Cérémonie d’adieu en Islande // Farewell ceremony in Iceland

Le 24 juillet 2019, j’ai écrit une note intitulée «Avis de décès», car elle annonçait la mort de l’Okjökull – également appelé Ok – un glacier islandais victime du réchauffement climatique. Il était prévu d’inaugurer la pose d’une plaque commémorative en lettres dorées, rédigée en islandais et en anglais, le 18 août 2019 sur le site de l’Okjokull, dans la partie ouest de l’île.
La cérémonie a effectivement eu lieu le 18 août, en présence de nombreuses personnes. La plaque a été apposée à l’emplacement du glacier. La Première Ministre islandaise était présente à la cérémonie. Elle a déclaré: « À Ok, les prévisions des scientifiques concernant les conséquences du réchauffement planétaire se sont matérialisées. Au train où vont les choses, d’autres glaciers disparaîtront dans les années et les décennies à venir. C’est pourquoi je considère ce moment comme un événement symbolique pour l’Islande, mais aussi pour le monde entier. »
Après la cérémonie, la plupart des invités se sont rendus à l’endroit où se trouvait le glacier. Il y a cinq ans, il a été décidé que Ok ne pouvait plus être qualifié de glacier. À son apogée, en 1900, il mesurait environ 15 kilomètres carrés avant de ne plus couvrir que 0,7 km2 en 2012 et de se réduire encore davantage depuis cette année-là. Les scientifiques soulignent que c’est est la conséquence de la crise climatique et que d’autres glaciers islandais sont en train de reculer rapidement.
Source: Iceland Monitor.

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On July 24th, 2019, I wrote a post entitled « Orbituary » because it announced the death of Okjökull – also called Ok – an Icelandic glacier killed by global warming. A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English was expected to be inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island

The memorial service did take place on August 18th, attended by numerous people. The plaque was placed where the glacier used to be. The Icelandic Prime Minister was present at the ceremony. She declared: “At Ok, the predictions of scientists regarding the consequences of global warming have materialized. If the development continues, more glaciers will disappear in coming years and decades. This is why I regard this moment today as a symbolic event for Iceland and, in fact, the whole world.”

Following the ceremony, most of the guests hiked up to the place where the glacier used to be. Five years ago, it was declared that Ok no longer qualified as a glacier. At its largest, in 1900, it measured about 15 square kilometres, but had diminished to 0.7 km2 in 2012, and has become even smaller since then. Scientists point out that this is the result of the climate crisis and that other Icelandic glaciers are fast retreating.

Source : Iceland Monitor.

Vue du Glacier Ok, ou ce qu’il en reste (Crédit photo: Iceland Monitor)

L’Arctique se réchauffe et les rennes meurent // The Arctic is getting warmer and the reindeer are dying

Quand on parle des effets du réchauffement climatique sur la faune arctique, ce sont le plus souvent les ours polaires qui occupent le devant de la scène, mais les rennes sont, eux  aussi, victimes des hivers plus chauds dans les hautes latitudes. C’est ce que des chercheurs de l’Institut polaire norvégien, qui réalise une cartographie annuelle de la population de rennes sauvages, viennent de constater au Svalbard où ils ont retrouvé quelque 200 cadavres de ces animaux.

Le Svalbard est un archipel norvégien situé dans l’Océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, l’archipel François-Joseph à l’est et l’Europe continentale au sud. Ses 2 321 habitants se trouvent sur Spitzberg, la plus grande île de l’archipel. La principale ville est Longyearbyen.

Les habitants du Svalbard connaissent déjà les conséquences du réchauffement climatique dans leur quotidien, puisque plus d’une centaine de maisons construites à flanc de montagne à Longyearbyen ont été déclarées à risque, car elles pourraient s’effondrer.

