Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Ce devait être une affaire de minutes, voire d’heures, mais il faudra peut-être attendre plusieurs jours avant de voir une éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Ce sont les aléas de la prévision volcanique. Cette erreur d’appréciation n’a pas trop d’importance sur un volcan comme la Fournaise car l’événement – s’il se produit – aura très probablement lieu dans l’Enclos qui est une zone inhabitée.

Après la crise du 7 septembre, la sismicité a fortement diminué. En revanche le gonflement du volcan se poursuit, mais l’OVPF explique qu »aucun mouvement de magma depuis ce réservoir vers la surface n’est à noter »

Suite à ces observations, la préfecture annonce un retour en phase de Vigilance à compter du 9 septembre à 8h. L’accès à l’Enclos sera restreint. L’interdiction d’accès du public à la partie haute est levée. Les restrictions se trouvent sur le site de l’OVPF.

Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey

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Depuis le 3 septembre 2022, et pour 2 ans, se tient à la Cité du Volcan (Ile de la Réunion) une exposition intitulée « 30 ans déjà » consacrée à Katia et Maurice Krafft.

Vous trouverez le descriptif de l’exposition à cette adresse :

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/cite-du-volcan-inauguration-de-l-exposition-maurice-et-katia-krafft-couple-de-volcanologue-disparu-en-1991-1317900.html

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En raison des coulées de boue et des dégâts causés par la violente tempête du 11 août 2022, l’ancien sentier emprunté par les guides pour conduire les touristes vers la plate-forme d’observation du Stromboli (Sicile) avait dû être fermé. Un sentier provisoire avait été mis en place côté Ginostra, mais ce n’était pas l’idéal.

Depuis la mi-août, les travaux sont allés bon train pour tracer un nouveau sentier et les excursions ont pu reprendre le 5 septembre. C’est un,soulagement pour l’île car la grimpette, même si elle n’a rien à voir à celle d’il y a quelques années, est l’une des principales sources économiques de l’île.

Le nouveau chemin a été tracé en un temps record, par les guides forestiers, de montagne et volcanologiques de Stromboli, grâce à la donation d’un terrain par un citoyen.

Le feu vert a été donné par un géologue de la Protection Civile ainsi que par le maire lui-même.

Une nouvelle ordonnance confirme les restrictions qui existaient avant le 12 août. Jusqu’à une altitude de 290 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est possible de faire des excursions sans l’aide de guides. De 291 à 400 mètres, l’accès n’est autorisé qu’avec les guides. Au-delà de 400 m, l’accès n’est autorisé qu’au personnel scientifique et de la protection civile. L’accès vers la zone sommitale du volcan reste strictement interdit aux autres personnes, y compris les touristes, sous peine de forte amende.

Source: presse italienne.

Image webcam

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Les autorités russes indiquent que 8 personnes sont mortes le 4 septembre 2022 lors de l’ascension du Klyuchevskoy (Kamtchatka). Un premier bilan faisait état de cinq victimes, mais trois autres cadavres ont été découverts par les sauveteurs lors de l’opération de sauvetage qui avait été retardée par de mauvaises conditions météorologiques. Ces dernières avaient généré des nuages de cendres et entraîné le passage momentané à l’Orange de l’alerte aérienne sur le volcan. Quatre personnes ont survécu à l’accident et ont attendu les secours à différentes altitudes. L’accident s’est produit à environ 500 mètres sous le sommet qui culmine à 4 750 mètres. Tous les alpinistes étaient russes.
Source : Toronto Star.

La tragédie fait suite à une série d’accidents survenus sur plusieurs volcans de la planète. En août, trois alpinistes sont morts et 12 autres ont été blessés au cours d’une chute sur le volcan Carihuairazo en Équateur. En juin, une femme est décédée et son compagnon a été blessé alors qu’ils escaladaient le sommet – pourtant interdit – du Popocatepetl. En juillet, un touriste américain a dû être secouru sur le Vésuve après avoir glissé dans le cratère – dans une zone là aussi interdite – alors qu’il tentait de récupérer son téléphone portable.

Crédit photo: KVERT

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) se poursuit sans changements significatifs. On observe une cinquantaine d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent en moyenne à 3 km au-dessus du volcan.

Source: IGP.

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L’Observatoire Volcanologique du Karthala (île de la Grande Comore) a signalé le début d’une hausse significative du nombre de petits séismes sous le flanc ouest du volcan le 15 juillet 2022. L’activité anormale a persisté pendant les jours suivants et le niveau d’alerte a été porté au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de trois niveaux) le 16 août. La population a été invitée à limiter les activités sur et autour du volcan.

