Et si Yellowstone entrait en éruption de nos jours ? // What if Yellowstone erupted today?

À la fin de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », certaines personnes me demandent ce qui se passerait si un super volcan comme Yellowstone entrait en éruption aujourd’hui.

Un super volcan est un volcan capable d’émettre au moins 1 000 kilomètres cubes de matériaux lors d’une seule éruption. De ce fait, il est classé au niveau 8 – le maximum – de l’Indice d’explosivité volcanique (VEI). Il est intéressant de noter que Yellowstone n’est pas le seul super volcan au monde. Certains, comme le Taupo (Nouvelle-Zélande) ou le Toba (Indonésie), sont bien connus, mais d’autres super volcans, aujourd’hui inconnus, pourraient se cacher au fond des océans. Comme je le dis souvent, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans.
Le Parc national de Yellowstone est un endroit magnifique, avec ses sources chaudes et ses geysers comme l’Old Faithful.

Ce vaste système volcanique est connu sous le nom de Caldeira de Yellowstone, et une seule éruption pourrait plonger le monde dans le chaos. Il y a environ deux millions d’années, d’importantes quantités de magma se sont accumulées sous la croûte terrestre. Poussées par la pression colossale des gaz volcaniques, elles ont déclenché une éruption qui figure parmi les plus importantes de l’histoire de notre planète. Depuis cette époque lointaine, Yellowstone a connu deux autres éruptions volcaniques majeures et de nombreuses éruptions mineures.

Bien que Yellowstone n’ait pas connu de super-éruption depuis des millénaires, on peut se demander si ce super volcan est susceptible d’entrer un jour à nouveau en éruption. Les scientifiques qui étudient Yellowstone estiment qu’une nouvelle éruption est probable et que ce n’est qu’une question de temps. Toutefois, une éruption majeure de Yellowstone ne devrait pas se produire avant des milliers, voire des millions d’années.
Les scientifiques expliquent que le magma sous Yellowstone est majoritairement à l’état solide et ne peut donc pas déclencher une éruption. Une étude montre que ce magma se concentre surtout dans la partie nord-est du volcan et qu’il a tendance à se déplacer dans cette direction. Ce magma pourrait un jour devenir suffisamment liquide pour entrer en éruption. Mais il pourrait aussi perdre de sa chaleur et stagner au contact d’une épaisse couche de roche continentale au sein de la croûte terrestre. Ce ne sont que des suppositions et le conditionnel est de rigueur. En réalité, aucun scientifique n’est capable de prédire l’avenir éruptif de Yellowstone.

Source: USGS / YVO

Selon certains chercheurs, le prochain événement volcanique dans la caldeira de Yellowstone ne sera probablement pas une explosion volcanique. Une puissante éruption hydrothermale est plus probable. Elle proviendrait d’un geyser, avec une activité capable de créer des cratères impressionnants mais dont l’impact serait limité en dehors du Parc.

Explosion du Steamboat Geyser

Une autre possibilité serait une coulée de lave émise par une bouche éruptive. Au final, le danger actuel à Yellowstone réside davantage dans les éruptions hydrothermales ou les séismes, dont beaucoup sont sans lien avec l’activité volcanique.
Tous les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que si le volcan de Yellowstone entrait en éruption, leurs collègues en poste à l’observatoire le sauraient probablement des semaines, voire des mois à l’avance. Cependant, ils insistent sur le fait que le risque d’une éruption majeure dans la caldeira de Yellowstone est quasiment nul aujourd’hui.

Mais que se passerait-il si Yellowstone entrait en éruption alors que des milliards d’êtres humains peuplent notre planète ? Lors de l’éruption, la zone immédiatement concernée, couvrant des parties du Montana, du Wyoming et de l’Idaho, serait ravagée. D’immenses colonnes éruptives, chargées de cendres et de gaz volcaniques à haute température, s’effondreraient sous leur propre poids et réduiraient la zone en cendres. Les coulées pyroclastiques anéantiraient arbres, habitations et infrastructures sur leur passage.
À l’aide de modèles, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone prévoient qu’une super-éruption enverrait des milliers de mètres de cendres dans le périmètre du Parc et recouvrirait des zones habitées s’étendant de Missoula (Montana) à Albuquerque (Nouveau-Mexique).

Simulation d’une éruption à Yellowstone avec l’émission de 330 kilomètres cubes de cendres (Source : USGS)

De plus, une super-éruption du Yellowstone déposerait plusieurs millimètres de cendres sur une grande partie des États-Unis et certaines régions du Canada, avec un impact sur l’agriculture, les ressources en eau et les réseaux électriques. D’énormes quantités de cendres et de gaz atteindraient la stratosphère, générant des aérosols qui bloqueraient la lumière du soleil et plongeraient la Terre dans une longue période de froid et d’obscurité. Le scénario serait probablement semblable à l’éruption du Tambora en 1815 (Indonésie), qui fit des dizaines de milliers de victimes et plongea la Terre dans « l’Année sans été », une longue période de basses températures qui ravagea les récoltes et provoqua des famines et des épidémies à travers le monde.

