La Soufrière de St Vincent : un calme trompeur // St Vincent’s La Soufriere : a deceptive calm

Selon les scientifiques de l’UWI, la période actuelle est souvent celle qui cause le plus de décès lors d’une éruption. Ils insistent sur le fait que même si l’activité éruptive traverse une accalmie, cela ne signifie pas que l’éruption est terminée. La zone rouge reste extrêmement dangereuse, même pendant ces accalmies, car personne ne sait combien de temps elles vont durer. D’autres explosions peuvent se produire en quelques minutes sans aucun signe avant-coureur. Le meilleur exemple est l’explosion qui a secoué le volcan le 20 avril après une accalmie de 41 heures.

Les géologues de l’UWI préviennent que le volcan pourrait à nouveau entrer en éruption dans une semaine, que l’on assiste ou non à la formation d’un dôme, ce qui reste une possibilité. Ils pensent aussi que le volcan n’a émis que le tiers des matériaux qu’une telle éruption est susceptible de produire.

Les scientifiques expliquent que lorsqu’un volcan entre dans ce genre de schéma éruptif où il semble ne rien se passer, les gens ont tendance à baisser la garde et deviennent imprudents. C’est alors qu’ils se font surprendre par une explosion.

Il existe beaucoup de points de vue à St Vincent, que ce soit dans les secteurs sous le vent ou au vent, pour observer La Soufrière. Il ne faut surtout pas que les gens se rendent à Rabacca comme ils le font souvent. En effet, Rabacca est l’une des principales ravines empruntées par les coulées pyroclastiques, mais aussi les lahars. La zone est à éviter à tout prix.

Source: UWI.

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UWI scientists also warn that the current period is often the one that causes the most deaths during an eruption. Scientists insist that although eruptive activity is going through a lull, it does not mean the eruption is over. Everywhere in the Red Zone is extremely dangerous, even during these lulls because nobody knows how long they will last. More explosions may happen within minutes without any other indication. The best example is the explosion tht shook the volcano on April 20th after a 41-hour lull.

UWI geologists warn that the volcano could erupt again within a week, whether or not it succeeds in building a dome, as it seems to be trying to do. They believe the volcano has only emitted one-third of the new material it is supposed to produce during the current eruption.

The scientists explain that when a volcano goes into this sort of pattern where it seems not to be doing very much, people tend to drop their guard and they do things that they should not be doing and they get caught out, even though they have been evacuated before. There are plenty of vantage points on both the leeward and windward sides of St. Vincent to observe La Soufriere and people do not need to go to Rabacca as they often do. Indeed, Rabacca is one of the primary paths for pyroclastic flows to come down. It is also a primary path for lahars. The area should be avoided at all cost.

Source : UWI.

Crédit photo : UWI

Nouvelle séquence explosive sur la Soufrière de St Vincent // New explosive eruption at St Vincent’s La Soufriere

Une nouvelle séquence explosive s’est produite le 13 avril 2021 à 6h30 du matin à La Soufrière de Saint-Vincent et elle s’est poursuivie jusqu’à 8h00. Les scientifiques de l’UWI indiquent que la colonne éruptive semble avoir au moins atteint la tropopause (la limite entre la troposphère et la stratosphère). Le volcan continue à montrer une activité explosive accompagnée de coulées pyroclastiques.

En ce qui concerne la sismicité, de brefs épisodes de tremor continu sont enregistrés, entrecoupés de séismes longue période (LP).

Les explosions génèrent des retombées de cendres qui devraient se poursuivre au cours des prochains jours ; la cendre pose des problèmes à Saint-Vincent et dans les îles voisines.

La NEMO indique que des coulées pyroclastiques ont dévaléu plusieurs vallées sur les flancs sud et ouest du volcan. Elles ont atteint la mer à Morne Ronde, Larikai, et Trois Loupes Bay. Des dégâts importants à la végétation sont observés dans une zone s’étendant de Larikai Bay à Turner Bay sur la côte nord-ouest. Aucune autre zone le long de la côte n’a été affectée par des coulées pyroclastiques, mais les villages situés sur le flanc est du volcan ont subi de fortes chutes de cendres.

