Un été chaud, trop chaud, beaucoup trop chaud! // This summer is hot, too hot, much too hot !

Les conséquences du changement climatique sont parfaitement visibles en ce moment à travers le monde. Au cours des dernières semaines, plusieurs pays ont connu des températures très élevées alors que d’autres ont subi des déluges qui ont provoqué des inondations catastrophiques. Les incendies de forêt ont réduit en cendres des villes grecques et sont en train de détruire de vastes zones habitées en Californie. Les inondations ont envahi des parties du Laos et des vagues de chaleur submergent la Scandinavie et le Japon. Ce ne sont que quelques exemples du changement climatique dans ses formes les plus extrêmes.
En Grèce, les gens ont parfois dû sauter dans la mer Egée pour échapper aux flammes. Plus de 70 personnes sont mortes à ce jour, et certaines scènes de dévastation sont horribles. Les autorités ont déclaré trois jours de deuil national.
Nous sommes seulement en juillet et 2018 est déjà l’année la plus chaude que la Grèce n’ait jamais connue. Bien que les dernières semaines aient été moins chaudes et plus humides, il est presque certain que le temps chaud a contribué au dessèchement des forêts en Europe où le nombre de feu de forêts est de 43% supérieur à la normale. Des étés plus longs, une sécheresse plus intense et des températures plus élevées ne font qu’accroître le risque d’incendie.
On dispose de nombreuses preuves confirmant le lien entre l’intensification des incendies et l’activité humaine. La Grèce et une grande partie de la région méditerranéenne vont probablement se transformer en zones désertiques au cours des prochaines décennies, et certains signes indiquent que ce changement a déjà commencé. Au fur et à mesure que les arbres indigènes de la région disparaissent et que les zones urbaines s’étendent dans les forêts mal entretenues, le risque de voir se développer des feux de forêt augmente. Quelle qu’en soit la cause (incendies criminels, foudre ou négligence humaine), les incendies à grande échelle deviendront monnaie courante à mesure que les sécheresses s’intensifieront et que les vagues de chaleur deviendront plus fréquentes. Les vents tempétueux, comme ceux que l’on accuse d’avoir attisé les flammes en Grèce cette année et lors des énormes incendies au Portugal l’année dernière, peuvent rendre une situation déjà compromise tout à fait incontrôlable.
Dans l’ouest des États-Unis, 50 feux de forêt gigantesques – favorisés par une grave sécheresse – sont en train de brûler la végétation dans 14 États, en menaçant des zones habitées. Ils ont entraîné la fermeture d’une grande partie du Parc de Yosemite. Les feux de forêt qui ont ravagé la Sibérie au début du mois de juillet ont envoyé des panaches de fumée de l’autre côté de l’Arctique jusqu’en Nouvelle-Angleterre, à 6 500 kilomètres de distance. L’année dernière, les feux de forêt ont affecté le Groenland pour la première fois de son histoire.
Aux sécheresses viennent s’ajouter les pluies. Au Laos, après des jours de précipitations intenses, un barrage hydroélectrique en construction a cédé le 24 juillet. Des centaines de personnes sont portées disparues. Les températures globales plus élevées augmentent le taux d’évaporation et envoient donc plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère, ce qui rend les précipitations intenses plus fréquentes.
Au cours des dernières semaines, des records de température ont été enregistrés sur presque tous les continents. Le Japon a enregistré sa température la plus chaude de l’histoire – 41,1 degrés Celsius – quelques jours seulement après l’une des pires inondations jamais vécues par le pays.
En ce qui concerne les records, l’Algérie a enregistré la température la plus élevée jamais enregistrée en Afrique avec 51,1 ° C. Comme je l’ai déjà dit, à la fin du mois de juin, la température n’a jamais été inférieure à 42,2 ° C dans le Sultanat d’Oman, un record pour la température nocturne.
On respire mal, même dans des endroits normalement tempérés. Des températures avoisinant 37,7 ° C ont frappé des régions du Canada, entraînant une surpopulation dans les hôpitaux de Montréal où une nouvelle vague de chaleur est prévue cette semaine.
Selon les projections des climatologues, 2018 devrait être la quatrième année la plus chaude de l’histoire, après 2015, 2016 et 2017. Un nouvel épisode El Niño se profile à l’horizon si bien que l’année 2019 pourrait être encore plus chaude.

