonga Hunga-Ha’apa // The Hunga-Tonga Hunga-Ha’apa tsunami wave

L’éruption du volcan tongien Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en janvier 2022 restera dans les annales. Ce fut l’une des plus puissantes éruptions des dernières décennies et elle a permis aux scientifiques de perfectionner leurs connaissances car ils ont pu recueillir une grande quantité d’informations. J’ai développé cet aspect de l’éruption dans des notes publiées les 24 janvier et 6 mars 2022.

En explosant, le volcan sous-marin a provoqué un tsunami qui s’est propagé rapidement dans tous les océans du globe. La vague s’est propagée à une vitesse record grâce aux ondes de gravité acoustiques générées par l’explosion. Les scientifiques expliquent qu »un phénomène de résonance a permis d’amplifier le tsunami et de faire voyager la vague à une vitesse bien supérieure aux tsunamis classiques.

Une autre particularité de la vague de tsunami est sa hauteur. D’après une étude récente publiée dans la revue Ocean Engineering,, elle aurait atteint une hauteur de 90 mètres à son point de départ, soit environ neuf fois la hauteur du tsunami qui a frappé les côtes du Japon le 11 mars 2011, avec à la clé la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima. Ce dernier tsunami avait été causé par un très puissant séisme le long des côtes japonaises. Un autre puissant tsunami a également frappé le Chili en 1960. Que ce soit au Japon ou au Chili, la hauteur initiale de la vague a été estimée à une dizaine de mètres, autrement dit rien en comparaison de celle générée lors de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai.

Les tsunamis de 2011 et 1960 ont pourtant été bien plus dévastateurs et meurtriers. Plus de 18.000 personnes ont péri en 2011, alors que le tsunami du Hunga Tonga n’a causé la disparition que de quelques personnes. Les scientifiques prennent en compte plusieurs paramètres pour expliquer cette différence de bilan. Il y a la distance entre la source du tsunami et les terres, la morphologie du plancher océanique et du littoral, mais également d’autres facteurs, comme la fusion de plusieurs vagues, comme cela semble s’être produit en 2011. À l’approche des côtes, une vague de tsunami peut ainsi être soit être atténuée, ou bien amplifiée.

Le volcan Hunga Tonga est situé à environ 70 kilomètres des îles Tonga. C’est probablement cette distance qui a permis d’éviter le pire. La hauteur maximale mesurée sur les côtes a été d’un peu moins d’1,50 mètre, ce qui a tout de même été suffisant pour causer d’importants dégâts.

L’éruption du volcano tongien Hunga Tonga-Hunga Ha’apai et la vague de tsunami qui a suivi montrent la nécessité de développer la surveillance des volcans sous-marins qui est très imparfaite à l’heure actuelle. Comme je le fait souvent remarquer, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que le fond de nos océans. Le récent événement aux Tonga nous rappelle que les volcans sous-marins représentent une menace au moins aussi sérieuse que les puissants séismes. Si le Hunga Tonga avait été situé à proximité des côtes, la situation aurait été dramatique.

Source: Yahoo News, Futura Science.

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The eruption of the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano in January 2022 will go down in history. It was one of the most powerful eruptions of the last decades and it allowed scientists to improve their knowledge because they were able to collect a large amount of information. I developed this aspect of the eruption inposts published on January 24th and March 6th, 2022.
When exploding, the underwater volcano caused a tsunami which spread rapidly in all the oceans of the globe. The wave travelled at record speed thanks to the acoustic gravity waves generated by the explosion. The scientists explain that a resonance phenomenon made it possible to amplify the tsunami and to make the wave travel at a speed much higher than conventional tsunamis.
Another peculiarity of the tsunami wave was its height. According to a recent study published in the journal Ocean Engineering, it probably reached a height of 90 meters at its starting point, about nine times the height of the tsunami that hit the coasts of Japan on March 11th, 2011, with the disaster at the Fukushima nuclear power plant. This last tsunami was caused by a very powerful earthquake along the Japanese coast. Another powerful tsunami also hit Chile in 1960. Whether in Japan or Chile, the initial height of the wave was estimated at ten meters or so, in other words nothing compared to that generated during the eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai.
The 2011 and 1960 tsunamis, however, were far more devastating and deadly. More than 18,000 people died in 2011, while the Hunga Tonga tsunami caused the deaths of only a few people. Scientists take into account several parameters to explain this difference in the number of casualties. There is the distance between the source of the tsunami and the land, the morphology of the ocean floor and the coastline, but also other factors, such as the merger of several waves, as it seems to have happened in 2011. When it approaches the coast, a tsunami wave can thus either be attenuated or amplified.
The Hunga Tonga volcano is located about 70 kilometers from the Tonga Islands. It is probably this distance that made it possible to avoid the worst. The maximum height measured on the coast was just under 1.50 meters, which was still sufficient to cause significant damage.
The eruption of the Tongan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano and the tsunami wave that followed show the need to develop monitoring of submarine volcanoes which is very imperfect at present. As I often point out, we know the surface of Mars better than the bottom of our oceans. The recent event in Tonga reminds us that underwater volcanoes pose at least as serious a threat as powerful earthquakes. If Hunga Tonga had been located near the coast, the situation would have been disastrous.
Source: Yahoo News, FuturaScience.