Le niveau d’alerte reste ROUGE.

85 refuges avec 3 782 occupants sont désormais opérationnels. L’enregistrement des autres personnes qui ont cherché refuge auprès de leur famille et d’amis se poursuit.

Source: médias d’information locaux.

L’éruption d’aujourd’hui s’est produite à l’occasion du 42ème anniversaire de l’éruption de 1979.

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An explosive eruption occurred 6:30 am on April 13th, 2021 at St Vincent’s La Soufriere and continued until 8 am. UWI scientists say the eruption column seems to have reached the tropopause (the boundary between the Earth’s troposphere and the stratosphere) or higher. The volcano continues to erupt explosively and has now begun to generate pyroclastic flows.

As far as seismicity is concer,ned, short bands of continuous seismic tremor are recorded, interspersed with long-period earthquakes.

The explosions generate ashfall which is likely to continue over the next few days, impacting St. Vincent and neighbouring islands.

NEMO indicates that pyroclastic flows descended several valleys on the volcano’s southern and western flanks. They have reached the sea at Morne Ronde, Larikai, and Trois Loupes Bay. Extensive damage to vegetation is observed in an area extending from Larikai Bay to Turner Bay on the Northwest coast. No other areas along the coast were affected by pyroclastic flows, but villages located on the volcano’s eastern flank were affected by heavy ashfall.

The alert level remains RED.

85 shelters with 3,782 occupants are now activated, The registration of other persons who have sought refuge with family and friends continues.

Today’s eruption came on the volcano’s 42nd anniversary of the 1979 eruption.

Source: Local news media.

Colonne éruptive du 13 avril 2021 (Source : UWI)

Un drone pénètre dans un cratère d’explosion en Sibérie / A drone flies into an explosion crater in Siberia

Entre 2017 et 2020, j’ai rédigé plusieurs notes à propos de cratères d’explosion apparus en Sibérie, en particulier sur la Péninsule de Yamal. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer l’existence de ces cratères ; certaines ont même fait intervenir des extraterrestres !

La formation de deux de ces cratères sur la péninsule s’est accompagnée d’explosions suivies de flammes, ce qui confirme la libération de poches de méthane. On pense que les cratères se forment lorsque le méthane du sous-sol, piégé par le permafrost pendant des milliers d’années, est libéré en raison du réchauffement climatique et explose à l’intérieur des pingos. [Le mot inuit ‘pingo’ fait référence à des monticules de glace recouverts de terre.]

Au cours de l’été 2020, un groupe de chercheurs russes a étudié le dernier cratère d’explosion de 30 mètres de profondeur à s’être formé sur la Péninsule de Yamal pendant l’été de cette même année. Il fallait atteindre le site rapidement car ces cratères se remplissent d’eau et deviennent des lacs. Les scientifiques ont utilisé un drone pour voir l’intérieur du cratère.

Un fait majeur a été la découverte de deux cavités remplies de gaz qui ont fusionné pour n’en former qu’une seule avant l’explosion. L’approche du cratère avec le drone a été particulièrement difficile. Elle supposait que le scientifique – également pilote certifié –  s’allonge au bord du cratère et tienne la radio de contrôle du drone à bout de bras. Il a failli perdre l’engin à trois reprises mais a finalement obtenu environ 80 images du cratère. Il était impossible de voir tout l’intérieur du cratère depuis sa lèvre, en particulier les éventuelles cavernes dans la partie inférieure, mais ces cavités ont pu être observées sur le montage 3D réalisé à partir des images du drone

Les vues montrent sans le moindre doute que le cratère s’est formé de manière endogène, avec la glace qui fond, puis le pingo qui gonfle en raison de l’accumulation de gaz et finit par exploser.

Grâce au modèle 3D, les chercheurs ont pu observer la cavité de glace oblongue bien préservée où le gaz s’était accumulé. Comme mentionné ci-dessus, les images indiquent qu’au départ, il n’y avait pas une mais au moins deux cavités dans l’épaisseur de la glace. Au fur et à mesure que leur taille a augmenté, ces cavités ont fusionné pour former un unique espace souterrain avec un fond de forme elliptique. Le volume de la cavité finale est estimé à 7500 mètres cubes. À une pression d’environ 15 à 20 atmosphères, cela donne environ 112 000 à 150 000 mètres cubes.