Source : Médias internationaux.

Nicolas Hulot vient d’appeler les partis politiques à mettre de côté leurs divisions pour « une union sacrée » en matière de lutte contre le changement climatique. Il a déclaré : « Nous venons de vivre une semaine d’extrêmes climatiques : incendies en Grèce et en Suède, record de température en France, inondation puis canicule au Japon. Les scientifiques nous préviennent : ‘ce n’est qu’une bande-annonce’. Pendant ce temps, nous regardons ailleurs. »

De belles paroles, mais qui ont peu de chances d’être suivies d’actes concrets. Pour preuve la réaction de  la secrétaire d’État auprès du ministre qui botte gentiment en touche quand on aborde avec elle la fin des investissements de la société Naval Energies dans l’hydrolien, un mois et demi seulement après avoir inauguré sa première usine de fabrication d’hydroliennes à Cherbourg.

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The consequences of climate change can clearly be seen around the world. In recent weeks, several countries have been affected by searing hot temperatures while others had to suffer downpours that caused disastrous flooding. Wildfires have ripped through towns in Greece and are destroying huge areas in California. Floods have submerged parts of Laos, and heat waves are overwhelming Scandinavia and Japan. These are striking examples of climate change in its deadliest forms.

People in Greece had to jump into the Aegean Sea to escape the flames. More than 70 persons have died so far, and some scenes are horrific. Authorities declared three days of national mourning.

We are only in July and it is already Greece’s hottest year on record Although the last few weeks have been mild and wet, it is nearly certain that the warm weather has played a role in drying out forests throughout Europe, where the number of fires this year is 43 percent above normal. Longer summers, more intense drought, and higher temperatures are all linked to greater fire risk.

Ample evidence links worsening fires with human activity. Greece and much of the Mediterranean region is projected to turn into desert over the next several decades, and there are signs that this shift has already begun. As the region’s native trees die off and urban areas expand into neglected forests, the risk of seeing wildfires develop is increasing. Whatever the ignition source (arson or lightning or human carelessness) massive wildfires will become more and more widespread as droughts intensify and heat waves get more common. Extreme winds, like those blamed for fanning the flames in Greece this year and during the huge fires in Portugal last year, can make an already disastrous situation uncontrollable.

Across western USA, 50 major wildfires are burning in parts of 14 states, favoured by a severe drought. The wildfires burning in Siberia earlier this month sent smoke plumes from across the Arctic all the way to New England, 6,500 kilometres away. Last year, wildfires burned in Greenland for the first time in recorded history.

And then there are the rains. In Laos, after days of downpours, a hydropower dam that was under construction collapsed on July 24th. Hundreds of people are reported missing. Higher global temperatures increase the evaporation rate, putting more water vapour in the atmosphere and making extreme downpours more common.

In recent weeks, high temperature records have been set on nearly every continent. Japan had its hottest temperature in recorded history – 41.1 degrees Celsius – just days after one of the worst flooding disasters the country has ever seen.

As far as rtecords are concerned, Algeria has registered the highest reliably measured temperature in Africa, 51.1°C. As I put it before, in late June, the temperature never dropped below 42.2°C in Oman, the highest night low temperature anywhere in the world.

Even in normally temperate places the air has been sweltering: Temperatures approaching 37.7°C hit parts of Canada, overwhelming hospitals in Montreal where another heat wave is imminent this week.

According to calculations from climate scientists this year is likely to become the world’s fourth warmest year on record globally, behind 2015, 2016, and 2017. With another El Niño on the way, next year could be even hotter.

Source : International news media.

