Réchauffement climatique: la cause de la sécheresse au Chili // Global warming: the cause of the drought in Chile

Une note publiée sur ce blog le 13 août 2021 s’accompagnait de deux images satellites montrant le déficit de neige sur la Cordillère Andes en 2021. De nombreux sommets de la célèbre chaîne de montagne qui longe la bordure occidentale du continent sud-américain, ont peu de neige ou pas du tout. Les niveaux de précipitations actuels pour l’ensemble de la Cordillère des Andes confirment qu’il n’a pas neigé du tout ou très peu. Comme c’est en ce moment l’hiver dans l’hémisphère sud; les Andes devraient connaître des chutes de neige abondantes, mais ce n’est pas le cas.

Une étude publiée le 26 août 2021 dans le Journal of Climate explique qu’une poche d’eau chaude dans le Pacifique sud provoque depuis une dizaine d’années une mégasécheresse au Chili, et que le réchauffement climatique est en grande partie responsable de cette situation.
Cette poche d’eau chaude – le « Southern Blob » comme l’appellent les Anglo-saxons – se trouve à l’est de la Nouvelle-Zélande et génère des conditions climatiques chaudes et sèches au Chili, avec la fonte des calottes de neige et de glace sur les Andes, l’assèchement des réservoirs d’eau et la triste transformation de paysages autrefois luxuriants. En 2021, les autorités chiliennes ont été contraintes de transporter de l’eau par camion pour alimenter quelque 400 000 personnes vivant dans les zones rurales.
Les chercheurs ont découvert que le changement climatique d’origine anthropique est en grande partie responsable de la poche d’eau chaude dans le Pacifique et de la sécheresse qui s’ensuit. La variabilité naturelle des températures océaniques et atmosphériques a probablement joué un rôle elle aussi.
Cette gigantesque poche d’eau chaude – plus vaste que la zone continentale des États-Unis – présente actuellement une température supérieure de 1,5°C à ce qu’elle était il y a 40 ans. Il faut tout de même remarquer que les zones de l’océan situées à proximité se sont réchauffées beaucoup plus lentement pendant la même période, de seulement 0,2°C à 1°C.
La chaleur de cette poche d’eau réchauffe l’air directement au-dessus d’elle et les vents transportent l’air chaud vers le Chili. Cela a un impact sur la pression atmosphérique , affecte les précipitations et entraîne des conditions sèches au Chili.
La mégasécheresse actuelle persiste au Chili depuis 2010. Certains scientifiques et hommes politiques ont commencé à mettre en garde contre de possibles pénuries d’eau à long terme dans le centre du pays, région de vignobles et de fermes.
On sait que les poches d’eau chaude dans l’océan apparaissent régulièrement, puis se dissipent en quelques années. Toutefois, la durée et l’intensité de réchauffement de la poche d’eau dans le Pacifique sud dépassent largement ce qui pourrait se produire naturellement. Les scientifiques expliquent que des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer exactement le rôle joué par le réchauffement climatique dans ce phénomène, mais les résultats sont préoccupants.
Le fait qu’une bande d’eau chaude qui ‘étend sur plus de 8 millions de kilomètres puisse avoir un impact sur des conditions climatiques au Chili, donc à des milliers de kilomètres, montre à quel point le réchauffement climatique affectera notre planète.
Source : Yahoo News.

—————————————-

A post released on August 13th, 2021 was illustrated by two satellite images showing the lack of snow in the Andes in 2021 compared with 2020. Many peaks in the famed range, which runs along the South American continent’s western edge, have either sparse snow or totally bare ground. The current precipitation levels for the entire Cordillera Andes range show that it has either not snowed at all or has snowed very little. Because it’s winter in the Southern Hemisphere, the mountain range should be seeing peak snowfall.

A study published on August 26th, 2021 in the Journal of Climate explains that a blob of warm water in the southern Pacific is fueling a decade-long megadrought in Chile, and climate change is largely to blame.

The « Southern Blob » east of New Zealand is driving hot and dry conditions in Chile, with snow caps melting on the Andes, reservoirs running low and once-lush landscapes withered. Chilean authorities in 2021 were forced to truck water to some 400,000 people living in rural areas.

Researchers have found that human-driven climate change is largely behind the blob, and the ensuing drought. Natural variability in ocean and atmospheric temperatures also played a role.