Il semble que le cratère soit lié à une faille profonde et à un flux de chaleur anormal en provenance des profondeurs de la terre. La cause de l’explosion serait donc, au moins en partie, plus profonde que le méthane qui s’était accumulé près de la surface en raison d’un dégel des couches supérieures du pergélisol.

Les modèles 3D ont permis aux scientifiques de cartographier la forme complexe de la cavité souterraine qui semble s’être formée entre le 15 mai et le 9 juin 2020. Le cratère a été aperçu pour la première fois depuis un hélicoptère le 16 juillet.

Les chercheurs ont pu étudier les conditions cryogéologiques du cratère ainsi que la composition du pergélisol. Ils ont examiné les matériaux éjectés et les conditions de température sur le sol autour du trou béant. Ces informations permettront de mieux comprendre les conditions de formation de ces cratères dans l’Arctique. Les scientifiques ont identifié dans la péninsule de Yamal quelque 7 185 pingos, dont une partie risque d’exploser. Il ne faudrait pas oublier que la région comprend des réserves de gaz naturel vitales pour l’approvisionnement en Europe. Selon les scientifiques, cinq à dix pour cent des 7 185 pingos sont potentiellement dangereux. Le port de Sabetta qui permet l’exportation du gaz naturel liquéfié fait partie des sites sous la menace de ces bombes de gaz à retardement.

Source: The Siberian Times.

Vous trouverez d’excellentes illustrations sur le Siberian Times à cette adresse :

https://siberiantimes.com/other/others/news/drone-flies-inside-giant-yamal-permafrost-crater-for-first-time-dipping-15-metres-below-the-surface/

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Between 2017 and 2020, I wrote several posts about explosion craters that appeared in Siberia, in particular in the Yamal Peninsula. Several hypotheses were suggested to explain these craters, some of them mentioning extraterrestrial beings.

Two craters on the peninsula involved explosions followed by fire, obvious signs of the eruption of methane gas pockets under the Yamal surface. The craters are believed to form when underground methane gas, trapped by permafrost for thousands of years, is released due to the warming climate in this Arctic region and erupts inside pingo mounds. A pingo is an inuit word referring to an ice mound covered with earth.

In summer 2020, a group of Russian researchers surveyed the latest known 30-metre deep explosion crater on the Yamal Peninsula, formed in summer 2020. It was vital to get to it quickly because these holes rapidly fill with water, becoming lakes. They used a drone to get views of the inside of the crater.

A key finding was that the scientists identified two gas filled cavities which merged into one, and then exploded. The aerial survey of the crater with a drone was a very difficult task  It involved the scientist – also a certified pilot – having to lie down on the edge of the crater and dangle down his arms to control the drone. They got close to losing it three times, but got some 80 drone images from the crater. They could not see everything from above, especially the possible caverns in the lower part of the crater, but they can be seen with the 3D model made from the drone images

The results of the survey suggest unequivocally that the crater was formed endogenously, with ice melting, a heaving mound dynamically growing due to gas accumulation and finally exploding.

Thanks to the 3D model, the researchers were able to monitor a well-preserved oblong ice cavity where gas had been accumulating. As mentioned above, the images indicate that initially not one but at least two cavities were formed in the massive ice. As their size increased, these cavities merged into a single underground space with an elliptical bottom. The volume of the merged cavity is estimated at 7500 cubic metres. At a pressure of about 15-20 atmospheres, this gives approximately 112,000-150,000 cubic metres.

It seems the crater is linked to a deep fault and an anomalous terrestrial heat flow. This suggests that the reason for this eruption lay in part, at least, deeper than methane accumulating close to the surface due to a recent thawing of the upper layers of permafrost.

The 3D models allowed the scientists to map the complex shape of the underground cavity which appears to have formed between 15 May and 9 June 2020. It was seen for the first time from a helicopter on 16 July.