Cratère du Tambora (Crédit photo: Wikipedia)

Les scientifiques estiment généralement que les effets d’une super-éruption comme celle du Yellowstone pourraient durer de cinq à dix ans. De nombreuses personnes mourraient, mais l’humanité ne disparaîtrait pas. Aucune éruption volcanique explosive n’a jamais été associée à une extinction massive sur Terre.

Source : Popular Science, Observatoire Volcanologique de Yellowstone. Photos du Parc: C. Grandpey

———————————————–

At the end of my conference « Volcanoes and volcano Hazards », some persons ask me what would happen if a super volcano like Yellowstone erupted today.

Just remember that a super volcano is able to erupt at leaqt 1,000 cubic kilemeters of material during a single eruption. As such it is callsified at level 8 – the maximum – on the Volcanic Explosivity Index (VEI). It is interesting to add that Yellowstone is not the only super volcano in the world. Some of them like taupo (New Zealand) or Toba (Indonesia) are well known but other super volcanoes may also be unknown, lying hidden at the bottom of the oceans. As I say it quite often, we know the surface of Mars better than the abysses of our own oceans.

Yellowstone National Park is a wonderful place to visit with its hot springs and geysers like Old Faithful. This vast volcanic system is known as the Yellowstone Caldera, and with one blast it could plunge the world into chaos.

About two million years ago, large amounts of hot magma accumulated beneath the Earth’s crust, building pressure and volcanic gases that triggered a major eruption. It was among the largest volcanic eruptions in our planet’s history, blanketing large parts of North America with ash. Since then, Yellowstone has seen two more major volcanic eruptions and many smaller ones.

Though Yellowstone hasn’t had a supereruption in millennia, we may wonder:whether the super volcano will ever explode again. Experts studying Yellowstone say it probably will erupt again ; t’s just a matter of time. A major Yellowstone eruption likely won’t happen for thousands, and potentially millions, of years.

Scientists say that the magma underneath Yellowstone is mostly solid and not eruptible. One study suggests the magma is more concentrated underneath the northeast section, and that magma is shifting in that direction. This magma may one day become liquid enough to erupt. But it could also lose heat and stall as it hits thick, continental rock within the Earth’s crust. Actually, no scientist is able to make any prediction about the eruptive future of Yellowstone.

According to some researchers, the next volcanic incident in the Yellowstone Caldera likely won’t be a volcanic explosion. A powerful hydrothermal eruption from a geyser, activity that can create impressive craters but has limited impact outside the park, is more likely. Another possibility is a lava flow emitted by a single eruptive vent. In the end, the hazard in Yellowstone today lies more with hydrothermal eruptions or earthquakes, many unrelated to volcanic activity, in the park.

All scientists agree today to say that if the Yellowstone volcano were to erupt, scientists at the observatory would likely know weeks to months beforehand, but they insist that the chances of a major eruption in the Yellowstone Caldera within the human timeline are close to zero.

But what if Yellowstone did erupt while billions of humans still walked this planet? Upon eruption, the immediate radius, including parts of Montana, Wyoming, and Idaho, would be swept clean. Huge eruption columns, with superheated volcanic ash and gas, would collapse under their own weight and incinerate the land. Pyroclastic flows would wipe out trees, homes, and infrastructure in their path.

Using models, scientists at the Yellowstone Volcano Observatory predict that a supereruption would drop thousands of meters of ash within the park radius, and coat communities stretching from Missoula, Montana, to Albuquerque, New Mexico. What is more, aYellowstone supereruption would drop at least a few millimeters of ash over much of the U.S. and parts of Canada, devastating agriculture, water supplies, and electrical grids. Huge amounts of ash and gas launched into the stratosphere would act as aerosols, blocking sunlight and plunging the Earth into a long period of cold and dark. It would probably look like the 1815 Tambora eruption (Indonesia) which claimed tens of thousands of lives and plunged Earth into the “Year Without Summer”, a prolonged period of low temperatures that ravaged crops and caused widespread famine and disease epidemics around the world.

Scientists usually believe the effects of a supereruption like Yellowstone could last five to 10 years. A lot of people would die, but it would not wipe out humanity. No explosive volcanic eruption has ever been associated with a mass extinction on Earth.

Source : Popular Science, Yellowstone Volcano Observatory.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

**********

À partir de 9h17 (heure locale) le 10 mars 2026, une fontaine de lave est apparue dans la bouche éruptive nord à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’ au sommet du Kilauea (Hawaï). La prévision du HVO était exacte.

L’Épisode 43 de l’éruption du Kilauea s’est terminé à 18h21 (heure locale) le 10 mars 2026 après 9 heures de fontaines de lave continues. L’événement a débuté au niveau de la bouche éruptive nord, suivi de la bouche sud peu avant 10h. La hauteur des fontaines de lave a été estimée à 350 mètres pour la bouche sud et à 300 mètres pour son homologue nord.

La hauteur maximale des fontaines a parfois dépassé 400 mètres. Les coulées de lave ont recouvert environ un tiers du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Des retombées de téphra, atteignant jusqu’à 8 centimètres de diamètre, ont affecté les zones sous le vent, notamment les localités proches de l’éruption et la route 11 qui a été partiellement fermée. Le Parc national des volcans d’Hawaï (HVNP) a fermé les points d’observation ouest vers 11 h 20 et a évacué les visiteurs de ces zones. Le parc a fermé ses portes peu après. Au fur et à mesure que l’éruption progressait, des cendres et des cheveux de Pélé ont été signalés jusqu’à Hilo où le trafic aérien a été perturbé à cause des téphras et de la cendre dans le secteur de l’aéroport.

Le débit effusif maximal a été estimé à 800 mètres cubes par seconde vers 10h30 (heure locale). L’Épisode 43 s’est terminé avec un débit effusif moyen de 300 mètres cubes par seconde. On estime à 12 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Le volume total de lave émis depuis décembre 2024 avoisine désormais les 250 millions de mètres cubes.
Source : HVO, National Park Service.

Capture d’écran de l’éruption

++++++++++

L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. Presque un mois après la sortie de la lave sur le flanc sud-sud-est du volcan, les coulées actives se concentrent sur le bras sud. La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions.

Le 11 mars, suite à une baisse brutale du trémor éruptif, le front de coulée du bras sud s’était figé à 975 m de la RN2, à 325 m d’altitude.

Le 12 mars, le front de coulée actif a repris sa progression pendant la nuit. À 4h30 (heure locale) il se situait à environ 700 m de la RN2 qui a été fermée entre Saint-Philippe et Sainte-Rose et inversement. Les autorités ont prévu des points de retournement à ces endroits.

À 19h, le front de coulée se trouvait à une centaine de mètres de la route, mais sa progression avait fortement ralenti. Vers minuit, le front n’avançait plus, à la grande déception des badauds venus assister au spectacle. Pas sûr que la lave traverse la route… Ce serait un soulagement pour les habitants de Sainte Rose et Saint Philippe qui l’empruntent pour aller travailler !

L’accès à l’Enclos reste strictement interdit. La dernière fois qu’une coulée de lave a traversé la RN2 remonte à 2007.

Malheutreusemet pour les habitants de Sainte Rose et Saint Philippe, comme le 11 mars 2026, la pause dans la progression de la coulée en provenance des Grandes Pentes a été de courte durée et la lave a atteint la RN 2 ce 13 mars vers 6 heures du matin (heure locale), entre les deux localités. Comme je l’indiquais précédemment, cela fait 20 ans qu’un tel événement ne s’était pas produit pendant une éruption du volcan.

Vers 8h, le premier bras de coulée a fini par franchir entièrement la route, une traversée très rapide puisque, selon la presse locale, elle a duré une quinzaine de secondes seulement. Un second bras de coulée a coupé la RN2, une demi-heure plus tard.

Source : OVPF, presse locale.

Crédit photo: Ophélie Maraval / Réunion la 1ère

++++++++++

L’IGP m’a envoyé plusieurs messages indiquant une activité explosive sur le Sabancaya (Pérou), avec des panaches de cendres atteignant 3000 mètres de hauteur. La couleur du niveau d’alerte volcanique reste Orange.

Panache du Sabancaya le 8 mars 2026

Source : IGP.

++++++++++

L’éruption continue à Ambae (Vanuatu), mais différents paramètres indiquent un déclin. La sismicité a commencé à diminuer le 7 mars 2026, bien que le trémor volcanique soit resté élevé et que des événements volcano-sismiques aient continué d’être enregistrés. Les émissions s’élèvent à des altitudes plus faibles. Le VAAC de Wellington a signalé que, du 5 au 7 et du 10 au 11 mars, les panaches de cendres s’élevaient jusqu’à 4,6 km au-dessus du niveau de la mer. Cependant, aucune retombée de cendres n’a été observée depuis. De très fortes émissions de SO₂ continuent d’être détectées sur les images satellites. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5), et il est demandé au public de rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km autour des bouches éruptives actives du lac Voui et de s’éloigner des ravines en cas de fortes pluies.
Source : VMGD.

Voici une vidéo montrant l’activité à Ambae début mars 2026.

https://youtu.be/6AgtuAjl55Q

Bouche éruptive dans le lac Voui (Crédit photo: GeoHazards)

++++++++++

Selon le Met Office islandais, l’activité sismique ne semble pas s’intensifier et rien n’indique qu’une éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar soit imminente.
La pause entre les éruptions est désormais la plus longue enregistrée depuis le début de la série éruptive en décembre 2023. Aujourd’hui marque le 219ème jour écoulé depuis la fin de la dernière éruption, le 5 août 2025.
Un soulèvement du sol est toujours observé et l’accumulation de magma a atteint des niveaux records. D’après les calculs de modélisation, environ 23 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption qui a débuté le 16 juillet 2025.
Aujourd’hui, le personnel du Met Office n’est plus certain qu’une nouvelle éruption se produise, mais les scientifiques précisent qu’elle ne peut être exclue. En d’autres termes, les volcanologues islandais sont incapables de prévoir la suite des événements. Ils ignorent également si la prochaine éruption – si éruption il y a – sera la dernière de la série. L’un d’eux a déclaré : « Nous risquons de traverser de longs mois d’incertitude. Il est difficile d’analyser la situation et de dire si cette série d’événements aboutira ou non à une éruption.»
Source : Met Office.

++++++++++

Des panaches de cendres sont toujours observés périodiquement sur le Lewotobi Laki-laki (Indonésie). Une éruption a été enregistrée le 5 mars 2026, mais n’a pas pu être observée visuellement en raison de l’obscurité et de la couverture nuageuse. Ce même jour, un épais panache de cendres s’est élevé entre 800 et 1 200 m au-dessus du sommet. Un autre panache de cendres dense s’est élevé à 1 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 4, et la zone d’exclusion a un rayon de 4 km autour du centre du Laki-laki.

Source: CVGHM

°°°°°°°°°°

Toujours en Indonésie, une hausse de la sismicité est enregistrée sur le Tambora avec 267 séismes volcaniques profonds en janvier et 453 en février. Cette sismicité indique que le magma se déplace d’un réservoir profond vers une zone plus proche de la surface, sous le volcan. La sismicité est restée élevée du 1er au 9 mars avec neuf séismes indiquant des chutes de blocs, ainsi que 88 séismes volcaniques profonds et 40 séismes tectoniques locaux. Aucune émission n’a été observée. . Le niveau d’alerte a été relevé à 2 sur une échelle de 1 à 4 le 10 mars et il a été conseillé au public de se tenir à au moins 3 km du centre du cratère.

Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

++++++++++

D’après les données satellitaires, la température à l’intérieur du cratère sommital du Villarrica (Chili) a augmenté durant la seconde moitié de février 2026. Lors d’un survol du cratère le 6 mars, des observateurs ont constaté la présence d’une petite zone de lave active dans une bouche située profondément dans le plancher du cratère. Aucune lave n’a été observée en surface depuis février 2025. Le niveau d’alerte volcanique demeure au Vert, le niveau le plus bas sur une échelle de quatre.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: Wikipedia

+++++++++++

De faibles émissions de cendres ont été observées à White Island (Nouvelle-Zélande). Un survol a indiqué qu’elles provenaient de la bouche active; aucune trace de téphra éruptif n’a été constatée au fond du cratère. De faibles émissions de SO₂ ont été identifiées par satellite et étaient parfois supérieures à la normale. Le 10 mars, un pilote a observé de faibles émissions de cendres provenant de la bouche principale, et des photos ont montré de légères retombées de cendres au fond du cratère. Ces observations indiquent une légère hausse de l’activité et une éruption mineure, mais sans explosion. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de 4 couleurs).
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

**********

Starting at 9:17 a.m. (local time) on March 10, 2026, a lava fountain erupted from the north vent inside Halema’uma’u Crater atop Kilauea (Hawaii). The HVO’s prediction was accurate.

Episode 43 of the Kilauea eruption ended at 6:21 p.m. (local time) on March 10, 2026, after nine hours of continuous lava fountains. The event began at the north vent, followed by the south vent shortly before 10:00 a.m.

The lava fountains reached heights of 350 meters at the southern vent and 300 meters at the northern vent. The maximum height of the fountains sometimes exceeded 400 meters. The lava flows covered approximately one-third of the floor of Halema’uma’u Crater. Tephra fallout, reaching up to 8 centimeters in diameter, affected downwind areas, including communities near the eruption and Highway 11, which was partially closed. Hawaii Volcanoes National Park (HVNP) closed its western viewing areas around 11:20 a.m. and evacuated visitors from those areas. The park closed shortly thereafter. As the eruption progressed, ash and Pele’s hair were reported as far away as Hilo, where air traffic was disrupted due to tephra and ash in the airport area.
The peak effusive flow rate was estimated at 800 cubic meters per second around 10:30 a.m. (local time). Episode 43 ended with an average effusive flow rate of 300 cubic meters per second. The volume of lava ejected is estimated at 12 million cubic meters. The total volume of lava emitted since December 2024 is now approaching 250 million cubic meters.
Source: HVO, National Park Service.

++++++++++

The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. Almost a month after lava flowed from the south-southeast flank of the volcano, active flows are concentrated on the southern branch. The lava flows primarily through tunnels, whose properties remain poorly understood, limiting the reliability of forecasts.
On March 11, following a sudden decrease in eruptive tremor, the lava flow front of the southern branch stalled 975 meters from the RN2 highway, at an altitude of 325 meters.
On March 12, the active lava flow front resumed its advance overnight. At 4:30 a.m. (local time), it was located approximately 700 meters from the RN2 highway, which was closed between Saint-Philippe and Sainte-Rose and vice versa. Authorities have designated turning points at these locations. At 7 p.m., the lava flow front was about 100 meters from the road, but its advance had slowed considerably.

As on March 11, 2026, the pause in the lava flow from the Grandes Pentes was short-lived, and the lava reached the RN2 highway on March 13 around 6:00 a.m. (local time), between Saint-Philippe and Sainte-Rose. As I mentioned earlier, such an event hadn’t occurred during a volcanic eruption for 20 years.
Around 8:00 a.m., the first lava flow completely crossed the road, a very rapid crossing, as, according to local press, it lasted only about fifteen seconds. A second flow cut across the RN2 half an hour later.

Access to the Enclos remains strictly prohibited.
Source: OVPF, regional press.

++++++++++

The IGP sent me several messages indicating explosive activity at Sabancaya (Peru), with ash plumes reaching 3000 meters in height. The volcanic alert level remains at Orange.

++++++++++

The eruption at Ambae (Vanuatu) continues but different parameters show that it is declining.. Seismicity began to decline on 7 March 2026, though volcanic tremor remained high and volcano-seismic events continued to be recorded. The emissions were rising to lower heights. The Wellington VAAC reported that during 5-7 and 10-11 March ash plumes were rising as high as 4.6 km a.s.l. However, ashfall was no longer observed. Very high amounts of SO2 emissions continued to be detected in satellite images.The Alert Level remains at 3 (on a scale of 0-5), and the public is asked to stay outside a 3-km radius around the active vents in Lake Voui, and to stay away from drainages during heavy rains.

Source : VMGD.

Here is a videao showing activity at Ambae in early March 2026 :

https://youtu.be/6AgtuAjl55Q

++++++++++

According to the Icelandic Met Office, the seismic activity does not appear to be increasing, and nothing is happening that suggests an eruption on the Sundhnúkagígar crater row is getting closer,

The pause between eruptions has now become the longest since the eruption series began in December 2023. Today marks 219 days since the last eruption ended on August 5 2025..

Land uplift is still observed, and the magma accumulation has reached the highest levels ever recorded. According to model calculations, about 23 million cubic meters of magma have now accumulated beneath Svartsengi since the last eruption, which began July 16 2025.

Today, the Met Office is no longer certain that another eruption will occur, but it says it cannot be excluded. In other words, Icelandic volcanologists are not able to predict what will happen next.

They don’t know either whether the next eruption – if there is one – will be the last of the series. Said one of them : “ We may be facing many months of uncertainty. It is difficult to analyze the situation and say whether this sequence of events will end with an eruption or not.”

Source : Met Office.

++++++++++

Periodic ash plumes are still observed at Lewotobi Laki-laki (Indonesia). An eruptive event was recorded on 5 March 2026 but not visually observed due to darkness and weather clouds. That same day, dense ash plu March. mes rose 800-1,200 m above the summit. Another dense ash plume rose 1 km above the summit. The Alert Level remains at 2 on a scale of 1-4, and the exclusion zone has a radius of 4 km from the center of Laki-laki.

°°°°°°°°°°

Also in Indonesia, increased seismicity was recorded at Mount Tambora, with 267 deep volcanic earthquakes in January and 453 in February. This seismicity indicates that magma is moving from a deep reservoir to a shallower area beneath the volcano. Seismicity remained elevated from March 1st to 9th, with nine earthquakes indicating rockfalls, as well as 88 deep volcanic earthquakes and 40 local tectonic earthquakes. No emissions were observed. The alert level was raised to 2 on a scale of 1 to 4 on March 10th, and the public was advised to stay at least 3 km away from the crater center.
Source: PVMBG.

++++++++++

Temperatures inside Villarrica’s summit crater (Chile) increased during the second half of February 2026 based on satellite data. During an overflight of the crater on 6 March, observers noted that a small area of lava was visible within a vent deep within the crater floor. Lava hadn’t been seen at the surface since February 2025. The Volcanic Alert Level remains at Green, the lowest level on a four-level scale.

Source : SERNAGEOMIN.

++++++++++

Minor ash emissions are observed at White Island (New Zealand). An overflight confirmed that they were rising from the active vent; there were no signs of erupted tephra on the crater floor. Minor amounts of SO2 emissions were identified in satellite data and were sometimes above background levels. On 10 March a pilot observed minor ash being emitted from the main vent, and photos showed minor ashfall on the crater floor. These observations indicate a slight increase in activity and a minor non-explosive eruption. The Volcanic Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was raised to Orange (the second lowest level on a four-color scale).

Source : GeoNet.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Et si une super éruption se produisait aujourd’hui ? // What if a super eruption occurred today ?

Dans la conclusion de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que ce que je crains le plus aujourd’hui, c’est l’éruption d’un super volcan, autrement dit une éruption qui produirait plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. Il existe des exemples de telles éruptions dans le passé : Long Valley et Yellowstone aux États-Unis, Taupo en Nouvelle-Zélande ou Toba en Indonésie. Sans aller aussi loin dans le volume de matériaux émis, une éruption comme celle du Tambora en 1815 serait une catastrophe pour notre société moderne.

Image satellite de la région du Toba (Source: NASA)

L’éruption du Tambora en avril 1815 est la plus puissante observée dans l’histoire moderne. Elle a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). Les panaches éruptifs ont atteint une altitude de plus de 40 kilomètres. L’éruption a expulsé 100 kilomètres cubes de cendres, de ponces et d’aérosols ainsi que 60 mégatonnes de soufre. Avec les aérosols de SO2 dans l’atmosphère, moins de lumière solaire a atteint la surface de la Terre, et l’année 1816 a été appelée « l’année sans été » car la température moyenne de la planète a diminué de 0,53 °C. L’éruption initiale a tué 10 000 habitants. Les décès régionaux dus à la famine et aux maladies ont totalisé 80 000 personnes. La production agricole a été réduite et la famine a frappé le monde. Une pandémie de choléra a balayé le monde, faisant d’innombrables victimes.

Timbre indonésien commémorant les 200 ans de l’éruption de 1815.

Des siècles plus tard, la menace d’une éruption similaire reste présente. Les scientifiques affirment qu’une éruption majeure est inévitable, la seule question est de savoir quand elle se produira.
Selon un climatologue de l’Université de Genève, les preuves géologiques indiquent une probabilité de un sur six qu’une éruption volcanique dévastatrice se produise au cours de ce siècle. Cette fois, cependant, les conséquences seraient bien plus graves qu’en 1815. Le monde est désormais beaucoup plus peuplé et aux prises avec une crise climatique qui s’aggrave. Le climatologue a déclaré que l’humanité ne dispose actuellement d’aucun plan spécifique pour faire face à un événement aussi catastrophique.
Les éruptions volcaniques libèrent un mélange de matériaux et de gaz, notamment du dioxyde de carbone (CO2), qui réchauffe la planète. Cependant, la quantité de dioxyde de carbone émise par les volcans est nettement inférieure à celle produite par les activités humaines telles que la combustion de combustibles fossiles. Si le dioxyde de carbone est une préoccupation, les scientifiques se concentrent davantage sur l’impact d’un autre gaz volcanique : le dioxyde de soufre (SO2). Une puissante éruption volcanique peut éjecter du dioxyde de soufre de la basse atmosphère (la troposphère) vers la haute atmosphère (la stratosphère). Dans la stratosphère, le SO2 se transforme en minuscules particules d’aérosol qui renvoient la lumière du soleil dans l’espace, ce qui refroidit la Terre. Ces particules peuvent persister dans l’atmosphère pendant plusieurs années, comme on l’a vu à l’occasion de l’éruption du Pinatubo en 1991.
À l’heure actuelle, une éruption volcanique majeure présenterait des risques importants à court et à long terme. Environ 800 millions de personnes vivent à proximité de volcans actifs et sont confrontées à des conséquences potentiellement dévastatrices, y compris la destruction de villes entières. Par exemple, les Champs Phlégréens près de Naples, en Italie, pourraient constituer une menace grave pour le million d’habitants qui vivent autour du site volcanique.
Même une légère baisse de la température globale d’un degré Celsius peut avoir de graves conséquences régionales. Parmi les impacts, il y aurait des perturbations dans l’agriculture, une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et des perturbations sociétales à grande échelle. On imagine facilement l’impact qu’aurait une éruption du Yellowstone sur les Grandes Plaines des États Unis, le grenier à blé de ce pays.
Une éruption majeure, similaire à celle du Tambora, pourrait entraîner des pertes économiques de plus de 3,6 billions de dollars au cours de la première année de l’éruption. Contrairement à ce que pensent certains scientifiques, l’effet de refroidissement temporaire d’une éruption volcanique n’atténuerait pas les impacts permanents du réchauffement climatique. La planète finirait par revenir à sa tendance de réchauffement d’avant l’éruption.
Le site de la prochaine éruption majeure reste un mystère ; elle est susceptible de se produire n’importe où sur Terre. Les zones particulièrement exposées comprennent les régions volcaniques actives comme l’Indonésie et le Parc national de Yellowstone aux États-Unis.

Une chose est sûre: l’homme n’est pas en mesure d’empêcher ces méga éruptions. Certes, grâce aux progrès de la technologie, nous sommes mieux armés pour prévoir le déclenchement d’un tel événement. Une nouvelle éruption de la Montagne Pelée (Martinique) sera forcément moins meurtrière, mais la Montagne Pelée n’arrive pas à la cheville du Yellowstone en matière de puissance volcanique.

Prévoir une éruption ne signifie pas être capable d’y faire face. La surveillance de l’activité volcanique est essentielle, mais il faut voir plus loin. Les scientifiques nous expliquent qu’il faudrait planifier une telle catastrophe, mettre en place des plans d’évacuation des populations, ainsi que des protocoles de crise pour garantir un approvisionnement en nourriture et en eau potable. De telles mesures devraient être envisagées à l’échelle mondiale, en coordonnant les efforts entre les États. Quand on voit l’inefficacité des COP pour lutter contre le réchauffement climatique, la partie est loin d’être gagnée en matière de gestion d’une éruption cataclysmale.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Yellowstone site de la prochaine super éruption? (Photo: C. Grandpey)

——————————————————-

In the conclusion of my conference « Volcanoes and volcanic hazards », I explain that what I fear most today is the eruption of a supervolcano. This means an eruption that produced more than 1,000cubic kilometers of materials. We have examples of such eruptions in the past : Long Valley and Yellowstone in the United States, Taupo in New Zealand, or Toba in Indonesia. Without going that far, an eruption like Tambora in 1815 would be a disaster for our modern society.

The Tambora eruption in April of 1815 is the largest observed eruption in recorded history. It reached level 7 on the volcanic explosivity index (VEI). Plumes from the eruption eached an altitude of more than 40 kilometers. The eruption expelled 100 cubic kilometers of ash, pumice, and aerosols into the air along with 60 megatons of sulfur. With the SO2 aerosols in the atmosphere,less sunlight reached Earth’s surface, and the year 1816 was called the “year without a summer” because the average global temperature was reduced by 0.53° C. The initial eruption killed 10,000 locals. Regional deaths due to starvation and disease totaled 80,000 people. In agriculture, crop production failed, and famine gripped the world. A cholera pandemic swept across the globe, claiming countless lives.

Centuries later, the threat of another similar eruption looms. Scientists assert that a massive eruption is inevitable, the question is solely when it will occur.

According to a climate expert at the University of Geneva, geological evidence indicates a 1-in-6 probability of a devastating volcanic eruption occurring within this century. This time, however, the consequences would be far more dire than in 1815. The world is now significantly more populated and grappling with the escalating climate crisis. The climatologist stated that humanity currently lacks any specific plan to address such a catastrophic event.

Volcanic eruptions release a mixture of materials, including planet-warming carbon dioxide (CO2). However, the amount of carbon dioxide emitted by volcanoes is significantly less than that produced by human activities such as burning fossil fuels. While carbon dioxide is a concern, scientists are more focused on the impact of another volcanic gas: sulfur dioxide (SO2). A powerful volcanic eruption can eject sulfur dioxide from the lower atmosphere (the troposphere) into the upper atmosphere (the stratosphere). Up in the stratosphere, SO2 turns into tiny aerosol particles that bounce sunlight back out into space, which makes the Earth cooler. These particles can persist in the atmosphere for several years.

In today’s time, a massive volcanic eruption would pose significant immediate and long-term risks. Roughly 800 million people reside within proximity to active volcanoes, facing the potential for devastating consequences, including the destruction of entire cities. For instance, the Phlegraean Fields near Naples, Italy, show signs of activity and could pose a severe threat to the one million inhabitants around the volcanic site.

Even a minor global temperature drop of 1 degree Celsius can have severe regional consequences. These impacts could include disruptions to agriculture, increased extreme weather events, and widespread societal disruption

A major eruption, similar to Tambora, could result in economic losses of over $3.6 trillion in the first year of the eruption. Contrary to what some scientists think, the temporary cooling effect of a volcanic eruption would not mitigate the ongoing impacts of global warming. The planet would eventually return to its pre-eruption warming trend.

The location of the next massive eruption remains uncertain, with the potential for it to occur anywhere on Earth. Areas of particular concern include volcanically active regions like Indonesia and Yellowstone National Park in the US.

One thing is certain: we are not able to prevent these mega eruptions. Of course, thanks to advances in technology, we are better equipped to predict the triggering of such an event. A new eruption of Mount Pelée (Martinique) will necessarily be less deadly, but Mount Pelée does not come close to Yellowstone in terms of volcanic power.

Predicting an eruption does not mean being able to deal with it. Monitoring volcanic activity is essential, but we should look further ahead. Scientists tell us that we should plan for such a disaster, put in place population evacuation plans, as well as crisis protocols to guarantee a supply of food and drinking water. Such measures should be considered on a global scale, by coordinating efforts between States. When we see the ineffectiveness of the COPs in combating global warming, the game is far from won in terms of managing a cataclysmal eruption.

Source : Interesting Engineering via Yahoo News.

Eruptions volcaniques, météo et climat // Volcanic eruptions, weather and climate

Suite à la publication de ma note sur l’éruption du Laki (Islande) en 1783, deux abonnés de mon blog m’ont demandé dans quelle mesure une éruption volcanique pouvait affecter la météo, voire le climat.
Lorsqu’un volcan entre en éruption, les volumineux panaches de cendres et de gaz envoyés dans l’atmosphère peuvent provoquer des variations de température à grande échelle et, à long terme, affecter les conditions météorologiques pendant plusieurs mois après une éruption. On a pu l’observer récemment avec les effets de l’éruption du volcan tongien Hunga Tong-Hunga Ha’apai. J’ai décrit les impacts de cette éruption dans plusieurs notes sur ce blog.

 

Panache éruptif du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Source: NASA)

La conséquence la plus significative d’une éruption volcanique majeure est un refroidissement de la température, localement et même dans le monde entier, avec la présence d’importants nuages de dioxyde de soufre (SO2) dans la stratosphère. Ce phénomène a été observé après l’éruption du Pinatubo aux Philippines en 1991, avec un abaissement de la température mondiale. de quelques dixièmes de degrés (0,72°C) pendant plusieurs mois. Le nuage de SO2 du Pinatubo a été le plus important jamais observé dans la stratosphère depuis le début des observations par satellite en 1978. Il a probablement provoqué la plus grande perturbation par aérosols dans la stratosphère au 20ème siècle, même si ces perturbations ont probablement été moindres que celles provoquées par les éruptions du Krakatau en 1883 et du Tambora en 1815.

 

Panache éruptif et aérosols du Pinatubo (Source: Wikipedia)

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, l’éruption fissurale du Laki en Islande en 1783-1784 a libéré une énorme quantité de dioxyde de soufre, bien supérieure à celle émise par le Pinatubo (environ 120 millions de tonnes contre 20 millions de tonnes pour le volcan philippin). Bien que les deux éruptions aient été différentes en termes de durée et de style, le SO2 atmosphérique émis a provoqué un refroidissement du temps dans des proportions similaires, pendant des périodes de temps semblables, en Europe et en Amérique du Nord.

Lakagigar (Photo: C. Grandpey)

L’US Geological Survey affirme qu’une nouvelle éruption majeure de Yellowstone modifierait probablement les conditions météorologiques mondiales et aurait un impact sur la production agricole pendant de nombreuses années.