That massive blob – wider than the continental United States – is now 1.5°C warmer than it was 40 years ago. Areas of nearby ocean, however, have warmed much more slowly during that time, and are just 0.2°C to 1°C warmer.

The heat from the blob warms the air directly above it and winds carry the heated air toward Chile. This impacts pressure trends, affecting rainfall and resulting in dry conditions in Chile.

The current megadrought has persisted in Chile since 2010. Some scientists and politicians have begun warning of possible long-term water shortages in the central region, home to vineyards and farms.

Ocean blobs are known to regularly occur, dissipating within a couple of years. But the Southern blob’s prolonged and pronounced rate of warming is beyond what might occur naturally.The scientists say more research is needed to determine exactly how much of a role climate change is playing in this phenomenon, but the findings are cause for worry.

The fact that a swathe of warm water, even one spanning more than 8 million kilometres, could impact conditions thousands of kilometres away in Chile shows how broadly climate change will affect the planet.

Source: Yahoo News.

Enneigement de la Cordillère des Andes au ceur de l’hiver austral 2020 et 2021 (Source: Copernicus)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au Kamtchatka, l’activité strombolienne se poursuit sur le Klyuchevskoy et une coulée de lave avance toujours dans la ravine Apakhonchich sur le flanc SE. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée à l’Orange le 8 octobre 2020.

Un important épisode éruptif s’est produit sur le Bezymianny dans la soirée du 21 octobre 2020, avec un panache de cendres qui s’est élevé à une dizaine de kilomètres au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est d’abord passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange pendant la nuit après la fin de l’éruption. Les données satellitaires ont montré un volumineux nuage de cendres s’étirant sur environ 75 km à l’ouest du volcan.

Des explosions ont été observées sur le Karymsky, avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 4 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

La couleur de l’alerte aérienne est également Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch.
Source: KVERT.

+++++++++

Dans les Aléoutiennes (Alaska), aucun signal de tremor, aucune activité éruptive et aucune anomalie thermique de surface n’ont été enregistrés sur le Pavlof au cours des deux dernières semaines. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été abaissés respectivement à Normal et Vert.

La sismicité a diminué régulièrement sur le Great Sitkin au cours des derniers mois et est maintenant à un niveau normal pour ce volcan. Aucune activité éruptive et aucune anomalie thermique n’ont été observées dans l’imagerie satellite. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été abaissés respectivement à Vert et à Normal.
Source: AVO.

++++++++++

En Equateur, un niveau d’activité élevé continue à être observé sur le Reventador. Des émissions de gaz, de vapeur et de cendres sont observées jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. La nuit, on peut voir de l’incandescence au niveau du cratère et les blocs incandescents dévalent  les flancs du volcan. La coulée de lave de 400 m de long sur le flanc NE reste active mais ne progresse plus.

Un niveau d’activité élevé est signalé sur le Sangay. La sismicité se caractérise par des explosions, des épisodes de tremor harmonique, des séismes longue période et des signaux indiquant des émissions. Les panaches de cendres s’élèvent de 570 à 2100 m au-dessus du sommet.
Sourxe: Instituto Geofisico (IG).

++++++++++

Des explosions sont enregistrées sur le Villarrica (Chili), associées à des séismes longue période. Les explosions éjectent des matériaux incandescents au-dessus du cratère et déposent des tephra sur le flanc E jusqu’à 3 km de distance. La bouche éruptive présente un diamètre de 5 à 6 m, à une profondeur de 150 m sous la lèvre du cratère. Le niveau d’alerte reste Jaune pour le volcan et pour les localités proches du volcan, avec une zone d’exclusion pour le public de 500 m autour du cratère.
Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Les répliques sont de plus en plus espacées et moins fortes après le séisme du 21 octobre 2020 qui a atteint une magnitude de M 5,6 dans la Péninsule de Reykjanes (Islande). À en juger par les sismogrammes, l’événement avait une origine tectonique, même si certaines personnes ont signalé une odeur de soufre. Comme je l’ai déjà indiqué, de tels témoignages sont parfois observés lors de puissants tremblements de terre dans le monde. Les scientifiques de l’IMO ne prévoient aucune activité volcanique à la suite de ce séisme.

++++++++++

Dernière minute: Une intensification de l’activité strombolienne dans le Nouveau Cratère Sud-Est et la Bocca Nuova de l’Etna (Sicile) a généré de volumineux panaches de cendre atteignant 2 ,5 km d’altitude le 23 octobre 2020. La couleur de l’alerte aérienne a momentanément été élevée au Rouge avant d’être rabaissée à l’Orange.