Nicolas Hulot has just called on political parties to put aside their divisions for « a sacred union » in the fight against climate change. He said: « We have just experienced a week of climatic extremes: wildfires in Greece and Sweden, record temperatures in France, floods and heatwaves in Japan. Scientists warn us: ‘this is just gthe trailer of a major disaster.’Meanwhile, we are looking elsewhere. »
Nice words, but which are unlikely to be followed by concrete actions. Just observe the reaction of the Minister’s Secretary of State who gently refuses to answer when journalists tell her about the end of the investments of Naval Energies in the tidal turbines, a month and a half only after inaugurating its first manufacturing plant of tidal turbines at Cherbourg.

Les incendies de Californie vus depuis l’espace le 21 juillet 2018

(Crédit photo : NASA)

Nouvelle vague de chaleur dans le nord de l’Europe // New heat wave in northern Europe

Comme je l’ai indiqué précédemment, les régions arctiques ont connu une vague de chaleur sans précédent au cours des dernières semaines, avec des températures supérieures à 30°C dans l’extrême nord de la Suède. La température (calculée par extrapolation) dans la partie du nord de la Sibérie a atteint 32°C au début du mois de juillet, soit plus de 20 degrés au-dessus de la normale. Conséquence des températures de plus en plus chaudes et des étés de plus en plus secs, les grandes forêts de l’extrême nord commencent à brûler partout dans le monde. C’est ce qui s’est passé récemment en Suède où le pays a été confronté à des incendies de forêt parmi les plus importants de son histoire.
Un incendie de forêt, comme pratiquement tous les incendies, envoie du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, accélérant ainsi l’effet de serre qui contribue au réchauffement climatique. Cela est particulièrement vrai pour les incendies dans les hautes latitudes, où les arbres repoussent lentement, et où s’ajoute le risque de voir les tourbières riches en carbone sécher et brûler à leur tour, sans oublier la fonte du permafrost qui libère d’énormes quantités de méthane.
Les températures plus élevées provoquent également plus d’évaporation, ce qui augmente la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. La vapeur d’eau ne contribue pas seulement à donner l’impression que l’air est plus chaud; c’est aussi un gaz à effet de serre ; c’est pourquoi aux Etats-Unis la température baisse davantage la nuit au Nouveau-Mexique que dans le New Jersey.
Presque tout l’hémisphère nord a connu des températures supérieures à la normale cet été; dans le Colorado, Denver a établi un record avec 40,5°C au mois de juin. A peu près au même moment, le Sultanat d’Oman a enregistré un record mondial pour la plus basse température nocturne avec 42,7°C (voir ma note du 21 juillet 2018). Une vague de chaleur au Japon à la mi-juillet a envoyé 10 000 personnes à l’hôpital; tandis que 80 autres ont perdu la vie.
Source: Médias d’information internationaux.

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As I put it before, Arctic regions have gone through an unprecedented heat wave during the past weeks, which has sent temperatures in the far north of Sweden as high as 30°C. The temperature (calculated by extrapolation) in a part of northern Siberia reached 32°C earlier in July, more than 20 degrees above normal. As a consequence, of the increasingly hot temperatures and dry summers, the great forests in the far north, all around the globe, are starting to burn. This is what recently happened in Sweden where the country was confronted with some of the largest wildfires of its history.

A forest fire, like virtually all fires, releases carbon dioxide into the atmosphere, accelerating the greenhouse effect that drives global warming. This is especially true of wildfires at high latitudes, where trees grow back slowly, and where there are the additional risks of carbon-dense peat bogs drying and burning, and also of melting permafrost releasing huge quantities of methane.

Higher temperatures also cause more evaporation, putting more water vapour into the atmosphere. Water vapour does not just make the air feel hotter; it’s a greenhouse gas all by itself, which is why the temperature drops more at night in New Mexico than it does in New Jersey.

Almost the entire Northern Hemisphere has been hotter than normal this summer; Denver hit an all-time high of 40.5°C in June, around the same time that Oman reported the highest nighttime low temperature (42.7°C) ever recorded anywhere in the world (see my note of 21 July 2018). A heat wave in Japan in mid-July put 10,000 people in the hospital; at least 80 died.