Les 200 rennes sont morts de faim au cours de l’hiver dernier. Le nombre inhabituellement élevé de cadavres s’explique par le changement climatique. L’archipel du Svalbard a connu une augmentation de 4 degrés de température au cours des 50 dernières années. Cela signifie que la neige qui tombe habituellement sur l’archipel a été remplacée par la pluie. Or, cette pluie gèle quand le froid arrive en hiver et forme une couche de glace à la surface du sol. Plusieurs couches peuvent s’empiler successivement au fil des épisodes pluvieux. La conséquence, c’est que cette glace empêche les rennes d’atteindre le lichen et autres pousses végétales dont ils se nourrissent. La famine arrive vite et les animaux périssent. Les conditions de pâture pour les rennes sont devenues très mauvaises. Ce n’est que la seconde fois qu’autant d’animaux sont retrouvés morts depuis que la population de rennes fait l’objet d’un suivi, débuté il y a 40 ans.

Il faut aussi mettre cette augmentation en parallèle avec l’augmentation du nombre de rennes dans cette région, qui est également une conséquence du réchauffement climatique. Selon l’Institut polaire norvégien, leur nombre aurait doublé depuis les années 1980 pour atteindre aujourd’hui une population estimée à 22 000 têtes.

Source : Presse internationale.

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When we talk about the effects of global warming on Arctic wildlife, it is most often polar bears that take center stage. Reindeer are also victims of warmer winters in high latitudes. This is what researchers at the Norwegian Polar Institute, which carries out an annual mapping of the wild reindeer population, have just found in Svalbard where they discovered some 200 dead animals.
Svalbard is a Norwegian archipelago located in the Arctic Ocean, between Greenland to the west, the Franz Josef Archipelago to the east and continental Europe to the south. Its 2,321 inhabitants live on Spitsbergen, the largest island in the archipelago. The main city is Longyearbyen.
The inhabitants of Svalbard already endure the consequences of global warming in their daily lives. More than a hundred houses built on the mountainside in Longyearbyen have been declared at risk and could collapse.
Reindeer died of hunger last winter. The unusually high number of corpses is due to climate change. The Svalbard Archipelago has experienced a 4-degree increase in temperature over the last 50 years. This means that the snow that usually falls on the archipelago has been replaced by rain. However, this rain freezes when the cold arrives in winter and forms a layer of ice on the surface of the ground. Several layers can pile up sequentially over the rainy episodes. The consequence is that this ice prevents reindeer from getting to the lichen and other plant shoots they feed on. Famine arrives quickly and the animals starve to death. Pasture conditions for reindeer have become very poor. This is only the second time that so many animals have been found dead since the reindeer population was first monitored 40 years ago.
This increase should also be compared with the increase in the number of reindeer in this region, which is also a consequence of global warming. According to the Norwegian Polar Institute, their number has doubled since the 1980s to reach today an estimated population of 22,000.
Source: International Press.

Photo: C. Grandpey

Avis de décès // Orbituary

L’Islande a la tristesse de vous faire part de la mort du glacier Okjökull, tué par le réchauffement climatique.

Une plaque commémorative en lettres d’or titrée en islandais et en anglais sera inaugurée le 18 août 2019 sur le site  del’Okjökull, dans l’ouest de l’île. Ce sont des chercheurs islandais et de l’Université Rice aux Etats-Unis qui sont à l’initiative du projet. On peut lire sur la plaque le texte suivant à l’adresse des générations futures : « « Une lettre pour l’avenir » – OK (l’Okjökull) est le premier glacier islandais à perdre son statut de glacier. Au cours des 200 prochaines années tous nos glaciers devraient connaître le même sort.  Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l’avons fait ». »

On sait depuis longtemps que l’Islande est l’un des pays où les glaciers reculent le plus vite sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. L’Okjökull est probablement le premier d’une longue liste car 400 autres massifs glaciaires sont en train de se réduire comme peau de chagrin. La glace de l’Okjökull recouvrait encore 16 km2 en 1890 ; elle n’était plus que de 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l’université d’Islande publié en 2017.

Il est bon de rappeler que, pour avoir le statut de glacier, la masse de glace et de neige qui recouvre la montagne doit être assez épaisse pour pouvoir se déplacer grâce à son propre poids, soit une quarantaine de mètres d’épaisseur afin de produire suffisamment de pression pour rendre la glace malléable.

Avec cette plaque commémorative, les chercheurs espèrent sensibiliser la population face au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique.  Au vu du comportement de nos gouvernants, la partie est loin d’être gagnée…

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 Iceland is sad to report the death of Okjökull Glacier, killed by global warming.