L’éruption du Tambora (Indonésie) en 1815 fut l’éruption la plus puissante enregistrée dans les temps historiques. Le nuage volcanique émis lors de l’événement a abaissé la température de la planète de 1,6°C. L’Europe et l’Amérique du Nord ont connu des températures plus basses que la normale tout au long de l’été 1816.

 

Caldeira du Tambora vue depuis l’ISS

On sait depuis longtemps que les volumineux nuages d’éruptions volcaniques, ou pyrocumulus, qui contiennent beaucoup de particules de cendres, peuvent produire des éclairs et des vortex – ou tourbillons de vent. Semblables aux nuages d’orages et leurs particules de glace, les nuages volcaniques contiennent des particules de cendre qui entrent en collision les unes avec les autres à grande vitesse. Ces collisions peuvent provoquer la séparation des charges dans les nuages et donner naissance à des éclairs.

Eclairs pendant l’éruption du Rinjani (Crédit photo: Wikipedia)

De plus, lors d’une éruption, les panaches peuvent également produire des événements météorologiques semblables à des tornades, mais qui ne sont pas de véritables tornades. L’air à l’intérieur du panache éruptif est si chaud et si léger qu’à mesure qu’il s’élève, il aspire davantage d’air du dessous. Au fur et à mesure que le vent éloigne le panache, davantage d’air est aspiré sur le côté, ce qui crée un vortex.

Vortex dans le cratère de l’Halema’umau ‘Source: HVO)

Il convient de noter que la poussière et le dioxyde de soufre provenant d’une éruption majeure peuvent également donner naissance à de spectaculaires couchers et levers de soleil car les particules diffusent la lumière à différentes longueurs d’onde. De tels événements ont inspiré des peintres célèbres comme Ashcroft et Turner qui ont peint les magnifiques couchers de soleil provoqués par l’éruption du Tambora en avril 1815.

Sunset (William Turner)

S’agissant du réchauffement climatique que nous connaissons actuellement, les volcans sont parfois tenus pour responsables, mais c’est faux. Selon l’USGS, toutes les études réalisées à ce jour sur les émissions volcaniques de CO2 indiquent que les volcans subaériens et sous-marins de la planète libèrent moins de 1 % du dioxyde de carbone actuellement rejeté par les activités humaines. Le dégazage volcanique global a été estimé entre 0,13 gigatonne et 0,44 gigatonne par an.

—————————————————

Following the release of my post about the 1783 Laki eruption, two followers of my blog asked me how far a volcanic eruption can affect the weather or even the climate.

When a volcano erupts, the massive plumes of ash and gases sent high into the atmosphere can cause global temperature changes and, in the long term, affect weather for months after an eruption. This could be seen recently with the effects of the Hunga Tong-Hunga Ha’apai volcano in the Tonga archipelago. I have described the impacts of this eruption in several posts on this blog.

The most significant way a volcanic eruption can affect the weather is by cooling the temperature locally and worldwide with the giant clouds of sulfur dioxide sent into the stratosphere.This phenomenon was observed after the 1991 eruption of Mt Pinatubo in the Philippines which lowered the world temperature by a few tenths of degrees (0.72°C) for several months.The Pinatubo cloud was the largest SO2cloud ever observed in the stratosphere since the beginning of such observations by satellites in 1978. It caused what was probably the largest aerosol disturbance of the stratosphere in the 20th century, though probably smaller than the disturbances from eruptions of Krakatau in 1883 and Tambora in 1815.

As I put it a few days ago, the 1783-1784 Laki fissure eruption in Iceland released a huge amount more sulfur dioxide than Pinatubo (approximately 120-million tons vs. 20). Although the two eruptions were significantly different in length and style, the added atmospheric SO2 caused regional cooling of Europe and North America by similar amounts for similar periods of time.

The U.S. Geological Survey says another major Yellowstone eruption would probably alter global weather patterns and impact agricultural production for many years.

The eruption of the Tambora (Indonesia) in 1815 was the most powerful eruption recorded in history. The volcanic cloud emitted during the event lowered global temperatures by 1.6°C, and Europe and North America experienced cooler temperatures throughout the summer of 1816.

It is well known that massive volcanic eruption clouds, or pyrocumulus clouds with a lot of ash particles, can produce lightning and wind vortices. Similar to a thunderstorm with ice particles, volcanic ones collide with one another at high speeds. These collisions can cause the separation of charges in volcanic clouds, creating lightning.

Moreover, during an eruption, the plumes can also produce weather events that look like tornadoes, but are not true tornadoes. The air inside the eruption plume is so hot and buoyant that as it rises, it draws more air from underneath. As the wind blows the plume away, more air gets pulled in from the side, creating a vortex.

It should be noted that the dust and sulfur dioxide from a major eruption can also create vibrant sunsets and sunrises as the particles scatter light at different wavelengths. Such events inspired famous painters like Ashcroft and Turner who painted vivid sunsets caused by the April 1815 eruption of Tambora.

As far as the current global warming is concerned, volcanoes are sometimes held responsible for contributing to it, which is totally wrong. According to USGS, all studies to date about global volcanicCO2 emissions indicate that today’s subaerial and submarine volcanoes release less than one percent of the carbon dioxide released currently by human activities. The global volcanic degassing has been estimated between 0.13 gigaton and 0.44 gigaton per year.