Source: International news media.

Anomalies thermiques en Scandinavie au mois de juillet (Source: NASA)

Il est intéressant de comparer la carte des températures dans le monde en juin 1976 et en juin 2018. Plus c’est orange, plus c’est chaud. Sans commentaire!

Des volcans et des dieux // Volcanoes and gods

Les volcans actifs sont souvent le domaine des dieux. Il suffit de voir Pele, la déesse du feu hawaiien, ou Vulcain, dieu romain du feu et maître des volcans italiens. Les dieux sont également présents au Japon, même s’ils sont moins connus que ceux que je viens de mentionner.
Kagutsuchi est le kami – esprit – du feu au Japon. Son nom est mentionné dans le plus vieux livre d’histoire classique. Son histoire y est décrite comme suit:
Izanagi et Izanami – le huitième couple de dieux frère et soeur à être apparu après que le Ciel et la Terre soient sortis du Chaos – étaient debout sur un pont flottant. Ils enfoncèrent une lance recouverte de bijoux dans l’océan et une première terre sortit des flots. Ensuite, ils ont décidé de s’unir et de concevoir un enfant.

Leur premier enfant, Hiruko, avait un corps hideux et déformé. Ils le considérèrent comme un échec et l’abandonnèrent à son destin en le laissant dériver sur un radeau.
Le couple se remit en besogne et conçut un certain nombre de dieux et de nouvelles îles qui ont fini par constituer l’archipel japonais.
Un jour, Kagutsuchi a vu le jour, mais ce ne fut pas une naissance agréable. Le bébé s’est avéré être le dieu du feu et ses flammes ont dévoré sa mère jusqu’à la mort. Izanami entra alors dans Yomi, le royaume des ténèbres. Son frère-époux se rendit à Yomi pour essayer de la retrouver, mais il en fut chassé par sa sœur-épouse en état de décomposition et par quelques amis qu’elle avait rencontrés ici-bas.
Izanagi entra dans une grande colère et se saisit de sa longue épée, l’Ame-no-o-habari-no-kami. Il en asséna plusieurs coups à son fils entouré de flammes. Il commença par lui trancher la tête, puis découpa le reste de son cadavre en huit morceaux qui devinrent huit volcans différents.

Du sang qui jaillissait sur les rochers environnants et dégoulinait de la lame de l’épée d’Izagani, huit autres dieux sont nés, tous grands brandisseurs d’épées. Les plus importants de ces dieux martiaux sont Takemikazuchi-no-kami et Futsunushi-no-kami. Le premier était également le dieu du tonnerre et le maître des arts martiaux. Il a réussi à dompter Namazu, le poisson-chat géant qui vit sous Terre et cause des séismes en donnant des coups de queue.
Deux autres dieux sont nés du sang de Kagutsuchi : Kuraokami-no-kami, qui est mentionné dans une anthologie de poèmes comme étant le dieu des dragons et de la pluie, et Amatsumikaboshi, le kami de Vénus, l’Etoile du Berger. .
Après la décapitation de Kagutsuchi, l’histoire continue et huit autres dieux sont sortis de tous les membres du dieu du feu. Ils étaient des dieux des montagnes et représentaient différents types de reliefs tels que les forêts, les landes, les montagnes lointaines, celles qui possédaient du fer, celles qui, grâce à leurs cols, permettaient d’accéder aux vallées voisines et, bien sûr, les volcans. Les légendes qui entourent Kagutsuchi font état de la création de fer et d’épées ; elles peuvent être une explication mythologique de l’introduction du fer et des produits métalliques supérieurs par les immigrants qui sont arrivés au Japon depuis l’Asie continentale au début de la période Yayoi (vers 300 av. J.C – 250 ap. J.C), et beaucoup ont pu être des guerriers.
Sources: Ancient History Encyclopedia, Forbes, Mythologica.

Il existe de nombreuses autres légendes volcaniques. Certaines d’entre elles figurent dans l’ouvrage Mémoires Volcaniques que j’ai eu le plaisir d’écrire avec Jacques Drouin. (voir colonne de droite de ce blog).

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Where there are active volcanoes, there are often gods. Suffices to see Pele, the goddess of fire on Hawaiian volcanoes, or Vulcan, the Roman god of fire, the master of Italian volcanoes.   Gods are also present in Japan, even though they are less popular than the ones I have just mentioned.

Kagutsuchi is the Japanese kami, or spirit of fire. His name is mentioned in the oldest book of classical Japanese history. His story goes as follows:

Once upon a time, Izanagi and Izanami – the eighth pair of brother-and-sister gods to appear after the Heavens and Earth emerged from the Chaos – stood on a floating bridge. Using a spear covered with jewels, they poked the ocean and the first landmass appeared. Then, they decided to unite and create a child.

Their first child, Hiruko, was deformed and deemed a failure. He was abruptly abandoned and set adrift in a boat.

The pair kept on going and conceived a number of gods and even a few more islands, which ultimately made up the Japanese archipelago.

Eventually, Kagutsuchi appeared, but it was not a pleasant birth. This baby turned out to be a fire god, which meant that during his birth, his mother, Izanami, was burned to death, and she went to Yomi, a realm of darkness. Izanagi apparently went to Yomi to get her but was eventually chased away by his rotting sister-wife and some friends she had made down there.

Izanagi went into a rage and decided to grab his lengthy sword, the Ame-no-o-habari-no-kami, and attack his flaming son. First, he cut off his head, and then chopped up the rest of his corpse into eight different pieces, which turned into eight different volcanoes.

From the blood which gushed out over the surrounding rocks and dripped from the sword’s blade, another eight gods were born, all of them powerful swordsmen. The two most important of these martial gods are Takemikazuchi-no-kami and Futsunushi-no-kami, with the former being also a thunder god and patron of the martial arts who famously subdued Namazu, the giant catfish that lives beneath the Earth and causes earthquakes by flipping his tail.

Two other gods that were born from Kagutsuchi’s blood were Kuraokami-no-kami, who is mentioned in a poem anthology as being a dragon and rain god. Another is Amatsumikaboshi, the kami of Venus, the Evening Star.  .

After Kagutsuchi’s decapitation the story continues and from just about every body part of the fire god, eight more gods were born. These were mountain gods which represented different types of mountains such as forested ones, those with moors, those far away, those possessing iron, those which provided passes to adjoining valleys and, of course, volcanoes. The stories of Kagutsuchi which include the creation of iron and swords may well be a mythological explanation for the arrival of iron and superior metal goods via immigrants arriving in Japan from mainland Asia at the beginning of the Yayoi Period (c. 300 BCE or earlier to c. 250 CE), many of whom may well have been warriors.

Sources : Ancient History Encyclopedia, Forbes, Mythologica.

Représentation de Kagutsuchi, le kami du feu au Japon (Source : Wikipedia)

Eruption du volcan Io Yama (Japan) // Eruption of Io Yama Volcano (Japan)

Selon l’agence Reuters, le volcan Io Yama sur l’île de Kyushu est entré en éruption le jeudi 19 avril 2018, avec des nuages de cendre et des projections de blocs, ce qui a incité les autorités à interdire l’accès au sommet. Il n’est fait état d’aucun dégâts et d’aucune victime.
Les images diffusées à la télévision montrent une fumée grisâtre provenant de plusieurs endroits sur le flanc du Io Yama qui appartient au complexe volcanique de Kirishima.
Le niveau d’alerte est passé de 2 à 3 sur l’échelle de 5. La JMA a prévenu que les projections pouvaient atteindre une distance de 2 km.

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According to the Reuters press agency, Io Yama volcano on island of Kyushu erupted on Thursday, April 19th 2018, shooting clouds of smoke and rocks into the sky, and prompting authorities to ban access to the peak. There were no reports of any damage or casualties.

Television footage showed grayish smoke jetting from several spots on the side of the mountain in the Kirishima range.

The alert level for Io Yama was raised to 3 from 2 on Japan’s 5-level scale, with the Japan Meteorological Agency warning that volcanic rocks could be hurled as far as 2 km..

Shinmoedake (Japon / Japan)

Une coulée de lave était parfaitement visible le 9 mars 2018 sur les webcams dirigées vers le Shinmoedake, après les épisodes éruptifs des jours précédents. Selon des témoins, il semble que la lave s’écoulait depuis la lèvre nord-ouest du cratère.
L’Agence météorologique japonaise (JMA) a confirmé que l’éruption s’est arrêtée tôt le matin du 9 mars et que la lave débordait du cratère. .
Le niveau d’alerte est maintenu à 3, avec les restrictions d’accès mentionnées précédemment.
Les images satellites révèlent qu’une forme de relief s’est agrandie à l’intérieur du cratère. Elle mesure maintenant 650 mètres de diamètre, contre 550 mètres le 7 mars, avec la présence possible d’un dôme de lave.
Sources ; JMA, The Japan Times, The Mainichi.

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A lava flow was clearly visible on March 9th, 2018 on the webcams directed at Shinmoedake after the eruptive episodes of the previous days. From witnesses, it appears lava was flowing from the northwest rim of the crater.

The Japan meteorological Agency indicates that the eruption stopped in the early morning of March 9th and that lava had spilled over the crater rim. .

The alert level is kept at 3, with the access restrictions I mentioned before.

Satellite images reveal that a landform within the volcano’s crater has expanded in size. It now measures 650 metres in diameter, versus 550 metres on March 7th, with the presence of a possible lava dome.

Sources ; JMA, The Japan Times, The Mainichi.

Séquence éruptive sur le Shinmoedake (capture image webcam)

Shinmoe & Aso (Japon / Japan)

Le Mont Shinmoe sur l’île de Kyushu est de nouveau entré en éruption le 1er mars 2018, moins de cinq mois après le précédent événement. La Japan Meteorological Agenczy (JMA) a confirmé qu’une petite éruption s’était produite vers 11 heures, avec des retombées de cendre sur la ville de Takaharu, située à l’est du volcan. On ne signale ni victimes ni dégâts. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3, sur une échelle de 5.
Le Mont Shinmoe est entré en éruption en janvier 2011 et en octobre 2017, avec des panaches de cendre jusqu’à environ 2 300 mètres au-dessus du cratère lors de l’éruption d’octobre.
Source: Kyodo News, JMA.

Suite à la diminution de l’activité volcanique (le niveau d’alerte a été abaissé à 1) et à l’installation de mesures de sécurité, les autorités ont de nouveau autorisé l’accès au cratère du Mont Aso le 28 février 2018. Le cratère avait été fermé aux visiteurs en août 2014 suite à une petite éruption. Cependant, l’exploitation du service de télécabine reste suspendue car les réparations n’ont encore été effectuées après l’éruption majeure d’octobre 2016. Une navette est mise à la disposition des touristes qui peuvent aussi emprunter une route à péage.
Source: The Japan Times.

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Mt. Shinmoe on the island of Kyushu erupted again on March 1st, 2018, less than five months after its last eruption. The JMA confirmed a small eruption at about 11 a.m. and ashfall was observed in the town of Takaharu, located east of the mountain. There were no reports of injuries or property damage. The volcanic alert level is kept at 3, on a scale of 5.

Mt Shinmoe erupted in January 2011 and October 2017, spewing ash up to around 2,300 metres above the crater in the October eruption.

Source : Kyodo News, JMA.

Local authorities reopened a crater area of Mount Aso to tourists on February 28th, 2018 for the first time in over three years following diminished volcanic activity and the installation of safety measures. The alert level was lowered to 1, which allows entry to the crater zone. The crater had been closed to visitors in August 2014 after a small-scale eruption. However, operation of the gondola lift remains suspended after its equipment was severely damaged in a large-scale eruption in October 2016. Instead a shuttle-bus service is available, while cars can also reach the entrance through a toll road.