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Dans un bulletin spécial publié le 2 septembre 2022, le CVGHM a signalé que les données de déformation du Marapi (Indonésie) montraient une tendance à l’inflation au sommet, et à la déflation le long des flancs du volcan. La sismicité a continué à fluctuer, probablement à cause d’une activité hydrothermale. Une éruption phréatique est le type d’activité le plus probable susceptible de se produire sur le volcan. Le public a été invité à rester à au moins 3 km du sommet. Le niveau d’alerte rste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

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Au Guatemala, l’INSIVUMEH indique que 4 à 13 explosions par heure sont observées sur le Fuego. Elles génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère et éjectent des matériaux incandescents à 100-300 m au-dessus du sommet. Comme d’habitude, des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Des ondes de choc secouent quotidiennement les structures dans les localités jusqu’à une dizaine de kilomètres autour du volcan. Des avalanches de blocs dévalent encore plusieurs ravines, atteignant souvent des zones de végétation. Des lahars résultant de précipitations importantes se sont engouffrés dans les ravines Las Lajas, El Jute et Ceniza les 29 et 30 août 2022.

L’éruption au niveau du complexe de dômes du Santiaguito se poursuit. Le dôme Caliente alimente des coulées de lave qui ont parcouru les ravines San Isidro et El Tambor sur 4,2 km fin août. Des avalanches de blocs génèrent parfois des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 500 m au-dessus du complexe du dômes. L’incandescence du dôme et des coulées de lave est parfois visible la nuit ou tôt le matin.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

It was supposed to be a matter of minutes, even hours, but it may take several days before we see an eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island). These are the uncertaintiess of volcanic prediction. This error is not really a problem on a volcano like Piton de la Fournaise because the event – if it occurs – will very probably take place in the Enclos which is an uninhabited area.

After the crisis of September 7th, seismicity has much decreased but the volcano continues to inflate. . However, OVPF explains that « no movement of magma from the reservoir to the surface is to be noted »
Following these observations, the prefecture announced a return to the Vigilance phase from September 9h at 8 a.m. Access to the Enclos will be restricted. The ban on public access to the upper part of the volcano is lifted. The restrictions can be found on the OVPF website.
Source: OVPF.

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Since September 3, 2022, and for 2 years, an exhibition entitled « 30 years already » dedicated to Katia and Maurice Krafft is being held at the Cité du Volcan (Reunion Island).
You will find the description of the exhibition at this address:

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/cite-du-volcan-inauguration-de-l-exposition-maurice-et-katia-krafft-couple-de-volcanologue-disparu-en-1991-1317900.html

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Due to the mudslides and the damage caused by the violent storm of August 11, 2022, the old footpath used by the guides to lead tourists to the observation platform of Stromboli (Sicily) had to be closed. A temporary footpath had been set up on the Ginostra side, but it was not the best solution.
Since mid-August, work has been going well to trace a new trail and excursions were able to resume on September 5th. It is a relief for the island because the climb, even if it has nothing to do with that of a few years ago, is one of the main economic sources of the island.
The new path was traced in record time, by the forest, mountain and volcanological guides of Stromboli, thanks to the donation of land by a citizen.
The green light was given by a geologist from the Civil Protection as well as by the mayor himself.
A new ordnance confirms the restrictions that existed before August 12th. Up to an altitude of 290 meters above sea level, it is possible to make excursions without the help of guides. From 291 to 400 meters, access is only authorized with guides. Beyond 400 m, access is only authorized to scientific and civil protection staff. Access to the summit area of ​​the volcano remains strictly forbidden to other people, including tourists, under penalty of heavy fines.
Source: Italian press.

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Russian authorities indicate that 8 persons have died while climbing Klyuchevskoy (Kamchatka) on September 4th, 2022. The initial toll was five but three more corpses were discovered by rescuers during the rescue operation that had been delayed by poor weather conditions. Strong winds lifted ash plumes that caused the aviation color code to be raised momentarily to Orange. Four people survived the accident and waited for the rescuers at different altitudes. The accident occurred about 500 meters below the 4,750-meter summit. All the climbers were Russians.

Source: Toronto Star.

The incident marks the latest in a recent string of climbing accidents involving volcanoes around the world. In August, three mountaineers died and 12 were injured after they fell while climbing Ecuador’s Carihuairazo volcano. In June, a woman died and her companion was injured when they scaled the off-limits peak of Popocatepetl. In July, an American tourist had to be rescued on Mount Vesuvius after he slipped into the Italian volcano’s crater in a prohibited area while trying to recover his fallen cell phone.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues without significant changes. About fifty explosions are observed daily. They generate ash plumes that rise up to an average of 3 km above the volcano.
Source: IGP.