A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English will be inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island. Icelandic researchers and Rice University in the United States are the initiators of the project. The following text can be read on the plaque for future generations: « A letter for the future » – OK (Okjökull) is the first Icelandic glacier to lose its glacier status. Over the next 200 years all our glaciers are expected to follow the same path. This monument is to acknowledge that we know what is happening and what needs to be done. Only you know if we did it. »

It has long been known that Iceland is one of the countries where glaciers are retreating faster than ever before as a result of global warming. Okjökull is probably the first in a long list because 400 other glacial massifs are shrinking. The Okjökull ice covered 16 km2 in 1890; it was only 0.7 km2 in 2012, according to a report from the University of Iceland published in 2017.

It is worth remembering that, to be a glacier, the mass of ice and snow that covers the mountain must be thick enough to move with its own weight, or about forty meters thick to produce enough pressure to make the ice malleable.

With this commemorative plaque, researchers hope to raise awareness about the decline of glaciers and the effects of climate change. Given the behaviour of our rulers, the game is far from won …

Pour en savoir plus sur la fonte des glaciers et les effets du réchauffement climatique:

Une lecture rafraîchissante !

Antarctique : Les manchots empereurs en difficulté // Antarctica: Emperor penguins in trouble

Dans une note parue le 3 mars 2018, je faisais état d’une étude publiée dans la revue Nature Climate Change selon laquelle le réchauffement de la planète et la surpêche pourraient provoquer en Antarctique la quasi extinction des populations de manchots royaux d’ici la fin du siècle. L’étude montrait qu’avec les transformations de l’environnement induites par le réchauffement de la planète, 70% des manchots royaux – soit 1,1 million de couples – pourraient disparaître ou être contraints de trouver de nouveaux sites de reproduction.

Les manchots royaux ne se reproduisent que sur des îles isolées de l’Océan Austral où il n’y a pas de couverture de glace et où ils disposent d’un accès facile à la mer. Au fur et à mesure que l’océan se réchauffe, la convergence antarctique est repoussée plus au sud. Cela signifie que les manchots royaux, qui se nourrissent de poisson et de krill dans cette zone, doivent parcourir une plus longue distance pour atteindre leurs aires d’alimentation et ils sont contraints de laisser leurs poussins plus longtemps derrière eux. Au vu de cette nouvelle situation, les scientifiques redoutent que des colonies entières disparaissent.

On apprend aujourd’hui que la deuxième plus grande colonie de manchots empereurs a presque disparu. La colonie de Halley, dans la mer de Weddell, était jusqu’à récemment la deuxième plus importante colonie de manchots empereurs au monde, avec jusqu’à 25 000 couples.

La quasi-totalité des poussins nés dans cette colonie sont morts en raison de la fonte de leur habitat ces trois dernières années. C’est ce que révèle une étude publiée le 25 avril 2019 et qui qualifie ces épisodes de « catastrophiques ».  .

Des images satellites étudiées par le British Antarctic Survey (BAS), centre de recherche britannique de l’Antarctique,  ont montré qu’en 2016, année marquée par une météo particulièrement chaude et orageuse, la glace sur laquelle les couples de manchots élèvent leurs petits a cédé, causant la mort de presque tous les poussins. Le phénomène s’est répété en 2017 et en 2018. C’est la raison pour laquelle cette colonie a presque disparu.

Un scientifique explique que le BAS a suivi la population de cette colonie et d’autres colonies de la région ces 10 dernières années, en utilisant des images satellites haute définition qui ont clairement montré « une faillite catastrophique dans la reproduction sur ce site ces trois dernières années. »

A côté de cette catastrophe, l’équipe de chercheurs a noté une augmentation de la taille d’une colonie voisine, celle de Dawson Lambton, ce qui laisse supposer que beaucoup des manchots de la colonie de Halley ont migré vers un lieu plus sûr. Selon un scientifique du BAS, il n’est pas possible de dire sans le moindre doute que la fonte de la glace de la baie d’Halley est liée au changement climatique, mais un tel échec de reproduction sur ce site est sans précédent.