The researchers were able to study the cryo geological conditions of the crater along with the composition of permafrost. They examined the material ejected from the crater and  temperature conditions on the hole’s floor. This information will shed light on the conditions and formation of these unusual craters in the Arctic.

Scientists have identified in the Yamal Peninsula over 7,185 pingos, part of which has risk of exploding in a region which includes natural gas reserves vital for supplies in Europe. According to the scientists, five to ten per cent of these 7,185 pingos are really dangerous.

The port of  Sabetta which exports liquified natural gas is among the places threatened by the ticking time gas bombs.

Source: The Siberian Times. .

You will find excellent illustrations on the Siberian Times at this address:

https://siberiantimes.com/other/others/news/drone-flies-inside-giant-yamal-permafrost-crater-for-first-time-dipping-15-metres-below-the-surface/

Reconstitution de l’intérieur du cratère à l’aide des images fournies par le drone (Source :  Oil and Gas Research Institute – OGRI)

Gazoducs dans la Péninsule de Yamal (Source : Wikipedia)

Nouvel événement explosif sur le Stromboli (Sicile) // New explosive event on Stromboli Volcano (Sicily)

L’INGV indique qu’un événement explosif majeur a été enregistré le 16 novembre 2020 à 9 h 17 dans la zone centre-sud du la terrasse cratèrique du Stromboli. Il a généré un volumineux nuage de cendres d’environ 1 km de hauteur au-dessus du sommet du volcan, ainsi qu’une coulée pyroclastique qui a dévalé la Sciara del Fuoco jusqu’au littoral, avant de se déplacer à la surface de la mer sur environ 200 m. On avait observé un phénomène semblable le 28 août 2019.

Après cet événement, d’une durée de quelques minutes, l’activité strombolienne habituelle a repris. Du point de vue sismique, les signaux  montrent une séquence d’événements explosifs qui a débuté à 9:17, avec une durée totale d’un peu plus de 4 minutes. Les explosions se sont également accompagnées de signaux sismiques attribuables à des glissements de terrain. Aucune variation significative du tremor n’a été signalée.

Source : INGV.

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INGV reports that a major explosive event was recorded on November 16th, 2020 at 9:17 a.m. in the south-central area of the Stromboli crater terrace. It generated a voluminous ash plume about 1 km high above the summit of the volcano, as well as a pyroclastic flow that travelled along the Sciara del Fuoco down to the coast, before moving at the surface of the sea over about 200 m.A similar phenomenon had already been observed on August 28th, 2019.

After this event, which lasted a few minutes, the usual Strombolian activity resumed. Seismically, the signals show a sequence of explosive events that started at 9:17, with a total duration of just over 4 minutes. The explosions were also accompanied by seismic signals related to landslides. No significant variation in the tremor was reported.

Source: INGV.

Photo : C. Grandpey

Hausse du niveau d’alerte à White Island (Nouvelle Zélande) // The alert level for White Island (New Zealand) has been raised

Les scientifiques de GeoNet surveillent généralement à distance l’activité volcanique de White Island (Nouvelle-Zélande). Le 13 novembre 2020, ils ont observé de petites quantités de cendre volcanique à l’intérieur du panache de vapeur et de gaz ? Cette cendre s’est ensuite déposée sur l’île. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune.

Au cours d’un survol le 12 novembre, les scientifiques ont observé des dépôts de cendre sur certaines des webcams de l’île, et un panache plus sombre que d’habitude était parfois visible depuis le continent.

Les particules de cendre provenaient de la bouche de vapeur située à l’arrière du lac de cratère. Les premières analyses des particules montrent qu’il s’agit d’un matériau déposé autour de cette bouche et qui a été transporté par les émissions de vapeur et de gaz. Il ne semble pas s’agir de particules de magma juvénile. Globalement, les paramètres de surveillance du volcan ne montrent pas de changements significatifs.

Les observations effectuées pendant le vol montrent qu’il n’y a pas de modification majeure dans l’emplacement et la taille des bouches actives. Les récentes pluies ont formé une mare d’eau peu profonde sur le fond du cratère.

La probabilité que les cendres atteignent le continent lors d’éventuels événements explosifs reste faible. Il n’y a actuellement aucune indication d’un changement substantiel dans le comportement général du volcan.