Vue du cratère creusé par l’explosion (Source: Tonga Geological Services)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) indique que l’essaim sismique sur l’île de Taʻū dans les Samoa américaines se poursuit. Le réseau sismique de l’USGS a détecté au moins 30 événements suffisamment importants pour être ressentis par les habitants des îles Manuʻa. Cependant, aucun séisme susceptible de causer des dégâts n’a été signalé à l’intérieur de cet essaim.
Les données sismiques confirment que la source de cette sismicité est stable et n’a pas bougé depuis plusieurs jours.
Les scientifiques ne sont pas en mesure de dire si l’activité sismique actuelle peut déboucher sur une éruption volcanique, ni à quel endroit une éruption pourrait se produire. Selon le HVO, une telle éruption pourrait présenter des risques importants pour la population des Samoa américaines : gaz et cendres volcaniques, coulées de lave, séismes et tsunami.
Dans les semaines à venir, l’USGS installera des récepteurs GPS pour améliorer le réseau de surveillance des îles Manuʻa.
La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source : USGS, HVO.

Source: USGS

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Dans un bulletin émis le 31 août 2022, l’OVPF indique que depuis le 28 août 2022 une hausse de la sismicité est observée sous le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). 20 séismes volcano-tectoniques ont été enregistrés le 28 août, 24 le 29 août et 41 le 30 août. Ces séismes de faible magnitude sont localisés sous le cratère Dolomieu entre 1,5 et 2,5 km de profondeur. Cette sismicité fait suite à plus de 7 mois d’inflation de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise.
Cette inflation est liée à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel à environ 1,5-2 km de profondeur. Ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe, donnant ainsi lieu à une éruption, mais peut également s’arrêter sans qu’aucun événement éruptif se produise. (Personnellement, j’appelle cela une prévision de Normand!)
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance

Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange our l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

Klyuchevskoy (Crédit photo: KVERT)

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Le 23 août 2022, le maire de Lipari a publié une nouvelle ordonnance définissant l’accès au Stromboli (Sicile) dont il a la charge administrative.

https://drive.google.com/file/d/16t_wRRQ2gwOtV0eJo4R_Vq4GYKA5KeL8/view

On peut lire en particulier que l’accès au volcan est formellement interdit aux visiteurs au-dessus de 290 mètres d’altitude et jusqu’au sommet.

L’accès est interdit sur le versant côté Ginostra par le sentier de Punta Corvi au-dessus de 130 mètres d’altitude et jusqu’au sommet.

Toujours côté Ginostra, l’accès peut se faire avec l’accompagnement obligatoire des guides depuis 130 m jusqu’à 400 mètres d’altitude.

Toute personne ne respectant pas ces conditions d’accès recevra une amende de 500 euros.

Les guides qui enfreindraient la lois seront révoqués.

Source: Eolie News.

Photo: C. Grandpey

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Le 29 août 2022, une explosion au niveau du Dôme 4 du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) a généré un panache riche en téphra qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère. L’explosion a également généré une coulée pyroclastique qui est descendue jusqu’à 500 m sur les flancs E et SE. Le niveau d’alerte reste au Jaune. Le public doit rester à au moins 2 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

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Des anomalies thermiques d’intensité variable ont été détectées sur les images satellitaires des cratères N et S de l’Erta Ale (Éthiopie) en août 2022. Le 1er août, il y avait deux anomalies dans le cratère S et aucune dans le cratère N. Le 16 août, deux anomalies étaient à nouveau visibles dans le cratère S, tandis qu’une grande anomalie occupait le cratère N. Les nuages ont empêché de faire de bonnes observations les jours suivants mais une anomalie était encore visible dans le cratère S.
Source : Réseau Sentinel.