Source : France Info.

Cette dernière déclaration est quelque peu surprenante car tous les scientifiques qui ont étudié les manchots royaux et empereurs s’accordent pour dire que ces oiseaux rencontrent les pires difficultés pour établir la jonction entre leurs zones d’alimentation et de reproduction à cause de la fonte de la glace. Or, il ne fait plus aucun doute que la fonte de la glace en Antarctique, en particulier en Antarctique de l’Ouest, est causée par le réchauffement de la planète.

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In a post released on March 3rd, 2018, I mentioned a study published in the journal Nature Climate Change indicating that global warming and overfishing could push the region’s king penguin populations to the brink of extinction by the end of the century. The study found that as global warming transforms the environment in Antarctica, 70% of king penguins – 1.1 million breeding pairs – could either disappear or be forced to find new breeding grounds.

King penguins only breed on specific isolated islands in the Southern Ocean where there is no ice cover and easy access to the sea. As the ocean warms, the Antarctic polar front – an upwelling of nutrient rich sea that supports huge abundance of marine life – is being pushed further south. This means that king penguins, that feed on fish and krill in this body of water, have to travel further to their feeding grounds, leaving their hungry chicks for longer. And as the distance between their breeding grounds and their food grows, scientists predict entire colonies will be wiped out.

Today we learn that the second largest colony of emperor penguins has almost disappeared. The Halley colony in the Weddell Sea was until recently the second largest emperor penguin colony in the world, with up to 25,000 pairs.
Almost all the chicks born in this colony have died due to the melting of their habitat in the last three years. This is revealed in a study published on April 25th, 2019, which describes these episodes as « catastrophic ». .
Satellite images studied by the British Antarctic Survey (BAS) showed that in 2016, a year marked by particularly hot and stormy weather, the ice on which the pairs of penguins raise their young yielded, causing the death of almost all the chicks. The phenomenon was repeated in 2017 and 2018. This is why this colony has almost disappeared.
One scientist explains that BAS has been tracking the population of this colony and other colonies in the region over the last 10 years, using high-definition satellite images that have clearly shown « a catastrophic failure in breeding on this site these last three years. »
In addition to this disaster, the research team noted an increase in the size of a neighbouring colony, Dawson Lambton, suggesting that many of the Halley colony penguins migrated to a safer place. According to a BAS scientist, it is not possible to say without a doubt that the melting of Halley Bay ice is related to climate change, but such a failure of reproduction on this site is unprecedented.
Source: France Info.
This last statement is somewhat surprising because all the scientists who have studied emperor and king penguins agree that these birds face the greatest difficulties in establishing the junction between their feeding and breeding areas because of the melting of ice. There is no doubt that the melting of ice in Antarctica, particularly in West Antarctica, is caused by global warming.

Manchot empereur (Crédit photo: Wikipedia)

Mort sur le Kilauea // Death on Kilauea Volcano

Comme je l’ai indiqué précédemment, la lave ne s’écoule pas en ce moment dans l’océan sur la Grande Ile d’Hawaii. Si on veut observer des coulées de lave, il faut parcourir une longue distance jusqu’à la base du pali ou grimper sur cette pente. Cependant, l’approche du champ de lave actif n’est pas sans risque.
Les équipes de secours ont reçu un appel d’urgence le 1er février au matin en provenance du secteur de Kalapana, « à 2 miles (3,2 km) en amont de la borne 24,5 de la route d’urgence (Emergency Road) », juste en dessous de l’ancienne subdivision des Jardins Royaux, où des randonneurs avaient été surpris par des vapeurs toxiques.
Trois randonneurs accompagnés de leur guide travaillant pour une agence de Pahoa se trouvaient à proximité d’une coulée de lave quand il a commencé à pleuvoir. Un nuage de vapeur et de gaz s’est rapidement formé et a entouré le groupe, en provoquant des problèmes respiratoires et de visibilité.
Le guide n’a pas réussi à échapper au nuage de gaz tandis que ses trois clients ont pu gagner un endroit plus sûr. Un hélicoptère est arrivé et a découvert les trois personnes à l’écart du nuage de gaz. Les sauveteurs ont ensuite localisé le guide dans un autre endroit. Il a été transporté vers une unité médicale où les médecins n’ont pu que constater sa mort. Des hélicoptères ont évacué les trois autres personnes qui n’étaient que légèrement blessées et n’avaient pas besoin de soins médicaux supplémentaires.
Le  HVO explique régulièrement dans ses mises à jour que les gaz volcaniques peuvent être dangereux pour les personnes, les animaux et les plantes.
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Presse hawaiienne