Cependant, il faut garder à l’esprit qu’une explosion à White Island le 9 décembre 2019 a tué 21 touristes parmi lesquels deux sont portés disparus et déclarés morts. 26 personnes ont été blessées, souvent avec de graves brûlures. Il y avait 47 personnes sur l’île au moment de l’éruption.

Source: GeoNet.

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GeoNet scientists are mainly monitoring White Island (New Zealand) from a distance. On November 13th, 2020, they observed small amounts of volcanic ash the steam and gas plume, which later deposited on the island. As a consequence, the Volcanic Alert Level has been raised to Level 2 and the Aviation Colour Code to Yellow.

During an observation flight on November12th, the scientists observed occasional ash deposits on some of the islands’ webcams, and a darker than usual plume was also reported at times from the mainland.

The ash particles originated from the main steam vent at the back of the crater lake. Initial analyses of the particles suggest that it is loose material from around the vent being carried by the steam and gas emission. They do not seem to include juvenile magma particles.

Globally, the monitoring parametres do not show significant changes.

Observations during the flight revealed that there was no substantial change in the location and size of active vents. The rainfall has formed a shallow pool of water on the floor of the crater.

The likelihood of ash affecting the mainland during possible explosive events remains low. There are no indications currently of a substantial change in the overall behaviour of the volcano.

However, one should bear in mind that an explosive eruption at White Island on December 9th, 2019 killed 21 tourists, including two who are missing and declared dead. 26 people suffered injuries, many of whom suffered severe burns. There were 47 people on the island at the time of the eruption.

Source : GeoNet.

Photo : C. Grandpey

Nouveau cratère en Sibérie // New crater in Siberia

Un article du Siberian Times informe ses lecteurs qu’un nouveau cratère s’est ouvert la semaine dernière dans la péninsule russe de Yamal, avec des blocs de terre et de glace qui ont été projetés à des centaines de mètres de distance.
Le nouveau gouffre récemment formé est le 17ème du genre – et considéré comme le plus grand –  à s’être formé dans la Péninsule de Yamal depuis que le phénomène a été observé pour la première fois en 2014. Le nouveau cratère été découvert par hasard depuis un hélicoptère par une équipe de la télévision de Vesti Yamal qui passait par là
https://youtu.be/q3fQok8iQ94

Un groupe de scientifiques s’est ensuite rendu sur place pour examiner le grand cratère cylindrique qui présente une profondeur d’une cinquantaine de mètres. On pense que ces cratères parfois en forme d’entonnoir se forment par accumulation de méthane dans les poches de dégel du pergélisol.
Ces phénomènes géologiques ont été baptisés hydrolaccolithes ou bulgunnyakhs par les scientifiques car avant d’exploser, ils présentent un type de relief basé sur des buttes, elles-mêmes baptisées pingos. Ce sont des collines de glace recouvertes de terre et qui se rencontre dans les régions arctiques, subarctiques et antarctiques. Ces pingos explosent lorsque le méthane s’accumule sous une épaisse calotte de glace.
Des scientifiques russes ont affirmé que les activités humaines, comme les forages de gaz dans la Péninsule de Yamal, pourraient être un facteur déclencheur des explosions. Ces mêmes scientifiques sont préoccupés par le risque de catastrophes écologiques si des pingos se forment à proximité d’un gazoduc, d’une installation de production gazière ou de zones habitées. Dans un certain nombre d’endroits, les pingos – comme on le peut le voir sur les images satellites et sur le terrain – supportent littéralement des conduites de gaz.
Vous verrez d’autres cratères sur cette page du Siberian Times.
https://siberiantimes.com/other/others/news/giant-new-50-metre-deep-crater-opens-up-in-arctic-tundra/

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An article in The Siberian Times informs its readers that a new massive sinkhole opened up last week in the Russian Yamal Peninsula, with blocks of soil and ice thrown hundreds of metres from the hole.