En conséquence, l’aéroport de Catane a été fermé à 9h30 (heure locale). Le trafic aérien est redevenu normal en fin de matinée.

Source : La Sicilia.

—————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

In Kamchatka, strombolian activity continues at Klyuchevskoy and a lava flow is still advancing down the Apakhonchich drainage on the SE flank. The Aviation Colour Code was raised to Orange on October 8th, 2020.

A powerful eruptive episode occurred at Bezymianny in the evening of October 21st, 2020, with an ash plume that rose about 10 km above sea level. The Aviation Colour Code was first raised to Red and later lowered back to Orange during the night after the end of the eruption has finished. Satellite data showed a large ash cloud moving about 75 km west of the volcano.

Explosions have been observed at Karymsky, with ash plumes rising up to 4 km above sea level. The Aviation Colour Code has been raised to Orange.

The Aviation Colour Code is also Orange for Ebeko and Sheveluch.

Source: KVERT.

+++++++++

n the Aleutians (Alaska), no seismic tremor was recorded at Pavlof during the past two weeks, with no eruptive activity or unusual surface temperatures. The Volcano Alert Level and the Aviation Colour Code have been lowered to Normal and Green, respectively.

Seismicity at Great Sitkin has been steadily decreasing for the past several months and is now at background levels. No eruptive activity or unusual surface temperatures have been observed in satellite imagery. The Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level have been lowered to Green and Normal, respectively.

Source: AVO.

+++++++++

In Ecuador, a high level of activity continues at Reventador. Multiple gas, steam, and ash emissions are observed as high as 1 km above the summit. Crater incandescence and incandescent blocks rolling down the flanks are observed at night. The 400-m-long lava flow on the NE flank remains active but no longer advances.

A high level of activity is reported at Sangay. Seismicity is characterized by explosions, harmonic tremor, long-period earthquakes, and signals indicating emissions. Ash plumes are rising 570-2,100 m above the summit.

Sourxe: Instituto Geofisico (IG).

++++++++++

Explosions are recorded at Villarrica (Chile), associated with long-period seismicity. They eject incandescent material above the crater rim and deposit tephra on the E flank as far as 3 km. The eruptive vent is 5-6 m in diameter at a depth of 150 m below the crater rim. The Alert Level remains at Yellow for the volcano and for the municipalities close to the volcano, with an exclusion zone for the public of 500 m around the crater.

Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Aftershocks are getting more spaced and less powerful after the event of October 21st, 2020 whichh reached a magnitude of M 5.6 in the Reykjanes Peninsula (Iceland). Judging from the seismograms, the event had a tectonic origin, even though some people reported a smell of sulphur. As I put it before, similar evidence is sometimes observed during powerful quakes in the world. IMO scientists do not expect any volcanic activity to follow the earthquakes.

++++++++++

Latest : An episode of increased activity at Mt Etna’s NSEC and Bocca Nuova (Sicily) generated voluminous ash emissions up to 2.5 km above sea level in the morning of October 23rd, 2020. The Aviation Colour Code was momentarily raised to Red, then lowered back to Orange.

As a consequence, Catania airport was closed at 09:30 (local,time). Flights returned to normal later in the morning. .

Source: La Sicilia.

Le Villarrica vu depuis l’espace (Source : NASA)

La vie à l’extrême // Life in extreme conditions

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la vie est présente dans les environnements les plus extrêmes. Des espèces dites extrêmophiles se sont développées autours des « fumeurs noirs », bouches hydrothermales au fond des océans, avec des colonies de palourdes, des crabes blancs, des crevettes et des vers géants pouvant atteindre 2 mètres de long. Des bactéries prospèrent elles aussi dans l’environnement à haute température des sources chaudes et des mares de boue à Yellowstone ou au Kamchatka. .