NDLR : Cet accident montre que la prudence est nécessaire sur un volcan actif, même si la situation paraît sûre. Dans le cas du Kilauea, j’emporte toujours un masque à gaz dans mon sac à dos, au cas où… Il cohabite avec des bouteilles d’eau et quelques barres énergétiques.

Cet accident sur le champ de lave du Kilauea me rappelle une aventure vécue dans le cratère du Pu’uO’o où notre petit groupe était entré, après avoir obtenu les autorisations et les chasubles du HVO. Dans le chapitre 9 – « Dans l’enfer du Pu’uO’o » – de son superbe livre D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr raconte comment nous avons été surpris par les nuages de gaz. Sans les masques à gaz, nous ne serions jamais sortis de cette situation très délicate…

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille vivement de vous procurer l’ouvrage de Guy, paru aux Editions La Martinière.

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As I put it before, no lava is currently flowing into the ocean on Hawaii Big Island. If you want to observe lava flows, you need to walk a long way to the base of the pali or climb ofn this slope. However, getting close to the active lava field may be dangerous.

Rescuers responded to an alarm on February 1st in the morning to the Kalapana lava viewing area, « approximately two miles inland from the 24.5-mile marker of the emergency road », just below the old Royal Gardens Subdivision, to rescue hikers from toxic fumes.

Four hikers, a Pahoa hiking guide leading three others, were hiking near a lava flow in the area of the old Royal Gardens Subdivision when it started raining which created a noxious steam cloud surrounding the group, affecting their breathing and vision.

The tour guide was overcome by the noxious steam cloud while the three visitors escaped to safer location. A rescue helicopter flew in and found the three people safely away from the fumes, then located the tour guide in another location. The tour guide was airlifted to a medic unit and he was determined to be dead. Helicopters airlifted the three other people who sustained minor injuries and they did not need further medical attention.

USGS/HVO regularly explains in its updates that volcanic gases can be hazardous to people, animals and plants.

 https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/extra/hazards.pdf

Source: Hawaiian newspapers.

Personal remark: This accident shows that caution is needed on an active volcano, even if the situation seems safe. In the case of Kilauea, I always carry a gas mask in my backpack, just in case … It lies next to water bottles and some energy bars.

This accident on the lava field of Kilauea Volcano reminds me of an adventure in the Pu’uO’o Crater our small group had entered, after having obtained the HVO permits and vests. In chapter 9 – « In the hell of Pu’uO’o » – of his superb book D’un volcan à l’autre, Guy de Saint Cyr tells how we were surprised by the clouds of gas. Without the gas masks, we would never have exscaped from this very difficult situation …

I strongly advise you to get the book (written in French) published by Editions La Martinière.

Nuages de gaz dans le cratère de l’Halema’uma’u dont l’accès est, à juste titre, interdit au public (Photo: C. Grandpey)

Nuages de gaz dans le cratère du Pu’uO’o (Photo: C. Grandpey)