Source: The Japan Times.

Vue du Shinmoedake (Crédit photo: Wikipedia)

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Vue du sommet de l’Aso (Crédit photo: Franck Gueffier)

Vers une exploitation commerciale des « fumeurs noirs » ? // Toward a commercial exploitation of the « black smokers » ?

Le Japon a commencé à exploiter avec succès un gisement de ressources minérales en eaux profondes au large de la côte d’Okinawa. C’est, à ce jour, la plus grande extraction de ce type sur des monts hydrothermaux. Elle soulève des inquiétudes dans le monde scientifique car cette nouvelle ruée vers l’or pourrait affecter les créatures uniques qui vivent sur ces gisements.
Les gisements d’Okinawa, situés à plus de 1 500 mètres sous la surface de la mer, sont dus à la présence de bouches hydrothermales. Ces cheminées, connues sous le nom de «fumeurs noirs», émettent des panaches à haute température riches en zinc, nickel, cuivre et autres éléments rares. Lorsque les panaches entrent en contact avec l’eau de mer froide, les métaux retombent et s’accumulent sur le fond marin.
Depuis  des années, les compagnies d’extraction minière à travers le monde entier sont impatientes d’exploiter ces trésors sous-marins qui détiennent de nombreux éléments essentiels à la fabrication des smartphones et des ordinateurs. Le gisement exploité par le Japon est censé contenir une quantité de zinc équivalente à la consommation annuelle du pays. Il produit également de l’or, du cuivre et du plomb.
Le Japon exploite le gisement au large d’Okinawa depuis un mois. Il s’agit en fait davantage de tester des robots miniers sous-marins plutôt qu’une opération commerciale. Malgré tout, c’est un pas en avant vers une exploitation minière des fonds marins à grande échelle.
Les sources hydrothermales sur les fonds océaniques ont été découvertes dans les années 1970 et fascinent les scientifiques depuis cette époque. Chaque source est unique et peuplée par des créatures différentes qui se nourrissent à partir des fluides hydrothermaux toxiques qui jaillissent dans l’océan.
L’un des problèmes auxquels les scientifiques sont confrontés est que ces systèmes hydrothermaux sont très dynamiques. Ils peuvent apparaître et disparaître au cours des décennies, voire des siècles. On sait que certains systèmes ont été affectés par une éruption volcanique, recouverts de lave, mais sont redevenus actifs au bout d’une dizaine d’années.
Les « fumeurs noirs » recèlent également des substances chimiques toxiques comme le plomb et l’arsenic et on ne sait pas trop ce qui se passerait si une exploitation minière rencontrait des problèmes entraînant leur épanchement dans la mer. Les animaux qui vivent sur les fonds marins ou sur la source hydrothermale seraient-ils blessés? Que se passerait-il si un épanchement de fluides toxiques se produisait dans les eaux proches du rivage, dans une région où vivent les gens?
L’International Seabed Authority (ISA), organisme dépendant des Nations Unies pour la gestion des fonds marins, a accordé plus de 25 contrats à certains pays, parmi lesquels le Japon, pour explorer des gisements. Toutefois, aucune opération minière à des fins commerciales n’a encore lieu. L’ISA veut s’assurer que l’exploitation minière en profondeur se fera en toute sécurité. L’agence s’est engagée à élaborer des réglementations environnementales d’ici 2020, ce qui signifie que les robots sous-marins destinés à l’exploitation des gisements hydrothermaux seront commercialement opérationnels vers 2025. Si un État membre de l’ISA devait exploiter les gisements à des fins commerciales, sans attendre la diffusion des conditions environnementales de l’ISA, il y aurait des répercussions diplomatiques.
Pour le moment, le Japon se contente d’explorer les sources hydrothermales dans ses eaux côtières. Le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie envisage l’exploitation commerciale des gisements hydrothermaux au large d’Okinawa vers le milieu de l’année 2020.
Indépendamment de ce que le Japon fait dans ses propres eaux, les sources hydrothermales et les autres gisements minéraux sous-marins en haute mer seront bientôt ouverts à l’exploitation minière. L’enjeu concerne l’un des écosystèmes les plus rares et les plus méconnus de notre planète. À l’échelle mondiale, on pense que les sources hydrothermales dans les profondeurs des océans couvrent environ 30 kilomètres carrés, soit moins d’un pour cent de la superficie du Parc National de Yellowstone. Il ne faudrait pas oublier que les êtres vivant qui peuplent ces sources ont déjà permis de grandes découvertes. Par exemple, l’un de ces petits organismes contient un composé qui pourrait aider à traiter la maladie d’Alzheimer. Il n’est pas impossible que les « fumeurs noirs » hébergent des communautés d’organismes susceptibles de donner naissance au prochain grand médicament.
Source: Presse japonaise, en particulier The Japan Times.