La vie est aussi présente à très haute altitude. Quand j’ai visité l’altiplano chilien et bolivien, j’ai été surpris par l’adaptabilité des animaux à un tel environnement. A côté des lamas et des alpagas que l’on trouve jusqu’à 4800 m – l’altitude du Mont Blanc dans l’hémisphère nord – on rencontre des guanacos, petits camélidés qui peuvent ne pas boire pendant de longues périodes. Il en va de même des vigognes qui vivent entre 3 700 et 5 000m d’altitude. Leur épaisse couche de laine leur permet de lutter contre l’irradiation intense du soleil dans la journée et la nuit glaciale dans les déserts des hautes plaines andines. A noter que la laine de la vigogne est de grande qualité et peut atteindre des prix très élevés. Les viscaches sont plus discrètes et plus difficiles à voir. Elles vivent à des altitudes comprises entre 4 000 et 5 000 m. Rencontrées souvent au milieu des rochers, elles signalent l’approche d’un prédateur par de longs sifflements, un peu comme les marmottes de nos montagnes.  A côté de ces animaux, on trouve également le renard de magellan jusqu’à 4500 mètres d’altitude, ou le tatou des Andes, espèce endémique de l’Altiplano andin en Bolivie, au Chili, en Argentine et au Pérou, et dont la population a malheureusement diminué de 30 % en dix ans.

Des biologistes chiliens et méricains viennent de réaliser que les plus hauts sommets du monde ne sont pas vierges de toute vie, comme on le pense généralement. Lors d’une expédition dans les montagnes du nord du Chili au début de 2020, ils ont pu observer et capturer une souris à oreilles feuilles croupion jaune (Phyllotis xanthopygus rupestris) à 6600 mètres d’altitude, au sommet volcan chilien Llullaillaco. La souris a battu le record du monde d’altitude pour un mammifère observé par les scientifiques. L’année dernière, la même espèce de souris avait été repérée à 6100 m.
Dans une étude publiée dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences, les chercheurs donnent des détails sur leur découverte et expliquent qu’elle pourrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre comment les mammifères s’adaptent et survivent à des conditions difficiles à haute altitude. Ils expliquent qu’ils ont peut-être sous-estimé les limites d’altitude supportables par certaines espèces et les tolérances physiologiques des petits mammifères. Ces lacunes sont probablement dues au fait que les plus hauts sommets du monde restent relativement inexplorés par les biologistes.
La souris à oreilles feuilles et croupion jaune vit dans les montagnes des Andes, mais également au niveau de la mer, ce qui en fait un mammifère intéressant pour les scientifiques. Les biologistes avaient installé de petits pièges pour capturer les rongeurs à des fins d’étude, mais un chercheur a réussi à saisir une souris à la main alors qu’elle courait se réfugier sous un rocher.
Ce qui est surprenant, c’est que ces souris non seulement survivent mais se reproduisent facilement dans cet environnement hostile. Elles montrent à quels environnement extrêmes la vie est capable de s’adapter.
La souris n’était pas le seul rongeur à avoir battu un record d’altitude pendant l’expédition. Les chercheurs ont également découvert une souris à oreilles feuilles Lima (Phyllotis limatus) à 5 000 m. Elle bat le précédent record d’habitat en altitude pour cette espèce.
Source: C / Net.

Voici une petite vidéo montrant la capture de la souris :

 https://youtu.be/DGUDXs8Z31A

——————————————

Contrary to what many people think, life is present in the most extreme environments. So-called extremophile species develop around « black smokers », hydrothermal vents at the bottom of the oceans, with colonies of clams, white crabs, shrimps and giant worms that can reach 2 metres in length. Bacteria thrive as well in the high temperature environment of hot springs and mud pools.
Life is also present at very high altitude. When I visited the Chilean and Bolivian altiplano, I was surprised by the adaptability of the animals to such an environment. Next to the llamas and alpacas that can be found up to 4800 m – the altitude of Mont Blanc in the northern hemisphere – there are guanacos, small camelids that may not drink for long periods. The same goes for vicuñas which live between 3,700 and 5,000m above sea level. Their thick layer of wool allows them to fight against the intense irradiation of the sun during the day and the freezing night in the deserts of the high Andean plains. Note that the wool of the vicuña is of high quality; it can reach very high prices. Viscaches are more inconspicuous and more difficult to see. They live at altitudes between 4,000 and 5,000 m. Often observed among the rocks, they signal the approach of a predator by long whistles, a bit like the marmots of our mountains. Beside these animals, one can also find the magellan fox up to 4500 meters above sea level, or the Andes armadillo, endemic to the Andean Altiplano in Bolivia, Chile, Argentina and Peru, whose population has unfortunately decreased by 30% in ten years.