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The Observatoire Volcanologique du Karthala (Grand Comore Island) reported that a significant increase in the number of small earthquakes beneath the volcano’s W flank began to be detected on July 15tn, 2022. The abnormal activity persisted and the Alert Level was raised to Yellow (the second level on a three-level scale) on August 16th. Residents were asked to limit activities on and around the volcano.

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In a special notice posted on September 2nd, 2022, CVGHM reported that tiltmeter deformation data for Marapi (Indonesia) showed a trend of inflation at the summit and deflation along the flanks. Seismicity continued to fluctuate, indicating hydrothermal activity. A phreatic eruption is the most likely kind of volcanic activity that could occur at the volcano. The public was asked to stay at least 3 km away from the summit. The Alert Level remained at 2 (on a scale of 1-4).

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In Guatemala, INSIVUMEH reports that 4-13 explosions per hour are recorded at Fuego. They generate ash plumes that rise as high as 1.1 km above the crater and eject incandescent material 100-300 m above the summit. As usual, ashfall is reported in downwind areas. Daily shock waves rattled structures in communities within about 10 km around the volcano. Block avalanches still travel down several drainages, often reaching vegetated areas. Lahars resulting from substantial rainfall descended the Las Lajas, El Jute and Ceniza drainages on August 29th and 30th, 2022.

The eruption at the Santiaguito lava-dome complex continues. The Caliente cone feeds lava flows that descended the San Isidro and El Tambor drainages over 4.2 km by the end of August. Block avalanches sometimes generate ash plumes that rise as high as 500 m above the dome complex. Incandescence from the dome and the lava flows can sometimes de seen at night or during early mornings.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : éruption en vue ! // Eruption in the short term !

17 heures (heure métropole) : Le Piton de la Fournaise vient de passer en alerte 1, signe qu’une éruption est probable à brève échéance. Une crise sismique est en cours. Elle a débuté à 16h54 et s’accompagne d’une déformation rapide du volcan. L’OVPF précise que cette crise témoigne « d’une fragilisation du milieu et indique que le magma quitte son réservoir magmatique pour se propager à la surface ».

Une éruption est donc probable dans les prochaines minutes ou heures.

Pour répondre à la tradition, l’accès à l’Enclos a bien sûr été immédiatement interdit. La Réunion, ce n’est pas l’Islande! La RN2 reste toutefois ouverte

Source: Réunion la 1ère, OVPF.

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17:00 (Paris time) : The Piton de la Fournaise has just been put on alert 1, which means that an eruption is likely in the short term. A seismic crisis is underway. It began at 4:54 p.m. and is accompanied by a rapid deformation of the volcano. OVPF specifies that this crisis testifies « to a weakening of the environment and indicates that magma is leaving its reservoir to ascend to the surface ».
An eruption is therefore likely in the next few minutes or hours.
In keeping with tradition, access to the Enclos was of course immediately prohibited. Reunion is not Iceland! However RN2 remains open
Source: Réunion la 1ère, OVPF.

Photo: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande // New Zealand)

Voici une annonce assez surprenante de GeoNET à propos de la surveillance du volcan de White Iskand (Nouvelle Zélande) :

« La récente perte d’accès aux données en continu pour Whakaari / White Island signifie que nous sommes absolument incapables de faire la distinction en temps quasi réel entre VAL 1 (activité volcanique mineure) et VAL 2 (activité modérée à forte). En conséquence, le niveau d’alerte volcanique pour Whakaari / White Island a été relevé à 2, non pas suite à l’observation d’une hausse de l’activité volcanique, mais en raison de notre niveau d’incertitude pour interpréter actuellement la situation par manque de données en temps réel. »

Depuis l’explosion du 9 décembre 2019, l’accès à White Island est interdit au public. L’île se situant à une cinquantaine de km de la côte de l’Ile du Nord, le risque pour les populations est faible.

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Here is a rather surprising announcement from GeoNET about the monitoring of the White Iskand volcano (New Zealand):

« The recent loss of access to continuous data from Whakaari/White Island means we are effectively unable to distinguish in near real-time between VAL 1 (minor volcanic unrest) and VAL 2 (moderate to heightened unrest). As a result, the Volcanic Alert Level for Whakaari/White Island has been raised to Level 2, not as an indication of a noticed increase in volcanic activity, but as a reflection of the increased level of uncertainty in our interpretation due to the current lack of real-time data. »

Since the explosion of December 9th, 2019, access to White Island has been prohibited to the public. As the island is located about fifty kilometers from the coast of the North Island, the risk for the populations is low.

Photo: C. Grandpey

Nyiragongo (RDC) : la difficulté de la prévision éruptive // The difficulty of eruptive prediction

L’année dernière, le 22 mai 2021, le Nyiragongo (République Démocratique du Congo) est entré brutalement en éruption. Les habitants de Goma ont vu les villageois des environs arriver en courant avec des matelas sur la tête et de grands sacs contenant leurs affaires, leurs enfants derrière eux. Ces villageois ont dit qu’il y avait un feu de forêt et qu’il se rapprochait. À 17 heures, une forte lueur est apparue dans le ciel et des explosions étaient audibles au loin. Vers 18 heures, tout le monde s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une éruption volcanique. Vers 3 heures du matin, la coulée de lave vomie par le Nyiragongo s’est arrêtée à une centaine de mètres de la porte d’entrée de la clinique de Buhene, et à moins de 800 mètres de l’aéroport de Goma. Selon l’ONU, plus de 13 villages et 3 629 maisons ont été détruits, laissant plus de 20 000 personnes sans abri. La lave ayant détruit les lignes électriques, un quart des habitants de Goma se sont retrouvés sans électricité. Au moins 37 personnes sont mortes, soit d’une exposition à la lave ou aux gaz, soit dans des accidents pendant leur fuite devant le danger.

Dans une nouvelle étude publiée le 31 août 2022 dans la revue Nature, des scientifiques du Centre européen de géodynamique et de sismologie de Walferdange au Luxembourg, ont expliqué pourquoi l’éruption avait surpris tout le monde.
La plupart des volcans sous surveillance scientifique envoient des signaux indiquant qu’ils sont susceptibles d’entrer en éruption. En se frayant un chemin à travers la roche, le magma génère des signaux sismiques et déforme le sol à mesure qu’il monte vers la surface en libèrant des gaz toxiques.
Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour le Nyiragongo en 2021. Selon les volcanologues locaux, le volcan se comportait comme d’habitude. Ils n’ont détecté aucun changement particulier annonçant une éruption à court terme.
Dans l’étude, les chercheurs avancent l’hypothèse qu’avant le paroxysme, le magma a pénétré à l’intérieur du flanc du Nyiragongo. La masse de roche en fusion était déjà si proche de la surface que le flanc du volcan s’est éventré, libérant immédiatement la lave, sans les signes précurseurs habituels. Le 22 mai, le flanc du Nyiragongo avait probablement été affaibli au fil du temps par des secousses sismiques et par des intrusions magmatiques, de sorte qu’il a fini par céder et laissé échapper des torrents de lave qui ont dévalé ses pentes.
Ce genre d’éruption inopinée devrait servir de leçon aux scientifiques : malgré ce que nous savons déjà sur les volcans, il y a encore des choses que nous ne comprenons pas.
Avec sa lave fluide et rapide et sa capacité à émettre du dioxyde de carbone dans son environnement, le Nyiragongo est un volcan particulièrement dangereux qui met fréquemment en danger Goma, au Congo, et Gisenyi, une ville rwandaise à proximité.
Les éruptions latérales du Nyiragongo en 1977 et 2002 ont tué des centaines de personnes, mais ces deux événements avaient été précédées de signaux indiquant que le magma était sur le point d »atteindre la surface. On avait enregistré de puissants séismes et une modification de comportement du lac de lave. De plus, le Nyiamuragira voisin était entré en éruption et on sait qu’il existe une interconnexion des conduits d’alimentation avec ceux du Nyiragongo.
Depuis 2015, un nouveau réseau sismique est installé dans la région pour détecter les mouvements du magma du Nyiragongo. Avec le bruit émis par le lac de lave qui bouillonne dans le cratère, la « bande sonore » est souvent saturée et il est donc très difficile de détecter un comportement inhabituel du volcan.
Malgré des problèmes politiques, techniques et financiers ces dernières années, le personnel de l’Observatoire Volcanologique de Goma était en mesure de surveiller le volcan au moment de l’éruption et aucun signal précurseur n’a été détecté avant l’éruption de 2021. Cela a été confirmé par des scientifiques internationaux qui ont examiné les données recueillies à l’époque : le Nyiragongo n’a montré aucune activité sismique particulière et le lac de lave n’a pas montré de changement significatif.
Selon la nouvelle étude, tout cela signifie que l’utilisation des méthodes de surveillance traditionnelles sur le Nyiragongo ne permet pas de détecter de tels types d’éruptions. Cela rend ce volcan encore plus dangereux.
La capacité du Nyiragongo à dissimuler son comportement éruptif n’est pas unique dans le monde. Certains volcans peuvent émettre leur lave tranquillement au sein de paysages fracturés, tandis que d’autres montrent de soudaines explosions de vapeur. Il faut espérer qu’un jour, en étudiant ces éruptions soudaines et imprévues à l’aide d’équipements plus performants, on puisse détecter des précurseurs qui permettront de sauver des vies. Il se peut aussi que nous ne réussissions jamais à aller plus avant dans la prévision volcanique. On peut lire dans la conclusion de l’étude : « Il y a peut-être des choses qu’on ne pourra jamais prévoir. »
Source : Le New York Times, via Yahoo News.