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Japan has successfully tapped into a deposit of mineral resources from a deep-water seabed off the coast of Okinawa, the largest such extraction of its type. It is sparking renewed concerns among scientists about how this new gold rush will affect the unique creatures living off these ore deposits.

The Okinawa deposits, located over 1,500 metres below the sea surface, are formed by hydrothermal vents. These chimneys, known as “black smokers”, on the seafloor spew out hot plumes rife with zinc, nickel, copper, and other rare elements; when the plumes collide against the cold seawater, the metals fall out and accumulate on the seafloor.

Mineral extraction companies all over the world have been gearing up for years to tap into these underwater treasure troves which hold many of the rare elements key to power smartphones and computers. The deposit mined by Japan is believed to contain an amount of zinc equivalent to the country’s annual consumption. The ore also includes gold, copper, and lead.

Japan has been working on the deposit off Okinawa for a month. It is still part of an effort to test underwater mining robots rather than a full-blown commercial operation. Still, it’s a step forward in making large-scale seabed mining a reality.

Hydrothermal vents were discovered in the 1970s and have fascinated scientists ever since. Each vent system is unique, with different creatures inhabiting its slopes and feeding off the toxic hydrothermal fluids spewing out into the ocean.

One of the problems scientists are confronted with is that hydrothermal are very dynamic, turning on and off over the span of decades or even centuries. Some hydrothermal vent systems are known to have been completely wiped out by a volcanic eruption, buried by lava, but began spewing out fluids again after about a decade.

Hydrothermal vents also contain toxic chemicals like lead and arsenic and it is unclear what would happen if mining equipment failed, leading to a spill. Will animals on the seafloor or water column be harmed? What if there is a spill in waters close to the shore, where people live?

The International Seabed Authority (ISA), the United Nations’ independent treaty organization, has granted over 25 contracts to countries, including Japan, to explore for minerals. But no large-scale commercial mining operations are taking place just yet. The ISA is still figuring out how to make sure deep-sea mining is done safely. The agency has committed to develop environmental regulations by 2020, which means that big underwater robots mining hydrothermal vents will be commercially operational around 2025. If any ISA member state were to conduct large-scale commercial seabed mining within its own coastal waters without waiting for the production of the ISA environmental code, that would have diplomatic repercussions.

For now, Japan is mining vents in its own coastal water. The country’s Economy, Trade and Industry Ministry then plans to commercialize mining at the sites off Okinawa around the middle of 2020.

Regardless of what Japan is doing in its own waters, hydrothermal vents and other underwater mineral deposits in the high seas will be opened to mining soon. At stake is one of the most unique ecosystems on our planet. Globally, active vents are estimated to cover about 30 square kilometres, less than one percent of the area of Yellowstone National Park. It should not be forgotten that deep-sea animals have yielded big discoveries before, including one small organism that contains a compound that could help treat Alzheimer’s. Maybe hydrothermal vents host communities of organisms that may yield the next big drug. Source: Presse japonaise, en particulier The Japan Times.

« Fumeur noir » dans l’Atlantique (Source : Wikipedia)