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L’éruption du Merapi (Indonésie) se poursuit, avec une intensification de la sismicité fin août. Le nombre de séismes profonds a augmenté et a indiqué une activité magmatique à moins de 1,5 km. Plusieurs avalanches descendent toujours la ravine de la Bebeng sur le flanc SO, jusqu’à 1,8 km de distance. La hauteur des dômes de lave SO et central reste inchangée. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet selon les endroits.
Source : BPPTKG.

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Sans oublier, le 25 août 2022, la sortie du livre « Histoire de Volcans » de Dominique Decobecq et Claude Grandpey. Il est disponible dans tous les bonnes librairies au prix de 39 euros.

Comme écrit sur la 4ème de couverture, « cet ouvrage vous propose un voyage tout en couleur à travers photographies et documents historiques de premier plan. »

 

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that the earthquake swarm related to Taʻū Island in American Samoa continues. The USGS seismic network has detected at least 30 earthquakes that were large enough to be felt by people on the Manuʻa Islands. However, no physically damaging earthquakes have been reported as part of this swarm.

Seismic data confirms that the source location of the earthquakes is stable and has not moved for many days.

Scientists are not able to say whether this earthquake unrest will escalate to a volcanic eruption and exactly where an eruption might occur. According to HVO, such an eruption could pose significant hazards to residents of American Samoa: volcanic gases, volcanic ash, lava flows, earthquake shaking, and tsunami.

In the coming weeks, USGS staff will install GPS receivers to improve the Manuʻa Islands’ monitoring network.

The Aviation Color Code remains at Yellow.

Source: USGS, HVO.

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In a bulletin released on August 31st, 2022, OVPF indicates that since August 28th, 2022 an increase in seismicity has been observed beneath Piton de la Fournaise (Reunion Island). 20 volcano-tectonic earthquakes were recorded on August 28th, 24 on August 29th and 41 on August 30th. These low magnitude earthquakes were located under the Dolomieu crater between 1.5 and 2.5 km deep. This seismicity follows more than 7 months of inflation of the base and summit of Piton de la Fournaise.
This inflation is linked to a pressurization of the shallow magma reservoir at a depth of about 1.5-2 km. This process of recharge can take several days to several weeks before the reservoir roof weakens and ruptures, triggering an eruption, but the process can also stop without any eruptive event occurring.
The volcanic alert level remains at « Vigilance » (Watch).
Source: OVPF.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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On August 23rd, 2022, the mayor of Lipari published a new ordinance defining access to the volcano of Stromboli (Sicily) which he manages administratively.
https://drive.google.com/file/d/16t_wRRQ2gwOtV0eJo4R_Vq4GYKA5KeL8/view
We can read in particular that access to the volcano is strictly forbidden to visitors above 290 meters above sea level and up to the summit.
Access is prohibited on the Ginostra side by the Punta Corvi trail above 130 meters and up to the summit.
Still on the Ginostra side, access can be done with the compulsory accompaniment of guides, from 130 m to 400 meters above sea level.
Anyone who would not respect these conditions of access will be fined 500 euros.
Guides who break the law will be revoked.
Source: Eolie News.

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On August 29th, 2022, an explosion at Dome 4 in Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) produced a plume with a high tephra content that rose 2 km above the crater. The explosion also generated a pyroclastic flow that descended less than 500 m on the E and SE flanks. The Alert Level remains at Yellow. The public should stay at least 2 km away from the crater.

Source: SERNAGEOMIN.

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Thermal anomalies of variable intensities at Erta Ale’s N and S pit craters (Ethiopia) were periodically identified in satellite images during August 2022. On August 1st, there were two anomalies in the S pit crater and none in the N pit crater. On August 16th, two anomalies were again visible in the S pit crater while one large anomaly occupied the N crater. Clouds obscured views on the following days but an anomaly was still visible in the S pit crater.

Source: Sentinel Hub

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The eruption at Merapi (Indonesia) continues, with an intensifisation of seismicity by the end of August. The number of deep volcanic earthquakes increased and indicated magmatic activity at depths less than 1.5 km. Several lava avalanches travel down the Bebeng drainage on the SW flank, reaching a distance of 1.8 km. The height of the SW and central lava domes remains unchanged. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source: BPPTKG.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm