Katia et Maurice, on pense à vous… // Katia and Maurice, we think of you…

drapeau-francaisTriste 3 juin 1991. Katia et Maurice Krafft disparaissaient sous une coulée pyroclastique du volcan Unzen au Japon. La montre de Maurice s’est arrêtée à 15h18. Aujourd’hui encore, ils nous manquent beaucoup…

A noter que de 3 juin 2021 marque la réouverture au public de l’Enclos Fouqué sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Comme un symbole…

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drapeau-anglaisJune 3rd 1991 was a very sad day. Katia and Maurice Krafft were killed by a pyroclastic flow on Mount Unzen in Japan. Maurice’s watch stopped at 15:18. We miss them a lot…

Vulcania-Krafft

Photo: C. Grandpey

Japon: Exploration des zones de subduction // Japan: Exploring subduction zones

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, nous sommes capables d’explorer la surface de la planète Mars, mais nous ne savons que très peu de choses sur les profondeurs de nos propres océans, en particulier sur les zones de subduction où se déclenchent les séismes les plus puissants et les plus dévastateurs.

Il y a quelques jours, je regardais sur la chaîne de télévision française France 5 l’émission très intéressante «Science Grand format» qui était consacrée à deux «terres extrêmes»: le Japon et la Californie.

Le Japon doit régulièrement faire face à des événements extrêmes tels que des éruptions volcaniques, des séismes, des lahars, des tsunamis et des typhons. D’un point de vue géologique, le pays se trouve à l’intersection de 4 grandes plaques tectoniques: la plaque d’Okhotsk au nord, la plaque du Pacifique à l’est, la plaque Philippine au sud et la plaque Eurasienne à l’ouest. Les séismes sont le plus souvent provoqués par la subduction des plaques Pacifique et Philippine qui plongent sous les plaques d’Okhotsk et Eurasienne.

Un épisode du documentaire sur le Japon nous explique que le Chikyu, un navire de recherche spécialisé en forage océanique, a foré le plancher océanique dans l’espoir d’atteindre la zone de subduction. Cependant, la mission n’a pas réussi à atteindre son objectif ultime : forer jusqu’à 5 200 mètres sous le fond marin, là où la plaque Philippine plonge sous la plaque Eurasienne, en provoquant de puissants tremblements de terre. En mai 2019, les ingénieurs ont arrêté le processus de forage à cause d’effondrements dans le puits de forage, à une profondeur d’un peu plus de 3250 mètres sous le plancher océanique.

Cet échec marquait la fin de près de dix ans d’efforts pour s’enfoncer à l’intérieur de la Fosse de Nankai, au large de la côte sud-est du Japon. Dans cette région, le processus de subduction déclenche des séismes dévastateurs tous les 100 à 150 ans environ. Par exemple, deux événements d’une magnitude supérieure à M 8 ont été enregistrés en 1944 et 1946.

Atteindre les profondeurs de la zone de subduction n’est pas une tâche facile. La limite entre les plaques tectoniques est si profonde que le Chikyu est le seul navire de forage océanique capable de l’atteindre. Pour stabiliser son équipement de forage et pénétrer le plancher océanique, le navire dispose d’une technologie semblable à celle utilisée sur une plate-forme pétrolière.

En octobre 2018, le Chikyu a effectué sa quatrième mission sur un site de la Fosse de Nankai connu sous le nom de C0002, où il avait déjà effectué le forage le plus profond jamais réalisé. Les ingénieurs savaient que cette mission serait délicate, car le forage devait s’effectuer dans des roches fracturées et litées. L’équipe de forage a pu s’enfoncer jusqu’à 3262 mètres, battant ainsi son propre record de forage océanique à but scientifique. Mais les chercheurs n’ont pas pu descendre davantage à cause des effondrements dans le puits de forage. Grosse déception à bord du navire de recherche !

Après l’échec du forage C0002, le Chikyu a effectué des missions moins profondes. En particulier, les scientifiques ont exploré la géologie de la faille qui a déclenché le séisme dévastateur de Tohoku en 2011 qui s’est accompagné de la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima. A côté de ces événements meurtriers, les scientifiques à bord du navire ont également étudié les séismes ‘lents’ que l’on enregistre le long de la Fosse de Nankai.

Source: Nature.

Espérons que le Japon – et d’autres pays – pourront mettre en place dans les prochaines années d’autres initiatives comme la mission dans la Fosse de Nankai. Elles nous permettront de mieux comprendre le comportement de notre planète.

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As I put it several times, we are able to explore the surface of Mars, but we know very little about the depths of our own oceans, especially the subduction zones that trigger the most powerful and devastating earthquakes.

A few days ago, I was watching on the French TV channel France 5 the very interesting programme “Science Grand format” that was dedicated to two “extreme lands”: Japan and California.

Japan regularly has to face extreme events such as volcanic eruptions, earthquakes, lahars, tsunamis and typhoons. From a geological point of view, the country is located at the intersection of 4 major tectonic plates: the Okhotsk Plate to the north, the Pacific Plate to the east, the Philippine Plate to the south and the Eurasian Plate to the west. Earthquakes are usually caused by the subduction of the Pacific and Philippine plates, which dive beneath the Okhotsk and Eurasian plates.

An episode of the documentary about Japan informs us that the nation’s ocean-drilling research vessel, Chikyu, has drilled the ocean floor deeper than ever before in the hope to reach the subduction zone. However, the mission failed to achieve its ultimate goal of penetrating 5,200 metres beneath the sea floor, into the area where the Philippine Sea plate  plunges beneath the Eurasian plate, causing powerful earthquakes. In May 2019, engineers stopped the drilling process after the drill hole kept collapsing, just over 3,250 metres beneath the sea floor.

It was the end to an almost decade-long effort to drill deep into the Nankai Trough off Japan’s southeast coast. In this region, the plate subduction triggers devastating earthquakes roughly every 100 to 150 years. For instance, a pair of earthquakes with magnitudes above M 8 struck in 1944 and 1946.

Reaching the depths of the subduction zone is not an easy job. The plate boundary is so deep that Chikyu is the only scientific ocean-drilling vessel capable of reaching it. The ship uses a structure similar to the technology used on an oil rig, to stabilize its drilling equipment and penetrate the sea floor.

In October 2018, Chikyu made its fourth trip to a site on the Nankai Trough known as C0002, where it had already drilled the deepest-ever hole beneath the sea floor. Engineers knew that the next phase of drilling would be difficult, because the hole penetrates rocks that are fractured and folded. The drilling team was able to deepen the hole from just over 2,900 metres beneath the sea floor to 3,262 metres, breaking its own record for the deepest scientific ocean drilling. But the researchers could not go any farther because the hole kept collapsing at the bottom. There was a general disappointment aboard the research vessel.

After the C0002 hole failed, Chikyu moved on to drill in shallower holes nearby. In particular, scientists explored the geology of the shallow fault that triggered the devastating 2011 Tohoku earthquake that destroyed the Fukushima nuclear plant.. The ship also investigated the many small, slow-motion earthquakes that are recorded along the Nankai Trough, in addition to the large, devastating ones.

Source : Nature.

Let’s hope more initiatives like the Japanese mission in the Nankai Trough will be set up in the next years. They will help us understand better the behaviour of our planet.

Le Chikyu est un navire japonais de forage en haute mer. Il mesure 210 mètres de longueur, 38 mètres de large, 16,2 mètres de haut pour un tonnage de 57000 tonnes. La partie la plus originale du navire est son derrick de 121 mètres au dessus du niveau de la mer. Il a un équipage de 150 hommes, divisé en 50 scientifiques et 100 opérateurs. (Source : Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Après l’activité éruptive intense de ces derniers jours (panache de cendre de 15 km, évacuation de plus de 4000 personnes et fermeture de l’aéroport), le Lewotolo (Indonésie)  semble s’être calmé, comme le montrent les images de la webcam.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (Siaga).

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Comme je l’ai indiqué précédemment, une intensification significative de l’activité éruptive a été observée sur le Semeru (Java / Indonésie) le 1er décembre 2020. L’éruption a généré une importante coulée pyroclastique qui a forcé des milliers d’habitants à fuir leurs maisons. Plusieurs structures ont subi des dégâts.Le nuage à haute température s’est déplacé entre 2 et 11 km sur la pente SE du volcan.

Les autorités indonésiennes expliquent qu’en moyenne 40 séismes d’origine volcanique ont été enregistrés quotidiennement du début octobre à la fin novembre.

Du fait de l’éruption, toute activité a été interdite à moins de 4 km du cratère.

Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (Waspada) sur une échelle de 4 niveaux.

Source: MAGMA Indonésie, CVGHM.

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On a observé une hausse d’activité sur le Telica (Nicaragua) ces derniers jours, en particulier le 30 novembre 2020. Une cinquantaine d’explosions a été enregistrée en l’espace de 9 heures, avec des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à 400 mètres au-dessus du volcan. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Toutefois, ces événements font partie du comportement normal du volcan et on s’attend à de nouvelles explosions dans les prochains jours.

Source : INETER.

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Après plusieurs mois de faible activité, le Sakurajima (Japon) a repris du service et une forte explosion a secoué le volcan le 2 décembre 2020. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques ont empêché d’observer correctement l’événement.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 depuis février 2016.

Le 1er juillet 2020, un panel organisé par l’Agence météorologique japonaise (JMA) a indiqué que le Sakurajima pourrait connaître une puissante éruption à l’avenir. En effet, on observe une inflation de l’édifice volcanique depuis septembre 2019.

Source: The Watchers, JMA.

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L’activité strombolienne se poursuit sur l’Etna (Sicile). L’ami Boris Behncke (INGV Catane) a réalisé une vidéo sympa montrant l’activité simultanée de deux bouches dans le Cratère Sud-Est du volcan.

https://youtu.be/HLl5lmZ1Los

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Dire qu’il ne se passe rien sur un volcan, c’est déjà une information, et c’est ce que l’on peut affirmer à propos de l’activité du mois de novembre 2020 sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion).

La sismicité sous le volcan est restée faible, avec uniquement 4 séismes volcano-tectoniques superficiels sous la zone sommitale et 9 séismes profonds sous le flanc est.

L’inflation de l’édifice qui avait repris suite à l’intrusion du 28-29 septembre 2020 s’est arrêtée fin octobre.

Les concentrations de CO2 et SO2 sont restées en dessous ou proche du seuil de détection au cours du mois de novembre.

Source : OVPF.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

After the intense eruptive activity of the past days (15-km ash column, more than 4,000 evacuees, and airport closure) Lewotolo (Indonesia) seems to have calmed down, as shown by the webcam images (see above)..

The alert level is kept at 3 (Siaga).

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As I put it before, a significant increase in eruptive activity was observed at Semeru (Java / Indonesia) on December 1st, 2020. The eruption produced a large pyroclastic flow that forced thousands of residents to flee their homes. The hot avalanche could be seen travelling between 2 and 11 km down the SE slope of the volcano. Several structures have been damaged.

Indonesian authorities explain that an average of 40 volcanic earthquakes per day was recorded from early in October until late in November.

As a consequence of the eruption, any activity has been prohibited within 4 km from the crater.

The alert level is kept at 2 (Waspada) on a 4-level scale.

Source : MAGMA Indonesia, CVGHM.

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An increase in activity was observed at Telica (Nicaragua) on November 30th, 2020. At least 50 explosions were recorded within 9 hours, with ash plumes rising up to 400 metres above the summit of the volcano. Ashfall has been reported in nearby communities​. However, this activity is part of the normal behaviour of the volcano and more explosions are expected in the next few days.

Source : INETER.

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After several months of low-level activity, a strong explosion took place at Japan’s Sakurajima on December 2nd, 2020. However, poor weather conditions prevented from observing the event properly.

The Alert Level has been kept at 3 since February 2016.

On July 1, 2020, a panel organized by the Japan Meteorological Agency warned Sakurajima may erupt on a larger scale in the future. The panel noted that an inflation of the volcanic edifice had been observed on the volcano since September 2019.

Source: The Watchers, JMA.

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Strombolian activity continues on Mt Etna (Sicily). Boris Behncke (INGV Catania) has qhot a nice video showing simultaneous activity in two vents within the volcano’s South-East Crater.

https://youtu.be/HLl5lmZ1Los

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Saying that nothing is happening on a volcano is already a piece of information, and this is what one can say about the activity for the month of November 2020 on Piton de la Fournaise (Reunion Island).

Seismicity beneath the volcano remained low, with only 4 shallow volcano-tectonic earthquakes under the summit area and 9 deep earthquakes under the eastern flank.