The recently-formed new sinkhole is the 17th – and considered the largest – such hole to form in the Yamal Peninsula since the phenomenon was first observed in 2014. It was initially spotted by chance from the air by a Vesti Yamal TV crew.

https://youtu.be/q3fQok8iQ94

A group of scientists then made an expedition to examine the large cylindrical crater which has a depth of up to 50 metres. Such funnels are believed to be caused by the build up of methane gas in pockets of thawing permafrost under the surface.

These holes are called hydrolaccoliths or bulgunnyakhs by scientists because before exploding they form small hills also called pingos. Explosions have happened in swelling pingos which erupt when the gas builds up under a thick cap of ice.

Russian scientists previously claimed that human activities, like drilling for gas from the vast Yamal reserves could be a factor in the eruptions. They are concerned at the risk of ecological disasters if pingos build up close to a gas pipelines, production facilities or residential areas.  In a number of placess, pingos – as seen both from satellite data and on the field – literally prop up gas pipes.

More craters can be seen on this page of The Siberian Times.

https://siberiantimes.com/other/others/news/giant-new-50-metre-deep-crater-opens-up-in-arctic-tundra/

Vue du nouveau ‘cratère’ tel qu’il a été filmé par l’équipe de télévision Vesti Yamal au mois de juillet 2020.

L’éruption du Stromboli (suite) // Stromboli Volcano’s eruption (continued)

Les deux explosions qui ont secoué le Stromboli tôt ce matin ont surpris tout le monde car l’activité sur le volcan au cours des jours et heures précédents n’avait pas montré d’anomalies particulières. La dernière mise à jour du Laboratorio Geofisica Sperimentale indiquait que le nombre d’événements VLP – correspondant aux explosions stromboliennes – était élevé avec environ 13 événements par heure, comme les jours précédents. L’amplitude du tremor était à un niveau moyen. L’activité de chutes de blocs le long de la Sciara del Fuoco était faible.
Le Laboratorio indique que le réseau de surveillance a enregistré «une explosion majeure avec un signal d’inflation de 3,5 µrad et une durée de 4 minutes, la pression acoustique liée à l’événement était de 8 bars et était localisée dans la partie Centre / SO du cratère».
Comme je l’ai déjà écrit, l’accès au volcan est actuellement restreint et les touristes ne peuvent grimper qu’à 400 m d’altitude avec les guides locaux. Il est clair qu’il en sera ainsi tout au long de l’été. Il faut garder à l’esprit que nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques, même avec tous les instruments disposés sur ce volcan. Les images de l’éruption de ce matin fournies par la webcam sont assez impressionnantes. Il faut être vigilant et très prudent car le volcan peut produire des explosions plus puissantes comme au cours de l’été 2019. A Stromboli, les éruptions sont certes pour les touristes, comme à la Réunion, mais le niveau de risque n’est pas le même car l’île sicilienne est plus petite, avec une population qui augmente considérablement pendant les vacances d’été.

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The two explosions that shook Stromboli volcano early this morninh surprised everybody because activity at the volcano in the preceding days and hours did not show particular anomalies. The Laboratorio Geofisica Sperimentale’s latest update indicated that the number of VLP seismic events – corresponding with the Strombolian explosions – was high with about 13.events per hour, like in the previous days. The amplitude of seismic tremor was medium. Rockfall activity along the Sciara del Fuoco was low.

The Laboratorio indicates that the monitoring network recorded “a major explosion with a inflation signal of 3.5 µrad and duration of 4 minutes, the acoustic pressure related to the event was 8 bar and located at Central/SW vent.”

As I put it before, access to the volcano is currently restricted and tourists are allowed to climb up to 400 m a.s.l. with the local guides. It is clear that the situation will remain so all through the summer. We should bear in mind that we are no able to predict eruptions, even with all the instruments set up on this volcano. The webcam images of this morning’s eruption are quite impressive and one should be very careful as the volcano may produce stronger events like during the summer 2019. At Stromboli, the eruptions are for tourists like on Reunion Island, but the risk level is not the same as the Sicilian island is smaller, with a population that grows considerably during the summer holidays.

Le Stromboli vu par la webcam ce soir. Le volcan a beaucoup dégazé aujourd’hui, avec quelques événements stromboliens d’intensité faible à moyenne (Capture d’image de la webcam Skyline).