U.S. and Chilean biologists have just realised that the world’s highest summits are not as desolate as they once thought. During a mountaineering expedition in northern Chile in early 2020, they spotted and captured a yellow-rumped leaf-eared mouse (Phyllotis xanthopygus rupestris) atop the 6,600 m summit of the Chilean volcano Llullaillaco. The mouse broke the world record for the highest-dwelling mammal documented by scientists to date. Last year, the same species of mouse was spotted at 6,100m.

In a study published in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, the researchers document their discovery and explain that it could help scientists better understand how mammals adapt to and survive harsh conditions at high altitudes. The researchers say they may have underestimated the altitudinal range limits and physiological tolerances of small mammals simply because the world’s highest summits remain relatively unexplored by biologists.

The yellow-rumped leaf-eared mouse dwells high in the Andes mountains but also lives at sea level, which makes it an interesting mammal for scientists to study. Even though the scientists had set small traps to capture rodents for study, one of them actually caught the mouse by hand when he spotted it scurrying under a rock.

The surprising thing is that these mice not only survive but apparently thrive in this harsh environment. They show to what extremes life is capable of.

The mouse was not the only rodent breaking records during the expedition. The researchers also found a Lima leaf-eared mouse (Phyllotis limatus) at 5,000 m. That surpassed previous altitude-dwelling records for this species.

Source: C/Net.

Here is a short video showing a biologis catching the mouse:

https://youtu.be/DGUDXs8Z31A

Lamas et vigognes se sont parfaitement adaptés à la très haute altitude (Photos : C. Grandpey)

Séismes et éruptions volcaniques // Earthquakes and volcanic eruptions

A l’issue de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », les gens me demandent souvent s’il existe un lien entre les séismes et les éruptions volcaniques. Je réponds que dans certaines circonstances, on a cru voir un lien et que, dans d’autres, le lien était loin d’être évident. Cependant, j’insiste sur le fait que la sismicité est présente avant une éruption car le magma provoque une fracturation des roches pendant son ascension et cette fracturation est enregistrée par les sismomètres.
Les séismes d’origine tectonique – provoqués par les mouvements des plaques, en particulier dans les zones de subduction – font partie des phénomènes naturels les plus impressionnants sur Terre. Rien d’étonnant à ce qu’ils soient parfois associés au déclenchement des éruptions volcaniques. Les volcans sont souvent situés dans des régions sismiques comme la célèbre Ceinture de Feu du Pacifique. On y enregistre 90% des séismes et on y rencontre 75% de tous les volcans actifs de la planète. Les éruptions et les tremblements de terre ont souvent lieu à peu près au même moment; Cependant, on ne peut affirmer qu’il existe un lien direct entre un séisme et une éruption qui a eu lieu peu de temps après le premier événement. Le volcan était peut-être déjà sur le point d’entrer en éruption, ou bien il était déjà en éruption depuis longtemps.
Des études récentes laissent supposer qu’il pourrait exister un lien entre les séismes et les éruptions volcaniques dans certaines situations. Par exemple, un article paru en 1993 établit un lien entre un séisme de magnitude M 7,3 en Californie et des manifestations volcaniques et géothermales observées immédiatement après. Une étude publiée en 2012 estime qu’un séisme de magnitude M 8,7 au Japon en 1707 a entraîné la pénétration du magma dans une chambre peu profonde du Mont Fuji et déclenché une puissante explosion du volcan 49 jours plus tard. Le séisme de magnitude M 7,2 survenu le 29 novembre 1975 sur le Kilauea à Hawaii a été rapidement suivi d’une éruption de courte durée.

Cependant, il existe d’autres cas où un séisme majeur n’a pas été suivi d’une éruption. L’un des meilleurs exemples se situe au Japon en 2011. Les scientifiques japonais craignaient que le puissant séisme de Tohoku (magnitude M 9.1) le 11 mars 2011 réveille le Mont Fuji, ce qui ne s’est jamais produit!
A l’heure actuelle, les mécanismes de déclenchement des séismes ne sont pas bien compris, et les documents reliant les tremblements de terre à des éruptions ne s’appuient que sur des spéculations. Il est possible que le timing dans tous les exemples mentionnés ci-dessus soit juste une coïncidence. Les géologues doivent avant tout comprendre le déclenchement des séismes et exclure toute intervention du hasard avant d’établir un lien entre séismes et éruptions.