The inflation, which had resumed following the intrusion of September 28-29, 2020, stopped at the end of October.

The CO2 and SO2 concentrations remained below or near the detection threshold during the month of November.

 Source: OVPF.

Photo : C. Grandpey

Odeurs et séismes // Odours and earthquakes

Le 21 août 2020, les pompiers de la préfecture japonaise de Kanagawa ont reçu de nombreux appels signalant une odeur inhabituelle qui avait envahi la ville pendant une heure. Les sismologues pensent que ce phénomène étrange pourrait être le signe précurseur d’un puissant séisme. Ils expliquent que les roches produisent une odeur particulière avant de se rompre sous les contraintes auxquelles elles sont soumises.
L’odeur désagréable avait déjà été signalée à deux reprises à Kanagawa au cours des mois précédents. La police a reçu environ 260 appels le 4 juin 2020 faisant état d’une « odeur de gaz. » Une équipe a été dépêchée sur place la suite de ces appels, mais aucune conduite de gaz endommagée n’a été découverte et la cause de la puanteur est restée inconnue.
Un sismologue de l’Université de Ritsumeikan, qui étudie la relation entre les séismes et les odeurs, a adressé une mise en garde juste après le premier incident. Les études montrent que les roches produisent une certaine odeur juste avant de se rompre sous les contraintes auxquelles elles sont soumises. Il a ajouté que les séismes majeurs ne se produisent pas brusquement ; les tensions s’accumulent lentement au fil des mois ; les plaques tectoniques se déplacent progressivement l’une contre l’autre avant que se déclenche le séisme principal. C’est ce processus qui est probablement la cause des mauvaises odeurs dans la région de Yokosuka.
Dans le passé, plusieurs séismes majeurs ont déjà été précédés par des odeurs désagréables. Par exemple, avant le tremblement de terre de Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2010 et celui de Kobe (Japon) en 1995, des témoins avaient fait état d’odeurs mystérieuses. Le séisme de magnitude M7.1 à Christchurch a causé des dégâts considérables et est aujourd’hui considéré comme celui qui a causé le plus de dégâts à une grande zone urbaine depuis l’événement de Hawke’s Bay en 1931.
Le séisme de Kobe a été l’un des pires de l’histoire du Japon. D’une magnitude de M7.3, il a tué environ 6 500 personnes et causé plus de 100 milliards de dollars de dégâts. Selon une étude, une odeur de soufre a été signalée avant la catastrophe.
L’avenir nous dira si les mises en garde des sismologues japonais sont justifiées et si un séisme majeur secouera la région de Kanagawa.
Source: The Watchers,

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On August 21st, 2020, the fire department in the Japanese Kanagawa Prefecture received numerous calls from residents reporting an unusual smell in the area over the course of an hour. Seismologists suggest that the strange phenomenon may be a precursor of a large earthquake. They explain rocks generate a distinct smell before breaking under stress.

 The unpleasant smell was reported twice in the prefecture during the previous months. About 260 calls were made to police hotlines on June 4th, all noting that the odour « smelled like gas ». An extensive investigation was conducted following the reports but no damaged gas lines were discovered, and the cause remained unknown.

A seismologist at Ritsumeikan University, who studies the relationship between earthquakes and odours, issued a warning right after the first incident. He explained that based on research, rocks create a certain smell just before they break under stress. He added that large earthquakes do not happen abruptly; they slowly build up over months, with the grinding tectonic plates gradually peeling away at each other before the main quake occurs. This process may be generating the stench in the Yokosuka area.

In the past, several major earthquakes were predeced by similar unpleasant odours. For instance, before the 2010 Christchurch Earthquake in New Zealand and the 1995 Kobe Earthquake in Japan, there had been reports of mysterious odours from witnesses. The M7.1 Christchurch quake left a considerable amount of damage and was considered the largest earthquake to impact a major urban area since the 1931 Hawke’s Bay earthquake.

The Kobe earthquake was one of the worst in Japan’s history. The M7.3 event resulted in around 6 500 fatalities and more than 100 billion dollars’ worth of damage. According to a study, a sulfur-like smell was reported prior to the disasters.

Let’s see if the seismologists warnings are justified and idf a major earthquake will shake the Kanagawa area.

Source: The Watchers.

Dégâts occasionnés par le séisme de Kobe (Crédit photo: Wikipedia)