Hawaii : Ōhia Lehua en danger de mort // Hawaii : Ōhia Lehua in mortal danger

Selon les encyclopédies, Metrosideros polymorpha, ōhia lehua, est une espèce d’arbre à feuilles persistantes et à fleurs qui est endémique dans l’archipel hawaiien. Il s’agit d’un arbre de taille très variable qui peut atteindre une hauteur de 20 à 25 mètres dans des situations favorables et peut devenir un arbuste rabougri lorsqu’il se développe dans des sols trop humides ou directement sur le basalte. Il se pare de fleurs de toute beauté qui peuvent aller du jaune au rouge vif. Beaucoup de traditions hawaiiennes affirment que l’arbre et ses forêts sont sacrés et associés à Pele, la déesse des volcans, et à Laka, la déesse de hula, danse qui aurait été apportée à Hawaii par la petite sœur de Pele. Les arbres Ōhia Lehua poussent facilement sur la lave et sont généralement les premières plantes que l’on voit naître sur les nouvelles coulées. Malheureusement, l’Ōhia Lehua est actuellement en danger de mort.
Plusieurs cas de « rapid ohia death (ROD) » – mort rapide de l’ohia – ont été confirmés par les autorités du Parc National des Volcans d’Hawaï. Ce sont les premiers cas de maladie mortelle dans l’un des endroits les plus visités de l’île et même de l’archipel hawaiien. Depuis février 2017, cinq nouveaux cas de ROD ont été détectés dans la région de Kipuka Puaulu. Deux cas ont été recensés près de l’intersection entre la Chain of Craters Road et Hilina Pali, près du cratère Ko’oko’olau. Le Parc National avait déjà observé des cas de ROD dans son unité de Kahuku, au sud-est de Ka’u, et 26 cas y ont été confirmés à ce jour.
La mort rapide de l’ohia est causée par un champignon, le Ceratocystis. Il affecte les systèmes vasculaires à l’intérieur de l’arbre, ce qui coupe son alimentation. Un arbre peut être infecté bien avant de présenter des symptômes, mais une fois que ces derniers – qui se traduisent par le brunissement des feuilles – apparaissent, l’arbre meurt en quelques semaines.
Depuis que des cas de ROD ont été signalés pour la première fois dans le District de Puna en 2010, plus de 20 000 hectares de forêts d’ohias sur la Grande Île ont été contaminés. Heureusement, la maladie ne semble pas s’être encore propagée dans d’autres îles. Une quarantaine a été mise en place en août 2015.par le Département de l’Agriculture pour empêcher le transport d’ohias depuis l’île d’Hawaii.
Certaines variantes du Ceratocystis causent également des maladies chez d’autres plantes telles que les chênes dont les feuilles flétrissent quand les arbres sont contaminés. À Hawaï, le Ceratocystis fimbriata était déjà responsable d’épidémies de pourriture noire dans les champs de patates douces dans les années 1940.
Il existe deux espèces de Ceratocystis susceptibles de provoquer une ROD, mais aucune n’a été observée ailleurs dans le monde. On ne sait pas comment les champignons sont arrivés sur l’île d’Hawaï, et les chercheurs essaient de comprendre comment la maladie se propage d’un arbre à l’autre. La ROD peut pénétrer dans les arbres au niveau de plaies, telles que des écorchures sur l’écorce ou des endroits où les branches ont été brisées. 59 803 dollars ont été alloués au Parc en 2016 aux fins de surveillance et de gestion de la ROD. Cette année, il a reçu 45 731 dollars. Le Ministère de l’Intérieur a également financé un programme de détection précoce et d’intervention rapide.
Une nouvelle rubrique sur la ROD a été ajoutée à la page d’accueil du site web du Parc National afin que les gens puissent être informés avant leur visite. Dans les zones les plus fréquentées du Parc, des pédiluves avec un désinfectant permettent aux visiteurs de nettoyer leurs chaussures.
La gestion des cas de ROD confirmés dans le Parc se fait arbre par arbre. À Kahuku, les arbres infectés ont été abattus et recouverts de bâches pour prévenir la propagation de la maladie. La colonie de coléoptères dans les arbres de Kipuka Puaulu a été analysée pour s’assurer qu’ils ne sont pas responsables de la propagation de la ROD ; il a été décidé que le meilleur mode d’action était un suivi continu.
Pour en savoir plus sur la mort rapide de l’ohia, vous pouvez visiter les sites www.rapidohiadeath.org  et www.nps.gov/havo/learn/nature/rapid-ohia-death.htm.
Source: Journaux hawaïens.