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Last year, on May 22nd, 2021, Nyiragongo volcano (Democratic Republic of Congo) eruptedsuddenly. The residents of Goma could see villagers from the foothills of Mount Nyiragongo hurrying with mattresses on their heads and large sacks with their belongings, children in tow. These villagers said there was a forest fire, and it was getting closer. By 5 pm, a fiery glow appeared in the sky and explosions could be heard in the distance. At about 6pm, everybody realized it was a volcanic eruption. At around 3 o’clock in the morning, the flow of lava stopped about 100 metres from the front gate of the clinic in Buhene, and less that 800 metres from Goma’s airport. According to the U.N., over 13 villages and 3,629 houses were destroyed, leaving over 20,000 people homeless. As the lava wiped out power lines, a quarter of Goma’s inhabitants were left without electricity. At least 37 people died, either from exposure to the lava or gases, or in accidents while trying to evacuate.

In a new study published on August 31st, 2022 in the journal Nature, scientists at the European Center for Geodynamics and Seismology in Walferdange, Luxembourg, explained how the eruption managed to ambush everyone.

Most sufficiently monitored volcanoes offer warning signals before erupting. Magma forcing its way through rock generates distinctive types of earthquakes, deforms the land as it ascends and unleashes noxious gases.

Not so for Nyiragongo in 2021. According to the local volcanologists, the volcano was behaving as usual. They were not able to detect any dramatic change that could tell that an eruption would occur.

In the study, the researchers suspect that, before the paroxysm, magma intruded below Nyiragongo’s flank. The molten mass was already so close to the surface that should the flank have broken apart, it would have immediately erupted without the usual precursory signs. On May 22nd, the flank, which had been weakened over time by earthquakes, and by incursions of magma, finally yielded and rivers of lava travelled down its slopes

This sort of unannounced eruption offers scientists a harsh lesson : despite what we already know about volcanoes, there are still things that we don’t understand.

With its fluid, fast-moving lava and its ability to suffuse carbon dioxide into its surroundings, Nyiragongo is an extraordinarily perilous volcano that frequently endangers Goma, in Congo, and Gisenyi, a contiguous Rwandan city.

Nyiragongo’s flank eruptions in 1977 and 2002 killed hundreds, but both were preceded by signs that magma was about to invade the surface: large earthquakes, strange lava lake convulsions and the eruption of the nearby Nyamulagira volcano, whose magmatic pathways are partially entwined with Nyiragongo’s.

Since 2015, a new seismic ntwork has been established in the region to detect Nyiragongo’s magma movements. Partly thanks to the endlessly bubbling lava lake, the soundtrack is as interminable as it is loud. Trying to pick out unusual changes is like trying to identify a new voice in a gigantic crowd of people talking.

Although the Goma Volcano Observatory has been beset with political, technical and financial troubles in recent years, its staff managed to monitor the volcano around the time of the eruption. And as far as they could tell, no precursory signals were detected before the 2021 outburst. This was confirmed by international scientists who scrutinized the scientific data that was gathered at the time : Nyiragongo had exhibited no peculiar seismic activity and its lava lake had not acted up; it had not significantly changed shape.

According to the new study, all this means that using traditional monitoring methods on Nyiragongo will not allow to detect such kinds of eruptions. This makes this volcano even more dangerous than previously thought.

Nyiragongo’s stealthy capabilities are not unique. Other volcanoes can let their lava loose from rifting landscapes relatively quietly, while others unleash unexpected blasts of steam. The hope is that by studying these eccentric eruptions, with improved technological wizardry, some lifesaving precursors will be spotted some day But it’s possible that we will never become perfect prophets of our volcanic futures. One can read in the study’s conclusion : “There may be things we will never be able to forecast.”

Source :The New York Times, via Yahoo News.

La lave du Nyiragongo a recouvert des zones habitées