Parfois, il est fait référence à l’histoire pour montrer la corrélation entre les séismes et les éruptions volcaniques. Un document publié en 2009 a utilisé des données historiques pour montrer qu’il existe une relation entre un séisme de M 8,0 au Chili et un nombre d’éruptions en nette hausse sur certains volcans situés à une distance pouvant aller jusqu’à 500 km. Le problème est que de telles données historiques ne sont pas vraiment fiables. En effet, les grands séismes et les grandes éruptions volcaniques sont des événements relativement peu fréquents, et les scientifiques ne disposent pas d’un recul suffisant. Les archives fiables n’existent que depuis un demi-siècle ou un peu plus, selon les régions.
Dans le passé, les données provenaient de récits de voyages et de journaux de bord assez ambigus. Ainsi, en 1840, Darwin a recueilli des informations fournies par des témoins oculaires et relatives à des modifications mineures survenues sur des volcans chiliens à la suite du puissant séisme de 1836. Au final, en lisant les écrits de Darwin, on ignore si des éruptions ont eu lieu.
Des simulations ont été réalisées en laboratoire en 2016 et 2018 pour tenter de comprendre le comportement du magma dans la chambre magmatique et voir si ce comportement pourrait éventuellement déclencher des séismes. Cependant, aucune corrélation réelle entre les séismes et les éruptions volcaniques n’est ressortie de ces expériences.
Adapté d’un article de 2018 dans le National Geographic.

———————————————–

During my conference “Volcanoes and volcanic risks”, people often ask me whether there is a link between earthquakes and volcanic eruptions. I answer that on some occasions there appears to be some link and in other circumstances the link is far from clear. However, I insist that seismicity is always linked to an eruption and present before the event as magma causes the fracturing of rocks during its ascent and this fracturing is recorded by the seismometers.

Tectonic earthquakes – caused by the movement of plates, especially in subduction zones – are among the most powerful natural phenomena on the planet. It’s no surprise that they are sometimes suspected of being able to trigger volcanic eruptions. Earth’s volcanoes are often located in seismic parts of the world like the well-known Ring of Fire around the Pacific Ocean. This area hosts 90 percent of the world’s recorded earthquakes and 75 percent of all active volcanoes. Eruptions and earthquakes are often taking place at roughly the same time; however, you can’t automatically assume that there’s a connection between a given quake and a subsequent eruption. The volcano may have already been preparing to erupt, or it is already been erupting for a long time.

Recent studies suggest that a connection could potentially exist between earthquakes and volcanic eruptions in certain situations. For instance, a 1993 paper links an M 7.3 quake in California to volcanic and geothermal rumblings immediately afterward. And a 2012 study reckons that an M 8.7 earthquake in Japan in 1707 forced deeper magma up into a shallow chamber, triggering a huge blast at Mount Fuji 49 days later. There was also the M 7.2 earthquake on Hawaii’s Kilauea volcano on November 29th, 1975, which was quickly followed by a short-lived eruption.

However, there are other examples showing that a major earthquake has not been followed by an eruption. One of the best example was in Japan in 19 when Japanese scientists feared the powerful M 9.1 Tohoku earthquake on March 11th, 2011 might wake up Mount Fuji, which it never did!

The triggering mechanisms for earthquakes are not well understood, and papers linking quakes to later eruptions can really only speculate. It is quite possible that the timing in all these examples was just a coincidence. Geologists must understand the specific triggering and rule out chance before a connection can be definitively made.

Sometimes, reference is made to history to show the correlation between earthquakes and volcanic eruptions. A 2009 paper used historical data to show that that M 8.0 quakes in Chile are associated with significantly elevated eruption rates in certain volcanoes as far as 500 kilometres away. The problem is that these sorts of historical data are not really reliable. Indeed, major earthquakes and large volcanic eruptions are both relatively infrequent events, and scientists have only been reliably keeping these records for the last half century or more, depending on the region.

Many data points in the past come from fairly ambiguous news reports and journal entries. For instance, in 1840, Darwin gathered eyewitness information on some minor changes at Chilean volcanoes following the powerful quake there in 1836. However, it is unclear if any eruptions took place.

Simulations were performed in laboratory in 2016 and 2018 to try and understand magma behaves within the chamber and how this behaviour might eventually trigger earthquakes. However, no real correlation between earthquakes and volcanic eruptions came out of these experiments.

Adapted from a 2018 article in the National Geographic.

La Ceinture de Feu du pacifique, une zone sismique et volcanique très active (Source: Wikipedia)

Le Mont Fuji, un volcan sous surveillance (Crédit photo: Wikipedia)