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According to the encyclopaedias, Metrosideros polymorpha, the ōhia lehua, is a species of flowering evergreen tree that is endemic to the six largest islands of Hawaii. It is a highly variable treewhich can be 20–25 metres tall in favourable situations, and a much smaller shrub when growing in boggy soils or directly on basalt. It produces a wonderful display of flowers which can range from fiery red to yellow. Many native Hawaiian traditions refer to the tree and the forests it forms as sacred to Pele, the volcano goddess, and to Laka, the goddess of hula. Ōhia trees grow easily on lava, and are usually the very first plants to grow on new lava flows. Unfortunately, they are currently in danger.

Several cases of rapid ohia death (ROD) were confirmed by the authorities of Hawaii Volcanoes National Park, marking the first instances of the deadly fungal disease in one of the most visited locations on the island. Since February 2017, five cases of ROD have been detected in the Kipuka Puaulu (Bird Park) area. Two cases were found near the intersection of Chain of Craters Road and Hilina Pali, near Ko‘oko‘olau Crater. The National Park previously found cases of rapid ohia death in its Kahuku Unit, which is located in southeast Ka‘u, and where there have been 26 confirmed cases of ROD in Kahuku to date.

Rapid ohia death is caused by the Ceratocystis fungus. The fungus affects vascular systems within a tree, cutting off its nutrient flow. A tree can be infected well before it shows symptoms, but once symptoms — the most noticeable being browning of leaves — appear, the tree dies within weeks.

Since cases of ROD were first reported in Puna in 2010, more than 50,000 acres of ohia forest on the Big Island have been affected, although the disease has not yet spread to other islands. A state Department of Agriculture quarantine on transporting ohia from Hawaii Island has been in place since August 2015.

Ceratocystis species also cause plant diseases such as oak wilt. In Hawaii, Ceratocystis fimbriata was responsible for outbreaks of sweet potato black rot going back to the 1940s.

There are two Ceratocystis species that cause ROD, neither of which has been found anywhere else in the world. It’s not known how the fungi arrived on Hawaii Island, and researchers are still trying to understand how the disease spreads from tree to tree. ROD can get into trees through wounds, such as scraped bark or spots where branches were broken.

The park received $59,803 in National Park Service funds in 2016 for the purpose of ROD monitoring and management. This year, it received $45,731. The Department of the Interior also funded an early detection and rapid response program.

A new ROD information section was added to the National Park’s home page so people can prepare before their visit. Within the park, sanitation stations for parkgoers to clean their footwear are set up in heavily trafficked areas.

Management of the confirmed cases in the park is determined on a tree-by-tree basis. In Kahuku, trees were felled and covered with tarp to prevent disease spread. Beetle colonization in the Kipuka Puaulu trees was analysed to determine the likelihood of ROD spreading and decided the best course of action would be continued monitoring.

To learn more about rapid ohia death, visit www.rapidohiadeath.org or www.nps.gov/havo/learn/nature/rapid-ohia-death.htm.

Source: Hawaiian newspapers.

Photos: C. Grandpey

Pele arbore très souvent des couronnes de fleurs d’ohia lehua

Le réchauffement climatique tue aussi les rennes dans l’Arctique // Global warming also kills reindeer in the Arctic

drapeau-francaisA côté des phénomènes naturels comme la foudre, le changement climatique peut tuer les rennes (également appelés caribous) dans l’Arctique. En août 2016, la foudre a anéanti un troupeau de plus de 300 rennes en Norvège. En juillet de cette même année, une épidémie de charbon – que les autorités russes ont attribuée à des microbes qui se sont décongelés après être restés dans un cadavre de renne – a provoqué une épidémie parmi plusieurs populations autochtones de Sibérie (voir ma note du 2 août 2016). La maladie a tué un garçon de 12 ans, et les rennes sont morts par centaines. Au lendemain de la maladie, le gouvernement régional a proposé d’exterminer 250 000 rennes avant Noël cette année.
La toundra arctique, qui se réchauffe à un rythme plus rapide que le reste du globe, pose des problèmes aux animaux pourtant bien adaptés aux rigueurs du climat.
En novembre 2013, 61 000 rennes mouraient de faim sur la péninsule de Yamal en Russie. Ce fut le plus grand «épisode de mortalité animale» à l’échelle d’une région jamais enregistré dans ce pays. 20 000 autres rennes avaient déjà succombé à la famine en novembre 2006. Selon l’équipe de chercheurs d’Europe, des États-Unis et d’Asie dépêchée sur place, la cause immédiate de cette mortalité était une couche de glace inhabituelle qui recouvrait et étouffait les pâturages des rennes.
Au début du mois de novembre 2013, il a plu en permanence et de façon anormale pendant 24 heures. Après la pluie, les températures ont chuté. Le 10 novembre, plus de 16 000 kilomètres carrés de la partie sud de la péninsule de Yamal étaient couverts de glace. Les températures sont restées très basses jusqu’au printemps 2014. À cette époque, les bergers qui avaient perdu la plupart ou la totalité de leurs animaux à cause de la famine étaient bloqués dans la toundra. Sans rennes pour transporter les éléments de leurs campements, ils ont dû avoir recours à la pêche pour se nourrir et ont emprunté des reproducteurs pour reconstruire leurs troupeaux, processus qui demande plusieurs années.
Les observations et les modèles historiques ont démontré que l’effet du changement climatique est plus prononcé aux pôles. La glace de mer avec sa couleur blanche reflète la lumière du soleil tandis que, lorsque la couverture de glace diminue, l’eau de l’Océan Arctique, plus sombre, est capable d’absorber plus d’énergie. Le résultat est une boucle de rétroaction appelée amplification arctique. Les climatologues de la NASA font également remarquer que les forts orages tropicaux au niveau de l’équateur font remonter la chaleur dans la haute atmosphère où elle circule vers les pôles.
À mesure que le climat sibérien se réchauffe, les modèles mathématiques prédisent que les pluies deviendront plus fréquentes et plus intenses. Dans un proche avenir, il est souhaitable que des abattoirs mobiles soient déployés en temps utile dans les zones à risque d’englacement de la toundra afin que les rennes puissent être abattus dans de bonnes conditions. De cette façon, les éleveurs pourront recevoir une compensation pour la perte de leurs animaux.
Source: Alaska Dispatch  News.

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drapeau-anglaisBeside natural phenomena like lightning, climate change may kill reindeer (also called caribou) in the Arctic. In August 2016, a lightning blast claimed the lives of more than 300 reindeer in Norway. In July, an anthrax epidemic – which Russian officials blamed on microbes that thawed after spending time frozen inside a reindeer corpse – sickened several indigenous people in Siberia (see my note of August 2nd 2016). Anthrax killed a 12-year-old boy, and reindeer died by the hundreds. In the disease’s aftermath, the regional government proposed to terminate 250,000 reindeer by Christmas this year.

Even the Arctic tundra has turned against the animals, so well-adapted to the climate, as the area warms at a faster rate than the rest of the globe.

In November 2013, 61,000 reindeer starved to death on Russia’s Yamal Peninsula. It marked the largest regional « mortality episode » of reindeer ever recorded. An additional 20,000 had succumbed to famine in November 2006. The immediate cause, according to the team of researchers from Europe, the United States and Asia, was an unusual ice barrier that smothered the reindeer pastures.

In early November 2013, it rained for a continuous and anomalous 24 hours. After the rain, temperatures plummeted. By November 10th, more than 16,000 square kilometres of the southern part of the Yamal Peninsula were blanketed in ice. The temperatures remained below freezing until spring 2014. By that time, the private herders who had lost most or all of their animals to starvation were functionally stranded in the tundra. With no draft reindeer to haul their camps, they resorted to full-time subsistence fishing and borrowed breeding stock to rebuild their herds, a multiyear process.

Historical observations and models indicate the effect of climate change is more pronounced at the poles. White sea ice reflects sunlight, whereas when ice cover diminishes, the darker Arctic water is able to absorb more energy. The result is a feedback loop known as Arctic amplification. NASA climatologists also note that strong tropical thunderstorms at the equator draw heat into the upper atmosphere, where it is circulated toward poles.

As the Siberian climate warms, mathematical models predict rains will become more frequent and intense. It is recommended in the near future that mobile slaughterhouses could be deployed in time to the herds at risk out on the tundra, so that reindeer can be slaughtered humanely. At least that way, herders could receive compensation for the loss of their reindeer.

Source: Alaska Disptch News.

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Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)